- il y a 5 jours
Retrouvez le replay de Fauvelle Week-end sur BFMTV.
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00:00Bienvenue à tous, si vous nous rejoignez à l'instant, on est en direct bien sûr sur BFM TV,
00:04ravi de vous retrouver l'image du jour à présent, l'image du jour à l'étranger,
00:08c'est l'arrivée des émissaires de Donald Trump à Moscou, c'était cet après-midi,
00:14ils viennent présenter un plan de paix à Vladimir Poutine, Jared Kushner, Steve Witkoff
00:18qui sont même arrivés au Kremlin il y a quelques instants, on va découvrir ensemble
00:21les images de leur arrivée et l'accueil par le président russe Vladimir Poutine.
00:27On va aller sur place dans un instant, retrouver Jean-Didier Revoin, mais d'abord les premiers mots de Vladimir
00:32Poutine,
00:33ses émissaires sont aujourd'hui à Moscou, demain ils seront à Kiev en Ukraine,
00:36quel état d'esprit avant cette réunion sans doute très importante, on écoute Vladimir Poutine.
00:47Chers collègues, bienvenue à Moscou.
00:51La situation dont nous allons parler aujourd'hui n'est pas des plus simples.
00:58Mais avant cela, je voudrais vous demander de transmettre mes meilleurs voeux
01:03et mes remerciements au président des Etats-Unis, M. Trump.
01:08Je sais qu'il entre dans une période critique,
01:11mais je sais aussi qu'il n'arrêtera jamais de tenter de résoudre la question du conflit ukrainien.
01:17C'est donc avec plaisir que nous vous recevons aujourd'hui, messieurs.
01:22Voilà donc ces images de Vladimir Poutine, presque souriants, on n'a pas l'habitude de le voir comme ça.
01:27Jean-Didier Revoin, vous êtes à Moscou, ça fait un peu plus d'une heure maintenant que les émissaires américains
01:31sont en tête à tête avec le président russe.
01:34Qu'est-ce qu'on sait de cette réunion ?
01:37On ne sait pas vraiment ni combien de temps ça va durer, ni quelles sont les propositions qui sont sur
01:42la table.
01:43Il y a de nouvelles propositions américaines qui n'ont pas filtré.
01:46Le Kremlin a fait savoir par le porte-parole Dmitry Peskov
01:49que la Russie devait d'abord examiner ses propositions dans le détail
01:55et qu'il n'y aurait pas de commentaires avant du tout au moins la fin de la réunion de
01:59ce soir,
02:00voire la rencontre de demain entre les émissaires américains et les responsables ukrainiens.
02:05Ce qu'on peut dire, c'est qu'il y a néanmoins un signal positif
02:09dans la mesure où Moscou a décrété un arrêt des frappes contre Kiev durant trois jours
02:15à partir de minuit, de façon à permettre aux émissaires américains
02:19de pouvoir gagner Kiev en sécurité.
02:21Une proposition à laquelle Kiev a surenchéri en décrétant également un arrêt des bombardements de Moscou.
02:32Pour l'instant, on sait que de source du Kremlin, qu'il n'y a pas d'accord pour prolonger,
02:37pour aller au-delà d'un arrêt des frappes d'un côté comme de l'autre.
02:41Voilà, les dernières infos à Moscou.
02:43Réunion en cours en ce moment même au Kremlin.
02:44On va en parler ce soir des enjeux de cette visite des médiateurs américains
02:49avec Bernard Guetta qui est avec nous.
02:50Bonsoir, merci d'être avec nous.
02:52Avec Thierry Arnault également, soyez le bienvenu Thierry.
02:55Avec Mariana Pérez-Bénissiouk, bonsoir journaliste indépendante franco-ukrainienne.
02:59Et avec Guillaume Ancel, bonsoir lieutenant-colonel, ancien officier, écrivain,
03:03auteur du site d'information Ne pas subir.
03:06Qu'est-ce qui se joue en ce moment dans ce bâtiment du Kremlin
03:09une fois que Vladimir Poutine aura gentiment repoussé les caméramans à l'extérieur ?
03:12C'est assez rare d'ailleurs de voir cette image d'un Poutine presque souriant.
03:17Qu'est-ce qui se joue dans cette salle une fois les portes fermées ?
03:20Je peux commencer, si vous permettez.
03:23À mon sens, on a remarqué à juste titre que Vladimir Poutine
03:29a l'air d'avoir déballé son plus beau jeu devant Jared Kushner et Steve Witkoff
03:36que par ailleurs ils rencontrent déjà pour une énième fois.
