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  • il y a 1 heure
Vendredi 18 septembre 2026, retrouvez Erwann Tison (Directeur des études, Institut de l’Entreprise) et Erwan Le Noan (fondateur, AKA Strategy) dans SMART ÉCO, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.

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Transcription
00:00Générique
00:04...
00:08Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle émission de Smart Eco,
00:13l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font l'économie.
00:16Retrouvez-nous tous les jours à l'antenne, mais aussi sur le site bismart.fr et sur toutes vos plateformes
00:22d'écoute.
00:22Et au sommaire, aujourd'hui, c'est le grand débat éco autour d'actualités économiques qui ont marqué la semaine.
00:28Tout d'abord, l'Europe. Après le discours de l'État de l'Union, d'Ursula von der Leyen,
00:33quels sont les principaux défis pour l'Union ?
00:36Partenariat avec le Canada, dépendance à la Chine, réindustrialisation, on en parle dans un instant.
00:41Et ensuite, ce sera l'énergie et le pouvoir d'achat, alors que les prix de l'énergie restent sous
00:46tension.
00:47Comment protéger les ménages sans alourdir davantage les finances publiques ?
00:52Aide ciblée, fiscalité sur les carburants, risque d'un nouveau mouvement social.
00:57Quelles réponses peut apporter l'État ? On en parle ensuite.
01:00Et enfin, les entreprises avec un coût de l'énergie toujours important, des taux d'intérêt plus élevés.
01:05Quelles conséquences sur les investissements des entreprises françaises ?
01:08Voilà, c'est le programme, c'est le débat de la semaine, c'est Smartéco.
01:15La semaine a été marquée par le discours de l'État de l'Union, d'Ursula von der Leyen.
01:20La présidente de la Commission européenne plaide pour une Europe plus forte, plus indépendante, plus compétitive.
01:26Dépendance énergétique, réindustrialisation, concurrence internationale, mais aussi pouvoir d'achat des ménages
01:32et capacité d'investissement des entreprises de l'échelle européenne à la réalité économique des Français et de l'entreprise.
01:39Nous allons faire le tour des grandes actualités de la semaine avec mes deux invités.
01:43Erwann Tison, bonjour.
01:44Bonjour.
01:45Vous êtes directeur des études de l'Institut de l'entreprise.
01:48Erwann Lenouan, bonjour.
01:49Bonjour.
01:49Vous êtes fondateur d'Akako Stratégie.
01:53Exactement.
01:53Merci beaucoup.
01:54Il y a deux Erwann présents.
01:57Alors Erwann, Tison d'abord, qu'est-ce que vous avez pensé de ce discours ?
02:02Est-ce qu'il y a un changement de ton par rapport aux années précédentes ?
02:05Est-ce que ça traduit un réel changement de volonté de stratégie ?
02:09C'est vrai que l'indépendance européenne, on en entend quand même souvent parler, cette année,
02:14est-ce que vous avez trouvé que c'était un petit peu plus offensif ?
02:16Non.
02:17Non, pour plusieurs raisons.
02:18Non, c'est parce qu'en fait, le gros problème, je pense, de la Commission aujourd'hui, c'est qu
02:22'elle est face à sa propre impuissance.
02:24Et c'est un pro-européen convaincu qui vous le dit.
02:27On voit bien que les polycrises que l'on traverse depuis 7-8 ans, malheureusement, on voit que la réponse
02:33européenne a quand même quelques difficultés.
02:37J'en veux pour preuve, par exemple, ce qui se passe aujourd'hui sur la question, par exemple, de l
02:41'énergie,
02:41qui est le fondement même, en tout cas, de ce qui attaque à la fois la compétitivité de nos entreprises,
02:45mais aussi qui crée quelques tensions sociales dans les différents pays de l'Union européenne.
02:49Je pense qu'on en parlera après.
02:50On voit bien qu'on n'est pas capable d'avoir une réponse claire et uniforme, on va dire, homogène,
02:55parce que là-dessus, on a des politiques stratégiques qui sont très différentes.
02:58C'est pour ça, d'ailleurs, que vous avez tout un champ académique qui est assez intéressant,
03:01la plupart des économistes maintenant, qui réfléchissent à l'efficacité de l'Union européenne,
03:05et qui se posent la question de, est-ce que, tout en gardant l'architecture politique à 27 et un
03:10marché commun,
03:10est-ce qu'il ne faudrait pas, en fait, avoir des pôles de compétitivité communs
03:15avec des régions qui seraient spécialisées sur telle et telle branche de la technologie,
03:19telle et telle branche de la chaîne de valeur,
03:21mais qui, de facto, accepteraient d'abandonner leur souveraineté sur les autres branches
03:25pour laisser les autres pays accentuer leurs avantages comparatifs dessus.
03:29Typiquement, ça pourrait faire de la France, par exemple, le pôle énergétique européen,
03:33ça pourrait faire des Pays-Bas et de l'Allemagne un pôle chimique européen,
03:36des pays du Sud plutôt un pôle agricole.
03:38C'est des questions qui se posent, et là, en fait, on peut avoir un durcissement de ton
03:42aussi bien qu'on veut, le problème, c'est que les institutions ne suivent pas
03:44parce qu'elles n'ont pas été faites pour ça.
03:46L'Union européenne a été faite en temps de paix,
03:47et aujourd'hui, la paix étant, en tout cas d'un point de vue commercial, terminée,
03:51ou en tout cas toute relative, on voit bien que les institutions se heurtent justement
03:54à ce fonctionnement-là.
