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Ce lundi 21 septembre, Christian Parisot, économiste et conseiller auprès de Aurel BGC et Alexandre Baradez, chef analyste chez IG France, étaient les invités de l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:03Ce soir, nos experts, Christian Parizeau, économiste, conseiller auprès d'Aurel BGC, Al Thaïr Economics.
00:09Bonsoir Christian.
00:10Et Alexandre Baradez, directeur de la stratégie d'IG.
00:12Bonsoir Alexandre.
00:13Bonsoir Guillaume.
00:13Ravi de vous retrouver.
00:14Quatrième baisse d'affilée du pétrole.
00:16Donald Trump serait disposé, probablement, dit-il, à rencontrer son homologue iranien.
00:20Alors, vous imaginez les images.
00:22Non mais, on a déjà eu à droit Donald Trump et Kim Jong-un.
00:25Pourquoi pas Donald Trump et le président iranien, après tout.
00:27puisque l'Assemblée Générale de l'ONU a lieu cette semaine.
00:29Et cette rencontre pourrait avoir lieu à New York, dans le cadre de l'Assemblée Générale de l'ONU.
00:33Est-ce que ce serait un vrai tournant ?
00:35Juste une photo, Alexandre.
00:36Je pense que Donald Trump est prêt à dire auprès de tout ce que le marché veut entendre sur le
00:40front de l'énergie
00:40pour détendre les prix.
00:42Et si ça doit passer par « je vais rencontrer le président iranien », ça passera par là.
00:46Ce sera une déclaration de plus, comme celle qu'on a beaucoup entendu depuis le début du conflit.
00:50Après, c'est sûr que mieux vaut se rencontrer que ne pas se rencontrer.
00:53Mais il est clair que les États-Unis, surtout à quelques semaines des mi-termes,
00:56ont un problème avec les coûts de l'énergie qu'on a en Europe,
00:58comme la plupart des économies occidentales en ont.
01:01Donc je dirais que c'est de la communication à bas coût,
01:04et qui effectivement a une influence sur les coûts du pétrole, on le voit.
01:06Et ce qui est le plus important d'un point de vue d'analyse,
01:09c'est qu'on voit que le pétrole, c'est la pierre angulaire de toutes les réactions de marché depuis
01:13plusieurs mois.
01:14Ça influence les taux.
01:16Les taux qui grimpent plus rapidement pour la France,
01:19c'est un risque plus important pour le budget.
01:21Donc les spreads s'écartent avec l'Allemagne.
01:23Enfin, ça a des répercussions sur absolument tout.
01:25Sur le climat social également.
01:27Et donc, les États-Unis sont aussi pris dans cette flambée des prix,
01:31même si ça bouge beaucoup moins sur les prix du gaz chez eux,
01:33parce que plus autonome de ce côté-là.
01:35Mais le prix du pétrole et le diesel, notamment, impactent très largement les consommateurs.
01:39Et c'est ce qu'ils ressortent dans les enquêtes.
01:40La dernière qu'on a eue il y a quelques jours, celle de l'Université du Michigan,
01:43sur la confiance des consommateurs,
01:44on touche des niveaux de confiance qui sont absolument incroyables en bas,
01:47qui sont sur les mêmes niveaux que la crise des subprimes ou la crise Covid, par exemple.
01:51Alors même que l'emploi, le taux de chômage est à 4,1%,
01:54que l'économie est plutôt robuste, résiliente.
01:57Mais le sentiment chez les consommateurs, en tout cas une partie d'entre eux,
02:00c'est qu'effectivement, ils subissent de plein fouet cette hausse des prix.
02:03Et avec une baisse aussi du salaire réel aux États-Unis.
02:06Ça, c'est une réalité depuis quelques mois.
02:08L'inflation étant plus persistante,
02:09les salaires ne réaccélérant pas aux États-Unis,
02:12mais vous avez des salaires réels qui, depuis quelques mois, sont négatifs.
02:14Donc oui, il y a des tableaux comme ça, où on comprend les intentions de Donald Trump.
02:17Mais la question, c'est l'arrêt du terrain, c'est Babel Mandeb,
02:20c'est des droits d'Hormuz, et ça, c'est le vrai sujet pour l'Amérique.
02:22Le prix du diesel aujourd'hui, nouveau record aux États-Unis,
02:24on est à 6,50$ le galon aujourd'hui.
02:26Ça y est, on franchit la barre de 6,50$ le galon.
02:29Bon, en tout cas, Donald Trump essaie de calmer les choses,
02:30en expliquant pourquoi pas rencontrer son homologue iranien cette semaine, à suivre.
02:35On a des autorités américaines aussi qui nous disent que,
02:38non, non, mais il y a beaucoup plus de pétrole qu'on pense qui passe par Hormuz,
02:40parce que les navires escortés par les Américains éteignent leur transpondeur.
02:44Donc c'est pour ça qu'on n'en voit pas beaucoup sur les cartes,
02:46les images satellites qu'on voit, mais en fait, il y a beaucoup plus de navires,
02:49disent les Américains, qui transitent par Hormuz que ce qu'on veut bien croire.
02:52C'est pour cela que le pétrole ne flambe pas plus.
02:55Enfin, on n'en sait rien en réalité, mais ça veut dire que c'est vraiment le nerf de la
02:59guerre.
02:59Voilà, c'est le terme, c'est le nerf de la guerre, Christian,
03:01et ça le reste en ce mois de septembre.
03:02Oui, mais après, s'il y a autant de pétrole qui arrive,
03:05pourquoi les stocks stratégiques américains se replient aussi vite ?
03:08C'est tout simplement ça que je pose comme question.
03:11Parce qu'aujourd'hui, pour être honnête, vous avez un déséquilibre.
03:14Vous avez une offre qui est inférieure à la demande.
03:18Et ce qui compense réellement dans tous les déblocages de stocks pétroliers aujourd'hui,
03:24c'est les stocks stratégiques américains.
03:25Et aujourd'hui, on est sur des stocks qui continuent de se contracter rapidement,
03:30avec une baisse assez importante aux États-Unis.
03:32Donc ça montre bien que le marché n'est pas équilibré.
