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  • il y a 8 minutes
Ce mercredi 23 septembre, Léa Dauphas, chef économiste chez TAC ECONOMICS, a abordé la progression de l'activité privée en septembre dans la zone euro et le projet d'interdiction des exportations de diesel américain par Donald Trump, ainsi que la préparation de l'accueil de Xi Jinping par Donald Trump, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:01BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Ici en Europe, en tout cas, on a des signaux d'amélioration.
00:06Les PMI ont été publiés aujourd'hui et c'est leur rythme d'amélioration le plus important en 3 ans.
00:11Meilleure hausse, plus fort rebond des PMI en zone euro depuis 3 ans au mois de septembre.
00:15Léa Dauphas est avec nous, chef économiste pour TAC Economics.
00:18Bonjour Léa.
00:20Bonjour Guillaume.
00:20Les PMI, PMI composite, donc au-dessus des attentes à 53,1, donc vraiment en expansion.
00:25Comment l'expliquez-vous alors qu'on a des prix de l'essence qui sont repartis à la hausse depuis
00:28le début du mois ?
00:29Pourquoi cette embellie, Léa ?
00:31Alors oui, effectivement, c'est une vraie surprise qui est positive.
00:33En plus, elle est assez large.
00:34Les services sont à 53, la production manufacturière est un peu haut de 55 mois.
00:39Et ça serait en fait compatible avec 0,4% de croissance au troisième trimestre en zone euro.
00:43Donc la zone aborderait en fait le choc énergétique avec davantage de momentum que ce qu'on pensait.
00:48Après, il faut faire attention à ne pas extrapoler.
00:50On commence déjà à voir sur l'enquête les prix d'achat et de vente accélérés
00:54et la confiance des entreprises à 12 mois est en baisse.
00:57Et donc le scénario central, il reste très dépendant en fait de cette normalisation du conflit et des prix du
01:01pétrole.
01:02Et donc si ce choc dur, ça a été fait plutôt en début de mois.
01:06On a trois canaux, la perte de revenu réel des ménages, la compression des marges et davantage d'inflation.
01:11Donc derrière, une BCE qui resserre davantage.
01:13Ce dernier effet, il n'est évidemment pas dans le PMI.
01:16Donc je rehausserai clairement le diagnostic sur le T3, par contre beaucoup moins de celui sur 2027.
01:20Oui, voilà, perspective européenne des enjeux autour des prix de l'énergie,
01:24particulièrement pour nous, Européens, qui sommes tant dépendants.
01:26Alors figurez-vous, on est ensemble en direct.
01:28On va découvrir les images à New York depuis l'Assemblée Générale des Nations Unies
01:31d'un homme qui est en train de s'exprimer, cet homme à New York,
01:34qui est en train de parler là au micro devant les Nations Unies.
01:36C'est le président iranien.
01:39Il est sur place à New York.
01:40Il participe à cette Assemblée Générale de l'ONU,
01:43Massoud Pézechian, donc qui vient d'entamer son discours.
01:45Vous en découvrez les images en direct.
01:47Et évidemment, ce conflit iranien, il est au cœur aussi des grands enjeux de marché.
01:51Léa Dauface, il y a les États-Unis qui sont tentés de faire un petit peu
01:54comme certains pays émergents avec leurs terres rares.
01:57Je pense à l'Indonésie, je pense à un certain nombre d'autres,
02:00et notamment la Chine aussi.
02:02C'est-à-dire qu'il serait question qu'ils interdisent leurs exportations de diesel.
02:09Est-ce que c'est une menace géopolitique suffisamment crédible
02:13pour agiter les marchés ?
02:14Ou est-ce qu'il y a peut-être un petit peu de fanfaronnerie là-dedans ?
02:22Alors, on ne peut pas enlever la fanfaronnerie
02:23chez notre cher président américain.
02:26Mais sur cette histoire de diesel, il faut regarder les chiffres.
02:28Il montre que le problème, ce n'est pas simplement le pétrole.
02:31Ça va être le raffinage et les distillats.
02:33Les raffineries américaines, elles tournent déjà à 97% de leur capacité.
02:37Et elles produisent environ 5,1 millions de barils de distillats par jour.
02:40On est au niveau le plus élevé depuis 2019.
02:42Et pourtant, les stocks, ils sont 13% sous leur moyenne saisonnière
02:46des cinq dernières années.
02:47Pourquoi ? Vous le mentionnez tout à l'heure.
02:49Parce que les États-Unis compensent une partie du déficit mondial.
02:52Et ils exportaient encore environ 1,67 millions de barils par jour
02:56de distillats à mi-septembre.
02:57Donc, si l'administration américaine veut limiter ces exportations
03:00à très court terme, effectivement, vous pouvez remettre du diesel
03:03sur le marché américain, faire baisser les prix.
03:06Effectivement, avec 6 dollars le gallon ce mois-ci,
03:08à l'approche des mid-terms, c'est effectivement une logique
03:11qu'on peut comprendre de la part de l'administration américaine.
03:13Mais si on retire simultanément 1 à 1,5 million de barils potentiels
03:18d'un marché mondial déjà extrêmement tendu,
03:20le risque est vraiment l'effet boomerang.
