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00:00Europe 1, 20h30, 21h30, Elisabeth Assayac.
00:07Bienvenue au Mimosa.
00:08Votre mission ici, c'est de donner un coup de main à tout le monde, de l'aide-soignant à
00:12la femme de ménage.
00:13Là, c'est Alfred de Gonzague, et lui, il a Alzheimer.
00:16Alfred.
00:17Enchanté, Milan.
00:17Ferme ta bouche, je te la ferme.
00:19Et c'est Thérèse, et Mouic, et j'en école.
00:22C'est un extrait de la maison de retraite, c'était avec Kev Adams en 2022, ça nous avait fait
00:27sourire.
00:28C'est très bien de prendre ces sujets, d'essayer de faire des comédies pour pouvoir connaître un petit peu
00:36plus cet univers.
00:36Et on en parle de cet univers ce soir, de vieillissement de la population, comment vieillir, oui, mais en bonne
00:43santé, garder toute son autonomie.
00:45On en parle avec Sophie Boissart, la directrice générale de Clariane, donc anciennement Corian.
00:51Clariane, c'est l'un des grands acteurs européens de cette prise en charge des personnes âgées, fragiles.
00:55On y trouve des maisons de retraite médicalisées, des maisons de soins de réadaptation, d'accompagnement à domicile aussi, vous
01:02faites.
01:02Et puis, vous accompagnez près de 860 000 personnes, vous nous étiez dans le pitch tout à l'heure ?
01:08Exactement, presque un million de personnes à travers l'Europe.
01:12À travers l'Europe.
01:14Pour cela, il faut des soignants.
01:15Il faut des métiers bien spécifiques, des aides-soignants, des infirmiers, des infirmières, des médecins aussi.
01:22Je crois que là-dessus, vous avez mis en place toute une stratégie pour aller les chercher.
01:27Parce qu'il faut redonner l'envie d'aller travailler dans ces métiers-là, qui sont des métiers difficiles.
01:33Alors, ce sont des métiers de vocation.
01:35En même temps, il y a beaucoup, beaucoup de candidats et de personnes qui sont intéressées par ces carrières.
01:39Il y en a beaucoup ?
01:40Beaucoup.
01:41Typiquement, aujourd'hui, quand on regarde les demandes d'orientation après le bac en France,
01:46les instituts de soins infirmiers prennent une candidature sur dix.
01:49Ah oui, ça donne une idée.
01:51Non, la grosse difficulté à laquelle on se heurte, c'est que les besoins vont croissant,
01:54avec le vieillissement de la population, avec effectivement le progrès de la médecine,
01:58et donc le fait que beaucoup de maladies deviennent chroniques,
02:01donc nécessite un accompagnement au long cours.
02:04Donc, on a besoin de plus en plus de personnels de santé, notamment d'infirmiers, de métiers de rééducation.
02:08Alors, comment on fait de vous faire que vous avez mis en place tout un programme, une école même ?
02:11Et alors, nous, on s'est dit que si on s'appuyait uniquement sur les structures publiques de formation,
02:17on n'allait pas y arriver, puisqu'il y a des quotas.
02:19Donc, en fait, on ne forme pas assez de professionnels de santé, notamment en France,
02:22mais c'est vrai dans tous les pays.
02:24Donc, on s'est dit qu'on va se créer notre propre université,
02:26notre université clariane, qui forme chaque année 7000 personnes,
02:30des jeunes et vieux.
02:31Partout en France ?
02:31Partout en France et en Europe, 12% de nos professionnels, en fait,
02:36sont engagés dans des formations diplômantes.
02:38Donc, c'est des aides-soignants qui veulent devenir infirmiers,
02:40c'est des infirmiers qui veulent devenir cadres de santé,
02:44ou directeurs ou directrices d'établissement.
02:46Et donc, on a créé des parcours diplômants qui permettent d'accompagner...
02:50Des master 1, un master 2.
02:52Exactement.
