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  • il y a 7 semaines
Sabrina Roubache, ministre déléguée chargée de l'Enseignement et de la Formation professionnels et de l'Apprentissage, était l'invitée de Brigitte Boucher dans Good Morning Business, ce mercredi 9 septembre. Elles ont abordé le bilan de l'enquête PISA qui révèle une baisse historique des performances des élèves, particulièrement marquée en mathématiques et en compréhension de l'écrit, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Avec Sabrina Roubach, ministre déléguée chargée de l'enseignement, de la formation professionnelle et de l'apprentissage.
00:04Bonjour et merci d'être avec nous ce matin.
00:07Le classement PISA a été dévoilé et le niveau des petits français n'a jamais été aussi mauvais.
00:11Décrochage inquiétant, 34e en maths, 28e en compréhension de l'écrit, un décrochage de la lecture aussi.
00:18C'est le bilan d'Emmanuel Macron ?
00:20Non, pas du tout parce que, alors déjà, c'est un effet global.
00:23C'est quand même, enfin, le classement PISA, c'est une étude faite sur les pays de l'OCDE.
00:28Donc, on voit, on observe une baisse dans tous les pays, pas uniquement en France.
00:33Donc, ça, je pense que c'est important de le dire.
00:34Et non, ce n'est pas le bilan Macron parce que, figurez-vous, que les enfants qui ont été, qu
00:39'on a évalués,
00:41ce sont des enfants qui n'ont pas eu encore toutes les mesures que, justement,
00:45que le président de la République a pu prendre le dédoublement des classes dès la maternelle.
00:49Maternelle, grande section, CP, C1.
00:52On ne voit pas encore les effets puisque ces enfants-là n'étaient pas encore, n'avaient pas le bon
00:58âge.
00:58Parce que, juste de rappeler, ce sont des enfants qui, pendant le Covid, qui ont été évalués, étaient à peu
01:04près au CE2.
01:05Donc, nous, on arrive, et le président de la République a eu raison de dire, il faut dédoubler les classes,
01:10notamment dans les quartiers prioritaires.
01:11Effectivement, ça, ils ne l'ont pas connu.
01:13Absolument. Et si vous voulez, l'impact de toutes les mesures qui ont été prises,
01:16vous le savez, on le sait tous, il faut des années.
01:19Il faut des années pour pouvoir en évaluer.
01:22Pour autant, les chefs d'entreprise s'inquiètent, s'inquiètent de ce niveau des élèves pour l'avenir.
01:26Et un spécialiste nous disait ce matin dans la matinale que si on était dans les dix meilleurs dans les
01:31classements PISA,
01:32eh bien, on aurait une productivité qui serait au moins 2,5% supérieure.
01:35Il a raison, mais on oublie aussi que dans cette étude PISA, c'est la première fois où deux éléments
01:40très importants se voient.
01:41La première chose, le désengagement des parents.
01:4362% des parents, là, disent être moins engagés dans la scolarité de leurs enfants.
01:49Deuxième chose, l'impact des réseaux sociaux et des écrans.
01:52Et rappelez-vous, le président de la République, qui quand même porte très fort l'interdiction des réseaux pour les
01:57enfants de moins de 15 ans,
01:58et maintenant, il a eu raison de lancer un appel européen, parce que vous voyez bien que...
02:02La vendeur l'aïenne hier.
02:04Absolument. Mais ce sont plutôt les enfants de l'Occident qui sont touchés et impactés par les réseaux sociaux.
02:09Et l'interdiction du téléphone au lycée, rappelez-vous, moi, vous voyez, j'ai fait cette rentrée,
02:14et de partout où je vais, où la mesure est appliquée, parce que la mesure est appliquée très largement,
02:19vous voyez des enfants dans les cours qui se parlent, moins de téléphone, plus de concentration,
02:25donc ça veut dire moins de notifications et moins de possibilités de se déconcentrer de son travail.
02:30Je rappelle une chose aussi, notre rapport à l'effort, notre rapport, et je parle des adultes en premier,
02:35parce que le désengagement des parents ne vient pas uniquement, et je le pense vraiment, je suis moi aussi maman,
02:41ne vient pas seulement du fait qu'on travaille.
