- il y a 1 semaine
Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.
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00:00Jeudi, vous avez parlé de courage.
00:01Le courage, il est porté, il est incarné par beaucoup de Français, évidemment.
00:06Et il prend une toute autre dimension quand on est une famille de victimes,
00:10quand on est la maman d'une victime.
00:12C'est une question que l'on pose ce soir, elle est majeure, elle est dans l'actualité.
00:15Comment protéger nos enfants ?
00:16Ce matin, sur notre antenne, Ségolène Royal a lancé l'idée de caméra partout.
00:20Caméra, dit-elle, pour traquer les attouchements et violences sexuelles sur les enfants.
00:24Mais caméra aussi, face aux attaques au couteau, dont sont victimes de très nombreux mineurs.
00:28Et souvent, par des mineurs.
00:30On vous propose ce soir la réaction en exclusivité d'une maman de victime,
00:36la mère d'Elias, Stéphanie Bonhomme, que je salue, tout à fait.
00:40Bonsoir madame, installez-vous, merci d'être là.
00:44Vous êtes également médecin à l'hôpital, vous êtes la mère d'Elias.
00:48On rappelle ce qui s'est passé, évidemment.
00:51Elias a été poignardée à la sortie de son collège, il avait 14 ans.
00:55C'était en janvier 2025.
00:58Et votre combat, vous l'avez toujours, évidemment, il sera éternel.
01:01Vous le poursuivez avec ardeur, avec courage.
01:04C'est pour ça que le mot de courage prend un sens particulier.
01:06Je vous remercie d'être là.
01:08Votre révolte est intacte.
01:11Je salue également Dominique Rizet.
01:13Merci de votre présence, cher Dominique.
01:14Vous êtes consultant police-justice BFM TV.
01:17Il y a beaucoup de questions à vous poser, Stéphanie Bonhomme.
01:20J'ai écouté ce matin chez Apolline de Malherbe,
01:23Ségolène Royal, qui parlait de la présence de caméras partout
01:27pour traquer les comportements tout à fait condamnables.
01:30pour aussi, on imagine, des caméras aux abords de tous les collèges,
01:35dans les rues, pour non pas prévenir, malheureusement,
01:38ni anticiper de tels actes terribles, ces attaques au couteau,
01:42mais pour pouvoir peut-être renseigner une enquête.
01:45Est-ce que je peux vous demander déjà votre avis sur une telle proposition ?
01:49Elle est irréaliste, pour une raison très simple,
01:53puisque c'est la question que j'avais posée à la maire de Paris, Anne Hidalgo.
01:58C'est que poser un peu partout des caméras de surveillance,
02:04ça demande une première chose, c'est-à-dire creuser dans les trottoirs.
02:08Et en fait, il y a des câbles partout.
02:10Déjà, il y a un problème technique.
02:13Et la deuxième chose, c'est qu'il faut des personnes qui regardent ces caméras.
02:18Et le temps d'intervenir, vous pouvez regarder Elias qui se fait poignarder par une machette.
02:25Le temps d'intervenir, ça ne change rien.
02:30Donc, on en avait longuement discuté avec la maire de Paris
02:33et la sous-préfète et l'adjoint au maire en charge de la sécurité.
02:42Je crois que c'est une belle parole.
02:45Mais concrètement, c'est irréaliste matériellement et ça n'apportera rien.
02:52Et ce n'est pas des caméras qui vont dissuader des prédateurs ultra-violents.
02:58Comme c'est important d'écouter aussi votre parole, évidemment, votre regard.
03:02Permettez qu'on écoute Ségolène Royal, ce qu'elle a dit, et votre réaction, Dominique Rizet.
03:07Si je suis élue présidente de la République, ce sera zéro tolérance pour les violences faites aux enfants.
03:12Vous m'entendez ? Zéro tolérance.
03:13La première chose à faire, c'est de mettre des caméras de vidéosurveillance partout.
