- il y a 5 semaines
« Les Experts sans frontières », c’est le rendez-vous qui nous fait sortir de notre bulle. Chaque vendredi de 21h30 à 22h30 sur BFM Business, des experts étrangers installés en France analysent les grands débats de la semaine avec un œil neuf, détaché des prismes franco-français. Finances publiques, réformes, réarmement de l’Europe, choix politiques, international… Leur regard extérieur éclaire, questionne et parfois secoue. Un décryptage sans frontières pour mieux comprendre les grands enjeux du moment.
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00:00BFM Business présente
00:05Les Experts Sans Frontières
00:09Mathieu Jolivet
00:11Bonjour et bienvenue, très heureux de vous retrouver dans Les Experts Sans Frontières.
00:14Aujourd'hui, ils nous viennent des Etats-Unis, d'Allemagne et de Hongrie.
00:18Il y a 25 ans, jour pour jour, deux avions percutaient le World Trade Center,
00:23un avion percutait le Pentagone, un quatrième s'écrasait en Pennsylvanie.
00:27Un acte de guerre fomenté par Al-Qaïda qui va changer la face du monde.
00:32Le 11 septembre 2026, 25 ans plus tard, où en est la société américaine ?
00:38Comment ça a rebattu les cartes de la géopolitique ?
00:40Comment le 11 septembre a finalement revu les termes de la mondialisation
00:45sur tous les plans sécuritaires, stratégiques, mais aussi économiques ?
00:50Plus que jamais, nous avons besoin des loops américaines et européennes,
00:53de nos Experts Sans Frontières pour comprendre ce que le 11 septembre a changé
00:58et là où on va.
01:02Ils sont autour de moi, nos Experts Sans Frontières, Romuald Skiora.
01:06Bonjour.
01:06Bonjour.
01:07Bienvenue Romuald, vous vivez à New York, vous êtes franco-américain,
01:10chercheur associé à l'IRIS.
01:12Vous publiez dans quelques jours l'être ouverte à Trump d'un Américain de papier
01:17aux éditions Point Nemo.
01:19Vous êtes le bienvenu.
01:20Steven Ekovic, bonjour.
01:22Bonjour.
01:22Professeur de sciences politiques et d'histoire à l'Université américaine de Paris.
01:27Sandrine Weiss, bonjour.
01:28Bonjour Mathieu.
01:29Et bienvenue, vous êtes journaliste franco-hongroise,
01:32spécialiste du commerce international et de la diplomatie économique.
01:37Romuald, il y a 25 ans, jour pour jour,
01:39au moment où les avions percutaient les tours du World Trade Center,
01:43à ce moment précis, ça fait partie des moments peut-être qui se gravent
01:48dans nos mémoires, dans nos cerveaux.
01:50À ce moment-là, vous étiez où exactement ?
01:52J'étais en France.
01:53J'étais en France et évidemment, j'ai comme tout le monde été choqué, surpris
01:58et suivi cela de très près.
02:01Quelques semaines après, j'étais aux États-Unis et j'ai pu voir le traumatisme
02:07que l'on lit encore chez les États-Unis, chez les New-Yorkais aujourd'hui,
02:1025 ans après, lorsqu'ils se rémémorent cet événement.
02:12Mais dans les semaines qui ont suivi, c'était une ville fantôme, véritablement.
02:18Une ville fantôme.
02:19Stévenikovitch, le jour même où c'est arrivé, qu'est-ce que vous faisiez ?
02:23J'étais aussi à Paris, mais il faut dire que je connais Manhattan depuis très longtemps.
02:29Je crois que mon premier souvenir d'enfance, c'était à part de Jersey City,
02:33la ville de Manhattan.
02:35Donc Manhattan, j'ai une relation intime avec cette ville,
02:39et surtout Manhattan.
02:42Donc, comme tout le monde, j'étais ébahi.
02:46Mais j'étais, comment dire, les suivantes émotions étaient colères.
02:54Pas tellement de temps.
02:55Je ne veux dire pas que c'était un traumatisme,
02:57c'était, comment dire, un ébouement.
03:03Donc, depuis, je vais souvent à Manhattan.
03:07Moi, je trouve que, de toute façon, cet événement est entré un peu dans les chroniques historiques.
03:14Et je ne crois pas que ça touche, aujourd'hui, actuellement, les New Yorkais.
03:20Je crois qu'ils ont assimilé l'événement.
03:22Ils ont avancé dans leur vie quotidienne, dans leur vie.
03:27Et Sandrine Weiss, vous, ce jour-là ?
03:30Je m'en souviens très bien, parce que le 11 septembre, ça a toujours été une date importante.
03:33C'est l'anniversaire de ma maman, qui juste fête un bon anniversaire.
03:36Et pour moi, c'était aussi une autre date tragique.
03:38Le 11 septembre 1973, c'était le coup d'État du général Pinochet au Chili.
03:44Donc, l'assassinat de Allende.
03:46Et j'avais ça en tête.
03:47Alors, pour répondre précisément à votre question,
03:49le 11 septembre, j'étais à Singapour en lune de miel.
03:53Ça ne s'en vante pas.
03:55Donc, il était plus tard dans la soirée.
03:57Et puis, dans la chambre d'hôtel, quand même, machinalement, je l'avoue,
03:59j'ai allumé la télévision et j'ai vu ces images.
04:02Et c'était un choc, évidemment.
04:04Et puis, quand même, je rappelle le contexte, donc lune de miel.
04:07Je me suis dit, on ne va pas passer la soirée devant la télévision.
04:09Donc, évidemment, on a arrêté de regarder la télévision.
04:12Mais j'étais très loin de la France.
04:14C'était le soir.
04:15Et pour la première fois de ma vie, je me suis dit,
04:17on n'est plus en sécurité nulle part dans le monde.
04:19Parce que les États-Unis, c'était quand même une sorte de paratonnerre.
04:22On imaginait toujours que les États-Unis nous protégeaient.
04:24Enfin, en tout cas, c'était ce que je pensais.
04:26Et pour l'anecdote, le lendemain, je suis partie en Indonésie en avion,
04:30toujours dans ce contexte.
04:31Et des rumeurs ont circulé.
04:33On n'a jamais su vraiment si c'était exact ou pas.
04:35On disait que Ben Laden, donc le dirigeant d'Al-Qaïda,
04:39s'était réfugié en Indonésie.
04:41Et c'était plausible, puisque l'Indonésie,
04:42c'est à la fois le plus grand pays musulman au monde,
04:45devant le Pakistan.
04:46Et c'est un pays aussi qui est composé de beaucoup d'îles.
04:48Donc, c'est une cage facile pour un terroriste.
04:54Voilà.
04:55Moi, je vous le dis aussi personnellement,
04:56ce long septembre-là, j'étais à Paris,
05:00étudiant, en stage au siège d'une entreprise suisse,
05:04chez Nestlé.
05:05Je travaille chez Nestlé.
05:06Et à ce siège, chez Nestlé, il n'y avait pas de télévision.
05:09Et donc, tout le monde s'appelait, mais je n'avais pas d'image.
05:11Et en fait, il a fallu que je rentre chez moi à 20 heures.
05:13Et là, j'ai pris conscience de ce qui se passait
05:15en regardant les images.
05:16Les mots ne suffisaient pas, mon cerveau n'intégrait pas.
05:19C'est les images qui ont fait intégrer à mon cerveau
05:21l'ampleur de ce qui se passait.
05:24C'est intéressant, Sandrine.
05:25Vous me dites que vous, à ce moment-là, il y a 25 ans,
05:27pour la première fois de votre vie, vous vous dites,
05:29mais notre monde n'est peut-être plus sûr.
05:31J'aimerais vous faire écouter.
05:32C'était justement ce matin, pour le 11 septembre.
05:35Il y a des pluies d'hommages.
05:37L'ancien président, qui était fraîchement aux commandes,
05:40George Bush, qui était aux premières loges.
05:44Je ne savais pas d'ailleurs, là je l'ai appris,
05:46George Bush peint, il fait de la peinture.
05:48Là, il est à Dallas, où il expose une quinzaine de ses peintures.
05:53Et c'est des peintures qui sont inspirées du 11 septembre, justement.
05:57Écoutez le message qu'il envoyait là tout à l'heure.
05:59Pour moi, pour vous et pour d'autres membres de notre administration,
06:05ils ont compris que nous étions vulnérables à une attaque
06:08sur la base de ce que nous croyons, sur la base d'un système de croyance.
06:12Et un appel téléphonique de Koizumi m'a prouvé dans mon esprit
06:15que des sociétés libres peuvent travailler ensemble.
06:18Et pourtant, nous nous étions combattus 40 ans auparavant.
06:21La question est donc la suivante.
06:22Si vous souhaitez poser les fondations de la paix,
06:25quelle est la meilleure manière de le faire ?
06:27Et c'est dans notre propre intérêt de le faire.
06:29Voilà, la leçon du 11 septembre.
06:35Premier Altskira.
06:36Non, en plus, ce n'était pas 40 ans avant que les alliés s'étaient battus.
06:40C'était, mais bon, ça c'est George Dabelle du Bush.
06:41Oui, c'est George Bush.
06:43Et voilà, on bascule dans un monde où, effectivement,
06:47comme dit Sandrine, cette impression-là,
06:50George Bush, qui était président aux premières loges,
06:52tout de suite a compris que, voilà, on croyait...
06:55Est-ce qu'avant le 11 septembre, on croyait vraiment vivre dans un monde sûr
06:59et ça a été le réveil sécuritaire ?
07:02En tout cas, ça a été l'impression que l'on a eue.
07:04Sandrine a tout à fait raison.
07:06Et puis surtout, les États-Unis, pour la première fois de leur histoire,
07:08étaient touchés sur leur sol.