03:22Les raffineries du Golfe, elles, elles sont conçues pour exporter.
03:24Si vous réduisez les débouchés et les marges,
03:27en fait, elles peuvent réduire leur run.
03:28Et donc là, on produit moins de diesel,
03:30mais aussi moins d'essence et de kérosène.
03:31Donc, on ne résout pas le déficit mondial de distillats.
03:33En fait, on le déplace avec une logique à court terme,
03:36mais pas à moyen terme.
03:37C'est une logique mondiale.
03:38Et bien sûr, pour l'Europe, un portatrice nette, c'est négatif.
03:41Et on en revient à ce qu'on disait sur les PMI.
03:43Oui, et tout cela participe à retendre les cours du pétrole,
03:46effectivement, alors que le président iranien
03:48est en train de s'exprimer devant les Nations Unies.
03:51Hier, Donald Trump a expliqué que,
03:52et on peut en découvrir à nouveau les images
03:54de Massoud Pézech,
03:55qui est depuis New York quand même le président iranien
03:57pour cette assemblée générale de l'ONU.
03:59Donald Trump, hier, a expliqué
04:00que jamais l'Iran n'aurait l'arme atomique.
04:02Mais les rumeurs continuent de circuler
04:04d'une possible rencontre entre les deux hommes
04:06à l'occasion, justement, de cette assemblée générale de l'ONU
04:08qui se tient toute la semaine à New York.
04:09Massoud Pézechian, donc, est en train de poursuivre son discours
04:12devant une trentaine de chefs d'État réunis
04:15aujourd'hui au siège de l'ONU.
04:17Demain, c'est Xi Jinping
04:18que Donald Trump accueillera à Washington.
04:20Il l'accueillera d'ailleurs en personne
04:21au pied de son avion à l'atterrissage.
04:23C'est assez rare.
04:24Qu'est-ce que vous attendez de cette rencontre
04:25très importante, bien sûr,
04:27entre les leaders des deux premières puissances mondiales ?
04:29L'une montante, la Chine,
04:30et puis l'autre qui tente de ne pas trop décliner
04:32ou de se maintenir, voire de se renforcer les États-Unis.
04:36Alors, surtout, il ne faut pas confondre
04:38trêve commerciale et détente stratégique.
04:40La rivalité chino-américaine,
04:41elle n'a pas disparu, elle s'est même énergie
04:43et elle va être présente encore pendant des décennies.
04:46Il y a un chiffre qui résume bien le paradoxe,
04:47c'est que malgré les tarifs américains,
04:49l'excédent commercial mondial chinois
04:51est en passe de dépasser 1 000 milliards de dollars
04:53pour la deuxième année consécutive.
04:55Donc, Washington n'a absolument pas cassé
04:57la puissance exportatrice chinoise
04:59et désormais, la compétition,
05:01vous le mentionnez avec ces questions d'export ban,
05:04c'est moins sur les tarifs que sur l'IA,
05:06les semi-conducteurs, les terres rares,
05:07les contrôles des chaînes de valeur stratégiques.
05:09Et c'est ça qui est un peu au menu
05:11des discussions préparatoires.
05:12Donc, demain, il y a trois choses à regarder.
05:14Un, cette prolongation de la trêve tarifaire,
05:16elle expire en novembre.
05:17Les garanties chinoises sur les terres rares,
05:19les éventuels garde-fous sur l'IA,
05:21même si à ce stade, je n'y crois pas beaucoup.
05:23Et il y a aussi des domaines où un accord est plus facile.
05:26La Chine, elle s'est engagée, côté américain,
05:28à acheter du soja américain.
05:30On a ici les exportations d'aviation.
05:32Mais par contre, il ne faut vraiment pas
05:33se tromper sur le fond.
05:34Ils ne cherchent absolument pas
05:35à mettre fin à leur rivalité.
05:37Ils cherchent plutôt à la rendre gérable.
05:39Et donc, on peut avoir une sorte
05:39de désescalade tactique demain,
05:41mais vraiment une fragmentation stratégique
05:43qui, elle, continue à s'approfondir.
05:44Oui, pour juste essayer de gagner du temps.
05:46Et d'ailleurs, on se rappelle qu'hier,
05:47les États-Unis ont signé avec le Danemark
05:49un accord pour renforcer leur présence
05:50au Groenland.
05:51Et ça aussi, c'est un enjeu pour les Américains
05:53face à la Chine, être présent au Groenland
05:55pour y exploiter davantage de terres rares,
05:57sécuriser surtout les routes arctiques.
05:59On voit les valeurs liées au Groenland,
06:01à Wall Street.
06:01Oui, parce qu'il y en a, côté Wall Street,
06:02qui continuent de progresser.
06:04Greenland Mines, par exemple,
06:06ou encore Greenland Energy,
06:08qui gagne ce titre, Greenland Energy,
06:1013% supplémentaire aujourd'hui.
06:11Merci beaucoup, Léa, de nous avoir accompagné.
06:13Léa Dauphaz pour TAC Economics.
06:15Le CAC 40 est en petite baisse,
06:16comme à Wall Street,
06:17où le Nasdaq même recule de plus de 1% aujourd'hui,
06:19moins 1,2%.

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