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  • il y a 1 semaine
Retrouvez le replay de Fauvelle Week-end sur BFMTV.

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Transcription
00:00C'est un succès que pas grand monde n'avait vu venir au cinéma, on va parler de la région
00:03Île-de-France.
00:04La région Île-de-France, parce que vous l'avez financé, que vous avez cru dans ce film au tout
00:07début, on parle du diptyque des deux films sur le général de Gaulle
00:11qui cartonne en ce moment, on est quasiment pour l'ensemble des deux films, à 5 millions et demi d
00:15'entrées.
00:15Pour ceux qui ne l'auraient pas vu ou qui ont envie de repasser un bon moment, voici la bande
00:20-annonce.
00:21La France n'a pas capitulé.
00:24Vous n'êtes pas la France !
00:25Nous sommes la France.
00:27Vous ?
00:28Nous.
00:40La France dépasse un enfant, monsieur le Président. Elle a toujours continué à cette bande.
00:455 millions et demi d'entrées pour un film, enfin pour deux films, qui font plus de deux heures et
00:49demie en plus, on peut être un peu réticent avant d'aller pousser la porte d'un cinéma.
00:52Ça vous étonne Nicolas Demelac ? Et est-ce que ça dit quelque chose d'un petit besoin aujourd'hui
00:58en France d'avoir des héros ?
00:59À contrario de la médiocrité dans laquelle on patauge depuis des mois et des mois et qu'on a une
01:05espèce de respiration ?
01:06Moi, personnellement, ça me dit énormément parce que ça me parle, parce que j'appartiens à cette génération.
01:11Donc il y a eu des pères qui se sont engagés dans la résistance, je veux dire, avec de Gaulle,
01:14et qui se sont toujours demandé est-ce que tout ça n'allait pas disparaître, s'effilocher, sombrer, je veux
01:20dire, et de voir qu'au fond, il reste un appétit pour, je veux dire, un redressement, pour le refus
01:25du mensonge, pour le fait de se battre, pour porter des messages au monde entier, je veux dire, pour avoir
01:30une France qui soit grande.
01:32Donc ce film-là, moi, l'impact qu'il a, ça m'enchante.
01:38– Il y a un petit côté tarte à la crème aujourd'hui, quand on interroge les politiques, je ne
01:41sais plus qui je voyais tout à l'heure sur BFM, tout le monde est gaulliste.
01:43– Non, non, je ne suis pas gaulliste, avant même le film.
01:46– Avant le film, oui.
01:47– Moi, je ne suis pas gaulliste, mais bon, c'est un grand film, un grand réalisateur, de grands comédiens,
01:52Simon Agbarian, Simon, Rochelle Bill, mon voisin Adi,
01:56qui joue le rôle de Churchill, acteur que je ne connaissais absolument pas, je me suis un peu renseigné, c
02:00'est énorme le duo d'acteurs, parce que c'est un film, pour ceux qui ne l'ont pas vu,
02:04à la fois, il y a une profondeur d'une épopée, mais il y a une forme d'humour, de
02:07décalage par moments, et ces deux acteurs le portent formidablement bien,
02:11et puis il y a une grande histoire, et un discutant qui fait écho avec quoi, dans un moment où,
02:15sans doute, c'est là où il y a une explication,
02:16peut-être le pays doute, on se dit qu'il y a eu des grands moments, ou des grands tempérements,
02:21des grands personnages,
02:22qui ont fait que ce pays n'a pas basculé dans ce qu'il y avait de plus ignoble.
02:25– Et que parfois, ça ne s'est joué à rien.
02:27– Alors, après, moi qui suis historien, j'ai adoré, franchement, sans démagogie, j'ai dit à tous mes potes,
02:31il faut absolument aller le voir,
02:32ce film est génial, le personnage de Leclerc est absolument magnifique, j'oublie, Koenig, il est joué par…
02:38– Bon, bref, et puis il y a des batailles, c'est-à-dire, c'est du grand…
02:41– Le gars qui fait ça, Antonin Vaudry, c'est pas un débutant, le chant du loup, pour ceux qui
02:44ont suivi,
02:44c'est du grand cinéma, du grand spectacle, mais il y a de la politique et tout.
