- il y a 2 mois
C'est devenu un véritable enjeu de santé publique : la sédentarité gagne du terrain, avec des conséquences bien réelles sur notre santé. Face à ce constat, comment remettre le mouvement au cœur de notre quotidien ? Vincent Roger, délégué ministériel au sport-santé et Philippe Kuhn, médecin du sport, décryptent les enjeux de la lutte contre la sédentarité.
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00:04Bonjour à tous les deux, bienvenue.
00:05Bonjour.
00:06Merci d'avoir répondu présent.
00:08Vincent Roger, je commence avec vous.
00:10La sédentarité, je le disais, c'est un enjeu de santé publique majeur.
00:14Est-ce qu'on mesure réellement son impact sanitaire ?
00:18On mesure différentes choses.
00:20Il y a plusieurs constats à faire par rapport à la sédentarité.
00:23Le premier, c'est que nous sommes dans des sociétés
00:26qui additionnent deux phénomènes qui ont des conséquences sanitaires en cascade.
00:30Le premier phénomène, c'est la sédentarité.
00:32Le deuxième, c'est la révolution du vieillissement.
00:35Ce qui entraîne une hausse vertigineuse des maladies chroniques,
00:39des multipathologies,
00:40puisque un adulte sur deux de plus de 65 ans a une double comorbidité.
00:45Vous rajoutez à ça qu'il y a une explosion du nombre de pathologies
00:49liées à la santé mentale.
00:51Le deuxième constat, c'est quoi être en bonne santé ?
00:55La définition, c'est quoi être en bonne santé ?
00:57C'est avoir un bien-être physique, psychique et social.
01:01Il se trouve que sur ces trois domaines,
01:03il est prouvé scientifiquement que l'activité physique et sportive
01:07est un atout et une solution pour la santé de tous.
01:12Et le troisième constat, c'est que maintenant,
01:14depuis plus de 50 ans,
01:15nous avons une somme de littérature scientifique
01:18qui prouve que l'activité physique et sportive
01:20est un atout fondamental en termes de prévention primaire,
01:24secondaire et tertiaire pour la santé de tous
01:27et pour notre santé publique.
01:28Quant à la sédentarité, elle a un double coût.
01:31Elle a un coût sur la santé de chacun d'entre nous,
01:34explosion, comme je vous le disais, des maladies chroniques,
01:36problème d'AVC, problème de cancer, etc.
01:39Mais elle a un coût aussi pour la société,
01:41puisque France Stratégie évalue à 140 milliards d'euros par an
01:45le coût de la sédentarité dans notre pays en termes de santé.
01:49Docteur, qu'est-ce que la sédentarité provoque
01:52sur notre organisme à court et long terme ?
01:56Alors déjà, il faut identifier que la sédentarité,
01:58ce n'est pas le manque d'activité physique.
02:00C'est deux choses différentes.
02:01En fait, on a l'activité physique.
02:03Si on n'en fait pas assez, on est inactif.
02:05Et la sédentarité, c'est le temps passé assis.
02:09Donc, c'est deux choses différentes qui sont...
02:10Ou coucher, éveiller.
02:12C'est deux choses qui sont différentes
02:14et qui sont toutes deux un impact négatif sur la santé,
02:17avec une surmortalité, mais qui sont indépendantes.
02:21Et donc, l'impact de manquer d'activité physique,
02:24c'est que l'organisme, il est créé par l'effort.
02:26Et pour l'effort, l'organisme ne fonctionne bien
02:29que si on le stimule.
02:30Et en fait, si on ne le stimule pas
02:32en n'ayant pas assez d'activité physique,
02:34il se désadapte.
02:35Et on fabrique les maladies de civilisation.
02:38C'est-à-dire qu'on va créer tout ce qui est
02:41maladies cardiovasculaires, cancer, diabète,
02:43sur l'obésité, maladies d'Alzheimer aussi.
02:47Et tout ça dépend du manque de stimulation.