03:35Alors après, je sais qu'ils veulent nous dire que tout va très bien,
03:38qu'on s'amuse à se faire peur.
03:40Mais dans la réalité, moi, c'est ça que je regarde.
03:42C'est où on est, le niveau des stocks.
03:43Et c'est ça qui fait qu'on va tenir ou pas longtemps,
03:45ou si on va avoir un scénario de pénurie, si on devait persister.
03:49Et puis, donc ça, c'est un premier point, tout bêtement.
03:52Donc, regardez les stocks.
03:53En France, sur la question des pénuries,
03:54le gouvernement dit qu'il n'y a pas de risque de pénurie dans les deux mois.
03:57Non.
03:57C'est pas long, deux mois.
03:58Alors, deuxième chose, c'est là aussi qu'il faut regarder de très près.
04:01Le problème n'est pas sur le brut.
04:03Le problème est sur les produits distillés.
04:05Et c'est là, aujourd'hui, on a un vrai problème parce qu'entre la Russie
04:08qui n'exporte plus de produits distillés,
04:11entre les tensions que l'on a aujourd'hui, par exemple, la Chine,
04:14si elle a du mal à acheter du brut,
04:15ne va pas laisser ses raffineurs exporter du produit distillé.
04:18En gros, vous aviez trois pays qui étaient excédentaires
04:21et qui fournissaient tout le monde.
04:22C'était la Russie, l'Inde et la Chine.
04:25Bon, la Chine va garder son pétrole brut.
04:27Et d'ailleurs, les achats chinois ont baissé.
04:28Tout le monde s'est réjoui.
04:29Mais c'est pas que l'économie chinoise consomme beaucoup moins de pétrole.
04:31C'est que l'économie chinoise n'exporte plus de produits raffinés.
04:35Donc, elle n'importe plus ce qu'elle exportait en produits raffinés.
04:38Mais pour elle, elle l'a gardé.
04:40Donc, c'est un faux débat de voir la Chine qui réduit sa consommation.
04:43C'est juste qu'aujourd'hui, on est dans une pénurie.
04:45Et ça, c'est beaucoup plus inquiétant.
04:47Parce que même si on avait une solution au Détroit d'Hormuz,
04:52il y a certains produits raffinés qui vont mettre beaucoup de temps
04:55à vraiment reculer.
04:57à moins qu'il faut résoudre le problème des raffineries russes.
04:59Il faut augmenter la production en Europe.
05:03Ce qui est un gros problème.
05:04Ça ne se fait pas du jour au lendemain.
05:05Donc, on est quand même sur des choses qui vont perdurer.
05:08Le gaz.
05:09On a bien compris que le gaz, c'est peut-être un problème
05:11qui va durer un an, deux ans.
05:13Quand on est sur des niveaux de stock trop bas actuellement.
05:15Et le Qatar n'en exporte plus.
05:17Et le Qatar, oui.
05:18Mais parce que le Qatar a des destructions.
05:19Donc, ce n'est pas quelque chose que le Détroit d'Hormuz.
05:22Ce n'est pas seulement maintenant un problème de fermeture du Détroit.
05:24Il y a réparé aussi.
05:25Voilà.
05:26Et ce qui est intéressant, c'est de regarder la différence de prix aujourd'hui
05:29entre si je veux prendre un pétrolier qui me livre immédiatement
05:33et le prix sur les futurs.
05:35Parce que les prix sur les futurs intègrent toujours l'idée
05:38que le Détroit d'Hormuz peut être réouvert.
05:40Et donc, du coup, on se dit, on ne va pas parier très fortement
05:43sur un pétrole à 150 dollars.
05:45Parce que demain, il y a Trump justement qui va rencontrer son homologue iranien.
05:48Et puis, ils vont se serrer la main et tout sera réglé.
05:50Je ne suis pas convaincu, mais en tout cas, on est dans cette idée-là.
05:53Donc, c'est très dur de parier sur un pétrole à 150 dollars.
05:56Par contre, sur votre prix spot, lorsque vous devez aller être livré
06:01et avoir vraiment le pétrole, c'est là que vous voyez les vraies tensions.
06:03Et là, on est quand même sur des spreads qui sont des fois de 35 dollars,
06:0640 dollars de différence par rapport au prix à trois mois ou au prix futur.
06:11Donc, ça montre bien qu'il y a quand même un vrai problème de pénurie,
06:13un vrai problème de tension.
06:14Et que seuls les stocks américains, pour l'instant, stratégiques, le comblent.
06:18Mais on est quand même sur quelque chose de très déséquilibré.
06:20En tout cas, aujourd'hui, on a une détente des cours du pétrole.
06:22Quatrième jour d'affilée de détente des cours.
06:24100 dollars le Brent, ça permet au CAC 40 de gagner 1%.
06:26Où au Srit aussi, on profite un petit peu.
06:28Sauf que, déjà, on n'est pas sorti de l'auberge sur le pétrole,
06:30vous l'expliquez l'un et l'autre.
06:31Mais il s'ajoute les coûts du fret maritime.
06:33On rallonge les routes.
06:34On passe de plus en plus par le cap de Bonne Espérance.
06:37Et tout cela, effectivement, a un impact.
06:39C'est Bloomberg qui nous dit que le coût de location de Super Tanker,
06:42à l'échelle mondiale, ce coût de location en une semaine a doublé.
06:45On est passé de 300 000 dollars pour louer à la journée un Super Tanker
06:48à 300 000 dollars à 650 000 dollars.
06:50En à peine une semaine.
06:51Et dans la région d'Ormouz, on est même à 1 million de dollars.
06:53Il y a plusieurs éléments.
06:54Il y a quand même aussi les sanctions qu'ont mis en place les Américains
06:57contre la flotte fantôme russe.
06:58qui exclut une partie, parce que cette flotte fantôme était illégale,
07:03mais certains pays n'appliquaient pas les sanctions.
07:07Et on est sur, naturellement, à peu près 15% de la flotte pétrolière
07:12qui est bloquée dans le détroit d'Ormouz actuellement.
07:14Donc il y a déjà moins de navires.
07:16Des navires qui font des rotations beaucoup plus faibles,
07:18parce que si le temps de livraison est en montée,
07:20forcément vous avez un problème.
