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Chaque week-end, Sami Sfaxi vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00De retour sur BFM TV et je suis très heureux d'accueillir sur ce plateau Jean-Luc Bourlange.
00:05Merci, bonsoir monsieur, merci d'être avec nous.
00:08Vous êtes l'ancien président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale.
00:12On vous a souvent entendu, invité d'ailleurs sur ce plateau pour commenter et décrypter l'actualité internationale que vous
00:18connaissez parfaitement.
00:20Et avec moi bien sûr Thierry Arnaud et également Guillaume Ancel que je suis très heureux de retrouver.
00:24Lieutenant-Colonelle Guillaume Ancel, ancien officier et écrivain, auteur du site d'information Ne pas subir.
00:29Alors d'abord cette question très directe Jean-Luc Bourlange, on va voir dans un instant ce qu'a dit
00:35Emmanuel Macron cette semaine sur la menace russe.
00:38Regardez, ces dernières semaines la menace hybride russe à l'égard des Européens et de la France s'est intensifiée.
00:45Une attaque russe pourrait-elle avoir lieu sur le sol français ?
00:48Oui, a affirmé Emmanuel Macron sans détour.
00:52Comment est-ce que vous avez vécu en tout cas cette phrase du président de la République ?
00:57Techniquement, je ne sais pas très vite, je n'ai pas de qualité pour me prononcer sur l'imminence de
01:03la menace réelle.
01:04Mais je crois qu'il est extrêmement clair depuis des années que la Russie de Poutine est profondément engagée dans
01:12un combat contre l'Europe occidentale et contre l'OTAN.
01:15Alors l'OTAN c'est quelque chose d'un peu évanescent en ce moment.
01:18L'Europe occidentale en revanche résiste, ça passe par l'Ukraine et nous sommes simplement depuis maintenant plus de 4
01:28ans que cette guerre est engagée avec l'Ukraine.
01:32Cette guerre a duré plus que la première guerre mondiale et nous en sommes encore au balbutiement de la montée
01:39en puissance
01:40qu'imposerait une résistance organisée à la menace russe.
01:46Et effectivement, cet état d'insécurité de l'OTAN, puisqu'on ne sait pas où en sont les États-Unis,
01:53ce manque de montée en puissance militaire et un désarroi des opinions publiques
02:01qui se manifeste par le succès de partis profondément acquis à la coopération, la collaboration avec les Russes en France,
02:12en Allemagne.
02:13– Vous pointez qui ? Le Rassemblement national ?
02:16– Le Rassemblement national, c'est évident, je crois qu'il y a LFI également,
02:22mais le Rassemblement national, c'est extrêmement clair, il est tout à fait significatif
02:26que Mme Le Pen est tenue dans une émission sur LCI, si je me rappelle bien,
02:33est tenue à dire qu'elle allait arrêter l'aide à l'Ukraine.
02:37– C'était à l'occasion de bien se dire.
02:38– Or c'est quelque chose qui est, pour elle, pénalisant électoralement.
02:41– On va l'écouter dans un instant d'ailleurs.
02:43– Oui, mais en revanche, alors quand elle dit après,
02:46nous faisons un petit virage et nous sommes contre les Russes, ça ne veut rien dire.
02:51Car là, c'est comme l'amour, ce qui compte c'est des preuves d'amour,
02:54et on sait bien que si la France se retire de l'aide à l'Ukraine,
02:58c'est l'ensemble de la coalition des volontaires qui s'effrite,
03:02et c'est une marque de dislocation du front de résistance à la Russie européenne.
03:09C'est donc extrêmement grave.
03:11– On a justement cet extrait, on va l'écouter et ensuite on y revient.
03:14– Nous ne pouvons plus aider financièrement l'Ukraine.
03:19– Combien ?
03:20– Mais nous le regrettons.