03:55Oui, parce que là, elles parlaient de passer aux actes,
03:58finalement, c'est toujours un mastodonte qui est presque impossible à bouger.
04:02Oui, et puis, vous savez, le dernier discours de l'Union de Mario Draghi,
04:06pardon, de M. Juncker, ce qui était intéressant, c'est qu'il appelait à...
04:10Je pensais au prochain président de la Commission européenne de M. Juncker,
04:14il disait à peu près exactement ce qu'il faut passer aux actes,
04:17et à la fin, il terminait en disant, maintenant, il faut en finir avec la règle de l'unanimité,
04:20et passer par une règle de majorité qualifiée.
04:22C'était il y a plus de dix ans, et rien n'a bougé depuis.
04:25Donc, on peut appeler effectivement aux actes, malheureusement,
04:28en européenne ou ailleurs, la parole politique n'est pas forcément performative.
04:31Erwann Lenouan, du coup, Erwann, ils ont parlé d'énergie.
04:34Ce serait quoi les grands handicaps de l'Europe aujourd'hui, secteur ?
04:40Je ne pense pas que ce soit par secteur.
04:42Je pense d'abord que là où je rejoins Erwann, c'est institutionnel,
04:45c'est-à-dire que la présidente de la Commission, moi, je ne suis pas complètement d'accord.
04:49Je trouve qu'il y a eu une petite inflexion.
04:52On est plus dans le volontarisme politique.
04:55Alors, je suis d'accord sur le fait que ça n'a absolument aucun effet.
04:59Mais il y a quand même un changement, une inflexion dans l'intonation, quand même.
05:04Pour ce discours de cette vidéo ?
05:05Je trouve, et puis depuis quelques mois, en réalité.
05:09Mais le principal handicap de l'Union européenne, ça vient des institutions,
05:14et peut-être pas tant des institutions à Bruxelles que de l'ensemble institutionnel.
05:19Vous savez, c'est cette fameuse citation qui dit que les dieux seraient des hommes
05:24qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes.
05:27Et nous, on déplore notre impuissance, mais on est les premiers à vouloir avoir 27 États
05:33qui, en réalité, comme le disait Erwann à l'instant, sont compétents chacun sur les mêmes politiques,
05:38on segmentent leurs marchés, etc.
05:40On ne peut pas à la fois vouloir une Europe puissante et avoir une Europe segmentée, fragmentée.
05:46Et je ne parle même pas de fédéralisme, mais juste, on parlait de Draghi, son rapport sur le marché unique.
05:55On n'a pas de marché unique des capitaux, on a un marché unique de l'innovation qui est lui
06:03-même en souffrance.
06:05Le vrai problème de l'Union européenne, pour moi, ce n'est pas un secteur en particulier.
06:09On pourrait reparler d'énergie, c'était votre question de départ, mais c'est structurel.
06:14On ne peut pas être compétitif structurellement et après se pleurnicher en disant
06:19« Décidément, on ne pèse pas au niveau international ».
06:22Ensuite, il faut d'abord être compétitif.
06:23Et effectivement, l'énergie, c'est un pôle essentiel pour la compétitivité.
06:28On le voit aujourd'hui, mais on pourrait continuer et parler aussi d'IA, d'innovation technologique.
06:35C'est essentiel pour peser dans le monde de demain.
06:37On a l'impression que tout est essentiel quand même.
06:39Oui, mais la compétitivité, c'est essentiel.
06:42Sans compétitivité, on peut dire ce qu'on veut.
06:45En réalité, on entretiendra notre propre dépendance au monde entier.
06:49Aujourd'hui, on déplore d'avoir des géants américains et des géants chinois
06:55et nous, d'être les nains en manière technologique.
06:58On est des nains parce qu'on ne sait pas donner les moyens d'être nous-mêmes des champions.
07:03Christine Lagarde, il y a deux ou trois jours, a fait un discours en disant
07:06« Toute notre épargne, les européens, sert à financer les champions technologiques américains ».
07:11C'est vrai parce qu'il n'y a pas de champions technologiques européens.
07:16Je suis en faveur d'une politique de compétitivité radicalement offensive
07:21parce que c'est ça qui permet à une zone économique, quelle qu'elle soit,
07:24d'exister au niveau mondial et après de peser internationalement.
07:27J'en finis par là.
07:28Les Américains ou les Chinois, ils font la loi, et les Américains en particulier,
07:31parce qu'ils sont les premières puissances économiques.
07:33Qu'est-ce que vous avez pensé de ce nouveau membre associé à l'Union européenne, le Canada ?
07:38Est-ce que justement, ça permet de s'associer à d'autres pays
07:40pour faire encore un plus gros pôle pour contrebalancer avec la Chine et les États-Unis ?
07:45Vous le voyez comment ?
07:47Politiquement, je trouve ça intéressant.
07:50En tant qu'Irwan, je vais commencer.
07:52Je trouve que c'est intéressant parce qu'il y a une démarche politique qui est intéressante
07:58de volonté.
07:59Qu'est-ce qu'on pourrait mettre derrière ?
08:04Je pense que d'abord, aujourd'hui, il y a le signal politique en disant
08:08qu'il reste quand même dans le monde occidental des pays qui sont attachés
08:11à l'État de droit, au commerce international libre, etc.
