00:00Il est presque 11h20 sur Europe 1, merci si vous nous rejoignez à l'instant pour Eliott de Valais-Vous,
00:04votre rendez-vous débat et décryptage en direct tous les week-ends sur Europe 1,
00:09de 11h à 13h, toujours en compagnie de Sébastien Lignier, journaliste politique,
00:12Alexandre Devecchio, rédacteur en chef au Figaro, et Andréa Cotarac, porte-parole du Rassemblement National.
00:17Et la question de ce début d'émission, est-ce que l'immigration doit être une priorité
00:23pour le prochain pensionnaire de l'Elysée, pour le prochain président ou la présidente
00:29de la République ? Pourquoi nous en parlons aujourd'hui ? Parce que c'est au cœur
00:33de l'actualité politique ce week-end, comme le week-end dernier, c'était l'économie
00:37qui était au cœur de l'actualité politique, cette fois-ci c'est la question migratoire.
00:41Le leader du Rassemblement National, Jordan Bardella, était à Birmingham en Angleterre
00:44ce vendredi, il est intervenu au congrès de réforme UK, le parti de Nigel Farage,
00:50grand artisan, rappelons-le, du Brexit. Il y a eu ensuite une image symbolique,
00:57un accord signé sur la Seine, un protocole d'accord avec Nigel Farage sur les questions
01:04migratoires, avec comme promesse de pouvoir récupérer tous les migrants qui sont interceptés
01:11pendant leur traversée sur la Manche. Et la promesse c'est également de pouvoir
01:14les renvoyer ensuite dans leur pays d'origine. L'opposition au Rassemblement National
01:22et Jordan Bardella hurlent à l'humiliation. Je vous propose d'écouter Marine Tondelier
01:27qui dit que le RN brandit un patriotisme de pacotille.
01:31Quand on se réclame du patriotisme, de dire moi c'est la France d'abord, bleu, blanc,
01:35rouge, affiché dans toutes les positions dans leur meeting, en fait cet attachement
01:40au bleu, blanc, rouge à la France, on voit bien que c'est un patriotisme de pacotille.
01:43Puisque les plus grands ennemis dans le monde, de l'Europe et de la France, parce qu'ils
01:48savent que la France, si la France bascule, c'est l'Europe qui vacille et que l'Europe
01:52y a un peu plus près que ça qui tient debout en termes de masse critique suffisante
01:57pour intervenir un peu entre la Russie et les Etats-Unis, c'est pas un hasard s'ils
02:02veulent faire trembler, faire dérailler la France et donc l'Europe. Et leur cheval de
02:08troie pour faire ça, c'est Marine Le Pen. Toutes celles et ceux qui veulent nuire à
02:11la France et à l'Europe soutiennent Marine Le Pen dans le monde.
02:15Alors je ne sais pas si, parce que c'était il y a quelques instants, elle parlait
02:19finalement de la Russie et de la volonté de couper le financement de la guerre en
02:26Ukraine, et c'était la déclaration de Louis Alliot, c'était la formule couper le
02:30robinet cette semaine, ou alors parler de Nigel Farage et de la question migratoire.
02:34Je veux qu'on reste sur la question migratoire, Sébastien Ligné, Alexandre
02:37Devecchio, sur cette polémique, est-ce que vous considérez que c'est une
02:41humiliation que d'aller voir Nigel Farage, potentiel prochain premier ministre
02:45anglais, et de lui dire, demain, il faut qu'on trouve un accord pour réduire les
02:51flux migratoires illégaux et ces traversées de la Manche qui sont, et dangereuses, qui
02:57peuvent être dramatiques. Je rappelle les chiffres tout de même qui sont
02:59importants. Plus de 41 000 étrangers ont traversé illégalement la Manche en
03:042025. C'est une année quasi record, les quelques 45 000 traversées recensées en
03:102022. Il faut rappeler également que vous avez des bidonvilles, la jungle de
03:15Calais. Vous imaginez, pour les Calaisiens, rappelons également, puisqu'il y a des
03:21procès en patriotisme qui sont faits contre le Rassemblement National, que lors des
03:25élections européennes à Calais en 2024, 50% des suffrages exprimés étaient pour
03:31Jordan Bardella, contre 10% pour la liste macroniste de Valéry Haillet. Sébastien
03:35Ligné d'abord.
03:36Bon déjà, d'un point de vue médiatico-politique, on peut voir que cette
03:41semaine est un petit aperçu de ce que va être la campagne du RN. C'est-à-dire que
03:45le moindre écart ne va pas être pardonné, ou le moindre écart potentiel ne va pas
03:49être pardonné. C'est-à-dire qu'en tant que favori, le RN, encore plus qu'avant,
03:52n'aura pas le droit à l'erreur. Et tout déplacement, toute déclaration, toute
03:58potentielle sortie de route, ou ce qui peut être perçu comme une sortie de route,
04:01va être utilisé par les opposants politiques du RN et toute une caste médiatique qui
04:06est ravie de reprendre tous ses arguments et de mettre en lumière toutes les
04:11potentielles fautes du RN. Et donc on voit bien que ça va être une campagne qui, en
04:14termes de climat, va être extrêmement compliquée pour le RN, encore plus que
04:17les précédentes. Ensuite, d'un point de vue politique, il y a quelque chose que je
04:19ne comprends pas dans la logique des adversaires du RN, c'est cette idée que
04:23finalement, si vous passez un accord, vous n'êtes plus indépendant. C'est cette
04:29idée finalement que si vous êtes pour un rééquilibrage des relations avec l'Union
04:33européenne, un rééquilibrage des relations internationales, vous êtes forcément dans
04:37une stratégie d'autarcie. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de juste milieu. C'est soit
04:40vous êtes pro-européen à fond et donc toutes les vannes sont ouvertes, toutes les
04:43frontières sont ouvertes. Vous êtes pour le libre-échange total. Soit, si vous êtes
04:47comme le RN, vous dites, bon, attention, on peut peut-être revoir des choses à la
04:50carte. Cette position ne peut pas exister. C'est-à-dire qu'il y a cette idée que
04:54soit vous êtes Frexit, soit vous êtes pro-européen. Et donc, si vous n'êtes pas
04:58pro-européen, vous êtes forcément Frexit et vous n'êtes pour qu'il n'y ait plus aucun
05:01accord, vous n'êtes pour l'autarcie totale et qu'on ne discute plus avec personne.