07:21Et le gros problème, c'est naturellement maintenant avec le Yémen
07:24qui bloque un passage essentiel aussi qu'on pouvait utiliser.
07:28Donc ça rallonge le temps.
07:30Et naturellement, toutes ces sanctions internationales.
07:33Donc tout ça, mis bout à bout,
07:34fait qu'on a vraiment des tensions aussi sur le coût du navire,
07:38les coûts d'assurance aussi qui ont beaucoup monté.
07:41Donc tout ça, mis à bout, ça explique en grande partie ce coût du fret.
07:43Bon, c'est dans ce contexte, on parlera d'entreprise, bien sûr,
07:45de secteur dans un instant, mais c'est dans ce contexte
07:47que Donald Trump et Xi Jinping, eux, vont bien se rencontrer.
07:49Ça, on en est sûr, c'est bien inscrit dans le calendrier.
07:51Ce sera jeudi, visite d'État de Xi Jinping.
07:53La première rencontre en trois ans entre Donald Trump et Xi Jinping.
07:56Bon, sur le sol américain en plus.
07:58Est-ce qu'il faut attendre de véritables avancées ?
08:00Est-ce que ce sera, au contraire, l'occasion de geler les positions,
08:03constater les désaccords, notamment sur l'intelligence artificielle ?
08:06Comment vous attendez cette rencontre de jeudi, Alexandre ?
08:09Déjà, il y a des sources qui indiquent que la trêve commerciale
08:12serait prolongée de six mois supplémentaires en préambule de cette visite.
08:17Donc ça, c'est aussi une manière pour Trump de calmer un petit peu
08:19les marchés, ou en tout cas le sentiment par rapport à cette administration.
08:23Oui, mais les sujets sont nombreux parce qu'on parlera forcément de terres rares,
08:26on parlera d'IA, et on voit que d'ailleurs la décision,
08:29enfin la communication très coordonnée entre les patrons de l'IA aux Etats-Unis,
08:32que ce soit celui d'Antropique, avec Elon Musk qui a bondé,
08:36et j'oublie le nom du troisième.
08:38Cette déclaration coordonnée, elle a plusieurs buts en fait.
08:41La première, c'est effectivement de dire,
08:42nous on va faire une IA assez safe, sous-entendu contrairement aux IA chinoises,
08:46qui sont totalement débridées, donc protégeons vite nos IA.
08:50Il y avait un sujet aussi, probablement, de calmer un peu l'aspect un peu social
08:55ou sociétal de l'IA aux Etats-Unis, via les data centers,
08:58cette rue un peu sauvage comme ça des data centers,
09:00les implantations un peu féroces comme ça à tous les Etats,
09:03qui créent une espèce de mécontentement de la population.
09:06Et puis le troisième point, et c'est celui que moi le vois le plus
09:08d'un point de vue marché, c'est est-ce que derrière ces communications
09:11des patrons de l'IA, ne se cachaient pas une volonté aussi
09:14un petit peu de réduire la cadence des CAPEX,
09:15mais de manière un peu coordonnée, où chacun continue d'investir,
09:18mais où les incissements sont tellement titanesques
09:21par rapport à ce qu'on avait il y a encore 4-5 ans,
09:23que la soutenabilité se pose probablement chez certains d'entre eux.
09:26Et est-ce qu'on n'est pas là des débuts de...
09:28Alors, vous me direz quel rapport avec la Chine ?
09:30Effectivement, je ne vois pas là-dedans...
09:31J'étais sur le tapis rouge de Xi Jinping descendant de son avion
09:34accueilli à l'aéroport par Donald Trump.
09:36Je dis, c'est quand même exceptionnel, Donald Trump n'accueille jamais
09:38sur le tarmac, là il le fera, et puis vous nous emmenez
09:40dans des sphères...
09:41Parce que c'est des discussions stratégiques, c'est-à-dire que c'est toute...
09:44La Chine est un grand concurrent des Etats-Unis,
09:48très intéressante, de voir comment la Chine voit
09:50cet aspect-là, alors que Trump lui-même
09:52dit, en gros, c'est un hoax,
09:54en gros, c'est un écran
09:56de fumée, cette question des...
09:58Voilà, donc lui-même n'y croit pas, parce qu'il a
10:00bien aussi conscience que si ça ralentit au niveau de l'IA,
10:03le poids dans le PIB des investissements
10:05dans l'IA depuis quelques années maintenant
10:06est très important, et ne peut pas se permettre
10:08d'avoir un ralentissement, en fait, un des investissements
10:10aux Etats-Unis.
10:11Voilà, Chris, qui nous interrompt, qui surgit,
10:14notre réalisateur fétiche en régie,
10:16il suit ces débats, puisque c'est lui qui réalise cette émission
10:1817h10, il a envie de vous interroger apparemment.
10:22Salut, Chris !
10:23Bonsoir à tous !
10:24Salut !
10:24Messieurs les clubeurs, réguler l'IA
10:26marche forcée ou la laisser pousser en roue libre ?
10:29Qu'est-ce qui rassurerait le plus les marchés ?
10:31Christian ?
10:33Alors, bonne question.
10:34Alors, la laisser...
10:36Je dirais qu'il n'y a qu'une seule chose qui intéresse
10:38les marchés, c'est à partir de quand je vais avoir
10:40un retour sur investissement.
10:41Donc, trop de régulation, ça tuerait la rapidité
10:45à laquelle je vais avoir un retour, parce que la régulation
10:47va freiner le développement de l'IA, mais aucune régulation,
10:49ça veut dire que les entreprises ne peuvent pas déployer l'IA.
10:52Donc, ça pose aussi un problème, parce que si je vous donne
10:55la main à un agent qui va gérer votre entreprise
10:58et qui fait n'importe quoi, et qui coule votre principal
11:03partenaire commercial, bon, vous êtes en risque juridique,
11:06vous êtes en risque déontologique, donc ça pose problème aussi.
11:08Donc, je dirais que c'est de mettre quelque chose
11:11qui est un peu au milieu.
