- il y a 6 minutes
Judith Beller reçoit Olivier Sitruk, comédien à l’affiche d’Ubu roi, d’Alfred Jarry au Théâtre de Paris et Benjamin Sire, auteur de "La drogue au pouvoir, 5 siècles de flirt entre géopolitique et narcotrafic".
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PersonnesTranscription
00:01Sud Radio, c'est excellent, Judith Bélaire.
00:04Bonsoir les amis de Sud Radio, une heure pour s'inspirer, rencontrer des personnalités incarnées, c'est parti, c'est
00:09excellent.
00:10Comédien de cinéma, de télévision, de théâtre, il mène depuis plus de 30 ans une carrière aux multiples facettes alternant
00:15les registres et les personnages entre comédie et drame.
00:18Bonsoir Olivier Citrucq.
00:20Bonsoir.
00:21Bienvenue.
00:21Alors vous retrouvez Daniel Benoît actuellement, un metteur en scène avec lequel vous avez déjà partagé plusieurs aventures théâtrales a
00:26priori.
00:27C'est la troisième avec Daniel et l'année dernière j'ai fait une création aussi en théâtre, qui est
00:32le théâtre qui est sorti de terre à Antibes, qui l'a fait sortir de terre.
00:37L'année dernière on a fait une création là-bas aussi, donc c'est la troisième fois et la quatrième
00:42avec en théâtre.
00:43Donc là vous êtes dans Uburois, c'est le texte d'Alfred Jarry, vous êtes aux côtés d'André Marcon
00:47et de Mélanie Page notamment, avec qui vous faites vivre cette satire du pouvoir, c'est carrément ça, c'est
00:52clairement ça.
00:52Oui, c'est clairement ça de la part de Jarry au départ, c'est 1891, il est déjà lui en
01:00train de raconter ça, puisqu'en fait il raconte l'histoire de son professeur, donc en fait c'est déjà
01:04du pouvoir le professeur.
01:06En tout cas on se marre bien, il faut le dire, moi je me suis bien marrée, c'est à
01:09découvrir au Théâtre de Paris du mercredi au samedi à 21h et le dimanche à 15h.
01:13Tout à fait.
01:15Journaliste et séisme aussi compositeur, j'ai appris, ancien dramaturge, il a un parcours qui traverse la presse, la musique
01:20et le théâtre du coup, bienvenue Benjamin Sia.
01:22Bonsoir.
01:23Bonsoir.
01:23Vous êtes en ce moment, et pas qu'en ce moment d'ailleurs, collaborateur de Frontier, vous êtes aussi cofondateur
01:28et rédacteur en chef des Électrons Libres,
01:30et puis vous nous venez aujourd'hui avec votre tout dernier ouvrage passionnant, La drogue au pouvoir, 5-6 siècles
01:35de flirte entre géopolitique et narcotrafic,
01:38publié aux éditions du CERF, où vous explorez d'ailleurs les relations troubles entre les Etats, les puissances économiques et
01:42les réseaux criminels.
01:43C'est étonnant, hein ?
01:44C'est même pas étonnant.
01:45C'est parfaitement résumé.
01:47Allez, chers tous, vous êtes sur Sud Radio, bienvenue chez vous.
01:52Allez, on écoute la petite BO, un petit extrait en tout cas, Ubu Roy, d'Alfred Jarry.
01:57C'est parti.
01:59Je voudrais m'installer sur un trône !
02:01Je cède à la tentation !
02:03Vous voulez que tu avancez ça, chance ?
02:06J'ai la courroche !
02:07Toi, je veux m'enrichir !
02:10Je vais faire périr tous les hommes et prendre leur bien.
02:15Qui rendra maintenant la justice ?
02:17Moi.
02:22Vous avez déjà connu plus de crimes qu'il en faudrait pour d'aller tous les saints du paradis ?
02:26Elle est bonne, celle-là.
02:31Que cette épée que je te donne n'est de repos, que quand elle aura frappé de mort, l'usurbatteur.
02:37J'ai peur !
02:38Ça m'échantant va me tuer !
02:42Ubu Roy, d'Alfred Jarry, dans une mise en scène de Daniel Benoît.
02:45C'est au Théâtre de Paris, c'est du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 15h.
02:48C'est avec vous, Olivier Citruc.
02:50Et vous êtes aux côtés notamment d'André Marcon et de Mélanie Page.
02:53On fait un petit pitch quand même ?
02:54Pour ceux qui connaissent pas.
02:55Oui, Ubu et la mère Ubu, c'est des espèces de nobles...
03:02Nazes !
03:04Nazes, aux alentours de la Pologne.
03:07Et ils décident de devenir roi à la place du roi.
03:12Et ils n'ont aucune morale.
03:15Jarry parler de l'égalité des contraires, que ce soit vrai ou faux, peu importe.
03:19Donc ils ont un rapport qui est un peu décalé.
03:23Et il va devenir roi en éliminant...
03:26Il bute tout le monde, on peut le dire comme ça.
03:29Oui, c'est ça.
03:29Si on paye pas les impôts, il bute.
03:31Si on n'est pas d'accord avec lui, il bute.
03:34Mon personnage est un peu une espèce...
03:35C'est le capitaine Bordur.
03:37Il va l'aider à prendre le pouvoir parce que lui-même veut du pouvoir.
03:41C'est une espèce d'Elon Musk.
03:43Oui, clairement.
03:44Je vais pas dévoiler, mais il y a quelques moments très drôles.
03:50Donc voilà.
03:51Et la pièce est étonnante parce qu'en fait, il finit toujours par s'en sortir.
03:56C'est une farce.
03:59C'est une farce montée par des étudiants en 1891.
04:02Oui, c'est ça.
04:04Autour d'Alfred Jarry.
04:06D'ailleurs, cette pièce a été créée dans le même lieu.
04:09C'était le Théâtre Nouveau à l'époque, le Théâtre de Paris.
04:11C'est ça qu'ils font.
04:11C'est assez étonnant, il y a 130 ans.
04:13Oui.
04:14Au Théâtre de Paris.
04:14Et alors, ce qui est très étonnant, c'est qu'il y a 130 ans, ça fonctionne.
04:17Aujourd'hui, ça fonctionne.
04:18C'est-à-dire que ce texte collé à notre actualité, finalement, puisque c'est un peu ça, dans une
04:23mise en scène qui est très drôle parce qu'elle est extrêmement rythmée et tout, il y a plein de
04:26surprises.
04:27Du coup, en fait, on se dit, mais c'est incroyable de vérité, de véracité.
04:30Ce qui est génial, c'est que notre premier jour de représentation, je crois, mercredi, la semaine dernière, premier jour,
04:39quand même, Trump dit, je donne 5000 dollars si on est élu.
04:45Et c'est ce que fait Ubu dans la pièce.
04:47C'est-à-dire, en fait, il prend de l'or.
04:48Moi, je lui dis à un moment, mais si vous ne distribuez pas d'or, les gens ne voudront pas
04:52payer d'impôts.
04:52Donc, allez-y, il faut distribuer.
04:53Il prend une caisse d'or et il jette de l'or à tout le monde en disant, il faut
04:57voter, il faut payer les impôts.
04:59Il y a quand même, pour bout dur, je ne sais pas s'il était exactement Elon Musk, mais chez
05:05Ubu, le personnage original, il y a énormément de Trump.
05:11Et même sans vouloir exagérer, vouloir montrer une mise en scène qui serait une adaptation contemporaine, en réalité, le personnage
05:19d'Ubu et Trump se ressemblent beaucoup.
05:22C'est ça, mais est-ce que ce n'est pas tous les dictateurs ?
05:25Pour l'outran, c'est le ridicule aussi.
05:28Il est Ubu-esque, Ubu.
05:29Ça vient de là, en fait.
05:31Oui, oui, complètement.
05:32C'est ça qui est étonnant.
05:33Cette pièce aussi, c'est que Jarry invente énormément de mots.
05:36Et puis, après, il y a eu une suite de mots inventés à la suite de l'Ubu.
05:41Bon, alors, il y en a un qu'on peut dire, par l'André sur Sud Radio, qui a fait
05:44scandale à l'époque, c'est le merdre.
05:46Oui, parce que, alors, je ne dévoile rien, mais la pièce commence comme ça.
05:49Il commence par un merdre.
05:52Ce serait-il pas, la merdre était-elle bonne.
05:57Alors, comment est-ce que vous avez construit votre bordure, vous ?
06:00Parce qu'on imagine que, du coup, il faut quand même s'inspirer un peu de Musk, parce que, ok,
06:03mais le texte lui-même, déjà, non ?
