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Trésorerie, investissement, facturation électronique : les TPE-PME abordent cette rentrée entre résilience et prudence. Selon le dernier baromètre de Bpifrance Le Lab et Rexecode, les trésoreries résistent, mais les intentions d’investissement reculent, tandis que l’incertitude continue de peser sur les décisions des dirigeants. Décryptage avec Philippe Mutricy, directeur des Études chez Bpifrance, et Antoine-Nicolas Motte, dirigeant d’Exquado, au micro de Sibylle Aoudjhane dans SMART ÉCO.

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Transcription
00:03La facturation électronique est désormais une réalité pour les TPE, PME.
00:07Depuis le 1er septembre, elles doivent toutes être en mesure du moins de recevoir les factures électroniques.
00:13Une grande majorité déclarait être prête pour l'échéance, mais 38% la considère comme une contrainte.
00:20C'est l'un des enseignements du nouveau baromètre trimestriel de BPI France,
00:24le Lab et Rexécode consacrés à la trésorerie, l'investissement, la croissance des TPE, PME.
00:31Et au-delà de la facturation électronique, le tableau est contrasté.
00:34Les trésoreries résistent, mais les intentions d'investissement reculent
00:39et l'incertitude continue de peser sur les décisions des chefs d'entreprise.
00:43Alors, dans quel état d'esprit sont les patrons de TPE, PME en ce mois de septembre ?
00:48Pour en parler, je suis ravie d'être entourée de Philippe Mutrici. Bonjour.
00:52Bonjour. Vous êtes directeur des études chez BPI France.
00:56Et puis, toujours avec nous, Antoine Nicolas Mott, dirigeant d'Exquadeau.
01:00Merci beaucoup d'être avec nous en visio.
01:02Philippe, je me tourne vers vous pour commencer.
01:05Donc, on a vu pour cette facturation électronique, 91% déclarait être prête,
01:11mais 21% croient, enfin, voient cette transition comme une opportunité.
01:17Un mois après cette application, cette transition, vous sentez qu'elle a été faite plutôt dans la contrainte ?
01:22Oui, clairement, elle a été faite dans la contrainte, mais le chiffre est quand même plutôt très bon.
01:27C'est-à-dire qu'il y avait eu un ou deux reports, je crois, de l'entrée en application
01:31pour laisser le temps.
01:32Voilà. C'est jamais facile pour un dirigeant de TPE, de moins de dix salariés, de choisir le bon prestataire,
01:42de faire l'investissement nécessaire, de bien vérifier qu'il est dans les clous.
01:45C'est un travail qui vient en plus du reste, qui s'est fait d'ailleurs parfois le soir.
01:51J'ouvre une petite parenthèse. Dans une étude précédente sur la solitude,
01:54on avait mesuré que les plus grands moments de solitude des chefs d'entreprise, d'après eux,
01:57c'est le moment où ils font ce genre de formalité ou ce genre de mise à niveau.
02:00Tout ce qui est administratif, qu'on va faire en dehors des temps de travail.
02:04Exactement. Encore une fois, on parle de dirigeants de TPE.
02:06Il y a des PME aussi dans notre baromètre.
02:08Mais plus l'entreprise est grande, plus elle a des moyens pour faire face à ces échéances,
02:13plus elle est petite, plus elle est vécue comme une contrainte.
02:15Mais malgré tout, 91%, c'est quand même un excellent score.
02:18On ne s'attendait pas du tout à ça.
02:19Qui se disait prêt.
02:20Oui, bien sûr. Qui sont prêtes.
02:24Antoine Nicolas, vous, vous l'avez vécu comment, cette application de la facturation électronique ?
02:31Écoutez, nous, on est en conformité aujourd'hui.
02:33Donc, on fait partie des 91%, si j'ai bien compris le chiffre.
02:38Et nous, on a la chance de ne pas être une TPE.
02:40On n'est pas un grand groupe, mais on est une centaine de collaborateurs.
02:43Donc, moi, j'ai un équipe de développeurs.
02:46J'ai une responsable comptable.
02:48Je suis accompagné par un cabinet comptable externe.
02:50Et donc, à titre personnel, en tant que dirigeant, je ne l'ai pas subi.
