- il y a 7 semaines
Ce jeudi 3 septembre, Sandra Gandoin a reçu Sébastien Wolff, cofondateur d'ExcelRise Investments, et Marie Tellechea, avocate et fondatrice du cabinet Tellechea Avocats, dans l'émission BFM Entreprise, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.
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00:01BFM Business présente
00:07BFM Entreprises, transmission, les règles.
00:11Sandra Gondoye
00:12Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver pour cette nouvelle émission BFM Entreprises,
00:19l'émission qui plonge au cœur de la vie des boîtes tout au long de la semaine.
00:22Vous le savez, le lundi on parle de leadership, le mardi des outils RH,
00:26le mercredi de croissance et le jeudi de transmission, c'est le cas.
00:29Aujourd'hui, on va parler de la transmission d'une usine de plastique recyclée.
00:33Comment s'est faite la prise de décision ?
00:35Quel cadre juridique s'est appliqué ?
00:38Quelle transformation cela a entraîné ?
00:39Quelles questions se sont posées tout au long du processus ?
00:42Mes invités du jour, Sébastien Wolf, cofondateur d'Excelrise Investment.
00:47Bonjour, ravie de vous accueillir sur ce plateau.
00:49Et Marie Téléchéa, avocate et fondatrice du cabinet Téléchéa, avocate.
00:52Bonjour Marie, ravie de vous avoir tous les deux sur le plateau.
00:55BFM Entreprises, on parle de transmission ce midi.
00:57C'est parti.
01:00Le témoignage.
01:01Le témoignage, c'est le vôtre aujourd'hui.
01:03Sébastien Wolf, vous êtes le cofondateur d'Excelrise Investment.
01:07Que fait cette entreprise ?
01:10Excelrise, c'est une holding industrielle de reprise d'entreprises en difficulté
01:14qu'on a cofondé avec mes cinq associés il y a une vingtaine d'années.
01:18On est très opérationnel, donc on dirige les entreprises qu'on reprend.
01:23Et aujourd'hui, Excelrise, c'est à peu près 120 millions d'euros de chiffre d'affaires et 500 collaborateurs,
01:29essentiellement dans les secteurs de l'emballage plastique et du recyclage plastique.
01:31Ça fait de vous, à chaque reprise, le dirigeant ou le co-dirigeant de l'entreprise que vous venez de
01:37reprendre ?
01:37Oui, tout à fait. Donc on est investisseur et repreneur.
01:40Et à ce titre, quand on reprend une entreprise, dès le lundi, on est dans l'usine,
01:45aux côtés des salariés, aux côtés des équipes dirigeantes.
01:48Et puis on opère le retournement, parfois sur de longues années,
01:52parce que c'est un exercice qui est assez long.
01:56Donc ça peut durer deux, trois, quatre ans.
01:58Une des entreprises du groupe est détenue depuis plus de 20 ans.
02:01Vous avez dit que vous étiez dans le plastique, effectivement, au cours de ces 20 années.
02:06Est-ce que vous avez balayé plusieurs domaines différents
02:08pour ensuite arriver aujourd'hui plutôt au plastique recyclé ?
02:11Oui, alors on a été plutôt dans les domaines industriels.
02:14Donc la première opération était dans le domaine des adhésifs.
02:17On a été un peu dans le textile.
02:19On a été un peu dans la santé.
02:21On a fait une petite digression dans le e-commerce, également, avec mes associés.
02:27Et le fil conducteur depuis 20 ans, c'est quand même le plastique.
02:30Donc les emballages, première opération de l'équipe,
02:33et le recyclage qui est l'opération plus récente dont on va parler.
02:36Alors je pose une question à Marie sur la forme juridique,
02:38effectivement, de toutes ces reprises d'entreprise.
02:40Quand on a une holding spécialisée comme ça,
02:42est-ce que toutes les situations juridiques peuvent s'appliquer
02:45à des reprises d'entreprise via une holding de cette sorte, Marie ?
02:49En fait, quand on a une holding comme ça,
02:51on s'intéresse plutôt à des entreprises, certes en difficulté,
02:54mais qui ne sont pas encore en état de station des paiements,
02:56en procédure collective.