07:10La dernière fois, il s'agissait de la guerre de 1812 avec la Grande-Bretagne.
07:16Néanmoins, on peut se poser la question,
07:18le 11 septembre a été un basculement, je dirais, historique,
07:23mais peut-être plus symbolique au niveau historique qu'autre chose.
07:26Car on a aussi surinterprété le 11 septembre.
07:30Pour moi, le vrai basculement du XXIe siècle
07:33sera été la chute de l'Hermann Brothers
07:34et la crise financière de la fin des années 2010.
07:36Car après tout, si l'on regarde au-delà de l'horreur,
07:40qu'est-ce que le 11 septembre ?
07:41Il ne s'agit pas d'une puissance étrangère
07:43qui attaquait les États-Unis sur leur sol.
07:44Il ne s'agit pas d'une bombe atomique lancée par la Chine ou par la Russie.
07:48Ce sont quelques gars très, très bien organisés
07:51qui, avec quelques ustensiles, ont détourné des avions
07:55et ont commis l'attentat le plus spectaculaire de l'histoire.
07:59Donc, techniquement, logistiquement, en soi,
08:03ce n'est pas une attaque frontale d'une grande puissance.
08:05Ce sont quelques gars, je le répète,
08:08qui ont réussi à créer quelque chose de spectaculaire.
08:11Et c'est à partir de ce spectaculaire
08:13qu'est né dans l'imaginaire collectif quasiment immédiatement,
08:17le 11 septembre, ce traumatisme.
08:19Et donc, c'est nous qu'en avons fait un basculement historique.
08:21Ce qui est une réflexion, me semble-t-il, intéressante
08:25au siècle des images.
08:27Probablement, cela se serait passé un siècle plus tôt.
08:30Bien sûr, on s'en souviendrait, comme on se souvient du Titanic,
08:33mais il n'y aurait pas eu ensuite le séisme géopolitique que nous avons connu.
08:38Steven Ekovic nous parlait d'aujourd'hui, comment on vit ?
08:42Est-ce qu'il y a encore un traumatisme dans la société américaine ?
08:45Vous sembliez de nous dire, Steven, que finalement,
08:48les Américains, aujourd'hui, ont digéré quelque part le 11 septembre.
08:52Est-ce que c'est le cas ?
08:54Ou est-ce que le 11 septembre est encore inscrit
08:58dans la psyché collective des Américains ?
09:01Et est-ce que, je prolonge cette question,
09:03est-ce que si je suis un jeune Américain,
09:04né bien longtemps après le 11 septembre ?
09:06C'est quelque chose que je lis dans les livres d'histoire
09:08ou est-ce que je le vis aussi intensément
09:10que ceux qui l'ont vu et vécu ?
09:12Ce qui est abusant, c'est qu'avec Steven,
09:13on est d'accord sur tout en politique,
09:15mais on n'est jamais d'accord sur ce plateau.
09:19Non, c'est encore très présent.
09:22Alors, traumatisme, aujourd'hui, le mot est peut-être un peu fort,
09:24je vous l'accorde,
09:25mais quand on parle avec des New-Yorkais
09:27qui ont vécu le 11 septembre,
09:31c'est quelque chose qui s'exprime sur leur visage,
09:35la stupéfaction est toujours là,
09:37la sidération, 25 ans après, est toujours présente.
09:40Pour les jeunes générations,
09:41c'est sans doute un petit peu différent,
09:43c'est même pas sans doute, c'est différent,
09:45c'est un moment historique,
09:46mais c'est un moment historique
09:48qu'ils portent quand même en eux.
09:50L'Amérique et New-York,
09:51et donc les New-Yorkais ont quand même été atteints dans leur chair,
09:54et pour rebondir une fois encore sur ce que disait Sandrine,
09:57c'est une ville qui s'est toujours crue,
09:59un pays toujours crue,
10:03protégée de toute attaque étrangère.
10:05La seule chose que l'on pouvait envisager,
10:07c'était un bombardement atomique,
10:09mais cela restait absolument hypothétique,
10:12puisque si les Russes ou les Chinois
10:13avaient bombardé les États-Unis,
10:14la réplique aurait été d'une telle intensité
10:16qu'il n'y avait aucun intérêt à attaquer l'Amérique.
10:18Donc bref, tout le monde se pensait en sécurité,
10:19et à partir de ce moment-là,
10:21on a compris sans doute à New-York
10:22la fébrilité de ce qui fait notre humanité,
10:26et donc que l'on pouvait être touché partout,
10:28et c'est ce qui reste aujourd'hui
10:30dans l'esprit des New-Yorkais,
10:31et des jeunes New-Yorkais, me semble-t-il.
10:33Et est-ce qu'il y a quand même,
10:34Stephen et Covid, je me tourne vers vous,
10:36est-ce qu'il y a aujourd'hui quand même,
10:37est-ce qu'il y a une mémoire commune
10:39des Américains autour du 11 septembre ?
10:43On voit bien que la politique fragmente beaucoup la société américaine en ce moment,
10:47il y a une société très polarisée, très fragmentée,
10:50est-ce que là on est sur un sujet où les Américains font nation ?
10:55Je crois, forcément, c'est un souvenir partagé,
11:00je crois, par tous les Américains,
11:02et je crois qu'ils vivent même de nos jours de la même façon,
11:06mais encore une fois, il faut peut-être souligner
11:08qu'il y a beaucoup d'Américains nés bien après le 11 septembre,
11:12ils voient les images de temps en temps,
11:14même on passe très peu les images,
11:16on passe les images au moment de l'anniversaire de l'11 septembre,
11:19mais à part ça, à part les commémorations et les images du jour même,
11:26on réfléchit, on évoque peu cet événement.
11:32Nicolas Zabogi, que je salue, qui vient de nous retrouver sur le plateau,
11:35correspondant, voilà, un habitué, un ami des experts sans frontières,
11:39correspondant en France de la Frankfurter Allgemeine Zeitung,
11:44vous êtes le seul à qui je n'ai pas encore demandé,
11:46est-ce que vous vous rappelez exactement le 11 septembre,
11:49il y a 25 ans, vous faisiez quoi exactement ce jour-là ?
11:53J'avoue que j'étais encore jeune à cette époque-là,
11:55donc j'étais...
11:57C'est des souvenirs d'enfance ?
11:58Oui, et je n'ai vraiment pas compris la dimension.
12:00Pas réalisé à ce moment-là ?
12:02Mais je me souviens bien, oui, dans le radio,
12:04il y avait déjà ce jour-là,
12:08je me souviens bien des discussions sur,
12:11c'est-à-dire quoi pour l'Europe, pour l'Allemagne,
12:13pour une nation exportatrice comme l'Allemagne,
12:16après une décade où les frontières ont été détruites,
12:19donc ça a changé profondément aussi notre regard en Allemagne,
12:25et je me souviens bien aussi d'avoir discuté ça à l'école,
12:29même si on était jeunes,
12:31on a discuté vraiment à cet âge de 10, 12, 14 ans ça.
12:37Et ce qui est aussi assez fort symboliquement,
12:40en vue d'Europe, c'est que l'article 5 de l'OTAN a été activé après le 11 septembre,
12:49donc finalement quelque part ce 11 septembre,
12:52c'est peut-être encore un symbole très très fort du lien transatlantique,
12:56qui aujourd'hui est extrêmement malmené,
12:58et qui est vécu peut-être de manière encore plus intense en Allemagne qu'en France.
13:03Tout à fait, exactement à cette époque,
13:06vu aujourd'hui à cette époque,
13:07là il y avait une vraie relation entre les Américains et les Allemands,
13:12pas toujours sur l'intégralité des points,
13:15il y avait toujours des tensions,
13:16déjà aussi pendant la guerre froide,
13:18mais dans les années 90, dans les années 2000,
13:21vu aujourd'hui c'est une relation, oui, amicale, bien sûr,
13:25et c'était clair pour l'Allemagne, continue notre histoire,
13:32qu'il n'y avait aucune doute,
13:34il y avait une forte majorité pour aider les Américains.
13:37Oui, pour aider les Américains,
13:39et après ça va être un sujet,
13:40parce que si on regarde ce qui se passe après le 11 septembre,
13:46il va y avoir quelque part une solidarité,
13:49ou en tout cas des Européens qui vont totalement se fracturer,
13:55autour de l'intervention américaine en Irak,
13:58parce que ça c'est une conséquence directe du 11 septembre,
14:01il y avait une solidarité européenne,
14:03et là d'un coup, paf, on a la guerre en Irak,
14:07et l'Europe qui ne se retrouve plus soudée,
14:09Steven Ekovich.
14:10Oui, je crois que le président Bush avait ressenté un besoin
14:14de frapper, de faire au moins ce geste-là,
14:17au minimum sur un plan symbolique,
14:19pour montrer qu'on ne peut pas, sans conséquence,
14:22attaquer les États-Unis.
14:25Donc oui, c'était, je dirais,
14:28un impératif nécessaire pour la Maison-Blanche,
14:33et surtout pour le président Bush,
14:34de faire quelque chose pour montrer que
14:36les États-Unis ne peuvent pas tolérer
14:38une telle attaque contre son territoire.
14:42En tout cas, on voit que les réactions pleuvent
14:44sur ce 11 septembre.
14:46Vous pouvez voir, par exemple, Emmanuel Macron,
14:49qui a posté la solidarité de la France
14:54auprès de toutes les victimes du 11 septembre.
14:59C'est vrai que quand on se projette 25 ans plus tard,
15:02Sandrine, il y a un effet, j'allais dire,
15:06pas miroir, mais disons qu'il y a un renversement
15:08dans les relations Europe-États-Unis,
15:10que je trouve assez spectaculaire.