02:54Par contre, c'est clair que ça a été une priorité pour un certain nombre de personnes dans mes équipes,
02:58et notamment les personnes que je mentionnais juste avant,
03:01qui se sont concentrées là-dessus et pas sur autre chose.
03:04Cette difficulté, Philippe Mutricier, ou même l'aspect contraignant,
03:08c'était vu sur quoi ?
03:09Sur vraiment la complexité de la mettre en place,
03:12ou de traîner un petit peu parce qu'on voyait qu'on ne voulait pas forcément donner toutes les données
03:19?
03:19Ou alors, un coup, il y a quand même plusieurs éléments dans votre étude ?
03:22Oui, les deux facteurs qui sortent en tête, clairement, c'est la complexité,
03:25et notamment la nécessité de se faire accompagner.
03:28Et donc, 75% ont dû se faire accompagner.
03:31Et le coût, qui est le premier frein, en fait, qui est signalé par les dirigeants,
03:35c'est que même s'il y a une très bonne information,
03:39il faut le signaler aussi, de la part des pouvoirs publics,
03:42avec un certain nombre de cabinets référencés,
03:45donc la possibilité pour le chef d'entreprise de choisir son accompagnement,
03:48ça reste quand même un sujet complexe.
03:50Et je voudrais juste revenir sur un chiffre,
03:52parce que oui, c'est vrai, il y en a 21% seulement qui voient ça comme une opportunité,
03:55mais quand on pose la question un petit peu différemment
03:58pour ceux qui sont déjà passés de la facturation électronique,
04:00il y en a quand même plus de la moitié qui voient des avantages.
04:03Donc, il y a quand même un bilan légèrement positif
04:05sur des gains espérés en matière de réduction de temps de facturation,
04:10amélioration de la qualité, faciliter les relances, etc.
04:14Donc, il y a un certain nombre de gains que les chefs d'entreprise commencent à voir.
04:17Donc non, je dirais qu'ils sont plutôt venus à reculons,
04:20comme souvent sur un sujet comme celui-ci,
04:22parce qu'il y a plein d'autres choses à faire.
04:23Mais je pense que très probablement et très prochainement,
04:28les avantages vont prendre le dessus.
04:29Antoine Nicolas, vous y voyez des bénéfices.
04:32C'est vrai qu'on parle aussi de cette donnée
04:33qui peut être exploitée par l'entreprise elle-même.
04:36Vous, pour l'instant, vous y voyez peut-être plus d'efficacité.
04:39Comment vous voyez ça ?
04:42Non, pas vraiment.
04:43Aujourd'hui, c'est plutôt contraignant pour nous.
04:48Pourquoi ? Parce qu'on reçoit des factures en double de certains fournisseurs.
04:53Alors, ce n'est pas énorme, mais on a reçu cinq factures en double au mois de septembre.
04:58Et donc, il n'y a rien d'impossible à faire.
05:02Mais il faut contrôler et s'assurer qu'on ne va pas régler ces factures en double
05:05par le chemin classique que nous pouvions avoir avant
05:07et puis par le nouveau chemin qui est la facturation électronique.
05:10Donc, ça, c'est une contrainte.
05:12Après, je rejoins le fait que sur le moyen long terme,
05:16ça devrait être une opportunité dans le sens où j'espère que,
05:18je ne sais pas combien de temps ça va prendre,
05:20mais ça prémunisse d'un certain nombre de démarches manuelles,
05:23comme les déclarations de TVA manuelles qu'on doit faire chaque mois,
05:27qu'on a externalisées pendant longtemps,
05:29qui sont aujourd'hui faites par notre comptable en interne.
05:31Donc, je dirais contrainte aujourd'hui, mais avec une espérance de gain demain.
05:37Très représentatif de ce que nous disent les dirigeants dans l'enquête.
05:40Avec une petite précision, c'est que 91% aujourd'hui sont capables de les recevoir,
05:45pas encore de les émettre.
05:46C'est ça.
05:47Et donc, l'appareil de transition, dont parle Antoine, va durer un an,
05:49parce que l'échéance pour émettre les factures, c'est dans un an.
05:51C'est vrai que ces bénéfices, ça va pouvoir se ressentir une fois que ce va-et-vient
05:55pouvoir se faire de manière fluide.
05:57Parce que, pour l'instant, on ne peut pas...