03:41Je pense que nous avons tous perdu le compte.
03:43Et à chaque fois, ces rencontres étaient absolument inefficaces et infructueuses,
03:48du moins en ce qui concerne la guerre en Ukraine.
03:52À mon sens, c'est plus une tentative d'attirer les feux des rampes et les lumières
04:01du fait important qui doit avoir lieu demain,
04:07c'est-à-dire la première visite de Steve Witkoff et de Jared Kushner en Ukraine,
04:12ce qui est incontestablement une forme de victoire diplomatique ukrainienne.
04:17parce que quand bien même ni Steve Witkoff ni Jared Kushner n'ont pas de succès diplomatique
04:26à leur actif, ils se sont quand même des proches de Donald Trump.
04:31Et cela faisait très très longtemps qu'ils étaient invités, qu'ils étaient attendus actifs.
04:36Et ce sera la première fois qu'ils rendront la visite à la présidence ukrainienne.
04:41– Et vous avez raison, ce qui est nouveau dans ce balai diplomatique,
04:43c'est que cette fois-ci, les émissaires américains vont aller à la fois à Moscou
04:46et dans la foulée à Kiev.
04:48On sait, Bernard Guetta, le traitement que Vladimir Poutine inflige parfois à ses invités,
04:54les méthodes d'intimidation, la table de 20 mètres de long.
04:58Ils vont avoir droit à quoi ?
04:59– Ah écoutez, ils ont déjà eu droit à quelque chose d'assez subtil.
05:05Parce que quand Vladimir Poutine dit aux deux émissaires américains
05:09« Je sais que votre président, que je salue, etc. etc. »
05:14traverse un moment, alors je ne sais plus comment il a dit, il n'est pas dit difficile.
05:17– S'apprête à traverser.
05:19– S'apprête à traverser un moment délicat ou difficile.
05:23À quoi fait-il allusion ?
05:24Évidemment aux élections de mi-mandat début novembre.
05:28Et il dit très clairement « Je sais que vous êtes là
05:32parce que votre président aurait un besoin politique quasiment vital
05:37de marquer des points sur la scène internationale,
05:41mais ne comptez pas trop sur moi pour lui faciliter totalement la tâche. »
05:47Et c'est si vrai que la veille même, son porte-parole avait rappelé
05:52que la position russe n'avait absolument pas changé,
05:55qu'il n'était pas question d'un cessez-le-feu sur la ligne actuelle,
05:59sur le front actuel, que les Russes continuaient à exiger
06:05que les Ukrainiens se retirent des parties du Donbass
06:09que les Russes ne contrôlent pas aujourd'hui.
06:11C'est-à-dire qu'officiellement, ça va peut-être bouger,
06:14j'en sais rien, personne ne sait.
06:15Enfin, officiellement, pour l'instant, les Russes ne bougent absolument pas
06:20et les Américains, écoutez, sont là à le supplier.
06:23– Bon, c'est vrai que le contenu du plan de paix américain,
06:26c'est un peu une pochette surprise, on ne sait pas vraiment ce qu'il y a dedans.
06:30Mais je reviens à cette réunion, Guillaume Ancel,
06:33est-ce qu'ils font le poids, ils sont venus à deux, les émissaires américains,
06:37mais est-ce qu'ils font le poids face à Poutine ?
06:38Parce que des gens qui sont rentrés dans ce bureau
06:40et ressortis persuadés qu'ils avaient un accord,
06:42il y en a eu quelques-uns avant eux.
06:44– Honnêtement, ce sont les pires émissaires qu'on puisse imaginer.
06:47– Ah, ce n'est pas bien engagé, donc.
06:48– Et pardon, mais Donald Trump se conduit définitivement
06:52comme un con sur ce sujet.
06:53– Comme un con ?
06:54– Ah oui, comme un con.
06:55Enfin, pardon, je l'ai écrit encore aujourd'hui sur mon site Ne pas subir.
06:59Donald Trump est définitivement un con.
07:01C'est-à-dire qu'il se sert du conflit ukrainien
07:03sans comprendre que l'Europe est au bord de la guerre
07:06et que c'est tout le continent qui est en danger.
07:09Et lui, il envoie ces deux émissaires qui sont les pires.
07:12Pardon, mais chez les Américains, il y a quand même des professionnels
07:15de la négociation qui sont très bons,
07:16qui connaissent Poutine.