08:15Une fois qu'on a dit ça, je pense que tout ça reste assez vanessant
08:18parce que le premier travail à faire, ou la première alliance avec le Canada,
08:25ce n'est évidemment pas militaire, ça va être des questions économiques et commerciales
08:28et si on accroît encore les échanges avec le Canada,
08:32la France sera probablement l'un des premiers pays à dire
08:34« Non, non, non, on ne veut pas de libre-échange,
08:36on veut bien quand même avoir les Canadiens pour emmerder les États-Unis,
08:38mais essayer de leur ouvrir notre business, on va quand même y réfléchir. »
08:42Oui, comme on l'a vu pour d'autres accords.
08:44Donc ce n'est pas fait quand même.
08:45Non, c'est intéressant, ils ne sont pas recuniers
08:47parce que je me rappelle le débat au Parlement européen au moment du CETA
08:50qui était très virulent, où on disait qu'on allait importer de la viande canadienne
08:54qui était produite dans des conditions absolument déplorables
08:58en faisant presque un sous-pays du tiers-monde.
09:00Donc finalement, ils ne sont pas très recuniers.
09:03En fait, ce qui intéresse, mais là aussi, c'est une bonne et mauvaise nouvelle,
09:06comme à chaque fois que l'Union européenne s'est faite très loin,
09:08c'est une bonne initiative, une bonne nouvelle
09:10parce que quelque part, ça va un petit peu sur la coalition des non-alignés
09:14dont parlait justement le Premier ministre canadien il y a de ça un an
09:17en se disant « nous on choisit une troisième voie »
09:19et donc il a été un petit peu ce leader-là au niveau mondial
09:22justement en refusant à la fois la domination américaine et la domination chinoise.
09:26Mais si l'Union européenne est obligée de s'ouvrir à des pays
09:29qui sont justement non-alignés et en plus extra-atlantiques, j'ai envie de dire,
09:34c'est la preuve que toute seule, elle n'arrive pas non plus à peser.
09:36Donc dans ces cas-là, on acte.
09:39On acte effectivement le fait que l'Union européenne à 27, ça ne fonctionne pas.
09:42On essaye de faire soit une Union européenne à 8-10 pays
09:44qui seraient avec des pays volontaires européens et budgétairement sains
09:50et qui du coup décideraient de coopérer avec d'autres pays
09:52ou alors on décide de faire un ensemble de 50-60.
09:55Mais là, ça se posera après d'autres questions
09:57parce que le fait que l'Union européenne soit encore,
10:00même si en France ça décroît quand même depuis quelques années,
10:03mais il y a quand même encore un sentiment europhobe très fort.
10:06C'est parce que l'Union européenne s'est avant tout fait de manière technocratique
10:09et après politique et ensuite monétaire et pas encore budgétaire.
10:13Et donc du coup, il y a ce manque quelque part de sentiment
10:16de partager un projet commun, au moins économiquement.
10:19Si on le fait avec des pays qui sont à l'autre bout du monde,
10:20et encore une fois, je pense que ça peut être une bonne idée dans certaines conditions,
10:23mais quid de l'acceptation effectivement des populations et des citoyens
10:28à un moment où les contraintes budgétaires font qu'on a des débats absolument ahurissants
10:33où on dit qu'il faut baisser la contribution de la France à l'Union européenne
10:37sans voir derrière, en disant qu'en fait on est contributeurs nets,
10:40chose qui est complètement fausse.
10:41Parce que ce qu'oublie de prendre la plupart du temps les politiques qui nous disent ça,
10:45c'est l'apport qu'a le marché unique, notamment d'un point de vue économique.
10:48Et quand on regarde plusieurs études qui ont été faites,
10:50il y en a une du CEPI, il y a France Stratégique qui a travaillé dessus,
10:52le Bruegel a beaucoup travaillé dessus aussi,
10:54Jean-Pizani Ferry a énormément travaillé dessus,
10:56il s'estime en fait que c'est 100 milliards d'euros par an
10:58qui sont gagnés justement par les Français grâce au marché unique et commun.
11:02Donc on peut le faire, mais il ne faut pas que ce soit uniquement
11:06une volonté politique voulue par des technocrates bruxellois,
11:15même si je ne veux pas le dire de manière péjorative,
11:18parce qu'il faut aussi que ça puisse se faire avec un vrai projet économique derrière.
11:21Il ne faut pas que ce soit juste du symbole.
11:23Justement, sur le volet énergétique,
11:26donc les prix qui augmentent énormément,
11:29est-ce que ça ravive un sentiment justement de cette technocratie,
11:32de ce sentiment très éloigné de l'Europe
11:34qui n'arrive pas à gérer une situation géopolitique
11:36et qui se répercute concrètement très facilement sur le porte-monnaie des Français ?
11:40En fait, on paye déjà 50 ans, voire 70 ans,
11:43de divergence stratégique d'un point de vue énergétique.
11:46Quand la France choisissait l'atome,
11:48les Allemands et les pays de l'Est continuent à choisir le charbon,
11:51puis après le gaz russe,
11:53quand d'autres pays se sont tournés très vite vers les ENR
11:55pour faire justement de leur avantage,
11:57notamment géographique ou climatique,
11:59un avantage énergétique.
12:01Donc on n'a eu absolument aucune politique commune énergétique.
12:04Il n'y a qu'à voir le mélodrame qu'il y a eu il y a quelques années,
12:06notamment sur la taxonomie européenne,
12:08où la plupart des pays européens,
12:10les Allemands en tête,
12:11voulaient exclure le nucléaire en disant que c'était une énergie.
