00:00L'IFM Bourse, l'écho du monde.
00:03Et ce soir, Scott Bessene doit apporter des solutions face à la flambée des taux obligataires cet été,
00:08notamment sur les taux américains. Le 30 ans américain a touché un peu plus haut de 2007.
00:12Florian Hielpo nous rejoint, on va en parler ensemble. L'ombard-Rodier IM, bonjour Florian.
00:16Ce soir, Scott Bessene doit sortir du bois, il promet des annonces pour freiner la dérive budgétaire américaine.
00:22L'État fédéral américain a-t-il seulement les moyens de freiner sa dérive budgétaire, Florian ?
00:27C'est un double sujet, c'est-à-dire qu'à la fois, il faut freiner cette dérive.
00:32Alors, mine de rien, en somme, on a vu dans les rapports sur l'emploi,
00:36on a commencé à voir justement une diminution du nombre d'employés du gouvernement américain.
00:41Certaines mesures doivent être prises. Alors évidemment, c'est toujours très difficile,
00:46surtout que le gros du problème budgétaire se trouve du côté de la couverture santé aux États-Unis,
00:52qui est un problème plus politique finalement que fiscal, enfin un problème, disons un enjeu plus politique que fiscal.
01:00Le deuxième élément, c'est est-ce que Scott Bessene peut à lui tout seul contrôler la courbe des taux
01:04?
01:04Parce que c'est aussi ça la question, c'est le renchérissement du coût de la dette du trésor américain
01:09pose problème,
01:10comme il pose problème à la France, comme il pose problème à un grand nombre de pays aujourd'hui dans
01:14le monde du G10.
01:15Donc, il y a pas mal d'enjeux fiscaux et il y a également des enjeux de marché.
01:19Normalement, c'est la Banque centrale qui contrôle la courbe, c'est elle qui a justement l'armement nécessaire pour
01:24ce faire.
01:25Le trésor américain, lui, il est bien moins équipé pour y parvenir, la réponse ce soir.
01:32Florent Yelpo, l'actualité va nous amener en fin de semaine à l'ombre du massif montagneux du Grand Téton,
01:39puisque c'est la montagne qui est au-dessus de Jackson Hole, ça ne s'invente pas.
01:43Le Grand Téton.
01:44Le Grand Téton.
01:46Et c'est là que s'expriment évidemment les banquiers centraux et on attend beaucoup de l'intervention de Kevin
01:52Warsh.
01:53Malgré tout, est-ce qu'il peut dire quelque chose de significatif ou est-ce qu'il va devoir rester
01:57prudent ?
01:57On se souvient que sa première intervention lors de la première décision de politique monétaire de la Fed a laissé
02:02tout le monde un petit peu perplexe.
02:06Alors, c'est surtout l'écart entre la première et la deuxième qui finalement interroge le monde de l'investissement.
02:13La première était très offensive, la deuxième au contraire plus brouillonne, plus délicate à interpréter.
02:20L'enjeu de Jackson Hole, c'est ce qu'on appelle la forward guidance, c'est-à-dire le fait
02:26que le banquier central soit capable de donner de la visibilité
02:30pour permettre aux taux longs d'anticiper correctement la dynamique de la politique monétaire.
02:38C'est un principe contre lequel Warsh est opposé très clairement.
02:44Ça faisait partie justement de ses caractéristiques propres de banquier central.
02:49Warsh n'est pas Powell, il n'a pas envie de materner les marchés financiers et il a relâché la
02:55main des taux longs
02:57et a laissé les marchés mettre le prix en fait à ces taux longs en confrontant offre-demande.
03:03Manque de chance, l'offre relativement peu flexible et la demande est forte, notamment du côté de l'IA et
03:08également du côté des déficits publics.
03:10Donc la problématique est justement, est-ce qu'on observe, est-ce qu'on va être face à une vague
03:15d'entêtement,
03:15c'est-à-dire qu'on va rester positionné très fermement contre cette forward guidance, on n'y reviendra pas,
03:21ou est-ce qu'au contraire on peut lâcher un petit peu l'abri de ce principe-là, faire preuve
03:25de réalisme et reconnaître qu'aujourd'hui,
03:27il y a un problème fiscal, un problème budgétaire à gérer, mais il y a également un problème du coût
03:31de la dette.
03:32Quand le coût de la dette commence à se voir dans le budget de l'État, c'est qu'on
03:35a un problème et ça c'est le rôle du banquier central.
03:38– Mais on pourrait dire la même chose de la France, les taux français qui se retentent, d'ailleurs aujourd
03:41'hui le 10 ans est à 4,13,
03:43le 10 ans français, l'écart de taux avec l'Allemagne à l'instant 87 points de base.
03:47Cette tension sur la France qui s'est accrue, ça a été l'écart avec les autres pays européens aussi,
03:52est-ce que pour vous c'est dû à une prime de risque politique à l'approche de la présidentielle
03:55ou tout simplement le coût de refinancement qui augmente et du coup qui commence à se voir dans le budget
03:59et qui va se voir dans le budget à venir cet automne et mécaniquement les taux montent
04:03sans même tenir compte de la prime de risque à venir liée à cette campagne présidentielle
04:06où on voit que déjà des propositions baroques sur la dette sont en train d'émerger ?
04:11– C'est un petit peu, ce sera un mélange des deux.
04:14Les 87 points de base que vous citez, on peut très bien les comparer aux 80 points de base
04:20de la prime de terme américaine qui reflètent à peu près les mêmes facteurs,
04:23c'est-à-dire une sensibilité accrue justement au risque fiscal, au risque budgétaire
04:29dans un environnement où un grand nombre d'entreprises viennent drainer l'épargne existante.
04:34Il y a de l'épargne en Europe, progressivement, une fois qu'on a drainé le pool d'épargne américain,
04:39on se tourne vers là où il en reste, il en reste en Europe, il en reste en Suisse,
04:42il en reste en Grande-Bretagne et les grandes entreprises de l'IA viennent également drainer ce pool.
04:47Donc si vous voulez, il y a une sensibilité accrue au risque politique
04:51du fait de la pression que les entreprises américaines sont en train de créer
04:56sur le marché du financement global, de l'investissement.
05:00Donc on est face à une situation un peu paradoxale,
05:03c'est le monde privé qui accroît quelque part la pression sur les États
05:07et la sensibilité des marchés au dérapage du budget.
05:12Même problématique, même assessment, même conclusion,
05:16et imaginez quand même que ça restaure néanmoins le rendement attendu futur
05:20sur les obligations, c'est-à-dire que l'opportunité obligataire,
05:23elle est aussi là, elle est très importante.
05:26Florian Yelpo, merci de nous avoir accompagné.
05:28Florian Lombard-Rodier, IMW, elle vient peut-être concurrencer les actions.
05:31Certains se demandent même s'il ne vaut pas mieux investir dans les techs
05:34à travers leurs obligations, dans les rendements, dans les taux augmentent,
05:37plutôt qu'à travers les actions, en tout cas pour les hyperscalers.
05:39Bon, on aura l'occasion d'y revenir. Merci Florian.