05:59Philippe Mutrici, on va parler des autres éléments de cette étude,
06:02qui est quand même assez riche, parce que vous parlez aussi des trésoreries,
06:05de l'état de santé, en fait, général, de ces TPE, PME.
06:09Ce qui est intéressant, c'est que la trésorerie, pour certains d'entre eux,
06:13s'améliore légèrement ou se stabilise.
06:15Seulement 35% des TPE, PME, la jugent encore difficile.
06:19Comment est-ce que vous voyez cette situation de trésorerie plutôt stable ?
06:26Est-ce que c'est des entreprises qui restent fragiles
06:29ou qui résistent à cette période difficile ?
06:32Sur la trésorerie, on peut clairement plutôt parler d'une résistance.
06:34Donc, c'est vraiment le bon mot qui convient.
06:3735% qui ne sont pas satisfaits de leur niveau de trésorerie,
06:40ça reste quand même plutôt élevé.
06:42D'accord.
06:43Dans une période passée, ou par exemple post-Covid,
06:46au moment où les trésoreries étaient très bonnes,
06:48pour plein de raisons, et notamment...
06:49Post-Covid ?
06:49Post-Covid, oui.
06:51En raison des plans d'accompagnement qui avaient été faits à l'époque,
06:53le PGE...
06:54C'était un peu à mettre en perspective, peut-être.
06:56Exactement.
06:56Donc, ça avait bien relevé le niveau des trésoreries.
06:59A l'époque, on était à 25% d'insatisfait.
07:01On n'est jamais à 0% d'insatisfait.
07:06Sur la trésorerie, c'est un jugement de valeur que porte les chefs d'entreprise.
07:10On lui demande, est-ce que vous avez assez de trésorerie ?
07:12Donc, c'est vraiment très subjectif pour faire face à tous les événements, en fait.
07:16Et donc, sur la trésorerie, on est plutôt sur une résistance.
07:19Donc, on est avec un niveau qui est moins bon que dans les années 2021-2022,
07:22mais qui est bien au-dessus que les niveaux avant Covid.
07:26Donc, ça aussi, il faut l'avoir en tête.
07:27Et ce qui est intéressant, c'est que c'est confirmé par des enquêtes de la Banque de France,
07:32réalisées non pas en déclaratif chez les entreprises,
07:34mais sur la base des bilans exploités par la Banque de France,
07:36où on voit qu'on voyait, parce qu'il y a un petit peu de décalage dans l'obtention des
07:41données,
07:41mais qu'en 2024, la trésorerie des entreprises, TPE-PME,
07:45était supérieure de 40% en jours de chiffre d'affaires à la période avant Covid.
07:50Donc, voilà.
07:51Plutôt des matelas de trésorerie qui avaient été accumulés pendant le Covid.
07:54Maintenant, on est aujourd'hui dans une situation qui est un petit peu différente,
07:57avec des tensions internationales.
07:59Il y a une deuxième bonne nouvelle dans notre baromètre,
08:01c'est que 88% des TPE-PME disent avoir suffisamment de trésorerie
08:05pour faire face aux chocs pétroliers.
08:08C'est même une amélioration par rapport au mois d'avril, où ils n'étaient que 85%.
08:13Et donc, comme ce choc dur, on est plutôt dans une bonne perspective de ce point de vue.
08:18Mais on a des secteurs qui souffrent beaucoup.
08:21Dans les 35% dont vous signaliez tout à l'heure,
08:23il y a une approche sectorielle qu'il faut avoir, notamment dans les transports.
08:26On ne mesure pas, nous, l'agriculture et la pêche,
08:28mais évidemment, c'est des secteurs qui sont concernés.
08:30Et donc, tous les secteurs qui vont être de près ou de loin impactés par le prix du baril
08:35sont dans des situations un peu plus tendues.
08:37Mais est-ce que cette trésorerie, du coup,
08:38elle est due au fait que les entreprises veulent prendre moins de risques ?
08:42Et donc, du coup, c'est justement un matelas qui permet de...
08:46Alors, il y a effectivement le pendant de la mauvaise nouvelle côté investissement.
08:50Donc, elles investissent moins.
08:51Donc, elles utilisent moins.
08:52Donc, la trésorerie, forcément.
08:53Un petit peu, oui, pour ceux qui autofinancent leurs investissements.
08:57Bien sûr, il y a de ça.
