00:00Avec Sabrina Roubach, ministre déléguée chargée de l'enseignement, de la formation professionnelle et de l'apprentissage.
00:04Bonjour et merci d'être avec nous ce matin.
00:07Le classement PISA a été dévoilé et le niveau des petits français n'a jamais été aussi mauvais.
00:11Décrochage inquiétant, 34e en maths, 28e en compréhension de l'écrit, un décrochage de la lecture aussi.
00:18C'est le bilan d'Emmanuel Macron ?
00:20Non, pas du tout parce que, alors déjà, c'est un effet global.
00:23C'est quand même, enfin, le classement PISA, c'est une étude faite sur les pays de l'OCDE.
00:28Donc, on voit, on observe une baisse dans tous les pays, pas uniquement en France.
00:33Donc, ça, je pense que c'est important de le dire.
00:34Et non, ce n'est pas le bilan Macron parce que, figurez-vous, que les enfants qui ont été, qu
00:39'on a évalués,
00:41ce sont des enfants qui n'ont pas eu encore toutes les mesures que, justement,
00:45que le président de la République a pu prendre le dédoublement des classes dès la maternelle.
00:49Maternelle, grande section, CP, C1.
00:52On ne voit pas encore les effets puisque ces enfants-là n'étaient pas encore, n'avaient pas le bon
00:58âge.
00:58Parce que, juste de rappeler, ce sont des enfants qui, pendant le Covid, qui ont été évalués, étaient à peu
01:04près au CE2.
01:05Donc, nous, on arrive, et le président de la République a eu raison de dire, il faut dédoubler les classes,
01:10notamment dans les quartiers prioritaires.
01:11Effectivement, ça, ils ne l'ont pas connu.
01:13Absolument. Et si vous voulez, l'impact de toutes les mesures qui ont été prises,
01:16vous le savez, on le sait tous, il faut des années.
01:19Il faut des années pour pouvoir en évaluer.
01:22Pour autant, les chefs d'entreprise s'inquiètent, s'inquiètent de ce niveau des élèves pour l'avenir.
01:26Et un spécialiste nous disait ce matin dans la matinale que si on était dans les dix meilleurs dans les
01:31classements PISA,
01:32eh bien, on aurait une productivité qui serait au moins 2,5% supérieure.
01:35Il a raison, mais on oublie aussi que dans cette étude PISA, c'est la première fois où deux éléments
01:40très importants se voient.
01:41La première chose, le désengagement des parents.
01:4362% des parents, là, disent être moins engagés dans la scolarité de leurs enfants.
01:49Deuxième chose, l'impact des réseaux sociaux et des écrans.
01:52Et rappelez-vous, le président de la République, qui quand même porte très fort l'interdiction des réseaux pour les
01:57enfants de moins de 15 ans,
01:58et maintenant, il a eu raison de lancer un appel européen, parce que vous voyez bien que...
02:02La vendeur l'aïenne hier.
02:04Absolument. Mais ce sont plutôt les enfants de l'Occident qui sont touchés et impactés par les réseaux sociaux.
02:09Et l'interdiction du téléphone au lycée, rappelez-vous, moi, vous voyez, j'ai fait cette rentrée,
02:14et de partout où je vais, où la mesure est appliquée, parce que la mesure est appliquée très largement,
02:19vous voyez des enfants dans les cours qui se parlent, moins de téléphone, plus de concentration,
02:25donc ça veut dire moins de notifications et moins de possibilités de se déconcentrer de son travail.
02:30Je rappelle une chose aussi, notre rapport à l'effort, notre rapport, et je parle des adultes en premier,
02:35parce que le désengagement des parents ne vient pas uniquement, et je le pense vraiment, je suis moi aussi maman,
02:41ne vient pas seulement du fait qu'on travaille.
02:44Moi, vous savez, papa, maman travaillait, mes parents travaillaient, et ce n'étaient pas les mêmes conditions de travail que
02:47maintenant,
02:48mais pourtant, ils nous suivaient à l'école, et ils étaient hyper intransigeants avec nous,
02:53parce que, comment dire, ils étaient plus qu'impliqués dans notre scolarité,
02:56parce que l'école, c'est le meilleur moyen de s'élever socialement.