06:06Alors, moi, pour révéler la petite histoire, Daniel m'a appelé il y a deux mois pour me dire, est
06:13-ce que tu peux remplacer quelqu'un ?
06:16Et il se trouve que cette rentrée, j'avais la possibilité de, je m'étais dit, je ne fais pas
06:20de théâtre sur cette rentrée, parce que, enfin, j'ai beaucoup joué au théâtre.
06:24Voilà, et il me dit, qui s'appelle Polo Correa, qui a créé la pièce à Antime.
06:31Et donc, je lis, je me dis, c'est vraiment génial, je vois la captation, et je me dis, vraiment,
06:36c'est trop chouette d'être là et de refaire une aventure avec Daniel.
06:39Donc, je fonce dedans. Et franchement, j'ai répété cinq jours. Donc, il a fallu que je retrouve un peu
06:45mes marques et tout ça.
06:47Donc, la construction du personnage, ça s'est fait très, très vite.
06:49Elle s'est faite sur scène, en fait ?
06:50Oui, complètement. Et le soir de la première, pratiquement. Et en fait, ma grosse question, c'était comment, et peut
06:57-être que Elon Musk se l'est posé aussi, d'ailleurs, de la même manière,
07:00mais comment, pourquoi, quand on est l'homme le plus riche du monde, on prend parti pour ce personnage de
07:09Trump ?
07:10C'est une vraie question.
07:11Pourquoi ? Enfin, qu'est-ce qui... Pourquoi ? On a des milliards, on a zéro doute.
07:17Pourquoi, tout d'un coup, c'est ce personnage ridicule qu'on va soutenir ? Il y a quelque chose
07:22d'assez étrange.
07:23Et en fait, dans le personnage de bordure, je trouve bien un peu la même chose.
07:25C'est un milliardaire qui soutient un milliardaire, en l'occurrence.
07:27Oui, oui, mais c'est différent d'être milliardaire de l'homme le plus riche du monde, il y a
07:33un rapport qui n'est pas tout à fait le même.
07:35Et donc, en fait, pour moi, dans la pièce, c'est un peu ça qui arrive. Pourquoi ce personnage de
07:38bordure soutient ce but ridicule ?
07:41Et donc, j'ai un peu construit autour de ça, parce que ce personnage l'amuse, parce que c'est
07:44un bouffon, parce qu'il est drôle.
07:45Il est comique, mais il est un peu inquiétant aussi, quand même.
07:47Il est inquiétant, mais au début, on se dit qu'il ne va pas s'attaquer à bordure. Mais finalement,
07:52il s'attaquera à lui.
07:54En fait, Jarry dénonce un pouvoir exercé pour satisfaire les intérêts du personnel de celui qu'il détient.
08:00Finalement, c'est exactement ça qu'on vit aujourd'hui, que ce soit Trump ou les autres grands dirigeants que
08:05nous connaissons actuellement.
08:06On peut en citer quelques-uns, Poutine, Xi Jinping, etc. La liste est longue.
08:11Qu'est-ce que ça dit de notre monde, ça ? C'est-à-dire qu'on est dans un
08:14éternel recommencement, finalement.
08:17Je ne porterai pas de regard politique, vous êtes là pour ça.
08:21Vous avez le droit d'avoir une opinion.
08:22Moi, ce qui m'interroge, et ce que j'aime beaucoup, c'est l'histoire.
08:26Je trouve que ces répétitions de l'histoire sont toujours tellement étonnantes.
08:30Et c'est pour ça qu'il faut faire attention à la suite de ce qui va se passer.
08:37Il faut toujours un peu voir ça à l'aune de l'histoire.
08:40Et ce qui m'étonne vraiment, moi, c'est la répétition.
08:43Encore une fois, c'est un texte d'il y a 130 ans.
08:45Et je suis sûr qu'on pourrait lire Sophocle, que tout d'un coup, il y aurait cette même répétition
08:53des choses.
08:54C'est une résonance même.
08:56L'humain ne change pas énormément en profondeur.
08:59Il ne s'éduque pas assez, à mon avis.
09:02On ne prend pas le son de ses erreurs.
09:03On ne devient pas des êtres supérieurs tous.
09:05Ce qui est intéressant, c'est aussi de montrer que le ridicule, ça peut être dangereux.
09:09Parce que c'est ça qu'on voit dans le truc.
09:11Il y a des moments d'un ridicule dans cette pièce.
09:15C'est comique, c'est un ridicule satirique.
09:17Et en même temps, c'est flippant.
09:18Ce qui est génial dans la pièce, c'est que justement, en fait, en étant ridicule, en étant drôle,
09:27on pourrait se dire, on ne va pas y croire.
09:30On ne croit pas au personnage.
09:31Alors qu'en fait, au contraire, comme Trump, il est ridicule.
09:36Donc on va se dire, ce n'est pas possible.
09:37Nous, en fait, quand on est à l'extérieur en France, on se dit, ce n'est pas possible.
09:40Les Américains, qu'est-ce que vous faites ? Pourquoi ?
09:42Mais en fait, ça marche.
09:45Moi, pour le coup, les Américains que je connais, avec qui je parle,
09:48et dont quelques-uns ont pu voter Trump, vraiment, ils sont fascinés par ce personnage.
09:52Je suis fasciné par ce personnage, et ce n'est pas grave s'il dit des conneries, j'ai le
09:57droit de le dire.
09:58On dit ce qu'on veut sur cette antenne.
10:01C'est le même principe pour Ubu.
10:05Le ridicule ne tue pas du tout.
10:06Non, c'est clair.
10:08Il y a un plaisir de jouer les mots de Jari aussi, j'imagine, pour un comédien tel que vous,
10:11qui a un habitué du texte, de la planche de théâtre, de la scène, etc.
10:15Complètement. Après, ce n'est pas un texte si évident que ça.
10:18Moi, franchement, pour le personnage dans la pièce, ça va.
10:21Mais ce que fait André Marcon, c'est assez étonnant.
10:24C'est assez fort parce qu'il change beaucoup de mots.
10:28Par exemple, à un moment donné, il dit, je vais vous couper des onailles.
10:32Ce texte n'est pas si simple que ça.
10:35Ce texte n'est pas si simple que ça.
10:36Il invente des mots tout le temps.
10:38C'est génial.
10:39Et André le joue vraiment plein.
10:42Il l'incarne vraiment.
10:44Ça marche très, très, très bien.
10:45Benjamin Sia, ce pouvoir qui prétend gouverner, mais qui pille, qui détruit.
10:50Vous, vous en parlez évidemment dans la drogue au pouvoir.
10:52On va en reparler dans un instant.
10:53Mais vous nous décrivez quand même des États qui combattent officiellement la drogue
10:56tout en l'utilisant pour servir leurs intérêts.
10:58C'est ubuesque aussi, ça, j'ai envie de dire.
11:01C'est effectivement ubuesque.
11:02C'est une constante, en fait, dans le récit que je fais à travers les siècles.
11:07Au moins, si on en prend par exemple la question de la régie autonome indochinoise,
11:13qui était le meilleur vivier de recettes fiscales pour faire vivre l'Indochine,
11:21donc dirigée par la France.
11:23C'est, il faut le rappeler, Paul Doumer, qui arrive en Indochine en 1897,
11:30et qui va intensifier, rationaliser.
11:35C'est un expert des impôts.
11:37C'est lui qui, déjà en France, avait tenté d'imposer l'impôt sur le revenu,
11:42qui n'a été admis que bien plus tard.
11:45Mais il va créer une extraordinaire optimisation fiscale.
11:49Dans le même temps, en France, commence à arriver la contestation de l'usage des drogues.
11:56Dans le monde, les grandes réunions internationales pour interdire l'usage des drogues.
12:02Et avec la France, qui va d'un côté annoncer qu'elle est parfaitement dans la dynamique,
12:10tout en freinant toutes les conférences internationales,
12:13elle va interdire totalement l'usage de l'opium et des autres drogues,
12:18d'ailleurs comme la cocaïne, en France,
12:20et en dominer totalement le commerce et l'usage dans les colonies.
12:26C'est l'exemple pour la France, mais c'est exactement l'exemple américain.
12:29Les Etats-Unis ont fait ça en permanence, jusqu'à aujourd'hui encore,
12:33avec Donald Trump, par rapport au Nuras ou au Venezuela.
12:38Et bien ça c'est bon à savoir aussi.
12:39Et le tabac de la même manière.
12:40Et le tabac de la même manière.
12:42Alors ça a commencé par le sucre.
