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  • il y a 2 ans
Les débats de l'été avec
Antoine Vey, avocat d’Oscar Jégou et Hugo Auradou
Asiem El Difraoui, politologue et spécialiste du monde Arabe
Alex Darmon, journaliste politique et youtubeur (chaîne Les Indécis)
Franck Dedieu, directeur adjoint de Marianne
Loris Chavanette, historien

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##LES_DEBATS_DE_L_ETE-2024-08-13##

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News
Transcription
00:00:00Sud Radio, les débats de l'été, 10h-13h, Maxime Liédo.
00:00:05Bonjour à tous, ravi de vous retrouver en direct dans ce beau mois d'août.
00:00:08Nous sommes ensemble pendant trois heures pour creuser l'actualité, débattre et échanger avec vous,
00:00:13auditeurs sur l'application Sud Radio, les réseaux sociaux et directement au standard 0 826 300 300.
00:00:19Le programme de votre matinée à midi, les Jeux Olympiques dans tous leurs états,
00:00:23avec le camarade Clément Harion, que vous connaissez bien ici sur l'antenne de Sud Radio.
00:00:26On reviendra notamment sur les performances qui ont été réalisées par nos athlètes en sport collectif
00:00:31avec le Président de la Védération de Volée.
00:00:34Dès 10h30, les grands débats de l'été seront ouverts.
00:00:36Aujourd'hui, les mousquetaires autour de la table,
00:00:38Laurie Chabalet, historien, Alex Darmand, chroniqueur politique et Franck De Dieu,
00:00:42directeur adjoint de la rédaction de Marianne pour évoquer notamment ces sujets.
00:00:45Lucie Castet, vous en avez entendu parler dans la matinale, elle est de retour et elle a préparé une feuille de route.
00:00:50Est-ce la dernière marche avant Matignon ? On attend vos appels et vos réactions au standard, bien sûr.
00:00:55Et puis, Edouard Philippe, son parti Horizon a envoyé une lettre au parlementaire pour préparer la suite.
00:01:01Évidemment, nous attendons vos réactions.
00:01:02Mais dans la première demi-heure, on va prendre le temps de s'attarder sur les faits du jour.
00:01:06Et le premier, il concerne le rugby français.
00:01:09C'est une affaire qui a frappé ce sport au cœur de l'été.
00:01:12Deux rugbymans, Oscar Gégou et Hugo Auradou, ont été pris dans une affaire.
00:01:17Ils sont accusés d'avoir volé, violé, pardonnez-moi, une jeune femme au cœur de l'été
00:01:21suite à un match test pour l'équipe de rugby française.
00:01:25Nous sommes en exclusivité avec son avocat, Maître Antoine Veil. Bonjour.
00:01:29Bonjour.
00:01:30Merci beaucoup d'être avec nous sur Sud Radio.
00:01:32Je le disais, la justice d'Argentine s'est prononcée hier soir sur le sort de Hugo Auradou et Oscar Gégou.
00:01:37Ils étaient en résidence surveillée depuis le 17 juillet après avoir été écroués par la justice argentine.
00:01:43Ils ont été remis en liberté hier dans la soirée avec en condition l'interdiction de sortir du pays,
00:01:48la rétention des passeports et l'interdiction de rentrer en contact avec la plaignante.
00:01:52Première question assez naturelle, Maître, comment vont vos clients ce matin ?
00:01:56D'abord, c'est une décision qui est un signal positif pour la suite.
00:02:00Ils veulent rappeler et ils tiennent à dire qu'ils sont totalement innocents des faits dont ils sont accusés.
00:02:06Donc, ils sont à la fois dans une certaine attente et une certaine espérance,
00:02:12mais ils sont aussi dans l'idée qu'il est temps que cette affaire se termine et qu'ils puissent rentrer dans leur pays.
00:02:18Quand on observe les conditions imposées à vos clients à l'occasion de cette remise en liberté,
00:02:21est-ce que vous considérez que cette victoire est totale ou le simple fait qu'ils ne puissent pas revenir immédiatement en France
00:02:27est pour vous, quand même, ou laisse un goût amer en bouche ?
00:02:31Non, mais en fait, je pense qu'il faut dépasser la question de savoir si c'est des victoires ou des défaites.
00:02:36En fait, il faut revenir à l'origine des choses.
00:02:39C'est une étape, mais c'est surtout que vous avez affaire à deux jeunes qui sont accusés depuis maintenant près d'un mois
00:02:46de faits dont ils ne sont pas responsables.
00:02:48Il y a eu un temps de réserve dans lequel on a fait en sorte que les éléments arrivent dans l'enquête.
00:02:53Ces éléments ont été recueillis. Il en manque quelques-uns.
00:02:56C'est ça qui justifie que l'enquête ne soit pas clôturée définitivement.
00:02:59Mais maintenant qu'ils ont été entendus, maintenant que ces éléments sont connus de la justice,
00:03:04il nous appartient quand même de réinformer et de dire que les faits qui sont dénoncés ne sont absolument pas compatibles.
00:03:11C'est d'ailleurs ce que a retenu le procureur.
00:03:14Il y a des choses qui n'ont pas pu se produire, qui ont été déclarées.
00:03:18Et ça inquiète quand même sur la situation dans laquelle ils sont.
00:03:22Parce que c'est en train de les priver de leur possibilité de reprendre la compétition sportive.
00:03:27Et surtout, c'est très dur à vivre pour eux.
00:03:30Donc il est temps maintenant que l'enquête se termine pour que l'on puisse revenir à un climat positif.
00:03:37Au cœur de cette affaire, il y a les arguments pour que les joueurs reviennent en France dans les plus brefs délais.
00:03:44Quels sont ces arguments précisément que vous essayez de faire entendre à la justice argentine ?
00:03:48Déjà, elle l'a entendu puisque la décision qui a été prise hier est très motivée.
00:03:53Elle est motivée notamment par le fait que dans les déclarations de la plaignante,
00:03:57il y a des incohérences et des choses qui sont d'une certaine façon contredites par des éléments objectifs.
00:04:04Notamment des analyses de conversation que la plaignante a eues quelques heures après les faits avec une amie.
00:04:09Et dans laquelle, selon le parquet et pas selon moi,
00:04:12on voit un ton enjoué qui est peu compatible avec les faits qu'elle décrira par la suite.
00:04:16Il y a évidemment des vidéosurveillance qui montrent qu'elle n'a absolument pas été contrainte de rejoindre la chambre d'hôtel.
00:04:22Il y a les dépositions des témoins qui ont été recueillies et qui montrent qu'elle s'est elle-même présentée
00:04:27et qu'elle était a priori consentante à une relation intime.
00:04:32Après, c'est vrai que la parole d'une plaignante est quelque chose qu'on doit écouter,
00:04:38mais on doit aussi pouvoir la confronter avec des éléments objectifs.
00:04:41Et pour le moment, tous ces éléments objectifs sont favorables aux joueurs.
00:04:44Est-ce que vous, vous estimez vos clients comme potentiellement dangereux
00:04:47car l'avocate, maître Natasha Romano, de la plaignante qui parle dans l'équipe ce matin,
00:04:52évoque une peur pour l'intégrité psychologique et physique de sa cliente ?
00:04:56Non, je pense que malheureusement, l'avocate de cette plaignante se livre à une campagne de médiatisation
00:05:01qui est complètement hors sol et déconnectée de la réalité des faits.
00:05:04Je pense qu'elle raconte à peu près la même chose, quelle que soit la nature du dossier,
00:05:08quelle que soient les personnes mises en cause.
00:05:10Les deux personnes en question sont des sportifs de haut niveau.
00:05:13Tous les clubs, toutes leurs familles, tous ceux qui le connaissent les soutiennent.
00:05:16Ils se retrouvent dans cette affaire dans laquelle l'avocate en question a une grosse responsabilité
00:05:22parce qu'elle n'a pas respecté ni le cours de la justice, ni la justice argentine, ni les réserves d'usage.
00:05:27Elle cause à ces deux joueurs un grave préjudice
00:05:31et d'une certaine façon, je trouve regrettable qu'elle continue à instrumentaliser les médias
00:05:36alors que la décision qui a été rendue hier est très claire
00:05:39et devrait l'inviter à une certaine réserve.
00:05:41Et ça, on aura d'ailleurs l'occasion d'y revenir.
00:05:44Quelles sont les prochaines étapes pour vous, très concrètement dans ce dossier,
00:05:47dans les prochains jours, dans les prochaines heures, dans les prochaines semaines ?
00:05:50Un des actes d'enquête qui n'a pas été réalisé et qu'on attend,
00:05:53pas vraiment nous, mais qui devrait être naturel pour la plaignante,
00:05:56c'est de se livrer aux expertises psychologiques et psychiatriques
00:05:59qui n'ont pas pu se tenir actuellement.
00:06:01Donc on espère qu'elles vont pouvoir avoir lieu très rapidement.
00:06:04Il y a quelques témoins secondaires qui n'ont pas été entendus
00:06:07mais en tout cas, ce qui est important, c'est que les joueurs ont,
00:06:10dès le début, dès la première minute, collecté énormément d'éléments
00:06:14qu'ils ont remis à la justice.
00:06:15Ils ont remis leurs deux téléphones portables,
00:06:17ils se sont livrés à toutes les expertises possibles et imaginables.
00:06:19Ils ont été entendus plusieurs heures sur les faits
00:06:22avec plus d'une centaine de questions auxquelles ils ont évidemment
00:06:25répondu de manière très précise.
00:06:27Donc au niveau des joueurs, tout a été fait.
00:06:30Maintenant, il y a une forme de blocage ou de ralentissement
00:06:33qui est due à une stratégie de défense adverse
00:06:37qui n'est objectivement pas favorable pour le cours de la justice,
00:06:40quel que soit le regard qu'on peut porter sur ces faits.
00:06:43La question va sans doute vous ulcérer.
00:06:45Maître André Abdelhaï, je vous remercie encore d'être avec nous.
00:06:48Vous êtes l'avocat des deux rugbymans, Hugo Radou et Oscar Gégou.
00:06:51Mais est-ce que cette affaire n'est pas sur la forme déjà perdue ?
00:06:54Parce que leur nom était à la une de la presse pendant plusieurs semaines
00:06:56avec le mot Violle à côté.
00:06:58C'était de jeunes talents dans leur discipline.
00:07:00Est-ce qu'avec ce qu'ils ont vécu, ça ne ressemble pas déjà
00:07:02à une mise à mort sociale ?
00:07:04C'est la responsabilité des médias.
00:07:06La mise à mort sociale, non.
00:07:08Parce que tous les gens qui les connaissent,
00:07:10dans la vie réelle, savent très bien de quel bois ils sont faits.
00:07:12Et ils reprendront la compétition
00:07:14et ils seront tout à fait blanchis
00:07:16et tout à fait reconnus par les gens qui les connaissent.
00:07:18Maintenant, médiatiquement,
00:07:20il y a une responsabilité de savoir réinformer
00:07:22et de rappeler
00:07:24qu'on peut être accusé à tort.
00:07:26On peut être accusé de faits qu'on n'a pas commis.
00:07:28Et c'est ça qui est quand même
00:07:30la différence entre un tribunal médiatique
00:07:32et une affaire judiciaire.
00:07:34Pour l'instant, cette affaire judiciaire n'est pas terminée.
00:07:36C'est pour ça que dès le premier jour,
00:07:38on a invité chacun à prendre des réserves
00:07:40par rapport aux informations qui circulent.
00:07:42Et à employer, par exemple, les bons termes.
00:07:44Victime présumée, coupable présumé,
00:07:46ça n'a pas de sens.
00:07:48Aujourd'hui, il y a une femme qui accuse deux hommes.
00:07:50Ces deux hommes se défendent
00:07:52et leur image, leur honneur
00:07:54n'a pas été jetée en pâture.
00:07:56Et j'espère que quand ils reviendront,
00:07:58ils pourront s'exprimer et remettre
00:08:00un petit peu les pendules à l'heure sur cette affaire.
00:08:02On parle beaucoup de la médiatisation
00:08:04depuis le début de votre prise de parole,
00:08:06du côté de la victime, on a parlé
00:08:08de beaucoup de choses,
00:08:10d'une surmédiatisation,
00:08:12du rapport médico-légal dans le Parisien,
00:08:14des nombreux détails qui s'y trouveraient, c'est du conditionnel.
00:08:16On a eu le frère de la victime,
00:08:18votre consoeur également ce matin, dont on vient de parler,
00:08:20multiplié les déclarations dans le journal L'Équipe.
00:08:22Vous qui avez quand même une figure des affaires mégatiques,
00:08:24est-ce que cette fois-ci, nous n'hésitons pas
00:08:26à un étalage déraisonnable de ces faits
00:08:28dans la presse ?
00:08:30Si, bien sûr, mais vous voyez, ça a quand même son effet, puisque vous l'appelez
00:08:32la victime, alors même qu'aujourd'hui, aucune décision
00:08:34n'a été rendue, c'est pas une victime.
00:08:36Du côté de la plaignante, oui, pardonnez-moi.
00:08:38Mais ce n'est pas contre vous,
00:08:40c'est que s'instaure dans le débat,
00:08:42au nom, et c'est tout à fait entendable, de la
00:08:44cause qui est portée de la lutte
00:08:46contre la violence faite aux femmes, qui est une cause importante,
00:08:48une distorsion de la façon
00:08:50dont on doit traiter des affaires individuelles.
00:08:52Il ne faut pas mélanger le combat
00:08:54qu'on peut mener, j'ai envie de dire politique,
00:08:56sur ce terrain, avec
00:08:58l'affaire en question. Et il y a des gens qui
00:09:00mélangent ça, et qui se servent d'affaires
00:09:02pour conduire ces combats.
00:09:04Est-ce que votre consoeur, cet avocat, dépasse les limites
00:09:06de la communication judiciaire ? Parce que je pense
00:09:08notamment aux auditeurs de Sud Radio, qui sont des fans
00:09:10de ce sport, qui sont des fans de ce joueur.
00:09:12Est-ce qu'on a vraiment, à un moment, besoin
00:09:14d'entendre tout ça, de voir tous ces détails racontés ?
00:09:16L'avocate de cette plaignante,
00:09:18est-ce qu'au bout d'un moment, il n'est pas temps de dire
00:09:20qu'elle dépasse certaines bornes ?
00:09:22Ce qui est clair, c'est qu'il doit y avoir
00:09:24dans la communication autour d'une affaire judiciaire
00:09:26certaines réserves, et surtout
00:09:28au niveau des auditeurs, et un certain sens
00:09:30critique. Je pense que chacun
00:09:32est libre d'apprécier que, depuis une semaine,
00:09:34il y a eu
00:09:36une surcommunication. Toute la
00:09:38famille a plus ou moins été auditionnée
00:09:40dans les médias français, et en plus,
00:09:42ce n'est pas une communication dont on peut dire qu'elle est
00:09:44aléatoire. Elle cible des médias français
00:09:46pour justement faire du mal à l'image
00:09:48des joueurs, et espérer,
00:09:50et c'est ça qui est vraiment, à mon avis, dangereux,
00:09:52faire une pression sur la justice.
00:09:54Donc, on n'a pas du tout
00:09:56souhaité que les choses se déroulent
00:09:58comme ça. Vous comprenez bien que si aujourd'hui, on
00:10:00prend la parole, c'est pour rééquilibrer
00:10:02son poids, mais c'est très
00:10:04dommageable d'avoir, depuis le début, et ça a été
00:10:06le cas, par exemple, quand il y a eu le rapport médico-légal,
00:10:08ce rapport médico-légal
00:10:10n'est pas sorti tout seul dans les médias. Il a été
00:10:12instrumentalisé, alors qu'il est plutôt
00:10:14très favorable aux joueurs. Donc, c'est
00:10:16la difficulté de couvrir médiatiquement
00:10:18une affaire judiciaire en cours. C'est un débat
00:10:20malheureusement classique, dans lequel on jette
00:10:22au bûcher beaucoup de personnes
00:10:24accusées, et c'est ça
00:10:26qui est tout à fait dommageable. Donc, oui,
00:10:28je critique assez
00:10:30clairement la façon dont cet avocat
00:10:32utilise les médias dans ce dossier.
00:10:34Et une dernière question,
00:10:36maître Antoine Veil. Est-ce que
00:10:38le sport n'est pas un peu le nouveau
00:10:40cinéma français, c'est-à-dire un domaine
00:10:42de compétences exposée à de l'argent,
00:10:44à de la réussite, à du succès,
00:10:46et dès qu'il y a une affaire,
00:10:48les médias vont se ruer dessus, on va avoir
00:10:50affaire à une communication judiciaire, parfois
00:10:52outrancière, et donc ça va être
00:10:54un domaine dans lequel on va tout
00:10:56scruter à la loupe avec les dérives,
00:10:58notamment au niveau de la justice, qui vont avec.
00:11:00Si, mais c'est pas propre
00:11:02au sport, c'est propre à cette
00:11:04médiatisation. Il y a une époque où on disait
00:11:06que le fait d'être connu, puissant, riche
00:11:08était une protection et que vous deveniez intouchable.
00:11:10Je crois qu'aujourd'hui, malheureusement,
00:11:12le fait d'être exposé
00:11:14fait que vous risquez
00:11:16d'avoir une mauvaise presse,
00:11:18on va dire ça comme ça,
00:11:20ou de la disproportion aussi dans le traitement du sujet
00:11:22qui est devenu quelque chose
00:11:24qui permet d'abattre,
00:11:26comme on cherche à le faire, l'image
00:11:28de certaines personnes avant même qu'ils aient pu s'expliquer
00:11:30et avant même que les gens sachent précisément
00:11:32de quels faits on parle. Pendant un
00:11:34mois dans cette enquête, il ne s'est pas rien
00:11:36passé. On a entendu des dizaines de personnes,
00:11:38on a écouté
00:11:40des éléments, on les a récoltés,
00:11:42et donc c'est ça le sens de la justice.
