00:00On entre d'abord, messieurs, dans la data on.
00:10C'est votre barre à data. Chaque soir, le happy hour, c'est juste avant la clôture.
00:14Rachid et Kevin vont vous livrer des datas gratuitement, comme ça, par pure générosité.
00:17Est-ce que vous êtes prêts, messieurs ?
00:19Oui.
00:19On va démarrer. Tiens, Rachid, avec vous, votre chiffre ce soir, 40 000 milliards de dollars.
00:24Bon, c'est un chiffre qui est maintenant assez galvaudé.
00:27C'est le montant de la dette américaine.
00:29Au moment où on se parle, c'est plutôt 40 037 milliards, quelque chose.
00:34Une paille.
00:35Ça monte très très vite.
00:37Avec le chronomètre.
00:39Je voulais en parler pour dire qu'il ne faut pas exagérer non plus ce chiffre.
00:43Ça ne veut rien dire 40 000 milliards.
00:45En réalité, quand vous regardez depuis à peu près une vingtaine d'années,
00:49heureusement que le Washington a augmenté sa dette,
00:52puisque de l'autre côté, on a eu des ménages qui, au contraire, se sont désendettés.
00:56Donc macroéconomiquement, si l'État américain n'avait pas contrebalancé ce déléveraging des ménages américains,
01:02on aurait eu plutôt, sachant que les entreprises ont été stables plutôt sur la période,
01:05on aurait eu plutôt un risque de contraction économique.
01:07Donc du point de vue macroéconomique, qu'un État vienne supplier l'autre agent privé,
01:13qui est les ménages qui, lui, se déléveragent ou se désentêtent,
01:17c'est plutôt efficace.
01:19C'est intéressant.
01:20En revanche, et 30 points, c'est assez rigolo,
01:22c'est que l'État américain a augmenté de 30 points son taux d'endettement
01:25et les ménages ont baissé de 30 points leur taux d'endettement.
01:29En revanche, la question importante, ce n'est pas les 40 000 milliards,
01:32c'est qu'est-ce qu'on fait de ces 40 000 milliards ?
01:34Si vous faites essentiellement de la guerre qui ne sert à rien,
01:37vous dépensez pour un conflit en Iran qui ne sert à rien,
01:40si maintenant vous dépensez 1 000 milliards pour payer juste les intérêts,
01:45alors ça veut dire que cette dette, en fait, est improductive
01:48et là vous vous préparez des lendemains qui déchantent
01:52et puis enfin, on en a parlé tout à l'heure, un risque d'éviction.
01:55Si la compétition pour l'épargne devient trop forte entre les États,
01:59les ménages, les entreprises, là, je sens qu'effectivement,
02:02ça peut avoir des conséquences négatives.
02:04Effectivement, et c'est dans cet univers-là que les taux français aussi,
02:06sur des plus hauts de... on est à 4,1% ce moment sur le 10 ans français.
02:10On n'a pas parlé de la présidentielle et de son appareil,
02:12on aura mille fois l'occasion d'ici là, on va se rattraper, il n'y a pas de souci.
02:15Kevin, à vous, votre data ce soir, vous n'avez qu'une minute, je vous préviens.
02:18Oui.
02:18146 milliards de dollars.
02:20Oui, donc 146 milliards de dollars, c'est quoi ?
02:22C'est le montant des importations d'or en Chine
02:27sur le premier semestre de cette année.
02:29Donc voilà, on a une séquence quand même avec la fermeture d'Ormousse,
02:33le prix du baril du pétrole qui passe les 100 dollars,
02:36toute cette thématique de « il faut faire »
02:38ou en tout cas les nouveaux actifs de réserve,
02:39ce sont des actifs réels.
02:41Et dans le même temps, fait extraordinaire,
02:44la Chine a importé 100 milliards de plus sur le premier semestre de 2026
02:49que sur le premier semestre de 2025.
02:52Et donc ça vient quand même se mettre en face, je pense, d'un narratif
02:56qui a pu être largement utilisé.
02:59Alors là aussi, qu'est-ce que ça représente ce montant-là ?
03:02Ça veut dire quoi ?
03:02Ça veut dire que sur le premier semestre de 2026,
03:04la Chine a importé à peu près autant d'or qu'elle n'a importé de pétrole.
03:08Voilà, donc là aussi, ça met les choses, je prends un petit peu.
03:10On peut dire qu'elle en a moins importé avec l'Ironan,
03:12mais je plaisante, mais ça donne une échelle, effectivement.
03:15Là aussi, c'est pour donner quelques points d'ancrage.
03:19Et fait, je crois, assez remarquable,
03:20c'est que ça ne s'est pas fait dans un marché où l'or remontait,
03:22ce qui est plutôt la tendance historique des investisseurs chinois,
03:25mais plutôt dans un environnement où l'or baissait.
03:27Donc ça veut dire quoi ?
03:28Que c'est un actif qui est un peu bizarre, volatile, assez liquide,
03:32mais c'est un actif qu'on ne peut pas être exproprié.
03:35Et ça vaut sans doute mieux que d'acheter ou d'investir sur des obligations
03:38dont le prix pourra baisser à 50 cents pour le dollar.
03:42Record d'achat d'or encore au premier semestre par la Chine.
03:44Oui, c'est très impressionnant.
03:45On aurait pu ajouter une autre data multipliée par 27.
03:48Les paris sportifs, les montants investis par les Américains en paris sportifs,
03:51fois 27 en 7 ans.
03:53C'est incroyable.
03:54Alors, ils investissent de plus en plus en action, les Américains,
03:56mais ils investissent aussi 27 fois plus aujourd'hui dans les paris sportifs qu'en 2018.
04:00C'est fou, ça ?
04:01Moi, je trouve ça inquiétant.
04:02C'est un peu l'économie casino.
04:04C'est-à-dire que l'investissement,
04:05ce n'est plus un investissement productif auquel faisait allusion Rachid,
04:08c'est un investissement pour maximiser le gain à long terme.
04:10Et on le retrouve sur toutes ces options un jour,
04:13ces nouveaux sites type Robinhood,
04:16les investissements avec 100 commissions.
04:18Après, je ne suis pas là pour l'idée,
04:20mais on peut quand même comprendre que cette génération,
04:23les millénioles et cette Gen Z,
04:27ils auront, contrairement à leurs parents ou leurs grands-parents,
04:29sans doute moins la capacité à faire fortifier leur patrimoine
04:32avec l'immobilier ou les actifs traditionnels.
04:34Les montants investis en paris sportifs, fois 27 en 7 ans.
04:37C'est un peu la faute du Covid.
04:38C'est quand on était tous, ils étaient à la maison,
04:39ils s'ennuient un peu.
04:40Il y a bon dos le Covid.
04:41C'est sûr, les Américains investissent plus dans les paris sportifs
04:44que dans des livres, dans le cinéma,
04:47dans des achats de places pour aller voir des matchs, etc.
04:51Tous les produits culturels cumulés,
04:53désormais, c'est moins que les paris sportifs investis par les Américains.
04:57Voilà, c'est la nouvelle culture aussi.
04:58Merci de nous avoir accompagnés tous les deux.
05:00de Kevin Tozer, Rachid Medjawi.