02:51Et est-ce que, du point de vue du médecin,
02:54est-ce qu'on sous-estime encore le rôle
02:55de l'activité physique en termes de prévention ?
02:59Je ne suis pas sûr qu'on le sous-estime,
03:02mais par contre, je pense qu'il est méconnu
03:03du grand public.
03:05Je pense que, scientifiquement, on reconnaît
03:08la valeur de la lutte contre la sédentarité
03:10et la valeur de la lutte pour l'activité physique.
03:12Par contre, je pense que dans la population globale,
03:14on n'a pas cette vision de l'importance
03:17de faire que c'est fondamental dans nombreuses maladies.
03:20Plus que jamais ?
03:22Oui, mais on se repose trop sur les médicaments
03:24et on n'engage pas assez dans l'activité physique.
03:28Et je pense qu'il y a aussi cette incompréhension
03:29entre la sédentarité et l'activité physique.
03:33Et à contrario, qu'est-ce que quelques dizaines
03:35de minutes d'activité physique régulière
03:37peuvent provoquer ?
03:39Quels sont les bénéfices ?
03:40On va optimiser le fonctionnement de l'organisme.
03:43Ce n'est pas seulement de la comptabilité
03:44en se disant que je vais dépenser des calories en plus.
03:46Ça, c'est vrai.
03:47Mais surtout, le bénéfice, c'est qu'on va stimuler
03:49l'organisme à devenir plus fort, plus résistant,
03:52plus endurant.
03:53Et c'est ça qui le maintient en bonne santé
03:55parce qu'on va avoir besoin de faire fonctionner
03:56tout l'organisme.
03:57Et donc, on va créer un écosystème.
03:59En fait, les muscles vont produire des myokines,
04:02des molécules signales qui sont produites par le muscle.
04:05En fait, le muscle, c'est pas qu'à bouger,
04:06il sert aussi à ça.
04:07Et avec ces myokines, il crée un écosystème autour de lui
04:10pour qu'on favorise son fonctionnement.
04:12Et si on a besoin d'optimiser son fonctionnement,
04:14on améliore toutes les fonctions cardio-versculaires,
04:17respiratoires, métaboliques, gestion du glucose,
04:20donc moins de diabète.
04:21Et en fait, on optimise tout ça.
04:23Vincent Roger, je le disais,
04:24on sait malgré tout qu'il faut bouger davantage,
04:28réduire le temps passé assis,
04:29avoir une activité physique régulière.
04:31On entend quand même beaucoup plus aujourd'hui.
04:33Mais entre ce qu'il faudrait faire
04:35et ce qu'on fait réellement,
04:36il y a un gap.
04:37Où est-ce que ça bloque aujourd'hui ?
04:38C'est une affaire de comportement individuel ?
04:41Ou c'est plus global ?
04:42Le sport santé et la pratique de l'activité physique s'accroît.
04:48Dans notre société, vous avez de plus en plus de gens
04:51qui ont une activité physique régulière.
04:5365% des Français...
04:55Je pense qu'on bougeait maratonner, par exemple.
05:08Et je pense que d'une manière générale,
05:10beaucoup de Français ont compris que c'était bon
05:12pour leur santé, pour leur morale, pour leur psychisme.
05:15Là où ça bloque, c'est parfois une organisation de temps,
05:19parfois une organisation d'accès à la pratique.
05:22C'est aussi un phénomène parfois culturel.
05:25Vous avez quatre publics qui sont assez éloignés,
05:28voire très éloignés de la pratique,
05:30que sont un, les femmes.
05:32Dans la vie d'une femme, il y a une triple rupture.
05:34L'adolescence par rapport à la pratique sportive,
05:37la maternité et la ménopause.
05:40Et plus ces femmes sont dans des milieux précaires,
05:42plus elles sont éloignées de la pratique sportive.
05:45Deuxièmement, vous avez les personnes en situation de handicap.
05:48Une sur deux ne fait aucun sport.
05:50Troisièmement, les seniors.
05:52Et quatrièmement, les étudiants.
