00:01RT le matin, 7h, 9h30, c'est avec Céline Landreau.
00:06Et avec Marc-Olivier Fogiel à 8h17, plus de 400 lycées perturbés hier,
00:12déblocages dans plusieurs villes, des incidents tout au long de la journée,
00:14et en toile de fond, le bras de fer entre le gouvernement et la France Insoumise
00:17accusés d'instrumentaliser le mouvement lycéen.
00:20Pour en parler ce matin, Marc-Olivier, vous recevez le président de l'union syndicale lycéenne,
00:25Riyad Rani.
00:25Bonjour Riyad Rani.
00:26Bonjour Marc-Olivier Fogiel.
00:27Bonjour, vous êtes à l'origine donc avec votre mouvement du blocage.
00:31Ce qui m'a halluciné tout à l'heure en arrivant à RTL,
00:33vous étiez d'un côté derrière la vide du studio,
00:36de l'autre côté il y avait le ministre Edouard Jeffrey.
00:40Vous ne vous êtes même pas adressé la parole.
00:43Pourquoi il n'est pas venu vous voir ?
00:45Ou pourquoi vous n'êtes pas allé le voir pour essayer de parler de fond ?
00:47Mais ce n'est pas à nous d'aller le voir, c'est à lui de venir nous voir.
00:52Aujourd'hui on a eu des mobilisations fortes ces derniers jours
00:56qui expriment des revendications.
00:58On va y venir.
00:59Et c'est lui qui refuse de répondre à ces revendications.
01:01Non mais vous pourriez, vous aussi, je ne dis pas l'un ou l'autre,
01:04mais si vous voulez que ça se débloque, si vous voulez que vos revendications soient entendues,
01:07vous avez le ministre face à vous, allez le voir et puis ouvrez-lui la porte, non ?
01:10Aujourd'hui, les lycéens et lycéennes se battent pour leur dignité.
01:14La dignité d'avoir un enseignement correct et juste.
01:17Et aujourd'hui, ce n'est pas à nous de faire ce premier pas, c'est au ministre.
01:21On l'a déjà fait.
01:23On est dans la posture.
01:24Si vous voulez que ça se débloque, vous avez le patron de l'Education National face à vous.
01:29Alors effectivement, il aurait pu venir vous voir aussi, ce n'est pas ce que je dis.
01:31Mais pourquoi vous êtes dans une posture, c'est à lui de venir nous voir et pas à moi d
01:35'y aller ?
01:35Écoutez, ce n'est déjà pas me voir moi, c'est de rencontrer mon organisation et je pense que dans
01:40les prochains jours, ça devrait se faire.
01:42D'accord.
01:42Sur le fond, vous l'avez entendu, il dit que toutes les revendications sont légitimes, on va venir au fond.
01:47Mais ce qui n'est pas légitime, c'est la violence.
01:49Est-ce que vous dites comme lui ?
01:51Oui, d'ailleurs, il faut condamner toutes les violences et aussi les violences policières qu'on a pu remarquer en
01:58marge de ces mobilisations.
02:00Mais la violence elle-même en soi, elle n'est pas acceptable.
02:03Le côté gangréné du mouvement, on voit la note des renseignements, vous l'avez vu certainement comme nous, qui dit
02:09que le mouvement est gangréné.
02:11Est-ce que vous condamnez ça ?
02:13Non, le mouvement n'est pas gangréné.
02:15Je vois le discours tenu aujourd'hui par le ministre qui a pour seul but de décrédibiliser cette mobilisation.
02:24Et c'est un petit peu de l'agisme de dire qu'on serait gangréné, manipulé.
02:29Ça c'est une note des renseignements généraux, vous l'avez vu, qui dit qu'en gros, il y a
02:32évidemment les étudiants qui à chaque fois ont tout à fait le droit de manifester.
02:36Mais en plus, il y a des agitateurs professionnels qui viennent attiser le feu.
02:40Et puis quand ça s'enflamme, qui se retirent ceux qui sont cagoulés quoi en gros.
02:44Bah écoutez, ce que je peux vous dire à l'heure actuelle, c'est que sur chaque blocage où notre
02:50syndicat était présent, il n'y avait pas d'agitateurs professionnels.
02:54Donc vous, on est clair, vous condamnez les violences, vous n'êtes pas comme le maire de Saint-Denis qui
02:58dit que la violence peut être légitime.
03:00Pour vous, président de l'union syndicale des lycéens, la violence, vous la trouvez illégitime, notamment quand des forces de
03:06l'ordre reçoivent de l'acide chlorhydrique sur eux, ou que des pompiers sont pris à partie, vous condamnez ?
03:13Je ne dirais pas illégitime. Je comprends. Cette violence, c'est la conséquence d'une violence institutionnelle et sociale que
03:21subissent de nombreux jeunes depuis maintenant 9 ans.
