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00:01Europe 1, 20h30, 21h30, Elisabeth Assayac.
00:05J'ai 10 ans, je sais que c'est pas vrai mais j'ai 10 ans, laissez-moi rêver que
00:10j'ai 10 ans, ça fait bientôt 15 ans que j'ai 10 ans, ça paraît bizarre mais si tu
00:16me crois pas, hey !
00:17On a tous un petit peu toujours 10 ans ce soir, bienvenue dans la France Bouge.
00:21Ce soir on parle du grand âge, vieillir, âgé oui mais en bonne santé, favoriser l'autonomie le plus longtemps
00:28possible, on en parle avec Sophie Boissart, la directrice générale de Clariane.
00:33Dans un instant on va prendre des nouvelles d'Auguste Food avec Zachary Thiry, je l'avais rencontré dans la
00:38France Bouge à Lyon, c'est en 2022, lui aussi c'était lié à l'histoire de sa grand-mère
00:44qui était dénutrie et donc il en a créé sa propre entreprise.
00:47Des sauces enrichies, de très bon goût, de qualité, à destination des établissements de santé.
00:53On est toujours avec Céline Leblanc, fondatrice de Mamie Boom et David Smadja, fondateur du cabinet Milestone Avocat.
00:59On va faire le quiz si vous voulez bien Sophie Boissart, le quiz de la France Bouge, c'est très
01:02rapide. Allez c'est parti !
01:05Le secteur des EHPAD reste marqué par plein de controverses et de défiances depuis les affaires dont on a entendu
01:12parler, notamment en Europe.
01:13Comment restaurer durablement la confiance des familles ? Cette confiance, on fait comment ?
01:18C'est par l'information, la transparence ?
01:21Je pense d'abord par la proximité et l'ouverture de chaque maison aux familles avec les conseils de vie
01:28sociale dans lesquels elles sont présentes et puis un dialogue au quotidien.
01:32C'est vraiment par ce dialogue et cette proximité au quotidien qu'on peut construire et maintenir la confiance dans
01:39la durée.
01:39Vous dirigez plus de combien de personnes aujourd'hui ?
01:43Plus de 60 000 personnes.
01:4460 000 personnes. Est-ce que vous êtes plutôt du genre à décider rapidement, Sophie Boissart, ou à prendre beaucoup
01:49de temps avant de trancher ?
01:50Parce qu'il y a beaucoup de décisions dans l'entreprise, mais quand on touche l'humain à ce point
01:55-là, ça ne doit pas être simple.
01:56Je crois qu'il faut être capable de faire les deux. Au quotidien, il faut être capable de décider rapidement
02:00parce que sinon ça bloque et ça entrave le bon fonctionnement de l'entreprise.
02:04Et puis, il y a des décisions stratégiques, des choix majeurs qui, eux, nécessitent d'être mûrement pesés.
02:12Donc, je crois que comme chef d'entreprise, il faut savoir faire les deux, un savant dosage.
02:16Vous avez fait le NS, l'ENA, avant de passer par le secteur public, on le disait tout à l
02:20'heure, et les grandes entreprises.
02:21Vous avez toujours eu le goût des responsabilités ?
02:23Je crois que j'ai toujours eu le goût de l'engagement et la volonté d'être utile, profondément utile
02:28à mon pays, utile à ma communauté.
02:33Et c'est toujours et encore quelque chose qui m'anime profondément.
02:36Et si vous aviez exercé un autre métier, vous aurez fait quoi ?
02:39Architecte.
02:40Merci Sophie Boissart, directrice générale de Claréane, pour ce quiz écrit par César Dion.
02:54C'est pour vous, cette musique, Max Richter, les saisons réinventées.
03:00C'est un compositeur allemand qui a réinventé, réécrit, en fait, avec les instruments d'aujourd'hui, cette partition qu
03:07'on connaît tous, celle des 4C, 4C, 4C.
03:09Et surtout, merci de la diffuser, ça m'inspire surtout.
03:15C'est la partition d'un ballet merveilleux qui s'appelle...
03:18Fan de danse classique.