12:43C'est pas une drogue mais je vous dirais.
12:44Ça a commencé, si c'est une drogue.
12:46Le sucre, les épices, le tabac, c'est ça ?
12:50Alors en fait, on commence avec les épices, oui.
12:56Mais c'est le thé qui va vraiment créer...
12:59Qui crée la guerre de l'opium.
13:00Qui va créer le changement de...
13:02Merci pour le teaser.
13:03Vous voulez savoir ce qui a vraiment créé la guerre de l'opium ?
13:05Vous restez avec nous parce que c'est excellent.
13:06L'émission qui célèbre les talents sur Sud Radio.
13:08Ce soir vous écoutez le comédien Olivier Citruc
13:10et le journaliste et auteur Benjamin Cyr.
13:12Vous restez avec nous, à tout de suite.
13:15C'est excellent sur Sud Radio.
13:19C'est le bon réflexe du dimanche.
13:21Pour partir à la rencontre des talents qui inspirent,
13:23bienvenue à vous qui nous rejoignez au programme.
13:26L'acteur qui brûle les planches Olivier Citruc
13:28à l'affiche de Uburoa, d'Alfred Jarry.
13:29C'est mis en scène par Daniel Benoît.
13:31C'est au Théâtre de Paris.
13:32Mercredi, samedi à 21h.
13:33Le dimanche à 15h.
13:35Il est accompagné du journaliste, essayiste et j'en passe.
13:37Benjamin Cyr et son ouvrage qui révèle.
13:40La drogue au pouvoir.
13:41Cinq siècles de flirte entre géopolitique
13:43et narcotrafic aux éditions du CERF.
13:46Benjamin Cyr, je vais faire comme avec Olivier.
13:48J'avais préparé un pitch, mais je l'ai laissé pitcher.
13:50Vous avez envie de pitcher votre livre ou je le fais à votre place ?
13:52Allez-y, faites-le.
13:53Ça vous fait plaisir ?
13:54Non, non, faites-le.
13:56Allez.
13:57De l'opium au fentanyl, les drogues traversent l'histoire des empires et des conflits.
14:00Je dirais même qu'elles les ont construits.
14:02Vous explorez la manière dont les stupéfiants ont servi les ambitions des grandes puissances.
14:06Financer des guerres, enrichir des réseaux criminels.
14:09C'est une plongée dans cinq siècles de relations troubles entre Etats et trafiquants
14:12qui interroge évidemment l'ambiguïté des pouvoirs, combattre la drogue,
14:16tout en l'utilisant pour défendre leurs intérêts.
14:19C'est dingue ce bouquin.
14:21Bah oui.
14:22Non mais vraiment.
14:23C'est-à-dire que ça déconstruit tout, Benjamin.
14:25Quand on dit ce livre...
14:27Bah oui, mais on a tous des acquis en se disant quand même les valeurs morales,
14:31la République, on peut parler de nous, des Français,
14:33l'importance de ces grands mots, de ces grands auteurs, etc.
14:37Bah en fait, tout ça, c'est quand même un peu biaisé, quoi.
14:39Je pense que si on prend tout le livre, alors évidemment, le livre,
14:42il part pas du tout des drogues.
14:45Non.
14:45Il part des grandes découvertes.
14:46Oui.
14:47D'expliquer comment en fait, les grandes découvertes,
14:50qui étaient principalement motivées, d'un côté par la volonté de récupérer les épices,
14:57les fameuses épices qui valaient tant,
14:59et qui étaient, dont les marchands arabes avaient le monopole
15:04qui s'est obligé de trouver des autres routes mondiales pour contourner.
15:08C'est comme ça que les grandes découvertes ont lieu.
15:12Mais ces épices, effectivement, ont donné ensuite la découverte de différents produits
15:17qui eux-mêmes étaient les premières addictions,
15:19c'est-à-dire, finalement, le thé, le sucre, le café, etc.
15:23Mais je raconte ce que vous dites là.
15:25C'est un continuum, effectivement, sur toutes ces périodes.
15:27Mais si, il y a vraiment une affaire qui révèle le mieux...
15:32C'est le thé ?
15:32Non.
15:33Non ?
15:34Qui révèle le mieux ce que vous venez de dire avant.
15:37Elle est très récente.
15:39Ah ! C'est la DZ, ma chère ?
15:40Non.
15:41C'est l'affaire Cassandra.
15:42Ah oui.
15:42Oui, tout à fait.
15:43L'affaire, pardon ?
15:44Pour faire une remise en situation,
15:46c'est quand la DEA et plusieurs services internationaux
15:49étaient sur le point de mettre un terme au gigantesque trafic
15:51qui est opéré par l'Iran et le Hezbollah,
15:52qui a été torpillé par les gouvernements américains et français
15:55pour ne pas faire capoter l'accord sur le nucléaire.
15:57Voilà.
15:57C'est ça.
15:57Alors, c'est absolument ça.
15:58Ça, c'était quand, exactement ?
15:59Alors, ça commence en 2011.
16:01Il y a effectivement le volet américain
16:03qui drive l'ensemble des services internationaux.
16:08Et puis, il y a une volet française qui s'appelle CEDAR.
16:10L'affaire Cassandra, d'un côté,
16:12ça a été l'un des plus grands modèles
16:14de réussite de coopération internationale
16:17dans la lutte contre le narcotrafic.
16:18Et de l'autre côté, un des plus grands désastres de ces mêmes opérations.
16:24C'est-à-dire qu'on estime que les services réunis
16:30allaient faire totalement exploser
16:33le réseau absolument colossal de trafic de drogue
16:38diligenté par l'Iran avec l'aide du Hezbollah
16:40à la suite du blocus de 81.
16:43Il faut savoir que les réseaux terroristes
16:45s'autofinancent comme ça aussi.
16:46Oui.
16:47Sauf que là, c'est un État qui est vraiment...
16:50Qui est derrière.
16:50C'est un narco...
16:51Comment on dit ?
16:51C'est un narco-État qui est vraiment à la base de ça.
16:55Toute cette affaire-là est dirigée depuis l'Iran
16:57par les gardiens de la Révolution,
16:59les Passarans.
17:00Il faut savoir que l'ensemble de ces réseaux
17:02représentent à peu près 20% du trafic de drogue mondiale.
17:05C'est dingue, c'est énorme.
17:06Dont à peu près 5% du trafic de cocaïne,
17:10près de 15% du trafic d'opium et d'héroïne.
17:15Le tout, évidemment, avec la complicité
17:18des cartels sud-américains
17:21et particulièrement des cartels d'Amérique centrale
17:24et des cartels mexicains.
17:26Et avec comme tête de pont local le Venezuela.
17:29C'est-à-dire qu'il y a un rapport en plus politique
17:31extrêmement serré entre l'Iran et le Venezuela.
17:35D'ailleurs, c'est au Venezuela
17:36qu'une grande partie de l'argent iranien
17:37des Mola transitent.
17:40Donc cette opération, elle aurait dû normalement décapiter
17:43ce trafic provoqué par le Hezbollah
17:47qui est aussi, et là ça a une conséquence absolument majeure,
17:50il faut savoir que c'est aussi le Hezbollah
17:52qui en très grande partie finance le Hamas.
17:55Il faut savoir qu'en gros, il y a à peu près 60%
17:58du budget du Hamas qui arrive directement par l'Iran,
18:02qui est celui qui alimente les services sociaux,
18:06les hôpitaux, la structure, les fonctionnaires.
18:09Et puis après, il y a 40% de ces sommes
18:11qui sont là les sommes beaucoup plus souterraines,
18:14qui sont amenées par le Hezbollah grâce au financement du trafic.
18:18Or, on peut raisonnablement penser qu'en réalité,
18:20le fait que l'opération Cassandra ait échoué,
18:23que le Hezbollah n'a pas seulement été épargné par cette opération,
18:27mais voyons le résultat de l'opération,
18:29a augmenté ses activités,
18:32il y a sans doute des conséquences
18:34dans le financement des opérations du 7 octobre 2023 par le Hamas,
18:37parce que c'est une opération qui a quand même coûté
18:39plus de 100 millions de dollars.
18:42100 millions, ça a coûté ?
18:44Plus de 100 millions de dollars,
18:45et ces 100 millions de dollars,
18:46le Hamas n'en disposait pas directement
18:50s'il n'y avait pas eu les subsides du Hezbollah
18:53alimentés par la drogue.