11:12Mais le fait, aujourd'hui, de dire qu'il y a un vrai problème
11:16juridique autour de l'IA, il y a un vrai problème,
11:18un risque exécution de l'IA, là, c'est quand même
11:21quelque chose qui peut quand même, elle doit être appréhendée.
11:25Donc, c'est quelque chose qui peut retarder
11:27le retour sur investissement.
11:28Donc, il faut juste partir, c'est une question de temps.
11:30C'est, est-ce que cette réglementation rassure et permet
11:34vraiment de développer l'IA et rapidement d'avoir
11:36des retours sur investissement, ou si c'est un vrai frein,
11:38ça sera ça qui fera réagir les marchés, à mon avis.
11:40Oui, est-ce qu'on peut imaginer l'IA continuer de se développer,
11:43mais au ralenti, sans que ça passe par un énorme trou d'air boursier ?
11:46Si on ralentit l'IA, si l'on encadre, est-ce que ça passera forcément
11:49par un énorme trou d'air, voire pourquoi pas, vu les montants en jeu,
11:51par un krach, Alexandre ?
11:53Justement, moi, je pense que ce serait très bien, effectivement,
11:55qu'il y ait quelques épisodes comme ça de modération de cet appétit,
12:00parce que ce que l'histoire américaine nous montre,
12:02depuis trois décennies, c'est qu'on a eu trois grosses bulles, en fait.
12:06Il y a eu, on se souvient de deux d'entre elles, mais une un peu moins,
12:09mais qui était pourtant bien là.
12:10La première, c'était la grosse bulle internet, totalement débridée,
12:13on laisse faire le marché absolument ce qu'il veut,
12:14et ça a débouché sur 80% de baisse du Nasdaq,
12:17il a fallu des années pour retrouver les niveaux.
12:19Deuxième crise, l'immobilier, débridé, titrisation, suprime et autres,
12:23on a vu le résultat.
12:24Et puis, une qui était plus proche de nous, qui est arrivée entre 2010-2015,
12:27c'était la ruée vers le pétrole, le gaz de schiste ou autre,
12:29avec des très très gros investissements du secteur pétrolier,
12:33surcapacité à un moment donné, le pétrole qui passe de plus de 100 dollars à 30 dollars,
12:36les émergents qui coulent avec, parce que très dépendant du prix des matières premières,
12:39oui, donc à chaque fois qu'on a laissé de manière...
12:41Mais c'est un peu la culture américaine aussi,
12:42on va jusqu'au bout du processus, il faut l'épargne de marché,
12:46il faut les capacités avant les autres,
12:48mais cette fois-ci, quand on voit les CAPEX engagés,
12:50on rappelle les projections de dépenses d'investissement,
12:53que des hyperscalaires, c'est-à-dire des quelques très grosses boîtes américaines,
12:56on va passer de l'ordre à 1 000 milliards d'ici 2029-2030,
12:59alors qu'on rappelle qu'il y a, en 2020, 2021-2022,
13:03ça tombe autour de 100-150 milliards, et c'est déjà énorme.
13:05Donc vous voyez, les rapports d'investissement de 1 à 10,
13:08en l'espace de quelques années,
13:10ça, à un moment donné, si vous laissez faire totalement le marché,
13:13forcément, c'est des compétiteurs acharnés qui veulent l'épargne de marché,
13:17donc s'il n'y a pas de régulation qui entre un peu là-dedans,
13:19le risque, effectivement, c'est que ça finisse en bulle,
13:21comme les bulles précédentes.
13:22Oui, avec un risque systémique ou pas.
13:24Il y a un chiffre que vous vouliez nous apporter ce soir, Christian,
13:273 500 milliards de dollars, le montant des engagements hors bilan
13:30et des expositions de financement liées à 3 500 milliards de dollars.
13:33Oui, alors il faut bien comprendre, ce sont des engagements hors bilan,
13:36c'est-à-dire que quand ils nous disent qu'ils investissent 800 milliards,
13:38en réalité, il y a 3 500 milliards qui sont à venir,
13:41qui sont des engagements.
13:42Alors qu'est-ce que c'est ?
13:42Je vais vous prendre juste un exemple.
13:44Si vous signez un contrat avec une société pour construire le data center,
13:48la société détient le data center,
13:50mais vous engagez à payer les loyers sur les 10 prochaines années.
13:54Donc, vous avez un fonds qui investit,
13:56qui va construire le data center
13:57et qui a derrière une créance auvers vous
14:00qui est finalement que vous avez payé les futurs loyers.
14:03Mais vous les paierez peut-être qu'en 2027, 2029,
14:05quand le data center sera construit.
14:06Donc, ça ne rentre pas dans l'investissement aujourd'hui des groupes,
14:10ça rentre surtout dans les loyers qui se sont engagés.
14:12Alors, c'est un risque, oui, parce que pourquoi ?
14:14Ce n'est pas une dette.
14:15C'est une certaine dette comptable, c'est du hors bilan.
14:17Ça n'agit pas aujourd'hui sur votre free cash flow.
14:20Ça ne rentre pas en compte dans vos investissements aujourd'hui.
14:23Mais demain, si mon data center fonctionne à 50%
14:26au lieu des 90% attendus,
14:28je ne vais peut-être pas avoir mes recettes de mon data center.
14:30Et donc, je vais avoir ma rentabilité qui va être affectée
14:33parce que derrière, il y aura quand même quelqu'un
14:34qui voudra toucher ses loyers
14:35parce qu'il vous a financé votre data center.
14:38Donc, aujourd'hui, ça, c'est le principal.
14:40C'est 85% du montant que je viens de citer.
14:42Il y a d'autres éléments.
14:43Il y a tout ce qui est un peu circulaire.
14:45C'est-à-dire que je donne de l'argent à mon client
14:48qui va m'acheter mes puces.
14:49Bon, ça, on le sait, on le connaît.
14:51C'est le côté circulaire qu'on a des investissements.
14:53Et puis, il y a d'autres petits éléments qui rentrent.
14:55Mais 85% du hors bilan, c'est ça.
14:57Ce sont des engagements à des paiements à venir.
15:00Ça veut dire que ça ne va pas mettre en faillite Alphabet.
15:03Ça ne va pas mettre en faillite les grands acteurs,
15:06les hyperscalers.
