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  • il y a 4 minutes
Dans cette vidéo, Rémi Guezodje, journaliste à Télérama vous emmène à la Cité de la musique de Paris pour explorer tout l'univers créatif de l'artiste maroco-britannique Hassan Hajjaj. Photographe, styliste, plasticien, son œuvre fusionne avec audace l'imagerie pop occidentale et les traditions culturelles du Maghreb. Naviguant entre Londres et Marrakech, il détourne les objets du quotidien et les logos de luxe, il propose une vision multiculturelle et hybride qui décape les clichés les plus tenaces. Une approche accessible et populaire, mettant en avant aussi bien des célébrités mondiales que de ses proches ou des anonymes de la rue. Une exposition vitaminée, à voir jusqu’au 25 avril 2027.
Transcription
00:00Cette femme sur sa moto devant une natte bleue avec son foulard rouge et puis tous ses bijoux,
00:05vous la reconnaissez ? En fait c'est Madonna et si vous ne l'avez pas reconnue c'est normal.
00:09Elle est cachée derrière tous les codes de la photo de Hassan Ajaj qu'on voit avant même de voir
00:13la célébrité.
00:14C'est une identité très forte, on peut reconnaître les boîtes de conserve
00:17et puis cette moto qu'il utilise lui-même pour se déplacer à Marrakech et ailleurs.
00:37Hassan Ajaj c'est un photographe anglo-marocain qui passe son enfance dans les années 60 au Maroc
00:43avant de partir au tout début de son adolescence vivre à Londres, qui est une ville très importante pour lui
00:49dans laquelle il va se mettre à organiser des fêtes techno dans sa jeunesse.
00:54Il va fédérer un certain nombre d'artistes à ce moment-là et il va aussi se mettre à prendre
00:57en photo ses amis,
00:58ce qui vont devenir deux piliers très très importants de son oeuvre,
01:03la photo d'un côté et la musique de l'autre.
01:11Ce que j'aime bien dans ce portrait du duo malien musical Amadou et Mariam,
01:16c'est qu'on comprend bien comment Hassan Ajaj est un styliste,
01:20il joue vraiment avec le vêtement, avec les textures.
01:23Donc là c'est par exemple Mariam porte une tenue qu'il fait porter à plusieurs de ses modèles
01:28et qui est très importante pour lui et on voit comment il crée de la profondeur avec le contraste de
01:33motifs,
01:34donc là les poids face aux étoiles et face à la natte qui encadre la photo.
01:38Donc on voit que c'est une pensée vraiment visuelle, hyper picturale du portrait.
01:43Dans cette photo, on ressent aussi l'ambiance festive de la prise de vue
01:48parce qu'Hassan Ajaj travaille toujours dans des ambiances d'effervescence avec ses amis,
01:52que ce soit dehors, que ce soit en studio, il y a toujours de la joie
01:57et c'est très très important pour lui de créer dans ces conditions-là.
02:08C'est intéressant parce qu'il a à la fois photographié des grands stars
02:12mais aussi des personnes qui sont très chères à son cœur.
02:15Donc là c'est des musiciens traditionnels qui font de la musique qu'on appelle Gnawa,
02:19qui est un mélange de rites religieux et de musique.
02:22Il a essayé de traduire la force de cette culture-là par la couleur.
02:27C'est pour ça qu'il a choisi des couleurs hyper fortes comme le rouge, le vert, le jaune
02:32et à chaque fois hyper saturées, toujours en contraste avec ses fonds qu'on lui connaît bien.
02:36Donc là c'est des nattes qu'il a trouvées à Marrakech.
02:38Cette culture-là lui est importante parce qu'elle est née chez des descendants d'esclaves au XVIe siècle.
02:44C'est une culture de l'émancipation par la musique et par l'art
02:48qui va essayer de reproduire lui-même dans ses images.
02:56Derrière cet aspect-là très plaisant visuellement,
02:59il y a aussi une vision politique qui passe par plusieurs choses.
03:02D'abord l'idée qu'il ne s'empêche pas de mélanger des cultures très différentes,
03:06que ce soit la culture traditionnelle marocaine ou la culture contemporaine marocaine
03:11avec la culture techno anglaise ou le hip-hop américain.
03:15Donc ça c'est une revendication d'une société mélangée,
03:19sa manière de voir le monde, de lui vivre, de traverser.
03:29Les boîtes de conserve de mortadelle de bœuf qu'on voit là,
03:32c'est aussi une des caractéristiques de la photo de Hassan Ajaj.
03:36Il les utilise dans beaucoup de photos pour les encadrer.
03:39Et c'est hyper important pour lui en fait parce que ce sont des objets du quotidien
03:43que chacun pourrait reconnaître et que chacun a dans les placards de sa cuisine.
03:47et ça l'aide à créer un sentiment de familiarité entre la personne qui le représente
03:51et puis la personne qui regarde la photo.
03:53C'est aussi une référence à Andy Warhol, son ami, le chanteur algérien Rachita,
03:59le surnommé même Andy Wallou, ce qui veut dire « j'ai rien du tout » en Darija,
04:04comme une manière un petit peu amusée de dire qu'en fait il y a une différence
04:08entre Andy Warhol qui était associé à cet univers du glamour new-yorkais
04:13et à San Ajaj qui a un rapport beaucoup plus direct et beaucoup plus simple
04:16à ces modèles.
04:17Et ce que moi je trouve assez touchant dans ces photos,
04:20c'est que derrière l'aspect flamboyant, presque criard des images,
04:25il y a un lien presque intime qui se crée avec la personne qui le regarde,
04:28c'est-à-dire qui crée un sentiment de familiarité, on se sent comme chez soi,
04:32on reconnaît les conserves, on reconnaît certains vêtements,
04:35on se reconnaît aussi soi dans les images.
04:36Et donc c'est une vision de l'art finalement assez simple,
04:41assez familière et assez détendue.
04:46Sous-titrage Société Radio-Canada
04:57Sous-titrage Société Radio-Canada

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