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  • il y a 9 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:01Voilà maintenant que la France serait sous une menace, une menace de drones russes.
00:05Ce sont nos confrères du quotidien El Mundo qui citent les Américains.
00:09Les Américains auraient en fait lancé une espèce d'avertissement à bon nombre de pays européens
00:13sur la possibilité d'attaque Thierry Arnaud de drones Gerbera.
00:18De quoi s'agit-il précisément ?
00:19Oui, selon les informations de ce quotidien espagnol,
00:23la CIA aurait effectivement mis en garde l'Italie, l'Espagne et la France
00:27sur la possibilité d'attaque de drones qui seraient hébergés par des navires
00:32sur lesquels se trouveraient des conteneurs russes.
00:35On ouvre les conteneurs et en partent ces drones qui sont les drones Gerbera.
00:39Donc vous savez, ces drones à réaction dont on a beaucoup parlé ces derniers jours
00:42parce qu'ils ont un effet tout à fait dévastateur en Ukraine.
00:45Avec une portée de 600 kilomètres.
00:46Oui, et puis ils sont surtout très rapides et donc difficiles à intercepter.
00:50Et donc ils prendraient pour cible le sud de la France comme on le voit
00:53et les côtes italiennes et espagnoles.
00:56C'est ça les informations qui sont livrées par ce quotidien
00:59qui n'ont pas été confirmées par la CIA
01:02dont un porte-parole de la Commission européenne dit aujourd'hui
01:04qu'effectivement ces informations ont circulé
01:07mais dont on ne s'est pas très bien mesuré la crédibilité.
01:10Si on comprend bien, ces drones seraient donc sur les pétroliers de la flotte fantôme russe ?
01:15Sur des bâtiments qui peuvent être des pétroliers, autre chose, dans des conteneurs.
01:18Dans des conteneurs.
01:21Gérard Longuet est avec nous, l'ancien ministre de la Défense.
01:23Il faut s'en inquiéter ou est-ce qu'on joue à se faire peur ?
01:25Non, il faut s'en inquiéter.
01:27Il faut s'en inquiéter parce que les Russes tâtent la défense européenne
01:32par tout moyen
01:36et ne pas réagir et ne pas être prêt à arrêter ou à bloquer
01:41serait un aveu de faiblesse qui inciterait à aller plus loin.
01:45Alors comment réagir ?
01:46Parce que là pour l'instant on est sur une menace.
01:48C'est très simple, c'est d'identifier et suivre chaque élément de la flotte.
01:53Il n'y en a pas des centaines, ce n'est pas inhumain comme techniquement c'est tout à fait
01:57possible.
01:57C'est déjà arrivé d'arrêter des bateaux fantômes.
01:59Absolument, et de bloquer des bateaux, de les ramener à des ports.
02:04Donc il faut les ramener au port, les fouiller ?
02:05Assez clairement, je suggérerais si on me demandait mon avis
02:13de riposter sur le bateau qui porte le conteneur.
02:17C'est-à-dire ?
02:18L'immobiliser et lui...
02:21C'est un peu sévère par le fond.
02:23Mais en tous les cas, le rendre inopérant.
02:27D'accord.
02:28Inopérant, c'est-à-dire l'obliger à demander aide et assistance,
02:32ce qui est évidemment un peu ridicule.
02:33Général Sidos, quels sont nos moyens justement pour faire face,
02:36moyens militaires pour faire face à une attaque de drones russes ?
02:39J'ai envie de dire où est la police, mais dans le cas d'un conflit, on dit que fait
02:43l'OTAN ?
02:44L'OTAN a déjà réagi depuis longtemps.
02:45Il y a une mission en Méditerranée qui s'appelle 6 gardiennes, la gardienne de la mer,
02:49et qui coordonne un peu les activités des différentes flottes.
02:53Donc là en l'occurrence, flotte italienne, flotte française et flotte espagnole.