00:11:44D'ailleurs, il peut y avoir
00:11:46parfois une proportion
00:11:48sur la façon dont on
00:11:50analyse les choses. Clairement,
00:11:52par exemple, l'idée n'est pas de
00:11:54remettre en cause la personne
00:11:56de la plaignante. On imagine que si
00:11:58elle a fait cette démarche, c'est que
00:12:00elle a des raisons personnelles, intimes, psychologiques
00:12:02pour la faire, mais ce n'est pas pour autant
00:12:04qu'on doit être privé
00:12:06de la possibilité de défendre les gens,
00:12:08surtout, et je le dis avec force,
00:12:10comme dans ce cas
00:12:12d'espèce, où ils sont totalement
00:12:14innocents. Il n'y a pas de doute
00:12:16dans mon esprit et il n'y a pas de doute dans l'esprit
00:12:18de tous ceux qui les défendent
00:12:20sur le fait qu'ils n'ont absolument pas
00:12:22contraint cette femme, ils ne l'ont absolument
00:12:24pas violentée. Et donc, c'est
00:12:26pour ça que cette affaire est significative,
00:12:28comme vous le relevez,
00:12:30sur ce rapport difficile entre
00:12:32le cours de la justice, qui est lent,
00:12:34contradictoire, complexe, technique
00:12:36et parfois la façon dont
00:12:38cette affaire est répercutée dans les médias.
00:12:40Merci beaucoup, Maître Antoine Veil, d'avoir été avec nous.
00:12:42Je rappelle que vous êtes l'avocat des rugbymans Oscar Gégou
00:12:44et Hugo Radou, qui ont été
00:12:46remis en liberté hier, avec toujours la condition
00:12:48de ne pas pouvoir quitter le sol argentin.
00:12:50Mais vous le dites et vous le dites bien
00:12:52ici sur Sud Radio, c'est une étape très importante
00:12:54dans le dossier qu'on continuera
00:12:56à suivre en exclusivité ici sur Sud Radio.
00:12:58Je vous remercie encore d'avoir pris la parole
00:13:00et dans quelques instants, le deuxième fait du jour,
00:13:02on change totalement de registre, vous allez voir, se trouve
00:13:04du côté de l'Afghanistan, ça fait bientôt
00:13:06trois ans que les talibans sont au pouvoir
00:13:08et on y reviendra avec Haciem El-Difraoui,
00:13:10qui est un spécialiste du monde arabe,
00:13:12il va nous expliquer concrètement ce qui se passe sur place.
00:13:14A tout de suite sur Sud Radio.
00:13:16Sud Radio, les débats de l'été,
00:13:1810h-13h, Maxime Liédo.
00:13:20Et on est ensemble
00:13:22jusqu'à 13h, dans quelques minutes,
00:13:24une dizaine de minutes, vous retrouverez évidemment nos mousquetaires
00:13:26pour les grands débats de l'été qui s'ouvriront,
00:13:28toujours en direct, mais on va revenir
00:13:30en détail sur le deuxième fait du jour,
00:13:32qui est ce qui se passe en Afghanistan,
00:13:34trois ans après le départ notamment des troupes américaines,
00:13:36les talibans et le chaos.
00:13:38Haciem El-Difraoui, bonsoir,
00:13:40bonjour plutôt, pardon.
00:13:42Oui, bonjour. Merci, vous êtes politologue, spécialiste
00:13:44du monde arabe, on se souvient tous
00:13:46de ces images, des soldats américains
00:13:48fuyant le pays de façon
00:13:50assez catastrophique, c'était il y a plus de
00:13:52trois ans. Aujourd'hui, quelles sont
00:13:54les nouvelles du pays Afghanistan ?
00:13:56Donc, déjà
00:13:58une petite remarque d'abord,
00:14:00l'Afghanistan ne fait pas partie du monde arabe,
00:14:02mais partie du monde musulman,
00:14:04clairement, mais ce ne sont pas des
00:14:06arabes, ce sont des Pashtuns,
00:14:08largement d'autres minorités, des
00:14:10Tadjids, des Uzbeks, mais pas des
00:14:12arabes. Quand c'est dans la fuite
00:14:14des Américains, ce ne sont pas
00:14:16les Américains qui ont fui en panique,
00:14:18c'est les Afghans qui ont collaboré
00:14:20avec les Américains
00:14:22qui ont essayé avec
00:14:24tout moyen de quitter le Kaboul,
00:14:26donc avec ces scènes dramatiques
00:14:28qu'on a vues à l'aéroport à l'époque,
00:14:30avec aussi un attentat horrible
00:14:32commis par
00:14:34l'état islamique de Khorasan,
00:14:36mot arabe cette fois-ci,
00:14:38qui désignait la région,
00:14:40donc des scènes complètement dramatiques.
00:14:42Où est-ce qu'on se trouve trois ans après ?
00:14:44Ça fait trois ans, on avait un petit
00:14:46espoir que les talibans
00:14:48ont changé,
00:14:50que c'est une fraction des talibans
00:14:52qui s'appelle la fraction de Qatar.
00:14:54Ceux qui ont négocié des accords avec les Américains
00:14:56vont leur mot à dire,
00:14:58mais finalement, non.
00:15:00Oui, ça c'est vrai.
00:15:02Je me permets de vous interrompre,
00:15:04c'est-à-dire que pendant un temps, on avait même
00:15:06ce terme assez singulier
00:15:08pour beaucoup d'experts comme vous, j'imagine,
00:15:10des talibans modérés.
00:15:12Oui, on parlait des talibans modérés
00:15:14qui existent, ce sont ceux qui ont
00:15:16longtemps vécu au Golfe Arabe,
00:15:18qui ont négocié l'accord
00:15:20avec les Américains, mais ce n'est pas eux
00:15:22qui ont pris le pouvoir, c'est une fraction très
00:15:24dure qui a pris le pouvoir,
00:15:26qui s'appelle la fraction Hekmatar,
00:15:28c'est des guérillers
00:15:30qui étaient très proches de l'al-Qaïda
00:15:32à l'époque, qui ont imposé
00:15:34quelque chose qui n'est pas du tout
00:15:36la modération, elle a peut-être des
00:15:38problèmes jusqu'à aujourd'hui, donc ils ont interdit
00:15:40aux filles, aux femmes
00:15:42d'aller plus loin que
00:15:44l'école primaire, donc
00:15:46toutes ces femmes qui étaient à l'université,
00:15:48au collège, au lycée
00:15:50ne peuvent plus poursuivre
00:15:52leurs études, donc ça c'est
00:15:54assez dramatique déjà pour les femmes, qui est aussi
00:15:56important pour l'économie afghane.
00:15:58L'économie afghane
00:16:00est à genoux, il y a des recroissances,
00:16:02il y a une augmentation de la pauvreté,
00:16:04il y a une discrimination vis-à-vis
00:16:06des minorités religieuses,
00:16:08donc en Afghanistan
00:16:10il y a plein de minorités
00:16:12musulmanes, donc notamment
00:16:14des chiites, qui ont aussi
00:16:16largement
00:16:18ce qui est largement répandu
00:16:20par les minorités ethniques,
00:16:22qui s'appelle la Hazara,
00:16:24donc c'est une situation inquiétante,
00:16:26et l'Afghanistan n'est plus
00:16:28à l'ordre du jour
00:16:30dans l'opinion mondiale, dans la presse mondiale,
00:16:32donc c'est une vie presque
00:16:34qui va très mal.
00:16:36Vous parlez d'un pays qui va très mal,
00:16:38justement économiquement, on parle d'une situation
00:16:40objectivement catastrophique, une croissance
00:16:42qui s'est contractée de plus de 26%,
00:16:44proche de zéro les trois prochaines années,
00:16:46nous avertit la Banque mondiale,
00:16:48c'est ça qui est devenu l'Afghanistan ?
00:16:50Oui c'est ça qui est devenu, c'est un pays
00:16:52complètement oublié, donc
00:16:54l'Occident s'est barré
00:16:56de manière honteuse, en laissant aussi
00:16:58plein de gens derrière,
00:17:00et avec l'actualité mondiale,
00:17:02c'est-à-dire la guerre en Ukraine,
00:17:04la guerre Hamas-Israël,
00:17:06puis personne ne se préoccupe de l'Afghanistan,
00:17:08comme d'ailleurs d'autres pays qui vont très mal,
00:17:10donc il y a d'autres pays que je peux citer
00:17:12où c'est la catastrophe totale,
00:17:14le Soudan, le Yémen,
00:17:16mais l'Afghanistan est complètement oublié,
00:17:18donc après vraiment 30 ans
00:17:20d'investissement
00:17:22occidental, où a promis
00:17:24aux Afghans,
00:17:26où a promis qu'on va vous aider,
00:17:28vous allez avoir un avenir meilleur,
00:17:30et là on revient à la case
00:17:32de départ, avec une
00:17:34Belgique-Taliban très dure,
00:17:36et avec une population complètement oubliée.
00:17:38Et le pire, c'est
00:17:40que les Talibans, ils arrivent à
00:17:42consolider leur pouvoir,
00:17:44avoir une sorte de reconnaissance
00:17:46internationale,
00:17:48pas parmi les pays occidentaux, mais...
00:17:50— Mais attendez, c'est ça que j'essaie de comprendre,
00:17:52on entend depuis des mois et des mois
00:17:54que les Talibans renforcent leur pouvoir, renforcent leur pouvoir,
00:17:56mais quand on voit justement
00:17:58tout ce que vous nous décrivez, l'état économique
00:18:00du pays, on y reviendra, mais évidemment
00:18:02la situation des femmes sur place, que dit l'ONU
00:18:04à propos de ce pays, comment
00:18:06tous les 3, 4 mois, 6 mois,
00:18:081 an, on en est encore à dire que les
00:18:10Talibans renforcent leur pouvoir ? C'est-à-dire comment
00:18:12ça se passe dans les faits ?
00:18:14— Donc en effet, c'est-à-dire, c'est une région
00:18:16très répressive, qui au début
00:18:18laissait encore
00:18:20des autres opinions exister, mais là
00:18:22elles imposent
00:18:24leurs lois, elles arrêtent
00:18:26les opposants, presque
00:18:28tous les opposants,
00:18:30et donc elles arrivent,
00:18:32elles ont aussi une lutte interne, donc elles arrivent
00:18:34dans cette fraction très dure qui est le pouvoir,
00:18:36elles arrivent aussi à
00:18:38marginaliser des voix un peu modérées.
00:18:40Mais en même temps,
00:18:42leur contrôle des pays n'est pas
00:18:44absolu, donc
00:18:46par exemple l'état islamique au
00:18:48Corazon représente un risque
00:18:50énorme, donc c'est-à-dire cette branche
00:18:52de
00:18:54l'état islamique en Afghan
00:18:56est aujourd'hui considérée comme
00:18:58la branche la plus dangereuse, capable
00:19:00de mener des attentats spectaculaires
00:19:02à l'extérieur, donc on l'a vu par exemple
00:19:04au mois de mars, qu'elles sont attaquées
00:19:06à la Russie, à cet
00:19:08concert à côté de Moscou
00:19:10avec des dizaines et des dizaines de morts.
00:19:12Elles sont capables de mener
00:19:14de grands attentats en Iran,
00:19:16ennemis jurés de l'état islamique,
00:19:18donc, et même
00:19:20c'est-à-dire, par exemple, ce qu'on a vu
00:19:22en Europe, pour le concert d'état
00:19:24à la Swift, ces jeunes
00:19:26Autrichiens d'origine du Balcon,
00:19:28ils ont prêté apparemment
00:19:30allégeance à cette fraction de l'état
00:19:32islamique, donc
00:19:34l'Afghanistan, dans un sens,
00:19:36c'est pas uniquement un drame
00:19:38pour les populations locaux,
00:19:40mais également, ça termine
00:19:42vite, très très dangereux pour
00:19:44le monde.
00:19:46Une de nos questions, il y a aussi la question
00:19:48des femmes, on le sait, la condition
00:19:50il est plus qu'exécrable, une scolarité
00:19:52interdite dès l'âge de 12 ans, 20 millions de femmes
00:19:54qu'on qualifie de femmes fantômes, en 3 ans
00:19:56il y a une cinquantaine de décrets sous prétexte
00:19:58de moralité islamique, ça concerne l'emploi,
00:20:00la santé, la justice, elles sont bannies
00:20:02de la plupart des métiers du secteur et des lieux
00:20:04publics, comment expliquer qu'on en
00:20:06entende si peu parler en réalité ?
00:20:08Bon, c'est-à-dire
00:20:10c'est-à-dire
00:20:12c'est vu les journalistes, pourquoi
00:20:14je suis très content d'en parler
00:20:16des sujets, c'est-à-dire vu
00:20:18l'activité
00:20:48...
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00:24:32Clément Arion, ce sont les Jeux Olympiques dans tous leurs états et aujourd'hui on fera le bilan de cette magnifique performance que nos athlètes
00:24:38ont réalisé dans le sport collectif. On sera notamment avec le président de la fédération de voler donc ça sera à suivre entre
00:24:45midi et 13h mais tout de suite 10h30 l'heure des grands débats de l'été. Nous sommes aujourd'hui avec Alex Darmon, bonjour !
00:24:50Bonjour !
00:24:50Chroniqueur politique et vous êtes sur Youtube avec votre chaîne Les Indécis. Merci beaucoup d'être avec nous, habitué également des micros de Sud Radio.
00:24:58Franck Dedieu, bonjour ! Vous êtes le directeur adjoint de la rédaction de Marianne et le prochain numéro sort dans deux jours en kiosque
00:25:06et partout, même à vous qui êtes abonnés et c'est quand vous cliquez E-E-Trim, c'est un grand numéro sur les galériens du e-commerce, c'est ça ?
00:25:12Absolument !
00:25:13Et donc on le retrouve en kiosque.
00:25:14Plongé dans ce monde de la logistique qui est méconnue et qu'on révèle.
00:25:17Donc une enquête de Marianne a retrouvé en kiosque dans deux jours et nous sommes en ligne avec Laurie Chavanette, bonjour !
00:25:23Bonjour Maxime Liedot !
00:25:25Merci beaucoup, excellente qualité historien et on peut notamment vous retrouver régulièrement avec vos collaborations dans le Figaro Vox
00:25:33et vous avez toujours un regard très aigu sur l'actualité. Je suis ravi de vous accueillir autour de la table, surtout qu'aujourd'hui le menu est chargé.
00:25:40Nous avons Lucie Casté, nous avons Emmanuel Macron et nous avons Édouard Philippe.
00:25:44On va commencer par Lucie Casté, notamment, mais ça ce sera avant, après, je veux dire, avoir écouté vos coups de cœur et vos coups de gueule,
00:25:53notamment le vôtre, Franck de Dieu, vous avez un coup de cœur sur la fameuse redistribution qu'on aime vanter en France
00:25:59et il se trouve quand même que ça bénéficie à des gens et que ça marche.
00:26:02Ben oui, on l'a souvent répété, les Français ont besoin d'ordre, ils aspirent à avoir de l'ordre.
00:26:09Il y a l'ordre dans la rue mais il y a aussi l'ordre social.
00:26:12C'est-à-dire qu'effectivement, vous avez un État qui intervient au nom de la solidarité nationale.
00:26:18Il y a une étude de l'ADRIS qui est le ministère des affaires sociales, je ne vais pas vous assommer de chiffres,
00:26:24mais ils sont tout de même éloquents et qui dit, regardez, l'intervention de l'État à travers la fiscalité, les prestations sociales,
00:26:34ont permis de réduire le nombre de pauvres de 4,4 millions.
00:26:39C'est-à-dire qu'aujourd'hui, entre les 20% les plus riches et les 20% les moins riches, vous avez un rapport qui est de 4,5,
00:26:47les 20% les plus riches sont 4,5 fois plus riches que les 20% les plus pauvres,
00:26:53sans la redistribution, ce rapport ne serait pas de 4, il serait de 8.
00:26:57Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la France est un pays où, tout de même, on laisse la place à l'initiative privée,
00:27:04où il y a une possibilité de réussir, de faire ses affaires, et puis aussi, tout de même,
00:27:09une sorte de, je dirais, par tradition de justice sociale, de redistribution qui permet de vivre tout de même,
00:27:17malgré tout, harmonieusement, c'est un peu ce qu'il en ressort de cette étude.
00:27:23Ça fait un peu du bien au moment où on se dit, ah la cistana, etc.
00:27:26Alors effectivement, il peut y avoir des abus ici ou là, il ne s'agit pas de les nier, ça serait contraire à la réalité,
00:27:33mais il s'agit parfois de se dire, au fond, cette redistribution, s'il y avait 4,4 millions de pauvres de plus dans la rue,
00:27:42il y aurait une forme de désordre, et je dirais que l'ordre social procède aussi de la justice sociale.
00:27:52Alex Darman, comment vous réagissez-vous à cette bonne nouvelle ? Vive la redistribution en France !
00:27:57Très bien, puisque je suis fan de notre système économique en France, notre système de ressources sociales aussi.
00:28:04Pour y avoir profité, en avoir profité, je trouve effectivement qu'on ne le met pas assez en valeur ce système,
00:28:10donc je m'inscris complètement dans ce coup de cœur, c'est un très beau coup de cœur.
00:28:13Loris Chavanet, historien, comment vous réagissez-vous à cette bonne nouvelle ? Vive le système social français, vive la redistribution !
00:28:21Écoutez, les questions économiques ne sont pas mon fort, mais cependant je crois que toute bonne nouvelle est bonne à prendre,
00:28:29à en faire un coup de cœur, oui, parce qu'on a l'orgueil français de notre système économique, social,
00:28:37donc un peu de savoir perpétuer, c'est très bien, il ne faut pas savoir que révolutionner.
00:28:44Oui, et puis il y a cette idée souvent dans les derniers mois politiques, ou peut-être en effet, franc de Dieu,
00:28:50que ce n'est pas une qualité du pays qui a été suffisamment mise en avant, même dans les grandes périodes, on en parle très peu en réalité.
00:28:56Oui, on parle très peu d'un système qui tout de même, l'état provident, fonctionne,
00:29:01et fonctionne pas simplement, je dirais, sur des postures un peu bienveillantes et gentilles,
00:29:07mais fonctionne aussi pour l'ordre social, pour qu'il y ait tout de même une certaine harmonie dans le vivre-ensemble,
00:29:18je n'aime pas trop cette expression un peu fourre-tout, mais...
