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  • il y a 3 minutes
Aujourd'hui, c'est au tour de Jérôme Guedj, candidat à la primaire de la gauche, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.

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00:00R.M.C. Face aux grandes gueules
00:05Face au GG avec Jérôme Guedj, candidat à la primaire socialiste.
00:08Bonjour M. Guedj.
00:10Bonjour les grandes gueules.
00:11Il y a encore des tensions ce matin devant certains lycées.
00:13D'ailleurs plus de 400 d'entre eux ont fermé aujourd'hui pour essayer de calmer les choses.
00:19Justement, comment on reprend en main cette situation qui semble hors de contrôle ?
00:24D'abord en entendant les revendications des lycéens.
00:29Lesquelles ? Parce qu'elles sont multiples.
00:31Elles sont multiples, mais ce qui m'amène à dire les choses avec beaucoup de fermeté.
00:34Il n'y a jamais la place pour quelques violences, quelques dégradations
00:38et on a des images qui sont désastreuses de voir des lycées incendiés,
00:42des professeurs molestés, des pompiers dont les véhicules sont brûlés.
00:46Ça, ça n'existe pas dans le débat public.
00:49Moi je suis attaché à l'ordre républicain.
00:52La violence n'est jamais légitime ?
00:53Non, la violence n'est jamais légitime.
00:55Et ceux qui disent ça, ils jouent avec le feu dans tous les sens du terme.
00:58Ce n'est pas acceptable.
00:59Ce n'est pas acceptable.
01:00Au contraire, il faut dire qu'on a la chance d'avoir une jeunesse qui se mobilise
01:03et qui vient dire qu'il y a un service public essentiel
01:06qui est celui de l'éducation qui ne va pas bien en ce moment.
01:09Juste avant, vous parliez d'un autre service public qui est celui de l'hôpital.
01:12Il ne va pas bien non plus.
01:14Et dans plusieurs secteurs, l'hôpital, la santé, l'éducation,
01:18on pourrait parler de la police ou de la justice.
01:21Moi je suis attaché à tous ces services publics qui sont essentiels.
01:23Oui, mais difficile de répondre à des revendications qui sont multiples.
01:26Ça va du non-remplacement des profs, absents, aux horaires, à la cantine, à l'interdiction du portable.
01:35Mais c'est local, c'est localisé.
01:37Non, ce n'est pas que local.
01:38Il y a à certains endroits des situations locales.
01:41Quand le lycée est un four l'été et un frigo l'hiver, c'est un problème en effet de
01:46rénovation.
01:47Il y a une proportion non négligeable des lycées qui sont vétustes,
01:50qui n'ont pas été adaptés aux dérèglements climatiques.
01:53Et donc là, c'est un problème d'ailleurs qui concerne les régions,
01:56mais elles-mêmes, puisque c'est elles qui ont la compétence de la construction...
01:59Et qui est long à régler parce que c'est beaucoup d'argent.
02:01Qui est long à régler.
02:01Mais moi je le vois, des rénovations de lycées, parfois ça prend 10 ans, 12 ans pour être...
02:06On pourrait peut-être aller un peu plus vite d'ailleurs.
02:08Évidemment, évidemment.
02:09Enfin, pas avec le socialisme.
02:12Je l'attendais celle-là.
02:13C'est pas comme ça qu'on ira plus vite.
02:14Non, mais si on dit qu'il faut aller plus vite, il faut rénover, il faut accélérer les processus,
02:19les procédures de marché public, etc.
02:21Jérôme, on a mis 5 ans pour reconstruire Notre-Dame, en faisant fi des normes avec une loi spéciale.
02:26Mais pardon, on ne peut pas faire une loi spéciale pour qu'on puisse refaire un lycée rapidement.
02:29Je suis absolument d'accord.
02:30Moi j'ai été président de département, et pour rénover un collège,
02:33quand ça prenait 7 ans, 8 ans, parce que c'est des procédures, etc.
02:37Je pense qu'on a un besoin de simplification dans ce pays,
02:41et notamment pour les sujets prioritaires.