15:12Avant, quand on se replonge dans l'époque de 2001,
15:16de septembre 2001, on était dans une époque
15:18où l'Amérique, les États-Unis,
15:22étaient pour toute l'Europe un protecteur,
15:26et un gendarme, un protecteur,
15:28et aussi le modèle économique à suivre.
15:31Aujourd'hui, sur tous ces plans,
15:33ça s'est totalement renversé.
15:35Alors moi, j'ai un prisme économique,
15:37et c'est vrai, évidemment, je souscris
15:38à ces termes de traumatisme,
15:40mais en même temps, il y a un mot
15:41qu'on utilise beaucoup ici,
15:43c'est le mot de résilience.
15:44Alors résilience, ça veut dire plein de choses,
15:45ça veut dire sens de l'adaptation,
15:47capacité à rebondir,
15:48et je trouve que c'était quand même
15:49un très, très bel exemple de résilience
15:51des États-Unis,
15:52parce que moi, je me souviens par exemple
15:53d'un témoignage d'un cadre
15:55qui avait perdu son travail
15:56et qui disait,
15:57j'étais directeur marketing,
15:58et bien là, je vais recommencer à travailler,
16:00je vais faire du phoning,
16:01je vais remonter la pente,
16:03on n'imaginait pas ça en France.
16:04Et puis, en termes de résilience,
16:06aujourd'hui, certes,
16:06il y a un traumatisme,
16:07il y a cette fin totale de la sécurité,
16:09mais il y a un chiffre
16:10que je trouve toujours intéressant,
16:12c'est le taux d'épargne des ménages
16:13qui montre quand même
16:14une fois une confiance dans l'avenir
16:17et le taux d'épargne des ménages américains,
16:19il est toujours très bas,
16:21il est de 3 à 5 %,
16:22quand en France, il est de 18 %.
16:24Ça veut dire quand même,
16:25aux États-Unis,
16:26même si on sait qu'on est menacé,
16:28pas seulement par des États,
16:29par des mouvements terroristes,
16:30on a quand même foi dans son pays,
16:33foi dans la consommation.
16:34C'est intéressant ce que vous nous racontez là,
16:36parce que là, ce que nous dit Sandrine,
16:38Romuald, c'est quelque part
16:39une différence d'ordre culturel
16:40entre les Européens et les Américains.
16:45Cette foi dont vous parlez.
16:48Cette volonté de vivre dans le court terme,
16:49mais pas au sens négatif du terme.
16:51Et puis, cette capacité de résilience,
16:53d'avoir confiance, de se dire,
16:54quoi qu'il arrive,
16:55on pourra toujours rebondir.
16:56Oui, tout à fait,
16:57mais ça, c'est très américain.
16:59Depuis le départ,
17:00c'est un peuple de pionniers,
17:02c'est un peuple d'aventuriers,
17:04la nouvelle frontière à conquérir.
17:06Alors, il y a l'aspect positif,
17:07il y a l'aspect négatif,
17:08on en a déjà beaucoup parlé.
17:10Mais effectivement,
17:11il y a cette volonté de positivité,
17:15cet enthousiasme naturel
17:17que l'on retrouve chez les États-Unis
17:18qui leur permet d'avoir une résilience
17:21incomparable, sans aucun doute,
17:22avec de nombreux autres peuples.
17:24Mais néanmoins,
17:25cette résilience aujourd'hui
17:26semble être un petit peu,
17:27en tout cas, être atténuée,
17:29si je puis dire.
17:29Regardons combien ce 11 septembre
17:32est polarisé.
17:33Jusqu'à présent,
17:34nous n'avions jamais vu ça.
17:35En principe,
17:36il y avait encore une communion
17:37entre les États-Unis,
17:38un minimum de communion
17:39pour le 11 septembre.
17:41Entre Donald Trump,
17:42qui boude parce qu'il ne peut pas
17:43faire son discours politique
17:44et qui donc ne se rend pas
17:45à New York,
17:47entre le maire Zoran Mondani,
17:49qui se voit affliger
17:50une pétition de plus de 100 000 personnes,
17:52qui ne veulent pas qu'il vienne
17:53parce qu'il aurait eu telle relation,
17:55plus ou moins liée
17:56à des milieux dits radicaux musulmans.
17:57On a aujourd'hui l'impression
18:00que le 11 septembre
18:01n'est plus le souvenir
18:02d'une résilience,
18:03mais bien plus quelque chose
18:05que l'on peut instrumentaliser.
18:08Vous parliez tout à l'heure
18:09de l'effet de surprise.
18:11Comment dire que le 11 septembre,
18:12ce qui a été aussi très fort
18:13dans la psyché collective américaine,
18:15c'est qu'on se croyait
18:16en sécurité sur notre sol,
18:17ça ne l'était plus.
18:18Quand on voit aujourd'hui,
18:20par exemple,
18:22les Russes attaquer
18:24l'Est de l'Europe
18:25et l'Ukraine,
18:26est-ce que, quelque part,
18:27on peut faire le même rapprochement
18:29d'une Europe
18:31qui pensait vivre
18:32dans un monde sûr,
18:33en tout cas sur son sol,
18:35et qui aujourd'hui
18:35est percuté
18:36par une nouvelle menace ?
18:37Après le 11 septembre,
18:38la politique de sécurité,
18:39la politique de défense,
18:41était réaxée
18:42sur la lutte
18:42contre le terrorisme.
18:43Oui.
18:45Au dépens,
18:46effectivement,
18:46des guerres,
18:47disons,
18:48plus classiques.
18:48donc,
18:49d'une certaine façon,
18:51le Pentagone,
18:52avec cette réorientation,
18:54était mal préparé
18:55pour d'autres formes
18:56de conflits.
18:57Donc,
18:58en effet,
18:59le 11 septembre,
19:01il a provoqué
19:02cette politique
19:03de défense
19:04contre le terrorisme
19:06qui a
19:07modifié
19:08et changé
19:09l'axe de sécurité
19:10aux États-Unis.
19:11et aussi,
19:13dans la population américaine,
19:17le fait qu'il y avait
19:18des législations
19:19comme le Patriot Act
19:20qui étaient vues
19:21comme menaçant
19:22les droits individuels,
19:24a aussi remué
19:25beaucoup
19:25le débat
19:26aux États-Unis.
19:27Donc,
19:28la question
19:28pour les Américains
19:29à l'époque,
19:29est-ce qu'il faut
19:33envisager
19:34ou accepter
19:34une certaine,
19:36comment on dit,
19:36atteinte à la vie privée
19:38à des fins sécuritaires
19:40et dans l'ensemble,
19:42les Américains
19:42étaient prêts
19:43à accepter
19:43cette invasion,
19:45disons,
19:45de vie privée,
19:46mais sous vigilance.
19:48Donc,
19:49ça aussi,
19:49c'était une conséquence
19:51du long septembre.
19:52Le fait que
19:52on habite...
19:53De toute façon,
19:55la vie privée
19:56de nos jours
19:56est finie
19:57et c'était déjà fini
19:59à l'époque.
20:00Mais c'était
20:01un atteint
20:02à la vie privée
20:02par l'État.
20:04Et là,
20:05ça a provoqué
20:06beaucoup de discussions
20:08sur la constitutionnalité
20:09de ces législations
20:11pour tenter
20:12de parer
20:13toute autre tentative
20:14terroriste.
20:15Est-ce que quelque part,
20:16on est...
20:17Est-ce que sans le 11 septembre,
20:21on n'aurait pas...
20:22Est-ce que le 11 septembre
20:23a accéléré
20:25cette société
20:26de fichage
20:27et de fichage
20:29de masse
20:29et de renseignement
20:30tel qu'on le vit
20:31aujourd'hui,
20:31Romuald ?
20:32Oui, bien évidemment.
20:33Le mouvement était déjà
20:33en cours,
20:34de toute façon inéluctable,
20:35en septembre ou pas ?
20:36Tout à fait.
20:37Le mouvement était en cours
20:38comme aujourd'hui
20:39la déliquescence
20:40de l'ordre multilatéral
20:41qui est en cours
20:42depuis plusieurs années,
20:43mais l'actuelle administration
20:44américaine accélère
20:45ce processus.
20:45Donc, même chose
20:46pour ces systèmes
20:48de surveillance,
20:49cette montée
20:50vers une forme
20:51d'autoritarisme.
20:52L'administration
20:53George W. Bush,
20:55avec sincérité,
20:56il ne faut pas toujours
20:57confondre les néoconservateurs
20:58et les crypto-fascistes
20:59qui aujourd'hui sont au pouvoir
21:00aux États-Unis,
21:01avec sincérité,
21:02mais aussi avec hypocrisie,
21:03a profité
21:04des circonstances
21:05du 11 septembre
21:06pour accélérer
21:07ce processus.
21:09L'Amérique
21:10dans laquelle nous vivons
21:11aujourd'hui
21:12est l'héritière,
21:15du moins en ce qui s'agit
21:17du domaine
21:18dont nous sommes en train
21:19de parler,
21:20est l'héritière directe
21:21du 11 septembre.
21:21Un héritage déformé,
21:23comme vous dites.
21:23Exactement,
21:24bien sûr,
21:24déformé,
21:25bien évidemment.
21:26Un héritage déformé.
21:27Je profite aussi
21:29sur l'aspect
21:31de sécurité
21:32et de projection
21:33de politique étrangère,
21:34d'avoir aussi
21:34deux Américains
21:35avec nous,
21:37mais derrière,
21:37il faut bien se rendre compte
21:38pour savoir aujourd'hui
21:39qu'on est un Américain,
21:40le 11 septembre,
21:41c'est aussi ce qui a provoqué
21:42les guerres
21:43qui ont suivi
21:46d'Afghanistan
21:46et d'Irak.