00:29:21En tout cas un équilibre peut-être plus que le vivre-ensemble, c'est le mot équilibre là.
00:29:24Oui, c'est-à-dire que les français aiment râler, mais ils aiment aussi la justice sociale et la solidarité nationale.
00:29:32En plus, c'est vrai qu'on en parle souvent négativement de ces ressources sociales, de ce système en France,
00:29:37qui est, on l'a dit, vraiment valorisant, vous avez souvent, quand on en parle et qu'on en fait un thème de campagne,
00:29:42c'est pour dire qu'il faut lutter contre les fraudes, toujours lutter contre les fraudes.
00:29:45Ou alors le réformer, parce qu'ils seraient soi-disant trop généreux.
00:29:47Trop généreux, exactement, et on peut y réfléchir, on peut essayer de le modifier, de l'affiner,
00:29:52mais il est vrai que c'est le seul système au monde, je ne pense pas me tromper en disant ça,
00:29:56où vous pouvez être accompagné tant sur la sécurité sociale.
00:29:59Baladez-vous sur la planète, vous verrez que c'est très compliqué dans d'autres pays de pouvoir bénéficier de ces ressources,
00:30:04même sur le chômage, c'est quand même quelque chose de formidable de pouvoir, à un moment donné,
00:30:09se dire qu'on peut être accompagné s'il nous arrive une situation dramatique dans notre travail.
00:30:13Donc il faut effectivement, je pense que c'est bien d'en parler ce matin positivement,
00:30:17et de pouvoir poser les bases en disant que c'est un système qui a vraiment ses qualités avant d'avoir ses défauts.
00:30:23Vous, vous êtes choqués quand vous entendez souvent ce système être mis en cause par les différents politiques,
00:30:28et objectivement assez régulièrement, ou même être réformés parce qu'ils seraient soi-disant trop généreux,
00:30:32à destination de trop de monde ?
00:30:34C'est un thème de campagne, à chaque élection présidentielle, vous voyez que c'est un thème de campagne.
00:30:37Le premier, c'est Nicolas Sarkozy en 2012, quand il arrivait un peu sur le tard dans sa déclaration de candidature,
00:30:42et qu'il ne savait pas quoi aborder comme sujet, mais c'était normal en même temps,
00:30:45j'ai envie de vous dire que c'était normal, parce que c'était un thème qui était important.
00:30:48Vous pouvez le critiquer, vous pouvez essayer de chercher des solutions,
00:30:51essayer de vouloir l'améliorer, de le faire vivre avec son temps,
00:30:54mais je pense que que le critiquer, de faire que ça, ne lui rend pas service,
00:30:58alors que c'est un système qui aide beaucoup, beaucoup, beaucoup de Français.
00:31:01Vous êtes d'accord avec ça, Franck Bouillard ?
00:31:03Oui, bien sûr, et je voudrais insister sur un point, c'est qu'on ne s'aperçoit pas à quel point dans le modèle français,
00:31:08il ne s'agit pas que du modèle social français, il s'agit du modèle politique républicain français.
00:31:13C'est-à-dire qu'à partir du moment où vous êtes...
00:31:15C'est-à-dire que c'est la tradition de tout un héritage, de toute une construction...
00:31:17À partir du moment où vous êtes un citoyen, qui est aussi un contributeur à l'effort national,
00:31:22eh bien, il se crée une forme d'obligation politique, qui s'appelle la res publica, la chose publique.
00:31:29Et donc, il n'y a pas d'un côté le social généreux, et d'un côté le politique qui est républicain,
00:31:35les deux s'entremêlent forcément, parce qu'un citoyen est un contributeur, un contributeur est aussi un citoyen,
00:31:43et c'est quelque chose qu'il faut, en attendant, c'est vrai, aller dissocier,
00:31:48comme si le social et le politique, la république et la solidarité, étaient presque...
00:31:55vivaient leur vie, je dirais, l'une à côté de l'autre.
00:31:59Non, il y a une forme de... théoriquement, depuis la révolution française,
00:32:04les deux, le social et le politique, sont intimement liés,
00:32:09autour de la chose publique, la res publica.
00:32:12Alex Darmont, à vous, votre coup de cœur, c'est l'héritage des Jeux, on en a beaucoup parlé sur Sud Radio,
00:32:16notamment hier, et on aura sans doute l'occasion d'en reparler dans quelques instants,
00:32:19avec ce qui va se passer au niveau politique.
00:32:21Vous, le coup de cœur concerne l'héritage des Jeux dans la gestion des infrastructures, expliquez-nous ça.
00:32:25Oui, en fait, pour ceux qui ont assisté à des Jeux Olympiques à l'étranger, ce qui est mon cas,
00:32:29j'étais à Rio en 2016, on a pu se rendre compte, des mois, des années après, finalement,
00:32:33que les infrastructures qui avaient été spécialement construites pour ces Jeux Olympiques,
00:32:37ne servaient plus, quelques semaines ou quelques mois après.
00:32:40Or là, ce qui est assez impressionnant, dans ce qui a été fait par les équipes des Jeux Olympiques à Paris,
00:32:46c'est que 95% des infrastructures qui ont servi aux compétitions sportives, étaient déjà présentes, existaient déjà,
00:32:53et vous n'avez construit simplement que 5% des infrastructures,
00:32:57qui sont notamment la piscine olympique à Saint-Denis,
00:33:00c'est le village olympique aussi, qui a été construit pareil, dans le 93,
00:33:03et la dernière infrastructure, qui est l'aréna, Adidas, à Porte de la Chapelle,
00:33:08et ces trois infrastructures, finalement, elles vont servir,
00:33:10c'est-à-dire qu'après, vous allez avoir cette Adidas aréna à Chapelle,
00:33:13qui va servir à l'équipe de basketball,
00:33:15on a appris que le centre aquatique de natation allait être ouvert au grand public,
00:33:19et allait aussi servir à accueillir des compétitions, notamment les championnats d'Europe en 2026,
00:33:23et le village olympique, comme vous le savez, qui va être transformé en zone de logement,
00:33:27et aussi avec un hôtel, et même une école, je crois, bref,
00:33:30en tout cas, tout a été pensé et réfléchi, pour qu'il y ait le moins de pertes possibles,
00:33:33dans la construction de ces infrastructures, et je trouve ça formidable,
00:33:36je le disais, à Athènes, vous avez la moitié, quasiment, des infrastructures, en 2004,
00:33:40qui avaient été construites, qui étaient toutes neuves, et dont on ne se sert plus aujourd'hui,
00:33:44j'engage d'ailleurs les auditeurs à aller voir les images des infrastructures à Rio,
00:33:48moi j'avais pu assister à une compétition de water polo dans un centre aquatique flambant neuf,
00:33:52et qui aujourd'hui est laissé complètement à l'abandon, c'est des millions d'euros !
00:33:56– C'est des décombres, totalement, quand on regarde les images,
00:33:58c'est un site idéal maintenant pour l'urbex, c'est devenu hallucinant.
00:34:02– Exactement, c'est hallucinant, et ce ne sera pas le cas à Paris,
00:34:04puisque Paris, les équipes d'organisation, l'État, la ville de Paris,
00:34:08ont eu la bonne idée de se servir des infrastructures historiques de notre ville,
00:34:12et si vous avez assisté à ces épreuves, c'était magnifique,
00:34:15pour pouvoir regarder les différentes épreuves sportives,
00:34:17comme le Grand Palais ou comme Bercy,
00:34:19comme on a vu les finales dimanche et samedi de basketball,
00:34:22donc c'est vraiment un coup de chapeau à ces équipes,
00:34:25et puis elles vont encore servir ces infrastructures,
00:34:27il y a eu quelques infrastructures temporaires qui ont été construites,
00:34:29notamment le site du Beach Volley, sous la tour Eiffel,
00:34:32qui va servir encore pour les Jeux Paralympiques,
00:34:34avec le sessi-foot, bref, tout a été réfléchi,
00:34:37pour faire en sorte qu'on n'utilise pas de l'espace bêtement,
00:34:40et surtout, on ne dépense pas bêtement des constructions.
00:34:43– Donc comment doit réagir Assaf Randodieu,
00:34:45directeur adjoint de la rédaction de Marianne,
00:34:46c'est qu'enfin, on pense un peu le temps long ?
00:34:48– Oui, et puis on pense le temps long avec une dimension économique,
00:34:55il y a une vraie habileté dans cette organisation,
00:34:58c'est-à-dire, au fond, faire du décor de Paris,
00:35:03une infrastructure sportive en elle-même,
00:35:05et donc, vous gagnez sur les deux tableaux,
00:35:07vous gagnez en termes d'images,
00:35:09parce que c'est vrai que c'est magnifique et c'est unique,
00:35:11et puis vous gagnez aussi en termes économiques et financiers,
00:35:14parce que vous réduisez les dépenses,
00:35:16et effectivement, il y a peu de nouvelles infrastructures,
00:35:18et ces nouvelles infrastructures,
00:35:19alors là je connais moins le devenir sur le plan sportif,
00:35:24mais apparemment, ce sont des infrastructures
00:35:27qui ont un avenir assez pérenne,
00:35:29un avenir économique,
00:35:31et même d'utilité publique pour les sports.
00:35:36– Laurie Chavanette, avant votre coup de gueule,
00:35:38je reviens vers vous,
00:35:39je rappelle, vous êtes historien de la Révolution française,
00:35:41notamment, vous avez écrit sur Mirabeau, sur Danton, sur Robespierre,
00:35:44comment vous vous observez un Etat,
00:35:45qui est dans un domaine très différent de celui de la Révolution,
00:35:47j'entends bien, mais qui enfin pense le temps long,
00:35:50comme ça, quand il construit des choses,
00:35:51quand il met des projets en place,
00:35:52ça rassure l'historien que vous êtes ?
00:35:54– Bon, ça me rassure, en même temps que l'on pense le temps long dans l'avenir,
00:35:58mais aussi le temps long dans le passé,
00:36:00et ce serait d'ailleurs l'objet aussi de mon coup de gueule.
00:36:03Non, je crois que c'est absolument fondamental d'avoir…
00:36:06on est obligé d'être dans l'urgence
00:36:08pour répondre aux exigences des électeurs,
00:36:11d'être donc, le court terme, dans l'urgence,
00:36:14sur la question de prix,
00:36:18des denrées de première nécessité, etc., l'énergie,
00:36:21mais en même temps, le temps long,
00:36:23c'est la seule chose qui nous garantit contre,
00:36:25premièrement, la démagogie,
00:36:27qui est d'abord très dangereuse en démocratie depuis toujours,
00:36:30c'est-à-dire la volonté de seulement s'adresser
00:36:34à sa clientèle politique et électorale,
00:36:37avec des mesures populistes,
00:36:39qui réduisent énormément le débat
00:36:41et l'appauvrisse en nuance,
00:36:43en même temps, le temps long,
00:36:45c'est savoir penser les générations futures,
00:36:48pas seulement le temps long des dix années qui viennent.
00:36:51Donc, ce temps long, il faut le considérer,
00:36:54même dans le sens très long,
00:36:56et on peut regretter que
00:36:58les précédents gouvernements,
00:37:01les précédents présidents,
00:37:03aient trop peu considéré,
00:37:05justement, nous-mêmes aujourd'hui,
00:37:07qui sommes les héritiers d'un État
00:37:09de plus en plus santé,
00:37:11depuis François Mitterrand, grosso modo.
00:37:13Et peut-être, je voulais revenir sur cette question
00:37:15de l'endettement avec un clin d'œil,
00:37:17si vous voulez, on prend beaucoup l'exemple
00:37:19du Danemark, en ce moment, sur les questions migratoires,
00:37:22un État fort, un État très social,
00:37:25par rapport à ce qu'on disait tout à l'heure,
00:37:27un État où il y a
00:37:29des contributions
00:37:31publiques très importantes,
00:37:3340% tout de même de contributions
00:37:35pour tout le monde, quasiment,
00:37:37et puis aussi un État qui garantit,
00:37:39avec des mesures sociales,
00:37:41c'est fort. Or, le Danemark
00:37:43est à la fois un exemple, et en même temps,
00:37:45est-ce qu'il est un exemple relativement aux retraites ?
00:37:47Au Danemark, on part à la retraite à 70 ans.
00:37:49Je ne dis pas qu'il ne faut pas...
00:37:51Donc, on n'a pas l'un sans l'autre, en réalité, c'est ce que vous nous dites un peu.
00:37:53Mais je veux dire qu'ils ont un équilibre.
00:37:55On revient à la question de l'équilibre.
00:37:57C'est équilibré.
00:37:59Donc, en même temps que le temps long,
00:38:01il faut toujours rechercher l'équilibre
00:38:03intellectuel, culturel, politique
00:38:05et bien sûr financier.
00:38:07Et l'équilibre et le temps long, vous allez nous en parler
00:38:09dans quelques instants avec votre coup de gueule,
00:38:11mon cher Loïc Chavannet, historien,
00:38:13qui concernera apparemment la petite période
00:38:15mémorielle que s'apprête à parcourir
00:38:17Emmanuel Macron. On se retrouve dans quelques instants
00:38:19sur Sud Radio.
00:38:21Sud Radio, les débats de l'été,
00:38:2310h-13h, Maxime Liédo.
00:38:25Et avant d'entrer dans les grands
00:38:27débats politiques qui concernent Lucie Castet,
00:38:29Emmanuel Macron, Édouard Philippe, avec autour de la table
00:38:31Alex Darmon, journaliste politique
00:38:33et qu'on peut retrouver sur Youtube avec la chaîne
00:38:35Les Indécis, Franck Dodieu, directeur
00:38:37adjoint de Marianne, avec un
00:38:39nouveau numéro qui concerne les galériens
00:38:41du e-commerce qui sera en kiosque jeudi.
00:38:43Et puis, Loïc Chavannet, historien,
00:38:45je vous donne la parole, mon cher Loïc, parce que c'est
00:38:47vous qui allez clore ce débat de coup de
00:38:49coeur et coup de gueule. Et vous, c'est
00:38:51un coup de gueule concernant les commémorations
00:38:53faites par Emmanuel Macron, c'est ça ?
00:38:55Absolument.
00:38:57J'apprécie
00:38:59les commémorations,
00:39:01les célébrations de l'histoire, les anniversaires
00:39:03importants des grandes dates
00:39:05de notre histoire
00:39:07mondiale, européenne, française.
00:39:09Il y en a une qui me semble absolument déterminante
00:39:11à venir, et j'allais dire
00:39:13cette semaine, c'est bien sûr
00:39:15l'opération Dragoon.
00:39:17Alors, l'opération Dragoon, c'est vrai que
00:39:19le nom s'est pas forcément passé à la postérité
00:39:21Non, c'est ce que j'allais vous dire,
00:39:23vous allez devoir expliquer.
00:39:25Voilà, exactement.
00:39:27Le 14 août 1944,
00:39:29des milliers de parachutistes
00:39:31des Forces Libres
00:39:33étaient envoyés
00:39:35dans le ciel de Provence
00:39:37et c'était le début
00:39:39du débarquement, donc, Dragoon
00:39:41de Provence, du 15 août 1944.
00:39:43Et donc, je trouve que
00:39:45c'est absolument essentiel
00:39:47de consacrer cet événement
00:39:49du 15 août, alors je sais, le 15 août
00:39:51c'est jour férié, c'est
00:39:53depuis que
00:39:55pour le...
00:39:57Alors le 15 août, c'est aussi comme ça
00:39:59historiquement, je le dis,
00:40:01c'était le jour
00:40:03où Louis XIII
00:40:05ayant
00:40:09eu un enfant,
00:40:11on avait décidé
00:40:13de déclarer que la France
00:40:15était mise, le trône de France, sous la protection
00:40:17de Marie. Et donc
00:40:19le 15 août, c'est la fête des Rois de France
00:40:21et c'est un peu demeuré en même temps.
00:40:23Donc, 15 août, c'est aussi
00:40:25l'opération Dragoon, l'opération
00:40:27du 15 août 1944,
00:40:29lorsque des...
00:40:31de toutes les nationalités,
00:40:33des individus
00:40:35ont participé à la libération
00:40:37de la France. Il y avait
00:40:39quelques 2000 bâtiments de guerre,
00:40:41autant d'avions, c'était un débarquement
00:40:43colossal, il faut imaginer.
00:40:45Les Français étaient en première
00:40:47ligne, beaucoup plus que dans l'opération
00:40:49du D-Day,
00:40:51débarquement de Normandie, puisque les
00:40:53Français, il y avait tout un régiment dirigé par le...
00:40:55commandé par le général
00:40:57Delattre de Tassigny. Et donc
00:40:59c'est mon coup de gueule qu'on en parle beaucoup plus
00:41:01dans le Midi de la France où je me trouve
00:41:03qu'en général dans la presse
00:41:05nationale.
00:41:07Alors c'est sûr, on sort à peine des Jeux Olympiques
00:41:09donc il faut une période
00:41:11de latence, de transition, mais je trouve
00:41:13qu'il faut honorer
00:41:15chaque mort quand c'est pour la liberté
00:41:17et pour l'indépendance de l'Europe
00:41:19contre le nazisme. – Et vous regrettez que des événements
00:41:21aussi colossaux que celui-ci
00:41:23puissent parfois passer
00:41:25à la trappe ou alors ne servent que de marchepied
00:41:27à une communication politique, si j'ai bien compris.
00:41:29C'est ça, Laurie Chabanette ? – Oui, bien sûr.
00:41:31Bon, ça, la communication politique,
00:41:33j'allais dire, elle est naturelle sur des événements
00:41:35de cette nature
00:41:37où l'histoire a toujours été
00:41:39récupérée, on peut s'en indigner
00:41:41mais c'est ainsi depuis toujours.
00:41:43Non, moi là où ça me perturbe
00:41:45par ailleurs, en tant que citoyen bien sûr,
00:41:47mais aussi en tant que petit-fils, puisque
00:41:49mon grand-père a fait ce débarquement en Provence
00:41:51donc je suis jugé parti,
00:41:53si vous voulez, je suis très partial
00:41:55sur cette histoire, puisque je suis très fier
00:41:57du débarquement de mon grand-père
00:41:59qui venait de l'Algérie française
00:42:01donc c'était un Français
00:42:03– Mais que je comprenne bien
00:42:05et que les auditeurs comprennent bien, c'est que
00:42:07l'historien que vous êtes regrette en réalité
00:42:09le peu de considération politique
00:42:11mais cette fois-ci dans le sens noble du terme,
00:42:13si je puis dire, qu'on accorde à cet événement, c'est ça ?
