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  • il y a 47 minutes
Mardi 29 septembre 2026, retrouvez Coline Brillaud (Responsable de la communication, Ticket for Change), Édouard Dumas (Président, Compagnie Dumas), Alexis Sainte-Beuve (Directeur Commercial, Workiva) et David Grall (VP Sustainability & Corporate Transformation, Nexans) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

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00:08Bonjour, bonjour à toutes et à tous, c'est Smart Impact, l'émission de la transformation environnementale et sociétale de
00:12notre économie.
00:13Et voici le sommaire. Mon invité, c'est Edouard Dumas, le président de la compagnie Dumas, entreprise familiale qui fabrique
00:19des oreillers et des couettes depuis plus d'un siècle.
00:21Et qui nous présentera sa marque éco. Engagée dans notre débat, on va parler pilotage des stratégies ESG avec Workiva
00:29et Nexens,
00:29quel rôle la technologie joue dans les processus de transformation d'une entreprise.
00:34Et puis, dans notre rubrique Smart Ideas, je vous présenterai Ticket for Change, l'école des pionniers du monde de
00:41demain.
00:42Vous avez le programme, c'est parti pour ce Smart Impact.
00:52L'invité de ce Smart Impact, c'est Edouard Dumas. Bonjour.
00:55Bonjour.
00:56Bienvenue. Vous êtes le président de la compagnie Dumas, entreprise familiale qui existe depuis 1910 et qui est implantée depuis
01:02cette date-là, c'est ça ?
01:04Dans Lyon, à Tonnerre. Alors, il y a une double question.
01:07Un, la longévité et deux, la persistance géographique. Comment vous l'expliquez ?
01:12Alors, la longévité, c'est parce qu'en fait, à chaque génération, il n'y a eu qu'un repreneur.
01:17Ce qui fait que pour manager, c'est beaucoup plus simple.
01:21Et c'est le cas encore pour moi, puisque j'ai racheté l'entreprise à la famille en 2018, mes
01:26frères et soeurs, puisqu'on était cinq.
01:28Et donc ça, ça fait partie des explications, en tout cas, de la longévité.
01:31Et puis, la longévité, elle est aussi liée à la possibilité et à la capacité de la famille à s
01:36'adapter,
01:36parce qu'on n'a pas toujours fait le métier qu'on fait aujourd'hui, les oreillers et les couettes.
01:41Initialement, on a racheté une entreprise de récupération à la famille Pyro-Pradier, qui était ministre de la Troisième République
01:45à l'époque.
01:47Et donc, de faire ailleurs chiffonnier, on est passé par les peaux de lapins avant d'arriver sur les plumes
01:52et duvet.
01:53Et donc, pour finir par la confection des articles que l'on vend aujourd'hui.
01:58Oui, donc des oreillers, des couettes et l'ancrage territorial, vous auriez pu déménager, aller ailleurs.
02:06Pourquoi vous êtes resté dans Lyon ?
02:07Alors, principalement, c'est une question de savoir-faire et d'ancrage, bien évidemment, familial aussi.
02:16Toute PME familiale a ses racines et capitalise dessus pour pouvoir fortifier son écosystème.
02:24C'est le cas aujourd'hui avec la compagnie Dumas et notamment une mairie de Tonnerre qui est enclin à
02:30faire en sorte de nous garder parmi elle.
02:33Et donc, ça facilite beaucoup de choses.
02:36Là, on va reconstruire un atelier.
02:40D'ailleurs, le premier coup de pelle est ce matin de 1000 mètres carrés.
02:44Et bien évidemment, on a des facilités pour déposer les dossiers.
02:48Tout est beaucoup plus simple quand on connaît les gens et quand l'écosystème que j'en ai autour de
02:52soi est enclin à coopérer.
02:55Vous êtes labellisé entreprise du patrimoine vivant.
02:59Qu'est-ce que ça veut dire exactement ?
03:00Il y a des savoir-faire, d'ailleurs, ça rejoint ce que vous venez de décrire, que vous faites perdurer
03:06en quelque sorte.
03:07Alors oui, en effet, on a des techniques de fabrication qui sont bien particulières.
03:12C'est un label d'État et dont la démarche est volontaire.
03:17Toute entreprise peut y souscrire.