21:47Et là,
21:48on est quand même,
21:49parce que vous me disiez
21:50tout à l'heure
21:50que oui,
21:51finalement,
21:51on a quelques FADAT terroristes
21:53qui ont réussi
21:53un attentat spectaculaire,
21:55mais derrière,
21:55la conséquence,
21:56ça a été quand même
21:56des centaines de milliers
21:58de GI
21:59qui sont partis
21:59sur un front traumatisant.
22:01Bien évidemment,
22:02quand je dis
22:02quelques types,
22:03attention,
22:03je ne suis pas en train
22:04de minimiser du tout
22:05le 11 septembre,
22:06je dis juste
22:07qu'il ne s'agissait pas
22:09d'une attaque frontale,
22:10d'une autre grande puissance,
22:11ce sont des quelques types
22:13très très bien organisés
22:14qui ont commis
22:15des attentats,
22:16après tout,
22:17d'une manière
22:17assez artisanale.
22:19Et c'est ce que nous avons fait
22:21du 11 septembre
22:22qui a provoqué
22:24les répercussions
22:24dont nous sommes en train
22:25de parler.
22:26pour ce qui est
22:27effectivement des guerres
22:28d'Irak et d'Afghanistan,
22:30évidemment,
22:30elles sont
22:32la suite immédiate
22:34du 11 septembre,
22:35mais ce qui aujourd'hui
22:37se passe en Iran
22:37est très différent.
22:38Il ne faut pas confondre
22:39l'administration
22:41George W. Bush
22:42pour qui j'ai très peu
22:43de sympathie,
22:44mais les néo-cons,
22:45les néo-conservateurs,
22:46pour beaucoup,
22:48croyaient en leur mission
22:49civilisatrice,
22:50comme les colonisateurs
22:51du 19e siècle.
22:53George W. Bush
22:54était convaincu
22:55d'apporter,
22:56d'exporter la démocratie
22:57en Iran.
22:58Là,
22:59aujourd'hui,
22:59il n'y a rien de comparable.
23:01Quand Donald Trump
23:02enlève Maduro,
23:04ce n'est pas pour voler
23:05au secours
23:05du peuple vénézuélien.
23:06Il n'en a rien à faire.
23:08Quand Donald Trump
23:09menace d'envahir
23:10le Groenland,
23:10ce n'est pas pour sauver
23:11les Groenlandais
23:12de je ne sais trop quoi.
23:13Et aujourd'hui,
23:14la guerre en Iran,
23:15on voit à quel point
23:16le président américain
23:17s'est moqué
23:18du peuple iranien.
23:18Donc,
23:19c'est très,
23:19très,
23:19très différent.
23:20Aujourd'hui,
23:20ce sont des guerres
23:23purement pour le profit
23:24et des guerres
23:26qui ne se cachent plus
23:27derrière un prétexte
23:28bien souvent hypocrite,
23:30mais parfois
23:30derrière un certain
23:32parfum de sensibilité.
23:33Donc,
23:34les circonstances
23:35aujourd'hui,
23:36les guerres
23:36que nous sommes en train
23:37de vivre aujourd'hui
23:38dues aux Etats-Unis
23:39ne sont pas
23:40dans la même lignée
23:41que celles du 11 septembre.
23:43Mais juste pour conclure,
23:44mais par contre,
23:44les guerres dues
23:46au 11 septembre,
23:47Afghanistan et Irak,
23:48ont,
23:48si je puis dire,
23:50habitué les Américains
23:51à ce genre
23:52d'expédition extérieure
23:54et c'est pour ça
23:55que Donald Trump
23:56pensait que tout le monde
23:56allait avaler
23:58sa soupe.
23:59Mais c'est parce que
24:00ce que je trouve
24:01assez fascinant
24:02finalement
24:02dans le symbole
24:04qu'ont renvoyé
24:05ces attentats
24:05du 11 septembre,
24:06Sandrine Veil,
24:07c'est que,
24:08on va dire depuis
24:09peut-être l'effondrement
24:10de l'Union soviétique,
24:12on a sous nos yeux
24:14l'Amérique,
24:15les Etats-Unis
24:15qui sont peut-être
24:16la première puissance
24:17hégémonique globale
24:19de l'humanité.
24:20C'est les premiers
24:21dans l'histoire
24:22de l'humanité
24:22à être les premiers
24:23sur tous les plans,
24:25sur le plan militaire,
24:27stratégique,
24:28culturel,
24:29économique,
24:30qui cadrille la planète entière.
24:32Et là,
24:33ce jour-là,
24:34ça a peut-être
24:34ouvert une brèche
24:35pour la première fois,
24:37là pour le coup,
24:38dans l'inconscient planétaire,
24:39en se disant
24:39ben non,
24:39mais en fait,
24:41ils ne sont pas infaillibles.
24:42Oui,
24:42tout à fait.
24:43Et puis,
24:43ce que son septembre a révélé,
24:45c'est de nouvelles formes
24:46de conflits,
24:46parce que je crois
24:47qu'il faut faire le distinguo
24:48entre les agressions
24:49d'État à État
24:50et puis cette agression
24:51qui était,
24:52comme le souligne Romuald,
24:53une agression terroriste.
24:54On s'attendait plus
24:55à des mouvements
24:56d'attaques cyber
24:58et en fait,
24:59finalement,
25:00l'attaque
25:00qui met les Etats-Unis
25:01par terre,
25:02c'est une attaque
25:02un peu artisanale,
25:03je reprends vos termes.
25:05Et il ne faut pas oublier
25:06que les conséquences
25:07d'Al-Qaïda,
25:10c'est un développement
25:11du terrorisme
25:12dans d'autres grandes parties
25:14du monde,
25:14par exemple en Afrique.
25:15Et c'est toujours
25:16beaucoup plus difficile
25:17de combattre
25:17des mouvements terroristes
25:19que de combattre
25:20des États,
25:20parce qu'un État
25:21contre un État,
25:22on a des outils,
25:23c'est moins protéiforme.
25:25Et là,
25:25le développement du terrorisme,
25:27ça a été une conséquence
25:28très directe
25:29du 11 septembre
25:30parce que beaucoup
25:30de mouvements,
25:31par exemple en Afrique,
25:34ont fait référence
25:35à Al-Qaïda,
25:36il n'y avait peut-être
25:36pas forcément
25:37d'ailleurs d'appartenance.
25:38Et ça,
25:38c'est très compliqué
25:39ces mouvements
25:39et pour le monde
25:40des affaires
25:41et aussi pour la sécurité
25:42en général.
25:43Ça a été pendant des années
25:45et on en paye encore le prix,
25:46il y a encore plein
25:47de mouvements terroristes
25:48qui sont des héritiers
25:49d'Al-Qaïda
25:50et qui gênent...
25:51Et d'ailleurs,
25:52on voit comment derrière
25:52ces héritiers d'Al-Qaïda,
25:54il y a aussi l'ombre
25:55parfois de la Russie
25:56avec des luttes d'influence,
25:58notamment en Afrique,
25:59Steven Ekovich,
26:00avec la Russie,
26:02notamment via
26:03la sélection Wagner,
26:05etc.,
26:05qui souffle sur les braises
26:06pour essayer
26:07de gagner en influence
26:08sur un territoire.
26:10Les débats de l'époque,
26:13tout de suite
26:13après le 11 septembre,
26:14continuent.
26:15Quel était ce débat ?
26:16Le débat
26:17sur la sécurité,
26:20les critiques
26:21des réponses
26:23de George Bush
26:23étaient
26:24s'il ne fallait pas
26:25plutôt
26:25une réponse
26:26policière
26:27plus ciblée
26:28au lieu
26:29d'une attaque
26:30frontale
26:30sur un pays.
26:33Évidemment,
26:33le Pentagone
26:35n'était pas préparé
26:35pour cet effort
26:37ciblé policière.
26:39Donc,
26:39qu'est-ce qu'ils ont fait ?
26:40Ils ont fait
26:40une guerre
26:41avec les outils
26:42qui existaient.
26:43C'était
26:43contre deux pays
26:45qui étaient
26:46dans l'ensemble
26:47inadaptés.
26:48même si
26:49les militaires
26:50ont tenté
26:51d'infléchir
26:51cette politique
26:53en Afghanistan
26:54ou
26:55dans
26:56l'intervention
26:57d'Afghanistan.
26:58Mais,
26:59ce débat
27:00continue.
27:01Quelle politique
27:02de sécurité ?
27:03Quel outil
27:03militaire ?
27:04Quelle façon
27:05de parer
27:05ce qui est
27:07difficilement paré
27:08qui était
27:09des états
27:10non étatiques
27:12terroristes ?
27:13Allez,
27:13on va marquer
27:13une courte pause
27:14dans les experts
27:15sans frontières.
27:16On se retrouve
27:16juste après.
27:17On va continuer
27:17à parler de ce jour
27:18ô combien symbolique
27:20le 11 septembre
27:20de 1826,
27:2125 ans
27:22après les attentats
27:23qui ont changé
27:24la face du monde.
27:25A tout de suite.
27:27BFM Business
27:28présente
27:32Les experts
27:33sans frontières
27:36Mathieu Jolivet
27:38Bienvenue
27:39si vous nous retrouvez
27:39dans les experts
27:40sans frontières.
27:41Autour de moi
27:41Sandrine Veils,
27:42journaliste franco-hongroise,
27:44spécialiste du commerce
27:44international
27:45et de la diplomatie
27:46économique.
27:46Niklas Zabogi
27:48correspondant en France
27:49de la Frankfurter
27:50Allgemeine Zeitung.
27:52Romuald Skiora,
27:53franco-américain,
27:54chercheur associé
27:55à l'IRIS
27:56et auteur du livre
27:57Apparaître dans quelques jours
27:58Lettre ouverte à Trump
27:59d'un Américain
28:00de papier
28:01aux éditions
28:02Point Nemo
28:03et enfin
28:03Steven Ekovich,
28:04professeur de sciences
28:05politiques et d'histoire
28:06à l'université
28:07américaine
28:08de Paris.