18:55Donc on voit effectivement que tout ça,
18:57ce sont des engrenages,
18:58c'est aussi des jeux d'apprentis sorciers,
19:00et on a pu constater pourquoi,
19:03quel but,
19:04parce qu'il y avait effectivement au départ la volonté
19:07de faire aboutir l'accord sur le nucléaire iranien,
19:10on voit d'ailleurs dans la situation actuelle
19:12avec la guerre en Etats-Unis
19:13à quel point c'est un succès,
19:16mais il y avait aussi pour la France,
19:18de François Hollande,
19:19la volonté de rétablir de très étroits
19:22rapports commerciaux avec l'Iran,
19:23et il faut savoir que quelques jours après la signature
19:28du traité sur le nucléaire iranien,
19:31118 Airbus ont été commandés par l'Iran,
19:34et a permis le retour aussi vers Téhéran
19:38d'un certain nombre de multinationales françaises.
19:40C'est vous qui dites que la drogue c'est un carburant
19:42de la globalisation en fait ?
19:44Oui, c'est ça, c'est vraiment ça que vous nous racontez.
19:46De toute façon, même le début, la guerre de l'opium et autres,
19:49montre, parce que c'est la première guerre d'opposition
19:52entre deux empires à l'autre bout du monde.
19:54C'est une balance commerciale en fait, l'histoire de la guerre de l'opium.
20:16affaiblir ce pays ?
20:17C'est très exactement le pitch de la guerre de l'opium.
20:21La guerre de l'opium au départ, c'est les Anglais qui raffolent du thé.
20:25Ils en boivent trop.
20:26Voilà, et le thé, ils doivent l'acheter en argent métal uniquement,
20:31à Chine et autres.
20:32À partir de là, leur balance commerciale,
20:35parce que c'était vraiment devenu une vraie addiction.
20:37Il faut mesurer ce qu'a été le thé.
20:38On le sait ce que c'est le thé pour les Anglais.
20:41C'est de l'eau chaude avec de l'herbe.
20:43Je ne sais pas, je n'adore pas le thé.
20:45Au moment où le conflit commence,
20:47en fait, on est à la fin du 18e siècle.
20:50On n'est pas encore au 19e siècle.
20:51Au moment où les pièces du poste se mettent en place.
20:54Et les Anglais ont une réplique,
20:57qui est de se dire, nous on contrôle l'Inde.
21:01L'Inde fabrique l'opium.
21:02Avec la compagnie orientale des Indes,
21:04on va faire rentrer l'opium en Chine.
21:08Ce qui va mettre une énorme pression
21:11sur l'empire de Kwaïlang à l'époque.
21:14Qui est absolument opposé à ces trafics.
21:22Et qui en plus est opposé au commerce international.
21:26Donc il y a deux choses.
21:27Mais il y a chez les Anglais une vraie volonté
21:30de détruire la population chinoise à travers l'opium.
21:34Il faut savoir qu'au début du 20e siècle,
21:37il y a plus de 10% de la population chinoise
21:39qui est encore addicte à l'opium.
21:42Il faut savoir que ça va laisser des traces absolument indélébiles.
21:45Et qu'aujourd'hui, une grande partie de la politique
21:47et du regard de la Chine, de Xi Jinping,
21:50sur nous, est encore affectée
21:51par les conséquences de cette guerre de l'opium.
21:53Il n'y a pas de culture de l'opium en Chine, pardon.
21:55Allez-y Olivier, je vous en prie.
21:57Allez-y, posez vos questions.
21:58Alors, ce n'est pas en Chine que l'opium est cultivé.
22:01C'est dans le triangle d'or.
22:02C'est en Inde.
22:04Donc c'est vraiment une exportation.
22:06C'est une exportation qui a obligé...
22:09C'est le pavot en fait, c'est ça ?
22:11Bien sûr.
22:11Alors, c'est particulièrement le pavot blanc.
22:13Parce qu'on a mis, nous, l'image du pavot rouge.
22:15En fait, il y a quatre couleurs de pavot.
22:16Pavot blanc, il y a du pavot bleu,
22:18il y a du pavot rouge.
22:19Je l'explique dans le livre.
22:20Oui, bien sûr.
22:23Vous en apprendrez plein des trucs.
22:25Rapidement, Benjamin,
22:26parce qu'il ne nous laisse pas beaucoup de temps
22:27pour parler de ce sujet.
22:29Je voudrais parler de la DZ mafia quand même.
22:31Parce que, mine de rien,
22:33il y a des règlements de comptes,
22:34on le sait en France.
22:35Il y a notamment le meurtre de Mehdi Kessassi,
22:37le petit frère d'Amin Kessassi,
22:38il n'y a pas longtemps,
22:39ce militant écologiste et associatif
22:41qui est mobilisé contre le narcotrafic.
22:44Finalement, la France,
22:45elle commence la guerre contre le narcotrafic.
22:46On a l'impression que maintenant,
22:48depuis les divers messages de la DZ,
22:49et puis depuis, ces crimes, en fait.
22:52Alors, il faut le reconnaître,
22:54une prise de conscience qui est assez récente.
22:57Il y a aussi l'élu qui a été menacé,
22:59Christophe Rivain,
23:01le maire d'Alaise.
23:02Pour une raison simple,
23:03c'est qu'effectivement,
23:04les autorités commencent à réagir.
23:06Il y a eu, il y a deux ans,
23:09une grande commission d'enquête sénatoriale
23:13sur les sujets
23:13qui a pu participer à donner
23:16un certain nombre de solutions
23:18pour la loi narcotrafic
23:21qui est entrée en vigueur l'année dernière.
23:23Il faut savoir que...
23:24C'est avril 2025, c'est ça ?
23:25Oui, mais il faut dire la vérité.
23:26Aujourd'hui, il n'y a pas la moitié
23:28des décrets relatifs à cette loi
23:31qui ont encore été signés.
23:35Donc, on est...
23:35Ça traîne un peu quand même.
23:36Ça traîne encore.
23:37Mais il y a vraiment une sorte de changement de paradigme.
23:41Parce qu'eux qui étaient dans les grandes villes avant
23:43et dans les quartiers, etc.,
23:44maintenant, on les retrouve absolument partout,
23:45dans les petites et moyennes villes.
23:46Et c'est justement ça qui a motivé
23:48quand même une accélération
23:50de la prise en charge de la question
23:52par les pouvoirs publics.
23:53Parce que la DZ, dans l'imaginaire collectif,
23:56au départ, c'est la mafia algérienne de Marseille.
23:59Mais en fait, pas du tout.
24:00Aujourd'hui, la DZ, non seulement est présente partout,
24:03c'est une hydre,
24:04mais elle va de plus en plus
24:06dans les petites et moyennes villes.
24:07Ils ont défranchisé maintenant aussi.
24:09Mais c'est surtout les petites et moyennes villes
24:11qu'ils sont en train de prendre complètement.
24:13Moins de pression policière,
24:15moins de concurrence.
24:16C'est beaucoup plus facile.
24:18Et ça crée un maillage
24:19beaucoup plus difficile
24:21à gérer pour les autorités.
24:23Et donc, c'est vraiment là.
24:24Mais il y a une prise de conscience.
24:26Il est éteint, j'ai envie de dire.
24:28Bon, c'est passionnant, c'est excellent.
24:30Vous l'aurez compris,
24:31vous êtes en compagnie du comédien
24:32Olivier Cyr et du journaliste
24:33et essayiste Benjamin Cyr.
24:35Olivier Citruc, pardon.
24:36J'ai mélangé les noms que vous avez vus.
24:38Ça m'a perturbée ce que vous disiez.
24:39Désolée.
24:40Voilà, j'en perds mes mots.
24:42Vous êtes sur Sud Radio.
24:43A tout de suite.
24:46Sud Radio, c'est excellent.
24:47Judith Bélair.
24:48C'est excellent sur Sud Radio.
24:50C'est votre rendez-vous du dimanche
24:51avec l'excellence à la française.
24:53Ce soir, vous écoutez Olivier Citruc
24:54qui nous ravit dans Uburoa d'Alfred Géry.
24:56Je vous le recommande.
24:56C'est mis en scène par Daniel Benoît.
24:58C'est au Théâtre de Paris.
24:59Puis à ses côtés,
25:00le journaliste essayiste Benjamin Cyr
25:01qui nous entraîne dans les coulisses
25:02des relations entre Etats et trafiquants.
25:04Et oui, ça existe.
25:06Avec son ouvrage
25:06La drogue au pouvoir.
25:07Cinq siècles de flirte
25:08entre géopolitique et narcotrafic.
25:10C'est sorti aux éditions du CERF.
25:12Olivier Citruc,
25:14Quand vous avez commencé votre carrière,
25:16vous n'aviez envie que de théâtre.
