00:00Europe 1, 20h30, 21h30, Elisabeth Assayag.
00:13Bienvenue dans la France Bouche pour la quatrième et dernière partie.
00:17Nous sommes par l'éducation, donc c'est le petit clin d'œil avec Pink Floyd.
00:20Nous sommes toujours avec Eloïque Perrache, directeur général de HEC,
00:24avec la start-up de ce soir, Maitreña Gabriel Masson,
00:28le coach de ce soir. Si vous venez de nous rejoindre, vous pouvez réécouter en podcast le début de l
00:32'émission.
00:32David Smadja, fondateur du cabinet Milestone Avocat.
00:36Et on va apprendre des nouvelles d'un membre de notre grande famille Evidence B, Thierry Devulpillière.
00:49Thierry Devulpillière, vous étiez venu en 2022.
00:51Ça tombe bien, c'était juste lors du dernier classement PISA pour nous présenter Evidence B
00:57qui développe là aussi des logiciels adaptés pour le milieu scolaire
01:02avec en maths, en français et des exercices de niveau par élève, c'est ça ?
01:07C'est à peu près ça.
01:08À peu près ? Mais qu'est-ce que s'est-il passé ?
01:10Et ?
01:11Donc quand j'étais venu, c'était juste avant les résultats de PISA.
01:13Et donc les résultats de PISA sont tombés.
01:15On avait à nouveau déjà perdu, puisqu'on perd depuis 2003, des résultats en maths.
01:20Et le ministère de l'Éducation, donc un marché public, était passé peu de temps avant
01:25ce qui s'appelait remédiation seconde.
01:27La France fait des tests à l'entrée de seconde pour tous les lycéens, en maths et en français.
01:30Et il y a un tiers des élèves qui sont déjà en grand décrochage en début de seconde.
01:34Et donc ce marché public, on avait candidaté comme start-up.
01:37On était en finale contre Hachette et Nathan.
01:40Et on a remporté ce marché pour résoudre les problèmes de PISA avec DocaPost.
01:44Donc ça s'appelle Mia Seconde.
01:46Ça a commencé à être déployé à partir de ce moment-là.
01:50C'est 14 laboratoires de recherche.
01:51C'est 20 000 exercices en mathématiques et en français.
01:54Deux familles de laboratoires de recherche.
01:55Des laboratoires de recherche sur les sciences cognitives.
01:58Comment le cerveau des enfants apprend.
02:00Comment il a le sens du nombre, le sens des proportions.
02:02C'est des nouvelles connaissances qu'on a qui, espère-t-on,
02:05et c'est pour ça qu'on fait ces produits,
02:06va aider un plus grand nombre d'élèves.
02:08Parce que c'est difficile pour un enseignant de comprendre
02:09pourquoi un élève ne comprend pas plutôt qu'un autre et à quel moment.
02:12C'est difficile ou c'est juste parce qu'ils sont très nombreux
02:14et qu'ils n'ont simplement pas le temps ?
02:17Est-ce que c'est quand même sa formation de pouvoir détecter ce qui ne va pas chez un élève
02:20?
02:20Alors, comme il a été dit pour HEC,
02:23nous, on s'adosse à de la recherche.
02:26Et la recherche, elle progresse petit à petit.
02:28Et donc, oui, c'est difficile, c'est une complexité.
02:31Le cerveau humain, l'apprentissage, les notions.
02:33Donc, c'est effectivement difficile pour tout le monde.
02:36Ensuite, on a un grand succès sur l'éducation qui est sa massification.
02:40Quand on parle des copies en 1920,
02:43il y avait un petit nombre d'élèves qui avaient accès au bac.
02:46Donc, c'était plus facile finalement d'avoir une homogénéité.
02:48Donc, il y a des grands défis et ils sont objectivement là.
02:51L'importance maintenant de la recherche,
02:53c'est ça qui est, comme pour HEC,
02:56mais pour tous les grands systèmes éducatifs,
02:58un peu l'espoir d'objectiver.