03:19Fan de danse classique.
03:20Je trouve que la danse est un art total, en fait, un art musical.
03:25Et ça vous inspire dans votre métier ?
03:27Ça m'inspire dans mon métier, dans ma vie.
03:30Ça vous accompagne ?
03:31C'est vraiment, j'ai une admiration sans borne, en fait, pour les danseurs, les danseurs classiques et pour les
03:35chorégraphes.
03:35Et puis, pour ce qu'ils sont capables de nous montrer à la fois en termes d'harmonie, de rêve,
03:41d'imagination,
03:42et aussi en termes de discipline sportive et collective.
03:46Donc, pour moi, c'est vraiment un art total.
03:48Allez, vous restez avec nous dans La France Bouge.
03:50On aime prendre des nouvelles des membres de notre grande communauté.
03:52On va prendre des nouvelles d'Auguste Faud.
03:54La France Bouge.
03:57Que sont-ils devenus ?
03:58Zachary Thierry, vous étiez venus, donc on disait, on s'était rencontrés à Lyon,
04:02lors d'une délocalisation de La France Bouge.
04:03C'était en 2022.
04:04Et vous nous aviez parlé de votre grand-mère qui vous avait inspirée, puisqu'elle était dénutrie.
04:10Vous étiez encore étudiant.
04:12Tout à fait, elle était dénutrie.
04:14Donc, finalement, ce qu'on appelle le cercle vicieux de la dénutrition, que beaucoup de gens connaissent.
04:19Plus de 2 millions de personnes en France.
04:21Le frigo qui se vide parce qu'on n'a plus envie de faire à manger.
04:24La perte d'autonomie qui se précipite.
04:26Et puis, finalement, les séjours à l'hôpital qui s'accumulent.
04:30Et puis, derrière, effectivement, une entrée en institution dans les maisons ou les soins de suite qui s'est accélérée.
04:36Moi, c'était le cas de ma grand-mère.
04:38Comme c'est le cas de beaucoup de nos grands-parents et de nos parents aujourd'hui.
04:43Et donc, là, vous vous êtes dit, face à cette dénutrition, moi, je vais essayer de lui redonner le goût.
04:47Le goût de manger.
04:48Et puis, surtout, quand elle va manger, il faut que ce soit riche en protéines.
04:51Parce que c'est ça qui va tenir les muscles, les os, etc.
04:54Et donc, vous avez lancé Auguste Food.
04:56Tout à fait.
04:56Auguste Food, c'est né sur une idée assez originale à l'époque.
05:00Parce qu'aujourd'hui, tout le monde connaît le sujet de la protéine.
05:03Il n'y a qu'à voir les rayons de nos supermarchés.
05:05C'est assez fou ce qui s'est passé.
05:06On dit même la prot.
05:07La prot.
05:07La prot.
05:08Et puis, à tous les âges.
05:10Mais à l'époque, c'était avant-gardiste.
05:12Il y avait peu de sujets, effectivement, sur la dénutrition.
05:15En fait, la dénutrition, c'est vraiment un sujet où on perd l'appétit de manger.
05:20Donc, on mange moins.
05:21Et puis, souvent, ça vient en plus d'une maladie qui est déjà présente.
05:24Ça peut être un cancer.
05:25Ça peut être tout simplement la perte d'autonomie de façon générale.
05:29L'idée, c'était de se dire comment est-ce qu'on peut faire des produits hyper gourmands,
05:33qu'on a envie de manger, mais extrêmement denses nutritionnellement,
05:36mais sans jamais perdre ce supplément d'âme de la gastronomie dans les produits.
05:41L'idée de base, c'était effectivement des sauces.
05:44Très vite, nous, on a continué ce travail sur d'autres produits.
05:48Alors, vous en êtes où aujourd'hui ?
05:49Alors, aujourd'hui, on a une gamme un peu plus étendue.
05:52On travaille avec plus de 250 établissements, aussi bien des hôpitaux, des cliniques, des maisons de retraite.
06:00On a pris notre temps.