02:57Alors on a forcément, on a des frégates de haute mer, on a des patrouilleurs de haute mer,
03:01les Italiens aussi, on a des avions, on a des atlantiques de patrouilleurs en mer,
03:06on a beaucoup de choses quand même.
03:08Mais on peut les intercepter en plein vol aussi ces drones ?
03:11Parce qu'ils sont envoyés de...
03:12Alors déjà, à partir du moment où on sait qu'il y a une menace,
03:14et de toute façon, ces portes containers sont surveillées.
03:16Ces pétroliers de la Shadow Fleet, de la flotte fantôme, sont largement surveillés.
03:20Il y en a qui ont été arrêtés raisonner.
03:22Donc on sait très exactement quel est leur itinéraire et leur route.
03:26Et leur cargaison ?
03:27Alors leur cargaison, il faut les vérifier.
03:28C'est pour ça qu'il y en a qui ont été interceptés.
03:31Alors on a des équipes d'arraisonnement, on a des commandos marines, des hélicoptères,
03:33ça se fait beaucoup.
03:35Et ça, si on arrive effectivement à fouiller, à retrouver sur ces pétroliers,
03:40ces missiles Gerbera, mais si un missile est envoyé, un drone, vers Marseille ?
03:45Alors si un missile est envoyé, là c'est un acte de guerre, il faut être très clair,
03:48on était précis.
03:49Alors bon, on peut espérer effectivement que le système de surveillance permette d'observer,
03:53d'envoyer des avions de chasse pour l'intercepter, là l'occasion sera bonne.
03:56Et puis là, on est quand même dans un... on franchit une étape très lourde quand même.
04:00Parce que là, ça voudrait dire qu'il y a une signature.
04:02Autant tout ce qui s'est passé en France, même à Leipzig, c'est pas trop signé.
04:06Oui, mais pour quel serait l'intérêt des Russes de nous envoyer un drone ?
04:12En fait, l'idée c'est de dire qu'en multipliant ces types de menaces,
04:16il y a celle-là et il y en a beaucoup d'autres, il y a ce que disent les
04:18services danois par exemple,
04:19aujourd'hui aussi sur les risques de guerre hybride encore plus intenses
04:25dans les prochains mois et dans les prochaines semaines.
04:27L'idée c'est de dire qu'il faut, en quelque sorte, créer les conditions
04:34pour que les pays européens qui aujourd'hui soutiennent l'Ukraine,
04:36y compris dans une certaine mesure militairement,
04:39soient dans l'obligation de se concentrer sur autre chose.
04:42Et donc détournent les moyens et les regards de l'Ukraine
04:46pour que la Russie soit davantage libre de ses mouvements.
04:49Il y a un enjeu ukrainien très clair dans tous ces mouvements.
04:52Oui, mais cette menace finalement renforce la détermination de ceux qui disent
04:57il faut aider l'Ukraine, il faut continuer à l'aider.
05:00C'est partagé.
05:01C'est partagé parce que vous avez dans l'opinion une fraction importante
05:06de gens qui craignent l'escalade, qui se disent bon, il y a un drone,
05:11certes on le descend, mais après on fait quoi et quelle est l'étape d'après ?
05:16Et là je pense que les Russes pensent à tort, je partage votre point de vue,
05:21les Russes pensent à tort qu'ils peuvent faire dissocier la coalition des volontaires.
05:25C'est ce que le président Macron avait retenu comme formule,
05:28coalition des volontaires, c'est une belle formule, si les Russes arrivent à disperser
05:34ou à dissocier cette coalition, ce serait pour eux une victoire politique.
05:39Gérard Longuet, vous savez qu'en France il y a un débat, il y a certains partis qui disent
05:42qu'il faut arrêter de soutenir l'Ukraine ou en tout cas il faut négocier avec Poutine.
05:47La moitié des voix recensées par les sondages pour les présidentielles entre le RN et l'FI
05:53sont hostiles à la solidarité avec l'Ukraine.
06:00Maintenant la question n'est pas posée exactement comme cela.