02:59Ce n'est pas simplement les bonnes recettes du bon pédagogue de classe mépa,
03:02mais c'est de comprendre pourquoi est-ce que 2 cinquièmes et 1 demi,
03:05les enfants pensent que 2 cinquièmes, c'est plus grand qu'un demi.
03:07La solution MIA seconde, qui s'appelle MIA lycée depuis cette rentrée,
03:10elle est passée par toutes les arcanes de l'éducation nationale
03:13avec ses craintes, avec ses difficultés.
03:15Et c'est vrai qu'une approche qui est issue de ces sciences cognitives,
03:20c'est assez récent.
03:21Ça fait moins de 30 ans qu'on commence à comprendre comment le cerveau fonctionne.
03:23Ça fait des milliers d'années qu'on enseigne.
03:25Et il y a un enseignement en France qui est relativement procédural,
03:28qui a un certain nombre de règles,
03:30qui n'est pas forcément aligné avec ce que découvre les...
03:33En tout cas, il peut s'améliorer.
03:34Et c'est ça qu'on apporte.
03:35Et donc vous, si je vous comprends bien Thierry de Vulpillière,
03:40les mauvais résultats de PISA et cette baisse du niveau de maths,
03:43elle est peut-être le problème,
03:45et peut-être dans la façon dont on enseigne ses mathématiques ?
03:48Voilà.
03:48On a souvent, et c'est ce qui me chagrine un peu,
03:51on va suivre les explications un peu internationales.
03:57On va dire, c'est l'hétérogénéité des classes il y a 4 ans,
04:00là on va dire c'est les réseaux sociaux, c'est les familles, etc.
04:02On a tendance à remettre ça sur une cause externe, c'est vrai.
04:04Simplement, PISA c'est 90 pays,
04:06et tous les pays n'ont pas du tout le même statut.
04:08Singapour augmente, l'Angleterre qui n'est pas loin de nous augmente,
04:10et la France perd 16 points.
04:11Donc il y a un moment où il faut aussi regarder peut-être près de chez soi.
04:14Et près de chez soi, quand on baisse en maths,
04:17ça peut être lié à des tas de causes tout extérieures,
04:20mais ça peut aussi être lié à la façon dont on enseigne les maths et dont on les transmet.
04:24On a fait une étude d'impact, c'est un produit qu'on a développé sur le primaire,
04:26ça s'appelle Adaptive Math, sur les filles et les garçons,
04:29et on arrive à faire progresser les filles 4 fois plus que les garçons en cycle 2.
04:32Là où partout en France, les filles décrochent dès le CP.
04:35Et ça, c'est de la recherche, c'est Emmanuel Sander qui a fait ses modules,
04:38qui a sorti ce livre avec Coppens, la médaille Field.
04:42C'est de la recherche vraiment fondamentale,
04:44mais qui, appliquée sous forme de petits exercices,
04:47permet de mieux aider les élèves.
04:49Héloïd Perra, vous en pensez quoi ?
04:50Vous êtes le patron d'HEC sur cette façon peut-être d'enseigner les maths,
04:54puisque vous, c'est une formidable vigie,
04:56puisque vous avez des étudiants qui viennent de partout.
04:59Alors effectivement, ils viennent de partout,
05:00et on a forcément plein de progrès à faire.
05:05Et un des sujets récurrents dont on parle beaucoup,
05:09c'est la formation instituteur et la formation des professeurs.
05:14Et c'est très très compliqué d'aujourd'hui de se retrouver devant une classe
05:18quand on n'est pas accompagné, formé régulièrement.
05:21Donc je veux dire, on se forme, il y a des coachs qui nous donnent des conseils
05:23quand on vient à la radio.
05:25Il y a sans doute beaucoup d'accompagnement entre pairs
05:27qui peut exister dans les différents collèges et dans les différents lycées.
05:32Mais vous parliez de Singapour tout à l'heure,
05:35c'est l'endroit dans lequel on investit beaucoup dans la formation des professeurs.