15:07Peut-être Oracle serait en tension,
15:09mais c'est peut-être le plus fragile de tous.
15:10Mais ce n'est pas ça le fond du problème.
15:12Le fond du problème, c'est que s'il n'y a pas un retour
15:15aussi fort sur l'investissement,
15:17si les data centers fonctionnent peut-être qu'à 50%
15:19au lieu des 90% attendus,
15:21je vais avoir vraiment tout ce qui est mes fric à chaud,
15:24tout ce que je vais dégager en rentabilité
15:25dans mes autres activités,
15:27qui vont être complètement mangées par des pertes
15:29que je vais avoir sur mon activité data center.
15:32Donc, c'est un vrai pari.
15:33C'est un vrai pari économique.
15:34Il peut être gagnant.
15:34Je ne dis pas qu'il est forcément perdant,
15:36mais c'est un risque.
15:37Il faut quand même prendre en compte
15:38ces engagements hors bilan.
15:39Et de plus en plus d'investisseurs se disent
15:41que quand même,
15:41quand on valorise ces hyperscalers,
15:43il ne va peut-être pas falloir seulement comptabiliser
15:45ce qu'ils nous disent dans les investissements directs,
15:47mais de plus en plus faire remonter
15:49cette ligne hors bilan.
15:50Et là, on s'aperçoit à quel point
15:51ils sont pris dans un engagement particulièrement fort.
15:53D'autant plus qu'il y a un lien inflation
15:55qui fait qu'aujourd'hui,
15:57je pouvais peut-être il y a encore deux ans
15:59avoir deux data centers pour le même prix.
16:00Maintenant, je n'en ai plus qu'un.
16:01Et donc, cette inflation, naturellement,
16:04se traduit par des erreurs face à des capacités
16:07qui ne manquent pas aussi vite.
16:08Donc, est-ce qu'ils pourront le répercuter ?
16:10Est-ce que cette inflation,
16:11ils pourront le répercuter aux clients ou pas ?
16:13C'est aussi une grande inclination.
16:14Compte tenu de la hausse des coûts,
16:15investir plus pour avoir moins.
16:17C'est aussi ça, là.
16:17C'est en partie ça.
16:18C'est l'effet de l'inflation.
16:20Pour vous dire ce que vous dites, Christian,
16:21c'est vrai que les projections,
16:22et ça, ça compte pour les marchés,
16:23c'est-à-dire les projections
16:24de croissance bénédière future
16:25des groupes du SP500
16:26qui sont largement tirées
16:27par les hyperscalaires,
16:28dans les projections de free cash flow,
16:29on voit qu'effectivement,
16:30on est sur une pente baissière
16:31depuis déjà un an et demi, deux ans.
16:33On pourrait passer en négatif
16:35probablement dans quelques trimestres,
16:36free cash flow sur les quelques,
16:37cinq, six gros hyperscalaires.
16:38Et ensuite, les projections qui sont faites,
16:40c'est que derrière,
16:40il y a un mur qui réaccélère,
16:42alors hyper positif,
16:43ça veut dire qu'on a des free cash flow
16:44en 2031-2032
16:45qui seraient nettement supérieurs
16:47à ce qu'on avait avant.
16:47Mais pour moi et pour le marché,
16:49la question, c'est celle de ce fameux creux.
16:51Est-ce que c'est un creux
16:52de quelques mois passeraient l'avant
16:54que le cash ne rentre à flot ?
16:56Ou est-ce que, comme dit Christian,
16:57vous avez un free cash flow
16:58qui est décalé
16:58parce que vous avez des amortissements
16:59à prendre en compte
17:00de ce genre de choses ?
17:01Et dans ce cas-là,
17:01les croissances bénéficiaires attendues
17:03qui justifieraient aujourd'hui
17:05les multiples que nous avons actuellement
17:0619 fois les bénéfices anticipés,
17:0819 fois les bénéfices,
17:09ce n'est pas gigantesque,
17:10c'est élevé,
17:10mais ce n'est pas gigantesque,
17:11mais à condition que les projections
17:13de bénéfices à venir
17:14soient bien réalisées.
17:15Donc là, effectivement,
17:16on voit que c'est aussi
17:16un gros pari du marché actuellement
17:19de considérer que 19 fois
17:21les bénéfices anticipés,
17:22c'est quelque chose de rationnel.
17:24Moi, je pense qu'il y a une partie,
17:25je pense que 19 fois les bénéfices,
17:26le marché est encore trop cher.
17:27Pour moi, j'attendrai à 17 ou 15 fois
17:28pour commencer à considérer
17:30qu'il y a de vraies opportunités
17:31qui apparaissent sur les valorisations.
17:32Le Nasdaq, ce soir,
17:33en tout cas, a gagné 1,6%.
17:35Alors, il y a des rumeurs
17:36qui circulent à Wall Street
17:37comme qu'Antropie qui avance
17:38sa prochaine IPO
17:38pourrait lancer encore
17:39un nouveau modèle
17:40d'intelligence artificielle.
17:41On va suivre ça après, bien évidemment.
17:43On est à 10 minutes de la clôture.
17:44On accélère dans la dernière ligne droite
17:46de cette séance
17:47et notre CAC toujours en forme
17:49du 5% grâce à la baisse
17:50des prix du pétrole
17:51dont on parlait au tout début
17:52de nos échanges.
17:528 149 points de notre CAC
17:54qui progresse le plus
17:55à les valeurs liées à l'IA.
17:57Voilà, c'est la tendance du jour.
17:58Schneider Electric gagne 3,5%.
17:59Il faut de l'électricité pour l'IA.
18:02D'ailleurs, ProEnergy viserait
18:03aux Etats-Unis,
18:04c'est un acteur de l'énergie américain
18:07qui vise une introduction en bourse.
18:08Eh bien, ProEnergy viserait
18:09d'après les dernières informations
18:11qui circulent,
18:1150 milliards de dollars
18:13de valorisation pour son IPO.
18:1450 milliards de dollars,
18:15ça en ferait un groupe
18:17sauf que vous n'en aviez
18:18jamais entendu parler de ProEnergy.
18:19Mais le potentiel est énorme
18:20du fait de la demande
18:21des data centers.