03:22Par ailleurs, nous pouvons, je l'ai encore une fois rappelé,
03:26nous pouvons continuer à former leurs soldats,
03:28nous pouvons former leur hiérarchie militaire,
03:32nous pouvons leur accorder des aides matérielles,
03:35et notamment en termes de matériel militaire,
03:38mais nous n'avons plus les moyens.
03:40– Je rappelle, nous n'avons plus les moyens,
03:42je rappelle que Marine Le Pen pourrait être à l'Elysée dans les prochains mois.
03:46Est-ce que cette déclaration, elle vous inquiète Jean-Luc Branche ?
03:48– Elle est folle d'abord, on n'a pas les moyens.
03:50L'aide à l'Ukraine, je parle sous l'autorité de…
03:54– De Diomancelle.
03:55– De Diomancelle, mais l'aide à l'Ukraine représente quelque chose
04:00d'extraordinairement limité par rapport à l'ensemble de nos déficits.
04:04Les propositions alternatives qu'elle met en avant sont de pures leurs.
04:10C'est évident que ce qu'elle veut dire,
04:12c'est que la France se désengagera de toute solidarité effective
04:18à l'égard de l'Ukraine.
04:20Or, il y a une chose qui est apparue au cours des dernières années,
04:23c'est qu'au début du conflit avec l'Ukraine,
04:27nous étions les alliés,
04:29nous étions ceux qui soutenaient l'Ukraine dans sa résistance aux Russes.
04:33Maintenant, compte tenu des formidables progrès de l'armée ukrainienne,
04:39sa capacité de résistance,
04:40c'est la première armée d'Europe occidentale face à la Russie.
04:45Si nous la laissons tomber,
04:47notre situation qui est déjà un peu fragile vis-à-vis des Russes
04:50devient absolument dramatique.
04:52– Ça va donner le champ libre, Diomancelle.
04:53– Ce sont nos intérêts.
04:55Nous ne défendons pas les intérêts ukrainiennes,
04:57nous les défendons aussi,
04:58mais soutenir l'Ukraine, c'est soutenir la France.
05:01– Oui, Diomancelle.
05:02– Les propos de Marion Le Pen,
05:04parce qu'elle ne s'appelle pas Marine,
05:05elle s'appelle Marion,
05:06sont extrêmement inquiétants.
05:08Parce qu'on a l'impression qu'elle ne sait pas
05:11ou qu'elle ne veut pas se rappeler
05:12que d'une part, le Rassemblement national
05:14n'a jamais accepté de financer l'Ukraine.
05:17Donc quand elle dit, on n'a plus les moyens de le faire,
05:19elle devrait rajouter, on ne l'a jamais fait.
05:21Donc ça ne va rien changer de sa part.
05:24Et par ailleurs, quand elle parle de la formation des militaires,
05:27on pourrait former quelques militaires ukrainiennes.
05:28Si elle connaissait un tout petit peu ce qui se passe en Ukraine,
05:32elle saurait qu'aujourd'hui, ce sont les Ukrainiens qui nous forment.
05:34C'est-à-dire que c'est eux qui nous permettent d'aller notamment
05:36sur la technologie des drones,
05:39qui est la technologie qui nous inquiète le plus.
05:41Ce qui veut dire qu'elle est dans une inversion totale des réalités.
05:44Donc soit elle ne connaît rien.
05:45– Qu'est-ce qu'elle cherche à faire alors en disant ça ?
05:46– Soit elle camoufle sa connivence avec Poutine,
05:50parce que je rappelle que depuis presque cinq ans de guerre en Ukraine,
05:54le Rassemblement national, aussi bien en France qu'au niveau des députés européens,
05:58vote systématiquement contre l'aide et quelque part pour la politique de Poutine.
06:02Au même titre que Jean-Luc Mélenchon, pour l'EFI,
06:06nous tient un discours complètement hallucinant d'inversion des réalités,
06:10en nous disant la semaine dernière,
06:11mais en fait c'est peut-être l'Ukraine qui a attaqué Moscou.
