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Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce lundi, Pascal Praud revient sur les syndicats de France Inter qui ont obtenu la suppression de l'édito de Charles Sapin.

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Transcription
00:00Faire Charles Sapin avec beaucoup d'esprit, d'humour, Charles Sapin a écrit hier
00:05« Ici la bête du Gévaudan », voilà l'épilogue des trois longues semaines
00:08où mon nom, mon intégrité professionnelle, mes travaux et mon journal ont été diffamés dans un seul but.
00:13Là, les cibles, il n'y a pas de souci.
00:14On met des cibles dans le dos, là, personne ne vient le défendre.
00:18Exclure du débat public la voix unique qui est la nôtre.
00:21J'ai préféré garder le silence jusque-là, ne souhaitant pas ajouter au brouhaha et au ridicule,
00:25ni compliquer la tâche de la direction de Radio France,
00:27qui envers et contre les assauts de syndicats tout-puissants, son sein,
00:31s'était fixé pour projet d'accueillir sur ses antennes toutes les nuances de pensée d'un pays
00:36qui, à la veille de la présidentielle, n'a jamais été facturé.
00:40Je renvoie évidemment à ce tweet qui est assez long, mais assez remarquablement écrit.
00:46On exhume le délit d'opinion, on déshumanise, on démonise, on coupe le micro à celui qui perturbe l'entre
00:53-soi.
00:53Toute ressemblance de ces procédés avec ce que l'on prétend combattre est purement fortuite.
00:57Évidemment, pour éviter toute propagation du conservatorius,
01:01il m'a été proposé un débat en lieu et place de mon éditorial du dimanche matin.
01:04Il serait plus prudent d'évacuer l'aile sud de la maison de la radio,
01:0730 minutes avant mon arrivée dans les locaux,
01:10de m'imposer la robe de bure et la cresselle à l'antenne.
01:13Cette mécanique de disqualification nourrit précisément la polarisation
01:17que ses promoteurs prétendent déplorer.
01:19Bon, Jean-Luc Mélenchon est directeur de la rédaction de Radio France.
01:23C'est vrai que c'est bien écrit, c'est pas ça qu'on lui fait payer aussi, hein, M.
01:25Sapin ?
01:26Mais c'est aussi ça, bien sûr, c'est aussi le talent.
01:31Radio France a dit, nous prenons acte de la décision de Charles Sapin.
01:35Ce n'est une victoire pour personne.
01:37Conformément à nos obligations et missions de service public,
01:39France Inter continuera d'être un lieu de dialogue.
01:41Tu parles ?
01:41Ce qui est incroyable, c'est une honte pour Radio France, a dit Eric Ciotti,
01:44c'est une honte pour le service public.
01:46Cela signifie que nous ne sommes plus vraiment dans une démocratie.
01:49Madame Pégard, ça, Madame Pégard, mais c'est extravagant.
01:52Madame Pégard, elle était hier sur une émission de France Info,
01:55elle est ministre de la Culture, donc c'est ministre de tutelle.
01:58Ministre de tutelle.
01:59Elle n'est même pas interrogée par mes confrères.
02:02Elle aurait pu même d'elle-même aller sur le sujet.
02:05Elle n'est pas interrogée, c'est un vrai problème,
02:07mais elle pourrait même dire un mot.
02:09Ce monde journalistique est devenu...
02:12Je n'ai pas cité les journalistes tout à l'heure,
02:14je ne les ai pas cités non plus les directions,
02:15parce que c'est délicat, après on me dit,
02:17ce n'est pas élégant, tu cibles tes confrères.
02:21Il ne se prive pas de faire des papiers sur nous.
02:24Mais c'est quand même invraisemblable.
02:26Il y a quand même un problème, il y a ça,
02:27parce que c'est le B.A.B. du métier.
02:29Vous commencez l'interview, vous dites,
02:30Madame la Ministre, avant d'aborder les questions budgétaires,
02:33une question d'actualité, tout le monde a fait ça, c'est le B.A.B.