12:14Et grâce à ça,
12:16il a quand même fait quelque chose de bien,
12:17Bruno Le Maire,
12:18on a réussi à inclure du coup le nucléaire dans cette taxonomie-là.
12:21Ce qui aurait été catastrophique sinon.
12:23Aujourd'hui,
12:24on a un marché européen de l'électricité,
12:26mais on n'a absolument pas de politique énergétique commune.
12:28Et ce qui fait qu'en fait,
12:29on a aujourd'hui la France qui objectivement
12:31a un avantage comparatif supérieur à tous les autres pays européens,
12:34grâce au nucléaire.
12:35Les pays du Nord aussi ont cet avantage-là qui est très intéressant.
12:39Mais là encore,
12:40ne profite pas à 100% de cet objectif-là,
12:43parce qu'il y a des réglementations,
12:44Erwin en parlera mieux que moi,
12:45mais il y a des réglementations européennes
12:46qui empêchent aussi la construction,
12:48le développement de certaines énergies.
12:49Et on est pris dans le marché européen de l'électricité
12:54qui fait que le coût marginal correspond au coût
12:56de la dernière unité centrale produite.
12:59Or, la dernière unité centrale produite,
13:00c'est du gaz.
13:01Et donc, mécaniquement,
13:02on a aujourd'hui une énergie qui est quasiment illimitée,
13:05presque gratuite,
13:06et qu'on est obligé de payer très cher
13:07au prix de l'énergie polluante.
13:09Donc, on paye là,
13:10en fait,
13:10on paye les atermoiements de plus de 60 ans,
13:13en tout cas,
13:14d'hétérogénéité politique.
13:15– Erwin, le moment,
13:17quand on entend déjà des grands titres
13:18qui parlent de gilets jaunes, etc.,
13:20là, est-ce que vous pensez
13:21que c'est quelque chose vers lequel on tend,
13:24ou on n'est pas du tout dans la même situation ?
13:25Parce qu'effectivement,
13:26ce n'est pas les mêmes causes.
13:27– Alors, c'est évidemment,
13:29ce n'est partiellement pas la même cause,
13:31parce qu'en réalité,
13:33certes, il y avait une décision politique nationale
13:34française qui avait déclenché
13:37la colère des gilets jaunes,
13:41mais aujourd'hui,
13:42l'impact des variations des prix d'énergie
13:44est fort sur la consommation à la pompe à essence,
13:47parce qu'on a énormément de taxes sur l'essence.
13:49Donc, il y a quand même,
13:50là aussi,
13:51un point commun entre les deux.
13:54Honnêtement,
13:55je ne suis pas spécialiste de l'opinion,
13:56et encore moins des gilets jaunes.
13:59Ce que je pense,
14:00ce que je perçois,
14:01c'est que, de manière générale,
14:04on est quand même dans un moment politique
14:06où il y a un niveau d'exaspération
14:09au sein de l'opinion française,
14:12essentielle,
14:13enfin, probablement dans d'autres pays,
14:14mais là, parlons de la France,
14:15qui est une exaspération
14:17qui est à son paroxysme.
14:19Ça explique les sondages
14:20pour l'élection présidentielle.
14:22Il y a beaucoup de colère
14:24dans les votes populistes
14:25et d'inquiétude.
14:27Et je pense
14:28que le discours politique
14:30ne perçoit pas assez
14:32le niveau de colère
14:33qu'il y a aujourd'hui
14:34dans l'opinion française
14:36et l'absence de perspective sociale.
14:38On en parlait récemment
14:40avec Erwann
14:41sur l'absence de perspective salariale.
14:44Aujourd'hui,
14:44on est dans un pays
14:45où il y a peu de mobilité sociale,
14:48il y a peu d'opportunités
14:49de mobilité salariale,
14:52par exemple,
14:52et d'augmentation de salaire
14:54tout au long de la carrière.
14:54Ça veut dire qu'à la fois
14:57il est rationnel
14:58de ne pas faire
14:59d'efforts supplémentaires
14:59dans le travail
15:00parce qu'en fait,
15:01vous avez beau travailler
15:01beaucoup plus,
15:02ça ne va pas vous permettre
15:03de gagner beaucoup de...
15:04Ça ne va pas changer le cours.
15:04Un an plus tard,
15:05vous n'allez pas changer
15:06le style de vie.
15:07Exactement.
15:07En étant salarié,
15:08ça ne change pas
15:09le cours de votre vie
15:09et en plus,
15:10ça a un effet
15:11complètement déprimant
15:12sur les perspectives sociales
15:15de manière générale.
15:17Est-ce qu'il va y avoir
15:18les gilets jaunes demain ?
15:19Honnêtement,
15:21je ne sais pas.
15:21Par contre,
15:22est-ce que la France
15:23est un état de tension
15:25où le moindre élément
15:26peut déclencher
15:27un mouvement social,
15:28une colère,
15:29et d'autant que
15:30certains partis politiques
15:32n'hésitent pas
15:32à rajouter de l'huile
15:33sur le feu
15:33dans la perspective
15:34de l'élection présidentielle ?
15:35Oui, je pense qu'on a
15:36un mouvement politique
15:37qui est très tendu
15:38et qui probablement
15:41rend les discussions
15:42budgétaires à venir
15:43bien complexes.
15:44Oui, c'est ça,
15:44parce que la suite,
15:45c'est que, bon,
15:46là, le Cornu parle
15:47de continuer les aides.