03:17Pourquoi ça n'est pas encore fait ?
03:18Des caméras dans les écoles ?
03:19Mais bien sûr, dans le périscolaire, mais bien sûr.
03:23Mais bien sûr, déjà, il n'y aura plus de passage à l'acte, mais bien évidemment.
03:27Mais des caméras où partout dans ça...
03:28D'ailleurs, dans tous les lieux où il y a un accueil de publics fragiles, il doit y avoir des
03:34caméras.
03:34Donc ça veut dire quoi ? Dans les EHPAD, dans les crèches, dans les écoles, partout où il y a
03:38un public vulnérable ?
03:39Mais bien sûr, avec le droit aussi aux parents de mettre des caméras quand ils confient leurs enfants à des
03:45nourrices.
03:45Vous les incitez à mettre des caméras quand ils mettent leurs enfants chez les nourrices ?
03:50Et d'ailleurs, je vous annonce que mon premier déplacement sera sur ce sujet.
03:54Beaucoup de propositions à cette campagne présidentielle face à la détresse aussi de ceux qui vivent des situations tragiques.
03:59Qu'en pensez-vous ?
04:00Écoutez, moi je pense que quand Ségolène Royal dit qu'il n'y aura plus de passage à l'acte,
04:04elle se trompe.
04:04C'est une erreur parce qu'il y aura quand même des passages à l'acte.
04:06Vous pensez bien que quelqu'un qui commet un délit ou un crime n'a pas forcément le premier souci.
04:12Enfin, son premier souci, la première réaction de regarder en l'air, c'est une caméra est en train de
04:18le filmer.
04:18En revanche, là où la caméra de vidéo protection, dit-on, peut être utile, Madame Bonhomme,
04:25c'est qu'elle peut ensuite servir à retrouver les auteurs dans l'affaire d'Elias.
04:31Et vous le savez combien vous le savez, les deux auteurs sont signalés au moment de leur fuite.
04:38On les signale, on dit, voilà, ils sont grands, il y a un Africain, il y a un Antillais.
04:43Les policiers qui ont cette information vont rechercher deux personnes qui correspondent à ce signalement.
04:48Pardon pour l'Africain et l'Antillais, ce n'est pas du tout.
04:51Et donc, vont pouvoir les interpeller.
04:55Et c'est vrai que la caméra, elle peut servir.
04:57Et on a beaucoup d'histoires dans lesquelles les caméras de vidéo protection,
05:03l'enlèvement de la petite maïliste, la caméra de vidéo protection était importante,
05:06un attentat à Lyon qui a été solutionné, on a retrouvé l'auteur grâce à la caméra.
05:11Et puis, ces caméras, elles sont intelligentes aujourd'hui.
05:13On n'a pas forcément besoin d'aller chercher, d'aller les alimenter en creusant dans les trottoirs.
05:18Il y a des alimentations avec des petits panneaux solaires.
05:23Et l'intelligence artificielle, c'est ce qui se passe à Disney, à Euro-Disney,
05:27l'intelligence artificielle permet de repérer des mouvements suspects.
05:30Ça n'empêchera pas les passages à l'acte.
05:32Vous permettez une question.
05:32Ça peut un peu dissuader.
05:33Il y a les caméras intelligentes, il y a nos institutions, évidemment, aussi.
05:37Moins intelligentes que les caméras.
05:39Je ne voudrais pas le dire ainsi, mais vous le dites, sans doute le pensent-on ainsi.
05:44Mais c'est nos institutions qui doivent protéger aussi, évidemment, nos enfants, écoles, justice.
05:50Où en êtes-vous, Stéphanie Bonhomme ?
05:51Est-ce que votre révolte est intacte ?
05:54Est-ce que les choses ont avancé ?
05:55Ou est-ce que depuis des mois, voire davantage, les choses sont restées exactement dans le même état ?
06:02Les choses sont exactement dans le même état.