05:54Ça peut paraître surprenant à ceux qui nous écoutent,
05:56mais 40% des étudiants ne font aucun sport dans notre pays.
05:59Et donc la stratégie nationale sport santé,
06:02elle a vraiment pour ambition de viser en particulier
06:04ces publics en développement...
06:06Et puis il y a une affaire d'accès aux équipements
06:07sur ce territoire aussi.
06:08Et notamment pour la pratique féminine,
06:10il faut que ce soit sécurisé.
06:12Il y a plein de choses très concrètes
06:14sur l'aménagement des vestiaires,
06:16sur des choses très concrètes à mettre en place.
06:19Mais comment sont-ils faits pour que ces dispositifs
06:21ne profitent pas d'abord à ceux qui finalement
06:23sont déjà les plus actifs ?
06:27Ces dispositifs, ils profitent dans l'absolu à tous.
06:31Mais les politiques publiques que nous mettons en place
06:33depuis une dizaine d'années,
06:35et notamment dans ce qu'on appelle
06:36l'héritage immatériel des Jeux,
06:38parce qu'il y a eu quand même une grande dynamique
06:39autour de cette promotion de l'activité physique
06:42et sportive pour le bien de tous,
06:45dans le cadre des Jeux, autour d'une idée.
06:49Les Jeux, ce n'était pas qu'une parenthèse enchantée
06:51pour glorifier le sport mondial.
06:53Les Jeux, c'était un projet de société
06:54pour dire que le sport change la vie,
06:56et même on pourrait rajouter
06:57le sport sauve des vies.
06:59Et vous assumez qu'on a su en faire un vrai levier,
07:01qu'aujourd'hui il y a un vrai héritage
07:03à une échelle nationale ?
07:04Le sport change sur, par exemple, les 30 minutes,
07:06même si c'est loin d'être parfait,
07:10tout ça est perfectif.
07:11C'est plus la politique des petits pas
07:13que le grand soir.
07:15Mais ça a progressé depuis 10 ans
07:17par des décisions législatives,
07:19loi 2016 qui encourage la prescription
07:21de l'activité physique et sportive,
07:23loi 2022 qui conforte la création
07:26des maisons sport santé.
07:27Aujourd'hui, vous avez 6,
07:28je crois qu'on va en parler avec votre reportage,
07:30vous avez 600 maisons sport santé
07:32sur tous les territoires,
07:33qui sont des sas pour permettre aux gens
07:36de reprendre une activité physique et sportive
07:38dans des programmes qui sont sur mesure pour eux
07:42et qui permettent d'être un sas
07:43entre d'abord absence de pratique,
07:46un programme dans les maisons sport santé
07:48et puis après on rejoint un club
07:50qui peut faire aussi des programmes adaptés
07:52en fonction des publics que je viens de vous citer.
07:55Donc les choses s'améliorent.
07:57Maintenant, je rejoins le docteur,
07:59il y a encore beaucoup de choses à faire
08:01pour que de nombreux Français
08:03retrouvent le goût à l'activité physique et sportive
08:06et c'est toute l'ambition de ce qu'on est en train
08:20évoqué en termes de santé.
08:22Je voudrais revenir aussi, docteur,
08:23avant de passer au reportage,
08:24est-ce que vous partagez ce point de vue
08:26quant à l'héritage post-JO ?
08:28Vous en sentez les effets ?
08:31Alors, je ne les sens pas tant que ça, moi.
08:33Oui, qu'est-ce que vous constatez ?
08:35Je ne vais pas constater de changement réel.
08:38Je pense que le problème, en fait,
08:39c'est la motivation.
08:40Et je pense que c'est la récompense du sport.
08:43Oui, je pense qu'en fait,
08:45le sport est un certain inconfort.
08:47Quand on va s'exercer,
08:48on y trouve du plaisir,
08:49mais on y trouve aussi un certain inconfort.
08:51Et il faut qu'en face,
08:52on ait une motivation, une récompense.