00:42:15– Bien sûr, bon, ce sera
00:42:17célébré le jour même, si vous voulez,
00:42:19il y aura quelque chose, mais
00:42:21bien sûr, ce ne sera pas de la même dimension,
00:42:23de la même stature que
00:42:25le débarquement de Normandie
00:42:27où l'on avait vu tous les chefs d'État réunis,
00:42:29etc. Cependant,
00:42:31n'oublions pas le débarquement de Provence
00:42:33c'est un double débarquement
00:42:35– C'est un appel,
00:42:37c'est bien dit, n'oublions pas le débarquement
00:42:39de Provence, franque de Dieu,
00:42:41c'est vrai ça, l'importance de l'histoire en politique,
00:42:43parfois il y a une sorte de sélection
00:42:45on va dire, qui peut paraître injuste
00:42:47– Oui, c'est vrai, on a largement
00:42:49célébré le débarquement
00:42:51de Normandie, et à bon droit,
00:42:53peut-être, je n'ai pas le sentiment
00:42:55que le débarquement
00:42:57en Provence soit négligé,
00:42:59mais c'est vrai que
00:43:01pour des raisons, par exemple,
00:43:03cinématographiques, la libération
00:43:05de Paris dans quelques jours
00:43:07fera l'objet, probablement,
00:43:09la libération de Paris fera probablement
00:43:11l'objet d'une couverture
00:43:13médiatique ou politique
00:43:15plus grande, pourquoi ? Parce que peut-être
00:43:17il y a une forme
00:43:19de symbolique de la capitale
00:43:21libérée,
00:43:23mais je ne suis pas sûr
00:43:25que le débarquement
00:43:27en Provence soit négligé.
00:43:29Maintenant, je veux bien faire confiance
00:43:31à l'historien. – Alex Darmand,
00:43:33vous justement, dans la chaîne YouTube
00:43:35qui s'appelle Les Indécis, est-ce qu'on l'est quand il s'agit
00:43:37de choisir des événements historiques
00:43:39qu'on souhaite célébrer, commémorer ?
00:43:41– Non, non, mais après, vous savez, je pense que
00:43:43c'est politique tout ça aussi, sur le fond,
00:43:45donc on célèbre peut-être
00:43:47plus les débarquements de Normandie que les débarquements
00:43:49d'Aix-en-Provence parce
00:43:51qu'ils parlent plus au grand public, parce que c'est aussi
00:43:53le relais et le souvenir
00:43:55d'une histoire qui est commune
00:43:57à la majorité des Français.
00:43:59Moi, je fais aussi confiance à l'historien
00:44:01qui dit
00:44:03qu'il ne faut pas qu'on oublie ces débarquements-là.
00:44:05Maintenant, je crois aussi, vous savez,
00:44:07dans les agendas politiques, vous avez des choses
00:44:09et des points incondamnables à respecter,
00:44:11que vous soyez président
00:44:13ou aspiré à le devenir,
00:44:15à ne pas taper.
00:44:17En plus, je pense aussi
00:44:19que ça n'aide pas pour la communication
00:44:21de nos personnalités politiques à vouloir communiquer
00:44:23sur tel ou tel événement.
00:44:25– Et justement, ça fait un peu la transition naturelle
00:44:27avec le sujet qui va vraiment ouvrir la tablée
00:44:29de nos grands débats, c'est Emmanuel Macron qui est prêt
00:44:31à tout pour durer la critique
00:44:33des esprits chagrins, des fameuses cassantes,
00:44:35des commémorations en masse,
00:44:37une deuxième, on va dire, grande fête
00:44:39en septembre, en parade,
00:44:41sous forme de parade sur les Champs-Elysées.
00:44:43Il a dit qu'il allait aussi largement célébrer
00:44:45les Jeux Paralympiques, on le fera également aussi bien sûr
00:44:47sur Sud Radio, mais on sent
00:44:49qu'il met tout le paquet pour essayer
00:44:51de garder cette parenthèse enchantée
00:44:53et ça ouvre franchement le premier débat.
00:44:55Et j'attends vos avis, vos commentaires, vos analyses
00:44:57ici sur Sud Radio, au 0826 300 300
00:44:59et même sur l'application et les réseaux sociaux.
00:45:01Est-ce que vous pensez dans un premier temps
00:45:03que c'est possible ? On voit quand même que le président
00:45:05d'abord est sur une ligne de crête,
00:45:07qu'il y a beaucoup de choses, on va dire,
00:45:09beaucoup de paramètres qui vont rentrer en compte
00:45:11pour essayer de garder cet équilibre-là.
00:45:13Est-ce que d'abord, on peut y croire ? Est-ce que le français
00:45:15n'est pas trop pessimiste pour ça, Alex Darmon ?
00:45:17Non, pourquoi ?
00:45:19Depuis deux semaines, le français est plutôt optimiste,
00:45:21avec le nombre de médailles.
00:45:23Vous savez, je pense qu'Emmanuel Macron,
00:45:25il y a quelque chose qu'on a dit sur lui, on ne s'est jamais trompé,
00:45:27c'est que c'est le maître des horloges.
00:45:29Il fait ce qu'il a envie de faire, il le fait comme il a envie.
00:45:31Rappelez-vous, au moment où il fallait nommer
00:45:33Elisabeth Borne, il avait mis
00:45:35plus de trois semaines après son élection
00:45:37en 2022 à choisir
00:45:39son premier ministre,
00:45:41avec plein de noms qui avaient été échangés
00:45:43et qui avaient été mis sur la table avant de choisir
00:45:45finalement Madame Borne.
00:45:47Je pense qu'il
00:45:49a raison de jouer
00:45:51avec le temps, de jouer avec l'horloge
00:45:53comme il le fait depuis 2017
00:45:55d'ailleurs. Maintenant,
00:45:57il surfe sur la vague,
00:45:59encore faudrait-il qu'il y ait une vague pour faire du surf
00:46:01et je ne sais pas si la vague existe vraiment, vous voyez ?
00:46:03Ah mais attendez, vous êtes beaucoup plus pessimiste
00:46:05que moi, c'est-à-dire que moi, je me demandais
00:46:07ce que c'est l'état des français, vous vous dites
00:46:09c'est clairement l'espèce de vague qu'on a connue.
00:46:11Pour lui, je trouve qu'il a fait
00:46:13une erreur politique majeure, Emmanuel Macron
00:46:15et on avait l'occasion d'en parler ici au mois de juin
00:46:17c'est lorsqu'il prononce la dissolution
00:46:19il le fait beaucoup trop tôt.
00:46:21Pour moi, c'était ça la vague, en fait, Emmanuel Macron
00:46:23c'était cette dissolution.
00:46:25Il aurait fallu, soit qu'il la prononce mais qu'il dise
00:46:27on se retrouve à la rentrée et on fera
00:46:29les élections législatives à ce moment-là pour pouvoir
00:46:31bénéficier de cet effet Jeux Olympiques
00:46:33parce qu'il y a un effet, qu'on le veuille ou qu'on le veuille pas
00:46:35il y a un effet Jeux Olympiques pour Emmanuel Macron
00:46:37Vous auriez préféré qu'il fasse
00:46:39les Jeux Olympiques, que ça se passe comme ça s'est passé
00:46:41comme tous les français.
00:46:43Même pour lui, je pense qu'aujourd'hui
00:46:45il aurait préféré faire ça, tout à fait
00:46:47honnêtement. Après,
00:46:49dire qu'il sert sur la vague, oui, et très bien
00:46:51il prend du temps pour nommer un ou une
00:46:53Première Ministre. Maintenant, qui est
00:46:55capable de dire ce qu'il va se passer ? Vous savez,
00:46:57il a tout à fait le droit de nommer personne
00:46:59et de garder ce gouvernement technique
00:47:01On en parlait ici sur ce rideau, ça fait partie des libertés
00:47:03on va dire, de la constitution de la 5ème
00:47:05Il prend tout le temps qu'il souhaite pour le faire
00:47:07Par rapport au budget, au budget, au budget
00:47:09mais même avec un gouvernement qui est sortant, un gouvernement
00:47:11technique, ou un gouvernement comme celui des affaires
00:47:13courantes, il a le droit de voter le budget en prenant celui
00:47:15de 2024.
00:47:17Qu'est-ce que vous en pensez vous, directeur adjoint
00:47:19de la rédaction de Marianne, comment vous
00:47:21observez cette potentielle vague
00:47:23qu'Emmanuel Macron peut prendre ? Est-ce que vous y croyez ?
00:47:25Ou est-ce que vous pensez que la réalité va nous attraper
00:47:27et que même politiquement, il va avoir du mal
00:47:29à s'en sortir ? Ce à quoi je crois
00:47:31c'est cet art
00:47:33macronien de transformer
00:47:35les circonstances
00:47:37en rhétorique
00:47:39politique. Quand
00:47:41elles sont négatives, les gilets jaunes
00:47:43il l'a transformé dans un grand débat
00:47:45la crise sanitaire avec un
00:47:47quoi qu'il en coûte de relance
00:47:49qui a plutôt satisfait les français
00:47:51et puis, sur un versant plus positif
00:47:53de se dire, cette
00:47:55vague de bonne humeur
00:47:57qui a déferlé sur la France
00:47:59comment faire en sorte
00:48:01qu'elle ne retombe pas
00:48:03pour ainsi dire
00:48:05je crois que c'est Lacan, le psychanalyste
00:48:07qui disait, la réalité c'est quand
00:48:09on se cogne. Eh bien, c'est pas
00:48:11les français qui le ramèneront
00:48:13à la réalité, c'est quelque chose
00:48:15qui s'appelle
00:48:17des problèmes
00:48:19qui sont structurels. Ce que je veux dire
00:48:21par là... Est-ce qu'il est capable de s'y frotter parce que
00:48:23la citation de Lacan est très
00:48:25frappante, mais on le voit, ça fait sept ans qu'Emmanuel Macron
00:48:27est au pouvoir, il y a eu les gilets jaunes, il y a eu
00:48:29différentes crises, il y a eu
00:48:31même des attaques théoriques
00:48:33on pense à Samuel Paty, donc il y a eu de grands
00:48:35chocs dans le pays ces sept dernières années
00:48:37et est-ce qu'Emmanuel Macron arrive
00:48:39visiblement à s'y cogner ? Moi, j'ai toujours
00:48:41l'impression, et je vous le dis franchement, que
00:48:43peu importe ce qui arrive, comme vous le dites, il
00:48:45arrivera toujours à trouver une politique rhétorique pour
00:48:47on va dire, l'englober avec lui.
00:48:49Justement, c'est
00:48:51la grande question, c'est de se dire, est-ce que ce coup-ci
00:48:53C'est peut-être le prochain numéro de Marianne !
00:48:55Est-ce que ce coup-ci, dans
00:48:57ces circonstances de crise politique
00:48:59institutionnelle, ce que vous décrivez
00:49:01comme une forme de, soit de
00:49:03grandabilité ou soit de baraka
00:49:05Napoléon disait toujours, est-ce que
00:49:07ces généraux-là, ils ont de la chance ?
00:49:09Mais je demande à mes grands généraux que j'envoie sur le front
00:49:11d'avoir de la chance, c'est une qualité pour lui.
00:49:13Donc, est-ce que
00:49:15ce coup-ci, ça va marcher ou pas ?
00:49:17Moi, ce que je crois, c'est que
00:49:19si vous voulez
00:49:21aujourd'hui, nous sommes dans un état de crise
00:49:23qui fait que des circonstances
00:49:25des bonnes humeurs
00:49:27de la conjoncture s'effacent
00:49:29face à des problèmes de structure.
00:49:31Et ces problèmes de structure, ils sont
00:49:33largement... Pour vous, en réalité
00:49:35c'est indéniable, c'est-à-dire que
00:49:37il y aura le budget de 2025
00:49:39ou qui va forcément...
00:49:41Vous disiez que peu importe le budget de 2025.
00:49:43Oui, peu importe. Après, pour les Français,
00:49:45si c'est respecter des critères
00:49:47qui sont contraignants et qui vous amènent
00:49:49à faire plus d'austérité,
00:49:51c'est quand même un vrai problème. Vous savez que si ils votent
00:49:53pour le budget, ils prennent celui de 2024, donc ils ne touchent pas.
00:49:55C'est-à-dire qu'il n'y aura pas d'augmentation du budget ?
00:49:57Moi, je ne vous parle pas
00:49:59de, je dirais,
00:50:01de la réglementation
00:50:03de la législation
00:50:05du projet de loi de finances
00:50:07et de ses modalités de traitement.
00:50:09Je vous parle de ce qu'il y aura à l'intérieur.
00:50:11Ce qu'il y aura à l'intérieur,
00:50:13si on en reste là,
00:50:15il va y avoir probablement, très probablement,
00:50:17davantage d'austérité.
00:50:19Nous sommes en déficit excessif
00:50:21auprès de l'Union Européenne.
00:50:23Au bout d'un moment, la réalité, c'est-à-dire
00:50:25c'est l'attaque de la réalité qui va nous rattraper.
00:50:27La question que vous posez, Maxime,
00:50:29elle est légitime et on pourrait se dire
00:50:31mais au fond, à chaque fois,
00:50:33la conjoncture
00:50:35et l'habileté permettent de dépasser
00:50:37ce problème structurel.
00:50:39Il y a un moment donné où ce ne sera pas...
00:50:41On ne peut plus l'éviter.
00:50:43Franck Goddio vient de dire que la question est légitime
00:50:45et je la pose ici en plateau.
00:50:47On ira évidemment demander l'avis
00:50:49de notre camarade historien Laurie Chavanet
00:50:51dans quelques instants mais on partira aussi au standard
00:50:53au 0-800-26-300-300.
00:50:55A tout de suite sur Sud Radio, restez avec nous.
00:50:57Sud Radio, les débats de l'été,
00:50:5910h-13h, Maxime Liédo.
00:51:01Alors là, les débats de l'été, je vous préviens,
00:51:03les pronostics ne concernent pas les chevaux
00:51:05mais bel et bien quelque chose de beaucoup plus rude
00:51:07que sont les affaires politiques.
00:51:09On parlera de Lucie Castex dans quelques instants
00:51:11et même d'Edouard Philippe qui, on le voit bien,
00:51:13commence à tirer les ficelles pour que l'Assemblée soit plus ou moins
00:51:15à sa main. On verra si ça marchera
00:51:17pour l'instant il est question d'Emmanuel Macron
00:51:19c'est vrai qu'il semble être
00:51:21prêt à tout pour durer
00:51:23notamment on le voit bien avec des
00:51:25mots très forts concernant les fameuses
00:51:27cassantes qui auraient prédit des cérémonies impossibles
00:51:29ce qui se serait plaint potentiellement
00:51:31de la sécurité et même
00:51:33il va partir clairement dans une période
00:51:35où les commémorations vont jouer un rôle très
00:51:37utile pour lui parce que visiblement ça plaît aux
00:51:39Français. Je m'adresse à l'historien que vous êtes, Laurie Chavanet
00:51:41qu'est-ce que vous pensez, comment vous observez
00:51:43vous cette période
00:51:45de commémorations qui s'ouvre pour le Président
00:51:47de la République, est-ce que vous pensez que ça
00:51:49peut marcher auprès des Français, qu'il peut surfer
00:51:51sur cette vague-là ?
00:51:53Je pense que la France est
00:51:55assez grande dans son
00:51:57histoire, dans ses régions, dans sa
00:51:59géographie pour avoir
00:52:01de l'imagination. Je pense
00:52:03qu'Emmanuel Macron, est-ce qu'il va pouvoir
00:52:05surfer sur les commémorations ?
00:52:07En tout cas, il surfe
00:52:09positivement sur la trêve
00:52:11des Jeux Olympiques.
00:52:13Jacques Chirac avait déjà bénéficié en
00:52:151998, après la victoire en Coupe du
00:52:17Monde, chez nous,
00:52:19d'un certain vent de popularité.
00:52:21Emmanuel Macron, va-t-il réussir
00:52:23à personnaliser
00:52:25la victoire, d'une certaine manière ?
00:52:27Ce n'est pas sûr
00:52:29parce que
00:52:31d'abord, on ne peut pas préjuger
00:52:33tout ce qui va se passer en
00:52:35plein été, comme cela.
00:52:37Alors, les commémorations,
00:52:39oui, mais moi ce que je crois
00:52:41sincèrement,
00:52:43c'est que nous payons aussi le
00:52:45problème de notre Constitution,
00:52:47à savoir que nous vivons dans une espèce de
00:52:49monarchie républicaine.
00:52:51Ce qui a pour conséquence,
00:52:53en cas de
00:52:55perte de légitimité, de souffle
00:52:57de popularité avec un Président de la
00:52:59République, qui pose
00:53:01problème pour certains,
00:53:03ça devient une crise systémique,
00:53:05une crise de régime politique.
00:53:07Monarchie républicaine, problème avec
00:53:09le Président de la République,
00:53:11problème donc de Constitution.
00:53:13Ça me fait penser à cette phrase
00:53:15puisque vous avez cité tout à l'heure
00:53:17Napoléon, je vais citer Berthold Brecht
00:53:19qui disait,
00:53:21dans un échange au théâtre,
00:53:23quelqu'un dit, malheur au peuple
00:53:25qui n'a pas de héros, et on lui répond
00:53:27non, malheur au peuple qui a
00:53:29besoin de héros.
00:53:31En France, on a cette tradition d'avoir
00:53:33besoin d'une figure charismatique,
00:53:35même pour le poste de
00:53:37Premier ministre, on se demande qui va être
00:53:39le sauveur, qui va être l'homme
00:53:41ou la femme providentiel.
00:53:43C'est complètement paradoxal avec la fonction
00:53:45même de Premier ministre.
00:53:47Il ne peut pas y avoir de Premier ministre
00:53:49providentiel.
00:53:51C'est contre nature.