03:20C'est une démarche qui, en plus de ça, est labellisée et certifiée par une personne tiers, un organisme tiers.
03:29Et donc, ça permet en effet de mettre l'accent et de souligner le trait de toutes ces entreprises qui
03:35ont des savoir-faire très particuliers.
03:37Ce n'est pas contradictoire, par exemple, avec l'industrialisation ?
03:40Alors, l'industrie, parfois, a besoin, bien évidemment, de savoir d'où elle vient pour industrialiser un peu plus, automatiser
03:47un peu plus.
03:48La répétition des gestes de certains ouvriers nécessite parfois d'avoir une automatisation pour avoir une régularité.
03:57Et puis, pour pouvoir aussi prétendre à rester en France par rapport à la compétitivité que l'on doit forcément
04:05conserver.
04:06Et ça, avec des contraintes qui sont quand même de plus en plus grandes.
04:09Et c'est pour ça qu'à la compagnie Dumas, on a tout un tas de marchés différents qui vont
04:14vraiment de gros volumes avec l'hospitalité et l'hôtellerie,
04:18notamment des groupes comme Accor, mais également avec des choses très raffinées, très particulières, des produits qui sont faits main.
04:26Du sur-mesure et du très haut de gamme.
04:28Exactement. Et donc, on a un panel de produits qui est quand même assez large et qui permet de répondre
04:33d'un côté par le biais de l'artisanat et de l'autre côté par le biais de l'industrie.
04:38On marche vraiment sur deux jambes à la compagnie.
04:41Quelques chiffres. Donc, je l'ai dit, créé en 1910, une cinquantaine de salariés, 2 millions d'oreillers, 200 000
04:45couettes, produits, produites chaque année.
04:49Et une marque que vous avez créée il y a 4 ans, je crois, qui s'appelle Edona, qui concentre
04:55un peu vos engagements en matière environnementale et sociétale, c'est ça ?
04:59Tout à fait. En fait, on a fait notre premier bilan carbone en 2009. Donc, c'est quand même assez
05:04précoce.
05:05Oui, c'était plutôt pionnier.
05:07Tout à fait. Et depuis cette date, on compense en carbone notre activité par la plantation d'arbres.
05:13Alors, dans un premier temps, c'était au Pérou avec Tristan Lecomte à l'époque.
05:16Et puis, on commence à le faire aujourd'hui sur notre territoire en plantant des arbres en Bourgogne et ça
05:25avec nos collaborateurs.
05:26Donc, on ferme l'usine et puis on va planter des arbres.
05:29Alors, ça, ça fait partie des engagements qui sont visibles parce qu'il y a forcément une action qui va
05:36avec, qui est la plantation d'arbres.
05:37Mais il y a toutes ces actions. On parlait d'écosystème tout à l'heure avec la mairie, mais pas
05:41seulement.
05:41Il y a toutes les entreprises qui gravitent autour de la ville de Tonnerre et plus largement dans le département,
05:47qui sont également des acteurs incontournables.
05:51Par exemple, je fais partie d'un groupement qui s'appelle APM, Association du Progrès pour le Management.
05:58Et typiquement, ce sont des chefs d'entreprise altruistes qui visent la coopération plutôt que la compétition.
06:06Et ça donne des choses qui sont assez intéressantes en termes de développement.
06:10Alors là, vous avez cité des actions de compensation, le fait de planter les arbres.
06:13Mais dans vos processus de production, qu'est-ce que vous avez changé ?
06:17Je ne sais pas, par exemple, est-ce qu'il y a de la récupération, du recyclage, de l'économie
06:20circulaire ?
06:21Alors, bien évidemment, il y a eu plusieurs étapes.
06:23La première étape, c'était de sourcer des produits, des matières premières qui étaient principalement issus du recyclage,
06:30ce consumer visé en tout cas.
06:33Dans le pire des cas, on essayait de récupérer des matériaux qui étaient post-production.
06:39Et puis, ensuite de ça, on a commencé à initier différents programmes.
06:45On en a un avec le groupe Accor sur la récupération des produits en fin de vie,
06:49qui est notamment financé par l'ADEME et qui débute cet automne.
06:55On a également un programme assez sérieux, puisque c'est une circularité parfaite avec le groupe Air France.
07:03Vous récupérez quoi ? Des oreillers, par exemple ?