02:43Mais je ne veux pas éluder la question des revendications que les lycées imposent.
02:47C'est des dysfonctionnements majeurs dans l'éducation nationale,
02:50qui n'est plus devenu, d'une certaine manière, le sujet de priorité.
02:54On a une jeunesse qui est angoissée.
02:56Elle a plein de raisons d'être angoissée sur son insertion professionnelle,
02:59sur la crise écologique, sur l'arrivée de l'IA aussi,
03:04l'arrivée de l'intelligence artificielle, j'allais le mentionner.
03:07Et donc, si la puissance publique, la société dans son ensemble,
03:11dit « bon écoutez, débrouillez-vous et faites avec ce que vous avez »,
03:14ce n'est pas acceptable.
03:16Et le gouvernement, je le dis, a singulièrement tardé à traiter l'ensemble de ces questions.
03:21La surcharge dans les classes,
03:23quand on faisait 35 ou 36 élèves dans une classe de lycée,
03:26ça ne peut pas marcher.
03:27Et ça amplifie les inégalités.
03:29Ça justifie la fuite de certains vers l'enseignement privé,
03:33qui lui-même ne participe pas à la mixité sociale.
03:36Moi, je propose que les lycées privés ou les collèges privés,
03:39ils soient soumis à la carte scolaire, comme les autres.
03:41Et que par conséquent, ils aient une mixité sociale qui soit plus importante.
03:45C'est quand même dingue.
03:46Je refais le lien avec l'hôpital.
03:48C'est qu'aujourd'hui, les gens se disent
03:49« Peut-être qu'il faut que j'aille à la clinique privée ou que j'aille aux lycées privées.
03:52»
03:52Là, ce qui se passe, c'est une publicité formidable pour le privé.
03:55J'imagine qu'il y a beaucoup de parents qui disent ça.
03:56Mais comme Jérôme Gage persécute pour des raisons idéologiques l'enseignement privé,
04:00parce que c'est ce qu'il vient de nous dire,
04:02ça ira très bien.
04:02C'est-à-dire, en fait, grâce à votre idée,
04:06les problèmes du public gagneront aussi le privé.
04:08Comme ça, il n'y aura plus rien qui échapprend au problème.
04:09Vous savez, l'enseignement public, sous contrat,
04:12il est financé par l'argent de nos impôts.
04:14Donc, ce n'est pas illégitime de demander à ce secteur de l'enseignement privé
04:19de participer aux règles du service public de l'éducation
04:23et que par conséquent, je connais beaucoup de familles modestes,
04:26d'accepter la mixité sociale.
04:27Je connais beaucoup de familles modestes,
04:29bien souvent issues de l'immigration,
04:31et qui mettent justement leurs enfants dans le privé
04:33pour échapper aux problèmes qu'il y a dans le public.
04:36Et ils ont très peur qu'avec votre système,
04:37par exemple les problèmes de délinquance du public,
04:39viennent rattraper leurs enfants dans les établissements privés.
04:43Ce qui se passera avec votre système ?
04:44Vous voulez un nivellement par le bas ?
04:46Je veux un nivellement par le haut ?
04:47Non, vous voulez juste faire entrer la racaille dans le privé ?
04:50Vous savez, moi j'ai toujours plaisir à venir débattre ici
04:53parce que c'est un lieu de dispute apaisée.
04:54Pour des raisons idéologiques,
04:55parce qu'en fait le privé est catholique
04:56et vous êtes dans une tradition de persécution
04:58de tout ce qui est religieux depuis un siècle.
05:00C'est juste dingue.
05:01J'ai l'habitude ici d'être dans la dispute apaisée
05:05où on permet de se limer la cervelle et de dire des choses.
05:07Si vous voulez mettre les gens dans des cases
05:09et caricaturer les propos que je tiens,
05:11bon ben allez-y.
05:12C'est vous qui commencez en donnant des propos aberrants
05:14alors qu'il y a plein de familles modestes
05:15comme je l'ai dit, souvent issues de l'immigration maghrébine ou africaine.