00:53:53On aura l'occasion d'y revenir avec Lucie Castex
00:53:55qui a préparé une feuille de route et qui se voit
00:53:57déjà à Matignon.
00:53:59C'est intéressant, mais dans les différentes références
00:54:01que chacun utilise, on parle beaucoup de
00:54:0398 avec Jacques Chirac qui avait bénéficié
00:54:05d'une vague de popularité.
00:54:07Est-ce que l'époque n'a pas changé ?
00:54:09Est-ce qu'on peut aujourd'hui, surtout dans
00:54:11et c'est ce que disait Franck de Dieu tout à l'heure,
00:54:13dans la période actuelle avec de tels problèmes
00:54:15structurels, est-ce qu'on peut encore surfer
00:54:17sur de grands événements sportifs ?
00:54:19Parce qu'on rappelle que la dernière Coupe du Monde
00:54:21c'était 2018, si mes souvenirs sont bons.
00:54:23Coupe du Monde
00:54:25de foot.
00:54:27C'est celle qu'on a gagnée en 2018.
00:54:29C'est celle qu'on a gagnée en 2018.
00:54:31J'étais inquiet de ma mémoire.
00:54:33Merci de m'en rattraper.
00:54:35On est d'accord que quelques semaines
00:54:37après même pas, il y avait les Gilets jaunes.
00:54:39Est-ce qu'on est encore dans une époque où on peut
00:54:41bénéficier de ça, Alex Darmon ?
00:54:43Tout est différent. D'abord, pour Jacques Chirac
00:54:45en 98, c'était 11 points d'opinion
00:54:47favorables en plus qu'il avait réussi à garder
00:54:49sur plusieurs mois. Il y avait une grosse différence
00:54:51entre Jacques Chirac et Emmanuel Macron, c'est que Jacques Chirac
00:54:53ne connaissait rien en sport.
00:54:55On se souvient de l'image catastrophique des joueurs
00:54:57sur l'équipe de France.
00:54:59On ne pouvait pas lui faire le procès
00:55:01de vouloir trop en faire avec les joueurs de l'équipe de France
00:55:03parce qu'il ne connaissait rien.
00:55:05Il s'était assumé le fait que c'était juste un moment
00:55:07de convivialité tous ensemble.
00:55:09Effectivement, ce n'était pas la même époque.
00:55:11Après, vous parlez d'Emmanuel Macron en 2018
00:55:13qui effectivement, quelques semaines après, vous avez les Gilets jaunes
00:55:15mais même pas quelques semaines après, rappelez-vous
00:55:17le lendemain, quand le bus
00:55:19arrive. Oui, c'est déjà un scandale.
00:55:21Avec Alexandre Benalla.
00:55:23C'est aussi ça qui, à mon avis, stop net
00:55:25l'état de grâce
00:55:27d'Emmanuel Macron parce qu'en 2018,
00:55:29Emmanuel Macron n'est pas tant rejeté que ça par les Français.
00:55:31Non, c'est les Gilets jaunes qui vont
00:55:33mettre le premier coup.
00:55:35Emmanuel Macron, à l'époque, a géré une crise dans les prisons
00:55:37en quelques jours. Les Français
00:55:39commencent à s'attacher à son style
00:55:41ou toutes ces choses-là. Donc, Emmanuel Macron
00:55:43c'est vraiment Alexandre Benalla
00:55:45et l'été meurtrier 2018
00:55:47qui vont faire que les Gilets jaunes vont
00:55:49pas que ça, mais qu'il va y avoir les Gilets jaunes
00:55:51derrière et tout. Est-ce qu'on peut réussir
00:55:53à surfer sur une vague ? Le contexte politique
00:55:55aussi n'est pas du tout le même, même si en 1998
00:55:57il y avait une dissolution, elle était
00:55:59un peu plus tôt dans l'année.
00:56:00C'est ce qu'on disait, c'était pas sans lien, mais peut-être autre époque
00:56:02aussi, mine de rien, avec beaucoup moins de zoom
00:56:04sur tout ce qui peut se passer, sur tout ce qui peut déraper.
00:56:06Autre résultat. Le résultat était beaucoup
00:56:08plus net, rappelez-vous, en 1997
00:56:10qu'il l'est aujourd'hui. On avait une majorité
00:56:12qui s'était dégagée. Vous gardez toujours l'esprit
00:56:14que la dissolution a provoqué finalement
00:56:16autre chose dans le pays, mine de rien.
00:56:18C'est la continuité de ce qui se passe avec la dissolution.
00:56:20Ah oui, complètement. Et donc maintenant,
00:56:22le problème, c'est qu'aujourd'hui, votre contexte,
00:56:24même Emmanuel Macron n'arrivera pas à profiter de ce contexte-là,
00:56:26à mon avis, à moyen, à court
00:56:28ou à long terme. Parce qu'il a loupé son coup.
00:56:30Il a loupé son coup. Ce dont il peut profiter,
00:56:32c'est nommer un Premier Ministre, prendre le temps
00:56:34de le nommer, le choisir et voir ce qui se passera.
00:56:36Franck Dodio, qu'est-ce que vous pensez, vous, justement,
00:56:38sur cette capacité à surfer sur la vague ?
00:56:40Mais même, est-ce que c'est encore possible à l'époque ?
00:56:42Est-ce que, vous disiez, les problèmes structurels avec
00:56:44tout ce qu'on vit, est-ce que les gens peuvent encore même
00:56:46vouloir, souhaiter, surfer encore
00:56:48sur une vague ? C'est-à-dire que les Français
00:56:50peut-être davantage d'ailleurs
00:56:52que les commentateurs, savent faire la part
00:56:54des choses. C'est-à-dire que
00:56:56il y a effectivement, et nous en avons
00:56:58une paire de responsabilités,
00:57:00un effet loupe,
00:57:02une sorte de miroir grossissant
00:57:04sur ces JO qui se passent très bien.
00:57:06Il y avait une statistique
00:57:08qui était sortie de
00:57:10l'Office
00:57:12du Tourisme, qui disait
00:57:14qu'en gros, les étrangers
00:57:16ont un budget moyen hors voyage
00:57:18de 1300 euros par personne.
00:57:201300 euros par personne
00:57:22lors des JO, c'est quand même...
00:57:24C'est exceptionnellement haut.
00:57:26C'est plus du SMIC.
00:57:28C'est juste colossal.
00:57:30Et tout ça, juste pour le ticket moyen des vacances
00:57:32des étrangers en France. Pour les JO.
00:57:34C'est colossal.
00:57:36Vous voyez, encore une fois, nous faisons
00:57:38une séparation entre
00:57:40un monde
00:57:42relativement qui vit
00:57:44bien, qui se retrouve à Paris,
00:57:46dans la joie, dans la bonne humeur, dans la beauté aussi.
00:57:48Et le reste du pays.
00:57:50Et le reste du pays qui, effectivement,
00:57:52ça a été, soyons honnêtes,
00:57:54il y a eu un succès d'audience, mais il y a eu aussi
00:57:56un succès d'audience parce qu'il y a quand même
00:57:58beaucoup de Français qui ne sont pas partis en vacances.
00:58:00Et donc qui, au bout d'un moment,
00:58:02se retrouvaient devant la télé à Suisse
00:58:04dont tout le monde parlait un peu.
00:58:06Vous avez tout de même,
00:58:08encore une fois, et à chaque événement
00:58:10ce sera le cas,
00:58:12une sorte de France périphérique,
00:58:14pour le dire simplement,
00:58:16qui coexiste avec une France
00:58:18qui gagne et qu'on voit
00:58:20pendant 15 jours largement.
00:58:22Mais les Français savent faire la part des choses.
00:58:24Effectivement, ils se disent que
00:58:26ce n'est pas parce que
00:58:28cette vague de bonne humeur
00:58:30dans Paris qui a enfin libéré...
00:58:32On va pouvoir surfer dessus.
00:58:34Bien entendu.
00:58:36On part au 0826 300 300, c'est le standard.
00:58:38Et c'est Claudine qui nous a appelés.
00:58:40Je crois que vous rejoignez un peu
00:58:42le Dieu, ma chère Claudine. Bonjour.
00:58:44Oui, bonjour à tous.
00:58:46Vous dites un peu la même chose,
00:58:48c'est-à-dire que malgré la vague des JO,
00:58:50la rentrée risque d'être rude ?
00:58:52Ah oui, de toute façon,
00:58:54la rentrée sera rude.
00:58:56De toute façon.
00:58:58Qu'est-ce que vous voyez comme obstacle à arriver ?
00:59:00Je pense qu'il va y avoir
00:59:02une bagarre institutionnelle
00:59:04entre
00:59:06le côté législatif
00:59:08et le côté
00:59:10président.
00:59:12Les institutions en elles-mêmes.
00:59:14Ceci étant dit,
00:59:16je pense que
00:59:18pour Macron, ce n'est pas un sujet
00:59:20de ce que le peuple peut penser
00:59:22ou pas. Ce n'est pas un sujet
00:59:24pour lui. Lui, il a réussi.
00:59:26Il a réussi son coup.
00:59:28Il a toujours
00:59:30les ministres qu'il veut
00:59:32pour l'instant. Il fait
00:59:34durer en longueur parce que
00:59:36il pense que de toute manière,
00:59:38lui, sa place est
00:59:40sûre.
00:59:42Il voit un peu
00:59:44comment le vent va tourner.
00:59:46Je pense que ce n'est pas
00:59:48du tout un sujet de savoir s'il va surfer
00:59:50ou pas. Lui, il est content.
00:59:52Il est content.
00:59:54Il va se pavaner comme ça
00:59:56tout le long des Jeux olympiques.
00:59:58Il va se repavaner après.
01:00:00Il y a des Jeux paralympiques qui arrivent dans deux semaines.
01:00:02Il va se repavaner derrière
01:00:04avec le succès de Notre-Dame
01:00:06puisqu'ils l'ont fait.
01:00:08C'était impossible. On l'a fait.
01:00:10Tout ce qu'on
01:00:12a dit était impossible.
01:00:14Moi, Emmanuel Macron, j'ai réussi
01:00:16à le faire. Mais ce n'est que ça son sujet
01:00:18en réalité.
01:00:20Vous le voyez vraiment comme un homme déconnecté
01:00:22qui fait que la réussite ou les quelques marges
01:00:24de succès qu'il franchit ne fait que l'enfermer
01:00:26dans ce qu'on dit souvent comme étant
01:00:28la tour d'ivoire de l'Elysée.
01:00:30Il n'est pas du tout enfermé. C'est là où vous vous trompez.
01:00:32Il n'est pas du tout enfermé.
01:00:34Lui, son sujet, ce n'est pas
01:00:36la France et les Français. Il s'en fout.
01:00:38Ce n'est pas son truc. Lui, ce qui l'intéresse,
01:00:40c'est les positions que tous
01:00:42ces succès-là vont lui donner
01:00:44pour faire autre chose derrière.
01:00:46Mais lui, ce n'est pas son sujet
01:00:48du tout de
01:00:50s'occuper, de savoir si les Français
01:00:52ne l'aiment pas ou pas.
01:00:54Pour lui, il trace sa route.
01:00:56Peu importe les obstacles. Peu importe ce qu'on lui dit.
01:00:58Peu importe les critiques.
01:01:00Moi, je le vois comme ça.
01:01:02Moi, je vais vous dire même plus.
01:01:04Mais vous parlez vrai, Claudie, il n'y a pas de problème.
01:01:06Et je vais vous dire, ça se voit encore
01:01:08mieux quand il répond
01:01:10« Oui, mais on vous a sifflé »,
01:01:12quelqu'un lui dit, et il répond
01:01:14« Ah bon ? Je ne sais pas, je n'ai pas fait attention. »
01:01:16Non, il s'en fout, en fait.
01:01:18Emmanuel Macron s'en fout. Merci beaucoup
01:01:20Claudie qui nous appelait de nuire pour
01:01:22votre parler vrai. Les débats se poursuivent
01:01:24et on retrouve Alex Darbon, Franck De Dieu, Laurie Chavanette
01:01:26autour de la table pour les grands débats de l'été.
01:01:28A tout de suite sur Sud Radio.
01:01:33Et on attend toujours
01:01:35vos coups de fil au standard. Appelez-nous comme
01:01:37Clotide pour passer votre coup de gueule
01:01:39et nous expliquer un peu ce que vous pensez, comment
01:01:41vous voyez-vous les affaires politiques
01:01:43de là où vous êtes, au 0826 300 300
01:01:45et puis sur l'application Sud Radio, sur
01:01:47les réseaux sociaux. Je me tourne vers vous, Laurie Chavanette
01:01:49pour conclure un peu ce tour
01:01:51de table. Vous êtes historien, vous avez entendu
01:01:53Claudine qui nous dit que de toute façon
01:01:55Emmanuel Macron ne comprend rien, il trace
01:01:57sa route. C'est peut-être ça, vous qui avez
01:01:59la longue vue à travers
01:02:01le temps. Est-ce que ce n'est pas
01:02:03finalement une tare obligatoire pour
01:02:05les grands hommes de pouvoir ?
01:02:07Non, ce que je crois, c'est que
01:02:09en écoutant Madame et en
01:02:11général en consultant les annales de notre histoire,
01:02:13c'est que la France est
01:02:15une éternelle insatisfaite.
01:02:17Nous sommes une nation
01:02:19révolutionnaire,
01:02:21querelleuse,
01:02:23très politique. Il y a
01:02:25très peu de nations aussi politiques
01:02:27que la nôtre. C'est-à-dire que
01:02:29on peut attacher une importance
01:02:31exceptionnelle à des détails.
01:02:33Et même en
01:02:351789, il y avait eu un
01:02:37banquet organisé par des gardes
01:02:39d'un régiment à Versailles,
01:02:41ça avait coûté beaucoup d'argent,
01:02:43ça a été transformé en cause
01:02:45et prétexte d'une insurrection
01:02:47totale, où des centaines de milliers de
01:02:49partisans avaient marché sur Versailles.
01:02:51Pour vous, on va dire la lame de fond un peu des débats,
01:02:53c'est la capacité des Français à être
01:02:55insatisfaits de façon permanente, c'est un peu ça l'idée ?
01:02:57Oui, bien sûr,
01:02:59mais en même temps, est-ce qu'ils n'ont pas raison ?
01:03:01Quand on voit l'État...
01:03:03C'est ce que j'allais vous dire, est-ce qu'il n'y a pas de bonnes raisons quand même ?
01:03:05Oui, bien sûr, un État ultra-puissant,
01:03:07ultra-ponctionneur,
01:03:09un État
01:03:11où la sécurité pose problème,
01:03:13l'immigration
01:03:15aussi, la question
01:03:17de l'exemplarité
01:03:19de nos représentants
01:03:21également, bref,
01:03:23on peut voir bien sûr le verre à moitié...
01:03:25Discussion entre les deux, allez-y.
01:03:27Ultra-ponctionneur, on revient à ce qu'on disait
01:03:29au début de l'émission
01:03:31sur le fait que notre système de redistribution
01:03:33est quand même à choyer,
01:03:35donc ultra-ponctionneur pour les bonnes raisons
01:03:37je trouve, non ?
01:03:39Oui, c'est ce que j'ai dit tout à l'heure,
01:03:41j'ai dit qu'il y a bien sûr
01:03:43tout un système qui
01:03:45équilibre, mais quand les finances publiques
01:03:47ne permettent plus ou donnent la sensation
01:03:49d'être au bord du précipice,
01:03:51elles sont bien dans le précipice...
01:03:53Les finances publiques sont très
01:03:55dramatiques,
01:03:57alors on peut continuer ainsi à emprunter,
01:03:59mais lorsqu'on
01:04:01emprunte à des taux
01:04:03de plus en plus élevés,
01:04:05est-ce qu'à la fin, c'est pas le serpent
01:04:07qui se mord la queue ?
01:04:09Donc il faut, comme je l'ai dit tout à l'heure,
01:04:11rechercher l'équilibre entre
01:04:13ce que l'État apporte et ce que
01:04:15les Français apportent à l'État.
01:04:17Et d'un côté, est-ce que le bon mot s'équilibre,
01:04:19c'était le mot tout à l'heure, parce qu'on va dire
01:04:21histoire, et mine de rien, ça nous oblige, en tout cas
01:04:23sur certaines notions, à avoir un point de vue équilibré,
01:04:25et d'un côté, quand on voit le score
01:04:27aux dernières législatives, après la dissolution
01:04:29qui était dans un mauvais timing,
01:04:31nous disait Alex Darmand tout à l'heure,
01:04:33est-ce que le mot s'équilibre ? Est-ce qu'au contraire, c'est pas
01:04:35justement renverser la table ? Est-ce que c'est pas
01:04:37choc ? Est-ce que c'est pas
01:04:39prise de décision, prise de risque ?
01:04:41Parce qu'on le voit, des extrêmes
01:04:43à l'Assemblée Nationale, en deux blocs quand même,
01:04:45très distincts, des politiques qui,
01:04:47on aura l'occasion d'en reparler à gauche et à droite,
01:04:49Edouard Philippe et Lucie Castex, qui quand même
01:04:51ont du mal à trouver ou à entraîner des gens
01:04:53avec eux, justement en tenant une
01:04:55position équilibrée, donc est-ce que, je vais
01:04:57prendre un peu le contre-pied, le bon mot
01:04:59n'est pas une révolution, sans violence
01:05:01bien sûr, mais une vraie révolution politique,
01:05:03Alex Darmand.
01:05:04C'était le titre de son bouquin en 2017,
01:05:06Emmanuel Macron, révolutionnant.
01:05:08Je suis désolé, mais après,
01:05:10qu'on aime ou qu'on aime pas, il a fait
01:05:12sa révolution, vous savez,
01:05:14je sais plus qui disait ça, mais gouverner, c'est
01:05:16prévoir.
01:05:18En fait, je pense que rien n'est prévu tout le temps
01:05:20avec Emmanuel Macron.
01:05:22C'est une improvisation permanente.