07:18Là, il envoie un promoteur immobilier
07:20qui a les jetons d'aller à Kiev
07:22parce qu'il a dit à tout le monde,
07:23moi, attention, je ne vais pas à Kiev si jamais il y a des tirs.
07:26Pardon, mais c'est une négociation dans un pays qui est en guerre.
07:29Donc forcément, il va y avoir des tirs.
07:31Et Jared Kushner qui est un affairiste.
07:33Donc, face à Trump, mais Trump…
07:36– Ce n'est pas forcément eux qui vont ramener le prix Nobel de la paix
07:38à Donald Trump, si je vous le dis.
07:39– Surtout, Poutine se régale.
07:41On le voit bien à son sourire.
07:42Il va faire sa liste de course.
07:43Et il l'a déjà annoncé, comme le rappelait Bernard.
07:45Il va simplement leur dire, voilà, moi, je veux ça, je veux ça, je veux ça.
07:48D'autant plus que Poutine, au mois d'août,
07:51ses forces armées ont récupéré 46 km² en Ukraine.
07:57Ça veut dire qu'il n'avance absolument pas.
07:58À ce rythme-là, il lui faudrait quatre siècles
08:00pour arriver à dominer l'Ukraine.
08:02Donc, il sait très bien qu'il est dans une impasse militaire.
08:04Et là, il voit arriver les émissaires de Trump qui vont lui dire,
08:08bon, écoutez, qu'est-ce qu'il vous faudrait pour qu'on arrête la guerre ?
08:11Franchement, la partie est mal emmanchée.
08:13– Il y a une inconnue, enfin, au moins une très grosse dans le plan de paix,
08:17c'est de savoir si Donald Trump va imposer aux Ukrainiens
08:19de céder une partie de leur territoire aux Russes
08:21pour tenter de faire avancer des négociations.
08:23On va aller justement du côté de Kiev, nous attend Alexander Kerry.
08:27Est-ce que l'Ukraine, aujourd'hui, après plus de quatre années de guerre,
08:30est prête à des concessions territoriales ?
08:33– Alors, ça dépend du plan qui est avancé par Witkoff et par Kouchner,
08:37qui sera vraisemblablement le plan de Poutine
08:39et qui sera vraisemblablement le plan le plus maximaliste qu'il soit.
08:41Rappelons-le, ce plan maximaliste,
08:43eh bien, c'est quand même la reconnaissance des territoires annexés
08:45et non annexés par les Russes.
08:47Et comme territoire russe, le retrait des tropes ukrainiennes,
08:50une armée réduite et, je cite les mots « russes »,
08:52une dénazification, à savoir un gouvernement pro-russe,
08:54à la tête de Kiev, ce qui est absolument inacceptable.
08:58Aujourd'hui, on sait que la Russie n'a pas changé sa position d'un iota.
09:01Quand il y a eu un sondage en 2025 en Ukraine par le Kiev Institute of Sociology,
09:06quand on a présenté ce que les Ukrainiens pensaient justement
09:08du fameux plan d'Istanbul, où on avait vu ces demandes maximalistes,
09:1182% des Ukrainiens sont contre ce plan.
09:14Donc aujourd'hui, c'est absolument inacceptable pour la société civile ukrainienne.
09:18Il faut aussi savoir que faire ces concessions territoriales,
09:20ça veut dire condamner des milliers, voire des millions d'Ukrainiens,
09:24soit à devenir russes de force ou à la torture, dans ces territoires occupés.
09:28Donc ça, c'est déjà absolument inacceptable pour les Ukrainiens
09:31qui se trouvent en territoire libre.
09:32Il y a aussi le problème de la société civile, à savoir que si aujourd'hui,
09:35on dit à des soldats qui se sont battus depuis 2014 ou en 2022,
09:39et on leur dit « bon, ça y est, on rentre à la maison,
09:42et aujourd'hui, on laisse le nom basse aux Russes,
09:44ça va être un suicide politique absolu pour Zelensky. »
09:48Et Zelensky ne veut absolument pas.
09:49Il y a aussi des Ukrainiens une mémoire longue de ce que les Russes peuvent faire,
09:52à savoir que les Russes, eux-mêmes, ont bafoué le Ménorandum de Budapest en 2014
09:57en lançant la première invasion.
09:58Ils ont bafoué les accords de Minsk en 2022 en lançant l'invasion à grande échelle.