05:18Vous mettez leurs gens dans les recettes du privé
05:20et vous pour des raisons idéologiques anticléricales
05:22vous détestez le privé, point.
05:24C'est pas grave.
05:25D'abord, les faits démentent ce que vous dites.
05:28Les catégories les plus défavorisées et les plus modestes
05:31ne représentent que 18% des personnes dans l'enseignement privé.
05:35Vous voulez que ces 18% qui ont fait le public
05:37soient rattrapés par les problèmes du public ?
05:41Pour éviter ces stratégies de contournement,
05:43qu'on puisse regarder comment chacun participe
05:45à ce qui devrait nous rassembler,
05:47à savoir améliorer notre système d'éducation nationale
05:50dans laquelle chacun a sa place.
05:51Ce matin, Edouard Geffray reçoit les organisations lycéennes.
05:54Qu'est-ce qu'il doit leur dire en fait ?
05:57Parce qu'on a très peur,
05:59ça continue aujourd'hui,
06:00on a peur de lundi, de mardi il y a une manifestation,
06:02les vacances scolaires sont assez loin,
06:04il faut quand même vite que ça se calme.
06:06Oui, mais c'est la raison pour laquelle,
06:08savez, ce gouvernement ne sera pas en capacité
06:10de répondre là à cette situation.
06:12Il faut faire de la question de l'éducation
06:14un des sujets essentiels de l'élection présidentielle
06:17et de dire qu'il y a un plan de rattrapage,
06:20de modernisation de l'école publique.
06:24Il faut plutôt une réforme totale de l'éducation nationale.
06:27Déjà, la bureaucratie, il y en a trop,
06:28maintenant au niveau des acteurs de terrain.
06:31Par exemple, on parle des rythmes scolaires.
06:32Moi, je fais partie des personnes qui militent
06:34pour qu'on puisse faire cours le matin,
06:36activités culturelles et sportives l'après-midi.
06:38Ça tombe bien, c'est une des propositions que je défends.
06:41Je suis pour une indépendance des établissements scolaires
06:43dès l'école primaire,
06:44pour laisser la folie créatrice au sens noble du terme
06:48des profs, des proviseurs d'établissements,
06:50de pouvoir personnaliser leur établissement
06:52afin que les élèves puissent se dire
06:54« c'est mon bahut »
06:55et plus dire « dans le bahut, c'est mon quartier ».
06:58Il y a besoin d'un renouvellement.
07:00Aujourd'hui, on a l'impression que l'éducation nationale,
07:03en plus, son grand défaut,
07:04c'est qu'elle privilégie l'intelligence scientifique
07:07au détriment de l'intelligence littéraire.
07:09C'est-à-dire que plus vous êtes bon dans les matières scientifiques,
07:12vous êtes mieux vu.
07:12Hélas, l'enseignement des matières scientifiques et des maths
07:16est très problématique et explique
07:18que dans les classements internationaux,
07:20on se voit désormais reléguer.
07:22Et on manque d'ingénieurs dans ce pays
07:24pour la réindustrialisation, la transition écologique.
07:27Et je parle aussi de l'enseignement professionnel
07:29qui reste parents pauvres.
07:30Sauf que tous les enfants n'ont pas la même intelligence.
07:32Justement, il y a des enfants qui ont une intelligence théorique
07:34qui peuvent rester longtemps assis sur une table
07:36et il y a des enfants qui ont une intelligence plus pratique
07:39qui ont besoin justement de pratiquer,
07:40d'où l'aspect de la filière professionnelle
07:42où on est encore loin du compte.
07:44Donc, qu'est-ce que vous proposez
07:45comme choc de révolution pour l'éducation nationale ?
07:49Je prends juste le premier point que vous avez mentionné,
07:51parce que je le partage totalement,
07:52qui est la question des rythmes scolaires
07:54dont on sait qu'ils participent à la dégradation
07:56des conditions d'enseignement.
07:58Ils sont d'ailleurs critiqués par certains des lycéens.
08:00Mais là, c'est un peu un tabou.