08:54Et que la conviviance du sport,
08:55c'est qu'on ne voit pas toujours cette récompense.
08:58Alors certes, on se sent bien quelque temps après,
09:00mais ce n'est pas toujours le cas.
09:02Et on n'observe pas le bienfait derrière.
09:04Donc, ça n'encourage pas nécessairement
09:06à persévérer quand on est dans la difficulté.
09:09Alors, c'est vrai qu'au mois de septembre,
09:10c'est facile, on s'inscrit.
09:11Mais combien se abandonnent au mois de novembre ?
09:14Combien abandonnent après les fêtes ?
09:15Et c'est là qu'il faut réussir à intervenir aussi,
09:17à trouver une motivation, une récompense.
09:20Quand je dis récompense, ce n'est pas financière.
09:22Mais la récompense, c'est
09:23je suis en meilleure santé ou je me sens bien.
09:25Et il faut réussir aussi à démontrer aux gens
09:27qu'ils ont une récompense derrière.
09:29Donc, c'est un peu une affaire culturelle aussi, vous pensez ?
09:32Oui, il y a nécessairement une affaire culturelle.
09:35C'est notre rapport au sport, nous, les Français ?
09:35Il y a nécessairement une affaire culturelle.
09:37D'ailleurs, souvent en entendant parler de course à pied,
09:40mais finalement, le meilleur sport, c'est celui qui vous plaît
09:42parce que c'est celui qui vous permet de continuer à vous exercer.
09:45Et donc, il n'y a pas un sport meilleur qu'un autre.
09:47Il y a surtout le sport qui, lui, est meilleur pour vous.
09:50C'est celui qui vous plaît.
09:52Pardonnez-moi, simplement pour ajouter,
09:54pour aller dans la même direction,
09:55il y a bien évidemment la pratique sportive.
09:57Et il faut encourager, nous, ministères des Sports,
09:59on est très sensibles à ça.
10:01Mais le but, c'est aussi d'encourager l'activité physique.
10:03Il n'est pas obligatoirement une pratique sportive.
10:07C'est le propriétaire de chien qui va sortir une heure par jour son chien
10:10et qui, donc, va faire de l'activité physique.
10:12Une toute forme de mise en mouvement.
10:13Voilà, exactement.
10:14C'est ça qui est aussi important pour la santé de tous.
10:17Je vous le disais, on passe au reportage.
10:20Réapprendre à bouger quand on en a perdu l'habitude,
10:23ça demande parfois un vrai accompagnement.
10:25Et c'est justement tout l'enjeu des maisons Sports Santé.
10:27Plus de 500 structures partout en France
10:30pour accompagner chacun vers une activité physique
10:33adaptée progressivement et à son rythme.
10:35Mais concrètement, comment ça fonctionne ?
10:38On s'est rendu dans l'une de ces structures à Paris.
10:41Je passais une grande partie de ma journée assis ou allongé
10:45ou plusieurs heures par jour devant un écran.
10:49Cette sédentarité a entraîné une prise de poids,
10:55du stress, de l'anxiété,
10:59des difficultés de sommeil.
11:01Enfin, un tableau clinique pas terrible.
11:05Et là, la reprise de l'activité en activité physique adaptée ici
11:09et la marche m'ont permis de casser ces habitudes
11:15et de me retrouver plus dynamique, mieux dans ma peau,
11:19de sortir de ces habitudes et de cette sédentarité
11:24que je m'étais imposée en fait par habitude,
11:27par fainéantisme, par manque de dynamisme.
11:31Là, tu as démarré ta première série sur l'intensité haute.
11:33Oui, je vais passer à 6'2.
11:35Ils arrivent souvent avec une prescription médicale.
11:38Donc, ils ont conscience de ce qu'ils vont faire
11:40mais ils n'ont pas forcément fait,
11:41ils n'ont pas beaucoup d'expérience.