28:09J'avais envie
28:10pendant cette heure
28:11des experts sans frontières
28:12essayer de comprendre
28:13où nous avait amené
28:14le monde post-11 septembre 2001
28:17et où on va aujourd'hui.
28:18Il y a peut-être
28:19une différence fondamentale,
28:21Niklas,
28:22vous qui êtes aussi allemand,
28:24c'est qu'on vivait
28:26dans un monde
28:26il y a 25 ans
28:27où on en parlait
28:28tout à l'heure,
28:30où l'Occident
28:31était protégé
28:32par les États-Unis.
28:35C'est cette bascule
28:37qu'on vit actuellement
28:38qui est en train
28:38de faire sauter
28:42ce tabou.
28:43C'est Donald Trump
28:44qui le fait sauter.
28:45Maintenant,
28:47l'Europe,
28:48en tout cas,
28:48doit assurer
28:49sa propre sécurité.
28:51On ne peut plus
28:53compter
28:54sur la protection
28:57américaine.
28:57Et ça,
28:58c'est quelque chose
28:58qui a vécu
28:59de manière très forte
29:00chez vous en Allemagne.
29:00Oui,
29:01bien sûr,
29:02parce qu'on était
29:03d'une certaine manière
29:04dépendants
29:05ou voulaient être dépendants
29:06parce qu'on voulait
29:08être protégés
29:09par les Américains.
29:10C'était notre histoire
29:11après la Seconde Guerre mondiale.
29:13C'était juste aussi
29:15pour avoir
29:16une liaison
29:19avec les Américains,
29:21notamment sur le plan économique.
29:23Il ne faut pas oublier ça.
29:24À cette époque-là,
29:26dans les années 90,
29:29dans les années 2000,
29:30il y avait encore
29:35une conviction
29:36qu'il faut des règles
29:38sur le plan économique mondial.
29:40La Chine,
29:41à cette époque-là,
29:42était encore très petite
29:43ou pas puissante
29:44comme aujourd'hui.
29:45Il n'avait pas
29:45ces menaces commerciaux.
29:47Et aussi,
29:47les Américains
29:48ont voulu
29:49établir
29:50ou garder
29:51ce système
29:52d'échange
29:53sans droit de douane,
29:54etc.
29:55Et ça,
29:56ça reste la conviction
29:57en Allemagne.
29:58Et parce que nous sommes
29:58plus petits
30:00que les États-Unis,
30:02on reste
30:03une nation
30:04exportatrice
30:05alors qu'aujourd'hui,
30:06on ne peut plus dire
30:07que les Américains
30:08sont très intéressés
30:09de garder au monde
30:10son droit de douane.
30:11Ça a changé profondément.
30:12C'est ça, c'est ça.
30:13Pour bien comprendre
30:15ce qu'est en train de vivre
30:15aujourd'hui
30:16la société allemande,
30:17c'est que
30:17vous êtes quand même
30:18un pays
30:19dont le modèle repose
30:21sur, d'un côté,
30:22la garantie sécuritaire américaine
30:24et de l'autre,
30:25la garantie énergétique
30:27pour faire tourner
30:28mes usines
30:29avec le lien russe,
30:30le gaz russe.
30:32C'est ces deux liens
30:34qui, en très peu de temps,
30:35sont en train
30:36d'être coupés.
30:37C'est vrai,
30:38même si avec la Russie,
30:39c'est devenu pire
30:40dans les années 2010.
30:42Alors,
30:43la dépendance
30:43du gaz russe
30:45est devenue pire
30:46dans les années 2010.
30:47Ça a déjà commencé
30:48dans les années 70.
30:49Donc,
30:49on a déjà créé
30:51des liens
30:51avec la Russie
30:52à cette époque-là
30:53et après,
30:53c'est devenu pire
30:54encore une fois.
30:56Mais c'est vrai,
30:56oui.
30:57En gros,
30:57c'est vrai,
30:58notamment
30:58en ce qui concerne
31:00la dépendance
31:02des États-Unis
31:04qui était
31:05hyper forte,
31:06qui reste forte.
31:07Il y a toujours,
31:07aujourd'hui,
31:08pour les Allemands,
31:09on a du mal
31:11à s'exprimer
31:13trop sur
31:14le « by European »,
31:15le « made in Europe »,
31:16ce qui est proposé
31:17par Paris
31:18et de plus en plus
31:19aussi par Bruxelles
31:20parce qu'on a
31:21ces liens
31:22et on veut toujours croire
31:25que le monde
31:27sans droit de douane
31:28est meilleur
31:30pour tout le monde.
31:31On pourrait dire
31:32que le 11 septembre
31:33a marqué le début
31:34de la fin
31:35de la mondialisation.
31:36Je crois que c'est presque
31:37en cela
31:38que l'on pourrait
31:38résumer,
31:39si je puis dire,
31:40cet événement.
31:41La deuxième étape
31:42a bien évidemment
31:43été la chute
31:44de l'Armand Browser,
31:46mais les Américains
31:48ont commencé
31:49à se replier
31:49sur eux-mêmes,
31:50que ce soit
31:51politiquement,
31:53sécuritaires.
31:54Merci.
31:56Et depuis,
31:57les choses n'ont fait
31:58que s'accélérer
31:59dans ce sens
32:00et nous ne sommes plus
32:01aujourd'hui du tout
32:02dans le monde mondialisé
32:03que nous avons connu
32:04dans les années.
32:05Non, non, non,
32:06nous ne sommes plus.
32:07Non, non.
32:07Stéphane Ecole.
32:08En parlant des résiliences,
32:09il faut aussi parler
32:10des résiliences
32:11de la mondialisation
32:12sur tous les plans.
32:13On ne peut pas dire
32:14que
32:15le monde aujourd'hui
32:16est fragmenté
32:17et que la mondialisation
32:19est finie.
32:21Il a été finie.
32:23Le multilatéralisme
32:23n'est pas...
32:25La mondialisation
32:26se rétracte.
32:27Se rétracte.
32:27Le multilatéralisme
32:28est mort.
32:29La mondialisation
32:30politique est morte.
32:30La mondialisation
32:31se déménage ailleurs.
32:33Oui, oui.
32:33Je ne dis pas
32:34que je me réjouis.
32:35Non, il ne se rétracte pas.
32:36Mais je veux juste
32:37dire quelque chose
32:37sur les relations
32:38entre les...
32:39Vous avez une question ?
32:40Allez-y, allez-y, allez-y.
32:42Non.
32:43J'ai publié
32:44sur les relations
32:45entre les Allemands
32:45et les...
32:46Dans l'histoire,
32:48déjà au début
32:49du 20e siècle,
32:50une cinquième
32:51de la population américaine
32:52avait un héritage
32:53allemand, par exemple.
32:55Même Trump.
32:57C'est moins le cas aujourd'hui.
33:00Après la Deuxième Guerre mondiale,
33:01la politique américaine
33:02était de dénazifier.
33:04C'était incomplète
33:04parce que c'était impossible
33:05de complètement dénazifier.
33:07Mais aussi d'engager
33:08un processus
33:09de démocratisation.
33:11De pousser,
33:12d'aider les Allemands
33:14à construire leur démocratie.
33:15Et il faut l'admettre,
33:17la démocratie allemande
33:18aujourd'hui,
33:19et malgré
33:21certains événements
33:23récents,
33:24la démocratie allemande
33:25est très solide.
33:26C'est une démocratie
33:28vive.
33:29Je dirais même,
33:30d'une certaine façon,
33:31plus vive
33:32que la démocratie
33:33française.
33:34Et d'ailleurs,
33:35entre les États-Unis
33:36et l'Allemagne,
33:37chaque fois que les Français
33:38voulaient imposer
33:39un choix aux États-Unis
33:40entre l'Allemagne
33:42et la France,
33:43au désespoir des Français,
33:45je dirais,
33:47les Américains
33:47ont toujours opté
33:48pour l'Allemagne.
33:50Sandrine,
33:50j'aimerais vous faire réagir
33:51quand même.
33:52Là, pour le coup,
33:52je vais peut-être,
33:54moi, me tirer
33:55le même fil que Romuald.
33:56En tout cas,
33:57j'ai ce sentiment quand même
33:58que la mondialisation
33:59a un peu de plomb dans l'aile.
34:01Je veux dire que jusque
34:01dans les années 2000,
34:02et même si on prend
34:04le 2001,
34:05le 11 septembre 2001,
34:06on était à l'époque
34:07dans un monde
34:08où on imaginait
34:09qu'on pensait
34:10que plus on commerce
34:12et plus on échange,
34:13plus on assure
34:14une stabilité géopolitique.
34:16Et d'ailleurs,
34:17ce n'est pas pour rien,
34:18même s'il n'y a pas
34:19de rapport entre les deux,
34:20mais quelques mois
34:21après le 11 septembre,
34:22il y a eu un truc
34:22hyper important
34:23qui s'est passé,
34:24c'est l'entrée de la Chine
34:24à l'OMC.
34:26Là, on accélère
34:28la mondialisation,
34:29on fait rentrer
34:29la Chine
34:30dans le jeu
34:31de la mondialisation
34:31et vu côté américain,
34:33on se dit,
34:33comme ça,
34:34je vais mieux pouvoir
34:34les surveiller.
34:35Bon, alors,
34:35il ne s'était pas rendu compte
34:36qu'il venait faire rentrer
34:37le loup dans la vergerie.