02:52On amène un master 2 directeur d'établissement,
02:55et avec l'objectif, finalement, qu'on puisse pourvoir les trois quarts de nos postes de direction,
03:01d'encadrement, par des personnes issues de notre communauté.
03:05Et ça fonctionne.
03:06Et ça fonctionne, ça veut dire que vous n'êtes pas en sous-effectif,
03:08parce qu'on entend souvent, on n'est pas assez au planning, c'est compliqué.
03:12Est-ce que vous, au niveau des effectifs, ça va ?
03:14Vous pouvez accompagner les 860 000 personnes résidantes ?
03:19Alors, on a les effectifs nécessaires pour accompagner.
03:24Évidemment, recruter, remplacer, notamment pendant les périodes d'absence.
03:28En fait, la caractéristique de nos métiers, c'est 365 jours sur 365,
03:337 jours sur 7, le jour, la nuit.
03:35Donc, oui, c'est évidemment un enjeu majeur que d'avoir en permanence les bonnes personnes.
03:40Mais comment faites-vous pour les garder ?
03:41Par exemple, il y a les fêtes de Noël qui arrivent,
03:42tout le monde a envie de prendre ses jours de congé.
03:45Comment faites-vous ?
03:45Est-ce que vous avez mis en place des stratégies particulières,
03:49des avantages particuliers ?
03:50Parce qu'une fois qu'on les a formés, qu'on les a recrutés,
03:52il faut aussi les garder.
03:55Vraiment, la première chose, c'est d'avoir un projet valorisant
04:00dans lequel on a envie de s'engager avec des collègues qu'on estime
04:03et avec le sentiment d'être utile et d'être reconnu pour ce que l'on fait.
04:07Donc, ça se joue d'abord vraiment à l'échelle de chaque maison,
04:10de chaque établissement.
04:11Et c'est pour ça qu'on a beaucoup travaillé sur le sens de notre mission.
04:14On s'est donné collectivement une mission qui nous inspire tous les jours.
04:17C'est prendre soin de l'humanité de chacun dans les moments de fragilité.
04:21On a aussi défini un certain nombre d'engagements.
04:23L'engagement de considération.
04:25Considération de chaque collaborateur.
04:27Mais ça se traduit comment ?
04:27Eh bien, ça se traduit très concrètement par le fait
04:30qu'on a mis en place un fonds de solidarité
04:32et que quand quelqu'un a un coup dur,
04:35voilà, ma voiture est cassée,
04:36je dois financer des obsèques au pays
04:39et c'est cher, je n'y arrive pas.
04:41Je suis en galère pour le logement
04:43parce que j'ai dû partir de chez moi
04:46pour me mettre en sécurité.
04:47On a beaucoup de femmes.
04:4988% de femmes qui travaillent dans le monde.
04:51Notre fonds de solidarité,
04:52il est capable de se mobiliser en quelques heures
04:56pour aller donner l'aide qui va bien personnaliser.
05:00Ça, c'est très tangible.
05:02Donc, il y a une fonction sociale
05:03au sein même de l'entreprise et du groupe.
05:05C'est comment puis-je bien soigner
05:07si moi-même, je ne suis pas bien considérée,
05:10bien accompagnée moi-même dans un environnement sécurisé.
05:12Premier engagement.
05:13Deuxième engagement, équité
05:15et vraiment travailler sur des opportunités pour chacun.
05:18Donc, effectivement,
05:19j'ai un nombre incalculable d'exemples,
05:22de personnes qui ont commencé comme aide-soignants,
05:25comme agents de service,
05:26qui ont ensuite passé tous leurs diplômes.
05:29Donc, il y a des directeurs des échelons
05:32et de venir...
05:33Exactement.
05:34Et ça n'est pas du tout...
05:35Le directeur de nos équipes en Allemagne,
05:38c'est 16 000 salariés.
05:39Il a commencé comme aide-soignant.
05:41Et c'est lui qui a exprimé le désir d'évoluer
05:44ou vous voulez repérer ?