03:24Mais donc, vous la comprenez, mais vous la condamnez, on est clair ?
03:27Oui. La récupération politique...
03:29Parce que ça serait donner raison au camp d'en face de pouvoir aussi, après nous pointer du doigt et
03:35dire que c'est nous les violents, alors qu'en face, ils ne font pas mieux.
03:38Vous avez entendu le ministre qui vous a pointé du doigt sur la récupération politique. La vôtre, et puis plus
03:43globalement, puisque la vôtre, vous avez un lien, on va y venir avec LFI, avant de venir sur le fond,
03:47c'est ce qui nous intéresse quand même le plus.
03:48La récupération politique de LFI avec finalement les députés LFI qui sont sur chaque manif ou presque et qui viennent
03:57finalement faire de la récupération politique.
03:59Est-ce qu'ils s'intéressent moins au fond qu'à l'agitation ? Vous dites quoi par rapport à
04:03ça, vous-même, qui avez été sur une liste LFI ?
04:06Écoutez, déjà, je tiens à ne pas utiliser tout le temps d'antenne, mais de pouvoir remettre les choses bien
04:11au clair pour les auditeurs et les auditrices qui nous écoutent.
04:14J'ai... Moi, je refuse de rester les bras croisés quand une ville, un département, une région ou un pays
04:22peut tomber entre les mains de l'extrême droite.
04:24C'était la situation qui se déroulait dans la ville où je vis, qui s'appelle Watrelo, une ville de
04:3042 000 habitants, qui est la cinquième plus grande ville de la métropole,
04:33où j'ai été sollicité par une liste qui s'appelle Watrelo Solidaire et Citoyenne, qui est une liste d
04:41'union de la gauche soutenue par le Parti Socialiste, Génération, le Parti de la France.
04:46Non, mais après, vous avez les engagements que vous voulez, mais on vous voit sur plusieurs publications Facebook à Lille,
04:53réclamant le cessez-le-feu à Gaza avec LFI.
04:56Après, vous avez cet engagement LFI.
04:58Je n'étais pas avec LFI, c'était à titre personnel et j'étais déjà...
05:00Mais donc, sur la récupération politique, et vous avez entendu le ministre, indépendamment de votre cas,
05:07qui dit, en gros, derrière, il y a les revendications, tout ce que vous demandez, des bâtiments neufs, ou en
05:14tout cas acceptables,
05:15des emplois du temps allégés, des profs, des télé... Enfin, tout ce dont il y a vos revendications.
05:22Mais en fait, il y a derrière une récupération politique très loin de vos revendications, juste, pour être clair, foutre
05:28le bordel, et une récupération politique.
05:30Écoutez, M. Fogel, je ne suis pas totalement d'accord. Moi, je dis aujourd'hui à tous les élus de
05:35la République qui sont venus sur les piquets de blocus
05:39à la rencontre des lycéens et lycéennes, moi, je les salue, peu importe leur camp politique.
05:44Je vois qu'on fait des scènes avec M. Bagayoko, qui est quand même le maire de Saint-Denis, qui
05:48va sur un lycée de Saint-Denis rencontrer des lycéens et lycéennes
05:51qui habitent probablement à Saint-Denis. Moi, je ne vois pas le souci en...
05:54Le souci, c'est sa phrase, la violence va être légitime pour un élu de la République.
05:57Là, je vous laisse commenter et voir avec M. Bagayoko.
06:02Mais en tout cas, moi, ce que je dis aujourd'hui, c'est que, en tout cas, nous, ce qu
06:06'on a pu analyser en termes de violence,
06:08c'est qu'il y a une différence de traitement du maintien de l'ordre entre les lycées d'hypercentre
06:13et les lycées de banlieue.
06:14C'est-à-dire ?
06:15C'est-à-dire qu'on ne fait plus vite usage de la force face à des lycéens et lycéennes
06:22de banlieue
06:22que face à des lycées d'hypercentre. Parce que c'est la vitrine, il ne faut pas que ça fasse
06:28trop de bruit.
06:29Voilà, c'est ce discours-là.
06:31Sur le fond, vous avez entendu le ministre, toutes vos revendications, elles sont légitimes.
06:36Mais il y a des instances de dialogue social, démocratique, qui sont faites pour ça.
06:40Et qu'en fait, il suffit d'aller les voir et de discuter avec eux, plutôt que de poser ça
06:46aussi fortement sur la table.
06:48Et c'est vrai que quand on voit toutes vos demandes, c'est assez disparaître.
06:54On parle de bâtiments, d'emploi du temps, de téléphones portables, de portions de cantines.
06:58Tout ça, c'est la vie quotidienne des lycéens et c'est bien normal de poser ça sur la table.
07:01Mais pourquoi ne pas le faire dans ces instances de dialogue social ?