06:14Donc on a l'impression qu'on a des extrémistes qui ont des peaux de saucisson sur les yeux.
06:18Ou alors ils se moquent de nous.
06:20– Thierry ?
06:20– Non, vous posez juste un mot.
06:22Vous posez une question qui est très importante.
06:24Pourquoi fait-elle ça ?
06:24C'est très simple.
06:26Elle envoie un signe, un signal à Vladimir Poutine.
06:29« Vous pouvez compter sur moi. »
06:31C'est ça le...
06:31Ensuite, elle n'a pas besoin de dire autre chose.
06:34Elle peut dire ses âneries par ailleurs.
06:36Mais c'est ça le message.
06:37C'est ça le cœur du message extérieur de Mme Le Pen.
06:42– Pourtant elle s'en défend Thierry, c'est vrai.
06:43– C'est bien sûr qu'elle s'en défend.
06:45– Le cœur du débat politique, il doit être le suivant.
06:49Qu'est-ce qu'on défend quand on défend l'Ukraine ?
06:51Et qu'est-ce qu'on aide ?
06:51Qui est-ce qu'on aide ?
06:52Et qu'est-ce qu'on aide quand on aide l'Ukraine ?
06:56Si vous partez du principe que lorsqu'on défend l'Ukraine
06:59et lorsqu'on aide l'Ukraine,
07:01on se protège d'une menace,
07:04on lutte contre une menace qui est une menace existentielle
07:07pour l'Europe en général et pour la France en particulier,
07:09que d'une certaine manière, ce qui se joue en Ukraine,
07:12ce sont des intérêts vitaux pour l'Union européenne
07:15et donc pour la France,
07:17dans ce cas-là, vous allez au bout de votre logique
07:18et vous aidez l'Ukraine.
07:21Si vous considérez que finalement,
07:23ce qui se passe en Ukraine,
07:24c'est un peu plus loin à l'Ouest,
07:28à l'Est pardon,
07:29c'est pas l'OTAN, ça ne nous concerne pas
07:31et que si après tout,
07:33Vladimir Poutine prend le contrôle du Donbass
07:35et ce n'est pas si grave que ça,
07:37vous allez aussi au bout de votre logique
07:39et vous dites, dans ce cas-là,
07:41on peut tout à fait interrompre l'aide financière à l'Ukraine.
07:44Mais vous voyez, je pense que derrière ça,
07:46il ne faut jamais oublier qu'il y a
07:50une prise de position sur
07:52est-ce que les intérêts vitaux de la France
07:54sont engagés ou pas dans cette affaire.
07:54Mais alors, elle répond aussi peut-être
07:56à un certain nombre de Français
07:58qui se disent tout simplement,
08:00voilà, moi je vois le prix à la pompe,
08:02je vois les états des finances du pays
08:05et je vois finalement cette aide,
08:09même si elle est, c'est vrai, assez faible,
08:10quelques centaines de millions
08:11ou de milliards par an pour l'Ukraine.
08:16Est-ce qu'elle ne répond pas à ça aussi, Marine Le Pen ?
08:18Alors, en fait, il faut se souvenir
08:20que c'est elle qui fait le lien
08:23entre la crise du carburant
08:25et la guerre en Ukraine.
08:26Pardon, mais ce n'est pas ça
08:27qui a déclenché cette crise du carburant,
08:29c'est la guerre contre l'Iran
08:30qui a déclenché de manière totalement irresponsable
08:34Donald Trump avec son ami Benjamin Netanyahou.
08:37Maintenant, on en paye les conséquences.
08:38D'ailleurs, on devrait se retourner
08:39contre Donald Trump en disant
08:41« tu nous dois des milliards
08:42à toutes les sociétés du monde,
08:43tu nous as fait perdre des milliards
08:45et on n'est pas prêts de sortir
08:46de l'affaire du détroit d'Hormuz
08:48qui est devenue une impasse Trump. »
08:51Donc, c'est Marine Le Pen
08:52qui fait le lien entre eux.