02:44Moi, vous savez, papa, maman travaillait, mes parents travaillaient, et ce n'étaient pas les mêmes conditions de travail que
02:47maintenant,
02:48mais pourtant, ils nous suivaient à l'école, et ils étaient hyper intransigeants avec nous,
02:53parce que, comment dire, ils étaient plus qu'impliqués dans notre scolarité,
02:56parce que l'école, c'est le meilleur moyen de s'élever socialement.
03:00Ne pas oublier que l'Occident, globalement, a bénéficié de, justement, l'école pour tous, l'égalité pour tous,
03:06l'accès à la connaissance.
03:07Mais encore une fois, l'école, ça ne s'arrête pas à la sortie de l'école.
03:10L'école, ça doit continuer à la maison avec des révisions du travail et du service.
03:14Les parents accompagnent aussi les candidats à la prise en ciel, et même le patron de l'Institut de l
03:18'entreprise,
03:18préconisent une augmentation des salaires des profs, plus 25%.
03:22Est-ce que ça, c'est une des clés aussi ?
03:24Écoutez, nous, on l'a fait. Rappelez-vous que, quand même, permettez-moi de rappeler une mesure,
03:28sur le salaire de base des professeurs, donc de ceux qui arrivent en tout début de carrière.
03:34Nous sommes passés, il me semble, de 1 469 euros à, maintenant, 1 869 euros.
03:40Donc, l'augmentation des salaires, on n'a pas attendu, bien sûr, une étude.
03:44Évidemment qu'on doit toujours mieux payer nos profs, et je vais vous dire,
03:47ça doit être parmi la population, avec les médecins, ce que l'on doit payer le mieux.
03:51Donc, ce n'est pas la seule... Vous savez, vous pouvez payer les meilleurs profs du monde.
03:55Vous pouvez les payer autant que vous voulez.
03:57Si derrière... Enfin, c'est un sujet de société.
04:00Je ne veux pas réduire l'école uniquement au salaire des profs,
04:03qui est très important et qui a été fait.
04:05Justement, parce que vous me parliez des deux quinquennats...
04:07Mais il n'y a pas que ça qui fera la réussite des élèves, c'est ce qu'on comprend.
04:09Mais évidemment que non, puisque... Et les parents... Non mais, excusez-moi,
04:11la place des parents, et l'effort de l'élève, le goût de l'effort,
04:15le goût de se dire qu'il faut être exigeant.
04:18Donc, regardez globalement... C'est pour ceux qui ont des enfants,
04:21et je sais que beaucoup vont se reconnaître.
04:23Arrêtez de penser qu'un enfant qui ne travaille pas bien à l'école
04:25est forcément HPI, par exemple.
04:27Sinon, parfois, les enfants, c'est aussi... On ne travaille pas assez.
04:31Et je pense que... Pourquoi c'est un sujet de société ?
04:34C'est vraiment notre rapport à l'effort et notre rapport à l'exigence.
04:38Alors, ça, on le retrouve dans l'entreprise.
04:39Vous avez récemment donné une interview aux Parisiens
04:42pour interpeller directement les chefs d'entreprise
04:44en leur disant d'investir dans notre jeunesse.
04:46Car pour la première fois, depuis 10 ans, le nombre de contrats d'apprentissage
04:49a baissé de 5% en 2025.
04:51Mais il faut voir que les aides à l'apprentissage ont été rabotées.
04:55Elles sont passées de 5 000 à 2 000 euros pour les grandes entreprises.
04:59De plus de 250 employés.
05:01De plus de 250 employés.
05:02C'est la conséquence, en fait, de la politique.
05:04Non, c'est conjoncturelle.
05:05Alors, je vais vous dire.
05:06On a une augmentation.
05:07Je vous donne un chiffre.
05:08Toutes les deux, je sais qu'on aime beaucoup les chiffres.
05:09On a, cette année, plus 15% de demandes des jeunes pour l'apprentissage.
05:14Donc, ça veut dire que la politique a été conduite par le Président de la République.
05:17Depuis 2017, nous sommes passés de 250 000 apprentis
05:20à pratiquement un million d'apprentis.
05:22Donc, on ne peut pas dire que c'est une politique publique
05:24qui a fonctionné et qui fonctionne.
