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  • il y a 7 semaines
Ce lundi 7 septembre, Daniel Baal, président de Crédit Mutuel Alliance Fédérale, du Crédit Mutuel et du CIC, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:03Bonjour.
00:04Daniel Ball, merci d'être avec nous ce matin.
00:07Vous avez rédigé une tribune en fin de semaine dernière dans le Figaro
00:10pour alerter sur le niveau de la dette que vous jugez inacceptable.
00:13A partir de quel niveau de dette considérez-vous que la situation
00:16devient réellement dangereuse pour la France ?
00:20Je n'ai pas vraiment rédigé de tribune, j'ai été interrogé en début de semaine
00:24par France 5 et le Figaro a repris mes propos effectivement
00:28concernant ce niveau de la dette.
00:30Je vais vous dire, j'ai été très étonné de l'impact qu'ont eu mes propos
00:35de mardi dernier où je disais que la dette de la France
00:39est à un niveau incroyablement élevé.
00:41Il me semblait que c'est quelque chose qui était acquis
00:43parce que ça fait quand même un certain temps que ça dure,
00:46sans doute qu'aujourd'hui on va encore plus loin,
00:48qu'on est dans une situation encore plus difficile,
00:50que peut-être malheureusement la France va dans le mur
00:53et c'est sans doute ce qui a fait ses réactions dans les médias.
00:56Ça veut dire que vous pensez que la France peut faire défaut ?
00:59Écoutez, il faut tout faire pour éviter que la France fasse défaut.
01:02On n'en est évidemment pas là,
01:04mais à un moment, la réalité d'un budget qui soit plus proche de l'équilibre
01:10que ce qu'il y a aujourd'hui,
01:11à un moment ou à un autre,
01:13il va bien falloir prendre des mesures de fond,
01:16de telle sorte à réduire cet endettement
01:19qui va en galopant et qui coûte de plus en plus cher.
01:23Parce qu'évidemment, il y a le niveau de la dette.
01:26Malheureusement, aujourd'hui, il y a également les taux d'intérêt qui ont monté,
01:30ce qui fait que la charge de cette dette devient insupportable pour notre pays.
01:35Vous dites que c'est inacceptable,
01:37vous dites que le seuil d'alerte est franchi
01:39et pourtant, Fitch vient de laisser la dette de la note souveraine inchangée à A+,
01:44avec une perspective stable.
01:46Les investisseurs continuent de prêter.
01:48C'est le cas aussi du Crédit Mutuel ?
01:50Oui, bien entendu.
01:51Aujourd'hui, le Crédit Mutuel,
01:53comme l'ensemble des banques,
01:54comme les assureurs vivent,
01:56continuent à financer la France,
01:59comme d'autres États.
02:01Effectivement, pour l'instant, la note a été maintenue.
02:05Et d'ailleurs, ce matin, vous annonciez sur votre antenne
02:08que le Portugal arrivait au même niveau à A+.
02:10Donc, ça montre quand même que des États comme le Portugal
02:14ont véritablement fait un travail de fonds très important
02:16au cours des dernières années,
02:18pendant que la situation de la France, progressivement, s'est dégradée.
02:21Parce qu'A+, c'est sans doute encore une note rassurante.
02:24Ça veut dire que pour l'instant,
02:26on peut encore investir dans l'État français.
02:28Mais les perspectives, quelles sont-elles ?
02:30Les perspectives, quelles sont-elles pour le budget à construire ?
02:34Et puis, plus loin, à partir de 2027.
02:37Et c'est là le vrai sujet.
02:39Il y a la BCE qui devrait probablement relever ces taux jeudi.
02:41Vous craignez cette remontée des taux ?
02:44Et quelles conséquences ?
02:45Ce n'est évidemment pas une bonne nouvelle lorsque les taux montent.
02:48Ce n'est pas une bonne nouvelle pour l'économie.
02:50Ce n'est pas une bonne nouvelle pour les ménages.
02:51Ce n'est pas une bonne nouvelle pour les entreprises.
02:55Effectivement, et ce n'est certainement pas une bonne nouvelle non plus pour l'État,
02:58puisque l'État français, aujourd'hui, s'endette à nettement plus de 4%.
03:02Beaucoup plus cher, par exemple, que l'Allemagne.
03:05Donc, effectivement, on peut craindre encore une nouvelle hausse des taux.
03:09La politique de la BCE, on la comprend, notamment par rapport aux risques inflationnistes
03:16qui sont très forts aujourd'hui, liés essentiellement aux conflits au Moyen-Orient.
03:20Oui, et au prix de l'énergie.
03:21Est-ce qu'il faut geler la dette, comme le propose Jean-Luc Mélenchon ?
03:25Ça ne peut pas être une solution ?
03:27Écoutez, s'il y avait une solution magique qui permettrait de continuer à s'endetter
03:31et de faire comme s'il n'y en avait pas, ce serait formidable.