05:38Et donc il y a des méthodes.
05:40Et donc si jamais vous n'êtes pas formé sur des méthodes,
05:42je trouve ce qui ne marche pas.
05:43Donc on peut avoir de l'accompagnement avec des machines, des plateformes et autres,
05:47mais il y a des méthodes pour expliquer,
05:50il y a des méthodes pour donner envie,
05:51il y a des méthodes pour engager.
05:54Et donc maintenant le diable est dans les détails.
05:58Comment on fait pour monter en puissance là-dessus ?
06:01Parce qu'à un moment on a moins de moyens,
06:02mais c'est très très important.
06:04Et donc tout ce qui va permettre de diffuser ces méthodes-là,
06:08moi je trouve ça formidable.
06:09Et Loïc Pérage, vos étudiants vont beaucoup à l'étranger aussi ?
06:13Tout à fait.
06:13Ils vont travailler un peu partout dans le monde.
06:15Oui, mais ils font des années entières ?
06:17Vous avez des campus partenaires ?
06:20On n'a pas de campus pour la formation première,
06:24mais par contre on est partenaire des plus grandes universités au monde.
06:27Donc ils peuvent partir un semestre ou une année entière.
06:29Ils peuvent aller des Etats-Unis,
06:31ils peuvent aller passer toute leur dernière année au MIT ou à Yale.
06:35Ils vont partir en échange un petit peu partout dans le monde.
06:37Nous, ce qui nous intéresse,
06:38et c'est pour ça qu'on n'a pas de campus pour cette formation première,
06:41c'est que je veux qu'ils aillent à la rencontre et se mélanger avec d'autres.
06:45Je n'ai pas envie qu'ils partent sur notre campus
06:46et se retrouver entre eux sur notre campus.
06:48Mais l'idée c'est qu'ils vont être dans les meilleures institutions,
06:50ils vont être un petit groupe de 5 ou 10,
06:52et donc ils vont créer des liens forts avec des étudiants du monde entier
06:56qui viennent dans ces institutions.
06:57Il y a beaucoup d'espoir dans ce que vous dites, Loïc Pérage.
07:00Justement, c'est le moment de parler avenir et espoir.
07:02Europe 1
07:04La France bouge, les raisons d'espérer.
07:07Loïc Pérage, on est à quelques mois d'élection présidentielle.
07:11Vous êtes le patron d'HEC, vous formez les talents, les dirigeants,
07:15les entrepreneurs d'aujourd'hui et de demain.
07:17Quelles sont les raisons d'y croire ici en France ?
07:20Comment percevez-vous notre pays ?
07:23Alors moi je vais être biaisé de par mes fonctions,
07:27mais c'est vrai que la jeunesse est une raison d'y croire.
07:34On a une partie de la jeunesse qui est en colère,
07:36mais on a aussi une partie de la jeunesse qui a des convictions profondes,
07:42une envie d'impact, une capacité à faire bouger les lignes,
07:46une capacité à prendre des risques plutôt.
07:50Moi je vais, on a de plus en plus d'entrepreneurs,
07:53on n'a pas que des entrepreneurs à la chaussée, loin de là,
07:54mais on a de plus en plus d'entrepreneurs à la sortie.
07:57Ils représentent combien ?
07:59Ils représentent 10% des étudiants,
08:02et les autres j'espère qu'ils ont une capacité à faire bouger les lignes aussi
08:06dans les organisations qu'ils vont rejoindre.
08:09Mais il y a, je pense, une aptitude à prendre des risques plus tôt,
08:16peut-être parce qu'ils sont sereins sur le fait que de toute façon,
08:19il y aura d'autres opportunités si les choses ne marchent pas.
08:21Gabriel en est un exemple, il a créé sur le campus, il recréé derrière.
08:25Vous les emmenez à prendre des risques et à oser,
08:29à avoir un peu de courage aussi.