02:48Alors, après, il y a plein de choses, c'est quand même l'histoire qui ramène tout au général de
02:51Gaulle,
02:52ou éventuellement, Jean Moulin, moi je suis content, il est né à Béziers, je suis bitérois aussi,
02:55mais bon, la résistance, c'est une bande de garnements, heureusement que Jean Moulin était là,
03:00c'est un peu réducteur, il y a un absent complet, qui est la résistance communiste et l'Union soviétique,
03:06je pense que le film aurait gagné historiographiquement, à pouvoir quand même, parce que ça compte,
03:10c'est pas uniquement la victoire contre le net, non mais, c'est pas, vous savez, moi je suis anti
03:13-stalinien,
03:13c'est pas le sujet, mais…
03:14– Non mais j'ai raison quand même, commencez avec Hitler, puis après ils se sont ravisés.
03:17– Non mais même si, oui, vous le savez…
03:19– Ma question était à Alexis Corbett, et à vous tous…
03:21– Vous voulez connaître cette question ?
03:21Les États-Unis d'Amérique étaient bien contents d'Adolf Hitler jusqu'en 1941-1942…
03:25– Moi j'ai pas eu le contraire ?
03:25– Ma question était à Alexis Corbett, non pas ce que vous avez pensé du film,
03:28parce que, c'est intéressant, mais on n'est pas non plus on basse qu'elle affume.
03:31– Non mais c'est autre chose, ce sont des grands frances au plateau,
03:32mais qu'est-ce que ça dit de la France d'aujourd'hui qu'un film…
03:35– Je vais vous dire une chose, je suis allé voir le film,
03:38j'ai vu les deux épisodes, s'il peut parler comme ça,
03:42parce que ce ne sont pas des épisodes, coup sur coup,
03:45et c'est tout le génie d'ailleurs, parce que ça avait démarré très mal,
03:48et puis le fait qu'il sorte le deuxième film très tôt,
03:52les gens se sont dit, il faut vite que j'aille voir le premier.
03:54Bon, enfin, toujours est-il que, évidemment, que, quand vous allez voir ce film,
03:59les gens dans la salle, ils applaudissent à la fin de la représentation,
04:03et il y en a, moi, le premier, pour le premier,
04:06il y a quelqu'un qui, dans la salle, il y en a deux, qui ont dit « Vive la
04:08France ! »
04:09– C'était vous ?
04:11– Non, moi je suis resté, mais les gens applaudissent en principe.
04:13– Vous savez que quand on dit « Vive la France », il ne nous dit rien.
04:16– C'est intéressant de te dire, parce que Simon Abcarion, ce matin,
04:18dans « Le Parisien », qui est l'acteur qui est en train de Gaulle,
04:20dit « Ce film a peut-être rappelé aux Français qu'on pouvait dire… »
04:24– Exactement.
04:24– Vive la France, sans avoir honte de le dire.
04:26– Alors, ce qui est intéressant, et je parle à côté d'un historien,
04:29parce qu'il y a tout un débat, on a rendu hommage récemment
04:33à un historien, un grand historien qui est rentré au Potéon,
04:36– Marc Bloch.
04:36– Marc Bloch, qui était une des figures de l'école des Annales,
04:41où on apprenait l'histoire de façon analytique, par définition,
04:46c'est-à-dire que vous n'étiez pas dans la chronologie.
04:48– Or là, on est plutôt dans, pas le Lagarde et Michard,
04:53mais le Ballet et Isaac, où vous êtes dans l'histoire…
04:55– Même l'image d'Épinal.
04:56– Là, voilà, le récit, quoi, le récit.
04:59Et avec des trucs qui sont irréalistes, la bataille de Birakem,
05:02telle qu'elle est racontée, vous êtes dans un film sur fiction,
05:06parce que ça ne s'est pas tout à fait passé comme ça,
05:07même s'ils sont héroïques.
05:09le général, celui qui allait devenir le maréchal Leclerc,
05:13il marche sur l'eau, quand vous voyez le film, c'est absolument…
05:16Mais tant mieux si ça marche, et tant mieux si ça donne au public,
05:20et notamment au public qui est loin de cette Deuxième Guerre mondiale,
05:24l'envie de se dire, il faut que ce pays soit grand,
05:27il faut que ce pays… ce pays a besoin de héros,
05:29il a besoin de grandes figures.
