00:12Et dans ce parti, on s'intéresse au projet novateur du côté de Val-de-Fontenay.
00:17On est à l'est de Paris, juste à côté du Bois de Vincennes, pour en discuter, notre invité François
00:22Bourvic.
00:22Bonjour. Bonjour.
00:24François, vous êtes directeur général de Marnobois SPL pour Société Publique Locale
00:28et vous venez de créer une nouvelle entité, la MAB SEM, pour Société d'économie mixte.
00:34Vous êtes également le directeur général de cette nouvelle entité.
00:37Alors, qu'est-ce qui a motivé cette décision pour pouvoir créer une nouvelle entité ?
00:40Alors, les deux entités sont très complémentaires l'une de l'autre.
00:44On a une société publique locale, donc avec des capitaux 100% publics,
00:48pour faire l'aménagement notamment du Val-de-Fontenay depuis 2012.
00:51Et on sait que le statut de société publique locale est restrictif sur un certain nombre d'objets,
00:58notamment pour des partenariats publics privés.
01:00On a donc créé une société complémentaire d'économie mixte, avec un capital public et privé,
01:05pour poursuivre nos opérations, notamment du côté de Val-de-Fontenay.
01:08Donc un angle juridique et financier pour poursuivre ces opérations.
01:11Quelles vont être les principales missions de cette SEM, Société d'économie mixte ?
01:16On a souhaité dédier notre nouvelle société, donc Mab SEM, à tout ce qui sont les enjeux de la régénération
01:23urbaine.
01:23Aujourd'hui, on travaille dans un contexte extrêmement dense et d'ores et déjà très construit,
01:30donc la banlieue parisienne à l'est de Paris.
01:33Et dans ce contexte-là, on pense qu'il y a beaucoup d'objets urbains, d'immeubles, de terrains,
01:39à reconstruire ou à refaire sur elles-mêmes.
01:43Donc, des enjeux qui sont aujourd'hui communs à toute l'Île-de-France de régénération urbaine.
01:47Ça se déploie ensuite sur deux volets.
01:49La transformation des bureaux en logement, qui est un enjeu extrêmement important pour nous.
01:54Et le deuxième pan, c'est la redentification des zones d'activité existantes.
01:58Alors justement, on va basculer et regarder ces deux projets en détail.
02:01Le premier, celui de la transformation de bureaux en logement.
02:05Là, vous vous attaquez à un immeuble qui a déserté Malakoff-Humanis.
02:09Alors, ils ne sont pas partis très loin. Ils restent sur la commune, à une cinquantaine, une centaine de mètres.
02:15Mais voilà, il y a un immeuble un peu en déshérence.
02:17Et on sait que c'est assez compliqué.
02:19Comment vous... Quel projet, justement, de transformation ?
02:22Alors, ce projet est assez commun et cohérent avec la totalité des autres projets de transformation
02:28que nous menons sur le Val-de-Fontenay.
02:30Et avec les mêmes causes et les mêmes conséquences, on a des entreprises qui sont restées au Val-de-Fontenay.
02:35Ce qui est vrai de Malakoff-Humanis, est vrai de la Société Générale, qui est vrai de la Banque Palatine.
02:40Enfin, il y a de nombreuses sociétés à être restées sur le Val-de-Fontenay,
02:44mais à avoir déménagé dans des bâtiments plus récents, plus adaptés à leurs besoins,
02:50laissant toute la première génération d'immeubles de bureaux, construits entre 1980 et 2000, vides.
02:55Notre objectif a été de ne pas démolir ces bâtiments de bureaux, d'abord pour des questions de carbone.
03:02Le fait de démolir un immeuble de bureaux émet énormément de carbone,
03:07et on vous souhaitait l'éviter dans des logiques très évidentes de respect des accords de Paris, de décarbonation.
03:13Et donc, transformer, donner un nouvel usage à ces bâtiments de bureaux.
03:18Le deuxième sujet, c'est, nous le savons tous, il y a un besoin de logement extrêmement important en Ile
03:23-de-France.
03:24Et on a pensé que c'était une bonne solution de transformer ces bâtiments de bureaux vides pour y créer
03:32des nouveaux logements.
03:33Sauf que cette réversibilité, François, elle n'est pas toujours évidente, notamment parce qu'il y a le bâti, déjà.