05:26Mais vous êtes en train de casser cette dynamique ?
05:27Non, pas du tout.
05:28Parce qu'on a préservé les plus petites entreprises.
05:30Donc, les aides, elles sont restées à 5 000 euros
05:31pour les boîtes de moins de 250 employés.
05:34Et je rappelle aussi que les aides de 6 000 euros
05:36pour les jeunes en situation de handicap,
05:38quelle que soit la taille de la boîte,
05:40n'ont pas été touchées.
05:41Et je vais vous dire, c'est conjoncturel
05:43parce qu'on a 15% de plus de jeunes
05:45qui veulent rentrer en apprentissage
05:47et on a 2% d'offres en moins chez les entreprises.
05:50Pourquoi j'ai lancé cette affaire ?
05:51Donc, vous dites aux grandes entreprises,
05:52faites l'effort, vous pouvez le faire ?
05:53Et vous savez par qui est porté l'effort ?
05:5548% des apprentis sont recrutés
05:57dans des boîtes de moins de 10 salariés.
05:59C'est un chiffre important.
06:00Donc, les petites le font, mais pas les grandes.
06:02Non, les grandes le font,
06:03mais je dis aux grandes entreprises,
06:04et je le redis, je profite de ce plateau-là,
06:08faites confiance à nos jeunes.
06:09On a tous été jeunes, soyez patients.
06:11La formation professionnelle,
06:13notamment chez les plus jeunes,
06:14elle est fondamentale,
06:15et je rappelle aussi un chiffre,
06:16500 000 emplois créés chez les jeunes depuis 2017.
06:20Donc, ça veut dire que lorsqu'on met les moyens
06:21et que les entreprises jouent le jeu...
06:22Et ce sera préservé dans le prochain budget ?
06:24Absolument, l'apprentissage,
06:25le Premier ministre l'a dit,
06:26on préserve l'apprentissage,
06:28bien sûr le logement social,
06:29il l'avait annoncé lui-même
06:31chez vos confrères du Parisien.
06:32Mais pas le CPF, le contrat de formation ?
06:35300 millions vont être économisés sur le CPF ?
06:37Vous savez, le CPF,
06:38le compte personnel de formation.
06:40Quand on gouverne et quand on est aux responsabilités,
06:43on fait des choix.
06:43On a décidé de préserver une politique pour notre jeunesse
06:46qui est l'apprentissage,
06:47qui est fondamental,
06:48parce que le ministère de l'enseignement,
06:51de la formation professionnelle
06:52et de l'apprentissage,
06:53c'est le ministère des compétences
06:54que nous donnons à nos entreprises.
06:56J'ai besoin que nos entreprises aussi jouent le jeu.
06:59Pensez qu'un chef d'entreprise
07:00a besoin d'argent public pour fonctionner.
07:02mais c'est une fois sidé.
07:03Un chef d'entreprise,
07:04il a besoin d'avoir un carnet de commandes plein.
07:06Et là, on parle de productivité.
07:07Et de former nos jeunes,
07:08de leur permettre de rentrer,
07:10quand ils le souhaitent,
07:11mais tôt dans l'entreprise,
07:12c'est tout le jeu
07:13et toutes les réformes
07:15qui ont été portées sur la voie professionnelle.
07:17Je vous donne un chiffre,
07:18juste, Boucher,
07:19c'est très important.
07:21667 200 lycéens professionnels
07:23qui représentent un tiers de nos lycéens en France.
07:26C'est le seul bac cette année
07:28qui est en augmentation de 4,2%.
07:30Donc, vous voyez,
07:30et là où on voit le bac général
07:32et le bac techno baisser,
07:33on voit plus d'élèves arriver en pro,
07:35notamment aussi grâce à l'apprentissage,
07:37mais aussi grâce aux réformes
07:38qui ont été portées.
07:39Mais oui,
07:40que je continue de porter sur la voie professionnelle.
07:42Merci Sabrina Roubache
07:43d'avoir été notre invitée ce matin,
07:44ministre déléguée chargée de l'enseignement,
07:46de la formation professionnelle
07:47et de l'apprentissage.
07:48C'est une interview à retrouver en podcast
07:50et en replay sur l'application BFM Business.

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