08:53En fait, si aujourd'hui,
08:54on a une crise du carburant
08:55qui touche tout le monde en France,
08:57c'est de la faute de notre aide à l'Ukraine.
08:59Mais c'est monstrueux de dire ça,
09:00ça n'a aucun rapport.
09:01Alors, bien sûr que l'Ukraine frappe
09:03sur des installations pétrolières en Russie,
09:06mais la Russie fait la même chose
09:07en sens inverse.
09:07Oui, mais ce qui se passe
09:08entre la Russie et l'Ukraine
09:10et les frappes ukrainiennes
09:11ont incontestablement un impact
09:12sur le marché mondial.
09:13Bien sûr, et ça, c'est une réalité.
09:17Mais j'aimerais juste qu'on revienne
09:19avec vous, Jean-Luc Bourlange,
09:21sur finalement cette réunion
09:22qui a eu lieu également à l'Elysée
09:24entre Emmanuel Macron
09:25et les différents chefs de partis.
09:27Emmanuel Macron qui a été,
09:28à en croire en tout cas les participants,
09:30très alarmistes sur la situation.
09:32On est passé d'une guerre hybride,
09:34cyber qui était, c'est vrai,
09:36assez loin dans l'esprit des Français,
09:39une menace réelle au quotidien,
09:41à ce qui s'est passé à l'Epsich,
09:43c'est-à-dire ce drone qui aurait pu faire
09:45des victimes sur le tarmac d'un aéroport,
09:47peut avoir lieu dans la capitale française,
09:52dans la capitale britannique.
09:54Voilà, ça, c'est une accélération,
09:56finalement, de la guerre et de la menace.
09:58Et c'est le président qui, selon vous,
10:00ne surjoue pas la situation ?
10:01Je ne sais pas s'il surjoue.
10:03Je ne crois pas que ce soit
10:03un problème psychologique.
10:05Ce que j'observe, c'est que la plupart
10:07des chefs militaires d'Europe occidentale
10:09sont sur cette ligne
10:10et nous alertent sur la possibilité
10:13et même l'imminence
10:14d'une agression russe
10:16qui pourrait prendre différentes formes.
10:18L'affaire d'Epsich est tout à fait significative.
10:21Si elle a échoué,
10:22c'est involontairement.
10:24Ils n'ont pas fait semblant
10:25de faire quelque chose
10:27en se retenant la main.
10:28Pas du tout.
10:29Ils ont fait une opération
10:31qui était sanglante,
10:32qui aurait été sanglante
10:33si elle avait réussi.
10:35C'était donc quelque chose de très grave.
10:36Très concret.
10:37L'idée est toujours la même.
10:39C'est de tester,
10:41d'être se situé
10:42en dessous de la ligne
10:44de solidarité des Européens
10:46et de voir où est cette ligne.
10:48Et là, on aurait fait quelque chose
10:50et on aurait vu,
10:51les Russes voulaient tester
10:53notre capacité
10:54à se mobiliser
10:56et à réagir.
10:57Donc la seule réponse,
10:58c'est très clair,
11:00soit on se situe
11:02au niveau
11:02que les Russes nous imposent,
11:04c'est-à-dire qu'on répond
11:08par des moyens appropriés.
11:09– Et on répond à quoi ?
11:10Un drone qui frappe
11:11justement l'aéroport de l'Égypte ?
11:13On répond à un drone
11:14qui frappe un aéroport en Russie ?
11:15– Techniquement,
11:15il y a plusieurs systèmes
11:16et la réponse principale,
11:19c'est de donner aux Ukrainiens
11:21des armes
11:22que jusqu'à présent,
11:23notamment les Allemands,
11:24etc.,
11:25ont refusé de leur donner.
11:26On n'est pas obligé
11:27de faire la même chose,
11:28d'envoyer un drone
11:30sur un aéroport russe.
11:33Mais on a des réactions possibles.
