00:01Tout pour investir, le placement à suivre.
00:05J'en suis tout chamboulé, je viens de voir Skynet dans les yeux.
00:08Bref, le placement à suivre, on va reprendre les fondamentaux.
00:12Dorian Abadie, meilleur taux placement, bonjour.
00:14Bonjour Antoine.
00:15Alors, un autre événement majeur vient de se dérouler sous nos yeux.
00:20Le pétrole qui est renoué avec les 100 dollars sur le baril de Brent de Mer du Nord.
00:24Mais attention, on est quand même au milieu d'une dynamique où s'entrechoquent le pétrole qui est renoué avec
00:31les 100 dollars,
00:31les taux qui continuent de grimper, l'inflation qui est toujours très présente et qui s'amplifie,
00:36et avec des effets très inquiétants en ce qui concerne les monnaies,
00:41que ce soit le dollar, que ce soit le yen et un certain nombre d'autres monnaies.
00:46Parce qu'on pourrait dire, voilà, les flambées des prix du pétrole,
00:49on y a eu droit après l'ouverture des hostilités entre Russie et Ukraine,
00:53on a eu droit à une nouvelle flambée avec l'ouverture de la guerre Iran-États-Unis.
00:58Là, on est en droit de se dire, cette fois, c'est différent.
01:02Absolument, puisque c'est effectivement le cocktail explosif auquel nous sommes confrontés en cette rentrée.
01:08C'est toutes dernières heures, on a brièvement dépassé les 100 dollars le baril sur le Brent.
01:14Donc c'est une première depuis juillet.
01:16Comme vous l'avez très bien dit, ça n'est pas totalement inédit.
01:18On a déjà eu des pics, et même des pics largement supérieurs,
01:21depuis le déclenchement de la guerre en Iran, il y a bientôt cinq mois.
01:26Donc effectivement, on est sur un pétrole élevé.
01:30On a connu pire, mais cela intervient dans un contexte où les taux sont déjà extrêmement élevés.
01:35On parle beaucoup du 10 ans américain qui est autour des 4,80 %,
01:38du 30 ans américain qui est au-delà des 5,30.
01:40Donc il y a pour le secteur technologique, effectivement, ce cocktail, cette coordination en tout cas,
01:47qui tombe globalement au pire moment.
01:49Le problème, ce n'est pas tellement les valeurs technologiques qui vont mal,
01:51bien au contraire, c'est le fait que face à des taux proches de 5%, voire supérieurs à 5%,
01:56leur valorisation devienne beaucoup plus difficile à justifier.
02:00Les obligations deviennent de véritables alternatives, disons, aux valeurs technologiques
02:04et au moment où, effectivement, on s'inquiète d'une inflation élevée.
02:08Bon, donc, les taux, le pétrole, ça c'est quand même quelque chose qui est de nature à inquiéter.
02:14Il y a aussi tous les effets de vise.
02:15C'est vrai qu'on a vu un interventionnisme échevelé des grandes banques centrales,
02:19des trésors, notamment du côté des États-Unis et du Japon cet été,
02:24pour essayer de pallier à la faiblesse marquée du yen.
02:27On voit des monnaies asiatiques, notamment le won coréen,
02:30qui signe des plus bas depuis des années et des années face au dollar,
02:35malgré quand même une santé économique redoutable.
02:38Voilà, tous ces déséquilibres accumulés,
02:43ça nous rend la rentrée quand même assez tendue, on va dire.
02:47Absolument, c'est vrai que sur le yen, on a une volatilité exacerbée,
02:50effectivement, par les actions conjointes qui ont eu lieu ces dernières semaines
02:55entre la Banque centrale du Japon et puis la Fed côté américain.
02:57On a eu une remontée assez marquée, disons, du yen ces tous derniers jours,
03:03qui met à mal ce qu'on appelle le carry trade,
03:05donc une stratégie assez traditionnelle d'investissement,
03:08principalement entre le Japon et les États-Unis.
03:11Donc on a effectivement des devises qui partent un petit peu dans tous les sens.
03:15Pour notre part, on s'est principalement couverts au niveau de notre exposition
03:19sur les actions américaines, c'est-à-dire qu'aujourd'hui,
03:21on peut tout à fait investir avec des couvertures relativement peu chères,
03:25notamment sur les ETF. Le but du jeu, ce n'est pas tellement d'anticiper
03:29les variations de ces monnaies. On part du principe qu'il n'y a rien de plus complexe
03:33à anticiper que les variations du Forex, les variations des devises,
03:36mais simplement de se prémunir d'une nouvelle glissade baissière,
03:39en l'occurrence du dollar américain. C'est l'une des craintes,
03:43notamment à l'approche des mi-termes, des élections de mi-landa de novembre prochain.
