00:00Mais ce soir, encore une fois, à J-201 de la campagne présidentielle, il y a un homme qui sort
00:04du bois, qui découvre son jeu, d'une certaine manière, c'est Edouard Philippe qui enfin, enfin nous donne sa
00:11réforme des retraites.
00:12Edouard Philippe disait que la seule solution raisonnable est de repousser l'âge de départ à la retraite à 65,
00:1766 ou 67 ans. Voici ce que dit Edouard Philippe aujourd'hui.
00:22Nous devons préparer l'avenir en construisant un système différent, un système mixte qui associera répartition et capitalisation. Pour retrouver
00:31l'équilibre de notre système par répartition, je propose de porter progressivement la durée de cotisation à 45 ans et
00:42l'âge de départ à 65 ans pour les Français qui le peuvent.
00:47Edouard Philippe ajoute qu'un Français sur trois pourra partir en retraite avant 65 ans. Autrement dit, il prévoit des
00:53exceptions pour les personnes en situation de handicap ou d'invalidité ou celles qui ont commencé à travailler très jeunes
00:59ou font des métiers pénibles.
01:00Ce qui fait en effet environ un Français sur trois qui partirait entre 60 et 64.
01:04Alors je vois Yves Tréard qui m'en garde.
01:07C'est pas comme ça.
01:09Pourquoi nom de la tête ?
01:10Écoutez, si les candidats du Bloc central aujourd'hui sont dans cet état-là, sondagiers, si vous me permettez l
01:17'expression, c'est parce qu'ils ont un discours, je ne comprends pas qu'ils ne puissent pas le comprendre,
01:24qui est incompréhensible, inaudible, et qu'ils se font bouffer les sondages et les voix sur le dos par les
01:33deux radicaux, les deux extrêmes, qui eux ont un discours très clair.
01:40Monsieur Philippe, comme l'a très bien dit, il disait, qu'est-ce qu'il disait il y a deux
01:44ans ? C'était 67. Après c'était 66. Après je ne sais plus. Maintenant c'est 67.
01:48Il y a deux ans, il dit ça peut être 65, 66 ou 67.
01:50Mais tout ça, et puis après, il présente ça de façon... C'est pas comme ça qu'il faut sincèrement
01:56agir. Il faut dire la réforme des retraites, il faut changer le logiciel, mais il s'y est mal pris.
02:05Et il aurait dû très tôt embobiner sa parole pour avoir un discours clair. Et là, je suis désolé, ça
02:18vient très tard.
02:20Et comme par hasard, ça vient quand ? Ça vient quatre jours après Renaud Rotaillot.
02:25Alors moi je ne suis pas du tout d'accord. Sur le fond, je ne vais pas revenir sur ce
02:28qu'il propose,
02:29mais en tout cas, sur la forme et la façon dont il le dit, Yves, qui adorait la réforme des
02:36retraites, en tout cas,
02:38qui adorait changer et notamment parler d'une capitalisation, d'un système aussi par capitalisation,
02:45en l'occurrence, il propose quelque chose d'assez carré, et d'assez clair.
02:52– Il y a un truc que je ne comprends pas, c'est que vous mettez une part de capitalisation,
02:55donc je cotise pour moi, pour ma capitalisation, tout en maintenant une répartition,
02:58c'est-à-dire je cotise pour le retraité actuel.
03:00Il va falloir m'expliquer comment vous faites ça sans soit baisser la répartition,
03:04c'est-à-dire la pension du retraité actuel, soit en faisant en sorte que je cotise deux fois,
03:08c'est-à-dire pour moi et pour le retraité actuel.
03:09Vous ne pouvez pas dire simplement je rajoute une capitalisation, ça veut dire que je cotise plus.
03:13– J'entends la remarque, simplement, Anne Seigneur-Dubois, en plus,
03:18Edouard Philippe le reconnaît lui, alors on note la forme quand même,
03:21c'est face caméra, tout est enregistré, il n'y a pas de journaliste,
03:24c'est lui qui délivre son message.
03:25– C'est James, YouTube.
03:27– Ce qu'il n'a probablement pas, il n'a probablement pas de détails.
03:29– Il le dit lui-même, ce n'est pas populaire, ce que je propose là n'est pas populaire.
03:32– Non, même si c'est un peu moins que ce qu'il a déjà proposé.
03:34– Ah, c'est moins que les 67, oui, effectivement.
03:37– Oui, mais ce n'est pas un détail ça quand même,
03:38parce qu'il est en perte de vitesse très fort, Edouard Philippe dans les sondages,
03:43au point d'inquiéter au sein du bloc central.
03:46Donc déjà, le fait de ne pas arriver en disant 67 ans,
03:48je pense qu'il a compris qu'étant donné ce que proposent les deux grands favoris,
03:52la France Insoumise et Rassemblement National,
03:5567 ans, c'est un harakiri politique, à ce stade en tout cas de la campagne présidentielle.
04:00– 65 ans, c'est un demi-harakiri ?
04:03– Oui, c'est un demi-harakiri, oui, parce que,
04:06alors c'est un an de plus que la réforme qu'il a essayé de faire
04:08quand il était Premier ministre, c'était 64 ans, l'âge d'équilibre.
04:13Elle était quand même un peu plus douce.
04:14Après, il y a une forme aussi de culot et censément de responsabilité en disant
04:20« on n'a plus les moyens de financer notre système par répartition tel qu'il est aujourd'hui ».
