- il y a 2 mois
Ce mardi 25 août, Julien Marcilly, président de Fives AddUp, s'est penché sur la fabrication additive en impression 3D, dans l'émission Tech&Co Business présentée par Frédéric Simottel. Tech&Co Business est à voir ou écouter le mardi sur BFM Business.
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00:00Tech & Co-Business, l'invité.
00:05Allez, on poursuit notre émission Tech & Co-Business au salon Global Industrie, ici à Paris Nord-Ville-Pin.
00:10On est dans le nord de Paris et on va parler de fabrication additive, d'impression 3D, avec l'un
00:15des spécialistes dans ce domaine, Julien Marcilli.
00:18Bonjour. Bonjour Frédéric.
00:19Julien, merci d'être avec nous. Vous êtes président de FIV ADOP, filiale du groupe FIV.
00:23Et vous êtes, alors, en fait c'est vous qui fabriquez ces machines, ces imprimantes 3D, c'est ça ?
00:31Racontez-nous.
00:32Tout à fait. Alors FIV ADOP, on est le leader français de l'impression 3D métallique.
00:36Et donc on conçoit des imprimantes, des machines qui fabriquent des pièces en métal.
00:40On est environ 150 personnes, on est basé à Clermont-Ferrand, on a également un site aux Etats-Unis et
00:45deux sites dans le lot.
00:46Et alors, qu'est-ce qui change de faire de la fabrication métal, de la fabrication 3D plus classique, avec
00:52de la résine, du plastique, d'autres matières ?
00:54Alors si vous voulez, quand on produit en 3D de manière classique, quand on produit de manière classique une pièce
00:59métal,
01:00on prend un morceau de métal et on vient couper, percer, retirer de la matière.
01:05Ici, cette technologie qui est complètement révolutionnaire, elle permet d'étaler de la poudre avec des grains de poudre qui
01:11peuvent être très petits,
01:12qui peuvent faire 5 microns et on vient laser avec des lasers pour construire la pièce couche par couche.
01:17Ce qui permet de faire des formes qui sont absolument infaisables en fabrication traditionnelle, en usinage, en perçage.
01:24Alors vous parlez de ça parce que je crois qu'il y a deux technologies.
01:26Il y a celle dont vous venez de parler qui est la fusion sur lit de poudre et puis il
01:30y a une autre qui est déposition d'énergie dirigée, c'est ça ?
01:32Tout à fait. Alors celle dont je viens de vous parler, c'est le lit de poudre, c'est celle
01:35qui présente à peu près 80% du marché.
01:37Donc là on comprend, couche par couche, on arrive à créer cet objet.
01:39Tout à fait. Et l'autre qui s'appelle le DED, on vient propulser de la matière en fusion sur
01:45une pièce.
01:46C'est généralement pour faire de la réparation ou de l'ajout de fonctions.
01:49Alors quelles sont les principales ruptures technologiques aujourd'hui justement dans cette impression 3D ?
01:54Alors nous on fait des machines qui sont...
01:553D métal, voilà.
01:57Tout à fait, 3D métal. Nous on fait des machines qui sont faites par des industriels pour des industriels.
02:01Donc c'est des machines qui sont utilisées pour produire des pièces qui sont utilisées dans des avions par exemple,
02:06qui sont utilisées dans des sous-marins, qui sont utilisées dans le médical aussi.
02:10On fait des implants médicaux ou également dans l'automobile.
02:14Et donc si vous voulez, la pression 3D métallique a plusieurs avantages.
02:18C'est d'abord, ici j'ai un échangeur thermique.
02:20D'accord.
02:20Échangeur thermique. Je vous donne quelques exemples.
02:23Cette pièce en impression 3D, on met deux jours à la fabriquer.
02:27Si on devait la fabriquer de manière classique, on viendrait acheter des pièces, on viendrait souder, on viendrait visser.
02:34Il faudrait probablement plus de deux semaines pour la fabriquer.
