00:01BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Ici en Europe, en tout cas, on a des signaux d'amélioration.
00:06Les PMI ont été publiés aujourd'hui et c'est leur rythme d'amélioration le plus important en 3 ans.
00:11Meilleure hausse, plus fort rebond des PMI en zone euro depuis 3 ans au mois de septembre.
00:15Léa Dauphas est avec nous, chef économiste pour TAC Economics.
00:18Bonjour Léa.
00:20Bonjour Guillaume.
00:20Les PMI, PMI composite, donc au-dessus des attentes à 53,1, donc vraiment en expansion.
00:25Comment l'expliquez-vous alors qu'on a des prix de l'essence qui sont repartis à la hausse depuis
00:28le début du mois ?
00:29Pourquoi cette embellie, Léa ?
00:31Alors oui, effectivement, c'est une vraie surprise qui est positive.
00:33En plus, elle est assez large.
00:34Les services sont à 53, la production manufacturière est un peu haut de 55 mois.
00:39Et ça serait en fait compatible avec 0,4% de croissance au troisième trimestre en zone euro.
00:43Donc la zone aborderait en fait le choc énergétique avec davantage de momentum que ce qu'on pensait.
00:48Après, il faut faire attention à ne pas extrapoler.
00:50On commence déjà à voir sur l'enquête les prix d'achat et de vente accélérés
00:54et la confiance des entreprises à 12 mois est en baisse.
00:57Et donc le scénario central, il reste très dépendant en fait de cette normalisation du conflit et des prix du
01:01pétrole.
01:02Et donc si ce choc dur, ça a été fait plutôt en début de mois.
01:06On a trois canaux, la perte de revenu réel des ménages, la compression des marges et davantage d'inflation.
01:11Donc derrière, une BCE qui resserre davantage.
01:13Ce dernier effet, il n'est évidemment pas dans le PMI.
01:16Donc je rehausserai clairement le diagnostic sur le T3, par contre beaucoup moins de celui sur 2027.
01:20Oui, voilà, perspective européenne des enjeux autour des prix de l'énergie,
01:24particulièrement pour nous, Européens, qui sommes tant dépendants.
01:26Alors figurez-vous, on est ensemble en direct.
01:28On va découvrir les images à New York depuis l'Assemblée Générale des Nations Unies
01:31d'un homme qui est en train de s'exprimer, cet homme à New York,
01:34qui est en train de parler là au micro devant les Nations Unies.
01:36C'est le président iranien.
01:39Il est sur place à New York.
01:40Il participe à cette Assemblée Générale de l'ONU,
01:43Massoud Pézechian, donc qui vient d'entamer son discours.
01:45Vous en découvrez les images en direct.
01:47Et évidemment, ce conflit iranien, il est au cœur aussi des grands enjeux de marché.
01:51Léa Dauface, il y a les États-Unis qui sont tentés de faire un petit peu
01:54comme certains pays émergents avec leurs terres rares.
01:57Je pense à l'Indonésie, je pense à un certain nombre d'autres,
02:00et notamment la Chine aussi.
02:02C'est-à-dire qu'il serait question qu'ils interdisent leurs exportations de diesel.
02:09Est-ce que c'est une menace géopolitique suffisamment crédible
02:13pour agiter les marchés ?
02:14Ou est-ce qu'il y a peut-être un petit peu de fanfaronnerie là-dedans ?
02:22Alors, on ne peut pas enlever la fanfaronnerie
02:23chez notre cher président américain.
02:26Mais sur cette histoire de diesel, il faut regarder les chiffres.
02:28Il montre que le problème, ce n'est pas simplement le pétrole.
02:31Ça va être le raffinage et les distillats.
02:33Les raffineries américaines, elles tournent déjà à 97% de leur capacité.
02:37Et elles produisent environ 5,1 millions de barils de distillats par jour.
02:40On est au niveau le plus élevé depuis 2019.
02:42Et pourtant, les stocks, ils sont 13% sous leur moyenne saisonnière
02:46des cinq dernières années.
02:47Pourquoi ? Vous le mentionnez tout à l'heure.
02:49Parce que les États-Unis compensent une partie du déficit mondial.
02:52Et ils exportaient encore environ 1,67 millions de barils par jour
02:56de distillats à mi-septembre.
02:57Donc, si l'administration américaine veut limiter ces exportations
03:00à très court terme, effectivement, vous pouvez remettre du diesel
03:03sur le marché américain, faire baisser les prix.
03:06Effectivement, avec 6 dollars le gallon ce mois-ci,
03:08à l'approche des mid-terms, c'est effectivement une logique
03:11qu'on peut comprendre de la part de l'administration américaine.
03:13Mais si on retire simultanément 1 à 1,5 million de barils potentiels
03:18d'un marché mondial déjà extrêmement tendu,
03:20le risque est vraiment l'effet boomerang.
03:22Les raffineries du Golfe, elles, elles sont conçues pour exporter.
03:24Si vous réduisez les débouchés et les marges,
03:27en fait, elles peuvent réduire leur run.