15:51Ça, c'est encore des choses
15:52qu'il faut décider ensuite
15:55comment mieux gérer
15:56ce PLF
15:57et quel plan
15:58on pourrait avoir.
16:00Quelle est votre vision
16:01là-dessus ?
16:02Est-ce que, voilà,
16:03plus d'aide
16:03ou alors retirer
16:05la fiscalité
16:06ou améliorer
16:06la fiscalité
16:07autour du carburant,
16:09des taxes sur le carburant ?
16:10Comment on voyait ça ?
16:11Moi, j'ai une vision
16:11très économique de la chose
16:13et qui est, du coup,
16:14très politiquement correcte.
16:15Et il ne faut absolument
16:16rien faire.
16:17Pour vous, il ne faut rien faire ?
16:17Il faut absolument rien faire.
16:18Pour plusieurs raisons.
16:19La première, budgétairement,
16:20on ne peut plus se le permettre.
16:21Le bouclet tarifaire qu'on a fait...
16:22C'est-à-dire ni aide
16:22ni moins de fiscalité ?
16:24Absolument pas.
16:25Premièrement,
16:26pour plusieurs raisons.
16:27Je vais m'expliquer.
16:27Il y a quand même une raison
16:28à ça,
16:28ce n'est pas du machisme
16:29ou du sadisme.
16:31Le bouclet tarifaire,
16:32par exemple,
16:32qu'on a fait en 2022
16:33nous a coûté 75 milliards d'euros.
16:36Qui peut, aujourd'hui,
16:37parmi nos téléspectateurs,
16:38se dire de combien
16:39est-ce qu'il a bénéficié
16:39concrètement ?
16:40Donc déjà,
16:40ça a été complètement indolore
16:41et ce qui fait que,
16:42politiquement,
16:42ça n'a absolument pas été...
16:44Il n'y a pas eu
16:45de dividendes politiques
16:46par rapport à ça.
16:46Donc, en plus de ça,
16:47on accentue le ressentiment.
16:48Donc, premièrement,
16:49on est à l'os
16:49et on n'a pas les moyens
16:50de se le payer.
16:51Deuxièmement,
16:52et il faut le dire,
16:53c'est malheureux,
16:54alors maintenant,
16:54il fait un peu meilleur,
16:55mais quand on aurait eu
16:56la même émission,
16:57je pense,
16:58en plein milieu de la canicule
16:59quand il faisait 45 degrés
17:00en plein Paris,
17:01il y a un impératif écologique
17:03qui fait qu'il faut,
17:04effectivement,
17:04qu'on sorte de la première
17:06source d'émission de CO2
17:12pour amortir le coût du pétrole,
17:13le coût de l'augmentation
17:14du pétrole et du gaz
17:15depuis 2018,
17:16on aurait,
17:17si on avait ventilé
17:18cette somme-là
17:19sur l'électrification
17:20des transports,
17:20on aurait électrifié
17:2180% des transports
17:22en France.
17:23C'est-à-dire qu'en fait,
17:24on aurait protégé
17:26les Français,
17:27on aurait en tout cas
17:28rendu hermétique
17:29le pouvoir d'achat
17:30des Français
17:30aux soubresauts géopolitiques
17:32qui ont lieu
17:33à droite et à gauche.
17:34Troisièmement,
17:34il faut savoir
17:35que ce qu'on vit
17:35sur le pétrole aujourd'hui,
17:37quand vous écoutez
17:38les spécialistes de l'énergie,
17:39ils vous disent
17:39qu'en fait,
17:40ce n'est que le début.
17:41Pourquoi ?
17:41Parce qu'on est face
17:42à une ressource
17:42qui, même si on découvre
17:43de nouveaux gisements,
17:44se raréfie,
17:45mais là,
17:46se raréfie pour des raisons
17:46politiques.
17:47Vous avez l'Arabie saoudite
17:48par exemple
17:49qui veut réduire
17:50quelque part
17:50ses exportations
17:52vers l'Europe.
17:53Vous avez la Chine
17:53qui devient
17:54le nouvel OPEP
17:56quelque part
17:56et qui va décider
17:57demain des productions
17:58de pétrole.
17:59Donc, le pétrole
17:59va devenir un outil
18:01au service
18:02de la géopolitique.
18:03Donc, on se doit
18:03si, en plus,
18:04la plupart des partis...
18:07Je ne comprends pas
18:08pourquoi est-ce que
18:09le RN et les Verts
18:10qui se disent
18:10à la fois écologistes
18:11et à la fois souverains
18:12devraient demander
18:12une électrification
18:13de l'économie
18:15et de notre industrie
18:16et de notre mobilité.
18:17À la fois,
18:18on réduit
18:18notre empreinte carbone
18:19et à la fois,
18:21on retourne,
18:22on réaugmente
18:23la souveraineté française
18:24en matière nationale.
18:26Donc,
18:27on ne peut pas
18:27continuer
18:28dans ces politiques-là.
18:31Et malheureusement,
18:32plus on va subventionner,
18:33plus on va aider
18:34certains secteurs,
18:35plus on va aider
18:36massivement l'économie,
18:37plus, effectivement,
18:38on va augmenter
18:39à la fois notre dépendance
18:40au carbone
18:41et à la fois notre dépendance
18:42à l'étranger.
18:43Après,
18:43il faut faire quelques mesures.
18:45Peut-être,
18:46quand vous avez
18:46certains témoignages...