03:33Non, soyons sérieux. Aujourd'hui, justement, c'est ce sérieux dans la gestion budgétaire
03:38qui est nécessaire. C'est nécessaire pour l'État, comme c'est nécessaire pour n'importe quelle entreprise,
03:43comme c'est nécessaire pour n'importe quel ménage.
03:46Qu'est-ce que vous proposez, vous, pour réduire la dette ?
03:49Puisque vous voulez être un patron engagé dans cette campagne présidentielle aussi.
03:53Oui, bien sûr que nous sommes engagés.
03:55Bien sûr que nous disons que cette dette doit être réduite.
03:59Après, nous ne sommes pas aux manettes.
04:00Ce n'est pas nous qui faisons le budget. Je crois qu'un inventaire devrait être fait.
04:06Un inventaire complet, tant des dépenses que des recettes.
04:10Et en matière de dépenses, sans doute qu'à un moment, il y aura des choix à faire.
04:14Mais même du point de vue des recettes, on peut se poser la question de certaines décisions
04:19qui sont prises, qui peuvent apparaître comme des décisions qui permettent d'entrer de l'argent
04:24à court terme, mais qui à long terme sont contre-productives.
04:27Je pense notamment à la taxation forte des entreprises.
04:30La surtaxie S, qui devrait être vendue dans le prochain budget, mais c'est très moindre.
04:34Exactement. Je pense aussi à la taxation du travail.
04:37On vient de découvrir ce week-end un nouveau projet du gouvernement
04:41qui vise à taxer l'épargne salariale, l'intéressement et la participation.
04:46Or, s'il y a bien un dispositif de partage de la valeur qui est vertueux,
04:51c'est bien ce dispositif d'intéressement et de participation.
04:54C'est au-delà de 3 000 euros.
04:55Oui, je suis d'accord.
04:57Mais bon, dans beaucoup d'entreprises, heureusement, le montant d'intéressement
05:01et de la participation est supérieur à 3 000 euros.
05:04Et finalement, j'insiste, c'est un mécanisme de partage de la valeur.
05:08Ça veut dire qu'on va partager avec les salariés les fruits de l'expansion de l'entreprise
05:14et plus les résultats de l'entreprise seront intéressants, plus ils seront importants,
05:18plus il y aura de partage par là, mais plus aussi il y aura d'impôts sur les sociétés payées.
05:24Donc, encourageons plutôt la performance, ce qui permet un partage de la valeur
05:29avec l'ensemble des parties prenantes.
05:31Mais on le voit bien, aujourd'hui, tout le monde doit faire des efforts.
05:33C'est ce qu'a dit en tout cas le Premier ministre.
05:35Les banques françaises ont réalisé des résultats historiques.
05:374,2 milliards de bénéfices pour le crédit mutuel.
05:40Est-ce que les banques peuvent s'exonérer de cet effort ?
05:44Non, non, mais pas du tout, il n'en est pas question.
05:45Les banques contribuent très, très largement à l'effort, et c'est tout à fait naturel.
05:51Je ne vais certainement pas dire qu'on ne doit pas payer d'impôts,
05:54c'est que toute entreprise doit payer, notamment les entreprises qui ont de bons résultats.
05:58Après, lorsqu'on surtaxe, et le sujet de la surtaxe,
06:02et que cette surtaxe vise surtout les entreprises qui sont justement créatrices de richesses,
06:08créatrices de valeurs, créatrices d'emplois en France,
06:10et c'est là que je dis qu'il ne faut pas uniquement raisonner sur les recettes,
06:14parce que taxer davantage, jouer davantage sur les taux que sur l'assiette de l'impôt,
06:19c'est contre-productif.
06:21Merci Daniel Ball d'avoir été notre invité dans Parole de Patron ce matin sur BFM Business
06:25et sur RMC Live, Canal 25.
06:27Je rappelle que vous êtes président du Crédit Mutuel Alliance Fédérale et du CIC.
06:33Merci à vous.
06:34Peut-être juste une dernière question sur le RN.
06:37Est-ce qu'il faut prêter ?
06:39Est-ce que les banques doivent prêter au Rassemblement National ?
06:41Écoutez, j'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer sur le sujet.
06:44Le financement de la campagne présidentielle doit bien entendu être assuré.
06:48On a déjà pu démontrer la difficulté de le faire par les banques pour plein de raisons,
06:54et notamment les sujets de remboursement par l'État.
06:56Et nous avons appelé à une solution publique.
06:59Nous n'avons pas de réponse aujourd'hui.
07:01Parce que le RN est quasiment sûr de se faire rembourser avec 30 à 35% des voix dans les
07:06sondages.
07:06Sauf en cas de non-validation des comptes de campagne.
07:09On oublie souvent qu'il y a deux critères.
07:115% des voix, mais également la validation des comptes de campagne.
07:15Et je rappelle que le candidat Nicolas Sarkozy, lorsqu'il était président sortant,
07:19n'avait pas pu se faire valider les comptes de campagne,
07:22et donc pas obtenir le remboursement par l'État.
07:24Merci Daniel Ball.
07:25Une interview à retrouver bien sûr en podcast et en replay sur le site bfmbusiness.com.

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