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  • il y a 4 semaines
Retrouvez le replay de Fauvelle Week-end sur BFMTV.

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Transcription
00:00Je voudrais, madame, messieurs, qu'on parte maintenant en Allemagne.
00:02Vous avez fait référence il y a quelques instants, Bernard Guetta.
00:05Pardon, le retour, il se passe quelque chose, me semble-t-il, d'assez important.
00:08Il va se passer quelque chose demain en Allemagne.
00:10L'AFD, l'extrême droite allemande, est aux portes d'une région allemande,
00:14c'est une région qui se trouve dans l'ex-RDA, côté Est, donc, la Sachsen-Halt.
00:18Et l'extrême droite pourrait la remporter, c'est ce qu'indiquent à peu près tous les sondages.
00:22En tout cas, elle est en tête.
00:23Le vote est en tête. En tout cas, c'est Clémence Dibault qui est l'envoyé spécial de BFM TV.
00:26Sur place, ce serait, Clémence, pour le dire très clairement, un énorme coup de tonnerre.
00:34Une alerte rouge et bleue, c'est l'image que vous avez ici en haut.
00:38Ça, c'est le quart régi de partis politiques de gauche qui ont organisé un grand meeting de rassemblement
00:44pour faire parage à l'extrême droite, à l'AFD.
00:47Pourquoi ? Eh bien, parce qu'effectivement, les intentions de vote, elles sont de 40%, plus de 40%,
00:51entre 41% et 43%. C'est deux fois le plus que les conservateurs de la CDU, le parti du
00:57chancelier Frédéric Schmerz.
00:59Alors, le message, on va vous montrer, même s'il fait nuit, ce qui se passe de l'autre côté,
01:02c'est ce concert de soutien.
01:04Il y a une militante tout à l'heure qui nous disait qu'elle votait socialiste, que jamais de l
01:07'avis,
01:08elle n'aurait pensé voter CDU, conservateur.
01:10Mais si ça permettait de faire barrage à l'extrême droite, elle prenait.
01:13Elle nous a rappelé qu'il y avait donc 40% d'intentions de vote pour l'AFD.
01:17Mais donc, ça faisait 60% et qu'il pourrait faire une grande coalition.
01:20Et c'est ce qu'il fallait faire, ce qu'on ne veut pas que l'AFD fasse.
01:23Il est donc possible que l'AFD, qui arriverait premier, avec un cordon sanitaire de tous les partis politiques annoncés,
01:29n'ait pas le pouvoir.
01:30Alors même qu'il arriverait au premier, il y aurait dans ce cas-là, comme c'est le jeu souvent
01:34en Allemagne,
01:34une grande coalition d'opposition qui serait quand même assez fragile.
01:37Mais le symbole, lui, il est bien là, parce que 40% pour un parti d'extrême droite à une
01:43élection régionale,
01:44c'est du jamais vu.
01:45Et je vous rappelle qu'en Allemagne, les régions, les lenders, sont beaucoup plus de voix politiquement que les régions
01:50en France.
01:50Ils peuvent décider de l'éducation, notamment, ou de la culture.
01:53D'ailleurs, l'AFD aimerait pouvoir changer les programmes scolaires, par exemple, changer les programmes de culture.
02:00Et au niveau national, tout cela a une résonance sur l'immigration.
02:03Notamment, ça pourrait fragiliser le chancelier Frédéric Schmerz, qui s'était engagé à faire baisser le score de l'AFD.
02:10Ça risque d'impact le cas.
02:12Clémence Dibout à Magdebourg, donc la capitale de cet état de Sachsen-Altz.
02:17Ça changerait quoi, une région qui bascule à l'extrême droite en Allemagne ?
02:21Ça changerait deux choses. Premièrement, ça lèverait le tabou absolu en Allemagne depuis 70 ans sur le passé nazi.
02:31C'est-à-dire, on ne relativisait pas en Allemagne les crimes et l'abomination du régime nazi.
02:38L'AFD, qui peut remporter cette victoire demain, et qui, de toute manière, sera très forte.
02:46Sera très forte, même si elle ne remporte pas une victoire complète.
02:49Qui peut donc remporter cette victoire complète en Sachsen-Altz, dit très clairement qu'il faut relativiser, évidemment.
02:56Alors, elle ne le dit pas avec ce mot exactement.
02:59Il faut cesser d'en parler.
03:01En Allemagne, dans l'histoire allemande, il y a eu d'autres choses, etc.
03:05C'est le premier point, mais qui n'est pas négligeable.
03:08Le deuxième point, c'est qu'exactement comme le Rassemblement national en France, l'alternative für Deutschland, l'AFD, l
03:16'extrême droite allemande,
03:18dit qu'il faut cesser d'aider militairement et financièrement l'Ukraine à résister à l'agression russe.
03:26Et quand on entend au Kremlin ces deux discours, en France et en Allemagne, de forces politiques ascendantes,
03:34le Rassemblement national est ascendant en France, l'AFD est ascendante en Allemagne.
03:39Eh bien, au Kremlin, on se dit, patientons encore quelques mois, ces deux pays, nous tomberons tout rôti dans la
03:47bouche.
03:47L'Ukraine ne sera plus aidée par les Européens, elle ne l'est déjà plus aidée par les Américains.