08:59Mais je pense aussi qu'il y a, il faut se le dire,
09:01plutôt une bonne solidité globale,
09:03donc globalement, encore une fois, en moyenne,
09:05de l'économie française et notamment des entreprises.
09:08On peut le mesurer.
09:09Ce n'est pas dans notre enquête,
09:11mais avec d'autres chiffres INSEE ou Banque de France,
09:13sur le taux de marge ou sur un certain nombre de postes de résultats.
09:18Antoine Nicolas Mott,
09:19vous qui avez cette ambition d'une croissance de 30% pour 2026,
09:24vous avez fait des fortes croissances dans les années précédentes.
09:27Est-ce que ça, ça met votre trésorerie sous pression
09:30parce que vous avez des investissements à faire ?
09:32Comment est-ce que vous allez vivre ces prochains mois
09:35au niveau de votre trésorerie ?
09:38Nous, on a une activité qui, par nature,
09:41consomme énormément de cash,
09:44tout simplement parce que plus de 90% de notre chiffre d'affaires,
09:48c'est la location de Fontaine Aux Filtrantes,
09:51qu'on achète, qu'on finance,
09:53et on a un payback sur ces machines qui est entre 12 et 14 mois.
09:58Donc très concrètement, j'achète une machine,
10:00j'ai remboursé, si j'alloue 100% de mon loyer,
10:03j'allais rembourser ma machine entre 12 et 14 mois
10:05après l'avoir installée chez un client.
10:08Donc ça, ça crée quand même une forte tension.
10:10Donc ça a toujours été un très gros enjeu chez nous
10:12et on ne pourrait clairement pas assumer les mêmes niveaux de croissance
10:15que ceux qu'on a aujourd'hui
10:16si on n'avait pas fait un certain nombre d'améliorations opérationnelles
10:20qui ont largement permis d'augmenter notre rentabilité.
10:24Donc voilà, aujourd'hui, la croissance de 20% en organique,
10:2810% en croissance externe, ça consomme énormément de capital.
10:31On a quatre partenaires bancaires privés
10:33qui nous accompagnent pour financer notre croissance
10:35sous forme de dette.
10:37On est accompagné par la BPI avec un prêt croissance.
10:41Voilà, donc c'est plein de dispositifs
10:43qui sont absolument indispensables
10:45pour développer une entreprise sur un secteur comme le nôtre
10:48avec cette consommation naturelle de cash.
10:52Oui, tous ces accompagnements, forcément, ça résonne auprès de vous.
10:57Il y a justement le...
10:58Ça veut dire que les banques, elles, elles sont quand même à l'écoute
11:01et les acteurs comme la BPI France sont à l'écoute de ces difficultés.
11:06Il y a justement cet événement big qu'il y a eu le 8 octobre prochain.
11:10Tout ça, c'est des éléments qui...
11:12En tout cas, des événements, des acteurs, des oreilles
11:15qui sont à l'écoute des entreprises qui peuvent faire face à ces difficultés.
11:20Oui, mais alors, en apportant une petite précision malgré tout,
11:24c'est que le prêt croissance dont parle Antoine,
11:27il est dédié à des situations de croissance, justement.
11:30Donc, des situations qui vont consommer beaucoup de trésorerie.
11:35C'est donc des prêts très spécifiques que les banques ne font pas.
11:38Donc, sur le crédit classique, les crédits investissements ou crédits trésorerie,
11:43on a deux questions également dans ce baromètre,
11:45et où on voit là, pour le coup, une dégradation très lente,
11:49mais très régulière, des conditions d'accès au crédit
11:52signalées par les TPE, PME auprès des banques classiques.
11:56Donc, sur l'investissement et sur la trésorerie,
11:58on a à peu près, c'est légèrement au-dessus ou légèrement en dessous,
12:01de 20% d'entreprises qui signalent des difficultés.
12:04C'est ça, 17% qui disent...
12:06Mais c'est beaucoup ou c'est pas beaucoup, c'est 17% ?
12:09Alors, s'il faut regarder en moyenne sur le long terme,
12:13et donc, c'est une situation qui est meilleure
12:17que les mauvaises années de crédit entre 2011 et 2016, pour faire simple.
12:22Donc, à l'époque où il y avait des vrais comportements restrictifs de crédit,
12:26c'est-à-dire, concrètement, on parle de quoi ?