06:02Ce n'était pas simple de pénétrer ce marché, puisqu'on est quand même sur le secteur de la santé,
06:07qui est dominé par des énormes acteurs agro-industriels et pharmaceutiques.
06:11Donc, il a fallu se faire un nom, il a fallu se faire une place.
06:14Nous y sommes arrivés avec cette proposition de valeur originale, des produits qui sont gourmands.
06:19Là, plus récemment, on a sorti une gamme de glaces, des glaces hyper protéinées, hyper caloriques.
06:23C'est une bonne idée, les glaces.
06:24L'été, dans la quinnicule, on se fait plaisir.
06:26Des petites glaces à l'italienne, yaourt de fraises, caramel, beurre salé, citron.
06:30Et alors, vous les vendez à qui ? Parce que ce n'est pas encore dédié aux particuliers.
06:32Donc, c'est pour les établissements de santé seulement, aujourd'hui, un peu partout en France ?
06:36Oui, partout en France.
06:37Là, on commence le déploiement en Suisse, en Belgique.
06:41On regarde l'Allemagne aussi.
06:43Aujourd'hui, ce sont des solutions.
06:45Donc, l'ADN de l'entreprise est food service santé.
06:48C'est là que vous avez un peu bivoté.
06:50Tout à fait.
06:51L'ambition reste toujours la même.
06:53Moi, à la base, je voulais que ma grand-mère, chez elle, ne soit plus dénutrie.
06:56Donc, je réponds qu'il y a une partie de la problématique dans les établissements de santé.
07:00C'est déjà ça.
07:01Mais le but, c'est qu'à terme, ces produits soient disponibles à la maison.
07:05On a beaucoup, beaucoup de demandes.
07:06Donc, on y travaille.
07:08Vous connaissiez, Sophie Boissard, Auguste Food.
07:11D'autant plus qu'Auguste Food est avec certains de nos établissements.
07:16Et en particulier, des établissements dans lesquels on a des personnes très sensibles
07:19qui suivent un traitement d'oncologie.
07:22Donc, avec le goût qui se modifie et justement encore moins d'appétit.
07:25Et dans lequel, c'est d'autant plus important d'être bien nourri pour avoir les forces pour supporter le
07:30traitement.
07:31Tout à fait. La contrainte dans les établissements de santé, c'est le savoir-faire de l'enrichissement.
07:35On n'est pas du tout dans l'univers des sportifs où on met des poudres dans des shakers.
07:39Là, on est vraiment très différent.
07:41On cherche à avoir les plus petites quantités possibles d'aliments,
07:43puisque les personnes à qui on s'adresse s'alimentent peu,
07:46avec un maximum de protéines et de calories.
07:49Zachary Thierry, fondateur d'Auguste Food, c'est le moment de se tourner vers l'avenir avec vous.
07:54Sophie Boissard est d'y voir, on espère, de l'espoir.
07:58Europe 1
08:00La France bouge, les raisons d'espérer.
08:03Sophie Boissard, directrice générale de Claréane, à quelques mois de l'élection présidentielle,
08:08quelles sont les raisons d'espérer ?
08:11Si vous aviez une seule mesure à demander au prochain ou à la prochaine présidente pour préparer la France,
08:14par exemple, face au défi du vieillissement, ce serait quoi ?
08:18Ce serait de faire de l'augmentation de l'espérance de vie en bonne santé,
08:24l'étoile polaire des politiques de santé.
08:27Je pense qu'aujourd'hui, vous l'avez dit, on a une espérance de vie globale qui est élevée en
08:32France.
08:32L'espérance de vie en bonne santé, on est plutôt dans la moyenne européenne.
08:35C'est-à-dire ?
08:36C'est-à-dire qu'en gros, à 65 ans en moyenne, on a encore en moyenne 20 ans de
08:41vie,
08:4210 ans en bonne santé et 10 ans en moins bonne santé avec une forme de dépendance.
08:48En Suède, c'est deux tiers, un tiers.
08:50Deux tiers en bonne santé, un tiers en statistiquement.
08:54Je pense qu'on pourrait se donner collectivement l'objectif d'ici 10 ans de rattraper la Suède.