11:36Mais ce que les Russes testent,
11:38c'est notre capacité à réagir
11:40pour l'instant.
11:41Et il compte très simplement,
11:44c'est très très clair
11:45le calcul russe,
11:46il compte sur les changements politiques
11:47qui interviendront en France,
11:49en Allemagne,
11:50au Royaume-Uni.
11:52Et même,
11:53il compte aussi sur l'Italie
11:55parce qu'il y a des évolutions.
11:57Mélanie est assez seule
11:58dans son camp
11:59à vouloir résister,
12:02à la vanagne,
12:04etc.,
12:04les concurrences
12:05qui sont inquiétantes.
12:06Donc,
12:07le gouvernement belge
12:09est un peu faible,
12:10tous les gouvernements
12:12balkaniques,
12:13les Slovaques,
12:14etc.,
12:14sont faibles.
12:15On a effectivement
12:17regagné
12:17dans le camp européen
12:19la Hongrie récemment,
12:21mais on est très fragile.
12:22Donc,
12:22il attend.
12:23Il attend ce moment
12:24et à ce moment-là,
12:27effectivement,
12:28quelqu'un proposera
12:29une grande conférence
12:30de sécurité.
12:31Mme Le Pen
12:31dira,
12:32moi,
12:32je suis la grande géopoliticienne,
12:34je vais lui proposer
12:35une grande conférence
12:36de sécurité
12:37qui sera néoménitoire.
12:38Elle a réussi à convaincre.
12:39Elle a réussi à convaincre.
12:41Non,
12:41elle n'a pas réussi à convaincre.
12:43Vous avez,
12:44regardez ce qui s'est passé
12:45aujourd'hui.
12:46Vous avez le pape
12:48qui a réuni
12:49une foule
12:50qu'aucun homme politique,
12:51aucune femme politique
12:53n'est actuellement capable
12:54de réunir.
12:54Près de 800 000 personnes.
12:56Qu'est-ce que dit le pape ?
12:56Fondamentalement,
12:58nous sommes,
12:59nous défendons
13:00les valeurs
13:02européennes
13:03qui ont été les nôtres
13:04et qui sont aujourd'hui
13:05menacées
13:06des deux côtés
13:07par Trump,
13:08par cette oligarchie
13:10technologique
13:11et financière
13:12et également
13:13par Poutine
13:13puisqu'à la différence
13:14de son prédécesseur,
13:16il a clairement marqué
13:18que l'Ukraine
13:19était agressée
13:20et que la Russie
13:21était agresseur.
13:22Donc,
13:22on a
13:23un homme
13:24qui suscite
13:26l'enthousiasme
13:28chez les jeunes,
13:29etc.
13:29Donc,
13:30les gens,
13:30ils votent
13:32aujourd'hui
13:33pour Mme Le Pen,
13:34pas contre l'Ukraine,
13:36ils votent
13:36pour Mme Le Pen
13:37parce qu'ils en ont assez
13:39des dirigeants actuels,
13:40ils ne sont pas contents
13:41de la façon
13:42dont on leur donne,
13:44on ne les fait souffrir,
13:46enfin,
13:46on leur impose des impôts
13:47et ils ne sentent pas,
13:49alors ça,
13:50je parle pour ma chapelle,
13:51ils ne sentent pas
13:52dans ce qu'on appelle
13:53le bloc
13:53ou la plateforme centrale,
13:55quelqu'un
13:56qui puisse
13:56aujourd'hui
13:58leur donner
13:58une direction
14:00comparable,
14:01mutatis,
14:01mutandis,
14:02à ce que donne
14:03le pape
14:04sur le plan spirituel.
14:05– Oui,
14:05c'est vrai,
14:06c'est Guillaume Ancel.
14:07– La psych,
14:08l'attentat raté,
14:09la Russie,
14:10je rappelle
14:10qu'il n'a pas fonctionné
14:11uniquement
14:11parce que le détonateur
14:12n'a pas fonctionné.