12:28D'une ligne de trésorerie de court terme de 20 000 euros
12:30qui est rabaissée à 10 de façon unilatérale,
12:32ou qui n'est pas renouvelée,
12:33ou d'un crédit d'investissement qui, au lieu d'être accordé à 100%,
12:36l'est à 80 ou à 60,
12:37avec une demande de la banque d'avoir un partenaire.
12:40Donc, c'est ça, un comportement restrictif de crédit.
12:42C'est pas forcément le refus de crédit,
12:44mais c'est des difficultés supplémentaires.
12:46Donc, ça, c'est plutôt bien meilleur que ces années-là,
12:49mais on est moins bon que les années 2018-2019,
12:52et moins bon que les années 2021-2023,
12:56où le crédit était vraiment facile et pas cher.
12:58Moi, ce qui m'a interpellée, en tout cas, dans cette étude,
13:01c'est plus que le premier frein à la croissance,
13:04c'est, en fait, c'est la demande.
13:06C'est même pas la situation géopolitique ou le financement.
13:09C'est la demande.
13:10Est-ce que ça, c'est inquiétant ?
13:11Parce que ça veut dire que c'est les consommateurs,
13:13tout simplement, qui sont dans cette situation d'attentisme.
13:15Exactement.
13:16Mais je dirais, on a un peu le parallèle avec les chefs d'entreprise.
13:18Le mot commun entre ménage, consommateur et entreprise,
13:21c'est la peur.
13:22Donc, il y a clairement, aujourd'hui, en France, une peur
13:25qui est en partie liée au contexte géopolitique international,
13:30mais on a aussi une question très spécifique
13:32aux chefs d'entreprise dans laquelle on leur demande
13:34« Qu'est-ce qui vous fait le plus peur aujourd'hui ? »
13:36Et là, c'est la situation politique.
13:37Et je pense que pour les Français, les ménages, c'est la même chose.
13:39Alors, c'est pas tellement la situation politique en tant que telle,
13:43on est dans une démocratie,
13:44mais c'est plutôt une incertitude très forte
13:47sur comment on va redresser les finances publiques.
13:50Et donc, du côté des ménages, il y a une anticipation d'impôts futurs
13:55et du côté des chefs d'entreprise,
13:56de politiques moins favorables à l'entreprise
13:58qui peuvent passer par des impôts supplémentaires pour les entreprises,
14:01des baisses d'allègements de charges, etc.
14:03Et donc, au total, ça crée un climat anxiogène défavorable à la consommation.
14:08Là, on peut voir les statistiques de l'INSEE.
14:10La contribution de la consommation à la croissance française,
14:13normalement, c'est la moitié de la croissance annuelle.
14:15Et on voit cette contribution des ménages
14:17qui vraiment s'aplatit depuis 2021.
14:20pourrait être, je ne dirais pas complètement nulle,
14:22mais en tout cas, conforme à un taux de croissance de 0,4 cette année.
14:25Et donc, on a cet affaiblissement côté ménage.
14:28Du coup, du côté des chefs d'entreprise, un double effet.
14:30L'absence de demande fait que l'investissement est plutôt reporté.
14:34On se dit, on va peut-être attendre, en tout cas, l'investissement capacitaire.
14:38On garde l'investissement pour le climat.
14:40Ça, c'est d'autres chiffres qu'on a.
14:41On garde l'investissement de modernisation de l'appareil productif,
14:44le remplacement des machines obsolètes, d'accord.
14:46Mais tout ce qui va être investissement capacitaire est plutôt reporté
14:49dans l'attente que la demande revienne,
14:51excepté les très beaux cas de croissance qu'on a aujourd'hui sur le plateau.
14:55Et puis, sinon, il y a effectivement la peur du chef d'entreprise aussi,
14:58de se dire, est-ce que c'est bien le moment d'investir dans cette situation politique incertaine ?
15:03Et notamment, on va être plutôt sur des PME et des ETI qui se disent,
15:07est-ce que j'ai intérêt à investir en France ou plutôt aller à l'international ?
15:10Et ça, c'est un facteur anxiogène contre lequel il faut lutter.
15:13Ce ralentissement de l'investissement, pour donner un chiffre,
15:15c'est quand même 60% des chefs d'entreprise qui nous déclarent en septembre
15:19soit annuler, soit reporter leurs investissements prévus pour 2026.