06:06C'est-à-dire que, premièrement, la sénatrice Marie-Claire Cargé avait sollicité auprès du garde des Sceaux,
06:16lors des questions au Sénat, de diligenter une enquête au sein pour évaluer les carences,
06:23voire des responsabilités individuelles au sein du tribunal pour enfants de Paris.
06:28Ça n'a pas eu lieu.
06:30Deuxièmement, le garde des Sceaux a recommandé sa circulaire relative à l'amélioration des victimes.
06:40Il a demandé à ce que, dans les juridictions, il y ait des ritex lorsqu'il y a des drames.
06:46Pascal Bruston, qui est la présidente du tribunal pour enfants de Paris, ne l'a pas fait.
06:50Donc, concrètement, il n'y a pas eu un rapport de l'inspection générale de la justice,
06:58mais après, il n'y a pas eu plus d'investigation.
07:03Et par ailleurs, on en est toujours au même stade, c'est-à-dire que les hauts magistrats protègent les
07:09juges des enfants.
07:10Et donc, on nous a refusé un dialogue pour comprendre les différentes décisions qui ont fait que les meurtriers d
07:19'Elias,
07:20qui étaient très connus, archi connus de la justice, ont continué en toute impunité depuis 2023 à commettre tous leurs
07:30actes.
07:30Je tiens juste à préciser que, lorsque je suis arrivée sur la scène où Elias a été agressé,
07:39il y avait les policiers.
07:41Les policiers, je me permets de vous corriger, avaient sur leur portable les différentes photos de mineurs délinquants qu'ils
07:53connaissaient par cœur.
07:54C'est-à-dire qu'ils ont montré le téléphone et l'ami d'Elias, il y a eu trois
07:58photos qui ont défilé, il a dit « c'est lui ».
08:00Donc, on n'est même pas au stade de la vidéo qu'il va identifier, c'est-à-dire qu
08:06'il y a des mineurs délinquants récidivistes que les policiers connaissent par cœur.
08:12Et en fait, les policiers, ils en ont marre. Ils en ont marre de voir ces mineurs délinquants remis.
08:19Ils les mettent en garde à vue, ils les interrogent, ils sont déférés et ils ressortent avec des mesures d
08:25'éducation judiciaire et ils les retrouvent six mois plus tard.
08:29Et puis, à un moment, comme cette impunité judiciaire, elle est donnée, les deux meurtriers d'Elias, ils continuent.
08:38Ils s'arment d'armes létales et puis ils choisissent deux enfants pour les voler et finalement tuer Elias.
08:47Vous dites que les hauts magistrats protègent les juges des enfants. Il y a eu le mot « carence est
08:54faible » dans cette affaire, des dysfonctionnements qui ont été documentés, qui ont été fléchés, qui ont été identifiés.
09:02Que répondez-vous à ceux qui mettent en avant, pour cette justice des mineurs, une clochardisation de la justice, un
09:10manque de moyens, une mauvaise organisation ?
09:13Vous l'entendez cela ?
09:15Je l'entends, mais je ne l'accepte pas. On a vécu un été caniculaire. La majorité des hôpitaux de
09:24France et des EHPAD, y compris l'hôpital dans lequel je travaille,
09:28ont mis des couvertures de survie sur les fenêtres qui étaient exposées au soleil pour essayer de diminuer la température
09:37au sein des urgences, protéger les patients.
09:40À aucun moment, on n'a pris du retard pour soigner les malades. Et si ça a été le cas,
09:47notre responsabilité aurait été engagée.
09:51C'est-à-dire que nous manquons de moyens, mais néanmoins, on serre les dents et on fait le maximum.
09:57Donc pour moi, c'est un prétexte.
10:00Dominique Rizet, il y a une question qui doit se poser. Vous voyez, on a démarré ce débat avec l
10:05'actualité de ce qui a été dit.
10:07C'est bien d'interroger les propositions des candidats et on voit quand même parfois que même si des caméras
10:11sont nécessaires, évidemment, dans ce genre d'affaires.