25:18Ça m'a fait rire de penser carrière.
25:22Vous avez dit 30 ans.
25:23Vous avez 30 ans de carrière ?
25:24Ça vous fait bizarre ?
25:26Mais après, quand on était gamins,
25:29on entendait toujours les vieux dire
25:30« Ah, moi j'ai l'impression d'avoir 20 ans dans ma tête. »
25:34On est tous d'accord, non ?
25:36Je ne sais pas.
25:37Vous êtes en train de me dire que je suis vieille, Olivier Citruc ?
25:39Non, en fait, il parlait pour moi.
25:40Il parlait pour dire que quoi que ça avance,
25:43on les a toujours.
25:44Donc voilà, je suis toujours le gamin qui a commencé.
25:46Et souvent, au théâtre d'ailleurs,
25:49moi je joue beaucoup au théâtre,
25:51je n'ai pas beaucoup de temps sur les plateaux de théâtre.
25:53Et il y a toujours un moment vers la centième
25:55où il y a quand même un petit coup de mou.
25:57Et où mince, il faut retourner le soir,
25:59il faut dire au revoir à tout le monde.
26:02Et puis aller au théâtre, c'est parfois...
26:04Eh bien, je repense à ce gamin qui avait 14 ans
26:06et qui avait envie de faire du théâtre.
26:08Et en se disant...
26:10Donc oui, j'ai toujours pensé faire que du théâtre.
26:13Vous avez dit, pour moi, les comédiens
26:14ne pouvaient être que des gens de théâtre.
26:15Et les rares fois où je regardais la télé,
26:17c'était pour au théâtre ce soir.
26:18Oui, c'est ça.
26:19Je regardais très peu la télé,
26:20je n'allais pas au cinéma.
26:21Je ne suis pas d'une famille...
26:22Je suis d'une famille de province,
26:24bourgeoisie de province,
26:25mais qui n'allait pas au théâtre.
26:26Et on n'allait pas au cinéma non plus.
26:28Et donc, mon éducation,
26:31elle est venue, oui, au théâtre ce soir.
26:33Et puis, de l'école surtout,
26:34des cours de théâtre, de lecture,
26:36de pièces, etc.
26:37Donc, pour moi, il n'y avait pas d'autre chose.
26:38Et puis, le cinéma, c'est un peu par hasard, après.
26:41Tout d'un coup, vous devenez papa,
26:42il faut gagner sa vie,
26:43parce que le théâtre, ça paye moins, c'est ça ?
26:44Oui, il y a un peu ça.
26:47Oui, il y a eu ça.
26:49Mais surtout, en fait,
26:51le hasard en sortant de l'école
26:53que je faisais, moi,
26:54qui n'était pas le conservatoire,
26:56mais une école privée de théâtre,
26:59des gens m'ont vu.
27:00Et puis, voilà,
27:01quelqu'un m'a dit,
27:01je vais te faire travailler.
27:03On vous a proposé des très belles choses très vite, en fait.
27:05Pardon ?
27:05On vous a proposé des très belles choses.
27:07Et on m'a proposé des très belles choses.
27:09Notamment le film de Tavernier, par exemple.
27:11Oui, L'APA, donc.
27:12Pour lequel vous avez reçu
27:13le César du meilleur espoir masculin.
27:15Je ne pouvais pas dire,
27:15non, non, je ne vais pas faire L'APA
27:16parce que je vais faire du ZAT.
27:18Voilà, récemment, on ne pouvait pas.
27:20Et donc, ça a entraîné, ça a entraîné.
27:22Quel film ?
27:23Moi, c'est ma génération.
27:24J'étais adolescente à cette époque-là.
27:27C'est un film qui nous a tous marqués
27:29de sa véracité.
27:30Parce qu'il faut savoir que c'est inspiré
27:31d'un fait réel.
27:33Oui, après, c'est vraiment la période
27:35de Bertrand, de Tavernier,
27:38où il explorait quelque chose
27:42dans le réalisme.
27:44Il avait fait le film avec Toretton avant.
27:47Après, il a fait le film
27:48aux tournées maternelles.
27:49Il explorait aussi cette chose
27:51par rapport à la réalité du monde.
27:54Et donc, c'est sûr que c'est marquant
27:57parce qu'il y a cette caméra portée aussi
27:59qui est proche de nous.
28:01Moi, il y avait un truc
28:03qui ne m'est pas arrivé après.
28:07C'est qu'avec Tavernier,
28:10on répétait les scènes.
28:12Alors ça, ça peut arriver plein de fois,
28:13mais on répétait souvent les scènes la veille.
28:15Et la caméra se mettait toujours
28:17dans le sens de ce qu'on avait répété nous.
28:20Ça venait nous.
28:22Jamais, à aucun moment,
28:24on a dit, on pose la caméra là
28:26et vous, vous êtes là.
28:27Jamais, à aucun moment.
28:28Qu'est-ce que vous faites ?
28:29Qu'est-ce que vous allez faire ?
28:31Tavernier nous demandait toujours
28:32qu'est-ce que vous écoutez comme musique ?
28:34Qu'est-ce que vous avez envie de mettre
28:35comme affiche dans la chambre,
28:39dans l'appartement, etc.
28:40Il puise énormément de choses
28:42d'une époque,
28:44de notre vérité à nous,
28:45de 20 ans,
28:46pour le film.
28:48Il était dans cette recherche
28:49de vérité tout le temps.
28:50Et même avec la caméra,
28:52il nous avait vus bouger
28:54et il mettait la caméra par rapport à nous.
28:55C'est vrai.
28:55Je n'ai jamais eu à aucun moment.
28:56C'était une manière très particulière de filmé aussi.
28:58Et c'est aussi ça qui est marquant.
29:00Oui, puis sûr.
29:00Il y a beaucoup de choses
29:01qui sont marquantes avec la part.
29:03D'abord, quand même,
29:05le fait d'hiver
29:06avait tellement marqué
29:07à l'époque,
29:09quand même,
29:09que ça sidérait un peu tout le monde.
29:11Derrière, il y a le bouquin
29:12de Morgan Sportes
29:13dont le livre,
29:14dont le film est adapté,
29:16qui a aussi énormément marqué
29:18parce que Sportes
29:19avait l'habitude, justement,
29:20il rentrait beaucoup dans le réel.
29:22Dans un moment,
29:23on revient en France
29:23dans le cinéma du réel,
29:24un petit peu.
29:26Et avec la patte de Tavernier,
29:28c'est là que je vous ai découvert.
29:30Moi aussi.
29:31Ça a été une gifle.
29:33Moi aussi,
29:34c'est là que je me suis découvert.
29:37Benjamin,
29:37vous,
29:38mis à part tout ce que vous faites,
29:39vous faites plein d'autres trucs.
29:41Donc, vous faites d'abord
29:41les électroniques,
29:42vous êtes rédacteur en chef,
29:43je vais y venir.
29:44Puis, vous faites aussi de la musique.
29:45J'ai appris que vous travaillez
29:47sous le nom de E-Riser.
29:48Yes.
29:49Yes.
29:50Donc, vous faites de l'électro, quoi.
29:52Donc, en fait,
29:53vous êtes rédacteur en chef
29:56du coup,
29:56des électrons libres.
29:57Vous êtes chez Frantira,
29:59on le sait.
30:00Le premier numéro.
30:01Voilà.
30:02Vous avez une carrière musicale.
30:04Vous avez adapté au théâtre aussi.
30:06Oui.
30:06Beaucoup de choses.
30:08Et voilà.
30:08C'était comédien.
30:09Sinon, vous dormez parfois ou pas ?
30:10Très peu.
30:11Oui, c'est ça.
30:12De moins en moins.
30:12Ça doit être ça.
30:13C'est l'âge.
30:14Parlez-nous des électrons libres de minutes.
30:16Alors,
30:17les électrons libres,
30:18c'est un site d'information
30:22un peu particulier
30:23qu'on appelle, nous,
30:26le premier MedIA.
30:28avec le jeu de mots extrêmement facile à comprendre,
30:31qui a été créé il y a maintenant un an et demi
30:34en 2025.
30:36Par son directeur de la rédaction,
30:38Antoine Copra.
30:40Qui est du point, lui, c'est ça ?
30:41Qui était au point,
30:42mais qui est aussi un communicant,
30:43mais maintenant qui est vraiment électron libre,
30:46électron libre, électron libre.
30:47Pardon.
30:48Avec un développeur,
30:50et c'est un des aspects importants de notre activité.