02:36D'accord.
02:37Deuxième avantage, vous l'avez touché tout à l'heure, elle est extrêmement légère.
02:40Si on met cette pièce sur un satellite, le coût...
02:43Oui, on rappelle, il y a une impression, une imprimante 3D métal de chez vous, qui est en ce moment,
02:48qui tourne autour de nos têtes dans l'ISS, c'est ça ?
02:50Tout à fait. Je peux y revenir un petit peu après.
02:53Mais du coup, le premier avantage dont je vous ai parlé, c'est le fait qu'on fabrique très vite.
03:00Donc on fabrique très vite et on n'est pas dépendant de fournisseurs, puisque cette pièce est faite en un
03:04seul morceau.
03:05La non-dépendance de fournisseurs, c'est très important.
03:08Oui, parce qu'à la supply chain, s'il faut la réunir...
03:10Oui, exactement. On sécurise la supply chain.
03:13Deuxièmement, elle est très légère.
03:15Envoyée dans l'espace, si c'est très léger, ça coûte moins cher.
03:20Troisième avantage, c'est qu'on fait des formes qui sont infaisables autrement, et donc on gagne également en performance.
03:26Donc on gagne à peu près 10 fois en lead time, en temps de fabrication, on gagne 30% en
03:31poids, on gagne 20% en performance.
03:34Et on est certain que derrière, en termes de qualité, ça répond aux mêmes normes qu'une machine si elle
03:41avait été usinée plus traditionnellement ?
03:44Tout à fait, ça répond. Et même parfois, on a des meilleurs résultats.
03:47Il y a une étude qui montre que la machine adopte, en termes de tests de fatigue, est meilleure que
03:52quand on le fabrique en fabrication classique.
03:55Alors ça va être quoi la limite technologique ? Est-ce que c'est la taille des objets ?
03:59Est-ce que c'est la vitesse, vous ne l'avez pas dit ? Est-ce qu'en termes de
04:02coût aussi, on est plus avantageux ?
04:04Alors, il y a des business models qui marchent très très bien.
04:07Par exemple, Michelin aujourd'hui fait tous ses moules de pneus en 3D.
04:10Là, je vous ai amené des implants.
04:13Ça, c'est un implant d'épaule.
04:14D'accord.
04:15Ça, c'est un implant de genou.
04:17Aujourd'hui, l'ensemble des implants médicaux, toute nouvelle implant médicale qui est développée, il est fabriqué en 3D.
04:22Parce que le modèle économique fait que l'implant est moins cher.
04:25Et deuxième avantage, ces implants sont faits sur mesure.
04:28Quand vous les fabriquez de manière classique, vous avez une gamme d'implants, et vous n'avez pas forcément l
04:32'implant qui vous correspond.
04:33Et en plus, et ça, c'est également très important.
04:36Donc, il y a un jumeau numérique de l'implant.
04:37Il y a un jumeau numérique de l'implant, comme pour vos dents.
04:39Aujourd'hui, pour vos dents, on vient les scanner, on les fabrique.
04:42Aujourd'hui, grâce à l'impression 3D métallique, on peut venir scanner votre épaule et fabriquer l'implant qui correspond
04:46exactement.
04:47Je voulais juste, parce qu'on va parler du projet massif que vous annoncez ici, mais juste un moment, on
04:51parlait de l'ISS.
04:52Donc, à bord, les astronautes ont une imprimante 3D métal, donc de ADOP, pour des pièces qui pourraient manquer.
05:00Tout à fait. Donc, c'est un projet qu'on a fait avec le CNES et Airbus Défense & Space.
05:05Et l'idée était qu'au lieu de mettre des outils, par exemple des marteaux, des tournevis, etc., dans une
05:10fusée pour les monter dans l'ISS,
05:12on y monte une machine et on les fabrique dans l'ISS.
05:15Et donc, on a fabriqué une première pièce et ça a très bien fonctionné.