03:48Le sujet, c'est vraiment d'être prudent actuellement et de se couvrir
03:52lorsque nous sommes exposés dans d'autres devises.
03:55Alors, en parlant d'autres devises, il y a aussi l'euro qui est au centre des attentions.
04:00On est autour d'une décision de la BCE qui devrait logiquement relever ses taux
04:05de 25 points de base. Donc, est-ce que tout cela, ça va encore embrouiller
04:11un peu plus les chevaux ou est-ce que ça pourrait être justement cette action
04:16que tout le monde attend, qui pourrait mettre un point important, on va dire,
04:21de certitude au milieu des incertitudes ?
04:24– C'est vrai que ce serait une action relativement modeste.
04:28Le marché s'y attend largement. On ne table pas sur une forte volatilité
04:32à l'occasion de cette petite hausse des taux qui devrait avoir lieu demain, ce jeudi.
04:38Le marché, pour le moment, table sur une probabilité supérieure à 60-70%.
04:42Donc, il n'y a pas de grand suspense de ce point de vue-là.
04:46Plus que la valeur de l'euro, en réalité, on est surtout tracté par les variations du dollar.
04:51C'est-à-dire que je ne dirais pas que c'est un non-événement,
04:54le relèvement des taux de BCE, mais enfin, c'est déjà très très largement trahissé,
04:57comme on dit, c'est largement attendu.
04:58Et on devrait rester sur les niveaux actuels autour de 1-16 dollars pour un euro
05:03à l'occasion des deux prochaines séances.
05:07– Pour les prochaines semaines, qu'est-ce qu'on peut anticiper ?
05:09Parce qu'on peut toujours espérer que la guerre va s'arrêter entre États-Unis et Iran.
05:12Ça fait quand même 380 fois qu'on nous dit que la guerre va s'arrêter ou plus
05:16et qu'elle ne s'arrête pas.
05:18Il y a peut-être quelques tout petits prémices de début de signaux
05:23que les discussions pourraient éventuellement reprendre
05:27du côté du conflit russo-ukrainien.
05:30Est-ce qu'il y a quelques petites raisons de garder à l'esprit
05:34que les prix du pétrole qui se tendent à ce niveau,
05:37ça peut être un cycle court qui s'apaisent au bout d'un moment ?
05:41– Bien sûr, c'est l'éternel espoir du marché.
05:43Pour notre part, on a surtout un biais qui est géographique,
05:48c'est-à-dire qu'on a renforcé notre exposition sur les valeurs européennes
05:51qui subissent toujours une décote relativement historique
05:54face aux actions américaines.
05:56Et à l'inverse, justement, on s'est assez sensiblement allégé
05:59sur les composantes technologiques américaines.
06:03Globalement, pour grossir le trait, on peut dire qu'on a renforcé
06:06notre position Eurostox et allégé notre exposition Nasdaq.
06:10Ça, c'est notre principal biais, je dirais, pour ces prochaines semaines,
06:14pour cette rentrée finalement, et qui est en partie,
06:17mais pas seulement alimentée effectivement par ces très, très fragiles espoirs
06:21côté diplomatique.
06:23Il faut garder à l'esprit de toute façon qu'on est largement dominé
06:27par des décisions complètement erratiques,
06:29que ce soit côté russo-ukrainien ou côté américano-iranien.
06:34Finalement, d'une séance à l'autre, tout change radicalement,
06:36donc on préfère opter pour la prudence et surtout notre inquiétude,
06:39je dirais, se matérialise sur les valeurs technologiques
06:43extrêmement valorisées face à des taux qui le sont tout le temps.
06:46Quand on a le marché actions et le marché obligataire
06:48qui montent en même temps, il y a Anguille-Souroche le plus souvent.
06:52Donc on préfère être prudent pour cette rentrée.
06:55Vous m'offrez une transition rêvée pour notre sujet d'après, Dorian.
06:58Merci d'avoir été avec nous, Dorian Baddy.
07:00Meilleur taux, placement et justement méfiance.
07:02Avec ce pétrole qui continue de grimper, les taux aussi et les devises
07:07qui partent un petit peu en farigoule, comme on dit.