00:007h11, on démarre bien cette journée ensemble. Merci d'être avec nous, vous nous écoutez des quatre coins de notre
00:06territoire.
00:07Et c'est un plaisir de vous retrouver dans le grand matin, c'est l'heure de 7 à la
00:101, votre rendez-vous témoignage.
00:12Nous sommes avec Jacques Vesse, pompiste à Salle-Curand dans l'Aveyron, président de la branche carburant de la Fédération
00:18Nationale de l'Automobile.
00:21Vous dirigez quelques 5 000 stations-services par l'intermédiaire de cette Fédération Nationale de l'Automobile.
00:30Bonjour Jacques Vesse.
00:32Bonjour.
00:32Alors hier a eu lieu cette réunion à Bercy et vous n'y étiez pas, qu'est-ce qui s
00:37'est passé ? Vous n'avez pas été conviés ?
00:39On est comme d'habitude, on n'est jamais conviés, toujours évités.
00:44J'ai l'impression que nous sommes les oubliés de la distribution et les sans-dents du carburant.
00:50On n'est jamais invités.
00:52Ils ont peur de vous à Bercy ?
00:54Je ne pense pas qu'ils ont peur de nous, ils ne savent même pas qu'on existe.
00:57Nous sommes tellement petits, nous sommes essentiels au voyage du territoire.
01:01Et comme d'habitude en France, les petits ne comptent pas.
01:05Alors je le disais, vous êtes président de la branche carburant de la Fédération Nationale de l'Automobile.
01:11C'est quand même 5000 stations-services en France qui sont essentiellement positionnées dans le monde rural, c'est ça
01:18?
01:19Voilà, ce sont 5000 indépendants.
01:22Et dans ces 5000 indépendants, il y a 2500 petits et très petits comme moi qui sont souvent en milieu
01:28rural.
01:29Donc il faut comprendre que la distribution n'est pas la même en ville et en campagne.
01:35Les coûts de transport pour nous faire livrer du carburant sont énormes.
01:39Nous, on achète notre carburant en raffinerie.
01:42On paye le prix qu'on nous demande car on n'a pas de pouvoir de pression parce qu'on
01:46a des petites quantités.
01:48Et là-dessus, nous payons notre transport.
01:50Il faut savoir que notre marge est à peu près de 5 et 8 centimes par litre.
01:555 centimes brut, ça fait sur 40 litres, ça fait le prix d'un café à Paris, c'est-à
01:59-dire 2 euros.
02:002 euros pour un plein, c'est ce que vous gagnez, si on peut dire gagné.
02:07Jacques Vesse, c'est ça aussi la réalité aujourd'hui de la distribution en France, c'est qu'il y
02:13a deux échelles.
02:14Les grandes surfaces qui peuvent elles-mêmes, il faut bien le dire, pratiquer des prix à zéro en réalité, où
02:20il y a zéro marge.
02:21D'ailleurs, Michel-Edouard Leclerc le dit lui-même, il dit je ne fais pas de marge, parfois, ça permet
02:26aux gens de venir, par exemple, dans mon centre commercial.
02:31Vous, vous n'avez pas cet argument de vente.
02:34Non, nous, on ne vend que du carburant. Il faut savoir que nous, en milieu rural, l'essence, c'est
02:41vital.
02:42On n'a pas le choix, on n'a pas de métro, on n'a pas d'autres moyens de
02:46locomotion, c'est la voiture et le moteur thermique.
02:49Véhicule électrique, il ne faut même pas y penser. Voilà, on a l'impression d'être un peu isolé et
02:54surtout être abandonné.
02:55Alors, Jacques Vest, vous êtes pompiste dans l'Aveyron. Qu'est-ce que vous auriez dit à Bercy si vous
03:01aviez pu y aller hier ? Qu'est-ce que vous auriez dit au ministre ?
03:07Je l'aurais invité à venir à un milieu rural, chez nous, pour lui montrer comment ça se passe. Ils
03:13sont complètement déconnectés de la vraie vie.
03:15Ils ne savent pas comment on fonctionne. La preuve, ils ne savent même pas qu'on existe parce qu'on
03:20n'est jamais invité.
03:21Pourtant, la FNA, la Fédération nationale automobile, a plus de 100 ans. C'est une fédération qui a plus de
03:26100 ans.
03:27J'imagine, Jacques Vest, que vous, votre vœu, c'est qu'on baisse les taxes. C'est la seule partie
03:34sur ce que l'on paye, sur un litre d'essence qui est, j'ai envie de dire, modulable.
03:39Mais bien sûr, surtaxer la mobilité, c'est plomber la croissance. Baisser la fiscalité, c'est rendre du pouvoir d
03:49'achat aux Français.
03:50Qu'est-ce qu'ils vous disent, justement, les gens qui viennent vous voir en ce moment ? Vous le
03:53voyez, vous, les petites consommations, les gens qui, éventuellement, font moins de trajets ?
04:00Ils font moins de trajets. Ils limitent leur déplacement. Ils font des petits pleins. Ils ne font pas de grandes
04:07quantités.
04:08Et je sens que, franchement, la grogne monte. Et il va y avoir une sanction au niveau des présidentielles, c
04:17'est sûr et certain.
04:18Et avant cette sanction, c'est l'une des questions qu'on pose ce matin sur Sud Radio, est-ce
04:23que vous pensez qu'il peut y avoir un retour des gilets jaunes ?
04:25Aujourd'hui, le prix est à combien ? 2,20 ? 2,30 ? Pour le gasoil ? Et je
04:31voyais sur la photo, pour ceux qui ont l'image, que la photo qui a été prise, probablement, il y
04:35a une dizaine d'années,
04:36on voit 1,40€ pour le sans-plomb. Ça fait rêver.
04:41Oui, ça, c'était pour les gilets jaunes. Ça a débuté à 1,40€. Aujourd'hui, moi, personnellement, je suis
04:50sur le gasoil, qui est le produit que l'on vale le plus.
04:54Nous sommes à 2,29€. 2,29€, nous l'achetons 2,24€ livrés.
05:00Oui, évidemment. Et c'est considérable. On voit bien que la différence, elle va dans les taxes.
05:04Et c'est votre appel ce matin. Merci infiniment, Jacques Vesse, d'avoir pris un peu de temps pour nous
05:09partager votre sentiment ce matin sur Sud Radio.
05:12Si cette information vous fait réagir, vous la commentez, vous interpellez. 0,826, 300, 300.
05:17Il y a les réseaux sociaux, il y a X, il y a YouTube.