07:03Écoutez, j'ai entendu, comme vous, monsieur le ministre, que le dialogue a lieu.
07:07C'est totalement faux. L'ensemble des instances de dialogue mises en place et administrées par le ministère sont délaissées.
07:15Je rappelle par ailleurs que toutes ces instances sont à titre consultatif.
07:18Et qu'aujourd'hui, il y a eu de nombreuses consultations lancées à l'échelle académique.
07:22Parce que j'ai aussi eu la chance d'être élu académique sur l'Académie de Lille.
07:26On nous a consulté sur des sujets comme la surcharge des emplois du temps scolaire, sur Parcoursub.
07:30Et aujourd'hui, où en sont ces travaux ?
07:31Concrètement, comment on en sort, en fait ?
07:33Comment on en sort ?
07:34Si vous n'allez pas discuter avec les instances de dialogue démocratique, il y a ces blocages.
07:40C'est des situations très disparates à travers chaque établissement.
07:45Comment on en sort, en fait ?
07:46Vous dites, on en sort comment ?
07:47Vous, vous ne l'avez pas fait avant en entrant dans le studio avec le ministre.
07:51Au micro, vous dites quoi ?
07:52Aujourd'hui, je peux vous dire que notre organisation est prête à rencontrer monsieur Jeffrey.
07:57Et d'avoir des discussions.
07:59Cependant, nous, nous allons lui demander plusieurs mesures, notamment pour remédier à la surcharge des emplois du temps scolaire et
08:09des classes,
08:11où on peut se retrouver à 32 ou 36 par classe, ce qui est énorme.
08:15Aussi, également, sur les allégements des emplois du temps, comme je l'ai dit, sur la rénovation des lycées d
08:22'élabri,
08:22qui est de la compétence, comme j'ai pu l'entendre, des collectivités.
08:26Mais bon, aujourd'hui, est-ce que monsieur le ministre va prendre ses responsabilités et débloquer un budget exceptionnel ?
08:32En fait, ce que vous voulez, c'est de l'argent.
08:33Pas pour vous, évidemment.
08:34Mais c'est de l'argent.
08:34Et c'est surtout...
08:35En fait, ce qui pourrait débloquer le mouvement, c'est un engagement budgétaire du ministre.
08:40Demain, le budget est présenté par le Premier ministre.
08:44On verra combien l'éducation nationale obtient.
08:47Et s'il y a une somme qui est allouée à ça, vous débloquez le mouvement.
08:51Non, parce qu'il y a plein d'autres revendications, monsieur Fogiel.
08:56Notamment, moi, je pense que chaque jour, je reçois des dizaines de messages de lycéens et lycéennes
09:03qui m'expliquent que l'année où ils passent leur baccalauréat anticipé de français,
09:07ils n'ont pas de prof de français pendant plusieurs mois.
09:09Alors, j'ai eu un témoignage hier où une élève n'a pas eu de prof de français pendant 7
09:13mois,
09:14alors qu'à la fin de l'année, elle avait une épreuve.
09:15C'est des vrais problèmes, mais vous savez bien que ça ne va pas se régler comme ça demain.
09:19Demain, aujourd'hui, c'est la conséquence de 9 ans de politique macroniste
09:23et de 8 ministres de l'éducation nationale qui se sont succédés.
09:25En attendant, si les élèves ne vont pas en cours, ils ne passeront pas le bac français de la même
09:29façon.
09:30Comment vous remettez les élèves en cours ?
09:33Déjà, avec une dignité.
09:35Comme je vous dis, le mot d'ordre, c'est la dignité.
09:37Ils veulent des conditions correctes et justes et équitables.
09:41Vous comprenez bien que tout ça est assez général, est assez entendable, mais général.
09:45Qu'est-ce qui serait de concret qui ferait que les élèves retournent en cours ?
09:49Déjà, la première chose, c'est que le ministre au moins fait semblant de nous écouter et de nous recevoir.
09:55Ensuite, entamer des discussions.
09:57Nous, on est en relation constante avec les organisations syndicales, associatives et politiques.
10:02D'ailleurs, je ne sais pas si vous avez suivi, mais hier soir, nous avons publié un communiqué
10:07avec l'Union étudiante qui est le premier syndicat étudiante de France
10:10où on appelle à la mobilisation commune ce jeudi et mardi prochain, notamment avec une grosse date
10:15où on invite également tous nos partenaires syndicaux à nous rejoindre
10:20parce qu'on pense vraiment qu'il peut y avoir une convergence des luttes.
10:22Merci d'être venu ce matin sur RTL.
10:24Riyad Rani, le président de l'Union syndicale des lycéens.
10:26Donc, mobilisation aujourd'hui et mardi et après, on verra.
10:29Oui, merci Marc-Olivier Faugé.
10:30Merci à vous.
10:31Merci Marc-Olivier Faugé, tous les jours.
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