01:05:24On est obligé de le constater,
01:05:26personne ne s'attendait à cette dissolution au sort des législatives,
01:05:28et là, personne ne sait
01:05:30quand le nouveau Premier Ministre et le nouveau gouvernement
01:05:32vont être nommés, donc c'est
01:05:34un peu de l'improvisation, mais encore une fois,
01:05:36il a tous les droits
01:05:38de le faire selon notre constitution,
01:05:40moi j'entends les cris alarmistes,
01:05:42tout le monde dit ça va pas, c'est la folie, c'est n'importe quoi,
01:05:44En tout cas, ça peut être plus que
01:05:46le ressenti, ça peut être le vécu des gens
01:05:48au quotidien qui ont l'impression que
01:05:50de révolution en révolution annoncée par
01:05:52les hommes politiques, eux, concrètement, que ce soit
01:05:54à la fin du mois, que ce soit à la fin de l'année, que ce soit dans
01:05:56des périodes incroyables, à la fin du mois, ça
01:05:58change pas.
01:05:59Ça c'est évident, et le problème c'est que ce n'est pas
01:06:01prévu, ce n'est pas préparé, donc
01:06:03je sais pas si le mot c'est choc, en tout cas, pour moi
01:06:05le mot qu'il faudrait faire arriver
01:06:07aujourd'hui dans le monde politique, c'est de la préparation,
01:06:09mais de la préparation qui serait respectée.
01:06:11Vous savez, la politique,
01:06:13vous pouvez subir, on voit la situation du monde
01:06:15aujourd'hui, on peut pas
01:06:17prévoir ce qui se passe. En revanche,
01:06:19vous pouvez quand même mettre quelques
01:06:21petits sujets sur la table et vous y tenir.
01:06:23Emmanuel Macron l'a fait,
01:06:25il a mis des sujets sur la table, il s'y est tenu,
01:06:27pas sur tout, et il est en train de payer les choses
01:06:29qu'il n'a pas tenues.
01:06:31S'il avait intitulé son livre
01:06:33Révolution avec
01:06:35effectivement un bouleversement
01:06:37partisan et institutionnel, mais
01:06:39en vérité un projet
01:06:41qui voulait en fait
01:06:43conserver l'existant, c'est-à-dire
01:06:45en gros une sorte de
01:06:47démocratie libérale.
01:06:49Mais s'il a choisi ce mot Révolution
01:06:51et que ça lui a porté chance,
01:06:53c'est tout simplement que ce mot-là
01:06:55est positif. Et quand l'historien
01:06:57dit que la France est un peuple politique,
01:06:59il a tout à fait raison, la France
01:07:01est un peuple politique. Mais ça veut dire quoi
01:07:03un peuple politique ? Ça veut dire
01:07:05qu'il a toujours l'espérance,
01:07:07malgré tout, qu'il est
01:07:09maître de sa destinée,
01:07:11qu'il est souverain. Les Français
01:07:13sont davantage attachés à cela.
01:07:15Et être un peuple politique, ça veut dire
01:07:17aussi refuser quelque chose
01:07:19qui surplomberait
01:07:21les mouvements
01:07:23d'humeur ou des grands
01:07:25mouvements idéologiques qui sont
01:07:27la réalité économique,
01:07:29les juges, la réalité
01:07:31juridique aussi, qui serait une sorte
01:07:33de, je dirais,
01:07:35de trône
01:07:37qui
01:07:39obligerait
01:07:41les peuples à s'adapter
01:07:43en permanence et ne pas être
01:07:45maître de leur destin. Eh bien,
01:07:47la France, à la différence des pays anglo-saxons
01:07:49ou même des Allemands,
01:07:51sont un peuple qui,
01:07:53je dirais,
01:07:55considère qu'il est souverain et que
01:07:57la dimension politique, elle surplombe
01:07:59tout le reste, et que la démocratie,
01:08:01eh bien, c'est
01:08:03d'exercer cet élément de souveraineté.
01:08:05On refuse, quelque part,
01:08:07qu'il y ait une sorte de fait politique,
01:08:09de fait économique, qui soit
01:08:11sur lequel on devrait s'incliner
01:08:13à la japonaise. Ce n'est pas le cas.
01:08:15Les Français restent, quand même, en ce sens
01:08:17éruptif, et c'est aussi
01:08:19ce qui fait le charme
01:08:21de notre pays.
01:08:23– Après, moi, je suis complètement d'accord
01:08:25avec ce qui vient d'être dit, mais sur le fait du mot
01:08:27de révolution, on ne peut pas enlever
01:08:29à Emmanuel Macron le fait
01:08:31qu'il est amené sur la table des sujets
01:08:33– Lesquels, par exemple ? – Je ne sais pas, dans le monde
01:08:35de notre travail, typiquement. Quand vous démissionnez
01:08:37aujourd'hui, c'est quand même lui qui a amené ça.
01:08:39Quand vous démissionnez, vous pouvez bénéficier de l'assurance chômage
01:08:41quelques mois si vous la demandez. – Oui, pour après, pour mieux
01:08:43éventuellement réduire ceux qui peuvent en bénéficier.
01:08:45Vous savez ce qu'on va vous répondre sur ces sujets.
01:08:47– D'accord, mais moi, je ne dis pas qu'il a eu raison ou pas raison de le faire.
01:08:49En tout cas, ce que je veux dire, c'est qu'il a quand même amené
01:08:51les problèmes. C'est quand même lui qui a amené aussi
01:08:53qu'on soit d'accord ou pas d'accord avec ce sujet-là.
01:08:55Et moi, je suis même plutôt contre
01:08:57l'ubérisation de la société. Il a quand même
01:08:59beaucoup participé à la mettre en place dans la société.
01:09:01– On se rappelle aussi des Uber Fights.
01:09:03– Voilà, dans la société.
01:09:05Mais il y en a plein et on pourrait prendre le temps.
01:09:07– Mais l'ubérisation de la société, la flexibilité
01:09:09du travail, tout cela, ce sont
01:09:11des phénomènes... – Le transport, la flexibilité du transport.
01:09:13– Ce sont des phénomènes
01:09:15d'accompagnement d'un phénomène
01:09:17plus général. – Oui, pour vous,
01:09:19à aucun moment, ça vient révolutionner sur le temps de ce passé.
01:09:21– Absolument, tout simplement,
01:09:23c'est l'adaptation des Français
01:09:25au canon
01:09:27de la mondialisation. Alors, appelons-la
01:09:29néolibéral, c'est un peu péjoratif,
01:09:31mais c'est une adaptation
01:09:33aux nouvelles
01:09:35dispositions d'une marche
01:09:37du monde. Eh bien, les Français,
01:09:39ils considèrent,
01:09:41peut-être pas tous, mais ils considèrent que
01:09:43malgré tout cela, ils ont la possibilité
01:09:45d'aller à rebours
01:09:47de cela et ça s'appelle
01:09:49la démocratie populaire.
01:09:51– Non mais ça, j'entends complètement et vous avez complètement raison.
01:09:53Mais on ne peut pas mettre tous les problèmes
01:09:55sur le dos d'Emmanuel Macron. Vous dites qu'effectivement,
01:09:57c'est que des problématiques... – Ah non, je ne mets pas tous les problèmes.
01:09:59– Non, non, pas vous, pas vous, mais en général,
01:10:01c'est des problématiques économiques, en effet,
01:10:03mais quand vous avez des problématiques sociales,
01:10:05on va prendre l'immigration, la loi sur l'immigration,
01:10:07à la fin de l'année dernière, typiquement...
01:10:09– Elle est passée dans la douleur en Parlement.
01:10:11– Elle n'est même pas passée d'ailleurs, au passage, on n'a même pas pu
01:10:13en discuter, vous avez eu une motion de rejet
01:10:15au début du texte.
01:10:17C'est quand même un texte, un sujet
01:10:19qui est primordial pour les Français, on sait que c'est
01:10:21l'un des sujets de préoccupation des Français,
01:10:23on n'a même pas pu en parler au Parlement,
01:10:25parce qu'il y a eu une motion de rejet
01:10:27de la part des autres appareils politiques.
01:10:29En fait, le système politique est malade, mais ce n'est pas que de la faute
01:10:31d'Emmanuel Macron, c'est une globalité.
01:10:33Vous avez des gens qui ne veulent plus travailler ensemble aujourd'hui,
01:10:35donc on va en parler dans quelques secondes en plus avec Lucie Castex,
01:10:37vous avez des gens qui ne veulent plus travailler aujourd'hui ensemble,
01:10:39donc on peut faire
01:10:41toutes les prévisions que l'on veut, si ces gens ne veulent plus
01:10:43bosser ensemble et ne veulent plus travailler
01:10:45pour le bien commun ensemble, ce ne sera pas que de la faute
01:10:47d'Emmanuel Macron au final, et vous verrez que
01:10:49demain si un Premier ministre ou une Première ministre est nommée
01:10:51dans notre appareil politique, ce sera le même problème.
01:10:53On parlait de peuples très politiques,
01:10:55de personnes qui veulent enrayer, on va dire
01:10:57d'une certaine manière, la marche du monde,
01:10:59c'est le cas de Lucie Castex, c'est le thème de notre
01:11:01deuxième débat aujourd'hui.
01:11:03Elle a envoyé un texte
01:11:05à l'Assemblée nationale et à des
01:11:07parlementaires, hormis l'ERN,
01:11:09et elle y dévoile justement
01:11:11une feuille de route possible pour un gouvernement
01:11:13qui demain aurait l'étiquette
01:11:15Nouveau Front Populaire.
01:11:17Elle y présente, pardonnez-moi,
01:11:19des priorités, l'augmentation des salaires,
01:11:21fiscalité plus juste, elle ne décide quand même pas
01:11:23de revenir sur la mesure qui pouvait
01:11:25braquer les macronistes, à savoir le
01:11:27rétablissement de l'impôt sur la fortune,
01:11:29mais elle détaille ce que ça pourrait
01:11:31être, une nouvelle Assemblée, une nouvelle manière
01:11:33de fonctionner, changer un peu les calendriers,
01:11:35accorder plus de temps au groupe.
01:11:37Est-ce que vous, ça y est, avec cette lettre,
01:11:39avec ce profil, avec l'image qu'elle se construit,
01:11:41vous pensez que c'est, on va dire,
01:11:43la première marche qu'elle est en train de construire,
01:11:45la dernière avant qu'elle puisse, on va dire,
01:11:47accéder au seuil de Matignon,
01:11:49aux marches de Matignon, c'est ce qu'on va aborder
01:11:51dans quelques instants sur Sud Radio, et puis
01:11:53on vous attend notamment au 0826
01:11:55300 300, et je crois que ça sonne déjà,
01:11:57il y a Hakim qui veut nous en parler, à tout de suite
01:11:59sur Sud Radio.
01:12:01Sud Radio, les débats de l'été,
01:12:0310h-13h, Maxime Liédo.
01:12:05Le standard 0826
01:12:07300 300, n'hésitez pas
01:12:09à venir nous rejoindre dans nos débats,
01:12:11notamment celui qui concerne
01:12:13l'anticasté pour le Front Populaire,
01:12:15on l'a dit, nouvelle façon de fonctionner, à l'Assemblée,
01:12:17une nouvelle façon de fonctionner avec les parlementaires,
01:12:19mais ça rejoint un peu notre discussion
01:12:21précédente, à croire que c'est fait exprès,
01:12:23ici à Sud Radio. Est-ce que,
01:12:25mine de rien, on peut encore le faire aujourd'hui,
01:12:27apporter, on va dire, une certaine révolution dans la
01:12:29manière de travailler avec les institutions,
01:12:31par exemple, vous, Laurie Chavanet, l'historien,
01:12:33avec un regard aigu sur les institutions,
01:12:35qu'est-ce que vous en pensez ?
01:12:37Je pense que nous avons, il y a révolution
01:12:39et révolution, disons.
01:12:41Voilà, il y a le fait
01:12:43de révolutionner un
01:12:45État, avec
01:12:47ses excès, son arbitraire,
01:12:49ses institutions,
01:12:51et puis il y a aussi, ce qui est plus
01:12:53traditionnellement français, la volonté
01:12:55de révolutionner la société,
01:12:57les individus. En 89,
01:12:59on a voulu régénérer
01:13:01la société pour fonder un
01:13:03homme nouveau. C'était un projet
01:13:05démentiel, aucun pays
01:13:07n'a eu un tel projet
01:13:09qui est de l'ordre quasi-religieux.
01:13:11Alors, je ne sais pas, moi, est-ce que
01:13:13Lucie Castex veut-elle
01:13:15révolutionner les institutions
01:13:17ou est-ce qu'elle veut, en fait, une transformation
01:13:19bien plus radicale, parce que
01:13:21bien sûr, quand on touche à la société,
01:13:23on touche à quelque chose de plus radical,
01:13:25qui nécessite beaucoup plus de moyens,
01:13:27voire même se confronter à l'impossible,
01:13:29parce que souvent, les révolutions
01:13:31qui veulent changer les individus se heurtent
01:13:33à un mur, parce que les individus
01:13:35ne se révolutionnent
01:13:37rarement eux-mêmes
01:13:39et encore moins par en haut, par l'État.
01:13:41Donc, bon...
01:13:43Oui, on a le souvenir même de Charles Bandelmas,
01:13:45avec son fameux grand discours sur la société
01:13:47nouvelle, qui n'avait pas eu
01:13:49l'écho attendu.
01:13:51Oui, oui, c'est traditionnel,
01:13:53mais aujourd'hui, c'est vrai, on a eu plusieurs
01:13:55lames de fond,
01:13:57je ne vais pas dire révolutionnaires, mais vraiment
01:13:59de transformation écologique, etc.,
01:14:01de l'État et de la société.
01:14:03Donc, il faut savoir
01:14:05l'écouter, il faut savoir l'accompagner.
01:14:07Et donc, je préfère parler de transition
01:14:09nécessaire que de révolution,
01:14:11parce que même si les révolutions...
01:14:13Et vous, dans ce que propose Lucie Castex, il y a des choses qui vous interpellent.
01:14:15Est-ce que vous pensez qu'avec ce qu'elle
01:14:17vient de dévoiler, une sorte de feuille de route,
01:14:19avec quelques propositions
01:14:21autour desquelles tout le monde pourrait s'accorder,
01:14:23est-ce que ça vous semble plausible pour Matignon ?
01:14:25Je pense que le programme,
01:14:27si tant est qu'il y en
01:14:29ait eu un véritablement pensé,
01:14:31cohérent, à gauche,
01:14:33je pense que le programme
01:14:35n'a pas été validé par une majorité
01:14:37au sein des
01:14:39dernières élections législatives.
01:14:41C'est plus une alliance de compromis
01:14:43dans l'urgence
01:14:45qu'un véritable projet pensé.
01:14:47Ça met des années à construire
01:14:49un projet de ce type, un programme
01:14:51véritablement cohérent.
01:14:53Ça met des années. Et là, ça a été fait
01:14:55en deux semaines par des bouts de feu.
01:14:57Oui, et vous le regrettez.
01:14:59Il faut s'interroger sur les origines
01:15:01même de la construction
01:15:03de ce projet. Ensuite,
01:15:05deuxième chose peut-être, on parle
01:15:07beaucoup de querelles de personnes,
01:15:09mais on parle de la possibilité
01:15:11d'un Premier ministre expert.
01:15:13Le fameux gouvernement
01:15:15technique, ce n'est pas
01:15:17visiblement ce que souhaite
01:15:19Lucie Castex. Ce serait plus dans l'hypothèse
01:15:21où Emmanuel Macron nommerait un Premier ministre
01:15:23et on se trouverait avec quelques personnalités
01:15:25pour gérer les fameuses affaires courantes
01:15:27et ou gérer les quelques points sur lesquels
01:15:29tout le monde s'accorderait.
01:15:31Oui, mais il y a plusieurs choses à dire
01:15:33de ce point de vue-là, je pense.
01:15:35Premièrement,
01:15:37un expert, Lucie Castex
01:15:39et ENARC, Sciences Po,
01:15:41ENARC, elle répond...
01:15:43Franck Dodieu n'est pas d'accord avec vous.
01:15:45Elle n'est pas du tout dans une
01:15:47logique d'expertise.
01:15:49Sa légitimité ne vient pas
01:15:51de son expertise en tant qu'ENARC
01:15:53ou fonctionnaire de la mairie de Paris.
01:15:55C'est pas du tout ça.
01:15:57C'est cela.
01:15:59L'expert, c'est pas seulement celui
01:16:01qui a un diplôme, c'est celui qui est expérimenté,
01:16:03qui a fait ses preuves.
01:16:05Je vous rejoins entièrement, c'est pour ça que je me permets de vous interrompre.
01:16:07Justement,
01:16:09elle n'a pas par ailleurs cette expérience
01:16:11qu'aura un expert,
01:16:13un gouvernement d'experts
01:16:15avec un peu de hauteur...
01:16:17Franck Dodieu, je ne veux pas vous alerter mon cher Loris,
01:16:19mais il fait une mot boudeuse. Il y a un désaccord dans l'air, Franck.
01:16:21Ce qu'on appelle un gouvernement
01:16:23d'experts
01:16:25depuis les années 90-2000,
01:16:27ce sont des gouvernements
01:16:29qui ne portent pas
01:16:31véritablement de couleurs politiques
01:16:33qui proviennent
01:16:35après
01:16:37une crise majeure,
01:16:39notamment une crise financière.
01:16:41Je parle de Mario Monti par exemple,
01:16:43qui en gros
01:16:45fait une politique
01:16:47qui est
01:16:49celle de la continuité
01:16:51et notamment, et peut-être on y reviendra,
01:16:53sur l'idée
01:16:55d'une certaine
01:16:57austérité budgétaire.
01:16:59Je pense que c'est une option
01:17:01pour une raison d'ailleurs que notre historien a rappelée,
01:17:03qui n'est pas compatible
01:17:05avec l'histoire de France,
01:17:07avec l'idée que le politique est au-dessus
01:17:09de l'économique et du financier
01:17:11et que les Français
01:17:13ont à cœur l'idée d'avoir la maîtrise
01:17:15de cette dimension politique.
01:17:17Non,
01:17:19Lucie Casté, je crois que
01:17:21sur sa feuille de route,
01:17:23elle est très fidèle
01:17:25au programme.
01:17:27C'est à la fois sa force
01:17:29et sa faiblesse.