18:22Également en hausse,
18:23donc à Paris,
18:23je le disais,
18:24Schneider Electric,
18:24ST Microelectronics plus 3%,
18:26Legrand plus 2,3%.
18:28Les replis, encore le luxe.
18:29Kering perd 1,7%.
18:31Puis Total Energy
18:32avec les cours du pétrole
18:32abandonnent aujourd'hui.
18:340,9% Total Energy.
18:36Donc, dans trois jours,
18:37Xi Jinping et Donald Trump
18:38vont se rencontrer.
18:39Il y a aussi l'enjeu
18:40des terres rares, bien sûr,
18:41de l'accès des Chinois
18:42aux processeurs américains.
18:43C'est peut-être pas un hasard
18:44le calendrier.
18:45Les Etats-Unis ont signé
18:46avec le Danemark
18:46un accord pour pouvoir
18:48accéder plus facilement encore
18:49et protéger encore plus fortement
18:51le Groenland.
18:52Alors, le Groenland restera
18:53autonome, mais quand même
18:54un accès privilégié
18:54des Américains.
18:55Le titre Greenland Mines,
18:58donc on est sur les mines
18:59exploitées au Groenland.
19:00Ce titre, côté Wall Street,
19:02gagne 300% cet après-midi
19:03après l'accord signé
19:04entre Washington et Danemark
19:05sur le Groenland.
19:07Greenland Energy gagne 150%
19:09et un acteur des terres rares,
19:10Critical Metals, gagne 37%.
19:12L'annonce juste avant
19:12l'arrivée avec Xi Jinping
19:13et Washington.
19:14Qu'est-ce que ça signifie ?
19:15Christian.
19:15Oui, c'est-à-dire qu'on est
19:17dans le nœud des discussions
19:20entre Etats-Unis et Chine.
19:23Il faut bien comprendre
19:24que la Chine détient le haut
19:26tout en amont
19:27de la chaîne de fabrication
19:29des semi-conducteurs,
19:30c'est les terres rares.
19:31Qu'on le veuille ou non,
19:32on ne pourra pas produire
19:32des terres rares sans la Chine
19:34parce que c'est elle
19:35qui détient un monopole
19:36des terres rares.
19:36Et de l'autre à l'autre extrême,
19:38on a les Etats-Unis
19:39qui disposent des processeurs,
19:41des NVIDIA,
19:42des logiciels,
19:43de la plateforme
19:44CUDA
19:46de NVIDIA
19:47qui calcule le produit fini,
19:50qui dispose du produit fini
19:51qui est le processeur.
19:53Et donc,
19:53ce qui se passe,
19:54on a les deux géants
19:54qui s'affrontent.
19:55Et donc,
19:56d'un côté,
19:56on a les Etats-Unis
19:57qui ne veulent plus dépendre
19:58en début de chaîne
19:59de la Chine
20:00et ils veulent leur propre terre rares.
20:01Et de l'autre,
20:02la Chine
20:02qui ne veut plus dépendre
20:03des Etats-Unis
20:04et qui veulent leur propre processeur.
20:05Et on a vu Huawei
20:06qui nous annonce
20:07la sortie de processeurs
20:09performants
20:09mais qui ont un vrai problème
20:10de production
20:11et qui ne pourront pas remplacer
20:13l'offre,
20:14je dirais,
20:14occidentale.
20:15Donc,
20:16on est dans ces deux extrêmes.
20:18Et donc,
20:18quelque part,
20:19on est dans cette période
20:20un petit peu intermédiaire
20:21où les Etats-Unis
20:22ont besoin de la Chine
20:22mais la Chine a besoin
20:23des Etats-Unis
20:24dans leur course à l'IA.
20:25Donc,
20:25c'est un rapport de force.
20:27Tant qu'ils ont besoin
20:28l'un de l'autre,
20:28tout va bien.
20:29Tout va bien
20:29parce que les Etats-Unis,
20:30ils disent
20:30moi je suis en train
20:31de me constituer,
20:32je ne vais plus dépendre de vous
20:33sauf qu'il y en a pratiquement
20:35avant qu'on exploite
20:36les terres rares.
20:37En gros,
20:37il va falloir un peu de temps
20:38et ça a un coup
20:39et ça ne se fera pas
20:40du jour au lendemain.
20:41Et pratiquement,
20:42la Chine,
20:42elle sert le cordon
20:43puisque là,
20:44dans certaines livraisons
20:45de terres rares,
20:46on a la Chine
20:46qui a complètement bloqué
20:47ses livraisons
20:47et qui, par exemple,
20:49a livré au mois d'août
20:50même pas un dixième
20:51de ce qu'elle livrait
20:52habituellement aux Etats-Unis
20:53et donc elle leur livre
20:54par un coup.
20:55C'est-à-dire qu'on reste
20:55pendant 3-4 mois
20:56sans livraison
20:57et elle livre d'un seul coup
20:58pas mal de terres rares
21:00aux Etats-Unis
21:00pour rappeler aux Etats-Unis
21:01vous voyez,
21:02vous dépendez de moi.
21:03Je vous livre quand même.
21:04Elle ne peut pas non plus
21:05ne pas livrer aux Etats-Unis
21:06parce qu'elle bloquerait
21:06toute la chaîne
21:07des semi-conducteurs
21:08et là,
21:08les Etats-Unis
21:09seraient vraiment bloqués
21:10donc elle les livre
21:10mais elle peut rester
21:113-4 mois sans les livraisons
21:13pour leur rappeler
21:13qu'ils sont dépendants
21:14encore de la Chine.
21:16Donc les Etats-Unis
21:16font tout pour ne plus
21:17dépendre de ça
21:18et du côté des Etats-Unis,
21:19je vous laisse,
21:20on en parle beaucoup plus,
21:21des problèmes de Nvidia
21:23pour vendre ses processeurs
21:24en Chine
21:24où elle vend des processeurs
21:26qui sont bridés,
21:27les Etats-Unis
21:27qui accusent la Chine
21:28de copier les modèles
21:30d'intelligence artificielle
21:31des Etats-Unis.
