00:00Europe 1 Soir, 19h21, Pierre de Villeneuve.
00:04Autour de la table, Raphaël Steinville. Bonsoir.
00:06Bonsoir Pierre.
00:08Directeur adjoint de la rédaction du JDD. Bonsoir à Vincent Roy.
00:11Bonsoir Pierre de Villeneuve.
00:12Écrivain et consultant sur Europe 1 et sur CNews. Bonsoir Régis Le Saumier.
00:17Bonsoir Pierre.
00:17Et merci de nous rejoindre, grand reporter, directeur de la rédaction du média de reportage et d'investigation Omerta,
00:22avant de partir au Groenland pour ses dernières déclarations de J.D. Evans sur le fait de devoir prendre au sérieux Trump sur ses intentions.
00:33Laurent Vinatier, libre, échange, on aurait dit un film ou une série Netflix avec cet échange au pied de l'avion en fait.
00:44Il y en a un qui arrive, l'autre qui repart.
00:45Le basketteur russe qui retrouve son pays.
00:48Un basketteur russe qui était soupçonné par les services américains d'être un hacker.
00:52Et puis Laurent Vinatier, ce chercheur français qui travaillait je crois pour une ONG et qui a été détenu depuis 2024.
01:02Qui est Laurent Vinatier et pourquoi est-ce qu'on le rend à la France aujourd'hui ?
01:06Je crois que ça fait partie de ces négociations qui se mènent en parallèle de la guerre,
01:12qui ne sont pas forcément en lien avec l'actualité immédiate.
01:15C'est des travaux de fond.
01:18Ça s'est produit plusieurs fois, notamment avec les américains.
01:21On a oublié par exemple que la première rencontre entre Steve Vitkoff et Vladimir Poutine au Kremlin,
01:29le premier voyage pour négocier potentiellement la paix en Ukraine,
01:34Steve Vitkoff était ressorti et un américain, un ancien marines, prisonnier des Russes, avait été libéré à cette occasion.
01:42Et à chaque fois, il y a eu des négociations, il y a eu évidemment des échanges de prisonniers entre ukrainiens et russes
01:49qui se sont déroulés tout au long de la guerre.
01:52Et je crois qu'effectivement, quand on a des conflits comme ça, il y a ce qu'on appelle la diplomatie de l'otage en fait.
01:59C'est-à-dire qu'on a une monnaie d'échange, alors chacun fait pression d'un côté comme de l'autre,
02:06trouve des régions d'interpellés et de détenir des...
02:11Mais pourquoi est-ce qu'il était détenu ? Pourquoi ? Parce qu'il travaillait pour une ONG humanitaire,
02:15on dit avec des travaux sur l'Ukraine, c'est-à-dire qu'il était considéré comme un espion ?
02:21C'est toujours le problème, soit on est journaliste et on est traité comme espion,
02:25moi ça m'est arrivé en Irak d'avoir été qualifié de CIA.
02:27C'est-à-dire que vous arrivez en Russie, vous êtes immédiatement considéré comme espion si vous êtes journaliste ?
02:31Non, non, je parle de l'Irak à l'époque, moi j'avais eu un petit problème,
02:35j'avais été arrêté par une milice qui s'appelait l'armée du Mahdi à l'époque,
02:38et parce qu'il y avait un visa américain sur mon passeport français,
02:43ils étaient là, Amérique, Amérique, et donc j'avais été, voilà, ils disaient CIA, Amérique, CIA.
02:49Le raccourci est un peu rapide.
02:50Ben oui, mais souvent, hélas, et ça s'est démontré aussi,
02:54des journalistes ont pu être, voilà, le métier de journaliste a pu être utilisé
02:58comme cover pour des activités d'espionnage.
03:01Ça c'est les années 50, on n'est pas dans l'OSS là ?
03:03Non, non, non, non, non, pas du tout.
03:05Alors oui, évidemment, ça peut être, mais pour les ONG, évidemment,
03:08pour aller dans des endroits où on ne peut pas se rendre quand on est un officiel,
03:13utiliser une ONG quand on fait de l'espionnage, c'est du pain béni.
03:17C'est arrivé plein de fois en Afrique.
03:19Oui, les ONG sont souvent coupables.
03:23Bien sûr, mais ONG, vous vous souvenez de l'affaire où les deux forces spéciales françaises
03:32avaient été tuées pour la libération de deux otages au Bénin ?
03:36Enfin, deux otages qui avaient été pris en otage au Bénin
03:38et qui avaient ensuite été libérés par les forces spéciales françaises.
03:43Commando Hubert.
03:43Commando Hubert, voilà.