06:03Et je suis persuadé que des gens de droite qui votent RN n'ont pas envie de voir les Russes
06:09faire la loi en Europe, j'espère en tous les cas.
06:13Mais pour l'instant, oui, oui, le débat va s'accentuer au moment de la présidentielle.
06:18Est-ce que les Russes jouent avec ça ?
06:20Oui, tout à fait.
06:21Pour nous déstabiliser ?
06:22Tout à fait.
06:22De l'ingérence et de la déstabilisation ?
06:24L'ingérence, la déstabilisation, c'est la formule, est connue maintenant, c'est la guerre hybride,
06:28c'est-à-dire qu'on empoisonne l'existence de ses adversaires,
06:34ou plus exactement, on s'efforce d'isoler son adversaire principal, l'Ukraine,
06:39de tous les soutiens possibles, c'est-à-dire les 27 Européens.
06:45Manifestement, ça ne marche pas pour l'instant, et je pense, comme vous, que ça ne marchera pas plus.
06:50Mais vous ne pouvez pas les empêcher d'y réfléchir.
06:52Je voudrais comprendre quand même le mécanisme de cette flotte fantôme.
06:55Alors, elle est chargée de sortir du pétrole, aussi de faire passer du pétrole.
06:59Mais ces drones qui seraient à bord de ces bâtiments,
07:02qui sont en pièces détachées, qui donne l'ordre de les embarquer ?
07:06Quel est l'ordre de mission ?
07:08Vous voyez, j'essaie de comprendre le scénario, Thierry et Général Sidos.
07:13Oui, alors, ces vaisseaux fantômes, par définition,
07:16ils ont une chaîne de commandement qui a vocation à être obscure.
07:19Je l'ai dit, bien sûr.
07:22Ensuite, qui donne l'ordre ?
07:24Ce sont les responsables militaires russes,
07:28qui, effectivement, gèrent le chargement et l'utilisation des armes
07:33qui seraient embarquées à bord de ces navires,
07:34qui, d'ailleurs, ne sont pas forcément, nécessairement, non plus, des pétroliers.
07:37Ça peut être aussi un porte-compteure.
07:39Bien sûr, bien sûr.
07:40Général.
07:40Oui, alors, il était même apparu que certains de ces bateaux russes de la flotte fantôme
07:44étaient escortés par des bâtiments de guerre russes.
07:47Il y en a eu un dans la Manche, il y en a eu dans la mer du Nord.
07:50Et, bon, avec tous les blocages qu'il y a avec les marines de la Royal Navy
07:54et la marine nationale dans la Manche,
07:56les bateaux russes en sont arrivés à contourner par l'Écosse, par le Nord de l'Écosse, le passage.
08:03Donc, vous voyez, ça les gêne énormément.
08:05Il est bien évident que tous ces bateaux obéissent à des ordres totalement ministériels.
08:08L'État-major est sur la photo, comme on voit juste derrière vous.
08:12Ça, c'est évident, parce qu'il rentre dans le schéma de la guerre.
08:14Tout ça, c'est coordonné.
08:15C'est civil ou militaire, bien évidemment.
08:17Alors, si c'est un signal d'alerte, on y croit, on n'y croit pas, peu importe.
08:20Il faut avoir les mesures pour y répondre.
08:22Oui, bien sûr.
08:22Non, mais d'accord, mais la CIA a des grandes oreilles et des yeux partout.
08:28Mais comment est-ce qu'elle arrive à déterminer ça ?
08:31C'est-à-dire, est-ce qu'elle passe par des canaux officieux, des canaux officiels ?
08:35Comment est-ce qu'elle prévient ensuite l'ensemble des services de renseignement étrangers ?
08:39Il ne vous aura pas échappé qu'il y a quelques jours,
08:42le patron de la CIA a pris son avion pour aller à Moscou.
08:44Je m'en souviens, oui.
08:46Donc, il n'est pas allé passer un week-end de loisirs.
08:48Il est allé pour délivrer un certain nombre de messages.
08:51D'accord.