02:57C'est des sociétés qui ont des difficultés.
03:00Et la holding a fait un diagnostic, a vu quelles étaient les origines
03:05et a des idées pour la retourner.
03:08Et le cas juridique dans ce cas-là, c'est la procédure amiable,
03:11donc conciliation au mandat ad hoc,
03:13parce qu'en fait, on va se mettre sous l'égide du tribunal de commerce
03:16de manière confidentielle.
03:18Le juge va, on va dire, regarder un point de vue sur les négociations
03:25et ça permet de donner un cadre juridique sécurisé à la négociation
03:28et un petit peu de temps, permettre la session.
03:31J'allais dire, je voulais parler un petit peu de contexte,
03:34parce qu'on parle énormément de reprise d'entreprise,
03:36de transmission d'entreprise.
03:38Est-ce que vous, l'augmentation de ces cas d'entreprise
03:41à reprendre, ces 370 000 entreprises à reprendre d'ici 2030,
03:45ça fait gonfler vos projets qui sont sur le feu ?
03:50Est-ce que ces entreprises-là concernent votre activité, par exemple ?
03:54Alors, nous, on est sur un créneau particulier
03:56qui est la reprise d'entreprise en difficulté.
04:00On constate sur ce créneau une très forte augmentation
04:03du nombre de dossiers, compte tenu de la situation économique
04:06du pays, d'un certain nombre de filières.
04:08Et ce qu'on a constaté, c'est effectivement plus de dossiers
04:11depuis deux ans, beaucoup plus,
04:13et une plus grande variété de secteurs.
04:14Donc, en fait, vous êtes plus concerné par l'état économique du pays
04:18que par réellement le facteur départ à la retraite des dirigeants, finalement ?
04:23De par notre transmission.
04:24Après, les départs à la retraite ou une vacance en management,
04:28ça peut parfois créer une situation spéciale, une situation difficile.
04:32Et dans ce cas-là, le dossier nous est transmis.
04:34Alors, on va parler ici de l'achat, l'exemple du rachat
04:37d'une usine de recyclage de films plastiques.
04:40Est-ce que vous pouvez nous dire comment vous avez repéré
04:42ce projet spécifiquement ?
04:43Alors, sur les entreprises en difficulté, en général,
04:47et ce n'était pas le cas de cette société,
04:49c'est à travers des réseaux,
04:51cabinet d'avocats, administrateurs judiciaires,
04:55petites annonces.
04:56Là, en l'occurrence, on était présents dans le secteur
04:58à travers nos activités d'emballage plastique,
05:00et on cherchait à se diversifier.
05:04On voyait des tendances arrivées, tendances sociétales
05:06sur l'économie circulaire, des tendances réglementaires.
05:09Et on avait identifié une dizaine de cibles.
05:13Donc là, ça a été une démarche proactive d'aller contacter
05:16ces 10 cibles en France pour essayer de monter une opération.
05:20Alors, qu'est-ce qui fait la différence entre ces 10 cibles ?
05:22Quels critères il faut remplir pour que vous,
05:25derrière, vous choisissiez cette entreprise à reprendre ?
05:28Alors, là, en l'occurrence, c'était la seule qui était à transmettre.
05:33Les autres, quand on regarde vraiment spécifiquement
05:35le secteur du risqué plastique, il y a très peu d'acteurs.
05:37À l'époque, il y avait très peu d'acteurs,
05:38il y en a beaucoup plus aujourd'hui.
05:40Et donc, il n'y avait pas beaucoup de choix.
05:42Donc, on sait, si c'était à refaire,
05:44on aurait peut-être repris une société un peu plus grosse, etc.
05:46Mais là, en l'occurrence, c'était le seul dossier disponible.
05:49Bon, alors, vous me dites, quand on a préparé l'émission,
05:52que la reprise a été mouvementée.
05:55Moi, étape par étape, j'aimerais bien savoir
05:56comment ça s'est passé et quelles difficultés, justement,
06:00vous avez rencontré, ce qui différait un petit peu
06:03de la vision que vous aviez du projet, finalement.