07:05Alors, on fournit le groupe Air France depuis 35 ans et on fabrique les oreillers de la classe éco jusqu
07:11'à la première.
07:11On a d'ailleurs un partenariat avec la marque Dumas Paris pour la première classe,
07:16qui vient d'être élue meilleure que la première classe du monde la semaine dernière.
07:19On est très fiers.
07:21Et donc, avec cette compagnie, on récupère notamment le surmatelas qui a été développé expressément pour eux,
07:30pour la business class.
07:33en fait, on le défibre.
07:35Et en faisant ce défibrage, en le récupérant, puisqu'on a une proximité aussi,
07:40la logistique est un point important pour la récupération et le recyclage.
07:45Cette proximité nous permet vraiment de récupérer ces matériaux,
07:48de les défibrer et de les réincorporer dans des produits.
07:50Est-ce qu'il y a une filière, au-delà de votre entreprise, de la compagnie Dumas,
07:55une filière de la récupération des couettes, des oreillers en fin de vie ?
08:00Ou est-ce qu'il faut la créer ?
08:01Non, il faut tout créer de toute pièce.
08:04En fait, on a un éco-organisme qui s'appelle Éco-Maison.
08:06Comme pour les téléviseurs ou les frigos, vous avez une éco-participation pour nos produits.
08:10Et donc, ça finance cet éco-organisme qui rétrocède différents portefeuilles et enveloppes
08:18pour des projets d'éco-conception, de récupération, de collecte.
08:23Donc, sur l'oreiller et la couette, aujourd'hui, tout est à construire.
08:27Ce n'est pas un réflexe des citoyens ou des consommateurs, j'ai l'impression.
08:31Pas spécialement, non.
08:32Pas spécialement.
08:33Et puis, si en plus de ça, on prend une particularité,
08:36qui est le produit garni en plumes et duvet,
08:38parce qu'il y a différentes catégories de produits,
08:40les gens ont l'impression d'avoir un trésor.
08:42Et de manière générale, plutôt que de mettre à la poubelle un produit de ce type,
08:46il est conservé pour rester pour la chambre d'amis ou au cas où.
08:52Et c'est vrai qu'on a de grandes difficultés à savoir quel est le gisement réel
08:57qu'on pourra capter une fois la mise en place de cette filière.
09:01Un mot pour terminer de la certification Bicorp que vous avez obtenue il y a deux ans.
09:08Là aussi, c'est un engagement qui est quand même important
09:11parce que les critères sont rudes.
09:14Et ils vont le devenir encore plus.
09:17D'ailleurs, ça vous a demandé beaucoup d'investissement humain, collectif ?
09:22Oui, tout à fait.
09:22C'est une vraie démarche.
09:24Et c'est aussi pour ancrer notre dynamique.
09:29On a une politique et une trajectoire avec une feuille de route SBTI sur 2030
09:33qui est assez costaud.
09:35Et l'objectif, c'est vraiment de réduire non pas notre impact seulement sur la partie carbone.
09:41Avec la plantation d'arbres, c'est une partie de notre compensation.
09:43Mais le but, c'est aussi de viser la biodiversité
09:45puisqu'on est avec les plumes et duvet un peu impliqués dans la question agricole.
09:52Bien que ce soit des produits de récupération
09:55puisque c'est de la plume et duvet qui est issue des animaux une fois abattus
09:58et élevés pour leur viande.
10:00Et donc là, en l'occurrence, Bicorp, c'était vraiment l'objectif
10:04de démontrer que la compagnie du mât était pionnière dans toutes ses démarches.
10:09Et on a eu un score phénoménal de 118.
10:12Et on espère, on est déjà amorcés.
10:15Eh bien oui, ça met la pression pour le prochain.
10:17Pour la renotation et qui s'annonce ardu comme vous l'avez évoqué
10:21parce que le référentiel a un peu évolué et un peu changé.
10:25Merci beaucoup Edouard Dumas et à bientôt sur Bsmart4Change.
10:29On passe à notre débat.
10:30On va parler pilotage de la stratégie ESG d'une entreprise.
10:41Notre débat porte sur le pilotage des stratégies ESG.
10:45J'accueille David Graal.
10:46Bonjour, bienvenue.
10:47Bonjour Thomas.