14:13– On dit véritablement
14:14que le projet
14:15était de faire sauter
14:16si je ne le permette.
14:17ce n'était pas un projet,
14:17on a les images
14:18de trois drones militaires russes
14:20qui attaquent
14:21un avion cargo
14:21ukrainien civil
14:22sur un aéroport civil
14:24au cœur de l'Allemagne.
14:25Donc,
14:25on a toutes les preuves.
14:26– C'est un basculement.
14:27– Mais c'est un basculement.
14:29– Ah oui,
14:29c'est un tournant.
14:30C'est-à-dire que jusqu'ici,
14:31on était passé une menace
14:32ou plutôt d'attaque
14:33qui était camouflée,
14:34y compris les attaques cyber.
14:36Elles se faisaient toujours
14:37derrière des pare-feux
14:38qui permettaient
14:39de dire que ce n'était pas la Russie.
14:40Maintenant,
14:40il ne le fait même plus.
14:41La Russie attaque directement
14:43tous les jours
14:43tous les pays européens
14:44en termes cyber.
14:45C'est la première fois
14:46que c'est une opération militaire
14:49qui était menée directement
14:50contre un pays européen,
14:51sans même un proxy,
14:53sans un intermédiaire.
14:54Les Allemands,
14:54on a été tellement effrayés
14:56que c'est ça
14:57qui a déclenché
14:58le départ
14:59du directeur de la CIA,
15:00John Radcliffe,
15:01à Moscou
15:02pour aller dire aux Russes
15:03« Vous allez trop loin. »
15:04Et en plus,
15:05vous allez nous embarquer
15:05dans un conflit
15:06dans lequel on ne peut pas aller.
15:07Mais la question
15:08pour les Européens,
15:09c'est comment on riposte ?
15:10Alors,
15:11il y a un premier volet
15:12de la riposte,
15:13c'est ce qu'a annoncé
15:14le président Macron en France,
15:15mais c'est comme ça
15:15dans tous les pays européens.
15:16D'abord,
15:17comment on se protège ?
15:18Et là,
15:19on découvre
15:19qu'on ne sait pas très bien
15:21détecter les drones
15:22et qu'on sait encore moins
15:22les intercepter
15:23et qu'il faut durcir
15:24nos installations
15:26contre les attaques cyber
15:27et contre les sabotages.
15:28Vous avez vu,
15:28aujourd'hui,
15:29on a parlé d'assaut
15:30qui est emmerdé
15:31par des histoires
15:31où on ne sait pas très bien
15:32ce qui s'est exactement passé.
15:33Sur le sabotage
15:34autour d'un rafale.
15:35On est sensible
15:36au sujet de sabotage.
15:38Et puis,
15:38l'autre sujet,
15:39c'est de monter
15:40une opération militaire spéciale
15:41pour défendre l'Europe.
15:43On se souvient
15:43que Poutine
15:44s'est réfugié
15:45derrière cette histoire
15:46d'opération spéciale
15:47qui allait durer trois semaines,
15:48sauf qu'elle dure presque
15:48depuis cinq ans.
15:49On n'est qu'à cinq mois
15:50des cinq ans de cette guerre.
15:52Et du coup,
15:52comment est-ce qu'on fait
15:53pour y passer ?
15:54Pas déclencher une guerre
15:55contre une puissance nucléaire.
15:56Mais par contre,
15:57il faut armer
15:58beaucoup plus l'Ukraine,
15:59comme l'a dit Jean-Louis
16:00tout à l'heure,
16:01pour qu'elle,
16:01elle puisse renvoyer
16:03cette guerre chez Poutine
16:03et l'obliger à une négociation.
16:05De toute façon,
16:06cette guerre ne pourra
16:06se terminer
16:07que par une négociation
16:08parce que c'est
16:09une impasse militaire.
16:10Mais aujourd'hui,
16:11Poutine caresse encore
16:12l'espoir d'écraser l'Ukraine,
16:14surtout si Trump
16:16lui donne le signe
16:16qu'il n'interviendra pas.