11:43Donc, on les accompagne aussi dans ce processus
11:45de modification de leurs habitudes
11:46et de découverte de l'activité physique
11:48pour qu'ils aient ensuite une vie quotidienne plus active
11:51que ce soit avec ou sans pratique sportive.
11:54C'est eux qui nous disent
11:54je bouge mieux, je suis moins essoufflé.
11:57On a des retours directs sur les bienfaits de tout ça
11:59et on sait maintenant que de toute façon
12:01un programme d'activité physique
12:03va induire des changements de comportement
12:05dans la vie quotidienne.
12:06Ça va être des gens tout simplement
12:07qui nous disaient
12:07avant je pouvais marcher qu'une certaine distance,
12:09je devais m'arrêter pour être essoufflé.
12:11Maintenant, j'arrive à marcher un peu plus loin.
12:13J'ai évité les escaliers, ça me faisait trop mal
12:15ou j'avais peur de le faire
12:16et maintenant je peux monter mes 3-4 étages
12:18avec moins de difficultés.
12:21Souvent, c'est les grands-parents
12:22qui peuvent jouer un peu plus facilement
12:23aussi avec les petits-enfants.
12:25Voilà, ce genre de choses.
12:26Venir dans une maison sport santé
12:27c'est un moyen de renouer
12:29avec cette activité physique,
12:30d'être au contact de professionnels
12:32qui ne se contentent pas
12:33d'améliorer votre cœur, vos muscles,
12:36votre mobilité, votre équilibre.
12:38Ce sont aussi des professionnels
12:40qui ont pour mission de vous expliquer
12:41pourquoi il faut bouger pour sa santé.
12:43Quand on est sédentaire,
12:44notre sang ne circule pas
12:46donc on n'irrigue pas en oxygène
12:48l'ensemble de notre organisme.
12:50Nos os, nos articulations,
12:52nos muscles ne font pas ce pour quoi ils sont faits,
12:54c'est-à-dire bouger.
12:55Et la masse grasse s'agglomère sur nos viscères.
13:00C'est ce qu'on appelle la masse grasse viscérale
13:01et elle est délétère pour notre santé.
13:02Ça, c'est la sédentarité.
13:04Il y a un autre comportement,
13:05c'est l'inactivité physique.
13:07L'inactivité physique,
13:08c'est quand on ne totalise pas
13:09les 30 minutes d'activité physique quotidienne
13:12au moins 5 fois par semaine
13:13et on sait que c'est ce seuil-là
13:14qui permet de déclencher
13:16des effets bénéfiques pour la santé.
13:18Donc il y a deux choses à faire.
13:19Si on est sédentaire,
13:20toutes les heures,
13:21il faut se lever,
13:22il faut bouger 3 minutes,
13:23faire des exercices.
13:24Le meilleur mouvement,
13:25c'est le prochain,
13:25c'est celui que vous allez faire.
13:27La deuxième chose,
13:27c'est donc être actif au quotidien.
13:30Être actif au quotidien,
13:31c'est marcher plus,
13:32prendre les escaliers,
13:32prendre le vélo,
13:33avoir des activités domestiques
13:35et parmi ces activités,
13:36le sport n'est qu'une petite partie.
13:39Vincent Roger,
13:40qui peut avoir accès
13:41à ces maisons sport santé ?
13:42Et d'abord,
13:43comment est-ce qu'ils ont connaissance ?
13:44Ce sont via les médecins,
13:45par exemple ?
13:46Oui, alors déjà,
13:47nous, on encourage beaucoup
13:48la structuration de l'offre
13:51pour les faire connaître,
13:53pour promouvoir la marque
13:54Maisons sport santé
13:55parce que vous avez raison,
13:56ce n'est pas encore très connu
13:57des Français.
13:58Alors aujourd'hui,
13:58on en a 600,
13:59vous parliez de 500.
14:01Ça monte en puissance.
14:02Il dit plus de 500, oui.
14:02Oui, oui.
14:03Maintenant, on a dépassé
14:04cet été les 600.
14:07Il y a 1,5 million de Français
14:09qui en ont été bénéficiaires
14:10depuis 2020.