10:48Vous êtes le vice-président développement durable et transformation groupe de Nexans.
10:52Et Alexis Sandov, bonjour et bienvenue à vous aussi.
10:55Vous êtes directeur commerciale France de Workiva.
10:56Workiva, on va présenter en quelques mots et peut-être en lien avec la thématique qui est la nôtre de
11:02l'ESG.
11:05Nexans, en quelques mots ?
11:06Alors Nexans, c'est un grand groupe industriel français qui a une longue histoire, 140 ans d'histoire.
11:11Nous sommes leaders de l'électrification durable.
11:13Nous produisons des systèmes de câblage et des solutions d'électrification partout dans le monde.
11:18Et nos 13 000 collaborateurs interviennent un petit peu partout dans les régions du globe.
11:22Et quand on dit ESG, ça veut dire quoi, Nexans ?
11:24L'ESG, qu'est-ce que ça veut dire ?
11:26Déjà, c'est un pilier de la stratégie de Nexans.
11:28Ce n'est pas un élément qui est à côté.
11:30Ça fait partie du fondement et de l'ADN.
11:32On est un groupe industriel.
11:34On part de l'extraction minière.
11:36On utilise du cuivre, de l'aluminium lorsqu'il faut produire des câbles et ces solutions d'électrification.
11:41Il faut donc mettre cette stratégie en regard des enjeux de la planète.
11:45Et on ne peut pas produire les milliers de kilomètres de câbles sans faire attention à la manière dont on
11:50les produit,
11:51en faisant attention aux matières premières, à l'eau et aux salariés, bien évidemment, qui forment cette chaîne de valeur.
11:58Effectivement.
11:58Où est-ce qu'il va, en quelques mots ?
12:00Nous sommes un éditeur de solutions SaaS américain.
12:05Et notre vocation, c'est vraiment d'aider les équipes finance, développement durable, contrôle interne,
12:09risque à piloter tout leur processus de reporting, que ce soit usage interne ou externe, voire réglementaire, évidemment.
12:16On a 6 000 quelques chiffres, on a 6 600 clients dans le monde.
12:20On est en Europe depuis une bonne dizaine d'années, avec maintenant 1 000 clients, on vient juste franchir la
12:25barre.
12:25En France, c'est à peu près 110 clients.
12:27Et pour vous donner un ordre de grandeur, c'est à peu près les deux tiers de grands groupes type
12:31Nexans,
12:31donc SBF 120, K40, un tiers de belles OTI.
12:34Et on travaille quotidiennement chez nos clients, avec des partenaires tels que les Big Four, Deloitte, PwC, etc.
12:42Et des cabinets de conseil un peu plus spécialisés.
12:45On a travaillé par exemple avec Magellan chez vous, on travaille avec Reportwise ou d'autres noms chez d'autres
12:49clients.
12:49Alors évidemment, on va beaucoup parler de CSRD, de reporting extra financier.
12:56Avec, alors moi, ça fait des années qu'on traite ces débats ici, qui sont d'ailleurs passionnants.
13:01Avec à peu près toujours ce balancier, la contrainte ou l'opportunité.
13:06Comment vous l'abordez, cette question-là ?
13:08La réglementation, elle est souvent vue comme une contrainte, du fait de l'empilement des réglementations depuis une dizaine, quinzaine
13:15d'années.
13:16Chez Nexans, par l'impulsion de notre directeur général, Christopher Guérin, qui a été remplacé maintenant par Julien Huébert,
13:23on a décidé de prendre le parti, de l'intégrer au pilotage opérationnel.
13:28C'est de se dire que comment ce pilotage opérationnel, au même titre que la performance financière, vient alimenter la
13:35réglementation et pas l'inverse.
13:37Donc tout ça nous a fait construire, via un modèle opérationnel qu'on a créé in-house, un modèle qui
13:42s'appelle E3.
13:43E3 pour engagement, économie, environnement.
13:46Et qui nous permet de mesurer la performance de ces trois piliers, à l'aune de la réalité de notre
13:52chaîne de valeur,
13:53et de se dire comment on essaye de réaliser la meilleure des performances, sans que cela soit au détriment des
14:00deux autres piliers.