10:03Donc aujourd'hui, les Ukrainiens savent très bien ce que les Russes peuvent faire,
10:06et ce genre de choses, même si les concessions se mettent en place,
10:09seront accueillies avec beaucoup, beaucoup de scepticisme,
10:11et ça va créer une vraie structure au sein de la société ukrainienne.
10:15Alexander, merci beaucoup, Alexander, qui est en direct de Kiev.
10:19Lâcher du territoire à la Russie, ce serait possible, envisageable,
10:23c'est la seule solution ou c'est hors de question ?
10:25En tout cas, ça a toujours été, dans tous les plans américains,
10:27quelle qu'en était la version.
10:29C'est-à-dire que dans l'esprit de Donald Trump,
10:31si paix il doit y avoir, pour que cette paix se fasse sur des bases réalistes,
10:35du point de vue du président américain,
10:36il faut que les Ukrainiens acceptent des concessions territoriales.
10:40C'est-à-dire accorder un trophée à Poutine.
10:42Qu'ils renoncent définitivement à la Crimée,
10:44qu'ils renoncent au moins à une partie du Donbass, voire la totalité.
10:48Ça, c'est la première concession qui est demandée à l'Ukraine par les Américains.
10:51La deuxième, c'est de renoncer définitivement à toute perspective d'appartenir à l'OTAN un jour,
10:56à toute candidature à l'OTAN.
10:58Et la troisième, c'est d'accepter que toutes les sanctions qui frappent aujourd'hui la Russie
11:03soient levées, en particulier, bien sûr, les sanctions financières.
11:06En échange de quoi, disent les Américains, et là encore, on est sur les grands principes,
11:10on accepte que le reste de l'Ukraine, si l'on peut dire, reste un État souverain.
11:15On accepte aussi d'en garantir la sécurité,
11:18à la condition, dit Donald Trump, que concrètement et logistiquement,
11:23ce soit pour l'essentiel les Européens qui se chargent de garantir la sécurité de l'Ukraine.
11:29Donc ça, c'est le cadre un peu global, et après, évidemment, tout est dans les détails
11:33qui, en l'occurrence, n'en sont pas, bien sûr.
11:35Bernard Gatta, est-ce qu'à la fin de cette guerre, l'Ukraine sera plus petite que l'Ukraine d
11:39'avant la guerre ?
11:40Est-ce que pour parvenir à signer un jour cette paix, dont on semble encore assez loin,
11:46même s'il se passe des choses du côté du Kremlin aujourd'hui,
11:47il faudra que l'Ukraine lâche une partie de son territoire ?
11:50À la fin de cette guerre, si les Russes l'acceptent, il y aura, parce que ça, on sait,
11:57que les Ukrainiens sont prêts à l'accepter, même s'ils ne l'ont jamais dit officiellement,
12:01une solution à la coréenne ou à l'allemande d'hier.
12:05C'est-à-dire qu'il y aura...
12:06Un mur.
12:07...qu'il y aura à l'allemande d'hier, quand il y avait deux Allemagnes, une Allemagne de l'Est.
12:11Pardon ?
12:12Avec un mur.
12:13Avec un mur, si vous voulez, en effet.
12:15En tout cas, avec une frontière très très solide.
12:17C'est-à-dire que les Ukrainiens sont parfaitement réalistes.
12:22Oui, ils acceptent qu'il y ait une reconnaissance d'une ligne de front, bien entendu,
12:28mais ils n'acceptent pas de choses, ou plutôt même ils refusent de choses.
12:32C'est premièrement de reconnaître que la partie occupée par les Russes de l'Ukraine serait russe.
12:39Non, elle est occupée par les Russes, mais elle n'est pas russe.
12:42C'est une grande, grande différence.
12:45Et deuxièmement, ils ne veulent pas céder les territoires que les Russes revendiquent,
12:53mais qu'ils ne sont pas capables de conquérir militairement.
12:56Parce que c'est une chose absolument incroyable.
13:00Les Russes revendiquent pour signer, non pas un traité de paix d'ailleurs,
13:05mais un accord de cessez-le-feu.
13:07Ils revendiquent que les Ukrainiens leur donnent des territoires qu'ils n'arrivent pas à conquérir.
13:15C'est une chose absolument invraisemblable.
13:18Ce n'est même pas figé la ligne de front.
13:19Non, non, ce n'est pas figé la ligne de front.
13:21Non, non, ils veulent plus.
13:22Mais alors maintenant, si vous me permettez, il y a quand même un point d'interrogation sur ces discussions.