05:04Je trouve cette position extrêmement étrange.
05:06Vous parlez du système médiatique, c'est intéressant, je regardais un peu ce qui se passait
05:09sur les réseaux sociaux. BFM, nos confrères de BFM, en bandeau ce matin sur l'accord
05:17passé entre Nigel Farage et Jordan Bardella, c'est quand Bardella signe trois petits points
05:23pour récupérer les migrants, point d'exclamation. La belle de confiance ou pas de la belle de
05:29confiance ? Parce que ce n'est pas ça l'idée de l'accord. C'est récupérer les migrants
05:33pour ensuite les expulser.
05:35Oui, c'est la situation qui prévaut aujourd'hui. En réalité, on récupère déjà les migrants,
05:40sauf qu'on les récupère dans la nature. Là, il s'agit de les récupérer dans les centres
05:44de rétention pour les expulser. Donc, il y a une mauvaise foi terrible là-dedans.
05:50Il y a une forme de mensonge et de récupération bizarre du discours souverainiste par des
05:58gens qui, par ailleurs, sont totalement européistes et d'habitude qui sont pour
06:02l'ouverture des frontières. Donc, il y a une incohérence totale. Mais là où je rejoins
06:08Sébastien, effectivement, ça va nous donner une idée de ce que va être la campagne.
06:11Je crois qu'en réalité, le discours antifasciste ne marche plus. Et donc, à la place du discours
06:17antifasciste, on va avoir autre chose qui est que le RN est soit allié avec les grands
06:23méchants russes, soit allié avec le grand méchant Trump. Et aujourd'hui, Nagel Farage
06:27qui, par ailleurs, n'est pas encore au pouvoir. Donc, on voit bien qu'on cherche des épouvantailles
06:32au lieu de répondre sur le fond. Moi, ce qui m'intéresse, qu'est-ce que propose le
06:35Bloc Central en matière d'immigration et qu'est-ce qu'il propose pour résoudre le problème,
06:40justement, de ces migrants qui vont en Angleterre ou qui s'entassent à Calais ?
06:44Vous avez raison, Alexandre Devicchio, à tel point que ce matin, nous étions avec la
06:47porte-parole, Prisca Tevno, de la campagne de Gabriel Attal, porte-parole de Gabriel Attal
06:55pour cette campagne présidentielle. Je lui ai posé cette question. J'invite les auditeurs
07:00d'Europe 1, et je le dis vraiment en toute honnêteté et transparence, à réécouter
07:05l'interview de Prisca Tevno, parce que je n'ai pas compris quel était le projet de
07:12Gabriel Attal sur les questions migratoires.
07:14Non, lui non plus.
07:15Non, mais c'est un vrai sujet. C'est-à-dire qu'au-delà d'aller sur les attaques morales,
07:19l'humiliation pro-russe, ingérence, etc., extrême droite, peste brune, tout ce qu'on
07:24peut entendre, la seule question qui vaille, c'est qu'est-ce que vous comptez faire pour
07:29gérer les flux migratoires ? Est-ce que vous considérez que l'immigration légale
07:35et illégale doit être contrôlée aujourd'hui ? Est-ce que vous considérez comme 60 à
07:4170% des Français qu'il faut, par exemple, réinstaurer le délit de séjour irrégulier
07:47en France ? C'est ça les questions de fond.
07:49Mais ils sont persuadés, tous les adversaires du RN sont persuadés que l'argument moral
07:54suffit toujours à battre le RN.
07:55Ce n'est pas que ça, c'est qu'ils sont très faibles, idéologiquement, programmatiquement.
08:00Et je ne sais pas si c'est la problématique de l'idéologie, Alexandre, je pense que c'est
08:04surtout assez difficile.
08:06Non, mais quand vous avez un... Ce n'est pas un bilan, c'est un boulet.
08:08Oui, c'est un...
08:09Même se traîner un boulet, la question d'immigration...
08:11Ils traînent un bilan, ils n'ont pas de vision, moi je ne sais pas quelle est exactement
08:15la vision de Gabriel Attal en matière d'immigration.
08:17Il est 11h27, on fait une courte pause, Andréa Cotarac, porte-parole du RN, vous restez encore
08:22quelques temps avec nous, et puis vous allez répondre aux questions des auditeurs, parce
08:27qu'ils sont déjà très nombreux.
08:29Exactement, on a Jérôme, par exemple, d'Ardèche, qui nous demande comment le RN pense agir
08:32pour que l'expulsion des illégaux soit réelle, et bien vous répondrez à cette question
08:36juste après la pause, 11h28 sur Europe 1, Eliott de Valais-vous, c'est en direct jusqu'à
08:3913h, à tout de suite.
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