14:00Et ça, c'est clé chez nous, parce que ça nous permet, un, d'embarquer nos 13 000 salariés,
14:06de piloter opérationnellement notre performance, d'être performant, puisqu'on nous sommes le deuxième acteur mondial dans l'électrification durable.
14:13Mais surtout, ça nous permet de ne pas répondre à la réglementation pour la réglementation.
14:17C'est de se dire comment, de manière pragmatique, un euro est un euro d'investissement,
14:22surtout dans l'industrie où les marges sont faibles.
14:24Comment est-ce qu'on se positionne de manière pragmatique pour avoir un retour sur capitaux employés,
14:29mais un retour sur carbonémie et un retour sur capital humain engagé ?
14:33Et c'est ça, la clé pour nous.
14:34Et alors, cette question contrainte ou opportunité, Alexis Saint-Deuve,
14:37vous qui avez une vision globale, mondiale, du marché,
14:41est-ce que vous dites que finalement, c'est un boulet pour l'Europe ou c'est aussi une chance
14:46?
14:46Non, c'est une chance, même s'il y a un aspect de contrainte au début.
14:50Schématiquement, il y a trois raisons, je veux dire, bonnes raisons discumulent
14:55de venir nous solliciter sur ces sujets.
14:57Le premier, c'est la contrainte réglementaire, vous l'avez dit, on l'a bien senti,
15:01parce que ça se traduit directement sur notre portefeuille d'opportunités.
15:04Donc, on avait bien senti il y a quelques années la vague CSRD,
15:08puis le reflux avec le règlement Omnibus.
15:11On sent que ça revient doucement.
15:13Mais il y a une deuxième raison qui est plus intéressante, je pense,
15:16c'est une exigence aussi croissante de transparence vis-à-vis des stakeholders internes, externes.
15:20Et beaucoup de clients qui ne sont même pas soumis à la réglementation
15:24ou à la contrainte CSRD viennent nous voir pour ça.
15:26Mais le troisième cas de figure, et c'est le plus intéressant et le plus porteur de valeur,
15:30c'est quand un projet de mise en œuvre d'une plateforme comme celle de Workiva
15:33s'inscrit dans une démarche beaucoup plus stratégique et transformationnelle,
15:37pour utiliser un mot un petit peu compliqué,
15:39et c'est le cas typiquement du projet qu'on a mené ensemble chez Nexens.
15:42Oui, ça veut dire que votre outil va aider à piloter cette transformation stratégique ?
15:49Exactement. Je pense qu'il y a deux choses qui remontent un petit peu dans le temps.
15:52Autant les équipes finances de nos clients ont l'habitude depuis 20 ans, 30 ans,
15:56je dirais, de collecter des données, produire du reporting interne, externe, etc.,
16:01faire face à des évolutions réglementaires quasiment tous les ans.
16:05Autant, pour les sujets de durabilité, c'est beaucoup plus récent.
16:08Donc, quel que soit le point d'entrée dans ce genre de projet,
16:10on retrouve toujours un chantier assez important sur la data,
16:16où est-ce que je vais chercher mes informations, dans quel système,
16:19comment je les centralise, comment je les mets en cohérence, etc.,
16:21pour alimenter un process qui, au bout du bout, aboutira, encore une fois,
16:25au reporting interne ou externe.
16:28Donc là, j'enfonce une porte ouverte, mais effectivement,
16:30on ne peut piloter que ce qu'on mesure.
16:32Voilà.
16:34Oui, mais c'est bien de le rappeler.
16:35Il y a quelques portes comme ça ouvertes qu'il faut enfoncer.
16:39Quel rôle la technologie, David Graal, joue déjà dans vos processus de transformation ?
16:44Je vais me permettre de rappeler que, dans mon titre, j'ai deux postes,
16:47dont celui de la transformation du groupe.
16:49Et c'est clé parce qu'une transformation, elle se fait autour de quatre piliers majoritairement.
16:53Les gens qui la font, les processus, la techno et la data, comme tu l'as dit,
16:58et la partie organisation.
17:00Chacun des éléments a un rôle à jouer dans l'équation.
17:04Et c'est là où Voir qui va est venu nous aider sur la partie tech et data
17:07pour structurer cette performance non financière,
17:10plus communément appelée sustainability, ULG, RSE,
17:14pour venir se dire comment est-ce qu'on essaye d'être le miroir de la performance financière.