15:24Et là aussi, on voit le résultat dans la croissance française et les statistiques de l'INSEE
15:27avec une réduction très importante des investissements des entreprises.
15:31Antoine Nicolas, ça ne vous inquiète pas, vous,
15:34justement cet attentisme du côté de la consommation ?
15:38Donc, pour vous, c'est des entreprises, même si se tourner vers vos services,
15:42ça ne représente pas forcément un coût énorme pour l'entreprise,
15:45mais peut-être pour cette année qui se projette, est-ce que ça vous inquiète ?
15:50Justement, je rebondis sur ce qui est dit.
15:52Nous, on ne se pose pas réellement la question des contraintes.
15:56On voit énormément d'opportunités de croissance,
15:59on voit également énormément d'opportunités de gain de productivité
16:03et d'amélioration de la qualité de service grâce à plein de nouvelles technologies comme l'IA.
16:08Par contre, là où je rejoins totalement ce qui vient d'être dit,
16:12c'est qu'on travaille avec beaucoup de clients enterprise, des grands groupes,
16:15et eux, vraiment, on sent qu'au-delà de la partie investissement,
16:20sur la partie OPEX, et nous, on est un OPEX pour nos clients,
16:23c'est-à-dire qu'on a une charge mensuelle,
16:25on n'a jamais eu autant de renégociations que dans les douze derniers mois.
16:29Et des boîtes qui se portent très, très bien,
16:33qui sont dans de très bonnes situations financières,
16:37elles font vraiment attention à ça,
16:39et elles missionnent leurs achats indirects de renégocier l'ensemble des contrats
16:43de frais généraux, de services généraux.
16:45Donc, pour compléter ce qu'il dit, c'est que même sur la partie OPEX,
16:49il y a réellement des choses qui sont faites par,
16:52notamment, je trouve, les grandes entreprises.
16:53En tout cas, moi, c'est ce que je ressens en tant que dirigeant.
16:56Philippe, utilisé un mot, peut-être, pour cet événement big,
16:59qui va avoir lieu dans une petite semaine.
17:02Est-ce que vous pouvez nous dire quelques mots,
17:04et puis après, on conclura cette émission ?
17:05Bien sûr, c'est l'événement annuel organisé par BPI France.
17:08Là, on atteint quand même 70 000 chefs d'entreprise,
17:1070 000 inscrits.
17:12Donc, c'est à l'Acora Arena Bercy,
17:15pour être tout à fait précis.
17:17Le 8 octobre, sur toute la journée,
17:18ça commence à 9h par le discours d'ouverture de Nicolas Dufour,
17:21qui est, chaque année, il y a un thème.
17:23Et cette année, le thème qui est choisi, c'est le culot.
17:26D'accord.
17:26Voilà.
17:27Et donc, chaque thème, en fait,
17:29chaque année, on a un thème qui renvoie à une dimension de l'entrepreneur.
17:32Donc, il y avait eu auparavant plein d'autres,
17:34la fierté, le courage, etc.
17:36Cette année, c'est le culot,
17:37et qui, je trouve, est un thème extrêmement intéressant,
17:40parce qu'il correspond bien à ce que disait Antoine
17:42dans la recherche d'opportunités.
17:44C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
17:45il faut avoir du culot pour être entrepreneur
17:47dans un monde géopolitique complexe,
17:49dans une France compliquée,
17:50où on attend des déficits difficiles sur le budget, etc.
17:54Et donc, le culot est une...
17:55Je ne vais pas dire que c'est une valeur,
17:56ce n'est pas forcément un mot qui a une connotation positive,
17:59mais en tout cas, c'est un comportement qui est absolument nécessaire.
18:02Ce qui est nécessaire pour savoir naviguer un petit peu à vue en ce moment.
18:05Exactement.
18:05Philippe Mitrissi, merci beaucoup d'avoir été avec nous.
18:07Vous êtes directeur des études chez BPI France.
18:10Antoine Nicolas Motte, dirigeant d'Exquadeau,
18:13merci d'avoir été avec nous en visioconférence,
18:15et merci à vous toutes et tous de nous avoir suivis.
18:17C'était Smartéco.
18:18Sous-titrage Société Radio-Canada

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