02:35Mais 48 heures plus tôt, droit dans les yeux d'Éric Zemmour,
02:39les gens qui l'interrogeaient sur BFM ont dit,
02:40mais à Ceuta, tous les migrants sont repartis.
02:42Mais bien sûr.
02:43Il n'y a plus de problème.
02:44Comment vous pouvez parler de viol ?
02:45Mais c'est quoi cette histoire de viol ?
02:47Et les gens sont partis.
02:48Écoutez, il y avait Jordan Florentin hier,
02:50qui nous a fait un reportage sur place.
02:52Non, les gens ne sont pas repartis.
02:54Il en reste des milliers.
02:55Et il se passe des choses très graves tous les jours.
02:57Donc, ce n'est pas la question de cibler des confrères.
02:59C'est qu'ils ont un biais idéologique
03:02qui consiste à évacuer la réalité.
03:04C'est un problème, quand même.
03:05Jean-Luc Mélenchon a fait un tweet,
03:07me dit Lucas Busutile, qui est avec nous.
03:08Vous le savez, désormais, en lieu et place de Marine Lançon,
03:11à mon avis, France Inter devrait réparer les dégâts
03:13et prouver son ouverture à la diversité des points de vue
03:15en donnant un éditorial hebdomadaire à une journaliste de l'humanité.
03:18Sans oublier de rectifier à l'antenne les insultes des invités
03:20qui laissent dire contre nous, les animateurs d'émissions.
03:23Bon, il a de l'humour, c'est bien.
03:25En même temps, il est directeur de la rédaction,
03:26il peut faire des propositions.
03:27Bruno Retailleau, brillante leçon de liberté pour Charles Sapin.
03:30Toute cette histoire, tout ce petit théâtre antifasciste
03:32pourrait presque être risif
03:33s'il n'était pas financé par les impôts des Français.
03:35Marine Le Pen, un service public digne de ce nom
03:38doit représenter tous les Français.
03:39Enfin, bref, etc.
03:40Éric Ciotti, Jordan Bardella, tous ont pris la parole.
03:43Mais c'est toujours pareil.
03:44François-Xavier Bellamy a pris la parole.
03:46La gauche ne prend pas la parole.
03:48C'est ça qui est un vrai semblable.
03:50Une élection l'année prochaine.
03:51Je veux dire, Mathias Leboeuf, c'est un vrai semblable.
03:53Je dirais de ne pas être...
03:54Et même M. Larcher, président du Sénat,
03:57Mme Brontivet, président de l'Assemblée nationale,
04:00les ministres, effectivement,
04:03plus les personnalités de gauche
04:05qui se présentent à l'élection,
04:07Raphaël Glucksmann, François Hollande,
04:09Gabriel Attal, Édouard Philippe.
04:11Mais où sont-ils ?
04:13Moi, je trouve qu'ils auraient dû prendre la parole
04:15pour défendre le pluralisme et la liberté d'expression.
04:18Moi, je regrette personnellement...
04:20Mathias Leboeuf.
04:21...l'éviction de Charles Sapin, bien évidemment.
04:24Je trouve que c'est un très mauvais signe.
04:25Je trouve qu'en plus, c'est une erreur stratégique incroyable
04:29de la part de France Inter.
04:31Parce que France Inter aurait eu beau jeu de dire,
04:33regardez, vous voyez bien,
04:35il y a quelqu'un de valeur actuelle dans nos locaux,
04:38c'est bien la preuve qu'on ouvre éditoriellement l'antenne.
04:42Donc, cette décision, elle est bien évidemment nulle.
04:46J'ai un regret, moi, par contre,
04:48c'est que Charles Sapin n'ait pas accepté le débat.
04:50Je sais que c'était, comment dire, une proposition à minima
04:55et que Charles Sapin n'est pas forcément un débatteur
04:58et ne se sentait pas forcément l'envie de faire du débat.
05:00Mais je regrette néanmoins qu'il ait refusé cette proposition.
05:05Richard Millet.
05:06Est-ce que ça veut dire que Charles Sapin a payé
05:09la commission d'enquête de M. Aloncle ?