03:44Il y avait également deux Américaines dans l'histoire,
03:48dont une qui était présente en Afrique depuis dix ans et qui s'occupait d'enfants
03:55et donc qui était clairement une représentante de la CIA dans le territoire.
04:01Voilà.
04:01On l'a su, elle a été exfiltrée, on n'avait jamais vu son visage et elle est repartie aux Etats-Unis.
04:06Il n'y a jamais eu de témoignage.
04:08Donc on sait très bien que c'est ce qu'on appelle des légendes.
04:11On se bâtit des légendes et l'ONG est souvent un endroit assez facile
04:16pour les services de renseignement, pour placer des espions.
04:19Oui, ma question c'est, est-ce que la libération de Laurent Vinatier s'inscrit dans ces négociations discrètes
04:29menées notamment par l'Elysée avec Poutine ?
04:32Il y a quelques semaines, on évoquait une reprise de dialogue souhaitée entre le Kremlin et Paris.
04:38On a vu que Sébastien Lecornu, il y a quelques semaines, s'était opposé à signer le décret d'extradition
04:45justement de ce basketteur russe qui était réclamé par les Américains.
04:50Est-ce que tout ça a concouru finalement à la possibilité de cette libération de Laurent Vinatier ?
04:54Vous voulez dire, en même temps d'Emmanuel Macron, on aurait facilité...
04:59Alors le vrai problème que j'ai avec, pour vous répondre oui,
05:04c'est que le changement de position d'Emmanuel Macron, on l'a analysé,
05:09j'ai même fait un papier pour expliquer qu'il n'avait pas toujours été anti-Poutine
05:15et il y a quand même toute une antériorité où il a eu des bonnes relations avec la Russie.
05:22Dire que c'est ça qui a déclenché, en fait, on ne sait pas et peut-être qu'on ne saura jamais.
05:27Mais en tout cas, ça ouvre une dunaire, ça fait peut-être partie en effet,
05:33parce que quand, au départ je crois que c'était Emmanuel Macron qui a dit,
05:38et le Kremlin immédiatement avait saisi la balle au bon,
05:40en expliquant qu'ils étaient tout à fait disposés,
05:43et le ton avait changé.
05:44Souvenez-vous, la précédente passe d'armes entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine,
05:49c'était, il ne s'était pas parlé,
05:52Vladimir Poutine fait ses questions à la presse qu'il fait annuellement,
05:59et il dit pique-pente d'Emmanuel Macron,
06:02Emmanuel Macron lui répond,
06:03mon numéro de téléphone n'a pas changé,
06:06si tu veux m'appeler...
06:06C'était très très froid à l'époque.
06:09Là, il y a eu deux parts et d'autres.
06:12De part et d'autre, il y a eu cette...
06:14Notamment la France et Emmanuel Macron qui s'opposaient à l'utilisation des avoirs russes
06:19pour financer la guerre en Ukraine.
06:21Tout à fait, ça, ça a été un point positif, vu positivement par le Kremlin.
06:26Maintenant, dire que c'est totalement synchronisé avec une période de réchauffement,
06:31je ne suis pas sûr que ce qui a été décidé par la coalition des volontaires,
06:34et notamment le projet d'envoyer des Britanniques et des Français en Ukraine après la paix,
06:41soit perçu comme une avancée dans le processus par les Russes,
06:45puisque eux considèrent qu'il ne peut pas y avoir de troupes étrangères
06:49venant de pays de l'OTAN qui s'interposeraient en Ukraine
06:52s'il devait y avoir une paix négociée.
06:55Donc ça veut dire que les Français et les Anglais
06:57travaillent toujours dans leur coin avec Zelensky,
07:00ils négocient entre eux,
07:01mais ils ne négocient jamais avec la partie d'en face
07:03dont on ne connaît pas encore aujourd'hui les intentions.
07:07On sait qu'elle est hostile à la présence
07:09de troupes françaises et britanniques
07:13ou de pays venant de l'OTAN.
07:15Ça veut dire quoi ?
07:16Ça veut dire que les Français continuent dans cette voie-là.
07:19Et ça, ce n'est pas forcément quelque chose
07:21qui est perçu positivement par le Kremlin.
07:24Ce qui me laisse penser, moi,
07:25que cette négociation,
07:26elle est plus un travail de fond,
07:29c'est plus un marathon,
07:31alors que ces négociations
07:33ne sont pas sur la même temporalité, à mon avis.
07:36Et à un moment, ça aboutit.
07:38Ne me demandez pas le secret des dieux,
07:40je ne suis pas au courant de ce qui s'est passé.
07:43Mais en tout cas, c'est des processus
07:44qui arrivent en parallèle des autres négociations.
07:48Merci.
07:49Merci.
07:50Merci.
07:51Merci.
07:52Merci.