16:18Et surtout,
16:18en plus,
16:19s'il y a les changements
16:21que tout le monde
16:22voit venir aujourd'hui
16:24dans les équilibres politiques
16:25de l'Europe occidentale.
16:27Donc,
16:27c'est là où nous sommes
16:29très, très, très vulnérables.
16:31En réalité,
16:32nous sommes puissants
16:34économiquement.
16:35Nous sommes démographiquement
16:36relativement solides,
16:37même si ce n'est pas
16:38très, très brillant.
16:39– On répète quand même
16:40à longueur de journée
16:41que ce n'est pas le cas.
16:42– Nous sommes distancés
16:42par les États-Unis,
16:44mais nous avons quand même
16:44des ressources.
16:45Mais ce que nous n'avons
16:46absolument pas,
16:48c'est deux choses,
16:49la volonté de résister
16:52et deuxièmement,
16:54la volonté de résister
16:55ensemble.
16:56C'est pour ça,
16:57c'est les deux points faibles.
16:59Ça fait, moi,
17:00cinq ans,
17:01puisqu'on est près,
17:02tu as raison de le dire,
17:04on est près de cinq ans
17:07engagés dans cette lutte.
17:08Ça fait cinq ans
17:08que je m'indigne
17:09sur tous les plateaux,
17:10dont celui-ci,
17:11en disant,
17:11mais pourquoi ne se réveille-t-on pas ?
17:15History is on the move,
17:16comme disait l'autre.
17:17L'histoire est engagée.
17:18Nous sommes maintenant
17:19dans un monde
17:20qui ne ressemble en rien
17:22à celui que nous avons connu
17:24sous la guerre froide
17:26et que nous avons faim
17:27de croire vrai
17:29au lendemain
17:30de la fin de la guerre froide.
17:32Nous sommes dans un monde
17:33terriblement dangereux
17:34où nous sommes menacés
17:36de tous côtés
17:37par les États-Unis,
17:38technologiquement,
17:39commercialement
17:40et philosophiquement,
17:42par les Russes,
17:44par les Chinois
17:45sur le plan économique
17:46et commercial,
17:47où nous sommes
17:48dans une situation
17:49où on a fait nos valises
17:51en Afrique.
17:52Nous avons donc
17:53une situation
17:53de grand désarroi.
17:56Il ne s'agit pas de dire
17:57que c'est la peau de Macron
17:58ou que c'est la peau de Macron.
18:00C'est-à-dire,
18:00on est puissant,
18:01mais pour autant,
18:02on n'y arrive pas.
18:03Oui, parce que c'est
18:04une question de volonté.
18:05Quand on voit le débat,
18:06ça m'a frappé
18:07depuis la dissolution en France,
18:09les débats sont débiles.
18:11On ne parle que
18:13à qui va faire
18:15un petit effort
18:15sur le chômage,
18:17est-ce qu'on fait
18:17les retraites,
18:18pas les retraites, etc.
18:19Des débats de bout de chandelle,
18:23en réalité,
18:24au regard de l'histoire.
18:25Et on ne se situe pas
18:26face aux grands enjeux.
18:28Comment relever
18:29le défi technologique
18:30qui nous est imposé
18:31par les Chinois
18:32et les Américains ?
18:33Comment relever
18:34le défi militaire
18:35qui nous est imposé
18:36par les Russes ?
18:39Comment faire face
18:40intelligemment
18:41au problème
18:42de l'immigration ?
18:43Pas avec des slogans
18:44stupides,
18:45mais intelligemment.
18:47Comment résister
18:48intelligemment
18:49et fortement
18:49aux crimes organisés ?
18:51Vous êtes très critique
18:51en tout cas.
18:53Comment intégrer
18:54nos immigrés ?
18:55Nous avons
18:56un immense chantier
18:58devant nous,
18:58mais ne croyons pas
19:00que nous ferons
19:01tout ça
19:01sans effort.