05:18On en est très fiers et très contents.
05:20Et ça montre encore un autre avantage de l'impression 3D qui est extrêmement important.
05:23C'est qu'on peut fabriquer une pièce en un seul morceau à l'endroit où on a besoin.
05:28Et dans un environnement extrême.
05:29Dans un environnement microgravité extrême.
05:31Mais du coup, on pense à la défense, on pense aux forces armées, venir fabriquer une pièce de rechange sur
05:36un site de guerre.
05:39On pense également aux plateformes pétrolières, venir fabriquer une pièce de rechange sur une plateforme pétrolière,
05:44au lieu de venir l'amener de métropole, par exemple, avec du transport, l'impact sur l'environnement.
05:50Oui, parce que ça paraît fou, depuis tout à l'heure, on a parlé d'aérospatial, de médical, l'outillage
05:57pour la fabrication des moules, vous parliez de Michelin, de la défense.
06:01Vous êtes présent dans tous les secteurs avec ces imprimantes ?
06:03Alors, on est présent dans tous les secteurs, mais essentiellement dans le spatial et la défense.
06:07Je peux citer Thales, je peux citer Sirius, les boîtes du New Space qui fabriquent des moteurs de fusée.
06:14On est présent dans le médical, beaucoup de start-up américaines, aussi quelques grands groupes pour les implants.
06:19On est aussi présent dans l'automobile, je vous ai parlé de Michelin.
06:22Les Formule 1 également, une Formule 1 avec des pièces moins lourdes, ça va plus vite.
06:28Alors, actualité ici, c'est le projet Massif, alors c'est quoi ? C'est pour construire des encore plus
06:34grosses pièces, c'est ça ?
06:34Tout à fait, parce qu'aujourd'hui, une pièce 3D métal, vous voyez, les pièces que j'ai amenées sont
06:38relativement petites.
06:40Aujourd'hui, une machine de taille moyenne, ça permet de faire des pièces de 35 cm par 35 cm par
06:4635 cm.
06:47Et donc, tous ces industriels, en particulier ceux de la défense, qui ont compris tout ce que leur apportait la
06:523D,
06:53ils ont été nous dire, et ils ont été dire aussi à la DGA, la Direction Générale de l'Armement,
06:56nous, ce qu'on aurait besoin, c'est d'une machine plus grande.
06:59C'est d'une machine pour faire des pièces de structure.
07:01C'est une machine pour faire des moteurs d'avion en un morceau.
07:03C'est une machine pour faire des blocs hydrauliques dans un sous-marin.
07:06Là, on est vraiment dans des engins, des constructions qui font plusieurs dizaines de centimètres.
07:12C'est ça, on parle de machines qui font 750 mm par 750 mm, donc 75 cm par 75 cm
07:18par 1 mètre.
07:19Et on parle même d'une machine d'un mètre cinquante par un mètre cinquante par un mètre cinquante.
07:23Et donc, on développe ces deux machines.
07:24Une première qui sera la Formup 750, qui sera disponible tout début 2027.
07:29Donc, on est à la toute fin de ce développement.
07:31Et c'est un développement 100% français, avec des partenaires français et des sociétés françaises
07:37comme le CETIM, IPS, K-Labs ou Dassault Systèmes et Vistory.
07:42Vistory qui permet la blockchain, c'est-à-dire la sécurité des données,
07:46parce que notre machine est extrêmement digitalisée.
07:48Donc, on a aussi un sujet, surtout pour la défense de cybersécurité.
07:52Et donc, on a été financé par France 2030, par la BPI, en partie pour le développement de cette machine.
07:59Et là, même dans ces grandes machines, on est toujours avec ces technologies,
08:02lit de poudre, déposition d'énergie dirigée, c'est ça ?
08:06Oui, c'est exactement. Ça sera une première mondiale, d'ailleurs.