03:39Des bureaux, ce n'est pas tout à fait la même configuration que des logements.
03:42Là, vous avez choisi de garder la structure en place.
03:45Comment ça va se passer et combien de logements vous allez pouvoir construire ?
03:48Alors, c'est toujours compliqué.
03:50Ce qui est vrai pour ce bâtiment et pour tous les autres, c'est techniquement pas simple de passer d
03:54'une structure faite pour accueillir des bureaux
03:56à des logements qui, on le souhaite, nous, soient traversants ou avec des doubles orientations,
04:01avec du confort pour y habiter, des extérieurs, dès qu'on peut.
04:06Et donc, il faut faire preuve d'ingéniosité ou d'inventivité de conception pour les architectes.
04:13On a l'avantage d'être accompagnés par des très bons architectes.
04:17C'est l'agence UAPS qui nous accompagne sur ce sujet.
04:21Donc, il y a d'abord une question technique qu'on arrive à résoudre dès lors qu'on s'accompagne
04:26des bons concepteurs.
04:27Le deuxième sujet, effectivement, il est plus financier, à la fois pour mobiliser l'argent nécessaire pour pouvoir acheter le
04:35bâtiment
04:35et avoir les fonds pour le transformer, aussi parce qu'aujourd'hui, tous les acteurs du logement ne sont pas
04:43encore prêts
04:44ou ne sont pas totalement sécurisés pour produire des logements dans des choses qui vont être un peu atypiques.
04:51Les hauteurs de fonds ne sont pas les mêmes que ce qu'on a dans du neuf, les largeurs n
04:55'est également, etc.
04:56On a eu l'avantage ou la chance d'avoir des partenaires de long terme sur Val-de-Fontenay,
05:03en l'occurrence la foncière de transformation immobilière et la RATP Habitat,
05:09qui est un bailleur social avec lequel nous avons une convention pour produire 500 logements dans les toutes prochaines années.
05:17Et donc, on a essayé de bâtir avec, dans le cadre de ce partenariat, les conditions de réalisation du programme.
05:23C'est au final 250 logements ou équivalent logements, puisqu'il y a différents types de produits,
05:29très social, abordable, pour jeunes actifs, etc.
05:33L'objectif, c'est qu'on puisse répondre à la crise du logement à côté de la station de RER
05:40de Val-de-Fontenay,
05:40qui est extrêmement bien servie aujourd'hui.
05:43Aujourd'hui, on dit qu'il y a plusieurs millions de mètres carrés, en région parisienne,
05:48de mètres carrés de bureaux vacants et qui ne retrouveront pas sans doute preneurs.
05:52Ils seraient à transformer.
05:53Pour vous, on est à combien de milliers de mètres carrés ?
05:56Alors, à l'échelle de l'Île-de-France, on parle parfois de 5 millions et parfois plus à l
06:01'horizon 2030.
06:02Nous, sur Val-de-Fontenay, on sait qu'on a 150 000 mètres carrés à transformer
06:06sur un ensemble de bureaux qui totalisent entre 400 000 et 500 000.
06:10Ça peut sembler beaucoup.
06:11Pour nous, c'est une aubaine.
06:12C'est une occasion de répondre à la crise du logement.
06:16Il ne s'agit pas de transformer tout et n'importe quoi.
06:19Il y a des bâtiments qui doivent rester en bureau parce qu'ils sont très bien desservis,
06:22parce qu'il y a des utilisateurs qui vont s'y intéresser.
06:26D'autres méritent d'être revisités, d'être réinventés.
06:31On travaille...
06:32Vous avez déjà des permis obtenus ?
06:34On a des permis obtenus sur 70 000 environ.
06:39Souvent avec des partenaires qu'on retrouve souvent.
06:42I3F, Immobilier 3F, l'EPF pour les actions de portage.
06:45Là, on a, sur le cas d'espèces, pour le projet, avec RATP Habitat,
06:50on a un partenaire promoteur qui s'appelle Truston.
06:52Voilà, tout ça, ça se fait en partenariat.
06:54Seul, on n'y arriverait pas.
06:56On essaie d'agréger les bonnes volontés et les meilleures compétences pour y arriver.
07:00Et les meilleurs experts.
07:01Donc, c'est possible, mais il faut s'en donner évidemment les moyens.