18:47Oui, pour le pouvoir d'achat,
18:48du coup,
18:48ça ne passerait pas par le carburant.
18:50Non, ça ne passe pas
18:51par le carburant.
18:52Ça passe, encore une fois...
18:53Parce que c'est court-termisme, en fait.
18:54Exactement.
18:55Et à chaque fois
18:56qu'on peut en parler
18:56avec des politiques,
18:57ils nous disent
18:57qu'il faut répondre tout de suite.
18:58Le problème,
18:58c'est que ce court-termisme-là,
18:59depuis 2018,
19:00encore une fois,
19:01si on avait,
19:02depuis 2018,
19:03investi sur l'électrification
19:04des transports,
19:05on aurait 80% des transports
19:06pour la même somme.
19:07Et donc, du coup,
19:07on n'aurait plus ce débat-là.
19:09On ne se poserait plus
19:10de cette question-là.
19:12Après,
19:12il faut peut-être faire des études,
19:13et ça,
19:13c'est aux politiques de se le dire,
19:14mais le vrai fond du problème,
19:17le vrai fond du problème,
19:17quand on regarde,
19:18en fait,
19:18le carburant,
19:19aujourd'hui,
19:19il n'est pas si cher que ça.
19:21Il n'est pas si cher que ça
19:21quand on compare,
19:22par exemple,
19:23à leur travail.
19:24En 1970,
19:25et qui est également plus haut,
19:30vous payez à peu près,
19:31si je ne dis pas de bêtises,
19:32c'était 2 litres,
19:32à peu près,
19:33d'essence.
19:34Aujourd'hui,
19:35vous en payez quasiment 7.
19:36Donc,
19:37il se trouve qu'en fait,
19:37mécaniquement,
19:38relativement,
19:39le pétrole,
19:40le diesel,
19:41coûte beaucoup moins cher.
19:42Qu'est-ce qui,
19:43par contre,
19:44alimente ce sentiment
19:45de déclassement,
19:45et Erwan l'a très bien dit,
19:46c'est le fait que les salaires,
19:47aujourd'hui,
19:48soient complètement à tonne.
19:49La croissance des salaires,
19:50le pouvoir d'achat même des salariés
19:51est en baisse depuis 2019.
19:52Donc,
19:53on peut agir sur les salaires.
19:54Et comment est-ce qu'on agit
19:55sur les salaires ?
19:55Il n'y a qu'un seul moteur,
19:56ça ne se joue pas à Bercy,
19:58ça ne se joue pas à l'Assemblée Nationale,
19:59c'est la productivité.
20:01La productivité est intimement liée,
20:02c'est le premier moteur
20:03d'augmentation des salaires,
20:04c'est intimement lié
20:04à la prospérité d'une nation.
20:06Et comment est-ce qu'on retourne,
20:07on renoue avec un peu de productivité ?
20:09Erwan l'a dit avant,
20:10c'est la compétitivité.
20:11Donc,
20:11c'est pour ça qu'on reboucle
20:12avec le premier sujet.
20:13Au lieu de vouloir avoir
20:14ce cirque politique
20:15qui fait la course
20:17un petit peu à l'échalote
20:18de l'aide ciblée,
20:18de la meilleure phrase.
20:20J'entendais encore hier
20:21un député qui disait
20:22qu'il fallait donner
20:23un chèque énergie
20:23de 500 euros
20:24à 6 millions de Français.
20:25On peut continuer
20:26dans cette dérive-là,
20:28mais tant qu'on continue
20:29justement à soigner
20:30une hémorragie
20:31avec des petits pansements urgos,
20:33on n'arrivera pas
20:34alors que ce qu'il nous faut
20:35c'est un vrai garrot.
20:36Et malheureusement,
20:36on ne pense plus long terme.
20:37Et tant qu'on continuera
20:38de ne plus penser long terme,
20:39on ne se pensera plus
20:40comme un grand pays.
20:41Erwan Lenoir,
20:42du coup côté entreprise,
20:44donc à la hausse de l'énergie,
20:46s'ajoute aussi
20:47le taux auquel la France
20:48emprunte à 10 ans
20:49est monté autour de 4,5%.
20:51Est-ce que vous pouvez
20:52n'expliquer pourquoi
20:53est-ce que ça peut avoir
20:54un impact sur les entreprises ?
20:57Si on a une crise de la dette,
20:58vous voulez dire ?
21:00Tout à fait.
21:01Non mais en fait,
21:02tout simplement,
21:03comment est-ce que
21:04cette hausse des taux
21:06qui est donc plus macro,
21:07ça impacte une entreprise ?
21:09Je pense que
21:10avant même
21:12avant même
21:13une éventuelle crise
21:14de la dette
21:15ou une augmentation des taux,
21:16aujourd'hui,
21:16ce qui pèse sur
21:16ce contexte
21:19autour de la dette française
21:20pèse sur les entreprises
21:21par ce que
21:23certains ont appelé
21:24l'impôt de l'incertitude.
21:26Aujourd'hui,
21:27il y a un tel niveau
21:27d'incertitude politique
21:28en France,
21:30un tel niveau
21:30sur la capacité du gouvernement
21:31à tenir ses finances publiques,
21:33quel que soit le gouvernement,
21:34compte tenu
21:35de la majorité,
21:38enfin de la composition
21:38à l'Assemblée nationale,
21:40on ne sait pas
21:40ce que ça va donner,
21:41on ne sait pas non plus
21:42ce qu'il y aura
21:42l'année prochaine.