10:14Je ne connaissais pas ce détail. Je ne sais pas si vous l'aviez déjà ajouté.
10:17Il est effroyable. Il est effroyable parce qu'il y a une évidence sur le fait que ces mineurs délinquants
10:29sont connus.
10:30Et je tiens à préciser que lorsque la police judiciaire nous reçoit, évidemment, on est en larmes, on ne va
10:37pas bien.
10:38Et on précise que le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, souhaite nous recevoir.
10:44On est dans notre malheur. On se pose la question d'y aller.
10:48Et en fait, le commandant de police judiciaire nous dit, allez-y, faites-le pour nous.
10:54Faites-le pour nous parce qu'en fait, on n'en peut plus.
10:56Nous, on ne peut pas le dire, mais nous, les mineurs délinquants, on les connaît par cœur.
11:03C'est des agressions sexuelles. C'est des violences sur mineurs.
11:07Depuis 2023, les meurtriers d'Elias ont fait plus de 20 victimes.
11:12C'est-à-dire que 20 victimes de vols avec violence, c'est des enfants qui ne sont pas morts,
11:17mais qui sont traumatisés.
11:19Donc, la police judiciaire, elle nous a incité, finalement, ce combat, on l'a entamé pour eux.
11:30C'est-à-dire qu'il y a une forme de désespoir des policiers sur ce cas des mineurs délinquants.
11:40C'est fort ce que vous dites. Désespoir des policiers qui sont aussi le pilier.
11:45Oui.
11:45Un des piliers qui tient encore de militariser notre société.
11:48Et je vous rappelle ces propos de Fabien Van Emelry, qui est le patron du syndicat Alliance,
11:52et qui avait dit à une époque, c'était il y a 3 ou 4 ans, après la mort du
11:56policier Eric Masson en Avignon,
11:58qui avait, lors d'une manifestation, dit « Le problème de la police, c'est la justice ».
12:04Et souvenez-vous des réactions indignées des magistrats.
12:07Et de certains policiers, il faut dire aussi.
12:09Et de certains policiers, d'autres syndicats et d'hommes politiques.
12:12Et en fait, oui, les policiers demandent aux parents, demandent d'ailleurs aux victimes en général,
12:16d'aller porter plainte, d'aller déposer plainte.
12:19Vous parliez tout à l'heure du rapport de l'Inspection Générale de la Justice,
12:22après la mort de votre fils, c'était en septembre 2025.
12:26Et ce rapport mettait en évidence des défaillances dans le suivi judiciaire des meurtriers,
12:31connues pour des violences répétées,
12:32qui n'avaient fait l'objet d'aucune mesure de surveillance particulière,
12:36malgré leurs antécédents.
12:37Et le rapport évoquait une chaîne de décisions défaillantes.
12:40Donc le problème, il est clairement identifié, on le connaît.
12:43Et on se retrouve quand même à toujours commenter les mêmes affaires avec les mêmes arguments.
12:47Est-ce que vous avez accès vous-même au tribunal, justement, pour enfants ?
12:51Est-ce que vous pouvez rencontrer directement des juges ?
12:53Est-ce qu'au moins, le droit au dialogue vous est accordé ?
12:57Le droit au dialogue nous a été accordé par les hauts magistrats pour nous recadrer.
13:02En fait, ces rendez-vous, ils ont eu lieu avec le premier président de la Cour d'appel de Paris
13:08et le président du tribunal judiciaire de Paris pour nous expliquer,
13:13nous, famille endeuillée, quasiment sur le deuxième rendez-vous,
13:19pour nous humilier en nous expliquant que ce n'était pas possible,
13:24que les antécédents judiciaires, nous n'avions pas à les connaître,
13:32puisque c'est des affaires antérieures.
13:34Néanmoins, c'est des affaires antérieures qui vont, avec des décisions,
13:39qui vont, au final, entraîner le décès d'Elia.