03:00Ne pas oublier que l'Occident, globalement, a bénéficié de, justement, l'école pour tous, l'égalité pour tous,
03:06l'accès à la connaissance.
03:07Mais encore une fois, l'école, ça ne s'arrête pas à la sortie de l'école.
03:10L'école, ça doit continuer à la maison avec des révisions du travail et du service.
03:14Les parents accompagnent aussi les candidats à la prise en ciel, et même le patron de l'Institut de l
03:18'entreprise,
03:18préconisent une augmentation des salaires des profs, plus 25%.
03:22Est-ce que ça, c'est une des clés aussi ?
03:24Écoutez, nous, on l'a fait. Rappelez-vous que, quand même, permettez-moi de rappeler une mesure,
03:28sur le salaire de base des professeurs, donc de ceux qui arrivent en tout début de carrière.
03:34Nous sommes passés, il me semble, de 1 469 euros à, maintenant, 1 869 euros.
03:40Donc, l'augmentation des salaires, on n'a pas attendu, bien sûr, une étude.
03:44Évidemment qu'on doit toujours mieux payer nos profs, et je vais vous dire,
03:47ça doit être parmi la population, avec les médecins, ce que l'on doit payer le mieux.
03:51Donc, ce n'est pas la seule... Vous savez, vous pouvez payer les meilleurs profs du monde.
03:55Vous pouvez les payer autant que vous voulez.
03:57Si derrière... Enfin, c'est un sujet de société.
04:00Je ne veux pas réduire l'école uniquement au salaire des profs,
04:03qui est très important et qui a été fait.
04:05Justement, parce que vous me parliez des deux quinquennats...
04:07Mais il n'y a pas que ça qui fera la réussite des élèves, c'est ce qu'on comprend.
04:09Mais évidemment que non, puisque... Et les parents... Non mais, excusez-moi,
04:11la place des parents, et l'effort de l'élève, le goût de l'effort,
04:15le goût de se dire qu'il faut être exigeant.
04:18Donc, regardez globalement... C'est pour ceux qui ont des enfants,
04:21et je sais que beaucoup vont se reconnaître.
04:23Arrêtez de penser qu'un enfant qui ne travaille pas bien à l'école
04:25est forcément HPI, par exemple.
04:27Sinon, parfois, les enfants, c'est aussi... On ne travaille pas assez.
04:31Et je pense que... Pourquoi c'est un sujet de société ?
04:34C'est vraiment notre rapport à l'effort et notre rapport à l'exigence.
04:38Alors, ça, on le retrouve dans l'entreprise.
04:39Vous avez récemment donné une interview aux Parisiens
04:42pour interpeller directement les chefs d'entreprise
04:44en leur disant d'investir dans notre jeunesse.
04:46Car pour la première fois, depuis 10 ans, le nombre de contrats d'apprentissage
04:49a baissé de 5% en 2025.
04:51Mais il faut voir que les aides à l'apprentissage ont été rabotées.
04:55Elles sont passées de 5 000 à 2 000 euros pour les grandes entreprises.
04:59De plus de 250 employés.
05:01De plus de 250 employés.
05:02C'est la conséquence, en fait, de la politique.
05:04Non, c'est conjoncturelle.
05:05Alors, je vais vous dire.
05:06On a une augmentation.
05:07Je vous donne un chiffre.
05:08Toutes les deux, je sais qu'on aime beaucoup les chiffres.
05:09On a, cette année, plus 15% de demandes des jeunes pour l'apprentissage.
05:14Donc, ça veut dire que la politique a été conduite par le Président de la République.
05:17Depuis 2017, nous sommes passés de 250 000 apprentis
05:20à pratiquement un million d'apprentis.
05:22Donc, on ne peut pas dire que c'est une politique publique
05:24qui a fonctionné et qui fonctionne.
05:26Mais vous êtes en train de casser cette dynamique ?
05:27Non, pas du tout.