09:00Ils font quoi en Suède que nous ne faisons pas, par exemple ?
09:02Alors, ils font beaucoup de choses.
09:03D'abord, la prévention, au sens où on l'a entendu des témoignages tout à l'heure,
09:07c'est-à-dire finalement des conseils de bonne vie.
09:10Mais on les a ici, des conseils.
09:11On les a, on les entend tous les jours.
09:13Mais je pense que ce n'est pas assez diffusé, notamment chez les enfants, familles.
09:17C'est vraiment à tous les âges de la vie.
09:19Ça, c'est un premier élément.
09:20Deuxième élément, il faut juste qu'on se fixe l'objectif,
09:23qu'on évalue nos politiques de santé à cette zone-là.
09:25Est-ce que ce que je fais va vraiment contribuer à donner un maximum de chances
09:30de vieillir en meilleure santé, comme on se l'est dit là ?
09:32Et puis, il faut beaucoup plus, beaucoup plus de paramédicaux.
09:36Il faut doubler le nombre de paramédicaux formés chaque année.
09:38Donc, c'est le métier-là du soin.
09:41Et les Suédois, les Norvégiens, ils ont deux fois plus de professionnels de santé en activité.
09:45C'est quoi, par exemple, ces professionnels de santé, ces paramédicaux ?
09:47C'est des infirmiers, c'est des aides-soignants,
09:49c'est tous les métiers de la rééducation.
09:50Des kinés, des ergothérapeutes, des psychomotriciens.
09:53Ce sont tous ces métiers qui sont absolument essentiels.
09:55Donc, il faut les valoriser.
09:56Il faut les valoriser, il faut surtout ouvrir les quotas.
09:59Comment c'est possible qu'on ait encore aujourd'hui un quota fermé,
10:02en école d'infirmière ?
10:04D'infirmiers et d'infirmières.
10:0536 000 infirmiers autorisés en place de formation chaque année.
10:11Pourquoi est-ce qu'on n'enlève pas ces quotas ?
10:13Pourquoi on ne se donne pas la possibilité de former autant d'infirmiers
10:17qu'on a aujourd'hui de jeunes ou de moins jeunes volontaires
10:21et capables de s'engager dans cette formation ?
10:24Ces quotas n'ont aucun sens en réalité.
10:27Et en fait, on est les seuls à avoir des quotas.
10:29En Allemagne, il n'y a pas de quotas.
10:30Il n'y a absolument pas de quotas.
10:33Pour bien vieillir et en toute autonomie, il faut ouvrir les quotas
10:37et il faut doubler le nombre de professionnels de santé en France.
10:40Et si on fait cela, on se fait du bien à tous.
10:44On va éviter les déserts médicaux ou de prise en soins dans lesquels on est confrontés.
10:50On va éviter la tension que subissent aujourd'hui les professionnels
10:54parce que justement, on ne forme pas assez de monde.
10:57et on va globalement augmenter la qualité de prise en charge
11:01et les chances de chacun d'entre vous de bien accompagner.
11:04On a quand même de l'espoir.
11:05C'est pour ça que moi je dis que j'ai de l'espoir parce qu'en réalité, la mesure,
11:08elle est toute simple.
11:09Il s'agit juste de démultiplier l'accès à des formations qui existent déjà
11:14et pour lesquelles il y a plein de candidats.
11:16Merci Sophie Boissard, merci d'être venu ce soir sur Europe 1.
11:19Je rappelle que vous êtes la directrice générale du groupe Clariane.
11:23Merci à Céline Leblanc, fondatrice de Mamie Boom.
11:25Merci d'être revenue nous voir, Zachary Thiry, fondateur d'Auguste Food.
11:29Et un grand merci à notre coach David Smadja qui est avocat
11:32et qui a fondé le cabinet Milestone Avocat.
11:34Excellente soirée à toutes et à tous sur Europe 1.
11:36Tout de suite, c'est Valérie Dermont pour La Libre Antenne.
11:38Bonsoir Valérie.
11:39Bonsoir Elisabeth.

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