34:39Alors, je crois
34:39qu'on va être
34:40deux contre deux
34:40parce que moi,
34:41je dis,
34:42tout montre
34:42qu'on est dans
34:44des économies
34:44ultra mondialisées,
34:45c'est-à-dire,
34:46on a une interdépendance
34:48très très grande.
34:49On a besoin
34:49des États-Unis
34:50pour assurer
34:51nos exportations.
34:52À titre d'exemple,
34:53les États-Unis,
34:54c'est 20%
34:54de nos exportations
34:55de vin spiritueux.
34:56On continue
34:57d'acheter en Chine,
34:58on commande sur Amazon.
35:00Je parlais du Chili
35:00tout à l'heure,
35:01on a besoin des minerais.
35:03c'est une grande puissance
35:04minière,
35:04le Chili,
35:05on a besoin des minerais.
35:06Moi, je dis,
35:06on est dans une économie
35:07ultra mondialisée
35:08avec des échanges
35:09avec des blocages
35:10que ça peut représenter
35:11mais les volumes d'échanges
35:13commerciaux
35:13ne font que croître
35:14d'année en année.
35:15Donc, non,
35:16moi, je dis,
35:16il y a une très grande
35:17dépendance énergétique.
35:18Oui, mais est-ce qu'on n'est pas
35:20au début de la fin
35:21des dépendances heureuses ?
35:22On était dans un monde
35:23des dépendances heureuses.
35:24Je n'ai pas dit
35:24que c'était des dépendances heureuses
35:25mais ce sont des dépendances.
35:26On est encore tout à fait,
35:28c'est une raison,
35:28on est encore dans ce système.
35:29Oui, on ne peut pas
35:30s'en extraire.
35:31La mondialisation,
35:32ça a débuté
35:32avec la mondialisation politique,
35:34le multilatéralisme 1945.
35:36Ce système est malheureusement
35:38moribond,
35:38mort une fois encore,
35:39il faudra avoir du caca
35:39dans les yeux
35:40et c'est quelqu'un
35:40qui a passé 10 ans à l'ONU,
35:42qui a été l'avocat de l'ONU,
35:43qui a écrit 6 livres sur l'ONU,
35:44qui le dit,
35:45s'il faut voir les choses
35:45telles qu'elles sont,
35:46ce système est moribond,
35:47il ne se relèvera pas.
35:49La mondialisation,
35:49bien évidemment,
35:50vous avez tout à fait raison,
35:50on est encore en plein dedans.
35:51C'est évident.
35:53Là aussi,
35:54il faudrait avoir du caca
35:54dans les yeux
35:55pour ne pas le voir
35:56et j'essaye de ne pas trop en avoir.
35:58Néanmoins,
35:59la dynamique
36:01est terminée.
36:02On est dans un repli
36:04de plus en plus évident
36:06dû aux politiques
36:07de cette mondialisation.
36:09La mondialisation
36:10heureuse,
36:11positive,
36:12qui s'épanouissait,
36:14émancipatrice
36:14des années 90,
36:16n'est plus là
36:17et bien sûr
36:18qu'elle va perdurer.
36:19Les intérêts économiques,
36:20Chine, etc.,
36:22sont là
36:22et sont là pour durer.
36:24Mais ce qu'on en appelait
36:25l'esprit de la mondialisation,
36:26et là,
36:27je pense qu'on sera tous d'accord,
36:28l'esprit de la mondialisation
36:29des années 90,
36:30lui,
36:31est mort
36:31et la dynamique
36:33qu'il a portée
36:34aujourd'hui,
36:35c'est bien plus
36:37que ralenti,
36:37me semble.
36:38Cette dynamique
36:39qui finalement
36:40est une dynamique
36:41protectionniste,
36:41il faut que je sécurise
36:42mes chaînes d'approvisionnement
36:43et essaye
36:44de m'affranchir
36:45au maximum
36:46des dépendances extérieures.
36:47C'est un peu
36:48l'ambiance
36:49dans laquelle
36:50on bascule
36:51en ce moment.
36:52Est-ce que ça,
36:52en Allemagne,
36:53c'est aussi quelque chose
36:54où justement,
36:55vous avez des symboles
36:56comme Volkswagen
36:58qui fait des énormes purges,
36:59ce qui est extrêmement traumatisant
37:01aussi pour les Allemands.
37:02Est-ce que,
37:03comment est-ce qu'on vit
37:03ce rapport
37:04à,
37:05comment dire,
37:06cette nouvelle approche
37:07de la mondialisation,
37:07beaucoup plus protectionniste ?
37:09On essaie de s'adapter
37:10de plus en plus
37:11et bien sûr,
37:12les entreprises,
37:13les patrons
37:13savent très bien
37:14ce qu'il faut faire
37:14dans leur risk sharing,
37:16donc équilibrer les risques
37:17d'être plus autonome
37:19dans certaines régions,
37:20par exemple,
37:20d'être autonome en Chine,
37:21d'être autonome aux États-Unis.
37:23Mais je suis tout à fait d'accord,
37:25il y a toujours
37:26des dépendances,
37:26bien sûr,
37:27des interdépendances,
37:28mais une chose
37:29est nouvelle
37:29qui n'existait pas
37:30à cette époque-là,
37:31dans les années 2000,
37:32d'être menacé
37:35en tant que Bernard Arnault
37:36ou en tant que Volkswagen,
37:39d'investir,
37:40de venir,
37:41de s'implanter
37:42aux États-Unis
37:43et sinon,
37:43on a un problème.
37:44À cette époque-là,
37:45on a dit,
37:46bon,
37:46c'est Ricardo,
37:47c'est notre philosophie,
37:48s'il y a quelqu'un
37:49dans un pays comme Chine
37:51qui est plus fort,
37:52plus efficace,
37:53c'est la vie,
37:54c'est juste le commerce
37:56comme ça.
37:57Aujourd'hui,
37:57on essaie
37:58de se réindustrialiser,
38:00de menacer,
38:00Trump utilise aussi
38:02le commerce comme armes,
38:03c'est quelque chose
38:04qui n'existait pas
38:05à cette époque-là.
38:06C'est ça,
38:06c'est nouveau.
38:07C'est ça, Sandrine,
38:08ça c'est quand même aussi
38:09vous qui êtes une spécialiste
38:10du commerce international,
38:12Donald Trump est en train
38:13de changer les règles
38:14de manière presque
38:15assez irrationnelle aussi
38:17parce que les économistes
38:18disent mais ça ne va pas
38:19fonctionner ces droits de douane.
38:20Il y a ce qui est dit
38:21et puis il y a la réalité
38:21parce qu'évidemment,
38:22on a beaucoup médiatisé
38:24les annonces erratiques
38:25de Trump
38:26sur les droits de douane
38:26mais ce qu'on médiatise moins
38:27aujourd'hui,
38:28et moi je l'entends
38:29quand je parle
38:29à des chefs d'entreprise
38:30qui connaissent bien
38:31les Etats-Unis,
38:32c'est que
38:35une partie de ces droits de douane
38:37a été invalidée
38:38parce que
38:40pour passer outre
38:45la Cour suprême
38:46a invalidé
38:46parce que Donald Trump
38:48pour passer
38:48ces droits de douane
38:50s'appuyait sur une loi
38:51de 1977
38:52qui disait
38:53il y a une urgence économique
38:58et en fait,
38:59ce n'est pas le cas.
38:59Donc aujourd'hui,
39:00beaucoup de ces droits de douane
39:01ont été invalidés
39:02et beaucoup d'entreprises
39:03françaises récupèrent,
39:05il y a une rétrocession
39:06des droits de douane.
39:06Donc il y a quand même
39:07un décalage toujours
39:08entre ce qui est annoncé
39:09et puis ce qui se passe
39:09dans la réalité.
39:10Mais vous avez raison,
39:11c'est vrai qu'il y a
39:12des mondialisations,
39:13il y a une partie
39:13de la mondialisation
39:14qui est subie
39:15mais cette interdépendance
39:18entre les États,
39:19on ne peut pas y échapper.
39:23Par contre,
39:24pour sécuriser
39:24les chaînes d'approvisionnement,
39:26effectivement,
39:26on voit une relocalisation
39:28des chaînes de valeur
39:29mais pas forcément en France.
39:30C'est-à-dire,
39:31ce qu'on produisait en Asie,
39:34on va le produire peut-être
39:35dans des pays plus proches,
39:36ça va être l'Europe centrale
39:38ou ça va être l'Afrique du Nord.
39:40Mais voilà,
39:41c'est la théorie
39:42que vous évoquiez.
39:43Chaque pays a intérêt
39:44à se spécialiser
39:45dans ce dans quoi
39:46il est meilleur.
39:47Donc, on ne peut pas échapper
39:49à ça.
39:50Stéphanie,
39:51où est-ce que vous la voyez aller
39:52cette mondialisation ?
39:53Est-ce que finalement,
39:54vous pensez que le monde
39:55va se diviser
39:56en blocs protectionnistes
40:00et que ça,
40:01c'est quelque chose
40:01de durable ?
40:03Je ne crois pas
40:04que c'est durable.
40:04Il faut dire
40:05que dans l'histoire,
40:07on n'a jamais vu
40:08autant d'institutions
40:09et organisations
40:11internationales
40:11de toutes sortes,
40:13régionales,
40:14universitaires,
40:14universels
40:15comme l'ONU
40:17qui, sur certains plans,
40:19fonctionnent encore
40:19pas au Conseil de sécurité.
40:22Ou disons,
40:23il y a un renouvellement,
40:25il y a un débat aujourd'hui
40:26de l'Église catholique.
40:27Le pape américain aussi
40:28pèse sur le monde.
40:31Sa politique sociale,
40:33il faut le dire,
40:34c'est intéressant,
40:34sa politique sociale
40:36et la politique libérale
40:37des libéraux américains.
40:40de l'Église catholique.
40:41il ne faut pas...