06:05Alors, c'est toujours un peu différent.
06:07On a toujours des surprises.
06:09Là, on a eu un contexte particulier,
06:12parce qu'en fait, la reprise a été faite fin 2019.
06:15Covid.
06:15Et trois mois après, c'est qu'il y a eu une des clés
06:19quand on reprend une entreprise,
06:20c'est d'être présent sur le terrain,
06:21aux côtés des salariés, de communiquer.
06:24Et là, on n'a pas pu faire,
06:25en tout cas beaucoup plus difficilement,
06:26en pointillé, ce travail très opérationnel
06:29de présence de communication.
06:30Donc, c'était la première difficulté.
06:32La deuxième, c'est que même si on a l'habitude
06:33des secteurs industriels,
06:35c'est vraiment une activité émergente.
06:37Le recyclage, c'est une filière qui n'existait pas vraiment.
06:42Donc, on a eu des difficultés,
06:43on va dire un peu classiques pour un industriel,
06:45de mise sous contrôle de la ligne.
06:48On a eu des problèmes, des pannes, etc.
06:51Donc, la partie stabilisation industrielle était plus longue.
06:55Vous en avez eu d'autres, des problèmes ?
06:58On a eu ensuite des problèmes classiques.
07:00En tout cas, ça nous a occupés pendant deux ans.
07:03Quand on est dans ce genre de situation,
07:04il faut faire bien entendu très attention au cash.
07:07Donc, on a dû gérer la situation de trésorerie au mieux.
07:12Et puis, on a fait quand même un gros travail de transformation.
07:15C'était une petite société,
07:16une société qui faisait moins de 3 millions d'euros de chiffre d'affaires,
07:19avec moins d'une dizaine de personnes.
07:21Et donc, il a fallu aussi, je dirais,
07:24travailler sur l'outil industriel,
07:27investir, rénover une partie de l'entreprise.
07:30Ce n'est pas forcément des difficultés spécifiques du retournement,
07:33mais des difficultés de tout type de reprise.
07:35Marie, est-ce qu'on peut vendre ou racheter une entreprise en difficulté
07:38pendant une procédure confidentielle
07:39et lui éviter une procédure collective ?
07:41Expliquez-nous déjà ce que c'est que ces deux termes,
07:44procédure confidentielle et procédure collective.
07:46Alors, procédure confidentielle,
07:47c'est mandat ad hoc ou conciliation.
07:50La société qui rencontre des difficultés,
07:52donc souvent du cash,
07:54mais qui a quand même, on va dire, de l'avenir,
07:57et où un repreneur qui a identifié une société,
08:00qui veut reprendre une société qui a des problèmes de cash,
08:02mais qui a de l'avenir,
08:03va solliciter l'ouverture de cette procédure
08:05devant le président du tribunal de commerce.
08:08Tout ça, c'est confidentiel.
08:10Et il va nommer un conciliateur
08:13qui est en réalité souvent un administrateur judiciaire.
08:16Et c'est cette personne qui représente
08:20le garant des parties en présence.
08:22Et c'est lui qui va négocier avec les divers créanciers.
08:25Et par exemple, un repreneur comme ExcelRise
08:27va arriver, mais va dire,
08:29OK, il y a une dette bancaire qui est très importante.
08:32Moi, je vais m'asseoir à la table des banquiers.
08:35Je vais leur proposer, par exemple,
08:37un paiement cash et moyennant un abandon, par exemple.
08:39Ou un report de l'échéancier bancaire.
08:43On va aller voir aussi l'État.
08:44On va aller voir l'Ursaf.
08:47On va aller voir le fiscal.
08:48On va leur dire, voilà, nous, on va reprendre la société.
08:50Il y a un besoin de trésorerie qu'on a identifié.
08:53On est en mesure de le mettre.
08:54On est sérieux. En revanche, on va vous demander
08:55des efforts, un moratoire.
08:57Et toutes ces négociations, ça va être fait
09:00sous l'égide du conciliateur, de manière confidentielle.
09:03En revanche, une procédure collective,
09:05c'est la société.