08:02Et je veux qu'on mette le sujet sur la table.
08:03Je n'ai pas peur des sujets qui fâchent.
08:07Si on veut faire ce que vous décrivez,
08:09à savoir les enseignements les plus exigeants
08:12intellectuellement, en mobilisation, en intensité,
08:14en concentration, le matin et l'après-midi,
08:17l'enseignement artistique, le sport, l'ouverture, etc.
08:20Ça, ça veut dire une chose.
08:21Ça veut dire qu'il faut réduire le temps des vacances scolaires.
08:26Et ça, vous allez voir immédiatement
08:27toute une série d'acteurs légitimes
08:29qui vont dire le secteur du tourisme et ainsi de suite.
08:32Il y a un moment donné dans le pays,
08:33si on veut un nouveau contrat,
08:35si on veut se mobiliser tous ensemble,
08:37c'est-à-dire que ce n'est pas normal
08:39qu'on ait cette concentration
08:41sur des journées qui font 7 ou 8 heures
08:43et qu'on ait ce niveau de vacances scolaires.
08:45Mais après, je tire le fil.
08:47Le niveau des vacances scolaires,
08:48c'est, on le sait,
08:49un des éléments de compensation en France
08:50de la faible rémunération des profs.
08:53Ce n'est pas normal que les profs en France
08:55soient les moins bien payés de l'Union Européenne
08:57ou de l'OCDE.
08:57Mais ça se négocie, ça ?
08:59On dit peut-être moins de vacances.
09:00Ces sujets-là, ça veut dire
09:01« Revaloriser les salaires des enseignants »,
09:05ça pose un problème d'attractivité aujourd'hui.
09:07Parce qu'il y a des gens,
09:08il y a 30 ans,
09:09un prof qui démarrait,
09:11il était quasiment à deux fois le SMIC dans le pays.
09:14Aujourd'hui, c'est 10 ou 15 % de plus que le SMIC.
09:16Il ne faut pas s'étonner,
09:17en effet, qu'on n'arrive pas à recruter
09:19dans les concours du CAPES
09:21ou de l'agrégation les enseignants
09:24et qu'on se retrouve à recourir à des contractuels.
09:27Alors, c'est le deuxième sujet que vous évoquez.
09:28Est-ce qu'il faut une indépendance,
09:30une autonomie des établissements ?
09:32Toujours sous le canevas de l'éducation nationale.
09:34Là, on se retrouve avec cette situation
09:35un peu aberrante aujourd'hui
09:36où, en effet, un prof,
09:38il va être muté
09:39en fonction d'un certain nombre de critères.
09:41Mais les établissements,
09:42ils vont pouvoir prendre des profs contractuels.
09:44Je pense qu'il faut permettre, en effet,
09:46d'avoir, de constituer des communautés éducatives
09:49qui ont envie de travailler ensemble
09:50et avec un peu de stabilité.
09:52Moi, je voulais poser une question.
09:53C'est la primaire de la gauche.
09:55J'ai participé à celle de 2011.
09:58Moi, j'ai quelque chose qui m'échappe
10:01dans le Parti Socialiste.
10:02C'est qu'il y a une primaire qui est refaite.
10:05Et en fait, je ne sais pas,
10:07je ne sais toujours pas
10:09où va le Parti Socialiste
10:11alors qu'il a été au pouvoir
10:12avec Hollande il n'y a pas très longtemps.
10:14Il y a encore...
10:16J'ai le sentiment que les courants ont persisté,
10:19ont perduré au détriment d'un projet commun.
10:22Et surtout,
10:23quelle est aujourd'hui votre position
10:25par rapport à la France Insoumise ?
10:28Et qu'est-ce que vous ferez
10:29au moment où le choix va se présenter ?
10:32Alors, d'abord, il faut faire passer le message.
10:34Ce n'est pas la primaire du seul Parti Socialiste.
10:36Ce n'est pas un congrès du Parti Socialiste.
10:38Non, mais je dis ça pour vos auditeurs.