13:28C'est que la Russie n'est pas du tout, enfin le régime de Poutine n'est pas du tout
13:32dans une bonne situation,
13:33ni économique, ni militaire, ni même politique.
13:37Et donc, peut-être que, en vérité, les Russes pourraient être prêts à bouger un peu.
13:44Je dis bien peut-être.
13:46Sauf que les Russes, aujourd'hui, table beaucoup sur un changement politique en France et en Allemagne,
13:53sur une victoire de l'extrême droite en France, sur une victoire de l'extrême droite en Allemagne,
13:58qui leur permettrait d'avoir à Paris et à Berlin des alliés.
14:03Souvenons-nous que, hier et avant-hier, le Rassemblement national dit qu'il faut arrêter, couper, fermer le robinet de
14:13l'aide à l'Ukraine.
14:14Guillaume Ancel, je voudrais vous entendre là-dessus aussi, si vous permettez, les propos de Louis Allure, vice-président du
14:19RN,
14:19disant qu'il faut couper l'aide à l'Ukraine si nous arrivons au pouvoir.
14:22– Le Bardella a remis la sauce.
14:24– Propos qui ont été, peut-être que vous comprenez le Bardella mieux que moi, mais nuancés, en tout cas,
14:28j'ai écouté attentivement même deux fois Jordan Bardella, je n'ai pas compris la position du RN sur l
14:33'aide.
14:33– C'est ce qu'il nous dit au Parlement européen.
14:34– Parce qu'il dit, nous maintiendrons aussi la position de la France, mais on ne peut pas forcément donner
14:39plus.
14:40Il ne dit pas qu'il donnera moins.
14:43– Il se contredit dans ce qu'il dit, pour être clair. Il dit tout et son contraire.
14:46– Et c'est tout simplement pas vrai, parce que, par ailleurs, ces propos ont été explicités par la suite
14:52sur votre antenne,
14:53par exemple, les deux ont dit que la position du RN, en gros, on va respecter les engagements qui sont
15:02déjà faits.
15:02– On ne va pas les détricoter, mais on ne va pas financer la machine des guerres.
15:06Or, la France a déjà des engagements. Elle fait partie des projets qui complètent les projets internationaux.
15:12– Guillaume Ancel, est-ce que c'est un débat qui, pour vous, est interdit ?
15:22Je mets le RN de côté, pour dépolitiser ma question, si vous voulez bien.
15:25Mais est-ce qu'on peut s'interroger sur le niveau de l'aide qu'on peut accorder à l
15:29'Ukraine aujourd'hui ?
15:29Ou est-ce que, pour vous, c'est trop important, trop vital, y compris pour nous ?
15:34– Alors, je vais faire deux remarques.
15:35– Je vous en prie.
15:36– La première chose, même si ça fait mal aux Européens de le reconnaître,
15:39parce qu'ils ont vécu pendant trois décennies d'une paix absolue.
15:42En fait, la situation est explosive pour eux.
15:44Ce qui s'est passé à Leipzig, par exemple, au début du mois d'août, ce qui se passe aujourd
15:48'hui…
15:48– Drône explosif.
15:49– En Pologne, une usine d'armement qui a été incendiée cette semaine,
15:52et on sait tous que ce n'est pas un incendie accidentel.
15:55Il s'est passé la même chose en Italie, il y a deux semaines.
15:58Pourquoi est-ce que le directeur de la CIA s'est déplacé la semaine dernière
16:00pour aller rencontrer son homologue en Russie ?
16:02Pour lui dire, notre système de renseignement est suffisamment avancé
16:05pour savoir ce que vous vous préparez à faire.
16:07Vous êtes une menace pour toute l'Europe, et si vous attaquez un pays européen,
16:11nous, Américains, on sera obligé de s'impliquer, on ne veut pas le faire.
16:14Donc, arrêtez-vous, on vous a vu.
16:16Donc, bien évidemment que c'est une menace contre l'Europe.
16:18Et du coup, quand le Rassemblement national se permet d'évoquer le simple fait
16:22qu'on couperait le robinet aux aides, pardon, mais c'est une provocation.
16:26Ça veut dire qu'ils nous disent quoi ?
16:27Qu'en fait, ils sont les candidats de Vladimir Poutine en Europe ?
16:30Mais c'est extrêmement grave ce qu'ils font.
16:32Ils se prétendent patriotes, alors qu'en fait, ils sont patriotes de la Russie ?