09:06Elle n'a pas trouvé ce fameux repreneur
09:08pendant cette période où elle avait encore
09:11un avenir in bonus, comme on dit.
09:13Et elle a été obligée de déclarer son état
09:15de station des paiements.
09:16Et là, on est au tribunal.
09:17Et c'est l'administrateur judiciaire
09:19qui va lancer un appel d'offres public.
09:22Donc, tout candidat peut supporter candidat,
09:25mais c'est public.
09:26Donc, ça peut abîmer un petit peu l'activité, la société.
09:30Concrètement, comment ça sécurise le repreneur
09:32et les créanciers, cette session, pendant la conciliation ?
09:35Alors, il y a deux éléments juridiques à cette session.
09:41C'est le suivant.
09:42C'est si le tribunal trouve que la session
09:45permet d'assurer la pérennité de l'entreprise.
09:47Elle dit, effectivement, ce repreneur est sérieux,
09:49il a des synergies, il a l'habitude.
09:52Première étape, il y a un besoin.
09:55Il y a un prévisionnel d'exploitation et de trésor
09:57et il y a un qui est transmis au tribunal.
09:59Est-ce qu'il y a un besoin de cash ?
10:01Si oui, est-ce qu'il a été financé ?
10:03Première étape, il trouve que ça va assurer
10:05la pérennité de l'activité et de l'emploi.
10:07Il va aussi regarder si ça ne porte pas atteinte
10:10à certains créanciers
10:11qui n'ont pas été dans la négociation de cette session.
10:15S'il valide ces deux conditions,
10:17il va homologuer la session,
10:19ce qui va lui donner une force juridique.
10:22C'est-à-dire que même s'il y a un dépôt de bilan ultérieurement,
10:26on ne pourra plus revenir en arrière,
10:27on ne pourra plus dire que le repreneur
10:29a commis des fautes, etc.,
10:31dans le cadre de cette reprise,
10:32parce que ça a été validé par le tribunal,
10:34ce qui donne une garantie quand même au repreneur
10:37qui est sécurisant.
10:39Et deux, lorsque des fonds sont mis dans la société
10:42dans le cadre de cette reprise,
10:44ce qui est souvent le cas pour une entreprise en difficulté,
10:46ça donne un privilège de new money
10:49à ce repreneur, à ce créancier.
10:51Ce qui veut dire que si malheureusement
10:53il y a une faillite qui arrive après,
10:55pour diverses raisons, ce repreneur sera payé
10:58en priorité de cette créance
11:00qui a été versée dans le cadre de la session.
11:02On parle ici d'une période de combien de temps
11:05pour assainir et reprendre un dossier comme ça ?
11:08Sébastien ou Marie, dites-moi.
11:12Opérationnellement, c'est en général
11:13entre un an et un an et demi, à peu près.
11:17Et c'est un an, un an et demi
11:18durant lesquels on ne fait pas de grande stratégie.
11:20C'est-à-dire qu'on est vraiment sur...
11:22On est dans l'attente.
11:23On est sur le terrain,
11:25on prend beaucoup de décisions de bon sens
11:27et puis on essaie, je dirais,
11:29de sortir le plus vite possible des difficultés.
11:30Mais ça prend du temps.
11:31Oui, ça prend du temps, c'est ça.
11:33Et en quoi c'est plus intéressant
11:34de passer par cette procédure-là
11:36plutôt que d'attendre le redressement judiciaire, Marie ?
11:39Alors, c'est plus intéressant
11:41quand on a un très, très gros appétit
11:44sur la société cible
11:45parce que ça évite la concurrence.
11:48D'accord ?
11:49C'est confidentiel.
11:51Il n'y a que nous qui sommes en négociation,
11:53enfin que le repreneur qui est en négociation
11:55pour reprendre ses titres.
11:56C'est confidentiel.
11:56Donc ça n'abîme pas la société.
12:00Les partenaires ne sont pas au courant.
12:02Ensuite, ça peut être très rapide.
12:04Contrairement à un appel d'offres
12:06en redressement judiciaire
12:07où il y a des délais incompressibles
12:09de greffe, de publicité, etc.
12:11Et c'est souple.