01:17:31C'est-à-dire, elle dit augmentation des salaires,
01:17:33augmentation des impôts, revise en cause des retraites.
01:17:35Mais c'est aussi sa faiblesse parce que
01:17:37cette rectitude
01:17:39ou cette rigidité,
01:17:41à votre guise,
01:17:43quelque part,
01:17:45elle cristallise
01:17:47toutes les oppositions du Bloc central.
01:17:49Donc, il faudrait pour cela,
01:17:51mathématiquement, pour avoir 100 députés de plus,
01:17:53en gros,
01:17:55que des députés
01:17:59du Bloc central
01:18:01l'acceptent. Or,
01:18:03ce qui définit, en gros,
01:18:05la campagne
01:18:07d'Emmanuel Macron en 2022
01:18:09et puis, quelque part,
01:18:11les renaissances au niveau
01:18:13des dernières législatives,
01:18:15c'était quand même de ne pas augmenter les impôts
01:18:17et de ne pas revenir...
01:18:19Ça veut dire rentrer frontalement en opposition avec toute une partie de l'émission.
01:18:21Je dirais, son problème existentiel,
01:18:23c'est à la fois, positivement,
01:18:25d'être fidèle à son programme
01:18:27et donc, quelque part, ça l'honore
01:18:29parce qu'on dit tellement que les hommes
01:18:31politiques, au bout d'un moment,
01:18:33finissent par établir
01:18:35une distance énorme entre leur conscience
01:18:37et leur acte pour avoir le pouvoir.
01:18:39Mais c'est aussi l'inverse.
01:18:41C'est-à-dire que, parce que c'est fidèle
01:18:43au programme, c'est aussi
01:18:45un facteur de rejet.
01:18:47Et ce facteur de rejet, il est mathématiquement
01:18:49impossible
01:18:51de constituer une majorité
01:18:53stable sur la base
01:18:55de ce programme
01:18:57qu'on pourrait
01:18:59accepter, célébrer
01:19:01ou, au contraire, réfuter.
01:19:03Est-ce que c'est ce que vous pensez, Hakim, qui nous a appelé au Standard
01:19:05au 0826-300-300 ?
01:19:07Bonjour !
01:19:09Est-ce que vous êtes d'accord avec ce qu'on vient de dire,
01:19:11les précédentes minutes autour de la table ?
01:19:13Oui, oui, oui.
01:19:15Moi, je pense que c'est très important
01:19:17d'incarner la politique.
01:19:19Et un gouvernement d'experts, ça risque de
01:19:21nous faire très mal.
01:19:23Mais est-ce que, par exemple, le profil de Lucie Casté, ça peut vous plaire ?
01:19:25Ça peut vous tenter ?
01:19:27Oui, oui, moi, il me plaît. J'ai aucun problème avec elle.
01:19:29C'est une femme qui a fait l'ENA,
01:19:31c'est une femme de dossier, c'est une experte.
01:19:33En plus, je pense que le fait
01:19:35qu'elle n'ait pas, comment dire, derrière elle
01:19:37des années et des années de politique,
01:19:39ça peut être un
01:19:41avantage. Ce n'est pas forcément
01:19:43un inconvénient, comme on l'entend.
01:19:45On n'est pas d'accord, Akim.
01:19:47Oui, oui, on n'est pas d'accord.
01:19:49Discussion avec Alex Armand. Qu'est-ce que vous pouvez reprocher
01:19:51à Akim, Alex ?
01:19:53On peut finir ?
01:19:55Vous me permettez ?
01:19:57Je voulais vous dire,
01:19:59je disais, c'est très
01:20:01important d'incarner la politique.
01:20:03Et vous avez beaucoup parlé de révolution.
01:20:05Nous sommes dans une révolution.
01:20:07Une révolution culturelle, politique.
01:20:09Il va falloir bâtir
01:20:11des coalitions, comme nos voisins.
01:20:13Et on n'avait pas l'habitude.
01:20:15Par le passé, on a eu
01:20:17des coalitions. Vous avez souvent invité
01:20:19des spécialistes sur cette antenne
01:20:21qui ont bien expliqué que
01:20:23sous la Quatrième République, il me semble en 1946,
01:20:25nous avons eu des coalitions.
01:20:27En 1936, il y a eu des coalitions.
01:20:29Eh bien, il va falloir renouer
01:20:31avec cette tradition. Et c'est dur.
01:20:33C'est difficile, parce que
01:20:35chaque parti politique,
01:20:37a peur de passer
01:20:39pour un traître vis-à-vis
01:20:41de ses électeurs. Mais nous n'avons plus
01:20:43le choix. Et j'ose pas
01:20:45parler de gouvernement d'Union nationale.
01:20:47Dans le sillage de cette
01:20:49belle victoire de la France aux Jeux Olympiques,
01:20:51moi, ça me ferait rêver.
01:20:53Je pense que là,
01:20:55elle a bien fait de tâtonner le terrain,
01:20:57de sonder le terrain, d'envoyer
01:20:59son projet à tout le monde.
01:21:01En revanche, elle a fait une petite erreur
01:21:03d'exclure le Front National.
01:21:05Oui, c'est-à-dire déjà de commencer
01:21:07à gouverner avec le parti
01:21:09qui représente 10 millions d'électeurs.
01:21:11Moi, j'ai fait partie de ceux qui pensent
01:21:13qu'il fallait faire barrage, mais
01:21:15il y a 10 millions de personnes
01:21:17qui votent Front National.
01:21:19Vous pouvez pas comme ça dire, vous,
01:21:21vous ne comptez pas. D'autant que, et j'ai terminé,
01:21:23d'autant que, si vous regardez
01:21:25bien les projets
01:21:27de texte de loi sur la retraite
01:21:29à 60 ans.
01:21:31Et échange alors avec le
01:21:33désaccord que pouvait avoir Alex Darmand, sachant que
01:21:35sur le fonctionnement de l'Assemblée, je précise,
01:21:37elle plaide pour une meilleure répartition des postes.
01:21:39C'est un peu étrange quand même, tout d'un coup,
01:21:41d'exclure le Rassemblement National.
01:21:43Camarade Hakim, vous avez raison.
01:21:45Et aussi, des postes de rapporteurs sur chaque texte,
01:21:47entre les différents groupes politiques, etc.
01:21:49C'est ça, vous avez raison,
01:21:51Alex Darmand.
01:21:53J'entends ce que dit Hakim, mais il y a des points
01:21:55sur lesquels je suis d'accord, et d'autres où je suis pas d'accord.
01:21:57Il faut bâtir des coalitions.
01:21:59Moi, je suis quand même d'accord avec vous.
01:22:01Pour le faire, il faut faire de la politique.
01:22:03Je pense qu'on est d'accord là-dessus. Et faire de la politique,
01:22:05c'est avoir de l'expérience en politique.
01:22:07Lucie Castet, je suis déçu.
01:22:09Elle n'a aucune légitimité aujourd'hui, Lucie Castet.
01:22:11Elle n'a jamais été élue. Elle a été
01:22:13sommairement sur une liste aux élections régionales
01:22:15en Normandie avec Nicolas Meillat-Rossignol,
01:22:17je crois, de mémoire. Mais elle n'a jamais été
01:22:19élue. Et là,
01:22:21tant sur le fond que sur la forme,
01:22:23je trouve que la méthode n'est pas bonne.
01:22:25Le fait de vouloir intervenir pendant les Jeux Olympiques.
01:22:27Alors, on va dire qu'on s'en fout des Jeux Olympiques.
01:22:29Non, on s'en fout pas. C'est un événement qui a été important
01:22:31pour les Français. Elle a donné des coups d'épée
01:22:33dans l'eau. Tout le monde s'en foutait de ce qu'elle faisait.
01:22:35Donc, je trouve que sur la forme, la méthode
01:22:37n'est pas bonne. Sur le fond, elle ne fait
01:22:39même pas l'unanimité au cœur
01:22:41de son propre camp. Anne Hidalgo,
01:22:43à qui elle a travaillé, a dit il y a quelques jours...
01:22:45Qu'autre chose.
01:22:47Ce que je veux dire par là, c'est que vous avez raison, il faut bâtir
01:22:49des coalitions. Mais pour bâtir des coalitions, il faut avoir
01:22:51des bases solides. Là même, les bases
01:22:53ne sont pas solides. Elle n'a pas
01:22:55d'expérience en politique. Vous vous trouvez que c'est
01:22:57un avantage. Moi, je vais vous dire,
01:22:59je trouve que les gens qui n'ont pas d'expérience en termes
01:23:01politiques, ça y est, on a donné.
01:23:03On a vu avec les macronistes à l'assemblée,
01:23:05avec les communistes, etc. Ils suivent
01:23:07la société civile. Et on a vu ce que ça a fait.
01:23:09Moi, j'aimerais bien, à un moment donné,
01:23:11qu'on se dise que la politique, c'est un métier.
01:23:13C'est un métier. Et alors, je ne dis pas qu'il faut avoir
01:23:1550 ans de vie politique derrière soi, qu'il faut avoir
01:23:1750 mandats, mais il faut quand même avoir un peu
01:23:19de tas de terrain, justement. Et savoir de quoi on cause.
01:23:21Qu'est-ce que vous répondez aux camarades Alex Darmon ?
01:23:23Oui, oui, non mais je
01:23:25comprends bien l'argument. Il faut avoir
01:23:27un certain
01:23:29nombre d'années derrière soi, être bien
01:23:31familier de l'Assemblée Nationale.
01:23:33Tout ça, ça ne s'improvise pas. Je suis d'accord
01:23:35avec ça. Bon, il y a une
01:23:37candidature qui a été proposée.
01:23:39Alors, je ne sais pas. Il me semblait
01:23:41qu'elle faisait l'unanimité au sein du
01:23:43nouveau front populaire.
01:23:45Si elle réussit, tant mieux pour elle.
01:23:47Bon, mais si elle...
01:23:49Moi, je pense, je pense que
01:23:51malheureusement, elle risque d'échouer
01:23:53à la première motion de censure.
01:23:55Mais vous avez quand même, on va dire, envie de croire dans ce profil-là.
01:23:57Oui, oui.
01:23:59Moi, je voudrais bien qu'elle réussisse.
01:24:01Moi, ça me plairait. Mais c'est vrai.
01:24:03C'est une question que
01:24:05je me pose.
01:24:07Dès qu'une motion de censure
01:24:09va être présentée,
01:24:11qu'est-ce qu'elle a dit ? Aimer le sport ?
01:24:13Elle a dit qu'elle était très sportive.
01:24:15Ça va être le premier obstacle qui va être dressé devant elle.
01:24:17Et là, je crains.
01:24:19Mais quelle personnalité
01:24:21peut faire la jonction entre la gauche
01:24:23et le nouveau front populaire
01:24:25et le centre-gauche,
01:24:27le centre-droit ? Ils ne sont pas
01:24:29nombreux, ces profils. Il faut le trouver.
01:24:31Et ce n'est pas simple.
01:24:33On parlera dans quelques instants d'Edouard Philippe. Merci beaucoup à Kim
01:24:35qui nous avait appelé au 0826-300-300
01:24:37l'occasion de quelques débats.
01:24:39Ce n'est pas faux ce que dit Kim.
01:24:41C'est très compliqué pour Lucie Castex.
01:24:43On va dire qu'elle a émergé dans des conditions
01:24:45qui étaient particulières pour le nouveau front populaire
01:24:47sur, visiblement, des
01:24:49désaccords qui n'étaient pas évidents.
01:24:51Elle a envoyé un courrier, comme l'a très bien dit Alex Armand
01:24:53tout à l'heure. On s'est quand même retrouvé avec de nombreux
01:24:55coups d'épée dans l'eau. Le coup du coming out, le coup de la
01:24:57visite avec d'autres figures
01:24:59du nouveau front populaire à l'entreprise
01:25:01Duralex qui est cette entreprise qui a
01:25:03été reprise par les salariés eux-mêmes et qui a bénéficié
01:25:05d'un nombre
01:25:07de commandes invraisemblable de la part des Français.
01:25:09Vous savez, c'est les petits verts dans lesquels on s'amuse à regarder
01:25:11pour penser que le chiffre qu'on voit au fond
01:25:13c'est notre âge. C'est le numéro du moule.
01:25:15Alors que c'est le numéro du moule, exactement.
01:25:19Et là, on a l'impression qu'elle ne veut pas lâcher.
01:25:21Lâcher Bâtillon, c'est peut-être même un peu grotesque
01:25:23Laurie Chavanette.
01:25:25Moi, j'ai écrit un livre
01:25:27qui s'intitule
01:25:29La tentation du désespoir.
01:25:31Il est paru
01:25:33en mars dernier
01:25:35chez... enfin, je ne vais pas dire
01:25:37l'éditeur, pas bien.
01:25:39Et puis
01:25:41je vois tous les jours
01:25:43confirmer cette tente
01:25:45où on est de plus en plus dans une crise
01:25:47systémique, inexplicable.
01:25:49Personne
01:25:51n'arrive à trouver
01:25:53une personnalité
01:25:55qui vraiment
01:25:57pourrait
01:25:59réunir autour d'elle
01:26:01Lucie Castex.
01:26:03Bon, je n'ai pas fait un mauvais jeu de mots, mais c'est Lucie Castex
01:26:05plutôt. Et j'ai
01:26:07l'impression que nous ressemblons
01:26:09de plus en plus à l'âne de Buridan
01:26:11qui n'arrive pas à choisir
01:26:13entre deux pots d'avoine
01:26:15et cet esprit
01:26:17de compromis que l'on voudrait,
01:26:19en fait, c'est un non-choix.
01:26:21Ce serait ni droite, ni gauche.
01:26:23Mais ça n'a jamais existé quasiment
01:26:25en France.
01:26:27Même et droite et gauche,
01:26:29ça n'a existé qu'une seule fois.
01:26:31C'est avec Clémenceau, si vous voulez,
01:26:33international.
01:26:35Alex Darmon pour conclure sur Lucie Castex.
01:26:37Je suis d'accord avec
01:26:39Lauric sur le fait que
01:26:41on n'arrive pas dans aucun
01:26:43parti, dans aucun appareil politique
01:26:45à se mettre d'accord sur un non. Et la finalité
01:26:47de tout ça, c'est quoi ? C'est Emmanuel Macron qui va choisir.
01:26:49Que ce soit Lucie Castex ou quelqu'un d'autre, il va choisir.
01:26:51Et par conséquent, il a un enjeu
01:26:53lui, c'est qu'il choisisse quelqu'un
01:26:55pour faire cohabitation, que ça fasse cohabitation
01:26:57quand même. Il a besoin de quelqu'un qui lui
01:26:59corresponde, c'est ça la vérité ? Mais pas forcément.
01:27:01Quelqu'un qui soit même fâché avec lui,
01:27:03avec qui il n'est pas forcément des bonnes relations
01:27:05parce qu'il faut que ça fasse cohabitation.
01:27:07Est-ce qu'il en est capable ? Oui, je pense.
01:27:09Il va être obligé, et je pense que c'est pour ça qu'on parle
01:27:11de Xavier Bertrand, avec qui on sait que les relations ne sont pas
01:27:13très bonnes. Ou même Bernard Cazeneuve.
01:27:15À l'époque, dans le gouvernement, ça se passait très très mal
01:27:17entre Bernard Cazeneuve et Emmanuel Macron.
01:27:19Donc c'est pour ça qu'on parle de ces noms-là. Ce sont des gens
01:27:21qui ont quand même la responsabilité républicaine
01:27:23et une certaine expérience politique pour savoir
01:27:25que ça peut leur apporter. On parlait
01:27:27politique comme d'expérience et même désaccord
01:27:29ou relation froide. Quelqu'un avec qui c'est plus que
01:27:31froid, c'est
01:27:33évidemment Édouard Philippe avec son parti Horizon.
01:27:35Rappelez-vous, il avait accusé le Président de la République
01:27:37d'avoir tué la majorité, donc il prend la main
01:27:39et on en parle dans quelques instants. Sur Sud Radio, vous nous appelez
01:27:410 826 300 300.
01:27:43A tout de suite.
01:27:45Sud Radio. Les débats de l'été.
01:27:4710h-13h. Maxime Liédo.
01:27:49Allez, on rentre dans le dernier quart d'heure de nos débats.
01:27:51Vous continuez à nous appeler 0 826
01:27:53300 300. En somme, vous faites
01:27:55un peu comme Claudine et Hakim qui ont
01:27:57dialogué et échangé avec nous durant ces
01:27:59grands débats de l'été en direct sur Sud Radio.
01:28:01On va passer au dernier thème qui est Édouard Philippe
01:28:03qui appelle à une réunion rapide des
01:28:05parlementaires. Alors vous allez voir, c'est révolutionnaire
01:28:07parce qu'Édouard Philippe veut stabiliser
01:28:09la vie politique. On n'avait jamais
01:28:11entendu ça, Franck Donio, c'est exceptionnel.
01:28:13Ah bon, vous trouvez ?
01:28:15Vous avez cette ironie dans la voix.
01:28:17Bon, c'est pas tout à fait nouveau.
01:28:19Ce qui est intéressant, c'est
01:28:21toujours, il y a chez Édouard Philippe une forme
01:28:23qui se veut
01:28:25aller à rebours du
01:28:27macronisme et pourtant un projet
01:28:29qui n'est que la poursuite du
01:28:31macronisme avec d'autres personnes.
01:28:33C'est-à-dire, c'est le parti
01:28:35du cercle de la raison,
01:28:37de l'austérité budgétaire.
01:28:39Il a même dit, mon but ce sera de rétablir
01:28:41les finances publiques. Alors,
01:28:43rétablir l'équilibre des finances publiques,
01:28:45est-ce que vous pensez
01:28:47qu'il y a des gens
01:28:49PS,
01:28:51quelques écolos qui vont,
01:28:53qui veulent tout de même, peut-être le rétablir d'ailleurs,
01:28:55mais par l'augmentation des impôts, pas par la baisse
01:28:57forcément des dépenses. Parce que c'est
01:28:59bien beau de constituer une équipe avec
01:29:01supposément la bonne volonté,
01:29:03mais je reviens encore à mon thème de début,
01:29:05c'est-à-dire, il y a le conjoncturel,
01:29:07il y a...
