00:01BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Demain, les mid-termes aux Etats-Unis.
00:06Les Américains sont appelés à voter.
00:07Bastien Dru, économiste pour CPRAM, nous rejoint.
00:09Bonjour Bastien.
00:10Bonjour.
00:11Bon, il y a plein de scénarios, mais en gros, on s'attend à ce que la Chambre des représentants
00:14soit dans le camp démocrate à l'issue de ces mid-termes.
00:16Et il y a un enjeu sur le Sénat.
00:18Peut-être que les démocrates pourraient-ils aussi remporter le Sénat.
00:20Quels seraient les impacts macroéconomiques des différents scénarios ?
00:24Oui.
00:25Alors pour le Sénat, effectivement, c'est beaucoup plus tangent que pour la Chambre des représentants
00:28parce que ça va se louer dans un petit nombre de courses et peut-être, par exemple, au Texas.
00:34Alors qu'est-ce qu'on peut en attendre sur le plan macro ?
00:36Eh bien justement, en réalité, pas grand-chose.
00:38Parce que si les démocrates capturent l'une des deux chambres ou les deux chambres,
00:43on sera dans une situation de cohabitation.
00:46Et généralement, dans les phases de cohabitation,
00:48quand le président est d'une couleur politique et que le Congrès est d'une autre couleur politique,
00:53finalement, il ne se passe pas grand-chose.
00:55Il ne peut pas y avoir de changement de fiscalité.
00:58Il ne peut pas y avoir de changement, finalement, dans les dépenses publiques.
01:01Et on est un peu bloqué sur les situations budgétaires.
01:04Donc de ce point de vue-là, il ne devrait pas se passer grand-chose.
01:07En revanche, on peut s'attendre à deux choses.
01:10On peut s'attendre à des affrontements peut-être difficiles sur des sujets comme le plafond de la dette.
01:16C'est un sujet qui est un peu un marronnier politique aux États-Unis.
01:22Et on devrait avoir une situation qui devrait être de nouveau bloquée, peut-être sur le premier trimestre 2027,
01:30peut-être un tout petit peu après.
01:32Donc là, les négociations seront vraiment âpres, probablement, entre les démocrates et les républicains.
01:37Et on pourrait également avoir aussi des problèmes du type shutdown qui pourraient revenir.
01:41Ça, c'est la première chose.
01:42La deuxième chose, c'est un président Trump qui va se recroqueviller sur les pouvoirs qui lui restent.
01:48Donc une concentration sur les executive orders, une concentration sur tout ce qui est relatif aux militaires.
01:54Et on peut penser, évidemment, à l'Iran.
01:56Et puis peut-être un retour des sujets commerciaux.
02:00Parce que finalement, il a quand même l'autorité pour agir sur les droits de douane.
02:05Donc c'est un sujet qui pourrait revenir sur les mois qui arrivent.
02:08Est-ce que le fait que Wall Street sorte d'une phase baissière un peu plus prononcée,
02:12le Nasdaq, quand même, vient de vivre en octobre son pire mois en plus d'un an,
02:15est-ce que tout ça pourrait impacter l'humeur des électeurs là-bas,
02:18comme le prix du gallon d'essence, par exemple, qui monte et qui aussi impacte sans doute le résultat à
02:22venir de ces 1000 termes ?
02:24Alors, c'est une bonne question.
02:26Ce qu'on peut constater, c'est que sur le dernier siècle, quand il y a des élections présidentielles aux
02:30États-Unis,
02:31le S&P 500 a désigné 20 fois sur 24 le vainqueur de la présidentielle,
02:37avec une règle simple, si le S&P 500 a progressé sur les trois mois qui précèdent l'élection,
02:42le président sortant est réélu.
02:44Et si le S&P 500 a baissé, le président sortant, finalement, perd les élections.
02:50Alors, ça nous indique qu'il peut y avoir une relation.
02:54Néanmoins, on peut appliquer quand même quelques bémols,
02:56parce que cette relation, finalement, déjà sur la présidentielle,
02:59elle n'a pas marché en 2020 et en 2024.
03:00Puis ensuite, là, on ne parle pas d'une élection présidentielle,
03:03on parle des mid-terms.
03:04Et généralement, sur les mid-terms, tout simplement,
03:06le président, en fonction, perd les mid-terms.
03:10Et ce qui joue très probablement, c'est ici beaucoup plus le prix de l'essence,
03:17les prix à la pompe, que l'évolution de la bourse.
03:21Et puis, finalement, sur les trois derniers mois,
03:24le S&P 500, une performance qui n'est pas du tout négative,
03:27sur les trois derniers mois, le S&P 500 a gagné 2%.
03:31Donc, ça serait même presque un argument en faveur de Trump
03:35si on devait le prendre en compte.
03:37Bastien, la petite surprise du week-end, c'est quand même l'agence Fitch
03:40qui abaisse sa perspective de surveillance de la note de dette française.
03:45Pas sa note, mais la perspective.
03:47Elle passe de stable à négative.
03:49On a beaucoup parlé du rôle des hedge funds,
03:52des fonds d'arbitrage autour de la dette française.
03:56Qu'est-ce qu'il en est ? Quel est votre sentiment sur ce qui vient de se passer ?
04:00Déjà, sur les agences, on a Fitch qui continue à attribuer la note A+,
04:06avec une perspective négative, tout comme finalement S&P
04:09qui met une note A+, à la France, avec une perspective stable cette fois-ci.
04:14Chez Moody's, on a une note qui est AA3,
04:17qui est l'équivalent de AA-, finalement, avec une perspective négative.
04:20Donc, clairement, les agences de notation sont très attentives
04:25à la situation, à la trajectoire budgétaire française.
04:28Mais ça, finalement, ce n'est pas quelque chose qui est vraiment nouveau.
04:31Après, sur votre question sur les hedge funds,
04:33comme l'indiquait le dernier rapport de stabilité financière de la Banque de France en juin,
04:37c'est très difficile d'avoir des données fiables de détention
04:40des titres obligataires français de la part des hedge funds.
04:45Mais les chiffres dont on entend parler, notamment, que sont invoqués par le FMI,
04:50c'est plutôt aux alentours de plusieurs dizaines de milliards d'euros.
04:54Sur une dette dont l'encours fait 3300 milliards d'euros,
04:58c'est quand même quelque chose qui paraît marginal.
05:00Mais ce qui est quand même intéressant dans tout ce contexte,
05:03c'est que le niveau des taux français actuellement,
05:06on a un taux de 10 ans français qui est aux alentours de 5%,
05:09mais finalement, attire quand même de nouveaux investisseurs.
05:12et c'est pour ça que nous, on reste constructifs sur la dette de l'État français.
05:16Oui, et les dernières adjudications ont été sous-scrites les toutes dernières trois fois,
05:19ce qui est quand même pas rien.
05:20Alors on a une hausse à nouveau de la demande sur les obligations françaises,
05:23effectivement, ce qui, ça, est pour le coup un signal plus encourageant.
05:25Merci beaucoup Bastien de nous avoir accompagnés.
05:27Bastien Dru pour CPRM.
05:28Le CAC 40 gagne 1%, le Nasdaq gagne 1,3%.
05:31Pourah épixa un délauble plus 15 ans.
05:32Pour thinking.