12:12C'est-à-dire que dans le cas
12:13d'un plan de cession en procédure collective,
12:14il y a des règles
12:15de traitement des créanciers,
12:18de traitement du prix de cession.
12:20Or là, on peut faire une négo.
12:22Donc c'est plus souple.
12:23C'est les trois avantages.
12:24Moi, vous me parliez tout à l'heure,
12:26je vous ai posé la question d'ailleurs,
12:27des difficultés que vous aviez rencontrées
12:29pendant cette période,
12:30notamment parce que ça s'est fait
12:31au moment du Covid
12:32et que tout ça prend du temps.
12:34Malgré tout, quels étaient les atouts
12:36de cette usine de recyclage de plastique
12:38pour que vous la choisissiez ?
12:40C'était le potentiel ?
12:41Vous disiez qu'à l'époque,
12:42il n'y en avait pas beaucoup,
12:43mais qu'il y en a déjà beaucoup plus.
12:44Vous l'aviez senti, ça,
12:45que le marché allait s'agrandir ?
12:47Oui, alors c'était clairement le marché.
12:50Donc on voulait prendre une position
12:51sur le marché.
12:51C'est des activités qui sont
12:52assez réglementées.
12:54Donc on avait,
12:55c'est un des gros atouts,
12:56c'est qu'il y avait un existant
12:57avec des autorisations d'exploiter.
12:59C'est parfois très long
13:00d'obtenir ces autorisations
13:02en Europe.
13:04Il y avait également
13:05des savoir-faire techniques.
13:06Une partie, malheureusement,
13:07qu'on a perdue durant le Covid.
13:08Certains salariés
13:09qui ne sont pas revenus
13:10à la fin du Covid.
13:11Il y avait des savoir-faire techniques
13:13et un petit peu de fonds de commerce.
13:15Donc c'était une très bonne base
13:16de départ.
13:17Et notre projet était de toute façon
13:18de faire quelque chose
13:19de plus ambitieux.
13:20De plus ambitieux.
13:21Et vous allez nous expliquer
13:22à quoi vous êtes arrivés.
13:23Ce n'est pas terminé.
13:24Évidemment, on a parlé là
13:26des conditions purement financières
13:28et juridiques avec Marie.
13:30Mais quand on reprend
13:30comme ça une entreprise,
13:31d'autant plus que vous l'avez dit,
13:33vous arrivez du jour au lendemain,
13:35vous dirigez l'entreprise.
13:36Quels sont les défis
13:37qui se présentent à vous
13:38quand vous arrivez face au personnel,
13:41face aux décisions stratégiques,
13:42face justement au projet
13:43d'agrandissement ?
13:44Qu'est-ce qui se présente à vous
13:45et que vous devez gérer, vous ?
13:48Le défi numéro un,
13:50c'est notamment dans les sociétés
13:52qui ont traversé des phases de crise,
13:55c'est de remobiliser.
13:56Donc, c'est vraiment les RH
13:58ou la communication,
14:00quel que soit le terme qu'on choisit,
14:02mais c'est de passer beaucoup de temps
14:03à expliquer aux équipes,
14:05à expliquer aux clients,
14:06à expliquer aux fournisseurs,
14:07à expliquer aux partenaires financiers
14:08ce qu'on veut faire de l'entreprise.
14:10Et donc, les 100 premiers jours,
14:12de certaines manières,
14:13c'est essentiellement de la communication.
14:15Donc ça, c'est un des premiers défis.
14:17Le deuxième défi,
14:18puis viennent après les décisions stratégiques,
14:21d'investissement, etc.
14:21Mais c'est vraiment de travailler beaucoup
14:24sur la communication,
14:25de repositionner l'entreprise progressivement.
14:28Et puis, un des points très importants,
14:31c'est qu'il faut essayer d'aller vite.
14:33La rapidité de l'exécution est absolument clé.
14:37Quand on reprend une entreprise,
14:38on a en tête des sujets qui sont difficiles,
14:41on a d'autres sujets qui apparaissent.
