00:00Et l'on parle de ce plan, ce plan gigantesque mis en place par Sébastien Lecornu, vous exactement, pas encore
00:06mis en place, mais proposé.
00:08Et vous êtes avec nous, Éric Revelle, pour votre drôle d'époque. Bonjour Éric.
00:12Bonjour Jacques, bonjour à tous.
00:13Sébastien Lecornu, donc le Premier ministre, annonce dans le Figaro, paru hier soir, publié ce matin, 54 milliards d'euros
00:21d'économies budgétaires.
00:22Grand bien lui fasse, dites-vous, mais où va-t-il trouver toutes ces économies ?
00:26Oui, c'est évidemment toute la question. 54 milliards d'euros d'économies, dit le Premier ministre.
00:33Je rappelle qu'il y a quelques jours à peine, il parlait de 30 milliards.
00:37Donc là, il en a rajouté 24 milliards.
00:40Alors, cette hausse est justifiée par le fait qu'on veut éviter que notre déficit, vous savez, par rapport au
00:45fameux PIB s'envole.
00:47Bon, on comprend. Alors Lecornu pointe trois moteurs de hausse spontanée.
00:52Tous les ans, on prend 22 milliards de plus sur la sécurité sociale, on prend 10 milliards en ce moment
00:59de plus sur les intérêts de notre dette.
01:01Mais enfin, les intérêts de la dette, c'est de la faute de l'État et de ses déficits.
01:05Et puis, on prendrait 7 milliards de plus sur le fonctionnement des collectivités locales.
01:09Donc, l'ambition est claire, je cite Sébastien Lecornu, refroidir considérablement le moteur des dépenses qui augmente inexorablement chaque année.
01:19Alors, sur le papier, il s'agit d'un redressement important, d'une ampleur inédite, mais le caractère encore flou
01:26des mesures concrètes.
01:28On parle du gel de dépenses de l'État, on parle du gel du point d'indice des fonctionnaires, on
01:33parle de désindexation des fameuses APL,
01:35vous savez, auxquelles avait touché Macron en arrivant, les aides pour le logement.
01:40Tout cela, évidemment, fait planer beaucoup de doutes, je vous le dis comme je le pense, Jacques,
01:44sur la crédibilité et l'équité de la répartition de ce plan d'économie.
01:48Les limites politiques et les risques de fracturation de l'Assemblée sont légion, forcément.
01:54Oui, sur le plan politique, ce plan intervient d'abord en pleine pré-campagne présidentielle de 2027,
01:59dans une Assemblée, on le sait, sans majorité depuis la dissolution de 2024.
02:04Dissolution, vous vous en souvenez que Gabriel Attal, un ancien macroniste, un ancien Premier ministre,
02:09a qualifié de responsable qui a flingué l'économie française.
02:14Et c'est vrai que je regardais les chiffres, avant la dissolution, on avait une croissance à 2%,
02:18on avait un chômage à 7,5%, aujourd'hui la croissance, si on est optimiste, elle est à 0,5%,
02:24et le chômage, il tutoie les 9%.
02:27Alors, le cornu voit grand, les efforts, sans plus de détails, vont toucher tout le monde,
02:32dit le Premier ministre.
02:33Faute de réformes structurelles sur le train de vie de l'État,
02:36le Premier ministre va tenter de boucher les trous de l'hémorragie de nos finances publiques,
02:40il veut vider l'océan de nos déficits à la petite cuillère, bon courage.
02:44Un diagnostic, en tous les cas, de le cornu qui est fondé,
02:48mais les annonces ne sont pas forcément des actes concrets, c'est tout le problème.
02:52Ben oui, parce que le climat, le contexte est très alarmant sur nos finances publiques,
02:57je vous le rappelais à l'instant, la charge de la dette explose,
03:01les comptes sociaux ne sont pas bons, la croissance se réduit,
03:05donc ça veut dire moins de recettes pour l'État.
03:07Cependant, l'expérience récente, Jacques invite à la prudence.
03:10Voir à l'incrédulité sur la faisabilité de ces réductions de 34 milliards.
03:17Donc en réalité, comment ça peut se terminer pour faire passer ce budget massif ?
03:22Ça peut se terminer par des ordonnances, un 49-3, une censure du gouvernement.
03:28En réalité, on voit bien que notamment les partis de gauche et du centre vont sans doute voter contre.
03:34Le sort de le cornu et de ce plan sont dans les mains du rassemblement national aujourd'hui.
03:40L'ERN pourra-t-il apparaître comme un parti responsable et finalement voter quand même ce budget ?
03:45Ou bien votera-t-il si on a eu une censure ?
03:49Ben voilà, c'est tout le sujet.
03:51Ce plan va sans doute rassurer les investisseurs, les investisseurs qui nous prêtent de l'argent.
03:55C'est peut-être à leur destination qu'est fait ce plan.
03:58Mais pour combien de temps vont-ils être rassurés ?
04:00Rendez-vous la semaine prochaine.
04:02Merci Eric Revelle à retrouver en podcast et sur sudradio.fr.
04:06Et on pourra prolonger cette discussion avec vous tout à l'heure aux alentours de 9h pour notre débat.
04:12Merci Eric.
04:12Jean-François Aquilin.
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