14:12Et alors,
14:13c'est des entités
14:14qui sont très rattachées,
14:16qui sont souvent rattachées
14:17à des collectivités locales.
14:18Donc, c'est les collectivités locales
14:20qui les font connaître.
14:21C'est le mouvement sportif,
14:22c'est les ARS,
14:23c'est tout un écosystème local
14:26qui permet de les développer.
14:28Et en termes de tarifs,
14:30c'est assez peu cher.
14:31C'est souvent des tarifs
14:32très sociaux.
14:35C'est relatif aux revenus
14:36de chacun.
14:37Oui,
14:37et c'est surtout...
14:38Alors,
14:38certains programmes
14:39sont pris en charge
14:40dans le cadre de programmes
14:43notamment expérimentaux.
14:44Mais c'est souvent
14:46des cours collectifs,
14:47des séances collectives.
14:48Là,
14:49c'était plutôt
14:49des séances individuelles.
14:51mais dans les maisons
14:52de sport santé,
14:53il y a beaucoup
14:53de séances collectives.
14:54C'est entre 10 et 15 personnes.
14:56C'est souvent des gens
14:57qui ont plus de 50 ans,
14:58qui sont très éloignés
15:00de la pratique,
15:00qui peuvent avoir
15:01de lourdes pathologies.
15:03Moi,
15:03je me rappelle
15:03d'une visite à ARS
15:05dans une maison sport santé
15:07où vous aviez
15:08une quinzaine de personnes
15:09et elles étaient
15:11toutes unanimes
15:11pour dire le bien
15:13que ça leur faisait
15:13parce que ça revient
15:15à ce que je vous disais
15:16sur la définition
15:16de la santé.
15:18Elles étaient heureuses
15:19d'être là,
15:20ces personnes.
15:21Certaines étaient
15:22quand même sous dialyse
15:23parce que c'était
15:25un moment social.
15:26Et donc,
15:27en disant
15:27moi tout seul,
15:29je ne le ferai pas,
15:29mais en groupe,
15:30je le fais.
15:31D'ailleurs,
15:32certains deviennent
15:33des ambassadeurs
15:36de ces maisons
15:37sport santé
15:37pour les faire connaître.
15:39Et deuxièmement,
15:40une meilleure condition physique
15:41et une meilleure condition psychique.
15:43Donc,
15:44c'est un vrai succès.
15:46Pour être totalement honnête,
15:47il faut le pérenniser,
15:48il faut le structurer,
15:50il faut accompagner
15:51les financements
15:52parce que c'est quelque chose
15:54qui doit être sur la durée.
15:56Docteur,
15:57vous recommandez
15:57à certains de vos patients
15:58de se rendre
15:58dans des maisons
15:58sport santé
15:59ou ce n'est pas encore
16:00quelque chose
16:00de tout à fait banal ?
16:02Alors,
16:02je travaille avec
16:04la Fédération française
16:05de triathlon
16:06et c'est vrai
16:06que la Fédération française
16:07de triathlon
16:08organise des dédits,
16:11des créneaux
16:11au sport santé.
16:13En fait,
16:13et donc accueille
16:14toutes ces personnes
16:16qui viennent débuter,
16:17qui viennent s'exercer
16:19et c'est vrai,
16:20du coup,
16:20c'est en groupe
16:21et c'est vrai
16:22que le groupe
16:22participe à la motivation
16:24aussi,
16:24en fait,
16:25et à la récompense
16:25parce qu'elle partage
16:26le lien social
16:27et il y a
16:28ce moment de convivialité
16:29que les gens
16:29n'ont pas forcément
16:30chez eux.
16:31Donc,
16:32oui,
16:32je le recommande.
16:33Depuis le début du mois,
16:34on me disait...
16:35D'ailleurs,
16:35vous parlez de la Fédération
16:36française de triathlon
16:37mais il faut que ceux
16:38qui nous écoutent
16:38sachent aussi
16:39que beaucoup de fédérations
16:41proposent des programmes
16:42sport santé désormais.