21:32Enfin bon,
21:32vous voyez,
21:32c'est un peu derrière ça
21:33mais en gros,
21:34la rencontre entre Trump
21:35et Xi Jinping,
21:36c'est en gros,
21:37on se trouve peut-être
21:38un terrain d'entente
21:39entre ces deux extrêmes,
21:40on ne bloque pas la chaîne,
21:42la chaîne de production
21:42des semi-conducteurs,
21:44la chaîne qui permet
21:44finalement de construire
21:46ses capacités de calcul,
21:47on a intérêt à se mettre d'accord
21:48et je pense que c'est plus ça
21:50qui est en train
21:50de se négocier en ce moment
21:51mais il faut que,
21:53et puis chacun,
21:53une fois que chacun
21:55sera indépendant
21:55l'un de l'autre,
21:56on pourra continuer cette course
21:57mais c'est une guerre
21:59économique très clairement
22:00entre les deux
22:00et chacun essaye
22:01d'embêter plus l'autre
22:02pour le ralentir.
22:03C'est ça en gros
22:04l'histoire qui est
22:05aujourd'hui en train
22:06de se jouer.
22:06Et au milieu de tout ça,
22:07un trou noir,
22:09pour aller des Etats-Unis
22:10vers la Chine,
22:10soit vous passez par le Pacifique,
22:12soit vous passez par l'Europe
22:13et les deux constituent
22:14un trou en ce moment économique
22:15mais c'est vrai,
22:16l'Europe c'est plus compliqué
22:17qu'en Chine,
22:18bien sûr c'est plus compliqué
22:18en termes de PIB aussi
22:19que ce qu'on observe,
22:20la dynamique de croissance américaine
22:22et pourtant,
22:23Bloomberg nous dit
22:23que l'Europe est sous-estimée
22:24en bourse,
22:25le niveau d'optimisme
22:26des analyses sur l'Europe,
22:27le potentiel boursier européen
22:28est à un plus haut
22:28de quasiment 10 ans Alexandre.
22:30Oui, parce que les valorisations
22:31par exemple sont venues
22:32en moyenne au niveau européen
22:33si vous prenez
22:33l'indice Eurostock 600
22:35en anticipation,
22:36enfin valorisation
22:37par rapport aux bénéfices anticipés
22:38on est aux alentours
22:38de 14-15 fois les bénéfices
22:39aux Etats-Unis
22:40on le disait c'est 19
22:41et donc ça a toujours été
22:42historiquement plus cher
22:43aux Etats-Unis
22:44mais cette cherté
22:45c'est nettement accrue
22:46grosso modo depuis 4-5 ans
22:47depuis justement
22:48la grosse accélération
22:49des valeurs tech
22:49il y a l'Europe
22:51et en moins de tech
22:51on est resté sur un niveau
22:52de valeurs un peu plus
22:54modeste
22:54mais ce qui est très favorable
22:56c'est qu'effectivement
22:57on a eu ces dernières saisons
22:58de résultats
22:59avec des croissances bénéficiaires
23:00d'ordre de 20% en Europe
23:01alors que certains trimestres
23:02on était ravis
23:03quand on avait 2-3%
23:04de croissance des bénéfices
23:05en Europe
23:05donc c'est quand même
23:06plutôt un bon signe
23:07parce que ça veut dire
23:07que l'Europe a quand même
23:08été assez résiliente
23:09jusqu'à présent en tout cas
23:10par rapport à la situation géopolitique
23:12donc les valorisations
23:16et la question
23:17de la différence
23:18par rapport aux Etats-Unis
23:19moi je pense qu'on prend
23:20un peu de rotation
23:20à un moment donné
23:20si les valeurs
23:21IA ou tech
23:22étaient un peu moins
23:23achetées qu'aux Etats-Unis
23:23un peu plus
23:24on a déjà eu des épisodes
23:25d'ailleurs sur les 2 dernières années
23:26temporaires comme ça
23:27où il y avait un peu de rotation
23:28où l'Europe avait surparfumé
23:29pendant quelques mois
23:29la partie américaine
23:31mais je pense que
23:32s'il ferait massivement
23:33du bien aux valeurs européennes
23:34c'est tout ce qui touche
23:35à l'énergie justement
23:36c'est-à-dire que si nous avions
23:37à un moment donné
23:37une vraie détente
23:38sur le front géopolitique
23:39que le pétrole redescendait
23:40et que le gaz aussi
23:41parce qu'effectivement
23:42la partie quand l'Ukraine
23:43a tapé les raffineries en Russie
23:44et vice-versa
23:45on a vu que ça a rajouté
23:46une surcouche de risque
23:48pour le marché de l'énergie
23:48et c'est là que le gaz européen
23:50a surtout accéléré
23:50à ce moment-là là-haut
23:51à 80 euros le mégawatt-heure quasiment
23:53donc si ces deux parties-là
23:54se détendent
23:55vous allez avoir des taux souverains
23:56qui vont se détendre
23:56des spreads qui vont un peu
23:57se resserrer
23:58l'ABCE n'aura pas besoin
23:59de remettre une ou deux
24:00aux taux supplémentaires
24:01et dans ce cas-là
24:02on voit que les projections
24:03de l'ABCE
24:03moi je le trouve peut-être
24:11la zone euro
24:11après les croissances attendues
24:12c'est du 1,3
24:131,4 pour l'année prochaine
24:15et dans ce cas-là
24:16si les bénéfices croissent toujours
24:17entre 10 et 20%
24:18oui à 14 fois
24:19les bénéfices sont dissipés
24:20il y a de bonnes affaires
24:21toujours en Europe actuellement
24:22et dernier point
24:23ce qui pourrait être
24:24la sauce au gâteau
24:24il y a beaucoup de ci
24:25mais on parle de la Chine
24:27à l'instant
24:28la Chine peut faire des choses
24:30sur le front de sa demande intérieure
24:31autant ce moteur export
24:32est toujours flamboyant
24:34et tout va très bien
24:34autant sur la demande intérieure
24:35on le voit
24:36sur les données de consommation
24:37sur le poids de la consommation
24:38dans le PIB chinois
24:38ça racle toujours
24:40ça traîne les pieds
24:41l'immobilier
24:43les prix sont toujours négatifs
24:44dans les ventes de logements neufs