30:55Un chef d'entreprise dans l'aéronautique,
30:57et moi-même,
30:58qui en encadre la rédaction,
31:00qui aujourd'hui est une rédaction
31:02qui a plus de 60 collaborateurs,
31:05plus un aspect,
31:07évidemment,
31:08développement.
31:08On est le premier média, en fait,
31:13à se dire
31:13qu'on va être complètement social first.
31:16C'est-à-dire que
31:17toute la partie freemium,
31:19gratuite de nos contenus,
31:20se retrouve intégralement,
31:22directement sur les réseaux,
31:23sans avoir besoin d'aller sur le site.
31:25Notamment sur X,
31:26sur LinkedIn, etc.
31:27Où les articles sont mis en premier.
31:31Ce qui nous a permis,
31:32en un an,
31:32d'être le média français
31:33qui a le plus gros reach sur les réseaux.
31:36Et ce qui était notre pari,
31:38ce qui nous a permis depuis
31:39de faire deux levées de fonds
31:41qui nous permettent maintenant
31:42de développer certains projets,
31:44dont l'un qu'on a déjà mis en place.
31:46On est la première IA.
31:48On a créé la première IA
31:49concurrente de Grock.
31:50Alors, je vais être obligé
31:51de vous poser une question,
31:52Benjamin Sia.
31:52Vous savez la question que je vous ai posée.
31:54Je la sens venir, oui.
31:55Est-ce que l'IA va nous tuer dans 10 ans ?
31:57Alors, j'aurais tendance
31:59à faire un peu d'ironie,
32:00à répondre un peu la même chose
32:01que Sam Altman,
32:03il y a quelques années,
32:04alors qu'on n'avait pas encore
32:05tout à fait imaginé
32:06les débordements potentiels
32:07auxquels on assiste
32:08ou croient assister,
32:10ou auxquels on croit assister,
32:11ou auxquels on assiste.
32:12C'est, oui,
32:13l'IA va tous nous tuer,
32:14mais qu'est-ce qu'on va se marier avant ?
32:17Alors, moi,
32:17je n'aurais pas tendance
32:18à penser ça.
32:19Je suis parmi des gens,
32:21je ne suis pas ce qu'on appelle
32:21un doomer.
32:23Oui, c'est ceux qui pensent
32:24à la fin du monde.
32:26Oui, mais qui viennent,
32:27en fait, du milieu de l'IA,
32:28qui viennent de ce principe-là,
32:30et qui maintenant,
32:31se disent, mon Dieu,
32:33qu'est-ce qu'on a fait,
32:34le monstre de Frankenstein
32:36qu'on a engendré ?
32:36En réalité,
32:38ça, moi,
32:39je l'ai toujours considéré.
32:40Les premières tribunes
32:41que j'ai,
32:42avant que vous créez
32:42les électrons libres,
32:44j'ai écrit plusieurs articles,
32:45notamment dans l'Express,
32:47sur ce sujet-là,
32:48en disant,
32:49voilà les craintes de l'IA
32:50que l'IA va donner,
32:51on peut parfaitement
32:52les identifier dès le départ.
32:54C'était peut-être,
32:54d'ailleurs,
32:55dès le départ,
32:55qu'il fallait commencer
32:56à penser régulation,
32:58mais pas une régulation
32:59qui soit une manière
33:01de nous tirer une balle
33:04dans le pied.
33:05Il faut quand même voir,
33:06on a eu tous les...
33:08Dario Amodei,
33:08on a eu Elon Musk,
33:09on a eu Sam Alpin,
33:10tout le monde dire,
33:11ah oui, oui, oui,
33:12c'est effrayant ce qu'on fait.
33:13Bon, c'est effrayant
33:14à chaque fois qu'ils disent ça,
33:15c'est pour montrer,
33:16en fait,
33:16à quel point leurs modèles,
33:17à eux,
33:17sont extraordinairement performants,
33:19et ça permet d'assurer
33:21leur colossal lever en bourse.
33:23Il est très, très flippant
33:24quand on l'écoute parler,
33:25Elon Musk.
33:25On a quand même
33:27les Chinois
33:28qui ont dit,
33:29oui, nous aussi,
33:30nous sommes pour réguler
33:31l'IA américaine.
33:33Mais ce que je ne comprends pas,
33:34c'est que pourquoi,
33:35au départ,
33:35on n'a pas appliqué
33:38à Asimov,
33:38pourquoi on n'a pas appliqué
33:39les trois lois de la robotique ?
33:41Les qui peuvent complètement
33:42s'appliquer à l'IA,
33:43il me semble.
33:43Redis ce que c'est,
33:44parce qu'Asimov,
33:45tout le monde doit y être pas,
33:46forcément.
33:46Asimov crée trois lois,
33:47alors je ne pourrais pas
33:48les dire par cœur,
33:49mais il y a trois lois.
33:50En gros,
33:50les trois lois de la robotique,
33:51donc de l'auteur
33:52de science-fiction Asimov,
33:54c'est de dire aux robots,
33:55donc on est dans un sujet,
34:00tu ne peux pas porter atteinte
34:04à un être humain.
34:07Deuxième lois,
34:09tu...
34:10C'est pas grave.
34:15La troisième,
34:16la troisième.
34:17Non mais la troisième,
34:18on vient en fait
34:19à faire que le truc
34:21est à peu près impossible.
34:23Oui, c'est ça.
34:24Tu ne peux pas...
34:26En appliquant la première,
34:28en fait, etc.
34:28En appliquant la première
34:29et la deuxième,
34:30du coup,
34:31ça rend la troisième impossible.
34:33Mais cette régulation,
34:35on aurait pu l'appliquer,
34:37mais ça dépend
34:37de ce que ça veut dire
34:38la régulation.
34:39Cette semaine,
34:40il y a eu un rapport
34:41sur l'impact environnemental
34:42de l'IA
34:43qui a été publié
34:44et qui nous parle
34:45énormément
34:46de l'IA frugale adaptée.
34:49Alors,
34:50c'est la moitié,
34:51je ne comprends rien,
34:52moi, tout ça.
34:52C'est le fait
34:53de vouloir,
34:54en fait,
34:55essentiellement,
34:56développer,
34:57développer des petits modèles
34:58d'IA,
34:59finalement pas très performants,
35:01mais...
35:01Qu'on puisse garder
35:02sous le coude, quoi.
35:03Oui,
35:03mais qui sont alimentés,
35:05donc,
35:06par les énormes data centers
35:08qu'on souhaite.
35:09Donc,
35:10ça n'a aucun sens
35:11puisque,
35:11en fait,
35:11ces petits modèles
35:12ne seront pas beaucoup utilisés
35:13par rapport aux...
35:14J'ai envie de dire,
35:14c'est comme d'habitude.
35:15Voilà.
35:16Donc,
35:17on a...
35:17On est hors temps,
35:19vous savez,
35:20créativité et audace
35:21et on dépasse le temps,
35:22du coup.
35:22C'est excellent.
35:23Sur Sud Radio,
35:23votre rendez-vous du dimanche,
35:24vous êtes avec l'acteur Olivier Citruc
35:26et le journaliste Benjamin Cyr.
35:27Vous restez avec nous,
35:28à tout de suite,
35:28pour la fin de l'émission.
35:31Sud Radio,
35:32c'est excellent,
35:33Judith Bélair.
35:34Sur Sud Radio,
35:34le dimanche,
35:35c'est excellent,
35:35vous vous laissez inspirer,
35:36tout simplement.
35:37Allez,
35:37ce soir,
35:37deux invités,
35:38deux regards sur le pouvoir.
35:39Eux,
35:39il y a ce truc pour Ubu Roy,
35:41d'Alfred Jarry,
35:42dans une mise en scène
35:42de Daniel Bénoin,
35:43c'est au théâtre de Paris.
35:44Et puis,
35:44le journaliste et le séisme
35:45Benjamin Cyr,
35:46qui explorent les liaisons
35:47entre Etats et trafiquants
35:48dans la drogue au pouvoir.
35:49Cinq siècles de flirte
35:50entre géopolitique
35:51et narcotrafic
35:52aux séditions du cerf.
35:53Alors,
35:54avant que vous nous parliez
35:54d'Electron Libre,
35:55je vais quand même rappeler
35:56les trois lois
35:56qu'on ne retrouvait
35:57ni les uns ni les autres
35:58juste avant de la robotique.
36:00La première,
36:01un robot ne peut porter
36:02atteinte à un être humain
36:04ni restant passif,
36:05laisser cet être humain
36:05exposé au danger.
36:07La deuxième,
36:07un robot doit obéir
36:08aux ordres donnés
36:09par les êtres humains
36:10sauf si de tels ordres
36:11entrent en contradiction
36:11avec la première loi.