05:12La commission d'enquête, elle l'avait surtout vu juste.
05:16C'est surtout ça.
05:17S'il fallait une preuve,
05:18ce qu'a dénoncé M. Aloncle,
05:19mais c'est des durs en face.
05:21C'est des durs.
05:23Et quand vous avez des directeurs qui reculent,
05:27vous avez affaire à des durs.
05:29On les connaît.
05:30Si vous leur donnez le pouvoir,
05:31vous ne pourrez pas vous exprimer.
05:33Ce sont des petits commissaires du peuple.
05:36Et là où vous avez raison,
05:37c'est que bien souvent,
05:38ces petits commissaires du peuple,
05:40c'est les plus mauvais des rédactions.
05:42On ne va pas citer de nom,
05:43mais c'est souvent les plus mauvais.
05:45Mais sur le débat, moi, je ne suis pas d'accord avec Mathias.
05:47Je pense que la proposition était totalement infamante
05:49pour Charles Sapin.
05:50C'est-à-dire que son édito n'était pas légitime
05:52à être juste une chronique.
05:54Il fallait la contrebalancer,
05:55à ma connaissance.
05:56Salomé Sacké, qui est arrivé le samedi,
05:58qui vient de Blast,
05:59les médias d'extrême-gauche,
05:59on ne lui a pas mis un débat en face.
06:01Donc, il n'y avait pas de raison, à mon avis,
06:03de proposer un débat en lieu et en place de son édito.
06:05Je suis d'accord avec toi, Thomas.
06:06La proposition infamante, je ne sais pas.
06:08Mais la proposition, bien évidemment,
06:10était une proposition à minima.
06:11Mais néanmoins, je trouve qu'il aurait...
06:13Enfin, j'aurais aimé.
06:14Je ne vais pas dire que je trouve qu'il aurait dû y aller
06:16parce qu'il fait ce qu'il veut.
06:18Et bien évidemment qu'on n'est pas forcément obligé
06:21d'accepter cette proposition.
06:23Mais je trouve que ça aurait été bien
06:24qu'il y aille pour relever le gant, justement.
06:26Oui, mais enfin, c'est humiliant.
06:29Enfin, on te propose un édito.
06:31C'est humiliant.
06:33Je veux dire, ça ne se fait pas comme ça, en fait.
06:35On te propose d'être entraîneur de football
06:37et puis on te dit, on va être un entraîneur adjoint, finalement.
06:39Tu vas venir à deux.
06:40Non, ça ne se fait pas comme ça.
06:42Et puis, on avait entendu la directrice de France Inter
06:46qui avait dit qu'elle irait jusqu'au bout.
06:48Mais en fait, ces gens-là ne dirigent rien du tout.
06:51En tout cas, je pense qu'il y a beaucoup de gens
06:52qui sont désormais favorables à la privatisation
06:53qui n'étaient pas forcément avant.
06:55C'est ça qui est terrifiant.
06:55C'est contre-productif, totalement.
06:57Oui, mais moi, je suis sûr...
06:58Effectivement, ça coûte 4 milliards.
07:00Donc, il faut être peut-être sur la privatisation
07:01parce qu'on ferait des économies.
07:02Mais je suis plutôt sur la ligne directe Nolo.
07:04Le service public était remarquable avant.
07:06Je suis d'accord.
07:06Il était remarquable.
07:08Il faut un vrai service public.
07:10C'est irréformable.
07:11Ah oui, maintenant, je crois que vous avez...
07:12Effectivement, ça fait partie...
07:14On a tellement attendu encore
07:15qu'il faut seules les solutions radicales.
07:17Une voix le dimanche matin à 7h30, ça provoque ça.
07:19Imaginez si vous voulez aller plus loin dans la réforme.
07:21Bien sûr, bien sûr.
07:22Ah, ils ne sont pas prêts de nous engager.
07:23Bon, on va écouter M. Gallenadelle
07:25qui était hier soir dans l'émission.
07:28Les masques sont définitivement tombés.
07:31C'est une victoire à la pyrus.