40:42Et la première institution
40:44internationale
40:44qui perdure encore,
40:46c'est le dollar,
40:46quand même.
40:48Donc,
40:48il ne faut pas
40:49sous-estimer
40:49tout cet ensemble,
40:51tout cet panoplie,
40:52cet enchevêtement
40:53de toutes les institutions
40:55internationales
40:55qui ont été créées,
40:57surtout après
40:59la deuxième guerre mondiale,
41:00mais pas seulement.
41:01Donc,
41:02il y a un réseau
41:03dense
41:03qui perdure encore.
41:05et il ne faut pas
41:06les sous-estimer.
41:07Il y a une résilience.
41:07Alors après,
41:08j'aimerais rebondir,
41:09c'est tout à l'heure,
41:09Romuald,
41:10qui nous parlait
41:10des autres chocs géopolitiques
41:12à prendre en compte
41:13qui ont marqué
41:14ce basculement du monde
41:15après le 11 septembre
41:16et vous évoquiez
41:17notamment
41:17Lehman Brothers.
41:18Est-ce que là,
41:19on n'est pas aussi
41:19sur un game changer
41:21de la mondialisation,
41:23Romuald ?
41:23Dans le sens où
41:24le jour où
41:26je n'ai plus son nom,
41:28mais le jour où
41:29le secrétaire au trésor
41:31américain
41:32dit
41:33on ne va pas aider Lehman,
41:35ce jour-là,
41:37l'Amérique envoie
41:38comme message
41:39au reste du monde
41:39que sa signature
41:41n'est plus si bonne
41:43que ça.
41:44Exactement.
41:44Et ça,
41:45c'est un...
41:45Exactement.
41:46C'est fondamental,
41:47c'est géopolitique.
41:47Exactement.
41:48Acte 1,
41:49le 11 septembre,
41:50l'Amérique est touchée
41:50sur son sol,
41:52elle est donc vulnérable.
41:54Acte 2,
41:55Lehman Brothers,
41:56effectivement,
41:57la parole américaine
41:58commence à être
41:59économiquement parlant,
42:00financièrement parlant,
42:02démonétisée.
42:03À titre personnel,
42:04vous savez souvent
42:05on aime bien dire
42:06le 20e siècle
42:07commence à telle époque,
42:08etc.
42:08Un grand historien britannique,
42:10Eric Özban,
42:10a parlé du court 20e siècle
42:12qui débute en 1914
42:14et qui s'arrête
42:14avec la chute
42:15de l'Union soviétique.
42:16Je crois qu'il a raison.
42:17Selon moi,
42:18si on devait véritablement
42:20marquer une date
42:21pour débuter le 21e siècle,
42:22ce ne serait pas
42:23le 11 septembre,
42:25ce serait vraiment
42:25l'Herman Brothers
42:26parce qu'au-delà
42:28du bouleversement économique,
42:30c'est toute une nouvelle
42:31paupérisation
42:32qui va voir le jour
42:34aux États-Unis
42:35et une nouvelle prise
42:36de conscience
42:36également sociale
42:37au sein des populations
42:39occidentales.
42:40Et c'est, pour moi,
42:41le début de la fin,
42:43du moins de la dynamique,
42:45de la mondialisation
42:46heureuse
42:47et de cette mondialisation,
42:48je dirais,
42:48un petit peu naïve.
42:49À la fin de l'histoire,
42:50Fukuyama,
42:51les années 90,
42:52la démocratie
42:53qui va s'étendre
42:54un petit libéral,
42:55qui va s'étendre
42:56un petit peu partout,
42:56nous allons tous être
42:57beaux, riches et heureux,
42:59c'est avec
43:00Lehman Brothers
43:01le début,
43:03pardonnez-moi,
43:04de la fin
43:05de ce joli rêve.
43:07Un autre peut-être
43:08marqueur,
43:08Nicolas,
43:09de la fin
43:10de ce joli rêve,
43:11donc là,
43:11on parlait du 11 septembre,
43:13on parlait de Lehman Brothers,
43:14il y a peut-être
43:15un autre événement,
43:16alors moi,
43:16ce n'est pas celui
43:17que j'aurais forcément
43:17cité en premier,
43:18je vous le dis
43:19parce que c'est un ancien
43:20banquier central
43:21qui m'en parlait
43:22et qui me disait
43:23que pour lui,
43:24un des éléments,
43:25le vrai choc
43:27qu'il a vu,
43:28où il s'est dit
43:28ok,
43:29c'est la fin
43:29de la mondialisation
43:32heureuse,
43:33c'est le jour
43:34où Vladimir Poutine
43:35à Munich,
43:36à la conférence
43:37de la sécurité
43:37de Munich
43:38en 2007,
43:39va dire devant
43:40tous les dirigeants
43:41sur place
43:41dont Angela Merkel,
43:43va annoncer
43:44tout ce qui se passe
43:44jusqu'à aujourd'hui
43:45en disant que finalement
43:46l'Occident
43:48n'est pas club
43:49et qu'il a la nostalgie
43:50de l'Empire
43:51et qu'il va revenir
43:52à l'Empire précédent
43:53et il a annoncé
43:54tout ce qui se passe
43:54jusqu'à aujourd'hui.
43:56Oui,
43:57alors je ne peux pas
43:58dire que c'est faux
44:00et pendant des années
44:02on a sous-estimé
44:03le risque,
44:04la menace russe
44:05bien sûr
44:05en Allemagne.
44:07Sachant que cette menace russe
44:08et c'est aussi là
44:08où je voulais en venir,
44:09sachant qu'aujourd'hui
44:10effectivement c'est ce qu'on vit
44:12et je le dis ça
44:13parce qu'en France
44:15c'est vrai
44:15qu'on a encore
44:16surtout qu'on rentre
44:17dans une campagne présidentielle
44:18avec des ingérences
44:21sûrement qu'on attend
44:22et on a peut-être
44:24des cyberattaques
44:25etc.
44:26En Allemagne
44:27on est à un stade
44:28encore au-dessus
44:30au niveau des ingérences.
44:32Je parle notamment
44:33du drone chargé d'explosifs
44:35sur l'aéroport de Lepsitz,
44:37sur les officiels allemands
44:38qui maintenant
44:40mentionnent officiellement
44:41la responsabilité
44:42de la Russie.
44:44Là ça devient
44:44là on passe
44:45à un stade au-dessus.
44:46Tout à fait.
44:48La guerre hybride
44:49est déjà là
44:49on a déjà
44:51aussi discuté
44:52plusieurs fois
44:53et en plus
44:54il y a deux parties
44:55notamment l'AFD
44:56qui est aussi
44:58considérée comme pro-russe
44:59alors là
45:00il y a des liens
45:00qui sont dangereux
45:02et c'est pour ça
45:03oui bien sûr
45:04la situation à l'Allemagne
45:05est très spécifique
45:06très particulière.
45:07Quand même
45:07pour les Etats-Unis
45:08je ne suis pas sûr
45:09si
45:13la Russie
45:14a été décisive
45:16pour
45:16alors la Chine
45:18était plus importante
45:19je pense
45:19comme menace
45:20aujourd'hui
45:21c'est très clair
45:22c'est ce que Trump
45:23dit aussi
45:24la première menace
45:25pour les Etats-Unis
45:26c'est la Chine
45:26et ce n'est plus la Russie
45:28donc Poutine
45:29pour nous
45:29la Russie
45:30est très très proche
45:31bien sûr en Europe
45:31mais pour les Etats-Unis
45:33la Chine
45:33est bien sûr
45:34les compétiteurs
45:35les premiers compétiteurs
45:36mondiaux.