36:13Troisième,
36:13un robot doit protéger
36:15son existence
36:15dans la mesure
36:16où cette protection
36:16n'entre pas en contradiction
36:17avec la première
36:18et la deuxième loi.
36:19C'est vrai qu'on pense,
36:20on espère en tout cas
36:21qu'ils ont fait ça
36:22avec l'IA.
36:22C'est ce que je me dis moi.
36:23C'est pour ça
36:24que je posais la question.
36:25Je ne comprends pas
36:25comment on ne l'a pas
36:26posé d'entrée.
36:27C'est vrai.
36:27Mais comme on l'a dit tout à l'heure,
36:28en réalité,
36:29ces lois sont contradictoires
36:30en fonction de qui
36:31porte atteinte.
36:32Si un autre être humain
36:33porte atteinte à un humain
36:34devant le robot,
36:35etc.
36:36Qu'est-ce qui se passe ?
36:37Tout ça est compliqué.
36:38C'est la même histoire
36:39avec les voitures intelligentes.
36:41Si un piéton qui traverse
36:42et j'ai un vélo à gauche,
36:43la voiture intelligente,
36:44elle va faire quoi ?
36:45Écraser le piéton
36:46ou écraser le vélo ?
36:47C'est une vraie question ça.
36:48Qu'est-ce que vous ferez ?
36:49Vous écrasez le piéton
36:51ou le vélo ?
36:52Électron libre.
36:53Électron libre,
36:54allez, deux mots là-dessus.
36:58C'est un média sur l'IA
37:00mais c'est un média en gros
37:01dont le principe a été de dire
37:04on va aller un peu
37:06à l'encontre des marchands de peur
37:07mais on va regarder
37:08ce qui dans l'innovation
37:10peut aussi avoir essentiellement
37:13des côtés positifs.
37:15C'était comment montrer d'ailleurs
37:16pour l'IA
37:17ce qu'elle peut apporter à la médecine,
37:19ce qu'elle peut apporter à l'agriculture,
37:21ce qu'elle peut apporter
37:21au développement durable
37:23et à l'environnement.
37:24Ce qu'elle apporte déjà
37:25au développement durable
37:26et à l'environnement.
37:26même si elle pose aussi
37:28des problèmes de ce point de vue-là
37:30et aussi pour un peu glorifier
37:33l'initiative privée
37:34dans un pays
37:35où l'entreprise est quand même
37:36considérée comme porteuse
37:38de tous les maux
37:38alors que pour nous
37:40elle est un peu porteuse
37:41de toutes les émancipations
37:42et pendant qu'effectivement
37:44une bonne partie des médias
37:47font leur beurre
37:49sur la peur,
37:50sur l'anxiété
37:51qui est totalement compréhensible
37:52par rapport au changement climatique
37:54dont on mesure les conséquences
37:56de manière extrêmement brutale
37:57ces temps-ci
37:58sauf qu'on dit que
37:59pendant ce temps-là
37:59il y a des millions de personnes
38:01qui travaillent
38:02à essayer d'apporter des solutions
38:03et c'est jamais elles
38:04qu'on met en valeur.
38:06Et nous,
38:06on fait du debunking
38:08de ce point de vue-là
38:09aussi beaucoup
38:10mais aussi on veut
38:11mettre en valeur
38:12des solutions,
38:13un peu d'optimisme,
38:15un peu de donner
38:16un peu envie de vivre
38:17à travers la technologie
38:18et l'analyse politique
38:20parce qu'on fait aussi
38:21de l'analyse historique
38:22et politique
38:23importante.
38:24Finalement,
38:25quand on écoute
38:26Benjamin Cyr,
38:27c'est vrai qu'on se dit
38:27qu'on est quand même
38:29tous débordés
38:30de nouvelles
38:30quand même assez
38:31terribles en général
38:33et que finalement,
38:36injecter de la positivité,
38:37injecter de la transmission
38:38comme vous le faites vous
38:39quand vous montez sur scène,
38:40Olivier,
38:40j'imagine que c'est aussi
38:41un de vos moteurs
38:41en fait,
38:42de donner quelque chose
38:43en tout cas,
38:44de sortir le public
38:45de son quotidien,
38:46de ressortir...
38:47Ça centralise un peu
38:49aussi notre...
38:50Ça centralise un peu
38:52notre humanité
38:53de jouer et d'aller
38:54au théâtre,
38:55par exemple.
38:55Bien sûr.
38:56On lâche son téléphone,
38:58on lâche un écran
38:59et on s'assoit
39:00dans une salle
39:01où on est obligé
39:02de rester dans cette salle
39:03et il y a des gens vivants
39:05qui disent des choses
39:06et assez souvent intelligentes
39:09avec des sujets
39:10assez intelligents.
39:11La démarche en elle-même
39:14centre un peu l'humain
39:16quand même.
39:16Donc moi,
39:17c'est aussi ça que j'aime
39:18et ce plateau est vide.
39:20C'est aussi ça
39:21qui est important.
39:22C'est-à-dire qu'il y a...
39:23Je crois que c'est...
39:24Justement,
39:24en parlant de la part,
39:25Bruno Pizziou,
39:26il m'avait dit ça une fois
39:27et je me suis dit
39:27mais qu'est-ce qu'il raconte ?
39:28Et en même temps,
39:29il a totalement raison.
39:30Il me dit
39:30mais tu vois,
39:31le théâtre,
39:32il y a un rapport
39:33avec Dieu,
39:33il y a un rapport
39:34avec le bien et le mal
39:35tout le temps.
39:36C'est tout le temps
39:36ce rapport-là.
39:37Donc il y a une force
39:38qu'on croit
39:39ou qu'on ne croit pas.
39:40Mais ce que je dis,
39:41il y a une force
39:41entre le bien et le mal
39:43tout le temps.
39:44Rapidement,
39:44Benjamin,
39:45c'est parfait chinois.
39:45Il y a une chose très importante
39:46qu'on parlait d'IA
39:47et de la peur par exemple
39:48que ça peut faire
39:49par rapport au cinéma
39:49qui est une peur
39:50absolument réelle et logique.
39:52L'IA est en fait
39:53un formidable appel d'air
39:54vers le spectacle vivant
39:55parce que c'est celui-là
39:57qui ne pourra pas être remplacé
39:58et redonnera
39:58de la vie et du sens.
39:59On espère que ça sera pareil
40:00pour les animateurs radio.
40:02Allez,
40:03on est parti
40:04pour le portrait chinois.
40:05Vous êtes prêts ?
40:05Vous ne réfléchissez pas trop.
40:07Olivier Citrux,
40:08si vous étiez un personnage ?
40:11J'ai Che Guevara
40:13qui m'est apparu comme ça
40:14parce que j'avais joué
40:14Che Guevara.
40:15Si, c'était là-dessus.
40:17C'est le premier qui vient.
40:20On adore.
40:21Révolution.
40:23Benjamin,
40:23si vous étiez un personnage
40:24politique,
40:25un homme politique du passé ?
40:27Moi, moi.
40:28Lequel ?
40:29Direct là.
40:30J'aurais aimé Churchill.
40:32Ah bah oui.
40:33Non mais il prend
40:34Che Guevara.
40:36Allons-y, allons-y.
40:38Non mais c'est le personnage.
40:40Oui, bien sûr.
40:41Ce que je veux dire,
40:41c'est que c'est un personnage.
40:42Ça, c'est sûr.
40:43Olivier Citrux,
40:44si vous étiez un écrivain
40:44ou une écrivaine d'ailleurs ?
40:45Vous soyez qui ?
40:47Waouh.
40:52La première, la première.
40:54Steven Zweig.
40:55Ok, on aime.
40:56Ah bah voilà.
40:57C'est une bonne réf.
40:58Ouais, bon.
40:59Ça va.
40:59Non mais...
41:00Pourquoi ?
41:01C'est un des plus grands écrivains.
41:02Ça m'a fait vraiment rêver
41:03adolescent.
41:03C'est magnifique, Steven Zweig.
41:04Je trouve que son rapport
41:05au monde est incroyable.
41:06On adore.
41:08Benjamin Sir,
41:09si vous étiez un média ?
41:10Moi, si j'étais un écrivain,
41:12j'aurais été connu
41:13Steven Zweig.
41:13Ah bah vous avez ça en commun.
41:15J'adore.
41:15Et un média,
41:16vous seriez quoi ?
41:16Un électron-lib, non ?
41:18Bah oui, c'est très bien
41:18les électron-libres.
