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  • il y a 6 minutes
Jérôme Guedj, député socialiste de la 6ème circonscription de l’Essonne et candidat à l’élection présidentielle, répond aux questions de Laurence Ferrari.

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Transcription
00:00Un mot d'abord de ces nouvelles annonces, attendues aujourd'hui à 17h, pour les Français, pour contrer la hausse
00:07de la flambée des carburants.
00:08Cinq ministres seront présents pour présenter leur dispositif, avec des marges de manœuvre en limite très très limitées.
00:15Qu'est-ce que vous réclamez, vous, Jérôme Gage, sur cette hausse des carburants ?
00:19Sortir de l'impuissance. Nos concitoyens, nous tous, nous vivons à la pompe ce sentiment vertigineux d'être pris à
00:28la gorge.
00:29Et aujourd'hui, le sentiment qu'il n'y a pas la mobilisation de l'ensemble des outils qui sont
00:34possibles pour arrêter.
00:35Pas de réponse de l'État suffisante pour vous.
00:36Elles ne sont pas suffisantes, incontestablement.
00:38Et la détresse de toutes celles et ceux qui ont besoin de leur voiture pour travailler, pour aller visiter un
00:44proche, pour faire leurs courses,
00:47notamment en dehors des métropoles, où il peut exister des transports en commun, quand ils fonctionnent,
00:52mais en milieu rural, dans les zones dites périphériques, je n'aime pas cette expression, la voiture est indispensable.
00:58On ne peut pas dire à des gens du jour au lendemain, écoutez, débrouillez-vous,
01:02ou renoncez à d'autres dépenses, à vos loisirs, à vous occuper de vos enfants, parfois à vos vacances, à
01:08la consommation aux courses, etc.
01:10Donc, les réponses ne sont pas suffisantes.
01:12Et moi, j'attends du gouvernement cette espèce de mobilisation générale, plutôt qu'un saucissonnage de mesurettes.
01:20Il faut activer tous les leviers possibles. Il y en a trois. Les aides ciblées, premier problème, elles ont été
01:28mises en place depuis plusieurs mois.
01:30On sait aujourd'hui que moins de la moitié de ceux qui ont droit les ont sollicitées.
01:35Elles sont faibles, 100 euros, elles sont ciblées en fonction des niveaux de revenus, en fonction du type de métier
01:40qu'on exerce.
01:41Pour qu'elles soient automatiques pour vous ?
01:42Il y a le besoin. Évidemment qu'il faut rendre ça beaucoup plus automatique.
01:46On a un système social et fiscal qui connaît beaucoup d'informations, c'est-à-dire qu'on connaît votre
01:50revenu.
01:51Le fisc travaille très bien dans notre pays.
01:52Et c'est une très belle administration.
01:54On connaît votre revenu fiscal.
01:55Championne du monde pour la levée de l'impôt.
01:57On connaît votre revenu fiscal de référence.
01:59On connaît la distance entre votre travail et votre domicile,
02:05puisque chaque mois, votre employeur transmet ce qu'on appelle la déclaration sociale nominative où apparaissent ces deux informations.
02:11Et on sait si vous avez une voiture, puisque vous avez une immatriculation fiscale.
02:16Donc, en combinant ces trois données, on doit pouvoir rendre ça plus automatique.
02:19Il faut donc augmenter ces aides ciblées.
02:21Mais ce n'est pas suffisant.
02:22Moi, je fais partie de ceux qui considèrent qu'il y a des leviers sur les marges désormais des distributeurs
02:29et surtout des raffineurs.
02:31Les marges de raffinage ont considérablement augmenté.
02:35Et il faut donc utiliser...
02:36On a moins de raffineries en France.
02:37Il reste que 6 raffineries en France.
02:42Mais pour autant, tout le monde s'accorde à dire qu'il va y avoir une explosion.
02:45Elle a déjà commencé des marges de raffinage.
02:47Je crois que c'est de passer de 40 euros la tonne à plus de 300 euros la tonne.
02:51Et donc, il faut de ce côté-là demander un effort.
02:55En 1990, dans un contexte de crise comparable,
02:58au moment de la guerre du Golfe, quand Saddam Hussein avait envahi le Koweït,
03:02Michel Rocard, 6 jours après, avait pris un décret qui existe et qui est toujours mobilisable,
03:07qui permet de bloquer les marges de ses distributeurs ou de ses raffineurs.
03:13Je ne comprends pas que cet outil n'ait pas été mobilisé.
03:15Troisième levier qui doit être mis sur la table, et moi je n'hésite pas à le faire,
03:19c'est évidemment la question de la fiscalité qui existe sur le tabac.
03:22Aujourd'hui, quand on va à la pompe, presque 55%...
03:25Pardon, le tabac, c'est un lapsus.
03:27Vous ne voyez pas le rapport.
03:28C'est peut-être le fumeur que je suis.
03:31Non, non, c'est la fiscalité qui existe sur le pétrole quand on va à la pompe.
03:36Quand on va à la pompe, 55% de ce qu'on paye, ce sont des impôts.
03:40Il va falloir qu'on change, quand on sera plus au calme, ce mode de fonctionnement.
03:46Mais qu'il s'agisse de la TVA ou de la taxe intérieure sur la consommation des produits hétérgéniques,
03:51et énergétiques, dans un cas comme dans l'autre, il faut qu'on puisse introduire de la modulation
03:56pour baisser rapidement, de l'ordre de 15 à 25 centimes, le prix à la pompe
04:01avant de revenir à une situation qu'il faudra traiter.
04:06Ça, c'est l'adaptation au long cours, l'électrification des usages,
04:10l'alternative à sortir de la dépendance aux énergies fossiles.
04:13Mais là, pour l'instant, il faut aider les Français.
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