14:43Il faut absolument que,
14:45par rapport à l'agenda qu'on s'est fixé,
14:47qu'on essaie d'aller une fois et demie,
14:48deux fois plus vite,
14:49parce que ça permet de se donner une marge de manœuvre
14:51face à des imprévus.
14:52Face aux difficultés que vous aviez rencontrées au début,
14:55sur le contexte,
14:57sur la stratégie,
14:58sur la réglementation,
15:00le côté réglementaire,
15:01combien de temps ça a pris
15:02de régulariser, stabiliser la situation
15:05et ensuite pouvoir se concentrer à nouveau
15:07sur la stabilité
15:08et sur le projet que vous aviez en tête ?
15:10Ça a pris deux ans.
15:12S'il n'y avait pas eu la phase de Covid,
15:13ça aurait peut-être pris un an et demi,
15:14mais ça a pris deux ans
15:16pour remettre l'entreprise
15:17vers une trajectoire de rentabilité.
15:19deux ans durant lesquels
15:20on n'a pas fait qu'éteindre les feux
15:22et gérer la crise.
15:23On a aussi préparé l'avenir
15:24et on a notamment modifié
15:26un peu le business model de l'entreprise.
15:28Il est passé de quoi à quoi ?
15:29Vous allez nous faire un petit comparatif
15:31entre ce qu'était la société
15:32quand vous l'avez reprise,
15:33donc c'était il y a quoi ?
15:34Six ans ?
15:35Sept ans ?
15:35Cinq ans.
15:35Et ce qu'elle est aujourd'hui ?
15:39Qu'est-ce qui a changé ?
15:40Au niveau des chiffres,
15:42c'est une entreprise,
15:43je vous parlerai ensuite
15:44de l'intervention de la BPI,
15:46c'est une entreprise
15:47qui faisait moins de 3 millions
15:49d'euros de chiffre d'affaires,
15:49on est à plus de 25 millions
15:51et on est passé de moins de 10 salariés
15:53à une cinquantaine.
15:55Et à partir de cette usine,
15:57donc l'usine initiale du XL Recycling
15:59à côté de Saint-Étienne,
16:00on a fait des petits,
16:02il y a maintenant 4 usines en France.
16:03Avec du nouveau matériel,
16:05avec des nouvelles technologies.
16:06On a travaillé,
16:08alors la BPI est intervenue
16:10fin 2021.
16:11Oui, parce qu'elle ne s'y intéressait pas
16:12au départ et puis là d'un coup
16:13elle s'est mise à investir.
16:15Exactement,
16:16avec un fort intérêt
16:17pour le secteur du recyclage plastique
16:19et on a notre holding
16:21XL Rise et la BPI
16:23financer un plan d'investissement
16:24de 20 millions d'euros
16:25qui nous a permis de créer
16:26des usines supplémentaires en France,
16:29de faire de la croissance
16:30et puis également
16:31de modifier de mise à ce modèle.
16:33On s'est notamment intégrés
16:34dans la collecte de déchets,
16:36donc pas uniquement
16:36la partie industrielle,
16:37mais on va collecter nous-mêmes
16:38nos propres déchets
16:39pour pouvoir notamment
16:41contrôler mieux
16:42la qualité de l'entrant
16:42et capter une partie de la marge
16:44qui est en amont.
16:45Il y a une vraie mission
16:46là-dedans, effectivement.
16:47Votre vision de l'entreprise
16:49d'ici à 2 à 3 ans,
16:51c'est quoi ?
16:51Vous voulez en faire quoi
16:52dans les prochaines années ?
16:54J'imagine que vous allez
16:55continuer cette croissance ?
16:57Oui, alors bon,
16:58il y a des soubresauts
17:01sur le marché,
17:01il y a des allers-retours
17:02réglementaires
17:03qui font que parfois
17:04c'est difficile
17:04de lire l'avenir.
17:06On a, avec cet investissement
17:08aujourd'hui,
17:09le premier outil industriel
17:10en France
17:11pour le recyclage
17:12des films plastiques
17:12et la capacité
17:13à monter
17:14à plus de 50 millions
17:15d'euros de chiffre d'affaires
17:15avec les investissements
17:16qui ont déjà été réalisés.