01:29:09Il y a des choses qui sont quand même
01:29:11absolument fondamentales, qui sont des choix
01:29:13politiques qui importent avec eux tout le reste.
01:29:15Les deux bases de discussion pour Edouard Philippe,
01:29:17c'est vivre de son travail, pouvoir se loger
01:29:19et subvenir à ses besoins énergétiques,
01:29:21et vivre en sécurité, parce qu'on est dans
01:29:23la logique vraiment d'avoir des thèmes nouveaux,
01:29:25vivre en sécurité, avoir accès aux soins
01:29:27et offrir une éducation de qualité.
01:29:29Oui, ben vous connaissez,
01:29:31vous, des hommes politiques qui lisent l'inverse
01:29:33de tout ça ? Franchement,
01:29:35non, moi ce que je retiens,
01:29:37c'est qu'il a dit rétablir les finances publiques.
01:29:39Et le grand paradoxe de cette histoire,
01:29:41si on s'en tient là,
01:29:43si on dit, le prochain budget
01:29:452025, il va falloir
01:29:47serrer la vis au niveau des dépenses,
01:29:49etc. Le grand paradoxe
01:29:51de cette histoire, c'est que
01:29:53la somme de ces
01:29:55comportements tempérés, la somme
01:29:57des tempérances, j'allais dire,
01:29:59du centre droit et du centre gauche,
01:30:01de tout sauf LSI et RN,
01:30:03feront une politique qui ne sera pas
01:30:05tempérée. C'est ça le paradoxe.
01:30:07Et c'est en ce sens qu'il, s'il y arrive...
01:30:09Il cache en fait une brutalisation
01:30:11derrière des aires de consensus.
01:30:13Oui, quand vous dites rétablir les finances publiques
01:30:15sans augmenter les impôts, concrètement,
01:30:17ça veut dire une baisse
01:30:19très importante des recettes.
01:30:21Pardon, des dépenses.
01:30:23Une baisse très importante des dépenses.
01:30:25Et surtout si vous êtes dans un univers
01:30:27je dirais de
01:30:29stabilité économique, c'est-à-dire qu'on ne va pas avoir
01:30:313 ou 4% de croissance du PIB,
01:30:33on va avoir quelque chose
01:30:35d'assez
01:30:37stable, d'assez
01:30:39à tonne,
01:30:41dans un univers qui est
01:30:43celui de l'injonction
01:30:45de rétablir les finances publiques, de les mettre au carré.
01:30:47Donc, je le répète,
01:30:49si vous voulez additionner
01:30:51les modérés pour faire une politique
01:30:53qui est immodérément austéritaire,
01:30:55vous n'y arriverez pas.
01:30:57Ou alors, il y a un mensonge...
01:30:59Il y a un mensonge...
01:31:01Il y a quelque chose qui ne va pas.
01:31:03Il y a quelque chose qui ne va pas.
01:31:05Constituer un gouvernement, c'est pas
01:31:07associer que des postures
01:31:09de gens raisonnables.
01:31:11C'est de savoir qu'est-ce qu'on
01:31:13met à l'intérieur.
01:31:15Et comment pour
01:31:17exercer, pour je dirais
01:31:19réaliser son projet,
01:31:21comment on fait ?
01:31:23Il y a effectivement
01:31:25un début d'austérité
01:31:27qui se profite.
01:31:29Moi, ce que je trouve intéressant dans cette histoire
01:31:31d'Edouard Philippe, c'est qu'encore une fois, il ne se montre pas.
01:31:33C'est-à-dire qu'on dit que c'est lui
01:31:35qui demande le rassemblement
01:31:37de tous les partis républicains et tout, mais
01:31:39quand vous regardez cette histoire d'un peu plus près,
01:31:41c'est pas lui qui envoie la lettre, c'est Marc-Angéli,
01:31:43le député Marc-Angéli, qui envoie la lettre
01:31:45aux autres parlementaires à l'Assemblée nationale
01:31:47en disant qu'il faut faire un large rassemblement
01:31:49pour pouvoir fonder
01:31:51un gouvernement d'union nationale.
01:31:53En fait, Edouard Philippe, c'est un peu courage-pillon
01:31:55à chaque fois.
01:31:57Je souhaite qu'on fasse
01:31:59en sorte qu'il y ait un maximum
01:32:01de rassemblements, mais c'est pas en mon nom,
01:32:03parce que moi, il faut que je me mette un peu au-dessus de la mêlée.
01:32:05On a l'impression qu'il se prend déjà un peu pour président de la République,
01:32:07en quelque sorte.
01:32:09Il préside sans être à l'Élysée.
01:32:11On l'avait vu mettre un peu les mains dans le cambouis
01:32:13entre les élections
01:32:15européennes et les élections législatives,
01:32:17et je pense que les Français avaient été sensibles à cela.
01:32:19Et là, il est en train de retomber dans ses travers
01:32:21en disant qu'il ne faut pas que j'intervienne, ça se passe à l'Assemblée.
01:32:23Donc je reste au-dessus de tout ça.
01:32:25Exactement.
01:32:27Et c'est pour ça que je pense que ça ne donnera rien,
01:32:29cette initiative. Parce qu'au final,
01:32:31aujourd'hui, ce qu'il faudrait, c'est qu'il y ait un leadership
01:32:33fort qui s'impose quelque part,
01:32:35et qui mette tout le monde autour d'une table.
01:32:37Et c'est pas pour manquer de respect au député Laurent Marc-Angéli,
01:32:39qui est d'ailleurs un député
01:32:41qui est très travailleur et très intéressant,
01:32:43très intelligent, quand vous parlez avec lui,
01:32:45mais qui est président du groupe Horizon
01:32:47à l'Assemblée Nationale, en l'occurrence.
01:32:49C'est pas autour de lui qu'aujourd'hui,
01:32:51ça peut se cristalliser.
01:32:53Et donc, je pense que c'est encore une fois
01:32:55quelque chose qui ne servira pas à grand-chose
01:32:57dans la perspective
01:32:59de vouloir rassembler plusieurs députés
01:33:01de différents, c'est le cas de le dire,
01:33:03différents horizons.
01:33:05Oui, c'est ça. Et puis même, le titre du parti,
01:33:07on a toujours fait cette réflexion, quand tu y penses, Horizon,
01:33:09c'est ce que tu vois sans jamais l'atteindre.
01:33:11Pour le titre d'un particulier, c'est toujours quelque chose
01:33:13de cocasse. Laurie Chavanette,
01:33:15historien, avant qu'on aille au
01:33:170, 826, 300, 300,
01:33:19comment vous observez, vous,
01:33:21cette position d'Edouard Philippe, son positionnement ?
01:33:23Il y a son positionnement
01:33:25qui me semble
01:33:27assez légitime,
01:33:29d'une certaine manière.
01:33:31Vous, ça ne vous choque pas ?
01:33:33Non, ça ne me choque pas. Il a déjà l'expérience
01:33:35d'avoir été Premier ministre. Par ailleurs,
01:33:37il est une des personnalités françaises
01:33:39les plus populaires, premier ou deuxième.
01:33:41Ce ne sont que des sondages.
01:33:43C'est un élu local,
01:33:45c'est-à-dire qu'il a déjà été élu.
01:33:47Néanmoins, ce n'est pas
01:33:49le cas de tous les candidats
01:33:51à Matignon.
01:33:53Ensuite, son programme,
01:33:55c'est une espèce de bon sens
01:33:57populaire, j'allais dire.
01:33:59Bon sens populaire, du centre,
01:34:01une sorte de ventre mou.
01:34:03Quelque peu, ce que je peux
01:34:05critiquer relativement à son programme,
01:34:07c'est plutôt
01:34:09que c'est une liste pléthore,
01:34:11parce qu'il y a quoi ? Il y a six, sept
01:34:13grands thèmes majeurs sur lesquels
01:34:15il veut opérer des réformes pendant combien de temps ?
01:34:17Pendant un an, deux ans ?
01:34:19Donc, impossible.
01:34:21A l'impossible, nul n'est tenu.
01:34:23Comme on apprend en
01:34:25première année de droit. Et donc, je trouve
01:34:27qu'il aurait peut-être mieux fait de choisir
01:34:29deux thèmes majeurs
01:34:31sans s'appuyer là-dessus.
01:34:33Ensuite, la question du
01:34:35parti politique, de l'orateur.
01:34:37Bon, ben écoutez, lui-même
01:34:39a été, on lui a coupé
01:34:41les jambes avec cette dissolution.
01:34:43Il essaie d'être
01:34:45présent, il continue
01:34:47tout flou, jusqu'à
01:34:49la prochaine élection présidentielle.
01:34:51Moi, je trouve qu'on lui a pas coupé les jambes
01:34:53avec cette dissolution. Au contraire, pour lui, c'était
01:34:55un formidable tremplant, s'il avait
01:34:57voulu le saisir.
01:34:59Et je trouve que, justement, le fait de
01:35:01ne plus occuper l'espace médiatique...
01:35:03Enfin, 2027, c'est dans trois ans.
01:35:05C'est demain.
01:35:07En réalité, c'est demain.
01:35:09Vous avez beaucoup d'élections d'ici à 2027. Vous avez des
01:35:11municipales qui vont être importantes pour lui, parce que
01:35:13sans doute qu'il se représentera au Havre
01:35:15en 2026 pour se mettre en
01:35:17rame de lancement pour 2027. Mais c'était son moment
01:35:19aussi. C'était le moment où il pouvait négocier,
01:35:21être dans le rapport de force, demander plus
01:35:23de députés de son propre groupe
01:35:25pour pouvoir rejoindre
01:35:27l'ex-majorité. Et tout ça,
01:35:29il l'a difficilement, voire pas du tout fait.
01:35:31Mais dans tout ce que vous dites, chacun, avant d'aller
01:35:33au standard 0,826, 300, 300,
01:35:35j'aimerais quand même poser ça sur le débat de la table.
01:35:37Depuis que j'observe Edouard Philippe sorti
01:35:39de Matignon, est-ce qu'on n'a pas
01:35:41l'impression d'assister à un mauvais
01:35:43concours de Miss France ? Quand j'écoute Edouard Philippe, j'ai l'impression
01:35:45de voir une liste de constats. Alors,
01:35:47c'est pas l'eau, ça mouille, le feu, ça brûle et la guerre, c'est
01:35:49mal, mais c'est pas loin. Sa rencontre avec
01:35:51Marine Le Pen, c'était pas assumé, alors que c'était
01:35:53totalement légitime. Quand on regarde aujourd'hui
01:35:55les thèmes sur lesquels l'Assemblée
01:35:57doit se mettre d'accord, c'est vivre de son travail, pouvoir
01:35:59se loger, subvenir à ses besoins énergétiques,
01:36:01c'est ce que disait Franck tout à l'heure.
01:36:03Franchement, qui peut être contre
01:36:05ça ? Rappelez-vous du dossier de
01:36:07la Nouvelle Calédonie, il avait été très impliqué,
01:36:09il était en off très furax contre
01:36:11les nombreuses décisions ou l'absence de décisions
01:36:13concernant Emmanuel Macron. On l'a très peu
01:36:15entendu, donc c'est la vraie question finalement
01:36:17et c'est ce que disait Nicolas Sarkozy. Au bout d'un moment,
01:36:19quand on est un chef, on doit être en capacité
01:36:21de déplaire et de cheffer. Est-ce qu'Edouard Philippe
01:36:23a la capacité humaine, politique,
01:36:25d'avoir la force d'aller parfois
01:36:27dire des choses que tout le monde,
01:36:29on va dire, parfois beaucoup de gens partagent
01:36:31mais qu'il n'est pas capable de prononcer ?
01:36:33Les circonstances tu interdisent, c'est ça le problème.
01:36:35C'est qu'à partir du moment où vous n'avez pas de majorité
01:36:37absolue
01:36:39et que vous êtes dans une situation
01:36:41où vous voulez séduire
01:36:43à tous les niveaux,
01:36:45c'est-à-dire un peu à gauche, un peu à droite.
01:36:47Oui, mais on peut être nuancé tout en étant
01:36:49clair ou avoir une ligne directrice.
01:36:51Mais vous êtes obligé d'insérer forcément
01:36:53dans ces circonstances-là,
01:36:55une grosse dose d'édulcorant
01:36:57dans votre discours.
01:36:59Et donc, effectivement,
01:37:01on parlait tout à l'heure d'union nationale.
01:37:03L'union nationale, quand Clémenceau
01:37:05fait l'union nationale, il ne met pas de l'édulcorant
01:37:07dans son discours.
01:37:09Les circonstances, évidemment, sont très peu
01:37:11comparables, et heureusement.
01:37:13Mais aujourd'hui, un siècle
01:37:15après, la vie politique a changé,
01:37:17les mœurs politiques ont changé, les mœurs parlementaires
01:37:19également. Eh bien, si vous voulez,
01:37:21je dirais, rassembler le maximum
01:37:23Vous devez avoir cette tendance.
01:37:25Vous allez faire un peu de l'édulcorant. Mais encore une fois,
01:37:27moi, ce qui m'intéresse, c'est pour faire quoi.
01:37:29Et pour faire quoi ? Ce sera pour faire quelque chose
01:37:31qui ne sera pas édulcoré.
01:37:33Diane est au standard au 0826-300-300.
01:37:35Merci d'être à l'écoute de Sud Radio. Bonjour.
01:37:37Bonjour. Bonjour tout le monde.
01:37:39Comment vous observez, Diane,
01:37:41qui nous appelait de Perpignan avec ce léger accent
01:37:43qu'on aime bien, comment
01:37:45vous observez-vous la figure d'Edouard Philippe ?
01:37:47Ah ben, écoutez,
01:37:49il est en train de prendre le parti
01:37:51de Bayrou, là. Il est en train
01:37:53de retourner la veste gauche-droite.
01:37:55Il a coquifié tout le parti LR.
01:37:57Maintenant, il s'en va
01:37:59faire l'après-horizon.
01:38:01Voilà, c'est un Bayrou futur.
01:38:03Un futur Bayrou, il essaye.
01:38:05Voilà. Donc, centriste,
01:38:07réunir qui ? Quoi ?
01:38:09Il a bien maman
01:38:11déjeuné avec le RN.
01:38:13Maintenant, il ne le veut plus.
01:38:15Il a dîné avec le RN et quand tu lui demandais
01:38:17pourquoi, c'était juste pour dire qu'il avait besoin de
01:38:19des accords. Voilà, il l'aurait bien fait avec le LR.
01:38:21Si, aussi, il l'a dit. Donc,
01:38:23il mange
01:38:25dans tous les râteliers. Il essaye de manger dans tous les râteliers.
01:38:27Donc, non, moi, je ne le sens
01:38:29pas. Et, franchement...
01:38:31Vous ne croyez pas à un avenir politique avec Edouard Philippe pour une capacité
01:38:33à rassembler ? Il va en avoir un.
01:38:35Oui, il en aura un. Parce que
01:38:37il n'y a plus personne. De toute façon, je veux dire, après
01:38:39Macron, qui vous voyez ?
01:38:41Il n'y a personne. Vous, par exemple,
01:38:43dans les dernières élections, ou quand vous voyez,
01:38:45on va dire, des débats politiques, il n'y a personne
01:38:47qui vous plaît, ou qui vous dit, tiens, ça,
01:38:49ce sont de bonnes idées, c'est un beau programme ?
01:38:51Vous savez, moi, je sens que quand
01:38:53ils ouvrent la bouche, ils mentent.
01:38:55Je ne vois personne que quand
01:38:57ils ouvrent la bouche, qu'ils soient sincères. Je les vois
01:38:59tous mentir. Parce que ceux qui disent,
01:39:01ils ne le font pas.
01:39:03Vous êtes une déçue de la politique ?
01:39:05Ah oui, tout à fait, tout à fait.
01:39:07J'avais cru à Sarkozy,
01:39:09j'avais cru,
01:39:11même à Macron, mais non, ils ont tous
01:39:13menti et continuent à mentir. Et ils nous prennent,
01:39:15pour des débiles, ils nous prennent pour des
01:39:17idiots. Là, ça continue.
01:39:19Il y a eu des élections, là-bas,
01:39:21et qu'est-ce qu'ils font ? Ils ne tiennent pas compte.
01:39:23De rien, ils ne tiennent compte.
01:39:25Vraiment, ils nous prennent pour des idiots.
01:39:27Je ne sais pas quoi dire de tout ça.
01:39:29En tout cas, c'est dit, vous avez parlé
01:39:31vrai, Diane, sur
01:39:33Sud Radio, et je vous remercie.
01:39:35Édouard Philippe, c'est un arriviste, un menteur,
01:39:37et malheureusement, l'offre politique ne lui correspond plus.
01:39:39Merci, Diane, de conclure en beauté,
01:39:41pour être si fidèle au slogan de Sud Radio,
01:39:43qui est vrai. Merci de l'avoir fait au 0826
01:39:45300 300. Vous êtes sur Sud Radio.
01:39:47Je remercie Alex Darmon, journaliste politique.
01:39:49On peut également vous retrouver sur
01:39:51Youtube, avec la chaîne Les Indécis.
01:39:53Franck Dedieu, directeur adjoint de Marianne. Le prochain numéro
01:39:55sort dans deux jours en kiosque. C'est sur,
01:39:57on va dire, les galériens du e-commerce.
01:39:59Quand on clique, c'est eux qui triment.
01:40:01C'est ça ? Voilà, exactement. C'est un
01:40:03reportage dans ce monde logistique
01:40:05qui est très méconnu et
01:40:07qui mérite
01:40:09des enquêtes, parce que c'est très dur.
01:40:11On se retrouve dans Marianne, dans deux jours, en kiosque.
01:40:13Merci d'avoir été avec nous et je remercie Laurie Chavanette,
01:40:15historienne, d'avoir été avec nous.
01:40:17Vous avez écrit de nombreux livres et je vous remercie
01:40:19d'avoir participé au débat aujourd'hui
01:40:21sur Sud Radio. On se retrouve dans quelques instants.
01:40:23C'est l'heure des Jeux Olympiques dans tous leurs détails.
01:40:25Cette semaine, c'est avec le camarade Clément
01:40:27Arion. A tout de suite sur Sud Radio.

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