05:31– Florence Portineau, faites la même leçon de ce film qu'il se trouve,
05:34c'est-à-dire que c'est un film qui rend patriote,
05:37qui donne envie d'être patriote, ou c'est un gros mot ?
05:39– Je vais pleurer pendant le film, à certaines scènes.
05:42En plus, pour la petite histoire, mon grand-père,
05:44il s'est engagé à 17 ans pour aller se battre,
05:46et c'est comme ça qu'il a…
05:47« Je ne serai pas ici, sur votre plateau »,
05:49c'est comme ça qu'il a connu aussi ma grand-mère,
05:51il est parti d'Algérie, et puis ils ont libéré l'Alsace,
05:53et puis bon, c'est toute une épopée, parce qu'il y avait De Gaulle.
05:56Et souvent, on dit « l'homme providentiel, ça n'existe pas ».
05:59Bon, ce n'est pas vrai.
06:00Alors, c'est vrai qu'il y a des périodes terribles
06:02qui permettent aux hommes providentiels, peut-être,
06:04ou aux femmes providentielles, de se distinguer.
06:06Mais moi, je continue à y croire.
06:08Je continue à croire que la médiocrité, ce n'est pas une fatalité.
06:10Et c'est vrai que ce film, c'est une ode au génie de De Gaulle.
06:14Régulièrement, je me pense et je me dis,
06:16même le fait qu'il ait obtenu le siège au Conseil de sécurité de l'ONU,
06:19c'est du génie.
06:20Ce qu'il a fait pour le nucléaire, c'est du génie.
06:22Ce qu'il a fait pour notre armée française, c'est du génie.
06:23Ce qu'il a fait pour le développement de la France, c'est du génie.
06:26Le droit de vote des femmes, voilà, c'est génial.
06:28Mais surtout, ce qu'il a fait à ce moment-là, où il arrive,
06:30il est tout seul, il dit « Je suis la France » avec un culot fou.
06:32C'est génial. Et en fait,
06:34on a besoin de grands héros.
06:35Même en littérature, on a eu des grands héros d'heure.
06:38De Gaulle a un côté grand héros de littérature.
06:40D'ailleurs, c'était lui-même un très grand écrivain.
06:42C'est le dernier grand héros romantique.
06:45Mais, vous voyez,
06:46la France, c'est D'Artagnan,
06:48c'est Cyrano de Bergerac, c'est De Gaulle.
06:50C'est la limite du film, c'est que ce n'est pas vrai.
06:52Non, mais moi, j'ai besoin de ça.
06:55Et moi, je ne vais pas dire que je suis gaulliste,
06:57parce que je pense que le gaullisme est mort avec le général De Gaulle
06:59et que le reste, c'est de la blague.
07:01Mais en revanche, on a besoin de légendes.
07:04Il y a un film extraordinaire,
07:05qui est « L'homme qui tue les libertivalences » de John Ford.
07:07À la fin, il se rend compte que le président a été élu sur un mensonge,
07:09mais il dit « Ce n'est pas grave, ce qui compte, c'est d'imprimer la légende. »
07:12Mais c'est vrai qu'on a besoin de légendes.
07:14On a besoin de croire en quelque chose de plus grand.
07:16On a besoin de grandeur.
07:17Et ce n'est pas parce qu'on a une classe politique
07:18qui, parfois, est lamentable et médiocre
07:20ou raconte des conneries sur les mensonges et l'amitié,
07:23qu'on ne peut pas croire en la grandeur.
07:24Moi, je continue à y croire.
07:25Elle n'était pas terrible en 40.
07:27On va laisser de côté le film
07:31en lui souhaitant toujours autant de succès.
07:32Je voulais juste vous entendre dans l'attente.
07:33C'est des grandes productions historico-politiques.
07:36Surtout qu'on n'en avait pas beaucoup avant.
07:38J'ai beaucoup de mal ce soir à me faire en dire.
07:40Mais je tente.
07:41Vous faites ça très bien.
07:41Je tente de y arriver.
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