10:40Si vous vous intéressez à ce débat
10:42et si vous voulez justement choisir une gauche
10:44qui ne se compromet pas avec la France Insoumise
10:46et qui constitue une alternative
10:49justement face au Rassemblement National
10:51et face au macronisme déliquescent,
10:53venez participer à cette primaire.
10:54Tout le monde peut venir s'inscrire sur le site
10:58choisir2027.fr.
10:59Voilà, ce n'est peut-être pas l'idéal, le montant,
11:01mais c'est plus que venir participer à une primaire.
11:03C'est venir participer à une dynamique.
11:05Pardon, mais quand vous adhérez à un syndicat
11:06ou à un parti politique,
11:07vous ne payez pas 10 ou 15 euros.
11:09Vous vous engagez dans une démarche.
11:11Et là, c'est ce qu'on propose de faire.
11:12C'est, je ne veux pas adhérer au PS,
11:14je ne veux pas adhérer à place publique,
11:15mais je veux soutenir cette démarche de refondation
11:18avec, et alors là, moi, j'incarne,
11:20je crois, le plus de clarté
11:22parce que je l'ai éprouvé moi-même.
11:24En 2024, j'ai refusé l'accord avec la France Insoumise.
11:27Je n'ai pas été élu dans le cadre du nouveau Front populaire.
11:30Tout le monde n'est pas aussi clair parmi les candidats ?
11:31Non, mais c'est une des lignes de fracture
11:33que les gens doivent pouvoir venir arbitrer.
11:36Je ne veux pas que les gens se lamentent après
11:37en disant, oui, moi, ça ne m'intéresse plus le PS
11:39parce qu'un jour, il dit qu'il ne fait pas d'accord
11:41avec la France Insoumise
11:42et puis après, il les laisse passer aux élections municipales.
11:46Là, vous venez pour franchir ce débat.
11:47Olivier Port et Ségolène Royal ont clairement dit
11:49que c'était envisageable.
11:51C'est clairement envisageable pour eux
11:52et moi, c'est un désaccord majeur.
11:54Oui, mais est-ce qu'ils ne sont pas pragmatiques ?
11:55Parce qu'aujourd'hui, tout seul,
11:58ni le PS, ni la France Insoumise ne peut gagner.
12:02Donc forcément, il y a une alliance qui doit se faire
12:04à un moment donné.
12:05D'ailleurs, on l'a vu la dernière fois,
12:08ça a plutôt bien réussi cette alliance
12:10puisque vous n'étiez pas loin de venir à la majorité.
12:12Il y a deux sujets dans votre question.
12:13Il y a l'élection présidentielle.
12:14Je ne parle pas d'élection présidentielle.
12:15Et après, il y a les élections législatives qui suivent.
12:17Il y a toujours deux candidats à gauche.
12:18Mais là, les élections législatives,
12:21forcément, si vous n'êtes pas réunis,
12:23vous êtes sûrs de perdre, en fait.
12:25Mais non, mais c'est l'inverse.
12:27Aujourd'hui, si on s'allie avec la France Insoumise,
12:31c'est la certitude que, dans le deuxième tour,
12:33le Front Républicain ne fonctionnera pas.
12:35Il ne fonctionnera pas parce qu'aujourd'hui,
12:37c'est devenu repoussoir.
12:38Et pas uniquement Jean-Luc Mélenchon,
12:40mais toute une série de députés
12:42qu'on voit à l'Assemblée Nationale,
12:43qu'on voit dans certaines manifestations...
12:44Repoussoir, mais Jean-Luc Mélenchon
12:45est en tête des intentions.
12:48Oui, mais c'est la raison parce qu'il n'y a pas
12:51d'offre alternative qui s'exprime en face.
12:53Et c'est tout l'enjeu de cette primaire.
12:54Et moi, je veux incarner ça,
12:56de dire qu'il y a autre chose.
12:57Il y a autre chose à gauche.
12:58Mais pensez-vous que cette primaire...
12:59Il y a des choses qui ne se compromettent pas.
13:01Parce que ce n'est pas que le problème des valeurs.