21:44Il y a une telle
21:45incertitude macroéconomique
21:46que les marchés
21:48et les analystes étrangers
21:50ou tous les gens
21:51qui nous prêtent
21:53gentiment de l'argent
21:55sont aujourd'hui inquiets
21:56de savoir
21:57ce que ça va donner
21:58et que ça conduit
22:00non seulement
22:00les entreprises
22:01à se retrouver
22:05dans un contexte
22:06d'absence de perspective,
22:08excusez-moi,
22:08où les différentes entreprises
22:12gèlent les projets,
22:13préfèrent attendre,
22:14avant même des impacts
22:17par les taux,
22:18des impacts
22:18de renchérissement
22:20du capital
22:22et de crise économique
22:24éventuelle
22:25ou budgétaire
22:26que personne ne souhaite
22:27mais qui arrive,
22:29les entreprises
22:30payent déjà
22:30aujourd'hui
22:31de plus en plus
22:32le coût
22:33de notre incapacité
22:33à tenir les finances publiques.
22:35Moi je veux juste insister là-dessus
22:36c'est que
22:38on a
22:39depuis la dissolution
22:40de 2024
22:42détruit de la valeur
22:43du simple fait
22:44de cette incertitude politique
22:45qui fait que
22:46les opérateurs étrangers
22:47souvent regardent la France
22:48en disant
22:48bon c'est trop compliqué,
22:50c'est trop incertain,
22:50on va aller investir ailleurs
22:51et que les opérateurs français
22:52eux-mêmes
22:54ralentissent leur activité.
22:55La première conséquence
22:57elle est là
22:57avant même
22:58qu'on ait...
22:59Avant même
22:59qu'il y ait une conséquence
23:00structurelle et de politique
23:01enfin je crois
23:02Erwann n'est plus économiste
23:04que moi
23:04mais je crois
23:05que la première conséquence
23:08elle est là
23:08on aurait dit.
23:09Erwann parle d'or
23:10il y a effectivement
23:11un environnement
23:13global
23:13qui fait que
23:15effectivement
23:16les entreprises
23:17se retrouvent dans une situation
23:19il n'y a pas pire
23:19que l'incertitude
23:20pour une entreprise.
23:21Quand vous avez conscience
23:22du danger
23:23quand le danger est réel
23:24vous pouvez le pricer
23:25vous pouvez l'anticiper
23:25quand le danger est flou
23:26c'est compliqué
23:27de pouvoir l'anticiper au mieux.
23:28Même si les entrepreneurs
23:29le font
23:30et je trouve
23:30d'une manière assez admirable
23:31parfois ça pose des questions
23:32sur leur santé mentale
23:33quand on voit
23:34leur volonté
23:35à toute épreuve
23:35et leur volontarisme
23:36et leur optimisme
23:37à toute épreuve.
23:38Pour revenir sur votre question
23:38sur l'OAT
23:39il faut savoir que
23:42c'est je pense
23:43le signal le plus inquiétant
23:44aujourd'hui
23:45pour l'économie française
23:46à court terme.
23:47A long terme
23:47il y a eu les résultats
23:48PISA la semaine dernière
23:49mais à court terme
23:49c'est le...
23:50Pourquoi ?
23:50Parce que concrètement
23:51qu'est-ce que ça signifie
23:52une augmentation
23:53de 0 à 1 point de l'OAT ?
23:550 à 1 point de l'OAT
23:560 à 1 point d'ose
23:57de l'OAT
23:57ça signifie
23:58ce qu'on appelle
24:01déjà pour les entreprises
24:02c'est qu'elles vont emprunter
24:02à 8 points de base supplémentaires
24:04pour n'importe quel prêt
24:05dans les 8 semaines
24:06c'est-à-dire
24:06dans les 8 semaines
24:07le taux de contagion
24:08c'est 8 semaines
24:08c'est-à-dire que
24:09pour une entreprise
24:10qui avait par exemple
24:12des projets d'investissement
24:13en janvier prochain
24:15cette hausse
24:15qu'on observe aujourd'hui
24:16et qui est quand même
24:17phénoménale depuis fin août
24:18on a pris 0 à 5
24:19on a pris 50 points de base
24:20depuis fin août
24:21alors qu'on avait mis
24:22un an à gagner
24:23les 50 derniers points de base
24:24et il y a beaucoup d'analyses
24:25qui vous disent
24:25qu'on sera à plus de 5 pour Noël
24:27donc c'est un joli cadeau
24:28on va dire
24:28donc premièrement
24:29c'est ces coûts d'investissement
24:31qui sont très élevés
24:31deuxièmement
24:32une entreprise peut difficilement
24:33emprunter en dessous de l'OAT
24:35en dessous de la nation
24:35qui l'héberge
24:36et donc du coup mécaniquement
24:37quand c'est à 4,5%
24:40pour une nation
24:41pour une entreprise
24:42ça va être 5,5%
24:43ce qui signifie que
24:44pour pouvoir avoir
24:45des projets d'investissement
24:46qui soient viables
24:47il faut que le taux de rentabilité
24:48soit supérieur à ce taux d'intérêt
24:49sinon tout simplement
24:51vous n'avez aucun intérêt
24:52à investir
24:52et aucune banque
24:53ne va vous proposer d'investir
24:54et des projets d'investissement
24:55là je me retourne vers
24:57Erwin qui connaissait mieux que moi
24:58mais des projets d'investissement
24:59à 6% de rentabilité
25:01à moyen terme
25:02c'est assez compliqué