13:42C'est-à-dire qu'au mois de novembre 2024,
13:45la juge des enfants qui ordonne un contrôle judiciaire
13:49à celui qui va devenir le meurtrier d'Elias,
13:52mais qu'elle ne retient pas la demande du parquet
13:58qui demande une interdiction de port d'armes,
14:02elle réfute cette proposition.
14:06Donc, on a un enfant qui a un contrôle judiciaire,
14:09mais il ressort et on lui dit,
14:11alors en plus pour les mineurs, le contrôle judiciaire,
14:13c'est beaucoup plus limité que pour un majeur,
14:15et il ressort et on lui a dit,
14:17non, tu n'as pas d'interdiction de port d'armes.
14:20Et ça, c'est le 5 novembre 2024.
14:22Donc, nous, on a souhaité rencontrer ces juges pour poser les questions.
14:27Et en fait, les hauts magistrats protègent leur corporation,
14:33protègent leurs juges,
14:34pour ne pas donner des explications,
14:38puisque finalement, pour eux,
14:40expliquer, c'est rendre des comptes.
14:43Alors que pour nous, expliquer, c'est comprendre et ne pas juger.
14:48Je crois que le droit de savoir, le droit à la parole,
14:51normalement, pour vous, il doit être plus qu'automatique,
14:54il doit être naturel et instinctif.
14:56Est-ce que cette situation est généralisée ?
14:59Je ne sais pas.
14:59Je ne m'espère pas.
15:00Oui, cette affaire, pardon madame, elle ne me surprend pas du tout.
15:04Et votre témoignage poignant et votre combat,
15:07c'est le combat de malheureusement beaucoup de parents
15:12qui voudraient la vérité, qui voudraient connaître,
15:14et que la justice passe d'ailleurs après la mort de leurs enfants.
15:17Et on voit aussi, si vous n'avez pas des avocats solides,
15:20si vous ne rejoignez pas, il y a des possibilités.
15:24Une association qui va vous soutenir, qui va vous aider.
15:27J'ai l'impression que la justice, mais bon, c'est vrai que je tiens souvent
15:31ce genre de propos, à parfois, pas toujours, mais du mépris pour les victimes.
15:35Vous êtes au contact avec les policiers très souvent.
15:38Donc j'imagine que vous avez déjà entendu ces récits.
15:40Il y a un véritable désespoir chez ces policiers.
15:43Certains vous disent, moi je n'ai plus à cœur peut-être de continuer,
15:46moi je n'en peux plus de la même situation.
15:48Les policiers et les gendarmes sont pour beaucoup d'entre eux totalement démotivés.
15:52Je vous rappelle quand même, on disait, le problème de la police, c'est la justice.
15:55Il y avait un général de gendarmerie qui s'appelle le général Bertrand Soublet,
15:59qui un jour a dénoncé des faits, qui a dit, voilà, nous, notre problème,
16:02il était numéro 3 de la gendarmerie, directeur des opérations et de l'emploi.
16:05Notre problème, c'est la mise à disposition d'individus, de personnes,
16:11j'enlève le mot individu, de personnes qui sont libérées assez rapidement ou aussitôt.
16:16Et donc, nos hommes sur le terrain ne comprennent pas.
16:18Le général Soublet, il a ensuite été muté à l'outre-mer,
16:22il a commandé l'outre-mer et il a fini par quitter la gendarmerie
16:25après avoir écrit un livre qui s'est beaucoup vendu.
16:28Mais ce général est oublié, ses propos sont oubliés,
16:31et ce qu'il a dit est oublié.
16:33– Mais quel électrochoc, pardonnez-moi ?
16:36Voici Stéphanie Bonhomme, la maman d'Elias,
16:40qui fait partie de ces trop nombreuses aujourd'hui familles de victimes,
16:44qui demandent des explications, des clarifications.
16:46Il n'y a aucun désir de vengeance,
16:48il n'y a pas de désir de punition de magistrats,
16:52il y a le dialogue.