05:45Alors, lui, il a exprimé depuis tout petit,
05:47on va dire, puisqu'il est chez nous depuis...
05:49Depuis qu'il a passé son bac.
05:50Donc, il a maintenant un peu moins...
05:52Il a 50 ans.
05:53Donc, il a évidemment eu la volonté de se développer
05:57et on l'a accompagné jusqu'au bout,
05:59jusqu'à MBA, en fait.
06:01Donc, il a vraiment fait tout un...
06:03Donc, vous accompagnez des carrières.
06:05C'est ça, ce que vous nous dites ce soir, Sophie Poissard ?
06:06On accompagne 7 000 personnes chaque année
06:08sur 65 000 collaborateurs.
06:10C'est énorme.
06:11Et on veut en faire encore plus.
06:13C'est tout l'objet de cette université
06:15et qui est en train, d'ailleurs,
06:16de se développer fortement en Ile-de-France
06:17puisqu'on reprend les instituts de formation
06:21d'une fondation très ancienne
06:23qui s'appelle la Fondation de la Croix Saint-Simon
06:24qui a été créée...
06:25Donc, l'Université Clariane.
06:27Et elle va être...
06:28Donc, leurs activités rejoignent l'Université Clariane.
06:30C'est 900 étudiants, jeunes professionnels en Ile-de-France.
06:33Ici, en région parisienne.
06:34Oui.
06:35Et on va pouvoir probablement en faire beaucoup plus
06:37dans les années qui viennent.
06:382 millions de personnes âgées sont isolées
06:40de leur entourage proche.
06:42C'est un chiffre officiel.
06:43Entourage proche, ça signifie famille et amis.
06:45Eh bien, nous, ce soir, sur Europe 1,
06:47on a trouvé la solution.
06:49Europe 1, la start-up de la France publique.
06:51C'est vous, la solution, Céline Leblanc.
06:53Vous êtes la fondatrice de Mamie Boom,
06:55une entreprise qui existe depuis déjà 6 ans,
06:596 ans et demi.
06:59Tout à fait, 2020.
07:002020, juste avant le Covid.
07:02Vous, vous avez fait des études en école de commerce.
07:04Vous avez fait l'EM Lyon.
07:06Vous avez commencé votre carrière dans l'entreprise,
07:09dans le marketing.
07:11Et au fur et à mesure, vous vous êtes dit
07:13« Moi, j'ai envie de donner un peu du sens à ma vie.
07:15Tout a démarré avec votre grand-mère. »
07:18Oui, c'est ça.
07:18En fait, je lui avais demandé
07:19est-ce qu'elle avait encore des rêves
07:21et elle m'avait répondu de faire un baptême en hélicoptère.
07:23Donc, j'avais trouvé ça génial.
07:24Mais quand je lui ai dit
07:25« Mamie, il faut que tu le fasses. »
07:26Sa réponse m'avait vraiment attristée.
07:28Elle m'avait dit
07:28« Oh non, c'est plus pour moi.
07:29C'est plus de ma génération.
07:30Je suis trop vieille pour ça. »
07:31Donc, je me suis dit
07:32« Un jour, j'aiderai les personnes âgées à réaliser leurs rêves. »
07:34Et donc, à l'approche de la trentaine,
07:36je me suis dit
07:36« J'ai envie d'entreprendre,
07:37d'avoir du sens dans mon travail. »
07:39Et donc, je me suis repenchée sur ce projet de cœur
07:42qui était lié à ma grand-mère.
07:43Et je me suis dit que finalement,
07:44le premier pas avant d'aider les personnes âgées
07:46à réaliser leurs rêves,
07:47c'était déjà de les aider à sortir de la solitude
07:49et sortir de chez elles
07:50et reconnecter avec la société.
07:52Pour cela, vous avez créé Mamie Boom.
07:55L'entreprise est à Marseille, c'est ça ?
07:57L'équipe est basée à Marseille.
