00:00Et l'on continue de parler de dépenses publiques d'une certaine façon avec vous, Eric Crevel.
00:03Bonjour à tous.
00:04On va parler des primes de l'éducation nationale qui ne sont pas là où on pense qu'elles devraient
00:09être.
00:09On découvre que des milliers de nouveaux étudiants n'ont aucune place pour la rentrée universitaire en région parisienne.
00:15Oui, fin septembre 2026, près de 2000 nouveaux bacheliers en Ile-de-France se trouvent encore sans affectation sur Parcoursup.
00:25Parcoursup, c'est la plateforme d'orientation de l'enseignement supérieur.
00:29plateforme célébrissime, des chiffres avancés par le journal Le Monde.
00:32Alors ce chiffre qui est contesté par le ministère de l'enseignement supérieur, qui indique que le travail de placement
00:37est en cours,
00:38ce chiffre de 2000 étudiants sur le carreau met en évidence des difficultés persistantes d'affectation dans la région la
00:45plus peuplée et la plus tendue de notre pays.
00:48Les universités franciliennes sont invitées à accroître leur capacité d'accueil
00:52dans un contexte de saturation déjà ancien, des amphis et des formations.
00:59Manque de moyens dans l'université française.
01:01Alors l'État, qui n'a plus un euro en poche, tente de trouver la parade.
01:05Et de quelle manière ?
01:06Alors, quel est le dispositif pour trouver une place à ces 2000 étudiants restés sur le carreau en Ile-de
01:11-France ?
01:12Je ne pensais pas qu'on en arriverait là, mais pour faciliter l'accueil de ces étudiants,
01:16restés sur le carreau comme vous dites Jacques, le rectorat offre une enveloppe de 3000 euros pour accepter un candidat.
01:24Ce financement est présenté comme une mesure exceptionnelle.
01:27Il vise à compenser les coûts liés à l'ouverture de places supplémentaires dans une université française qui est déjà
01:33saturée.
01:33Par ailleurs, une université qui accepte au moins 50 de ses étudiants, allez je vous fais un prix,
01:39pourra bénéficier du recrutement d'un attaché temporaire d'enseignement de recherche, d'un enseignant.
01:45Donc, cette double incitation, indemnité par étudiant, plus recrutement d'un enseignant,
01:51constitue une approche inédite dans le traitement des non-affectés de Parcoursup.
01:56Pour pallier donc au raté de Parcoursup, ou pour pallier le manque de place,
02:00l'éducation nationale crée donc, incroyable mais vrai, un marché de l'étudiant.
02:06De l'argent pour une place à l'université, c'est dire l'état de nos universités.
02:11Un marché de l'étudiant, avez-vous dit ? J'imagine que l'on peut trouver ce marchandage choquant.
02:15Oui, cette proposition intervient, je l'ai dit, alors que les universités franciliennes sont saturées,
02:21contraintes, manque de locaux, d'encadrement et de moyens.
02:24Si le dispositif peut permettre d'éviter une année blanche à plusieurs centaines, milliers de bacheliers,
02:29bon ben tant mieux, mais il soulève des questions, ce dispositif, sur la pérennité des places créées,
02:34les conditions d'études offertes et le caractère ponctuel de ces financements.
02:39Alors, pas étonnant, vu l'état de l'université, que la France perde du terrain, évidemment, dans les classements PISA,
02:45une partie des personnels universitaires jugent effectivement, Jacques, cette méthode choquante,
02:50y voyant une forme de marchandage, plutôt qu'une réponse structurelle ou déséquilibre de l'offre dans ces universités.
02:56Ce marché de l'étudiant a fait couler peu d'encre, jusqu'à présent, à mon avis,
03:01et pourtant, trouver une place coûte que coûte dans des formations non choisies,
03:05et pour quels débouchés professionnels, pose des questions fondamentales sur ce charcutage universitaire.
03:12L'éducation nationale, de son côté, met en avant la poursuite des efforts pour placer tout ce joli monde,
03:19mais je vais vous dire, les rustines, sur les plaies de notre système universitaire,
03:23ne constituent pas nullement une stratégie pérenne pour l'enseignement supérieur.
03:28Et c'est dans Drôle d'époque, signé Éric Revelle, qui porte bien son nom.
03:33Avec ce marché de l'étudiant, si cette idée était venue d'une personnalité libérale,
03:40l'éducation nationale aurait hurlé.
03:42Non, mais en fait, elle n'a pas eu besoin qu'on lui suggère, elle l'a trouvé tout seul.
03:46On va en parler, c'est certain, et c'est à retrouver, pour ce qui est des drôles d'époque,
03:51c'est à retrouver en podcast sur l'application Sud Radio,
03:54ou bien sur le site internet sudradio.fr.