16:54Qu'est-ce qu'il y a de plus beau dans une démocratie,
16:56malgré le choc subi et la tragédie,
16:58que de devoir dialoguer pour comprendre ?
17:00Moi j'étais à la place des justes, il faut prendre cette main tendue, au contraire.
17:04– Oui, la justice devrait chaque semaine prendre des nouvelles
17:07de Mme Bonhomme et de son mari et de leurs enfants,
17:10en leur demandant comment ça va,
17:12en leur expliquant où en est le dossier,
17:14en les informant sur l'état d'avancement du dossier.
17:17C'est comme ça que ça devrait se passer,
17:18dans un monde normal, ça devrait se passer comme ça.
17:21– Alors ça se passe comme ça, ça s'est passé comme ça,
17:24puisque l'instruction est finie avec la juge d'instruction
17:26qui a mené cette instruction,
17:29mais ce n'a pas été le cas avec les juges des enfants
17:32qui, antérieurement,
17:37qui précédemment, avaient suivi les meurtriers des liens.
17:40C'est nous, on a des questions à poser,
17:44et là, aujourd'hui, en fait, les hauts magistrats,
17:51leur cynisme nous ont humiliés dans notre malheur,
17:57et en même temps, paradoxalement, ils nous ont renforcés.
18:00C'est-à-dire qu'ils ont renforcé notre détermination,
18:04ils ont renforcé notre famille,
18:06puisqu'on s'est dit, en fait, on touche un sujet
18:11qui les déstabilise,
18:14et nous, on est malheureux,
18:17mais on va y aller.
18:18On va y aller pour Elias,
18:20on va y aller pour les autres victimes,
18:23on va y aller pour la jeune Liana,
18:26l'enfant Liana,
18:26puisque quand les parents,
18:28enfin, je me permets de dire ça,
18:31je pense que quand les parents de Liana
18:32vont relever la tête,
18:34ils vont demander des explications,
18:37ils vont demander à la procureure d'Oche
18:39comment on est arrivé là,
18:41ils vont probablement demander aux gendarmes aussi
18:44ce qui a pu se passer.
18:45Sauf que les gendarmes, eux,
18:47ils ne pourront pas se défiler.
18:49Ils répondront en question.
18:52Les médecins ne peuvent pas se défiler.
18:54Nous répondons en question.
18:56Et les juges considèrent qu'au nom de l'indépendance,
19:00ils ne peuvent pas répondre aux questions.
19:02Sauf que, comme disent mes enfants,
19:06mes grands-enfants,
19:06ils rêvent leur vie.
19:08C'est-à-dire que l'indépendance,
19:10elle est vis-à-vis du pouvoir,
19:12elle est vis-à-vis de leur hiérarchie,
19:14elle est une indépendance économique,
19:17mais à aucun moment,
19:18ils sont indépendants des victimes,
19:22des citoyens, des justiciables.
19:24Votre phrase,
19:26je vais la retenir pour clore cet entretien,
19:28le cynisme des magistrats m'a humiliée,
19:30fait mal, madame, vraiment.
19:32Et on vous souhaite quand même beaucoup de...
19:35Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter ?
19:36On vous souhaite la solidarité avec votre famille.
19:39Je sais qu'elle est très présente pour bien vous connaître.
19:41Donc, merci pour ce témoignage.
19:42Merci.
19:43Merci, Dominique Rizet,
19:44de nous avoir accompagnés.
19:46Bravo pour votre courage.
19:46Et c'est important,
19:47quand certains ne vous entendent pas,
19:49évidemment que vous ayez accès.
19:50Il est heureux que vous ayez accès à tous les plateaux.
19:52Je vous ai vu également
19:53dans un formidable article de Libération.
19:56Donc, croyez bien que vous avez les médias transpartisans,
19:59si je puis dire, derrière vous.
20:01Et ça, c'est important.
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