04:24Donc moi, je m'en tiens là où certains vont être des populistes et vont vous dire…
04:27– Sa réforme à lui, c'est une réforme par points.
04:29– C'était une réforme par points.
04:30– Oui, c'est pas la réforme de 64 ans.
04:31– L'âge d'équilibre était 64 ans, mais c'était une réforme par points.
04:34– Lui, il n'a pas touché la réforme de 64 ans.
04:36– Et vous les refondez totalement ?
04:36– Ça, c'est Elisabeth Borne.
04:37– C'est pour ça qu'on ait fait la comparaison à ses limites,
04:40parce qu'on changeait totalement de système.
04:42Mais il y avait bien un âge d'équilibre à 64 ans,
04:44là où aujourd'hui, il parle de 65.
04:45Je vous fiche mon billet que la seule chose que les Français retiendront,
04:48c'est l'âge.
04:49– Ni la répartition, ni les points.
04:52– Mais ils sont tous mal à l'aise avec ça, finalement.
04:53Parce que même François Hollande, quand on lit son livre
04:56dans lequel il propose 63 ans,
04:59il s'en bérifiquote dans une démonstration
05:01qui est quand même assez compliquée.
05:03Et il voit bien que, compte tenu de la réalité,
05:06il faudrait aller plus loin.
05:07– Et la gauche aussi commence à proposer la répartition.
05:09– Exactement.
05:11– François Hollande, notamment.
05:12– Oui, oui, tout à fait.
05:13– François Hollande, juste une chose,
05:15discours de vérité, dit Anne Seurat-Dubois à Ménérosic.
05:18Si vous avez entendu, de toute façon, on n'a plus les moyens.
05:19On aura un problème avec les retards d'un moment à un autre.
05:21– Non, mais je ne suis pas d'accord.
05:22– Donc, discours de vérité…
05:23– C'est comme ça qu'il veut t'apparaître.
05:24– Voilà.
05:25– Absolument, mais en tout cas,
05:27quand il dit presque que c'est courageux,
05:30ce qu'il fait parce que ce sera impopulaire,
05:32au fond, lorsqu'il dit qu'il faut réformer le système de retraite,
05:37il s'adresse aux actifs d'aujourd'hui,
05:39il ne s'adresse pas aux retraités d'aujourd'hui,
05:41qui sont ceux qui, en majorité, votent le plus.
05:44Ce qui serait foncièrement impopulaire,
05:46c'est qu'ils disent plutôt, nous n'avons plus les moyens,
05:49il va falloir demander aux retraités de mettre la main à la poche.
05:54– Oui, mais alors là, ça c'est un suicide en campagne d'économie.
05:57– Ce que je veux dire, c'est que vous disiez à Raqqiri…
06:01– Vous disiez à Raqqiri…
06:02– Il va faire les deux !
06:04– Mais il peut très bien faire les deux,
06:05parce que la discussion du budget…
06:07– Ça, il n'y en a rien !
06:09– Quand la discussion du budget va arriver,
06:11on va voir quelle va être l'attitude des députés Horizon.
06:14Est-ce qu'ils vont dire, est-ce qu'on ne touche pas aux retraités du coup ?
06:17– C'est la grande clarification, le budget pour la présidentielle,
06:19ça va être la grande clarification.
06:20– Et ce qui n'empêchera pas qu'il va quand même militer,
06:23et il a raison à ce moment-là,
06:26pour reporter de l'âge de départ à l'intérêt,
06:27mais quand il va y avoir la discussion pour savoir
06:29est-ce qu'il faut indexer, désindexer, pardon,
06:32est-ce qu'il faut supprimer l'abattement,
06:34est-ce qu'il faut toucher…
06:35– J'ai hâte de l'entendre là-dessus, très sincèrement.
06:37– Ça pourrait se structurer Bretagne.
06:39– Non, non, il y a juste une chose quand même, Yves Tréhard,
06:40c'est que quand vos adversaires, vous en parliez tout à l'heure,
06:42que ce soit au Rassemblement National ou chez LFI,
06:45proposent des réformes qui en réalité sont beaucoup moins douloureuses
06:49que ce que dit là Édor Philippe,
06:53qui lui a besoin d'avancer la tendance dans les sondages,
06:55comment vous faites ?
06:55Comment est-ce que lui peut espérer re-grapiller des points
06:58sur Jean-Luc Mélenchon par exemple ?
07:00– C'est ça le sujet, et malheureusement,
07:03il faudrait que…
07:03Vous savez, il y a un intellectuel, un essayiste
07:06qui s'appelle Alain Minc,
07:08qui parle du cercle de la raison.
07:09Mais le problème, c'est que je ne suis pas sûr
07:11que l'élection présidentielle
07:13se joue dans le cercle de la raison.
07:15– Vous pouvez aussi avoir des partisans de ce qu'on appelle
07:20le discours de vérité,
07:22se serrer la ceinture,
07:23la pure d'austérité.
07:24Il y a des électeurs qui sont accessibles
07:28à ce type de stratégie, de discours politique.
07:31– Dans le classement des préoccupations…
07:33– Il y en a moins aujourd'hui, mais il y en a.
07:34– Sur les dernières enquêtes,
07:35dans le classement des préoccupations des Français,
07:37évidemment, le premier, c'est le pouvoir d'achat,
07:39donc la question des rémunérations étant au premier plan.
07:41Mais pas très loin derrière, il y a la dette aussi quand même.
07:43C'est beaucoup, beaucoup, beaucoup monté
07:44ces derniers mois, énormément.
07:45– Sous-titrage ST' 501