07:34Maintenant, je pense que quand on va entendre,
07:37quand on va écouter les informations
07:40données par cette radio,
07:42on aura vraiment, obligatoirement,
07:46si vous voulez, le décodeur.
07:47Donc, d'une certaine manière...
07:49Je suis désolé pour Charles Sapin
07:51parce que c'est quand même un mot.
07:53L'explication pour Charles Sapin,
07:56c'est parce qu'il rentre, à valeurs actuelles,
07:58valeurs actuelles qui a été condamnées pour racisme.
08:00Et au risque de me répéter,
08:02je vous rappelle avoir fait condamner,
08:05moi, Libération,
08:06pour infiniment plus grave,
08:08pour incitation à la haine, à la violence,
08:11pour avoir appelé un massacre de juifs.
08:13Bon, eh bien,
08:16ça ne les a pas empêchés ensuite
08:17de faire rentrer à France Inter
08:21des journalistes de Libération.
08:23M. Demorand, M. Legrand,
08:26Dov-Alfon,
08:26et pourtant,
08:27ces types-là,
08:28ils n'étaient pas responsables,
08:30ils n'étaient pas responsables
08:31de ce que Libération avait écrit.
08:32Mais ça vous montre
08:34le degré d'intolérance
08:37de l'extrême-gauche médiatique.
08:38Et Marion Maréchal a pris la parole
08:40également hier.
08:42Alors déjà,
08:42je vous remercie pour votre invitation.
08:44J'espère que vous ne souffrirez pas
08:45d'un tir de barrage
08:45des syndicats de France Inter,
08:47puisque depuis deux semaines,
08:47on assiste quand même
08:48à une chasse à l'homme
08:49et à la censure
08:50d'un journaliste de droite
08:51de Valeurs Actuelles.
08:53Non, mais c'est bien quand même
08:54de rappeler que France Inter
08:57n'appartient pas à la gauche,
08:58mais à tous les Français.
08:59Et que France Inter donne la parole
09:01à toutes les forces politiques
09:02et votre présence ici le monde.
09:03Et donc, que l'exigence de pluralisme
09:04et de liberté de la presse
09:04s'applique ici,
09:05peut-être encore davantage qu'ailleurs.
09:06Marion Maréchal,
09:07allez écouter ce qu'a dit
09:08M. Roussel, Fabien,
09:10le dirigeant du PC ce matin.
09:12Vous appelez à la révolution
09:14dans la rue avant les urnes.
09:16Très concrètement,
09:16ça veut dire quoi ?
09:17Incroyable.
09:18Oui, c'est peut-être
09:20une forme de réminiscence.
09:21Incroyable.
09:22Il y a des bonnes révolutions
09:23à faire.
09:23Il y en a même vous
09:23à France Inter.
09:24Vous devriez vous interroger
09:25sur les révolutions
09:26que vous devriez faire
09:27dans votre radio.
09:28Ça commence d'ailleurs.
09:29Ah, ben vous voyez,
09:30lui, il est content.
09:32Les commissaires du peuple
09:33ont pris le pouvoir.
09:34Il est content.
09:35Ça commence d'ailleurs.
09:36Il dit, mais il ne s'en cache pas.
09:38Il dit la révolution.
09:39Voilà.
09:40Ils vont venir entrer
09:41dans le bureau de la directrice.
09:42La révolution financée
09:43par les impôts,
09:43c'est un concept que je ne sais pas.
09:44Il y a une autre manière
09:45d'éclairer ce dossier.
09:46Moi, j'ai reçu un mail
09:47très insultant ce matin,
09:49mais peu importe les insultes.
09:50Quelqu'un qui me dit,
09:50mais de toute façon,
09:52France Inter
09:52est une radio de droite
09:54et même d'extrême droite.
09:55Il faut écouter Radio Nova.
09:57Non, mais c'est ça.
09:57En fait, c'est un processus
09:59révolutionnaire.
09:59Si vous voulez rester
10:00à bord du bateau,
10:01il faut donner
10:05et il faut qu'il fasse
10:07assaut de radicalité.
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