13:02Pour moi, les valeurs, c'est important en politique.
13:04Sur la laïcité, sur l'universalisme,
13:06sur la lutte contre le racisme et l'antisémitisme.
13:08Mais j'ai aussi des désaccords majeurs
13:09avec la France Insoumise.
13:10Moi, je ne crois pas qu'on peut déchirer la dette
13:12comme ça du jour au lendemain.
13:13Moi, je ne crois pas qu'on peut se passer du nucléaire
13:15parce qu'on a la chance en France
13:16d'avoir une électricité pas chère.
13:18Elle pourrait l'être encore moins
13:19si on n'était pas soumis aux règles de tarification européenne.
13:22Vous voulez sortir du marché européen de l'électricité ?
13:24De la tarification européenne de l'électricité, oui.
13:27Moi, je ne dis pas la police tue.
13:29Moi, je ne veux pas remettre en cause
13:30la loi de 2004 sur l'interdiction
13:32des ports des signes religieux à l'école.
13:35Moi, je ne fais pas...
13:38Je n'accuse pas Volodymyr Zelensky
13:40d'être responsable
13:41alors que c'est l'Ukraine qui a été agressée
13:43des frappes que les Russes font en représailles.
13:46Moi, je ne pense pas que la Chine est légitime
13:48à récupérer Taïwan.
13:49Et je peux vous égrener comme ça
13:51tous les désaccords que nous avons
13:52avec la France Insoumise
13:53et qui doivent être tranchés par les Français.
13:55Pour autant, on doit répondre aux urgences
13:58qui se portent vers la radicalité.
14:00Non, c'est méchant.
14:01Peut-être pas à cette primaire, non.
14:03Parce qu'à mon avis,
14:03ceux qui votent à cette primaire
14:04ne sont pas mélanchonistes.
14:06Non, mais il y a des qui veulent gagner
14:08et qui disent à l'Inghage, on gagnera pas.
14:09Non, écoutez, moi je m'adresse
14:11à ce peuple de gauche orphelin,
14:12à tous ces gens qui se sont éloignés
14:14en leur disant
14:14vous avez des acteurs
14:15et je veux être celui-là
14:17qui répond parce que, franchement,
14:19moi j'ai envie qu'on pose des...
14:20C'est quoi les trois sujets
14:21de préoccupation des Français ?
14:22Le pouvoir d'achat,
14:23la santé
14:24et la sécurité.
14:26On parle du pouvoir d'achat
14:27parce qu'il y a la crise des carburants,
14:28parce qu'il y a le problème
14:29des salaires insuffisants,
14:30mais je voudrais qu'on parle
14:31de la crise du logement
14:33qui fait qu'on n'arrive pas
14:34à se payer des logements.
14:35Je voudrais qu'on parle
14:36des questions de santé.
14:37Merci à vous de le faire régulièrement
14:38sur ce plateau
14:39comme vous l'avez fait juste avant,
14:41précédemment.
14:41Moi, je veux être le président
14:42de la République du Soin
14:43qui veut placer
14:43les questions de santé
14:45en priorité de l'Assemblée
14:46et de la quatrième priorité
14:48qui va vous rattraper,
14:49qui rattrapera tout...
14:53Et celui ou celle
14:54qui finira à l'Elysée,
14:55c'est les finances publiques.
14:55Mais évidemment.
14:56Je voyais l'agence Moody's
14:57qui ce matin dit
14:59quel que soit celui
15:00qui gagnera l'élection,
15:02il sera heurté face
15:04à ce problème de finances publiques.
15:05Ce n'est pas un cadeau
15:05d'être le prochain président.
15:07C'est un moment...
15:07On ne peut pas promettre non plus
15:08trop de dépenses.
15:09Mais c'est la raison
15:09pour laquelle moi,
15:11contrairement à ce que peuvent faire
15:13certains dans la gauche radicale,
15:14je ne rase pas gratis.
15:15Je dis qu'en effet,
15:17on est face à une situation compliquée
15:18dans laquelle on doit faire
15:19des économies
15:20et on doit aller chercher
15:21ligne à ligne.