07:04On parle également de la deuxième opération, la zone des marées.
07:075 hectares de locaux d'activité que vous souhaitez maintenir, voire rénover.
07:12Là, l'enjeu, il est aussi extrêmement important.
07:15Même s'il est différent de celui du logement,
07:17c'est comment garder de l'emploi, de l'emploi productif, non tertiaire.
07:21Donc, des gens qui fabriquent, qui transforment.
07:25En Ile-de-France, dans la zone dense de l'Ile-de-France,
07:28on est sur le RER et la 86 à Val-de-Fontenay.
07:32Voilà, on rassure tout le monde.
07:33La zone des marées, c'est évidemment pas marécageux.
07:34C'est déjà une zone d'activité.
07:36Alors, ce fut des marées il y a bien longtemps,
07:37puisqu'effectivement, toute la zone dans la plaine alluviale de la Marne,
07:43très exactement, était marécageuse.
07:45Mais bon, elle a été densifiée depuis bien longtemps
07:48et urbanisée depuis bien longtemps.
07:50Comment garder des emplois,
07:52comment garder des zones de production en Ile-de-France ?
07:54On parle souvent de réindustrialisation,
07:56y compris sur ce plateau.
07:57Ce n'est là aussi pas si simple que d'y arriver.
08:00On pense, nous, qu'il faut garder des terrains
08:02qui soient vraiment dédiés à cela,
08:05à de la production non tertiaire.
08:07On a eu l'opportunité, là aussi,
08:09avec nos partenaires de l'EPFIF,
08:11l'établissement public foncier d'Ile-de-France,
08:13d'acheter ce terrain, il y a quelques années maintenant,
08:18pour permettre le développement d'activités
08:20sur des sites comme ceux-là.
08:21Il faut produire un immobilier
08:23qui soit adapté aux conditions de production.
08:26Alors, ce n'est pas de la grosse industrie lourde,
08:28mais c'est de la petite industrie, c'est de la PME.
08:30Et on a besoin de garder nos PME en Ile-de-France.
08:33Donc, produire un immobilier
08:34qui soit compatible avec les besoins de ces entreprises.
08:37Oui, il faut dire aussi que la zone,
08:39Val-de-Fontenay, dispose aussi d'infrastructures
08:42déjà existantes pour que la ville continue à s'aventir.
08:45Vous parlez de logement,
08:46on sait que les maires sont parfois un peu réticents.
08:49Ils préfèrent des fois avoir des entreprises qui cotisent
08:51plutôt que des habitants qui demandent des services.
08:53Là, tout est prévu à Val-de-France.
08:54Alors, tout est prévu.
08:55On a la chance, là aussi, c'est une chance,
08:57j'en parle comme ça,
08:59d'avoir déjà, d'être extrêmement bien desservi.
09:01On a deux RER, le A, le E,
09:03la ligne 15 du métro,
09:05donc de la Société Grand Paris qui arrive,
09:07le Travail-Monté T1.
09:08On a beaucoup d'infrastructures de transport.
09:11Et il me semble important de garder des emplois
09:14et des logements aux abords de ces infrastructures,
09:16pour éviter l'étalement urbain.
09:18Premier point.
09:19Et le deuxième point,
09:19on a aussi la chance d'avoir des écoles
09:21qui sont existantes à proximité,
09:24qui sont des belles écoles,
09:26qui ont été construites dans les années 60 et 70,
09:27qui étaient très généreuses en place,
09:29en cours, en locaux.
09:31Et on pense que le fait d'amener des habitants,
09:35donc des logements à proximité de ces infrastructures,
09:38qu'elles soient scolaires ou de transport,
09:40c'est une manière de maintenir très vivante
09:43et très dynamique ces villes
09:45de la première couronne parisienne.
09:47Voilà, c'est ça aussi l'immobilier,
09:48des enjeux de régénération urbaine,
09:50de transformation du patrimoine
09:52et puis même de souveraineté.
09:53Merci en tout cas François Bourguis.
09:55Je rappelle que vous êtes le directeur général
09:56de Marnobois SPL et Marnobois SEM.
10:00Vous avez fait des gros efforts sur le naming.
10:02Mais en tout cas, ça a l'avantage d'être clair.
10:03Merci François.
10:04Merci bien.
10:04Et à très bientôt sur Smartive.
10:06Merci.
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