08:51En disant, écoutez, on sait un certain nombre de choses.
08:54Voilà.
08:55Exactement.
08:56C'est ça.
08:56Donc, que Vladimir Poutine et les généraux se le tiennent pour dit, quoi.
09:00C'est ça ?
09:01Oui.
09:01Voilà ce qu'on sait.
09:02Voilà ce que l'on sait de vos intentions.
09:04Et voilà ce que l'on suggère que vous entendiez.
09:07Oui, mais est-ce qu'on saura se coordonner à ce moment-là, nous, les Européens ?
09:10Est-ce que tout le monde est au courant du scénario ?
09:13Est-ce que c'est sur la table ?
09:14C'est un devoir absolu.
09:16Et c'est exactement le sens du pays européen de l'OTAN,
09:19pour autant qu'il fonctionne, ou de la coalition des volontaires.
09:21Surtout depuis l'affaire du drone, pardon M. Longuet,
09:23mais depuis l'affaire du drone sur l'aéroport de Leipzig.
09:25Absolument.
09:26Donc là, c'était quand même un sacré avertissement.
09:27Absolument.
09:28Mais l'idée est toujours la même.
09:30C'est d'entretenir une tension dans l'opinion
09:35pour laisser à penser que la coalition peut se dissocier
09:40et donner une crainte aux Ukrainiens,
09:45crainte d'avoir une solitude et une défection de leur soutien.
09:49Je crois que ce n'est pas militaire, c'est totalement psychologique
09:53pour amener les gouvernements sous la pression des opinions
09:58à prendre leur distance.
09:59Ça ne marchera pas.
10:00Mais cette guerre en Ukraine aura quand même démontré
10:03qu'aujourd'hui, le drone, c'est essentiel dans une guerre.
10:07C'est vraiment l'arme d'aujourd'hui.
10:10Oui, c'est vraiment la grande crainte.
10:11Au niveau opérationnel, sur le front du Donbass,
10:13effectivement, ça bloque tout.
10:14Mais en l'utilisant intelligemment,
10:17les Ukrainiens ont réussi, entre août et septembre,
10:20à mener une contre-offensive.
10:21C'est une arme nouvelle, mais intelligemment utilisée.
10:25Ce n'est pas pire que l'artillerie ou les mitrailleuses en 14-18
10:27ou l'aviation en 14-20.
10:28Donc on arrive à gérer.
10:30Ça, c'est une chose.
10:308 500 euros, le drone Général Sido, le drone Girbera.
10:338 500 euros, charge d'explosifs 5 kg.
10:36Si vous visez bien, ça peut faire des dégâts considérables.
10:39Vous voyez, 2,5 mètres de long, 160 km heure portée de 600 km.
10:43Pardonnez-moi, un petit rappel,
10:45c'est qu'on n'utilise pas l'aviation
10:46dans le conflit entre l'Invasion de l'Ukraine par la Russie.
10:53L'aviation est absente.
10:55Si, dans un cas de figure de guerre ouverte à forte intensité,
10:59l'aviation est présente, le drone à ce moment-là,
11:01et ceux qui les servent sont dans une autre situation.
11:04Deuxième remarque, et les Allemands le savent,
11:08à l'Est, c'est quand même une grande plaine.
11:11Jusqu'à l'Oral, il n'y a pas de montagne.
11:12Donc c'est vraiment la guerre des chars qui s'impose.
11:16Et en la matière, le drone est assez vite dépassé.
11:20Le drone, il est bien quand vous avez des combattants
11:22qui sont enterrés dans des postes, des postes de combat,
11:26dans des trous, dans des tranchées.
11:29Mais à partir du moment où il y a un mouvement
11:31avec une force terrestre offensive,
11:36le drone, le char, il est mobile.
11:41Il n'est pas en train d'attendre de recevoir un pélo.
11:44Il bouge tout le temps.
11:45Et à ce moment-là, il n'est pas certain que le drone ait les mêmes capacités.
11:48Il n'est pas en train d'attendre de recevoir un pélo.
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