08:32Alors, la nouvelle signature d'HEC, ça a toujours été autour de l'audace,
08:35et vous avez parlé d'audace au tout début quand vous avez introduit l'émission,
08:37ça m'a beaucoup plu, c'est oser l'impossible.
08:42Et c'est très intéressant, parce qu'au début on peut dire,
08:44tiens, c'est un nouveau truc marketing de plus,
08:47mais on se met tous et toutes des barrières,
08:49en disant, de toute façon, ça j'ai aucune chance,
08:51je ne vais pas y arriver, ce n'est pas possible.
08:53Donc comment on va oser son impossible,
08:55et puis des choses qui nous paraissent impossibles aujourd'hui,
08:58comment est-ce qu'on peut se dire, on va les dépasser.
09:01Et donc, l'impact, l'environnement socio-économique dans lequel on grandit
09:08va avoir un impact, comment est-ce qu'on peut dépasser ça ?
09:10Les enjeux du climat et le ressortment climatique,
09:12qu'est-ce qu'on peut faire ?
09:13Donc vous restez optimiste, c'est ça que j'entends, Éloïc Perrach.
09:15Par nature optimiste, en tout cas déterminé et engagé.
09:18Et engagé, engagé politiquement,
09:21c'est très coloré au sein d'HEC,
09:25où on essaye de contenir un peu...
09:27Non, on va habiter en année électorale.
09:30Personnellement, on peut avoir des convictions,
09:31mais mon rôle fait qu'effectivement, je n'ai pas à les exprimer.
09:35Mais au niveau des étudiants,
09:36est-ce que vous autorisez les réunions politiques,
09:38comme on a pu voir sur les campus de Sciences Po ou autres ?
09:41On autorise des réunions politiques,
09:43il y a des mouvements, des gens qui vont avoir des convictions différentes,
09:46et en année électorale,
09:48on va recevoir tous les candidats sur le campus.
09:52Et c'est ce que vous faites à chaque fois ?
09:55C'est ce qu'on fait à peu près à chaque fois,
09:56avec l'idée de se dire,
09:58moi ce qui m'intéresse,
09:59c'est que ce n'est pas seulement les soutiens ou les fans qui vont venir,
10:02mais c'est qu'on soit un lieu...
10:04Une fois de plus, je vous le dis,
10:05j'ai l'ambition qu'on soit un lieu de dépolarisation de débats,
10:08et donc on doit inviter des gens avec lesquels on n'est pas d'accord,
10:11mais à partir du moment où on n'est pas d'accord,
10:12on vient aussi d'exprimer en disant,
10:14moi j'ai des questions à vous poser,
10:15j'ai des messages à vous faire passer,
10:18et là on aura un environnement en tout cas intéressant,
10:24parce que ça fait partie de leur formation.
10:25Donc il n'y aura pas de débordement,
10:26en tout cas c'est ce qu'on espère.
10:27Franchement, jusqu'à maintenant,
10:29on n'a jamais connu de débordement,
10:30ça fait des années qu'on fait ça,
10:31et même...
10:33Parce que c'est un peu tendu là, en ce moment.
10:36Oui, mais on a connu différents moments
10:38où les campus du monde entier se sont un peu enflammés,
10:41vous n'avez jamais entendu parler d'HEC,
10:43parce que là encore,
10:44l'ADN c'est plutôt de se dire,
10:45travaillant sur des solutions,
10:46plutôt que d'être dans un esprit critique particulier.
10:48Merci Loïc Perrach,
10:49passionnant,
10:50directeur général d'HEC ce soir sur Europe 1.
10:52Merci à Gabriel Masson,
10:54cofondateur de Maï Trenia.
10:55Merci à Thierry de Vulpillière
10:57d'être venu nous parler d'Evidence B.
10:59Et un grand merci,
11:00notre coach David Smadja,
11:01fondateur du cabinet Milestone,
11:03avocat, excellente soirée sur Europe 1.
11:04Dans un instant,
11:05c'est Valérie Darmon pour la libre antenne.
11:07Bonsoir Valérie.
11:08Bonsoir Elisabeth.