17:19Comment on construit un écosystème qui nous permette d'agir sur les personnes,
17:23sur les processus, sur la techno et la data, comme étant une colonne vertébrale,
17:27et sur les organisations pour piloter le business
17:30et non pas répondre juste à un enjeu réglementaire.
17:34Si on veut en faire une trajectoire de décarbonation, par exemple,
17:37il nous faut modéliser, il nous faut scénariser.
17:39Les éléments que l'on a pu construire avec les équipes de Workiva
17:42nous ont permis de scénariser, modéliser, agréger
17:46tous ces éléments produits au même titre qu'une information financière.
17:49Oui, il faut avoir la même exigence, en quelque sorte, c'est ce que je comprends.
17:53Et la même discipline.
17:53Oui, et la même discipline. Alors évidemment, c'est difficile de parler technologie,
17:59Alexis Sainte-Beuve, sans parler d'IA aujourd'hui.
18:03Comment elle se concrétise aujourd'hui dans les services, les organisations que vous accompagnez ?
18:09Tout le monde sent que c'est vraiment un gisement de productivité,
18:13de qualité extrêmement important à un certain nombre de conditions.
18:16D'abord, dans tous les services qu'on offre,
18:19que ce soit du reporting, du contrôle interne, de la prévention des risques, etc.,
18:23l'isage de l'IA peut être partout.
18:25Dès qu'il s'agit de collecter des données, de les mettre en cohérence,
18:28de les calculer, etc., on imagine bien.
18:31Dès qu'il s'agit de produire du narratif dans un environnement multilingue,
18:36multiréglementaire, etc., on voit bien l'intérêt de l'IA générative, etc.
18:40Si on va un petit peu plus loin dans des exemples qui sont peut-être plus parlants
18:43et qui se rapprochent plus du projet Nexans pour produire des analyses de double matérialité,
18:49on brasse beaucoup de données qu'on croise avec des retournes, des parties prenantes internes, etc.
18:54Donc, on voit bien que l'IA peut rendre de grands, grands services en la matière.
18:58Mais notre vision, donc on y va à fond en termes de roadmap,
19:01c'est probablement le sujet absolument numéro un de tous nos investissements aujourd'hui.
19:06Simplement, il y a deux conditions.
19:08Une émise par un de nos clients qui tombe sous le sens
19:10et une autre aussi qui tombe sous le sens compte tenu de ce qu'on fait.
19:13La première, c'est la sécurité et la confidentialité de données.
19:17Il n'est pas question que les données de Nexans servent à entraîner un modèle LLM américain
19:21ou même une autre contrée du monde.
19:23Ça, c'est la première chose.
19:24Et la deuxième chose, c'est que l'exigence qu'on a avant l'IA est la même
19:29et elle doit être même renforcée après l'IA compte tenu du fait que la force de frappe de l
19:34'IA
19:35peut-être nous met en position de faire des bêtises beaucoup plus rapidement
19:38et à une plus grande échelle.
19:40Donc ça, c'est extrêmement important.
19:42Une IA, oui, mais une IA qui doit être gouvernée
19:44et avec la même exigence en termes de trazabilité et d'auditabilité de tout ce qu'on fait.
19:49Avec une question aussi, c'est de s'assurer de la façon dont on crée de la valeur
19:54avec ces outils IA aujourd'hui ?
19:56Oui, bien sûr.
19:57Alors là, on voit que nos clients et les groupes sont à des degrés un petit peu différents de maturité.
20:04Il y a encore beaucoup de questions qui se posent sur mes corbailles.
20:07Est-ce que je prends l'IA de Workiva ?
20:08Ou est-ce que je signe avec Claude ou au ChatGPT qui va dialoguer avec Workiva ?
20:13C'est typiquement ce genre de questions.
20:14Mais il y a encore beaucoup de questions non répondues en termes d'adoption
20:18et en termes, effectivement, comme vous l'avez dit, de génération de valeurs qui restent à prouver.
20:23Pour pas mal de choses, c'est évident.
20:25Encore une fois, les premiers cas d'usage que j'ai mentionnés qui permettent de gagner en productivité,
20:29qualité des données, traiter toujours plus d'informations avec pas plus de moyens.
