00:00On va ouvrir maintenant le grand débat du samedi soir avec une petite minute de retard, c'est une question
00:05d'habitude, le grand débat du samedi soir, les grandes voix qui nous rejoignent à présent pour débattre de l
00:11'actualité.
00:11On reviendra d'ailleurs tout à l'heure sur la mise au point de Jordan Bardella et sur les critiques
00:15qui lui sont faites par la plupart de ses opposants depuis ce matin.
00:19Je salue le temps qu'il s'installe Alexis Corbière, bonsoir, soyez le bienvenu, Yves Tréhard, bonsoir également, Nicolas Domène,
00:25bonsoir et Florence Portelli, bonsoir, bienvenue à tous les quatre.
00:29L'image du jour, si vous voulez bien tout d'abord, la braderie de Lille aujourd'hui, moule, frites, défilé
00:34de candidats, Gabriel Attal, Marine Tondelier et Jean-Luc Mélenchon qui promet d'être le candidat du pouvoir d'achat.
00:40Pour cela, il a d'ailleurs une solution, on l'écoute.
00:44Voici ce qu'il faut faire d'urgence, bloquer les prix, bloquer les marges de profit qui ne peuvent continuer.
00:59Tels qu'elles sont, bloquer les loyers pour ne pas être expulsés avant l'hiver.
01:09Augmenter les salaires et d'abord le slip.
01:15Bloquer les prix, bloquer les profits, bloquer les loyers, Yves Tréhard, c'est la bonne recette pour redonner du pouvoir
01:21d'achat aux Français ?
01:22C'est la plus mauvaise des recettes, mais c'est tout à fait conforme aux idées de Jean-Luc Mélenchon
01:27et vous voyez le succès qu'il a à la braderie de Lille.
01:31J'imagine que ses concurrents ont dû avoir aussi du succès, mais lui, il le dit avec… mais c'est
01:37tout à fait sa philosophie.
01:38Mais c'est une absurdité, parce que si vous bloquez les prix, les loyers, vous foutez l'économie par terre.
01:45Et si vous savez ce qui fait que les prix sont bas, c'est la concurrence.
01:49Quand vous avez de la concurrence, c'est là où les prix sont bas.
01:53Si vous voyez la guerre que se livrent d'ailleurs les distributeurs, cette guerre, elle est sur les prix justement.
02:01Ils essayent de vendre le plus bas possible pour avoir le plus de consommateurs possible.
02:06Donc le blocage des loyers, le blocage des prix, le blocage de tout ce que vous voulez, c'est une
02:11ânerie.
02:12Économiquement, c'est une ânerie.
02:14Alexis Corbière, c'est une ânerie le programme économique ?
02:16Toutes ces propositions sont des propositions communes dans l'ensemble du nouveau Front populaire.
02:20C'est la preuve qu'en vérité, il n'y a pas de désaccord.
02:22Vous savez que je suis un unitaire.
02:24Et ça, oui, il faut le blocage des prix, ça a déjà existé.
02:26Des produits de première nécessité, il faut définir un panier de produits
02:31qui ne cessent d'augmenter, qui ont beaucoup augmenté, beaucoup plus que les salaires.
02:34Oui, ce n'est pas normal que les Français aujourd'hui consacrent parfois 40-45% de leurs revenus pour
02:38payer leur loyer.
02:39Il y a un problème dans des villes, et en particulier pour nous, dans les villes là où on est
02:44en région parisienne,
02:45c'est insupportable.
02:46C'est-à-dire qu'avec un SMIC, on ne s'en sort plus, tout simplement pour avoir le droit
02:49à une maison, etc.
02:51Donc c'est bien que la gauche mène campagne, il le faut indiscutablement sur le social.
02:55Non, bien, ce n'est pas à cause des prix que le logement a un problème aujourd'hui.
03:01C'est à cause, dans des grands centres-villes, c'est à cause d'autre chose.
03:04C'est à cause d'une offre de tourisme qui est, je ne vais pas citer l'arbre.
03:11Airbnb, je vais le faire pour vous dire.
03:13Oui, mais Airbnb fout le bazar dans beaucoup de villes.
03:16Peut-être, eh bien, ensemble, avec Yves Tréhard, demandons l'arrêt d'Airbnb.
03:20Je vous vois bien tous les deux manifester dans la règle d'une pancarte interdiseur Airbnb.
03:24Je ne sais pas pourquoi.
03:25Il y a des règles à faire.
03:26Quelles que soient les raisons, c'est quand même le minimum aujourd'hui qu'on puisse se loger,
03:31en n'allant pas au-dessus, allez, déjà, je vais dire beaucoup, de 30% de ces revenus.
03:35C'est beaucoup plus important.
03:36Et 30%, c'est déjà insupportable.
03:38Donc il faut construire, il faut l'aide à la pierre d'ailleurs.
03:39Il faut construire, qui a été supprimé.
03:41Il faut lutter contre la spéculation.
03:43Oui, mais c'est évident, mais d'accord.
03:44Mais qui l'a porté ?
03:46Il n'y a plus de politique de legement aujourd'hui.