16:43Vous avez une quarantaine
16:44de fédérations,
16:46olympiques ou non,
16:47qui proposent
16:48des programmes adaptés.
16:51Je pense à la Fédération
16:53française de football
16:54qui est la première
16:54fédération de France
16:55qui développe le foot
16:56en marchant
16:57pour les seniors.
16:58Donc,
16:58il y a sur le territoire
17:00une offre
17:00qui se développe
17:01en lien avec
17:03tous les acteurs.
17:04On le disait,
17:04depuis le début du mois,
17:05une opération nationale
17:06est lancée,
17:06septembre bouge,
17:08avec des événements
17:09dans plusieurs villes.
17:11Comment s'assurer
17:12qu'on amène
17:14ces personnes
17:14vers une pratique durable
17:15et que ce ne soit pas juste
17:17l'effet d'une campagne
17:18pendant un mois,
17:19un one shot,
17:20mais finalement
17:22pas quelque chose
17:23qui s'inscrit
17:24dans la durée ?
17:24Déjà,
17:25il faut que ce mois
17:26soit dans sa première édition
17:27impactant
17:28et deuxièmement,
17:29il faut que ce mois
17:30soit pérenne.
17:31on ne pourra pas mesurer
17:32au bout d'une année,
17:33c'est au bout
17:33de plusieurs années.
17:34Par exemple,
17:35l'impact du mois
17:35sans tabac
17:36qui a été créé
17:37il y a plus de dix ans
17:38par Santé publique France,
17:39on a les résultats
17:41parce qu'on est dans la durée
17:42sur le fait
17:43que ça provoquait
17:44des déclics de comportement
17:45chez nos concitoyens
17:46et d'ailleurs,
17:47ça a eu un impact positif
17:48puisque la consommation
17:49de tabac
17:49a fortement baissé
17:50et y compris
17:51chez les plus jeunes
17:52et en particulier
17:53les jeunes filles.
17:54Donc,
17:55le but de ce mois
17:56c'est de créer
17:57le déclic
17:58du comportement
17:58et donc,
17:59on fait une communication,
18:01on organise une tournée
18:02dans toute la France
18:03avec de nombreux acteurs,
18:04des entreprises,
18:06des associations de santé
18:07comme la Ligue nationale
18:08contre le cancer,
18:09la Fédération française
18:10de cardiologie,
18:12des médias
18:12qui soutiennent
18:13l'opération
18:14comme France Télévisions,
18:16des institutions
18:17comme l'assurance maladie
18:18ou le mouvement sportif.
18:19Vous voyez,
18:20il y a un effet de levier
18:21avec beaucoup de partenaires
18:22qui vont à la rencontre
18:23des Français
18:24pour encourager
18:26la pratique
18:27et notamment
18:27vis-à-vis des publics
18:28qui sont les plus éloignés.
18:29Alors,
18:30on fait deux choses
18:30lors de cette tournée,
18:31on fait de nombreuses conférences
18:33avec des intervenants
18:34comme Michel Cymes
18:35ou autres
18:36pour sensibiliser
18:37les Français
18:37et deuxièmement
18:38on propose
18:38des animations
18:39qui prouvent
18:40qu'à tous les âges
18:42de la vie,
18:42quelle que soit
18:43sa condition physique,
18:45on peut reprendre
18:45une activité physique.
18:46Je cite souvent,
18:48je crois que
18:49c'est l'appeler
18:49Robert Marchand
18:50qui était un cycliste
18:52qui allait plus vite
18:52à 103 ans
18:53qu'à 100 ans.
18:54Donc à tout âge de la vie,
18:55vous pouvez regagner
18:56la capacité musculaire
18:57et être en meilleure forme.
18:59Donc le but,
18:59c'est vraiment ça,
19:00créer des déclics
19:01chez nos concitoyens.