17:18Donc, on travaille là-dessus.
17:20Il y a des évolutions
17:20réglementaires importantes.
17:22Puis, on a également
17:23beaucoup de demandes
17:24des clients finaux
17:24qui sont les acteurs
17:25de la grande consommation notamment,
17:26qui veulent plus de plastique
17:27recyclé dans leurs emballages.
17:28Donc, le marché
17:29est en forte croissance.
17:30On a nous-mêmes eu
17:31une croissance de 30% par an
17:32depuis une vingtaine d'années.
17:33Et donc, d'ici 2030,
17:35on s'imagine être
17:36aux alentours de 50 millions.
17:38Est-ce que les risques,
17:39tous les risques
17:40de l'entreprise,
17:41je sais que la réponse
17:42est non,
17:42mais sont passés
17:43une fois qu'on a réussi
17:45une telle transformation,
17:46qu'on a réussi
17:47à upgrader
17:48une belle entreprise
17:49comme ça,
17:49une belle usine de recyclage,
17:50enfin, 4 sites, Marie,
17:52c'est quoi les risques
17:53auxquels il faut faire
17:54un peu attention
17:54juridiquement parlant
17:56On a vu les risques,
17:57on va dire les risques
17:58liés à la reprise.
18:00Dans le cadre de la Concile,
18:01on peut dire
18:02qu'ils sont purgés
18:03grâce à l'homologation
18:04par le tribunal de commerce
18:05qui a validé
18:06la pérennité de l'entreprise.
18:08Après, les risques
18:10opérationnels,
18:12et c'est pour ça
18:12que les entrepreneurs
18:14sont des personnalités
18:15très audacieuses,
18:17on ne peut pas les pallier,
18:18malheureusement.
18:19On ne peut pas,
18:19et ça, ça dépend du marché.
18:21On peut, en revanche,
18:23lorsqu'il y a des tensions
18:24de trésorerie,
18:25ça peut arriver
18:25par rapport au contexte économique
18:27de ces 4-5 dernières années
18:28avec plein d'origines
18:30conjoncturelles.
18:31On peut repartir voir
18:32un petit peu l'État
18:33qui est quand même
18:35assez à l'écoute.
18:36On peut repartir voir
18:37un petit peu
18:37le président du tribunal
18:39si on a des besoins
18:40de renégocier encore
18:41un petit peu les dettes.
18:42Mais la rentabilité,
18:45ça, c'est aux dirigeants
18:47et aux actionnaires
18:48de faire leur affaire.
18:51C'est très intéressant
18:52ce que vous dites
18:52parce que vous dites
18:53qu'il y a un énorme potentiel
18:54dans le recyclage
18:54de plastique.
18:55Est-ce que les pays voisins,
18:56par exemple,
18:57est-ce que votre activité,
18:58elle est devenue internationale
19:00au fil des années
19:00ou est-ce que les pays voisins
19:02ont aussi des entreprises
19:03qui vous ressemblent
19:04ou c'est un marché
19:05que vous regardez
19:06très très fortement
19:07parce qu'ils ont conscience
19:09aussi de ces besoins-là
19:10maintenant ?
19:11La France est assez en retard.
19:13Donc on est un des rares acteurs
19:15en France à opérer
19:17sur ce marché.
19:17Je croyais qu'on était
19:18des bons élèves, moi,
19:19en recyclage plastique.
19:20On est parmi les derniers
19:21en termes de capacité installée,
19:22de collecte, de tri, etc.
19:24Les autres pays
19:25sont plus en avance,
19:26notamment l'Espagne, l'Italie.
19:28Il y a des réglementations
19:29européennes qui se sont mises
19:30en place avec des obligations
19:31d'intégration de matières recyclées
19:34et les pays se les approprient
19:36au fur et à mesure.
19:37La France est en retard
19:38sur la filière
19:39mais la France est assez en avance
19:40sur les incitations
19:41pour mettre du recycler
19:43dans les emballages.
19:43Donc on pense que la croissance
19:45va d'abord venir de la France.
19:46Donc c'est là-dessus
19:47qu'on veut se positionner
19:48mais derrière,
19:49les autres pays
19:49vont progressivement s'ouvrir.
