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  • il y a 4 semaines
Tous les matins à 7h15, le parti pris argumenté d'un invité sur un sujet d'actualité, avec les témoignages et les réactions des auditeurs de RMC en direct au 3216.

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Transcription
00:00On en a tous partout dans nos placards et dans nos congélateurs, casse-grain, bon duel, vous en êtes le
00:06patron, Xavier Unkovic, bonjour.
00:08Bonjour.
00:09Merci d'être dans notre studio ce matin pour répondre à nos questions et pour alerter surtout ce matin parce
00:13que les boîtes de conserve, les petits pois, les haricots verts,
00:17il y a un véritable risque, moins 15 à moins 50% de baisse de production après l'été de
00:24canicule et de sécheresse.
00:25Vous alertez, la situation est véritablement critique ?
00:28La situation est très complexe, très compliquée pour nos partenaires agriculteurs qui ont dû subir l'effort de chaleur, la
00:36sécheresse et puis ces pics qu'on n'a pas expérimentés en France depuis, je ne sais pas depuis quand.
00:43Oui, on ne sait plus, on ne compte plus.
00:44Quand vous entendez des chaleurs à 41 degrés en Bretagne, c'est...
00:49La Bretagne qui est l'un des départements, l'une des régions où l'on produit habituellement le plus.
00:56Oui, tout à fait, en nord de la France, nord Picardie, dans le sud-ouest, l'ensemble de nos partenaires
01:01agricoles ont été touchés avec des baisses de production.
01:04Nous, on est autour des 20% pour certains légumes, 15% pour d'autres, donc ça varie selon les
01:10légumes, selon les bassins de production,
01:12puisqu'on ne va pas récolter les légumes verts au même endroit que récolter le maïs doux par exemple.
01:17Le maïs doux, on est beaucoup plus dans le sud-ouest, les légumineuses dans le sud-ouest également.
01:22Et donc, ces fortes chaleurs ont complètement perturbé nos partenaires.
01:27Votre écosystème ?
01:28Exactement.
01:29Et aujourd'hui, il faut les aider, il faut être là pour eux.
01:32Alors nous, on est là depuis 173 ans avec eux.
01:35On a des contrats de partenariat qui partagent les bons moments comme les mauvais.
01:40mais on ne passera pas sans une augmentation des prix pour sauvegarder nos filières.
01:46Et alors, je vous rassure, parce que quand on parle de légumes, on parle de produits qui sont extra-accessibles
01:55à tous,
01:55et donc on parle de centimes d'augmentation.
01:58Mais c'est très intéressant parce qu'au fond, vous dites la même chose qu'hier le patron de la
02:01FNSEA,
02:01qui était mon invité dans le face-à-face,
02:03et qui a dit qu'il va falloir accepter une petite inflation sur l'alimentaire.
02:09Exactement.
02:09Parce que n'oublions pas qu'on est aussi dans une situation où on a des coûts qui augmentent.
02:13En parallèle de la sécheresse, on a l'impact des augmentations des coûts.
02:19Mais ça veut dire quoi ?
02:20Vous êtes en train de nous préparer, vous êtes en train de préparer les esprits
02:22au fait qu'il faut que le prix des boîtes de conserve,
02:27hier le patron de la FNSEA disait que le prix du lait allait forcément mécaniquement augmenter.
02:33Ça veut dire que ces prix-là, il faut les augmenter, c'est une sorte d'effort collectif ?
02:36Ou alors l'agriculture va crever ?
02:38L'agriculture et l'industrie.
02:39On a une industrie qui est en jeu.
02:42J'ai été surpris parce que j'ai reçu une question d'une amie qui m'a dit
02:45« Mais pourquoi vous n'allez pas sourcer vos légumes dans d'autres pays que la France ? »
02:49Alors il faut savoir que, et c'est très peu connu,
02:52on a une course contre la montre entre le moment où on récolte nos légumes
02:56et le moment où on va les préserver dans des contenants que sont des surgelés ou des boîtes de conserve.
03:01On les préserve parce que le goût, parce que les éléments nutritionnels,
03:05et en 3-4 heures de temps, il faut que ce légume qui ait une matière vivante,
03:09le légume n'est pas un café, c'est pas du café.
03:11On ne fait pas le tour du monde avec un sac de légumes,
03:13on le préserve le plus rapidement possible.
03:16Et donc cette préservation du légume...
03:18C'est la proximité.
03:19C'est la proximité.
03:20Donc les sites de production, nos grandes cuisines bonduelles,
03:23elles sont au milieu des champs, proches de nos agriculteurs,
03:26et ça depuis 173 ans.
03:27Et si vous venez nous voir et visiter, vous verrez que ce légume...
03:30On viendra, on viendra avec Emmanuel, on est prête.
03:32En 3 heures de temps, il est dans sa boîte.
03:34Emmanuel.
03:34Le problème, c'est qu'il n'y a pas que les prix des produits alimentaires en eux-mêmes.
03:38Vous aussi, vous subissez la hausse de l'énergie, etc.
03:41Exactement.
03:41Ça veut dire, concrètement, sur la boîte de petits pois, sur la boîte de maïs,
03:45il faut s'attendre à combien d'augmentation ?
03:47En fonction de la taille de la boîte de petits pois,
03:49c'est-à-dire que par repas, vous avez 4-5 centimes.
03:52Voilà, pour un repas de légumes ou de légumineuses...
03:55Ça va arriver quand, ça ?
03:55C'est-à-dire que concrètement...
03:56Le plus rapidement possible.
03:57Aujourd'hui, on a bien écouté aussi nos partenaires distributeurs,
04:01et on en est ravis.