08:08C'est-à-dire qu'une machine d'un mètre cinquante par un mètre cinquante par un mètre cinquante,
08:11en lit de poudre, avec les niveaux de productivité, les niveaux de qualité de pièce,
08:15ça sera une première mondiale.
08:16Oui, donc c'est carrément incroyable.
08:17Et c'est incroyable, c'est une révolution.
08:19Et l'idée étant de pouvoir produire parfois des pièces extrêmement complexes.
08:23Imaginez un moteur d'avion, en un seul morceau.
08:25Donc là, vous êtes en train de révolutionner complètement l'usinage de ces pièces.
08:33C'est une révolution industrielle.
08:36Encore une fois, un moteur d'avion ou une grosse pièce de structure fait en un seul morceau,
08:40avec aucune dépendance à aucun fournisseur, avec un lead time extrêmement court
08:45et des pièces plus légères, c'est une révolution.
08:47Et aujourd'hui, ce qui est compliqué après derrière, c'est le passage à l'échelle industrielle.
08:52Aujourd'hui, parce que j'imagine pour construire ces grandes pièces,
08:54alors je parle du projet massif, mais voilà, il va falloir plusieurs imprimantes
08:57pour fournir en temps, en heure, tous ces industriels.
09:01Ça, c'est l'étape d'après encore.
09:04Non, il y a des industriels qui se sont lancés.
09:06Après, il y a un temps long, parce que comme vous l'avez dit,
09:08c'est des pièces de sécurité, c'est des pièces qui vont dans des avions,
09:10c'est des pièces qui vont dans le corps humain.
09:12Il y a des temps de qualification.
09:14ADOP accompagne, c'est-à-dire que nous, on ne fait pas que des machines.
09:17On a aussi, et c'est dans l'ADN de FIV, de notre actionnaire FIV,
09:21qui a 200 ans et qui a fait les ascenseurs de la Tour Eiffel,
09:23et qui aujourd'hui fait les machines d'impression 3D,
09:26c'est d'accompagner les clients.
09:27Donc aujourd'hui, on a une vraie offre.
09:29La moitié de notre chiffre d'affaires, elle est dans une offre d'accompagnement
09:31de nos clients à la sélection des pièces,
09:35au montage du business model, au développement.
09:37Et donc, les industriels qui ont envie d'y aller,
09:40ça prend du temps, ils y vont avec nous,
09:42on est en partenariat et on fait des choses magnifiques.
09:44Et puis, rappelons une chose qui est importante ici sur ce salon,
09:47c'est la production locale.
09:48Quand on parle de relocalisation de l'industrie,
09:51là, voilà, on peut avoir sa petite imprimante dans sa station spatiale,
09:54mais justement, ce que vous dites, c'est qu'on peut l'avoir,
09:57vous parliez de défense, sur une base militaire,
09:59on imagine ce genre de choses,
10:01on n'est plus obligé de dépendre d'un site
10:03avec toute la supply chain derrière.
10:04Exactement, il n'y a aucune dépendance à une supply chain,
10:06on a sa machine, on a les paramètres dans un ordinateur,
10:09on appuie sur les boutons, on imprime la pièce.
10:11Et on n'a même pas de pièces de rechange,
10:12les pièces de rechange, on peut les imprimer au besoin.
10:14On n'a plus de stock, on ne fait plus venir les pièces de l'hexagone,
10:18impact positif sur l'environnement,
10:22production de la pièce très rapide, une révolution.
10:25Merci Julien, merci d'être venu nous parler de tout ça.
10:27Donc, président de FIV, Adobe,
10:28c'est la filiale du groupe FIV Technologie,
10:30que l'on connaît bien évidemment chez BFM Business,
10:32mais dédiée à cette impression 3D métal,
10:35ces imprimantes 3D impressionnantes.
10:37Et justement, on attend de voir cette immense machine.
10:41On est vraiment quelque chose de révolutionnaire.
10:45Il faut bien comprendre tout ça.
10:46Merci d'avoir été avec nous.