05:28Parce qu'on a préservé les plus petites entreprises.
05:30Donc, les aides, elles sont restées à 5 000 euros
05:31pour les boîtes de moins de 250 employés.
05:34Et je rappelle aussi que les aides de 6 000 euros
05:36pour les jeunes en situation de handicap,
05:38quelle que soit la taille de la boîte,
05:40n'ont pas été touchées.
05:41Et je vais vous dire, c'est conjoncturel
05:43parce qu'on a 15% de plus de jeunes
05:45qui veulent rentrer en apprentissage
05:47et on a 2% d'offres en moins chez les entreprises.
05:50Pourquoi j'ai lancé cette affaire ?
05:51Donc, vous dites aux grandes entreprises,
05:52faites l'effort, vous pouvez le faire ?
05:53Et vous savez par qui est porté l'effort ?
05:5548% des apprentis sont recrutés
05:57dans des boîtes de moins de 10 salariés.
05:59C'est un chiffre important.
06:00Donc, les petites le font, mais pas les grandes.
06:02Non, les grandes le font,
06:03mais je dis aux grandes entreprises,
06:04et je le redis, je profite de ce plateau-là,
06:08faites confiance à nos jeunes.
06:09On a tous été jeunes, soyez patients.
06:11La formation professionnelle,
06:13notamment chez les plus jeunes,
06:14elle est fondamentale,
06:15et je rappelle aussi un chiffre,
06:16500 000 emplois créés chez les jeunes depuis 2017.
06:20Donc, ça veut dire que lorsqu'on met les moyens
06:21et que les entreprises jouent le jeu...
06:22Et ce sera préservé dans le prochain budget ?
06:24Absolument, l'apprentissage,
06:25le Premier ministre l'a dit,
06:26on préserve l'apprentissage,
06:28bien sûr le logement social,
06:29il l'avait annoncé lui-même
06:31chez vos confrères du Parisien.
06:32Mais pas le CPF, le contrat de formation ?
06:35300 millions vont être économisés sur le CPF ?
06:37Vous savez, le CPF,
06:38le compte personnel de formation.
06:40Quand on gouverne et quand on est aux responsabilités,
06:43on fait des choix.
06:43On a décidé de préserver une politique pour notre jeunesse
06:46qui est l'apprentissage,
06:47qui est fondamental,
06:48parce que le ministère de l'enseignement,
06:51de la formation professionnelle
06:52et de l'apprentissage,
06:53c'est le ministère des compétences
06:54que nous donnons à nos entreprises.
06:56J'ai besoin que nos entreprises aussi jouent le jeu.
06:59Pensez qu'un chef d'entreprise
07:00a besoin d'argent public pour fonctionner.
07:02mais c'est une fois sidé.
07:03Un chef d'entreprise,
07:04il a besoin d'avoir un carnet de commandes plein.
07:06Et là, on parle de productivité.
07:07Et de former nos jeunes,
07:08de leur permettre de rentrer,
07:10quand ils le souhaitent,
07:11mais tôt dans l'entreprise,
07:12c'est tout le jeu
07:13et toutes les réformes
07:15qui ont été portées sur la voie professionnelle.
07:17Je vous donne un chiffre,
07:18juste, Boucher,
07:19c'est très important.
07:21667 200 lycéens professionnels
07:23qui représentent un tiers de nos lycéens en France.
07:26C'est le seul bac cette année
07:28qui est en augmentation de 4,2%.
07:30Donc, vous voyez,
07:30et là où on voit le bac général
07:32et le bac techno baisser,
07:33on voit plus d'élèves arriver en pro,
07:35notamment aussi grâce à l'apprentissage,
07:37mais aussi grâce aux réformes
07:38qui ont été portées.
07:39Mais oui,
07:40que je continue de porter sur la voie professionnelle.
07:42Merci Sabrina Roubache
07:43d'avoir été notre invitée ce matin,
07:44ministre déléguée chargée de l'enseignement,
07:46de la formation professionnelle
07:47et de l'apprentissage.
07:48C'est une interview à retrouver en podcast
07:50et en replay sur l'application BFM Business.