16:36Ils nous mettent en danger, parce que la question,
16:38ce n'est pas de prendre l'argent des retraites pour le mettre sur l'Ukraine,
16:41ça n'a jamais été ça la question.
16:42La question, c'est que tous nos débats de société tomberont
16:45s'il y a une guerre qui se déclenche en Europe.
16:47Tout ça sera vain.
16:48Donc, pour répondre à ma question, pour vous, c'est un débat interdit ?
16:51Non, ce n'est pas un débat interdit.
16:52Toute personne qui, dans la campagne électorale,
16:55dira « je baisse l'aide à l'Ukraine », sera considérée
16:57comme un soutien potentiel de Vladimir Poutine.
16:59Je le dirais différemment.
17:02C'est incompréhensible que dans les débats sur l'élection présidentielle,
17:06ce ne soit pas un sujet majeur.
17:08De dire comment est-ce que l'Europe va se défendre ?
17:11Est-ce qu'elle est prête à se battre pour défendre l'Europe ?
17:14C'est ça un autre sujet.
17:15Or, justement, si je reprends les propos de Jordan,
17:17Bardella, qui sont incompréhensibles, c'est normal.
17:19Que j'ai eu du mal, en tout cas, à comprendre.
17:21Ah, mais ils sont incompréhensibles.
17:22Pourquoi ? Parce qu'il dit exactement le contraire de ce qu'il fait.
17:26Depuis quatre ans, systématiquement, au Parlement européen,
17:29il vote, et son groupe vote, contre toutes les mesures d'aide à l'Ukraine.
17:32Et quand il revient en France, il dit le contraire.
17:34Pourquoi ? Parce qu'il y a une partie de l'électorat du RN,
17:37qui n'est pas pro-poutinien,
17:38et qui est choquée quand on leur dit « on va laisser tomber les Ukrainiens »
17:41parce qu'ils savent que c'est notre sécurité qui est en jeu.
17:44Donc, ils ne veulent pas entendre ça.
17:45Alors, en permanence, le RN est obligé de jongler avec ses mensonges,
17:49c'est-à-dire de raconter le contraire de ce qu'ils font.
17:51– Mariana, je voudrais votre regard de franco-ukrainienne
17:53sur ce débat français autour de l'aide à l'Ukraine.
17:56– Alors, tout débat est possible,
17:59même le débat pour annuler, je ne sais pas, les impôts en France.
18:02On peut proposer et débattre de beaucoup de choses
18:06qui ne sont tout simplement pas raisonnables
18:08ou qui ne vont pas dans le sens de la logique pure.
18:15Mais il faut que ces débats soient honnêtes intellectuellement.
18:20Or, le problème du RN, ça, depuis plusieurs années,
18:24et de la position très ambidue de Jordan Bardella aujourd'hui,
18:30c'est qu'il n'y a pas d'honnêteté intellectuelle.
18:33En fait, on dit en trois phrases tout et son contraire.
18:36On va respecter nos engagements,
18:39mais on ne va plus nourrir la machine des guerres.
18:41Or, respecter les engagements, ça veut dire nourrir la machine des guerres.
18:45Ensuite, il y a des arguments qui ne sont pas honnêtes intellectuellement
18:50quand on dit, ça c'était le cas de Louis Alliot, par exemple,
18:55qu'il ne veut pas que ses enfants meurent pour l'Ukraine.
18:58Or, il n'a jamais été question de mourir pour l'Ukraine.
19:02– Parce que ce sont les Ukrainiens qui meurent pour nous.
19:05– C'est même le contraire.
19:07Et par ailleurs, on a très bien vu que depuis son ascension au pouvoir,
19:12Vladimir Poutine ne s'était jamais arrêté.
19:15Si jamais il parvient, même si ça n'arrivera pas,
19:18à avaler l'Ukraine, il ira plus loin.
19:21Or, qu'est-ce qui se passe plus loin ?
19:23Plus loin, là, il y a des soldats de l'OTAN,
19:26et plus loin, il y a des soldats français.
19:28Et là, la France n'aura plus le choix
19:32que d'affronter la Russie militairement.
19:34Dans les Pays-Bas, par exemple, ou en Roumanie,
19:37où se trouvent les soldats français.
19:38Donc, en fait, ne pas aider l'Ukraine,
19:40c'est précisément augmenter les risques
19:43qu'un jour, les soldats français
19:46devraient se battre pour un pays étranger en Europe.
19:49Donc, c'est tout simplement malhonnête.
19:53Après, débattre, pourquoi pas ?
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