41:20Un électron-libre
41:21ou un franc-tireur.
41:22Ça vous va bien ?
41:23Ah là, les deux.
41:24Franc-tireur et électron-libre.
41:25Eh bah dis donc,
41:26qu'est-ce qu'on va faire de vous ?
41:28Olivier Citrux,
41:29vous étiez une réplique célèbre.
41:32Je me les serve moi-même
41:33avec assez de verve
41:34pour pas qu'un autre me les serve.
41:37Faut dire aux auditeurs
41:38qui servent.
41:38Cyrano de Bergerac.
41:39Je sais pas pourquoi,
41:40j'ai pensé panache.
41:41Je vous l'ai dit,
41:41je me suis dit,
41:42il va me sortir Cyrano.
41:43C'est un rôle que je jouerai un jour,
41:44mais je trouve que cette phrase
41:46marche à beaucoup
41:48quand les gens discutent.
41:49Pourquoi vous le joueriez pas ?
41:50Parce que je trouve que Cyrano
41:51est un paysan gascon.
41:54C'est important que ce soit joué
41:55par quelqu'un qui soit paysan gascon.
41:57Parce que ces mots
41:59si beaux
42:00en opposition
42:02avec un caractère fort.
42:04Moi, je sais que ça va en embêter certains,
42:05mais je trouve qu'il n'y a pas eu
42:06plus belle interprétation
42:07que Depardieu dans ce rôle.
42:08C'est parce qu'il est paysan gascon.
42:10Voilà, ça doit être ça.
42:12Benjamin Cyr,
42:12si vous étiez un défi.
42:16Marcher.
42:16Ouais.
42:17C'est pas simple pour vous.
42:20Courir, du moins.
42:21Courir.
42:22Vous marchez, ouais.
42:23Ouais, courir.
42:23Vous tenez debout.
42:24Vous êtes un homme debout.
42:26Ouais.
42:27Olivier Citruy,
42:28si vous étiez une émotion sur scène.
42:33Wow.
42:36Peut-être la douceur,
42:37parce que je pense
42:38que c'est la plus difficile
42:40à traduire au quatre.
42:41Oui, parce qu'il faut déclamer.
42:42Donc, c'est pas toujours simple
42:43de déclamer la douceur.
42:44Si je pouvais réussir
42:46à toucher ça en jouant.
42:48Ouais.
42:50Benjamin Cyr,
42:51si vous étiez un jour de la semaine.
42:57Mercredi.
42:58Pourquoi ?
42:58C'est le jour des enfants ?
43:01C'est le jour, en plus,
43:02c'est honnêtement
43:03le jour le moins intense.
43:05De votre semaine.
43:06Parce que vous n'arrêtez jamais, en fait.
43:07Oui, les week-ends.
43:08Je demande pardon publiquement
43:10à ma famille.
43:11C'est un enfant.
43:13Elle est bien votre famille,
43:14parce que vous êtes soudée.
43:17Olivier Citruy,
43:17si vous étiez un sujet
43:19que vous auriez rêvé de révéler,
43:21tiens, comme ça,
43:21quelque chose que vous auriez envie
43:23de faire découvrir aux autres ?
43:28Euh...
43:31Pardon, je ne sais pas pourquoi
43:32ça me vient comme ça.
43:33C'est ce qui me vient.
43:34Je trouve ça étonnant
43:35qu'aujourd'hui,
43:36on ne puisse pas
43:38acheter une tomate
43:39et avoir
43:412000 tomates
43:42avec cette tomate.
43:43J'adore.
43:44Dans les tomates,
43:45il y a 2000 graines,
43:463000 graines.
43:47Ça doit donner des tomates.
43:48Ça doit toujours donner des tomates.
43:49Vous avez essayé d'en planter,
43:49en fait, c'est ça ?
43:50Non, non.
43:50Ça marche quand même.
43:51Ça marche quand même.
43:52Oui, mais pourquoi
43:54il y a eu quand même un lobby
43:55qui a interdit
43:59la possibilité
44:00de pouvoir
44:02c'est plus compliqué
44:03que ça.
44:03Oui, j'imagine
44:04que c'est plus compliqué.
44:05Mais c'est un sujet
44:06qui m'intéresse,
44:07l'aliment.
44:11Benjamin Cyr,
44:12la révélation
44:13qui a changé le monde ?
44:16Pour vous ?
44:17L'imprimerie.
44:18Oui ?
44:19Moi, oui.
44:20Ce n'est pas forcément
44:20par rapport au feu
44:22et à la roue, non.
44:23Mais pour moi, oui.
44:24Allez, une petite dernière
44:25pour se faire plaisir.
44:27Pour se faire plaisir,
44:28une petite dernière.
44:28La leçon de vie
44:29qui vous a le plus marqué,
44:30Olivier Cyr ?
44:36En fait,
44:37elle est douloureuse.
44:40Mon papa,
44:40qui est décédé
44:41il y a trois ans,
44:42moi, j'aurais envie
44:43de parler de mon père.
44:44Mais donc,
44:45j'essaie de savoir
44:46qu'est-ce qu'il m'a appris.
44:47Et je me souviens
44:48d'un moment
44:48où je dois avoir
44:4917 ans ou 18 ans.
44:50On est à New York.
44:51J'ai un cousin
44:51qui est américain.
44:52Je veux rester là.
44:53Et mon père me dit
44:54mais je ne peux rien faire
44:54pour t'aider.
44:55Non, tu rentres.
44:57Et je lui en ai voulu beaucoup
44:58et je pense qu'il avait raison.
45:00Voilà.
45:01Merci papa.
45:01Donc ça, c'est une leçon de vie.
45:03Merci papa.
45:04Benjamin,
45:05votre projet le plus fou
45:07et on finira là-dessus.
45:09Celui qui a été fait ?
45:11Oui.
45:11Ou celui que vous voulez faire,
45:12ce que vous voulez en fait.
45:15Celui...
45:16Non,
45:16le projet le plus fou,
45:19c'est quand un femme,
45:20il y a quelques années,
45:21m'a dit,
45:22il vient,
45:23on va aller défier
45:24le gouvernement chinois.
45:27J'adore sa femme.
45:29Dans le Kinga,
45:30il s'est acclancé un Tibet
45:32en faisant croire
45:33qu'on va te faire soigner
45:34dans les hôpitals
45:38tibétains du coin
45:39pour aller voir
45:40ce qui se passe
45:40dans la répression
45:42au moment où c'était
45:43quand même
45:44très drôle.
45:45D'ailleurs,
45:45ce qui nous a valu
45:46d'être,
45:47quand on est revenu à Pékin,
45:49d'être pris en joue
45:51sur la Péplastienne allemaine
45:52pour des raisons
45:53assez drôles.
45:54Et mis dans l'avion direct
45:55derrière,
45:55j'imagine ?
45:56Non,
45:56même pas,
45:56mais je vais avoir
45:58du mal à y retourner.
46:01Mais c'était dingue en fait.
46:02Vous êtes fous tous les deux,
46:03j'adore.
46:04Allez,
46:04c'était excellent,
46:05merci beaucoup messieurs.
46:07Merci.
46:07Olivier Cétruc,
46:08on vous retrouve dans
46:09Uburoa d'Alfred Jarry,
46:10c'est mis en scène
46:10par Daniel Benoît,
46:11c'est au Théâtre de Paris,
46:12je recommande vraiment
46:13vous éclater,
46:14vous pouvez y aller
46:14même avec les gamins
46:15à partir de 10-11 ans.
46:17Et qui commence,
46:18qu'on prenne le mot merdre.
46:19Oui,
46:20voilà.
46:20C'est avec Mélanie Page
46:22et André Marcon
46:22et c'est du mercredi
46:23au samedi à 21h
46:24et pour les enfants,
46:25le dimanche à 15h.
46:26Benjamin Sierre,
46:27je recommande aussi
46:28votre livre
46:29La drogue au pouvoir
46:295 siècles de flirte
46:31entre géopolitique
46:32et narcotrafic.
46:33C'est absolument passionnant,
46:34c'est aux éditions du CR.
46:36Merci encore à tous
46:37les deux d'être venus,
46:38merci à tous
46:38de votre fidélité
46:39à cette excellence.
46:40On se retrouve demain dimanche,
46:41non,
46:42on se retrouve dimanche prochain
46:42plutôt à 19h,
46:44sans oublier tous les samedis
46:45à 13h30 pour Parlons Femmes.
46:47Merci à Daisy en régie
46:49et moi je vous embrasse,
46:50c'était excellent.
46:50Merci à tous.
46:50Merci à tous.