19:03C'est un,
19:04les sensibiliser,
19:05deux,
19:05créer des déclics
19:06et trois,
19:07espérer que justement
19:08il y aura une reprise
19:09de l'activité physique
19:11et sportive.
19:12Docteur,
19:12l'activité physique,
19:13on l'a dit,
19:14ça peut être
19:15un véritable outil
19:17thérapeutique.
19:18À partir de quand
19:18est-ce qu'on peut parler
19:19d'un traitement
19:20par l'activité physique ?
19:21Eh bien,
19:22si on ne fait rien,
19:23déjà dix minutes,
19:24c'est mieux que rien.
19:25Donc déjà,
19:26on enclenche un phénomène.
19:29Après,
19:29il faut de la progressivité
19:31et augmenter progressivement
19:32le volume
19:33de façon à atteindre
19:34les recommandations officielles
19:35qui sont de 150 minutes
19:36par semaine
19:37chez la plupart des gens
19:38et qui sont de 75 minutes
19:40d'activité physique.
19:41Alors il faut qu'il y ait
19:41quand même une intensité
19:42de 75 minutes
19:43chez les personnes
19:44un peu plus âgées.
19:46Mais dès qu'on enclenche
19:47un phénomène,
19:48dès qu'on commence
19:48à en faire,
19:49dès qu'on augmente
19:49un petit peu,
19:50ça participe au traitement.
19:52Mais est-ce qu'il y a
19:53des pathologies
19:54pour lesquelles
19:55on note vraiment
19:56des bénéfices ?
19:57Est-ce qu'on peut être
19:58concret ?
19:59Clairement,
20:00les maladies cardiovasculaires,
20:02le diabète,
20:03on arrive à réguler
20:03la glycémie plus facilement,
20:06maladies d'Alzheimer,
20:07c'est prouvé aussi,
20:08les cancers,
20:09on sait que par exemple
20:09après un cancer du sein,
20:11le fait de pratiquer
20:12une activité physique
20:13va diminuer
20:14le risque de récidive.
20:20Principalement
20:20ces maladies-là.
20:21Est-ce que ça implique
20:22aussi une meilleure
20:23coordination
20:23entre médecins,
20:25kinés,
20:26acteurs du sport ?
20:27Est-ce qu'on est encore
20:28un peu à la traîne
20:29sur cette question ?
20:30Probablement,
20:31on peut toujours faire mieux.
20:34Kinés et médecins
20:35ont déjà l'habitude
20:36de travailler ensemble.
20:38Professionnels du sport,
20:39c'est un peu plus éloigné
20:40parce qu'il n'y a pas
20:40cette relation
20:41entre professionnels de santé,
20:42il n'y a pas cette relation
20:43avec l'intermédiaire
20:44de la prescription.
20:46Quoique ça commence
20:47à arriver
20:48avec les activités physiques
20:49adaptées,
20:50mais on a encore
20:51des programmes à faire,
20:52clairement.
20:53Merci.
20:53Il y a besoin
20:54de structuration de l'offre,
20:55il faut la renforcer.
20:57Et pour Alzheimer,
20:58plus de synergie
20:58en tout cas entre les acteurs.
20:59ce qui est conseillé,
21:00c'est le ping-pong,
21:01comme tous les sports
21:02de raquettes.
21:03Pour des sujets
21:05de coordination ?
21:06Ça recule de l'entrée
21:07en Alzheimer lourd,
21:09les sports de raquettes.
21:10Même les sports
21:11à grosse intensité
21:12et à la musculation
21:12parce que ça va créer
21:13une sécrétion de molécules
21:16qui vont faire
21:16la neuroplasticité.
21:17Mais c'est la même chose
21:18pour Parkinson.
21:19Merci beaucoup.
21:20Merci à tous les deux.
21:21Vincent Roger,
21:22délégué ministériel
21:22en charge du sport santé.
21:24Et merci à vous,
21:25docteur Fabrice Kuhn,
21:26médecin du sport.
21:27On passe tout de suite
21:28à la Pépite Santé.
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