25:04deuxièmement
25:04il y a une autre contagion
25:05pour l'économie
25:08pour les entreprises
25:09de manière indirecte
25:10c'est celui du logement
25:10il faut savoir
25:12de manière très concrète
25:13que 10% d'augmentation
25:14de points de base
25:15enfin d'augmentation
25:16pardon
25:16de 10% de points de base
25:17c'est environ
25:182000 euros
25:19de perte de pouvoir d'achat immobilier
25:20concrètement
25:21les 120 points de base
25:22qu'on a connus
25:23en l'espace d'un an
25:24signifie que
25:24entre septembre 2025
25:26et septembre 2026
25:27un couple au salaire moyen
25:28qui voulait acheter
25:29son appartement
25:30en centre-ville
25:31il a perdu l'équivalent
25:32de 25 000 euros
25:33de pouvoir d'achat
25:33au même revenu
25:35exactement
25:35donc 25 000 euros
25:36c'est environ une pièce
25:37une demi-pièce
25:38quand vous êtes dans une ville
25:40de sous-préfecture
25:41bah concrètement
25:42c'est un enfant en moins
25:43et donc du coup
25:43c'est de la croissance potentielle
25:45en moins
25:45sans qu'il n'ait absolument
25:47rien fait
25:47en termes salarial
25:48c'est-à-dire
25:48ils n'ont pas perdu de salaire
25:50ils n'ont pas perdu de caution
25:51ils n'ont pas perdu de patrimoine
25:52juste par la hausse mécanique des taux
25:54et cette hausse mécanique des taux
25:55dernier point
25:56elle est mondiale
25:57toutes les marchés obligataires
25:59et vraiment mondial
26:00les hausses sont absolument partout
26:01pour plusieurs raisons
26:02parce que vous avez
26:02la tech
26:03qui notamment tropique
26:04qui crame énormément de cash
26:06et du coup
26:06qui appelle énormément d'investissements
26:08vous avez le choix
26:09entre investir 1 000 euros
26:10vous choisissez un état
26:11en faillie
26:12enfin un fortement endetté
26:13ou alors une entreprise
26:14qui vous promet l'avenir
26:15c'est vite vu
26:15mais quand on regarde
26:16le marché obligataire
26:17il monte partout
26:18mais il monte beaucoup plus
26:19en France qu'ailleurs
26:20le spread
26:21c'est-à-dire la différence
26:21entre le taux français
26:22et le taux allemand
26:23il a pris 100 points de base
26:241 point de pourcentage
26:26et donc ça veut dire
26:27que dans cet environnement
26:28où il y a une
26:30on va dire une aversion
26:31pour la dette publique
26:32la France fait encore moins rêver
26:33que les autres pays
26:34et ça ça pose des petits soucis
26:35pour l'avenir
26:36Erwin Lenouard
26:37vous avez une minute
26:38et donc vous publiez
26:39vous co-signez ce matin
26:40une tribune
26:40qui s'appelle
26:41par le groupe collectif
26:43Trop c'est trop
26:44alors que c'est vrai
26:45que le Premier ministre
26:47il disait qu'il n'y aurait
26:48pas de hausse d'impôt
26:49etc
26:49mais c'est vrai
26:49qu'il y a une énorme hausse
26:50enfin une pression
26:51sur les entreprises en 2027
26:52quelle est la substantifique moelle
26:54de cette tribune
26:56on vient de publier
26:57alors une étude
26:58trop c'est trop
26:59sur la contribution
27:00des entreprises
27:00à laquelle Erwin
27:01a contribué
27:03ce qu'on montre
27:04c'est que les entreprises
27:05financent le modèle
27:06social français
27:07entendu au sens large
27:08à hauteur de 1,5 milliard
27:10d'euros
27:10chaque jour
27:11chaque jour
27:12calendaire
27:13les entreprises
27:14payent 1,5 milliard
27:15d'euros
27:15ça veut dire quoi ?
27:16ça veut dire qu'elles contribuent
27:17énormément au modèle
27:18social français
27:20donc on pense
27:22qu'elles sont en droit
27:23en échange
27:23de demander un peu
27:24d'efficacité
27:25dans les dépenses publiques
27:26et surtout
27:27que si on les fragilise
27:28encore
27:29en essayant de les essorer
27:30dans le PLF qui arrive
27:31c'est aussi tout ce modèle
27:32qu'on va mettre à terre
27:33c'est à dire
27:34les progressions salariales
27:36l'emploi
27:36l'investissement
27:37ça rejoint ce qu'on disait
27:38tout à l'heure
27:38mais je pense qu'il faut
27:39comprendre qu'on est dans
27:39un moment peu économique
27:41et donc politique
27:42qui est quand même
27:42extrêmement tendu
27:43et que ce serait bien
27:45que chacun prenne
27:45ses responsabilités
27:46notamment nos décideurs politiques
27:47merci beaucoup Erwann Lenouan
27:49je rappelle fondateur
27:51d'ACA Stratégie
27:52Erwann Tizon
27:52directeur des études
27:54de l'Institut de l'Entreprise
27:55merci à tous les deux
27:56d'avoir participé
27:58au grand débat
27:58éco de la semaine
27:59et merci à vous tous
28:00et tous
28:00de nous avoir suivis
28:01c'était Smartéco
28:02Sous-titres par Jérémy Diaz
28:08Sous-titres par Jérémy Diaz
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