03:48Depuis Jean-Louis Borloo, il n'y a plus rien.
03:50Et qu'on puisse sur ce terrain-là, il faut qu'il y ait de l'aide publique.
03:53Il faut qu'il y ait de l'aide publique pour qu'eux, y compris privés,
03:56aient des leviers d'aide publique pour construire.
03:58C'est des sujets, mais à court terme, l'ensemble de la gauche et des écologistes,
04:02quand elle s'est arrivée en tête en 2024, oui, il faut bloquer les loyers.
04:06On peut souscrire à telle ou telle mesure,
04:08mais quand on écoutait son discours, ce que j'ai fait tout à l'heure,
04:11c'est la pensée magique.
04:13Tout y passe, quoi.
04:15Bloquer les prix, augmenter les salaires,
04:17donner des petits déjeuners à tous les enfants de France.
04:19Vraiment, c'est un monde merveilleux, quoi.
04:22Et en même temps, d'ailleurs, parallèlement,
04:24j'entendais Mme Tondeuillet dire qu'il faudrait peut-être songer
04:27à condamner le mensonge.
04:28Ça me faisait rire aussi.
04:29On va en parler tout à l'heure.
04:30On va en parler tout à l'heure, mais j'ai oublié de vous demander
04:33de faire une promesse avant de rentrer sur ce plateau.
04:34Si on avait appliqué à cette journée-là,
04:36cet impératif de dire la vérité, mon Dieu.
04:39Florence Portelli, est-ce que c'est un gros mot,
04:41quand on est, comme vous, une élue des Républicains,
04:45le mot blocage ?
04:45Non, mais ce n'est pas un gros mot parce que je suis l'idée des Républicains,
04:48c'est un gros mot parce que je suis maire d'une ville
04:50et que je vois justement les difficultés qu'ont les gens pour se loger.
04:52C'est facile d'aller raconter n'importe quoi à une population qui souffre.
04:56Parce qu'aujourd'hui, il y a des vrais problèmes de pouvoir d'achat.
04:58Vous avez des problèmes aussi pour vous loger.
05:00Et c'est vrai que ça fait très longtemps qu'il n'y a pas eu
05:01une politique du logement digne de ce nom dans ce pays.
05:03Je sais qu'on a mis Vincent Jambrin à une loi qui est sur le feu,
05:07mais qui n'est pas ultra prioritaire.
05:09Gouvernement, d'ailleurs, qui parfois était même sans ministre du logement,
05:12ce qui est sans précédent.
05:15L'aberration économique, c'est même parfois une aberration
05:18sur le plan de ce qu'on veut privilégier.
05:20Est-ce qu'on veut une Europe de la surconsommation,
05:23avec parfois des interrogations sur le plan de l'importation,
05:27du climat, de tout ce qu'on peut faire
05:31qui ne soit pas finalement viable et valable sur le plan de la qualité.
05:35Ou est-ce qu'on veut plutôt une Europe de la productivité ?
05:38Moi, je suis plutôt pour cette orientation-là,
05:39d'ailleurs comme d'autres gens de gauche aussi.
05:41Donc, ce n'est pas histoire d'être les Républicains.
05:43Mais si on prend l'histoire du blocage des loyers,
05:45le vrai problème des loyers, c'est que les gens ne construisent pas assez.
05:48C'est le problème du coût de la construction.
05:49C'est ça dont il faut parler.
05:51C'est le problème de tous les freins...
05:52J'ai interrompu personne.
05:54C'est le problème de tous les freins bureaucratiques aussi pour construire.
05:57C'est le problème aussi d'une chaîne du logement qui n'existe pas.
06:00Aujourd'hui, en Ile-de-France, 80% de nos compatriotes
06:03ne sont éligibles que le logement social.
06:05Ils ne vont plus dans le privé.
06:06C'est ces questions-là qu'il faut prendre à bras-le-corps.
06:08Et ne pas dire de manière populiste,
06:10comme tous les démagogues qui pullulent en ce moment sur la planète,
06:14de dire « ne vous inquiétez pas, tout sera gratuit »
06:16ou comme certains, même en Saint-Denis,
06:17quand ils prennent le pouvoir et qu'ils vous expliquent
06:19que la cantine va être gratuite
06:20et qu'ils d'ailleurs commencent à revenir un peu dessus dans le détail.
06:23– Il y a une loi qui existe, c'est la loi Duflon,
06:26qui on peut juger qu'elle n'est pas assez musclée, qu'il faut l'aider.
06:28Mais les locataires, dans le privé, ne peuvent pas augmenter
06:31tant qu'ils veulent dans certaines zones.
06:32– Ils ne sont pas bloqués, les lois.
06:33Ils ne peuvent pas augmenter au-dessus d'un certain seuil.
06:35– J'entends, ce n'est pas totalement le blocage.
06:37Mais je veux dire, ça existe, la loi, le législateur.
06:40Et souvent, moi, ça m'arrive d'ailleurs même d'aider des locataires
06:42à interpeller le préfet pour qu'il fasse appliquer la loi.
06:45Donc voyez bien, en bout d'un moment,
06:47moi, je veux dire, je suis un homme de liberté.