07:58On était à Paris avant
07:59et on est maintenant à Marseille.
08:00Vous avez fait un autre choix.
08:01On va vous laisser pitcher pendant une minute,
08:03Mamie Boom,
08:04et on vous écoute.
08:04C'est à vous.
08:05Très bien.
08:06Aujourd'hui en France,
08:072,5 millions de personnes âgées
08:09se sentent seules tous les jours ou presque.
08:11C'est pour lutter contre cette solitude
08:12que j'ai créée Mamie Boom en 2020
08:14avec une envie très forte,
08:16celle de reconnecter les générations.
08:18Le principe est simple,
08:19nous mettons en relation des personnes âgées
08:21avec des étudiants que nous sélectionnons
08:23pour leur tenir compagnie chaque semaine.
08:25Les visites ont lieu à domicile ou en EHPAD,
08:28et sont principalement des moments de convivialité,
08:31discussions, promenades, jeux de société,
08:33aides informatiques, etc.
08:35Au-delà du lien social,
08:37ces visites régulières ont un vrai impact
08:38sur l'autonomie des personnes âgées
08:41du fait d'être stimulées chaque semaine.
08:43Elles apportent aussi de la sérénité aux familles
08:45qui nous contactent pour leurs proches
08:47de savoir leurs parents entourés
08:50et visiter chaque semaine.
08:51Et ça apporte un complément de revenu aux étudiants
08:53avec un job étudiant qui a du sens.
08:56Donc en 6 ans,
08:56on a constitué plus de 1500 binômes
08:58partout en France dans les moyennes et grandes villes.
09:01Et notre ambition,
09:01c'est de redonner le sourire
09:03à encore plus de personnes âgées
09:04partout en France
09:05parce que le lien social n'est pas un luxe,
09:07c'est un besoin vital.
09:08Merci Céline Leblanc,
09:10fondatrice de Mamie Boom.
09:11Juste avant le point sur l'info,
09:13tiens, je me tourne vers Sophie Boissart,
09:15patronne de Claréade.
09:15Votre regard sur Mamie Boom ?
09:18Je trouve à la fois l'énergie de Céline
09:21et l'intention excellente.
09:23Et effectivement, c'est une super idée
09:24que de rapprocher les étudiants d'un côté
09:26et les personnes âgées isolées
09:29ou en tout cas en mal d'activité de l'autre.
09:32Je trouve que l'idée est absolument pertinente
09:35et c'est chouette de consacrer
09:39cette dynamique entrepreneuriale
09:41à cette ambition.
09:43C'est géolocalisé ?
09:44C'est-à-dire, on les met en lien ?
09:46Comment est-ce qu'on met l'étudiant
09:48en lien avec la personne âgée ?
09:49Parce que la personne âgée,
09:50elle n'est pas forcément toujours connectée
09:51sur une appli.
09:52Comment on fait ?
09:52Déjà, ce n'est pas une plateforme
09:54de mise en relation,
09:55c'est vraiment nous, notre service.
09:57On a des demandes partout en France
09:58dans les moyennes et grandes villes
09:59et c'est notre chargée de recrutement
10:01qui va sélectionner l'étudiant sur mesure
10:03en fonction des besoins.
10:06Ça peut être les centres d'intérêt,
10:07la localisation, les disponibilités.
10:09Et vraiment, la richesse de Mami Boom,
10:11c'est cette sélection personnalisée.
10:13Ce n'est pas une charge de recrutement
10:15qui fait passer des entretiens
10:16et qui sélectionne la perle rare,
10:18comme on l'appelle,
10:19parmi notre réseau de gentils accompagnateurs.
10:21C'est le nom qu'on donne aux étudiants.
10:22On en a plus de 5000 inscrits actuellement
10:25sur Mami Boom.
10:26On se retrouve dans un instant.
10:27On va voir les conseils de David Smadja.
10:29Tout de suite, le point sur l'info.
10:31Il est 21h.

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