19:50Je vois ce que vous êtes
19:51en train de faire.
19:52Vous allez vouloir passer
19:53dans la partie croissance
19:54de cette émission.
19:55Je vois très bien,
19:55effectivement,
19:56et ce sera avec un grand plaisir.
19:58Juste les conseils de l'expert
19:59pour terminer.
20:00Le conseil de l'expert.
20:03Quelles erreurs vous pensez
20:05que vous avez faites
20:06pendant ce processus
20:07de reprise
20:08de cette usine de recyclage
20:10et que vous auriez aimé
20:11éviter, Sébastien ?
20:13Une des erreurs,
20:16c'était,
20:17on a repris une société
20:18de petite taille.
20:19Oui.
20:20Et donc le groupe
20:21a cherché à intégrer
20:22cette société
20:23et ce qui est très compliqué,
20:24c'est de doser
20:25le poids du groupe
20:26par rapport à une société
20:27de petite taille.
20:28Donc par exemple,
20:29de lui imposer
20:29des reportings trop importants,
20:32du réglementaire trop important.
20:34Donc il a fallu en permanence
20:35décider de quel était
20:36le bon dosage
20:37entre la centralisation
20:38et la décentralisation.
20:40Donc si c'était à refaire,
20:41je pense qu'on aurait
20:43une phase d'intégration
20:44peut-être un petit peu
20:45plus flexible.
20:46Marie,
20:47dans cette situation
20:49de reprise d'entreprise,
20:50quel conseil
20:50vous donneriez
20:51à une autre personne
20:54qui veut reprendre
20:55une entreprise
20:56dans les mêmes conditions-là ?
20:58La démarche à suivre
20:59la plus intéressante ?
21:00Les repreneurs spécialisés
21:02le savent,
21:03mais il faut passer
21:04par la case
21:04président du tribunal
21:06de commerce.
21:06On ne peut pas racheter
21:07une entreprise
21:09qui rencontre
21:10des difficultés,
21:11même si elle n'est pas
21:12en étatisation des paiements,
21:13mais on sent quand même
21:14que ça commence
21:14un petit peu à venir,
21:16qu'il y a des tensions
21:17trésorées qui vont arriver
21:17même dans six mois.
21:19Il faut passer
21:20par la case avocat,
21:21évidemment,
21:22et président du tribunal
21:23de commerce
21:23pour que ça soit bien
21:24homologué
21:25par le président
21:26parce que le risque,
21:27c'est que s'il y a
21:28une faillite ultérieure
21:29de cette société
21:30que vous venez
21:30de reprendre,
21:32c'est qu'on vienne
21:33remettre en cause
21:34la cession,
21:35qu'on vienne activer
21:36la responsabilité
21:36et du repreneur
21:37et du vendeur.
21:38Pour éviter ces risques,
21:39il faut se faire entourer
21:40et passer par la case juge.
21:42L'importance
21:43de l'accompagnement.
21:44On termine toujours
21:44les émissions par ça,
21:45quasiment.
21:46Vous êtes d'accord, Sébastien ?
21:47Oui, tout à fait.
21:48Ne pas faire ça seul,
21:50évidemment,
21:51des projets d'ampleur
21:52comme ça.
21:53Et puis après,
21:53ça donne des entreprises
21:54en pleine croissance.
21:56Merci à tous les deux
21:57d'être venus
21:58dans cette émission.
21:59Marie Téléchea,
22:00avocate et fondatrice
22:02du cabinet Téléchea,
22:03avocat,
22:04et Sébastien Wolf,
22:06cofondateur
22:06d'Excelrise Investment,
22:08BFM Entreprises.
22:09C'est tous les jours
22:10sur BFM Business
22:11à 11h30
22:13et rediffusé
22:13à 23h30.
22:16Vous pouvez revoir
22:17évidemment l'émission
22:17en podcast
22:18et en replay.
22:19Passez une très bonne journée
22:20sur BFM Business.
22:22BFM Entreprises,
22:24transmission,
22:25les règles,
22:25sur BFM Business.