06:50Mais il y a des choses qui sont fondamentales
06:52sur lesquelles on a le droit de dire.
06:53Et même si on est de droite, j'ai envie de dire,
06:54il y a des choses, mais non, non, ce n'est pas possible.
06:57Ce n'est pas possible qu'avec ce qu'est le salaire minimum,
07:00une famille qui travaille ne puisse pas acheter,
07:03comme je disais tout à l'heure, un panier de produits élémentaires.
07:06Donc on va, les prix, les marges ne peuvent pas être trop importants.
07:08On l'a, cette discussion, quand les agriculteurs viennent nous dire
07:10« Mais moi, le lait, je le sors de l'animal à un tel
07:13et je le retrouve au supermarché à côté,
07:1510 fois, 20 fois la bascule. »
07:17C'est insupportable.
07:18Donc c'est ça la discussion, si nous laissons faire aujourd'hui.
07:21Moi, je vous connais, je veux dire,
07:23je vous interpelle à vous, Florence Portelli,
07:24parce que je pense qu'il y a encore une droite dans ce pays
07:26qui a vocation à être une droite sociale,
07:29qui est dure sur les questions économiques, de mon point de vue,
07:31mais qui sait bien que les milieux populaires
07:33n'y arrivent pas parce que vous êtes une élue de banlieue.
07:35Ce n'est plus possible.
07:36Alors on peut faire des grands mots,
07:37mais il faut aussi qu'il y ait un gouvernement,
07:39je vais utiliser un terme énergique,
07:41qui prenne des décisions.
07:42C'est ça que les gens attendent.
07:43Et si l'énergie, ce qui semble être déterminé,
07:45est uniquement du côté de l'extrême droite,
07:47pour dire des horreurs, ça n'ira pas.
07:48Donc il faut l'unité,
07:50et il faut aussi des mesures d'enseignement radical
07:52sur l'essentiel.
07:54L'essentiel, c'est le social.
07:55Yves Tréa.
07:57Il faut quand même,
07:57si on a quelques instants, insister sur le logement.
08:00Pour vous, on les a toujours.
08:01Merci.
08:02De toute façon, quand je ne vous les donne pas,
08:03vous les prenez.
08:03Donc je préfère vous les accorder.
08:04Alors là, c'est remarquable.
08:05Merci beaucoup.
08:06Non, non, mais je voulais dire, sur le logement,
08:08moi je suis alors là, on est tous d'accord, je pense.
08:10C'est une honte en France
08:11que la politique du logement n'a jamais été une priorité.
08:16Elle l'a été après la guerre, certainement.
08:19Elle l'a été, Jean-Louis Borloo,
08:20on a fait un cheval de bataille avec raison dans les années 2000.
08:23Et je crois que depuis Jean-Louis Borloo,
08:26c'est un sujet qui est complètement à l'arrêt.
08:28Alors qu'on a un retard phénoménal.
08:30Et c'est pour ça d'ailleurs que les loyers
08:32sont si chers dans notre pays,
08:34parce qu'il n'y a pas assez de logements.
08:36Et vous voyez comment les gens sont logés par moi.
08:37Avec des communes, là je mets des types méchants,
08:39des communes qui refusent d'appliquer la loi
08:41sur du logement social.
08:42Et ça se concentre chez nous.
08:43– Non, non, mais moi j'ai fait du logement social.
08:46– C'est nous, moi qui suis élu de Bagnolet, Montreuil.
08:49On se concentre à aller plus loin que la loi
08:50sur les logements sociaux.
08:51Donc on concentre les populations en difficulté
08:53à certains endroits.
08:54Et vous avez d'autres communes qui préfèrent
08:55la réponse de faire du logement social.
08:57Il y a un problème.
08:58– Moi je fais du logement social.
08:59Je suis très à l'aise là-dessus.
09:00Je fais du logement social.
09:02En revanche, je ne fais pas de ghetto.
09:03Je fais de la vraie mixité sociale.
09:04Parce qu'il y a plusieurs typologies de logements sociaux.
09:06Et surtout, je veux faire de l'accession à la propriété.
09:08Parce que le but d'une vie quand même,
09:10c'est qu'on parle souvent de la longévité.
09:11Non, on n'en parle pas assez.
09:13Mais la longévité, c'est pouvoir financer sa fin de vie
09:15aussi parce que vous avez peut-être pu être propriétaire
09:17et parce que vous n'avez pas trimé pour rien.
09:19Donc ça, c'est des vrais sujets.
09:21Mais pardon, chez moi,
09:22qui attaque les constructions de logements ?
09:24Les verts.
09:25Parce que ce ne serait pas écolo
09:26et même quand je fais un écoquartier.
09:28Donc chez moi, c'est les verts qui attaquent le logement.
09:30Et même le logement social.
09:31Donc moi, je suis désolée,
09:33la droite, elle n'a pas de leçon à recevoir.
09:34Vous êtes alliée avec des gens
09:36qui sont contre toute construction de logements
09:38pour des raisons complètement idéologues et scrupules.
09:40Je ne crois pas.
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