20:32Bon, la proposition de valeurs est effectivement assez nette, aux conditions qu'on a évoquées tout à l'heure.
20:37Mais si on prend l'IA sous un angle beaucoup plus large et transformationnel,
20:41il y a encore beaucoup de zones à éclaircir.
20:45David Gral, un mot peut-être là-dessus sur l'IA, la place que l'IA prend déjà chez Nexence,
20:50avec ces deux interrogations qui sont, je ne sais pas si elles sont à part égale,
20:55mais en tout cas la sécurité et la création de valeurs.
20:58Elles sont à part égale.
20:59C'est-à-dire qu'on ne peut pas ne pas penser à la sécurité.
21:03Et dans le même temps, aujourd'hui, une entreprise ne peut pas lancer une initiative
21:05s'il n'y a pas un retour sur investissement et création de valeurs.
21:08Nous, on a commencé à embarquer certains des éléments de Workiva,
21:11d'intelligence artificielle, pour les tester en grandeur nature.
21:15Vous savez, le nombre d'agences de performance non financières
21:18qui donnent des scores, CDP, Ecovadi, CMSCI.
21:21C'est à ce titre que, vu le volume de données que l'on a à traiter,
21:25on a travaillé avec les équipes de Workiva pour venir entraîner la machine,
21:29aller récupérer cette information-là et répondre aux enjeux de ces questionnaires
21:33en y mettant la couche managériale de revue.
21:36Il ne faut pas l'oublier.
21:38Mais en tout cas, ça nous fait gagner du temps pour aller chercher cette information-là,
21:41la traiter, la coordonner et l'agréger pour la rendre la plus lisible possible
21:46par les propres modèles d'IA, de ces agences de performance non financières.
21:49Tout cela crée de la valeur.
21:51Ça permet à mes équipes de travailler sur des cas à forte valeur ajoutée
21:55et de ne pas aller chercher de l'information, mais plutôt de travailler cette information.
21:59Donc oui, c'est un enjeu qui est critique, c'est un enjeu qui est clé.
22:02Il n'est pas qu'au niveau de la sustainability,
22:04il est au niveau de toute la chaîne de valeur de l'activité dans un industriel.
22:10Aujourd'hui, si on parle data center, l'important, on réfléchit avec des hyperscalers.
22:14Comment on peut leur amener des solutions avec nos produits
22:18pour les aider à se décarboner eux-mêmes ?
22:20Et tout ça, ça se fait via des modèles entraînés.
22:22Mais là, on n'est pas encore là.
22:24On fait beaucoup sur du benchmark aussi.
22:25C'est-à-dire la capacité pour un exsens de se comparer à ces pairs
22:28en allant chercher automatiquement, grâce à des agents, des informations disponibles.
22:32Merci beaucoup à tous les deux d'avoir participé à ce Smart Impact.
22:37À très bientôt sur Be Smart for Change.
22:39On passe tout de suite à notre rubrique start-up et innovation.
22:49Smart Ideas, tout de suite avec Colline Brio.
22:51Bonjour.
22:52Bonjour.
22:52Bienvenue.
22:52Vous êtes la responsable communication de Ticket for Change
22:55qui a été créée en 2014.
22:56C'est quoi Ticket for Change ?
22:58Ticket for Change, c'est une association qui accompagne toutes les personnes
23:01qui ont envie d'avoir un impact positif sur la société,
23:04que ce soit dans leur vie professionnelle ou personnelle,
23:07qui veulent lancer un projet qui va avoir un impact positif.
23:10Et donc, vous accompagnez des créateurs d'entreprises,
23:14pas seulement d'entreprises, mais notamment des créateurs d'entreprises, c'est ça ?
23:16Oui, notamment des créateurs d'entreprises,
23:18donc des personnes qui ont envie de lancer un projet entrepreneuriel
23:20qui veut prendre la forme d'une entreprise,
23:22mais aussi d'une association, d'un média,
23:24à créer ce projet à impact.
23:26Et on accompagne aussi des personnes, par exemple des jeunes, des étudiants
23:29qui veulent lancer un projet également au cours de leur vie étudiante.
23:34Est-ce que c'est plus facile aujourd'hui ?
23:35Donc, vous avez une dizaine, une douzaine d'années de recul,
23:39créer une entreprise à impact, c'est plus simple ou plus difficile aujourd'hui ?