15:22Je rebondis sur ce que vous disiez
15:23sur les patients brancards.
15:25On sait qu'il y a
15:264 milliards de dépenses
15:28d'hospitalisation
15:29évitables à l'hôpital.
15:31Pourquoi est-ce qu'il y a
15:32des personnes âgées
15:32sur les brancards
15:33dans les couloirs des hôpitaux ?
15:35Parce qu'il n'y a pas
15:36assez de personnel soignant
15:37dans les EHPAD
15:38dans lesquels ils sont.
15:38La nuit, dans un EHPAD,
15:40il n'y a que deux salariés
15:41qui s'occupent de 85 personnes.
15:43Et parmi eux,
15:44il y a rarement du personnel soignant,
15:45c'est-à-dire des infirmières.
15:46Quand il y a un pépin,
15:47on appelle les pompiers
15:48et on amène les gens
15:49qui restent dans le brancard.
15:50C'est une situation délétère.
15:52Est-ce qu'on ne peut pas inventer
15:53un système qui consiste à dire
15:54qu'on a une permanence
15:55de nuit,
15:56d'infirmières qui sont mutualisées
15:58ou de médecins
15:58et on remet de la présence médicale
16:00qui va pouvoir éviter
16:02des hospitalisations,
16:03dans certains cas graves.
16:04Bien sûr qu'il faut
16:04une hospitalisation,
16:05mais il y en a plein
16:06qu'on peut éviter.
16:06Et toujours sur les personnes âgées,
16:09et ça, ce n'est pas mes chiffres,
16:10ce sont ceux de la Cour des comptes,
16:11c'est des personnes âgées
16:12qui restent trop longtemps
16:13à l'hôpital
16:14parce qu'il n'y a pas
16:14ce qu'on appelle
16:15des lits d'aval,
16:16des lits dans des soins de suite
16:17et réadaptation
16:17pour accompagner
16:18après un AVC
16:19ou après un pépin.
16:20Donc, il y a un moment,
16:21il faut dynamiter
16:23un petit peu le système
16:24et faire des économies.
16:26Et, en même temps
16:28qu'on fait des économies,
16:30il y a en effet
16:30un sujet de recettes
16:31dans le pays.
16:32Voilà, moi je le dis,
16:33il y a un problème
16:34de la manière
16:35dont on répartit
16:36les recettes
16:36et on met à contribution
16:37ceux qui peuvent contribuer
16:39plutôt que toujours les mêmes.
16:40Le projet de budget
16:41qu'il nous est présenté,
16:42il n'est pas acceptable
16:43pour l'État,
16:44mais parce que
16:45est-ce que vous censurez ?
16:46Parce que c'est pas très clair
16:47chez les socialistes,
16:48certains disent
16:48on ne votera pas ce budget
16:50bien sûr
16:51parce qu'on est dans l'opposition
16:51mais pas sûr de voter la censure
16:53parce que ça va créer
16:54du désordre au désordre.
16:56En l'état actuel,
16:57moi je suis toujours
16:58pour la discussion.
16:58On a fait la discussion
16:59l'année dernière.
17:00Je l'ai même fait
17:01avec Olivier Faure.
17:01Il me reproche aujourd'hui
17:03de je ne sais pas quoi d'ailleurs
17:05alors qu'il était
17:06autour de la table avec moi
17:07et ça a duré des heures
17:08avec Sébastien Lecornu en face.
17:10Ce n'est pas pour autant
17:10qu'on a fait l'alliance
17:11avec la droite.
17:11On a négocié
17:13pour essayer d'obtenir
17:13des avancées.
17:14Donc moi je suis toujours
17:15dans cet état d'esprit
17:16parce que ce que vous disiez
17:17sur la question des majorités
17:18et des minorités
17:18dans le pays,
17:20qui a une majorité
17:21en réalité aujourd'hui ?
17:22Tout le monde va devoir
17:22faire des compromis.
17:23Pour l'instant, personne.