04:02Quand vous avez les responsables de la distribution
04:05qui veulent préserver cette filière française,
04:08parce qu'elle est importante,
04:10elle est importante dans les bons moments comme dans les mauvais moments.
04:13Il faut savoir aussi que quand...
04:14Mais les boîtes de conserve que vous vendez aujourd'hui,
04:17vous les avez mis en conserve il y a déjà un bout de temps.
04:19Alors là, on est...
04:19Est-ce que vraiment, ces 4-5 centimes,
04:22elles vont revenir dans la poche de l'agriculteur ?
04:23Vous lui avez déjà acheté, là, ces petits pois, ces 40 tarifs au verre ?
04:27Comme je vous disais, on partage la valeur,
04:28et on partage dans nos contrats...
04:30En temps réel, bien sûr.
04:31Il faut bien acheter une production d'un agriculteur.
04:36Notre agriculteur n'a pas de trésorerie,
04:37il faut bien le savoir.
04:38Il faut rappeler que beaucoup d'agriculteurs ne travaillent que pour vous.
04:411 600...
04:42Entre 1 600 et 2 000 agriculteurs en France travaillent que pour nous,
04:46vivent avec nous au quotidien,
04:48parce que quand je dis vivent avec nous au quotidien,
04:50on a 200 agronomes qui, au plus proche,
04:54travaillent avec eux pour planter, pour récolter,
04:56et n'oublions pas, notre agriculteur a très peu de trésorerie.
04:59Et ça, c'est important.
05:00Donc, augmentation légère, vous le dites,
05:02mais augmentation tout de même des prix.
05:04Arrêt des promotions ?
05:06Arrêt des promotions ?
05:07Non.
05:07Pourquoi arrêt des promotions ?
05:08Ça dépendra de l'impact de ces récoltes.
05:14Aujourd'hui, on a une estimation.
05:17Demain, on assumera les volumes qui ont été récoltés,
05:21et on sera en capacité d'adapter nos promotions,
05:26ou pas.
05:26Donc, aujourd'hui, notre volonté, c'est d'abord, avant tout,
05:30de rendre ces légumes disponibles pour nos consommateurs,
05:33pour leur santé, en priorité,
05:36et puis pour le goût, en second.
05:38Et en fonction, n'oublions pas qu'une boîte de légumes,
05:42une boîte de petits pois,
05:43pour 4-5 personnes, c'est entre 3,90 euros,
05:46pour 2 personnes, c'est 1,99 euros.
05:49Et donc, si c'est la 1,99, ça va passer à 2,05 euros ?
05:54Ça va prendre 5 centimes.
05:56Quand on vous écoute, on a l'impression que ce n'est pas uniquement conjoncturel.
05:59On a l'impression que vous dites, écoutez, là, le monde a un peu changé.
06:01Il va y avoir des augmentations.
06:03Est-ce qu'aujourd'hui, vous ne pensez pas qu'on va changer d'air alimentaire,
06:08entre guillemets, que les prix vont augmenter,
06:10qu'il va falloir se préparer psychologiquement à payer plus cher
06:13ce qu'on mange, qu'on a dans une sorte d'air, pas de pénurie,
06:16mais de limitation, d'augmentation qualitative ?
06:19Est-ce qu'on change d'air alimentaire ?
06:20Je pense qu'on vit dans une ère qui n'est pas prédictible.
06:24Et donc, aujourd'hui, on est en situation de crise.
06:28On n'est pas en abondance, quoi.
06:29On n'est pas en abondance.
06:30On est en situation de crise.
06:31Et demain, on ne peut pas ne pas être optimiste
06:36sur le fait que ces crises ne vont pas se répéter fréquemment.
06:42Le jour où on est en abondance, il va falloir aussi gérer l'abondance,
06:46à savoir baisser nos prix comme on a su faire.
06:48Vous serez prêt à le faire ?
06:48Oui, bien sûr.
06:49Pourquoi ne pas le faire à partir du moment où on est dans le jeu
06:53de l'offre de la demande ?
06:54Aujourd'hui, il faut payer et acheter des produits à leur juste valeur
06:59en préservant nos filières.
07:02N'oublions pas que quand on parle de préserver la filière,
07:05on parle de préserver la qualité des aliments.
07:08Est-ce que vous avez des exigences environnementales et écologiques
07:10vis-à-vis de vos agriculteurs ?
07:11C'est une super question parce que grâce à l'agriculture régénératrice
07:15à laquelle Bonduelle a été pionnier, on arrive à améliorer les rendements
07:22dans les champs et améliorer la qualité et la diminution des intrants
07:28et donc la productivité également.
07:30Donc quelque part, on a des produits plus sains et des produits de meilleure qualité
07:34avec moins d'utilisation d'eau, moins d'utilisation de phytosanitaires
07:40et c'est très bien.
07:41Nous sommes en crise, il faut l'assumer, il faut payer légèrement plus cher
07:45parce que sinon c'est l'agriculture française qui disparaîtra.
07:48Merci Xavier UneCovid d'être venu dans ce studio ce matin.
07:51Merci à vous.
07:52Directeur général de Bonduelle et vous n'hésitez pas, appelez-nous au 3216.
07:56Comment est-ce que vous réagissez justement à ce que l'on commence à entendre monter
07:59après le patron de la FNSEA hier matin, après le patron de Bonduelle ce matin ?
08:04C'est-à-dire l'idée qu'on a peut-être trop voulu tirer vers le bas les prix de
08:08l'alimentation
08:08parce que dans le même moment, il y a les prix du logement qui explosent.
08:12Mais est-ce que vous avez les moyens de faire face à ces quelques centimes de plus
08:16qu'il y aura par boîte de conserve ?
08:17Appelez-nous au 3216.

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