19:03Je ne dis pas
19:03sans sacrifice,
19:04je ne parle pas
19:05de sueur,
19:06de sang et de larmes
19:07comme Churchill
19:08en 1940.
19:09Mais les Français,
19:10ils ont l'impression,
19:11ils ont cette impression
19:11aussi de faire un effort.
19:12Quand ils vont
19:13à la pompe
19:13et qu'ils voient
19:14le prix du diesel
19:15à 2,50 euros,
19:16l'effort,
19:17il est là aussi.
19:18Ils ont cette impression-là.
19:19Regardez,
19:20c'est très intéressant
19:21cette affaire du pétrole,
19:22c'est effectivement dramatique
19:23pour un certain nombre
19:24de professions
19:25et je crois qu'il faut
19:26les aider.
19:27Mais le vrai problème,
19:28si on doit aider les gens,
19:30qui paye ?
19:30Nous sommes à l'os,
19:32nous n'avons plus d'argent,
19:33donc si les gens
19:35doivent payer,
19:36ça sera nous.
19:37On avait ça en 1976,
19:38l'impôt sécheresse.
19:39Personne n'imagine
19:41une chose pareille.
19:42Et sinon,
19:43et c'est là
19:43où le président Macron
19:44avait raison
19:45de poser le problème
19:46en ces termes,
19:47la cause de cette pénurie,
19:50elle est géopolitique,
19:51donc il s'agit de trouver
19:53des réponses géopolitiques.
19:54Alors,
19:54il s'engage dans une affaire
19:56avec l'Arabie saoudite,
19:57il s'engage là-dessus
19:58avec les Britanniques,
19:59ce sont des intérêts européens
20:02et il faut essayer,
20:04au lieu de poser
20:06une sorte de procédé magique,
20:07on va abolir le problème,
20:09il faut avoir
20:11une attitude stratégique,
20:12nous en sommes là
20:13parce que nous n'avons pas
20:15libéré suffisamment,
20:17pas garanti...
20:17En quelques secondes,
20:18Guillaume Morcel,
20:19j'ai fini.
20:20J'étais trop long,
20:21j'ai fini.
20:21Ah non, non,
20:21mais c'était pas fait
20:22dans quelques secondes.
20:23Juste,
20:23le lien est très fort
20:24entre les différents conflits,
20:26bien sûr,
20:26d'ailleurs on voit
20:27que la Russie joue un rôle
20:27aussi bien en Iran
20:28qu'en Ukraine,
20:30mais en réalité,
20:31pour la société française,
20:32on sera obligé
20:33de faire les deux.
20:34C'est-à-dire que d'une part,
20:35il faut répondre
20:35à l'attente sociale très forte
20:37et aux professions
20:37qui sont en difficulté
20:38à cause de cette crise du pétrole
20:40et d'autre part,
20:41ce que Jean-Louis décrit
20:42très bien en termes
20:42de stratégie internationale,
20:44n'aura d'effet
20:45qu'à moyen terme.
20:46Par conséquent,
20:47il faut trouver un moyen
20:47de tenir à court terme
20:49parce que cette crise
20:50risque de durer.
20:51Et c'est tout l'enjeu.
20:51Merci infiniment,
20:52Jean-Louis Bourange,
20:53d'être venu sur ce plateau.
20:55C'était passionnant.
20:56Je ne sais pas
20:56si c'était très rassurant
20:57pour tout vous dire.
20:58Si, si.
20:59Mais en tout cas...
21:00Comme on dit
21:02dans le pays de Côte,
21:03quand j'étais dans le pays de Côte,
21:04si on a la moelle,
21:05ça va,
21:06il faut avoir la moelle.
21:06Bon, impeccable.
21:07On retiendra ça en tout cas.
21:08Merci infiniment
21:09d'être venu en tout cas,
21:10Jean-Louis Bourange.
21:11Merci également
21:12à tous les deux.
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