24:45ça fait quasiment 4 ans
24:46qu'on a des baisses de prix
24:47dans les logements neufs
24:47donc il faudrait un peu
24:48stimuler ce côté-là
24:50et la moindre annonce
24:51baisse de taux
24:52vous voyez l'annonce
24:53de stimulation de demande intérieure
24:54ça fait longtemps qu'on dit ça
24:55oui mais regardez Guillaume
24:56quand c'était arrivé
24:56il y a un an et demi
24:57deux ans en fin d'année
24:58on avait un effet immédiat
25:00le secteur auto haute
25:00c'est retombé derrière
25:01mais on sait d'où ça peut venir
25:03donc voilà
25:03pour moi ces aspects
25:04il faut regarder
25:05l'énergie d'un côté
25:06est-ce que pourrait faire la Chine
25:08dans les mois qui viennent
25:09ou les trimestres qui viennent
25:09pour soutenir ça
25:10oui oui effectivement
25:11non mais effectivement
25:11la consommation chinoise
25:12qui on n'est pas à l'abri
25:13de bonnes surprises
25:14et puis alors l'Europe
25:15qui donc d'après ce consensus
25:16Bloomberg
25:17a du potentiel
25:18pourquoi pas 10% de hausse
25:20même des actions européennes
25:21pour les scénarios
25:21les plus optimistes
25:22d'ici la fin de l'année
25:2310% supplémentaires
25:24vous regardez comment
25:25vous le potentiel européen
25:26Christian
25:26alors oui
25:27alors qu'on a une fragmentation
25:28politique quand même
25:29l'Europe c'est déjà
25:31un levier sur la situation
25:32positive ou négative
25:33sur la situation internationale
25:35si la situation internationale
25:36empire
25:36les Américains retirent
25:38leur bille de l'Europe
25:39et vous avez une sous-performance
25:40de l'Europe par rapport
25:40aux indices américains
25:41et inversement
25:42donc c'est ce qui vient d'être dit
25:43donc je pense qu'effectivement
25:44c'est un levier dans ce sens-là
25:46on est un peu comme
25:46les pays émergents
25:47dans un certain sens
25:48il y a quelque temps
25:50on joue un peu
25:51cet effet de levier
25:52en fonction de la situation
25:53géopolitique
25:53l'Europe deuxième chose
25:55moi il y a quelque chose
25:56qui me stupéfait
25:56c'est qu'on est prêt à jouer
25:58à l'IA aux Etats-Unis
25:59mais pas en Europe
26:00alors vous allez me dire
26:00on n'a pas les hyperscalers
26:01mais deux choses l'une
26:05améliorent la productivité
26:06des entreprises
26:06et là dans ce cas-là
26:08je ne vois pas pourquoi
26:08l'Europe en serait exclue
26:10puisque l'utilisation des modèles
26:12alors peut-être qu'une partie
26:13de la valeur ajoutée des modèles
26:14ira aux Etats-Unis
26:15peut-être que les hyperscalers
26:17vont prendre leur pourcentage
26:19sur les gains que génère l'IA
26:21mais derrière
26:22on n'en est pas là
26:23parce qu'une entreprise
26:23pour qu'elle investisse dans l'IA
26:24il faut que le coût
26:25de l'hyperscaler
26:26soit largement amorti
26:27par ses gains de productivité
26:28sinon elle ne le fera pas
26:29donc ça veut dire
26:29qu'ils seront perdants
26:30donc s'ils sont gagnants
26:32si vous êtes vraiment confiant
26:33dans l'IA
26:34et bien ça veut dire
26:35que l'Europe va avoir
26:35des gains de productivité
26:36et ça ce n'est pas du tout
26:37pricé dans le marché aujourd'hui
26:39dans le marché actions
26:39parce que là
26:40en gros alors après
26:42je sais on est tous
26:43sur des estimations
26:44on ne sait pas trop
26:44comment l'estimer
26:45mais le FMI donne quand même
26:471% de productivité en plus
26:49grâce au déploiement de l'IA
26:50à l'Europe
26:51si c'était vrai
26:52je ne dis pas
26:53c'est compliqué à estimer
26:54mais si c'est vrai
26:55et bien franchement
26:56la bourse européenne
26:57n'est vraiment pas chère aujourd'hui
26:58parce qu'il y a plein de secteurs
27:00ceux qui sont les plus sensibles
27:01et qui peuvent plus le plus
27:02profiter de la réduction de l'IA
27:04ne sont pas chères
27:05par exemple
27:06on a bien cité
27:06par exemple
27:07pour moi
27:08c'est très simple
27:09ça part du logiciel
27:10tout ce qui est technologique
27:13ça descend après
27:14dans tout ce qui est transport
27:15tout ce qui est logistique
27:17et après
27:18ça descend dans tout ce qui est industriel
27:20donc aujourd'hui
27:21il y a plein de secteurs
27:22qui sont très clairement
27:24sous-valorisés
27:24s'il y a un choc IA
27:26comme on le joue aux Etats-Unis
27:28et même Capgemini
27:29pourrait profiter de l'IA
27:30d'après City
27:30City dans une note positive
27:32sur Capgemini
27:32explique que Capgemini
27:33pourrait profiter des besoins
27:35des entreprises
27:35qui veulent intégrer l'IA
27:36à leur procès
27:37pour ça il va falloir
27:37faire des audits
27:38effectivement
27:39et Capgemini pourrait
27:40du coup être
27:41pourquoi pas gagnant
27:42n'oubliez pas
27:42que la valeur ajoutée
27:43des modèles
27:44c'est la data
27:44et que tous les groupes
27:46qui sont propriétaires
27:46de la data
27:47ou de la data
27:48de leurs clients
27:49seront nettement plus favorisés
27:51que ceux qui construisent
27:52les modèles
27:52qui seront dans une hyper concurrence
27:54on le voit à travers
27:54la concurrence
27:55entre les grands modèles
27:56donc pour moi
27:57il y a des grands groupes
27:58européens
27:58qui détiennent
27:59la data de leurs clients
28:00qui la sécurisent
28:01et qui sont très sous-évaluées
28:03aujourd'hui
28:04et qui sont très
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