45:37Avant de passer
45:38à vos cartes blanches
45:38pour terminer
45:39cette émission
45:40je voulais juste
45:40avoir un mot
45:42Sandrine
45:42sur le roi dollar
45:44dont parlait encore
45:44Steven
45:45vous qui êtes une spécialiste
45:47du commerce international
45:48est-ce que finalement
45:49aujourd'hui
45:49ce sera ça
45:50qui restera
45:51in fine
45:52de l'hégémonie américaine
45:54ou est-ce qu'il peut être
45:55menacé par
45:56la monnaie chinoise
45:57crypto-monnaie
45:58monnaie chinoise
45:59il est très menacé
46:00mais aujourd'hui
46:00moi je suis assez positive
46:01toujours sur les Etats-Unis
46:02je dis ça reste
46:03quand même le géant économique
46:06beaucoup de transactions
46:07une majorité de transactions
46:08se fait en dollars
46:08mais voilà
46:09la Chine
46:10à bas bruit
46:12monte en puissance
46:14économiquement
46:14et par sa monnaie
46:17on termine
46:18par un tour de table
46:19de vos cartes blanches
46:20et je commence avec vous
46:21Romual
46:21parce que vous devez
46:22nous quitter
46:23juste après
46:25votre carte blanche
46:26vous avez choisi
46:27un article
46:27je crois
46:28du New York Times
46:29cette semaine
46:31oui sur GD Events
46:32qui
46:32durant cette convention
46:34historique
46:35puisque c'est la première fois
46:35qu'il y a une convention
46:36aux Etats-Unis
46:37pour des mid-termes
46:38s'est positionné
46:40véritablement
46:40en dauphin
46:41il sait qu'il y a d'autres personnes
46:42sur les starting blocks
46:43donc Marco Rubio
46:44il avait véritablement
46:46voulu s'illustrer
46:46comme le successeur potentiel
46:48de Donald Trump
46:49et je voulais juste
46:51revenir là-dessus
46:51parce que
46:52beaucoup de personnes
46:53s'imaginent
46:54que tout ira mieux
46:55une fois que Donald Trump
46:56sera parti
46:57même si un démocrate
46:58reprend la Maison Blanche
46:59n'oublions pas
47:00que l'extrême droite
47:00qui est arrivée avec lui
47:01au pouvoir
47:02avec des leaders
47:03comme GD Events
47:04sera toujours là dans l'ombre
47:05soit au pouvoir en 2028
47:06soit prête à le reprendre
47:08et que ce qui devient
47:09ce qui va venir
47:10après Trump
47:10sera bien plus dangereux
47:12et bien plus sombre
47:12que le 47ème président américain
47:14ce qui va venir
47:15après Trump
47:16sera peut-être encore plus sombre
47:17c'est un article
47:18à retrouver
47:19dans le New York Times
47:21merci beaucoup
47:22Romuald
47:23Sandrine
47:24vous avez choisi
47:25un article
47:26de la presse hongroise
47:28autour de Peter Maguire
47:29oui
47:29sur la politique migratoire
47:30c'est un article
47:31qui est tiré
47:32d'un journal en ligne
47:33un pure player
47:33qui s'appelle 444
47:34en Hongrie
47:36il y a de plus en plus
47:37de journaux
47:37qui ne paraissent plus
47:38en papier
47:40et c'est un article
47:41c'est une déclaration
47:42d'hier
47:43juste après
47:44une réunion
47:45d'un groupe
47:45qui s'appelle
47:45le groupe de Visegrad
47:46qui réunit les dirigeants
47:49hongrois
47:49polonais
47:50tchèques
47:51et slovaques
47:52et
47:54Peter Maguire
47:55a prolongé
47:56l'état d'urgence migratoire
47:57qui avait été décrété
47:59par Victor Orban
48:00qui devait s'arrêter
48:02le 7 septembre
48:02il a prolongé
48:03jusqu'à fin décembre
48:04de cette année
48:05ça veut dire que
48:06il s'affranchit
48:07des règles
48:07de l'Union Européenne
48:09et il conteste
48:10d'ailleurs
48:11les amendes
48:11que menacent
48:12de lui infliger
48:13l'Union Européenne
48:14ça montre
48:14deux choses
48:15ça montre
48:16que premièrement
48:17Peter Maguire
48:18en termes de politique
48:19migratoire
48:20n'est pas si éloigné
48:21de Victor Orban
48:22c'est-à-dire
48:23il y a une fermeture
48:25des frontières
48:25notamment avec le Sud
48:26mais à son élection
48:27on avait quand même
48:28rappelé effectivement
48:28qu'il ne fallait pas oublier
48:29que c'était quelqu'un
48:30qui était très à droite
48:31et qui n'était pas
48:33non plus un épouvantail
48:34pour les affidés
48:38d'Orban
48:39tout à fait
48:39et puis ça montre
48:40que c'est un sujet
48:41voilà
48:42c'est un sujet
48:43ces politiques migratoires
48:44cette immigration
48:44c'est un sujet
48:46qui pèse beaucoup
48:47dans ce pays
48:48en Europe
48:48partout dans le monde
48:49avec un décalage
48:50souvent entre
48:50l'opinion publique
48:51qui est plutôt opposée
48:53à l'immigration
48:54et puis les entreprises
48:55qui disent attention
48:56parce que l'immigration
48:58elle nous permet
48:58de faire vivre
48:59certains secteurs
48:59d'activités en tension
49:00par exemple
49:02le bâtiment
49:04par exemple
49:04la restauration
49:05voilà
49:05un article
49:06donc à retrouver
49:07dans
49:07un journal en ligne
49:09444
49:10voilà
49:10dans la presse hongroise
49:13je passe à vous
49:14Steven Ekovich
49:15vous avez choisi
49:16une étude ethnographique
49:18publiée par l'université
49:19John Hopkins
49:20oui c'est très intéressant
49:21c'est une étude
49:22des ethnologues
49:23qu'est-ce qu'ils ont étudié
49:25ils ont étudié
49:26trois comtés américains
49:28ils ont étudié
49:29des comtés
49:29très conservateurs
49:30ils voulaient savoir
49:31qu'est-ce qui motive
49:33qu'est-ce qui forme
49:34cette optique
49:36de nos jours
49:37qui soutient
49:39Donald Trump
49:39donc c'est très
49:41très intéressant
49:43et qu'est-ce qui ressort
49:45de ça
49:45c'est que
49:47ces conservateurs
49:49estiment
49:50qu'ils ne sont pas
49:51anti-démocratiques
49:52qui sont eux
49:53en train de défendre
49:54la démocratie
49:55mais
49:56une démocratie
49:57fondée sur la foi
49:59il faut cette foi
50:00plutôt
50:01bien évidemment
50:02chrétien
50:03et que l'état
50:04américain
50:05ils défendent
50:07la constitution américaine
50:08mais ils estiment
50:09que la constitution
50:09de nos jours
50:10ne défend pas
50:11assez bien
50:12les familles
50:14leur localité
50:17et leur foi
50:19donc ce qui est
50:20très intéressant
50:21c'est qu'on voit
50:22que ces
50:23disons conservateurs
50:25sont
50:26contre les grandes
50:28institutions
50:29contre l'état
50:31fédéral
50:32mais aussi
50:32contre les grandes
50:33sociétés pharmaceutiques
50:34les grandes sociétés
50:35d'alimentation
50:37donc il y a
50:38une contre-culture
50:39qui partage
50:39d'ailleurs
50:40avec la gauche
50:41de manger bien
50:42d'éviter
50:43les produits
50:44pharmaceutiques
50:45donc
50:46et pour eux
50:47la liberté
50:48la liberté
50:49c'est contre
50:50toutes ces
50:50grandes institutions
50:51ça c'est leur
50:52conception
50:53de liberté
50:54de lutter
50:54contre
50:55les grandes
50:55sociétés
50:56américaines
50:57ainsi que
50:59l'état
50:59ainsi que
51:00certaines
51:00bien évidemment
51:01grandes institutions
51:02internationales
51:03voilà une étude
51:04en tout cas
51:05ethnographique
51:05passionnante
51:06à retrouver
51:06qui est publiée
51:07par l'université
51:08John Hopkins
51:09et on termine ce tour
51:10de table
51:10de vos cartes blanches
51:11avec vous
51:12Nicolas Zabogi
51:12un article
51:13de la
51:14Frankfurter Allgemeine
51:15Zeitung
51:16signé par un
51:18journaliste
51:18très talentueux
51:19qui s'appelle
51:19Nicolas Zabogi
51:21donc que vous avez
51:23signé
51:23et j'adore
51:25franchement
51:25plus sérieusement
51:26j'adore cet article
51:27en fait
51:27je crois qu'il a
51:28pas mal buzzé
51:28sur les réseaux
51:30vous lancez
51:31un appel
51:32à parler le français
51:33tout à fait
51:33alors je ne veux
51:34vraiment pas faire
51:35la pub
51:35c'était juste
51:36trop intéressant
51:37trop drôle même
51:38oui on a écrit
51:40normalement
51:40on reste neutre
51:41on a écrit
51:41ce qui se passe
51:42mais en ce cas-ci
51:42parfois on écrit
51:44bien sûr
51:44des commentaires
51:45des éditoriales
51:46et là oui
51:47je dis
51:47depuis longtemps
51:48je pense que
51:49c'est nécessaire
51:50de convaincre
51:52les allemands
51:52de plus
51:53à apprendre
51:55le français
51:55et bien sûr
51:56pareil ici
51:57en France
51:57parce que vous partez
51:58du principe
51:59qu'il y en a beaucoup
51:59qui choisissent l'espagnol
52:00et que c'est plus intéressant
52:03de vous expliquer
52:04peut-être pour eux
52:05d'apprendre le français
52:06pour après
52:06à l'international
52:07dans les institutions
52:10internationales
52:10dans le business
52:11etc
52:11alors pour moi
52:13les chiffres sont très clairs
52:14c'est pas du tout utile
52:15d'apprendre l'espagnol
52:16si on regarde
52:17vraiment les chiffres
52:19commerciaux
52:19etc
52:20et donc
52:20moi je suis convaincu
52:21et moi j'ai aussi
52:22c'était ma première langue
52:24étrangère
52:24le français à l'école
52:25j'ai vraiment bénéficié
52:27et profité
52:28de cette opportunité
52:29et je trouve ça
52:31vraiment dommage
52:31et je pense que
52:32parfois ça explique
52:33aussi les tensions politiques
52:34parce que malheureusement
52:36dans les deux gouvernements
52:37il n'y a pas beaucoup
52:38de ministres
52:39qui parlent d'autres langues
52:41et donc
52:41on a écrit ça
52:42en août
52:43on a publié ça
52:44sur les réseaux sociaux
52:45juste il y a quelques jours
52:47et il y avait
52:47énormément de réactions
52:48moi je trouve ça
52:49vraiment intéressant
52:50donc apparemment
52:51c'est quelque chose
52:51qui polarise
52:52apprenez le français
52:53voilà de Nicolas Zabogyi
52:55dans la Frankfurt
52:56Algoman Zaitung
52:56merci à vous
52:57en tout cas
52:58pour vos éclairages
52:58Sandrine Weiss
52:59journaliste franco-hongroise
53:01spécialiste du commerce
53:01international
53:02Steven Ekovich
53:03professeur de sciences
53:04politiques et d'histoire
53:06à l'université américaine
53:07de Paris
53:08Romuald Skiora
53:10chercheur à l'IRIS
53:11qui vient de publier
53:11l'être ouverte à Trump
53:12d'un américain de papier
53:13aux éditions Point Nemo
53:14et Nicolas Zabogyi
53:16correspondant en France
53:17de la Frankfurt
53:18Algoman Zaitung
53:19les experts sans frontières
53:20c'est déjà fini
53:21je vous souhaite
53:21un très bon week-end
53:22à tous
53:23sur BFM Business
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