03:53Nous pourrons gagner en Ukraine, et quand nous aurons gagné en Ukraine ?
03:57Et ça, Poutine le dit, nous progresserons, nous progresserons dans la reconquête de ce qu'a été non pas l
04:08'Union soviétique,
04:09mais de ce qu'a été l'Empire tsariste qui était beaucoup plus étendu que ne l'était l'Union
04:14soviétique.
04:15Donc, ce qui se passe demain dans ce land d'Allemagne est effectivement, vous avez raison moi, absolument capital.
04:23– Je voudrais avoir votre avis sur un point, il se trouve que Giorgia Meloni, la première ministre italienne,
04:28célèbre aujourd'hui, je crois d'ailleurs, le plus long bail depuis des décennies pour un premier.
04:34J'ai le souvenir, vous aussi sans doute, de ce qui s'est passé au moment où elle a été
04:37élue,
04:38et de ce qui étaient aussi ses slogans de campagne, je renverrai les bateaux de migrants.
04:42Elle a, pour dire les choses de manière un peu simple, mis beaucoup d'eau dans son vin.
04:46– Oui.
04:47– Est-ce que tout parti d'extrême droite qui arrive au pouvoir se normalise un peu ?
04:52– Écoutez, premièrement, elle a mis de l'eau dans son vin.
04:53– Se dédiabolisant.
04:54– Premièrement, elle a mis de l'eau dans son vin.
04:55– Et est-ce que ça va arriver avec l'AFD ?
04:56– Elle a mis de l'eau dans son vin, pourquoi ?
04:58Parce que la majorité dans l'Union européenne n'était absolument pas favorable à ce qu'elle disait.
05:04– Mais elle a changé.
05:05– Elle a mis de l'eau dans son vin parce qu'il y avait un rapport de force en
05:10Europe
05:11qui ne lui permettait pas d'appliquer son programme.
05:15Si demain, il y a au pouvoir, à Paris et à Berlin, des forces politiques qui sont sur la ligne
05:26de ce qu'était la ligne de Mme Mélanie,
05:29ah ben écoutez, elle y sera presque amenée.
05:32Elle y sera presque amenée, d'autant plus qu'elle a maintenant sur sa droite un général, ancien attaché militaire.
05:39– Qui n'est pas dans sa coalition et qui est bien plus à droite qu'elle encore.
05:42– Il est beaucoup plus pro-Poutine qu'elle ne l'est.
05:45– Marianne a voulu y réagir.
05:46– Oui, je voudrais justement apporter un tout petit peu de la nuance.
05:50Puisqu'on parle de sujets internationaux, il est clair que toute extrême droite européenne
05:58a des programmes similaires pour la politique intérieure.
06:01Mais le vrai clivage par ailleurs qu'on retrouve au RN maintenant
06:05entre la ligne, entre guillemets, mariniste et la ligne de Jordan Bardella,
06:11elle se résume à cette différence des extrêmes droites.
06:16Georgia Mélanie a toujours été pro-ukrainienne,
06:20au point qu'elle n'a pas hésité à prendre le risque,
06:25à publiquement alpailler ses propres alliés
06:30et de les mettre face aux responsabilités.
06:33Alors que l'AFD, c'est beaucoup, beaucoup pire que l'ERN,
06:38en fait, au point que l'ERN, à un moment donné,
06:40s'est désolitarisé de l'AFD tellement ce parti est odieux.
06:45C'est pour vous dire, et en fait, nous, en France,
06:48on est quelque part, on cherche le vecteur entre les deux.
06:52Comment trouver les affinités entre les extrêmes droites ?
06:55Guillaume Ancel, en un mot,
06:56Pascal Isdorfeil va nous rejoindre dans un instant.
06:57Bien sûr.
06:58C'est intéressant d'entendre la position officielle russe.
07:00Je le cite, c'est dans le Komsolkaya Pravda de janvier 2026.
07:05Les changements de pouvoir promis n'auront pas lieu en Russie,
07:07en Biélorussie, mais en Europe,
07:09où elle s'appuie, je le cite,
07:11sur les forces patriotiques de l'extrême droite
07:13prêtes à prendre les commandes.
07:15Voilà.
07:15C'est très clair quels sont les partis qui sont alliés
07:17objectivement aujourd'hui, même pas de la Russie,
07:20la Russie de Poutine.
07:21C'est celle-ci qui nous menace depuis 4 ans et demi.
07:24Et Donald Trump veut aussi que les États-Unis
07:27s'appuient sur ces mêmes forces patriotiques.
07:30Il emploie exactement les mêmes mots.
07:31Les forces patriotiques en Europe,
07:33c'est-à-dire les partis d'extrême droite.
07:35Voilà, on a parlé du RN, on a parlé de l'Allemagne,
07:37on a parlé de l'Italie, on a parlé de la Russie,
07:39on a parlé de l'Ukraine, on a l'impression que parfois
07:40les fils sont liés ou même...
07:42Parce qu'il y a une internationale d'extrême droite
07:45aujourd'hui qui est extraordinairement active
07:48et qui comprend aussi bien M. Trump que M. Poutine.
07:51Merci beaucoup à tous les quatre d'être venus ce soir.

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