17:24Personne n'a de majorité
17:25et je vais même vous dire
17:25je pense qu'au lendemain
17:26de l'élection présidentielle
17:28personne n'aura de majorité.
17:30Personne n'aura de majorité
17:31en tous les cas
17:32si c'est un candidat
17:33autre que le Rassemblement National
17:35et que donc
17:35il faut qu'on accepte
17:37les compromis républicains
17:39qui sont nécessaires
17:39pour le pays
17:40sur les questions de santé,
17:41d'éducation
17:42ou de transition économique.
17:43Dernière question
17:43pour Jérôme Bardella,
17:44c'est fin de parti là aujourd'hui ?
17:46Jordan Bardella.
17:47Jordan Bardella,
17:48décidément,
17:48j'ai absolument la plus.
17:49Jordan Bardella,
17:50c'est la fin de parti ?
17:51Ah, ça sent le roussi quand même.
17:53Ça sent le roussi.
17:53J'entends même certains responsables
17:55du Rassemblement National
17:56qui auparavant avaient dit
17:57si évidemment il y a des preuves
17:59de cette nature,
18:00on sera obligés
18:01de se désolidariser.
18:02Écoutez, soyez un petit peu cohérents.
18:04Mais en même temps,
18:04je ne comprends pas
18:05qu'on soit surpris
18:06au regard de l'histoire
18:07de cette formation politique.
18:08Tout le monde s'est fait emboucaner
18:10avec l'idée
18:10de la dédiabolisation,
18:12etc.
18:12Mais il y a un ADN qui reste.
18:13Et quand vous regardez,
18:14vous grattez,
18:15ce n'est pas très compliqué.
18:16Les entourages,
18:16ceux qui sont présents,
18:17moi je suis intransigeant
18:18sur ces questions.
18:19Et je suis intransigeant
18:20avec tout le monde.
18:21Voilà, je dénonce
18:22l'antisémitisme d'atmosphère
18:23ou tout ce qui peut y ressembler.
18:26Ou résiduel.
18:27Voilà, de part et d'autre.
18:29Et sur ces questions-là,
18:30je pense qu'il y a un cœur républicain
18:32dans ce pays
18:33qui doit s'exprimer.
18:34Tout ça est bien intéressant
18:35mais comme le vainqueur
18:36de la primaire
18:36sera après éliminé
18:37par François Hollande
18:38de toute façon
18:39qui lui a eu l'intelligence
18:40de ne pas se présenter.
18:41C'est marrant parce que vous,
18:42vous êtes avec des certitudes.
18:46Un mot quand même
18:48sur cette posture.
18:48Il sera franchement éliminé
18:49par le rusé Hollande.
18:51Non mais pour rebondir là-dessus,
18:52un mot sur François Hollande
18:53parce que François Hollande
18:54qui a été le chef du PS
18:56finalement se met à l'extérieur
18:57en pariant sur l'échec
19:00de ses propres amis.
19:01C'est curieux, non ?
19:02Non, c'est normal.
19:02Je trouve que c'est un scénario
19:04improbable et un petit peu
19:05désespérant.
19:06Voilà, donc je n'y crois pas.
19:08C'est sa manière
19:09de participer au débat.
19:11Ce serait marrant d'ailleurs
19:12que Ségolène Royal
19:12gagne la primaire
19:13et que François Hollande
19:14l'élimine.
19:15Merci Jérôme Guedt.
19:17Dernier débat
19:18de la primaire socialiste,
19:20ce sera sur BFM TV.
19:22C'est le débat décisif.
19:23Voilà, regardez-le
19:24et surtout inscrivez-vous,
19:26venez m'aider
19:27à renverser la table
19:28et à trancher
19:29ceux des débats
19:29qui ne sont pas tranchés
19:30depuis trop longtemps.
19:30Et nous, on reçoit Raphaël Glucksmann
19:32au lendemain du débat.
19:33Justement, le lendemain,
19:34lundi prochain.
19:35Merci Jérôme Guedt.
19:36Jérôme Guedt.
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