03:28Et donc là, on produit moins de diesel,
03:30mais aussi moins d'essence et de kérosène.
03:31Donc, on ne résout pas le déficit mondial de distillats.
03:33En fait, on le déplace avec une logique à court terme,
03:36mais pas à moyen terme.
03:37C'est une logique mondiale.
03:38Et bien sûr, pour l'Europe, un portatrice nette, c'est négatif.
03:41Et on en revient à ce qu'on disait sur les PMI.
03:43Oui, et tout cela participe à retendre les cours du pétrole,
03:46effectivement, alors que le président iranien
03:48est en train de s'exprimer devant les Nations Unies.
03:51Hier, Donald Trump a expliqué que,
03:52et on peut en découvrir à nouveau les images
03:54de Massoud Pézech,
03:55qui est depuis New York quand même le président iranien
03:57pour cette assemblée générale de l'ONU.
03:59Donald Trump, hier, a expliqué
04:00que jamais l'Iran n'aurait l'arme atomique.
04:02Mais les rumeurs continuent de circuler
04:04d'une possible rencontre entre les deux hommes
04:06à l'occasion, justement, de cette assemblée générale de l'ONU
04:08qui se tient toute la semaine à New York.
04:09Massoud Pézechian, donc, est en train de poursuivre son discours
04:12devant une trentaine de chefs d'État réunis
04:15aujourd'hui au siège de l'ONU.
04:17Demain, c'est Xi Jinping
04:18que Donald Trump accueillera à Washington.
04:20Il l'accueillera d'ailleurs en personne
04:21au pied de son avion à l'atterrissage.
04:23C'est assez rare.
04:24Qu'est-ce que vous attendez de cette rencontre
04:25très importante, bien sûr,
04:27entre les leaders des deux premières puissances mondiales ?
04:29L'une montante, la Chine,
04:30et puis l'autre qui tente de ne pas trop décliner
04:32ou de se maintenir, voire de se renforcer les États-Unis.
04:36Alors, surtout, il ne faut pas confondre
04:38trêve commerciale et détente stratégique.
04:40La rivalité chino-américaine,
04:41elle n'a pas disparu, elle s'est même énergie
04:43et elle va être présente encore pendant des décennies.
04:46Il y a un chiffre qui résume bien le paradoxe,
04:47c'est que malgré les tarifs américains,
04:49l'excédent commercial mondial chinois
04:51est en passe de dépasser 1 000 milliards de dollars
04:53pour la deuxième année consécutive.
04:55Donc, Washington n'a absolument pas cassé
04:57la puissance exportatrice chinoise
04:59et désormais, la compétition,
05:01vous le mentionnez avec ces questions d'export ban,
05:04c'est moins sur les tarifs que sur l'IA,
05:06les semi-conducteurs, les terres rares,
05:07les contrôles des chaînes de valeur stratégiques.
05:09Et c'est ça qui est un peu au menu
05:11des discussions préparatoires.
05:12Donc, demain, il y a trois choses à regarder.
05:14Un, cette prolongation de la trêve tarifaire,
05:16elle expire en novembre.
05:17Les garanties chinoises sur les terres rares,
05:19les éventuels garde-fous sur l'IA,
05:21même si à ce stade, je n'y crois pas beaucoup.
05:23Et il y a aussi des domaines où un accord est plus facile.
05:26La Chine, elle s'est engagée, côté américain,
05:28à acheter du soja américain.
05:30On a ici les exportations d'aviation.
05:32Mais par contre, il ne faut vraiment pas
05:33se tromper sur le fond.
05:34Ils ne cherchent absolument pas
05:35à mettre fin à leur rivalité.
05:37Ils cherchent plutôt à la rendre gérable.
05:39Et donc, on peut avoir une sorte
05:39de désescalade tactique demain,
05:41mais vraiment une fragmentation stratégique
05:43qui, elle, continue à s'approfondir.
05:44Oui, pour juste essayer de gagner du temps.
05:46Et d'ailleurs, on se rappelle qu'hier,
05:47les États-Unis ont signé avec le Danemark
05:49un accord pour renforcer leur présence
05:50au Groenland.
05:51Et ça aussi, c'est un enjeu pour les Américains
05:53face à la Chine, être présent au Groenland
05:55pour y exploiter davantage de terres rares,
05:57sécuriser surtout les routes arctiques.
05:59On voit les valeurs liées au Groenland,
06:01à Wall Street.
06:01Oui, parce qu'il y en a, côté Wall Street,
06:02qui continuent de progresser.
06:04Greenland Mines, par exemple,
06:06ou encore Greenland Energy,
06:08qui gagne ce titre, Greenland Energy,
06:1013% supplémentaire aujourd'hui.
06:11Merci beaucoup, Léa, de nous avoir accompagné.
06:13Léa Dauphaz pour TAC Economics.
06:15Le CAC 40 est en petite baisse,
06:16comme à Wall Street,
06:17où le Nasdaq même recule de plus de 1% aujourd'hui,
06:19moins 1,2%.