23:44Alors, aujourd'hui, en fait, c'est pas plus simple ou plus difficile qu'il y a dix ans.
23:49Ce qu'on voit surtout, c'est qu'à chaque fois,
23:51ce sont des personnes qui vont avoir vraiment envie d'avoir cet impact positif,
23:55qu'ils vont avoir un sujet de société, qu'ils vont leur tenir à cœur
23:57et que c'est en se basant sur cette envie qu'ils vont dérouler ensuite
24:01les premières actions vers un projet entrepreneurial.
24:04Il y avait des obstacles il y a dix ans, il y en a encore aujourd'hui.
24:06Ce ne sont pas forcément les mêmes, mais il y en a toujours.
24:08Pas forcément les mêmes, mais il y en a sans aucun doute.
24:09Alors, vous annoncez ces chiffres, plus de 1 000 entreprises à impact lancées,
24:13plus de 7 500 collaborateurs et dirigeants formés,
24:17alors plus de 180 000 personnes touchées.
24:20Ça veut dire quoi ça, 180 000 personnes touchées ?
24:23Ça veut dire touchées par nos actions, c'est-à-dire des personnes
24:25qui ont acheté un livre, par exemple, qu'on a publié sur notre pédagogie.
24:30C'était un événement aussi de rencontre avec des entrepreneurs
24:34dans le but aussi de lancer un projet entrepreneuriel.
24:38Alors, sur ces 1 000 entreprises, plus de 1 000 entreprises à impact accompagnées,
24:42en quoi consiste cet accompagnement ?
24:44Si on rentre un peu dans le détail.
24:45Alors, si on rentre un petit peu dans le concret,
24:47nous, on va accompagner des personnes qui ont envie d'agir.
24:50C'est vraiment là qu'on va chercher les personnes, c'est au moment où elles se disent
24:53« j'ai envie d'avoir un impact positif pour une société qui soit plus juste, plus soutenable ».
24:57Et donc, à partir de là, nous, on va accompagner les gens dans leur tout premier pas
25:01pour trouver leur idée d'action et surtout pour prendre confiance en eux,
25:05parce qu'on se rend compte que la confiance en eux pour passer à l'action,
25:07c'est vraiment un des leviers clés pour ensuite porter un projet qui va avoir un impact positif.
25:11Qu'est-ce qui fait la différence entre une bonne idée et une entreprise ou un projet qui va passer
25:17à l'échelle ?
25:18Eh bien, en fait, nous, souvent, les personnes qui arrivent avec une idée,
25:21cette idée, elle va changer au cours des premières semaines, des premiers mois d'accompagnement,
25:24parce que les personnes arrivent avec l'idée du projet du siècle.
25:27Et en fait, nous, on accompagne les gens aussi à faire les études de terrain,
25:30à aller rencontrer leurs bénéficiaires.
25:31À un seul coup, l'idée se confronte au réel.
25:33Exactement, confronter leur idée au réel, c'est vraiment la première étape.
25:36Et c'est là que l'idée des personnes, souvent, elle change pour s'adapter au terrain et à la
25:41réalité.
25:42Vous aviez publié, il y a une dizaine d'années, le premier baromètre du pouvoir d'agir.
25:48Et là, c'était au mois de septembre, avec le cabinet d'études d'occurrence.
25:51Il y a la deuxième édition de ce baromètre.
25:53Il y a 10 ans, 94% des Français avaient envie d'agir pour la société.
25:58Seulement 20% étaient passés à l'action.
26:01Ils sont 39% qui déclarent aujourd'hui être passés à l'action.
26:03Donc, on peut se dire, super, c'est en train de bouger, ça y est, ça va même au-delà
26:09de la prise de conscience.
26:10Oui, on se rend compte quand même que ces chiffres, ils sont assez édifiants.
26:15Le pouvoir d'action des Français a doublé en 10 ans entre cette étude en 2016 et celle-ci en
26:202026.
26:20Ce dont on se rend compte, c'est que les personnes, l'envie d'agir pour la société, elle reste
26:25la même.
26:25C'est plus de 9 Français sur 10 qui ont envie d'agir.
26:28Et pourtant, ce pouvoir d'action, il a doublé.
26:30Donc, on voit que ça peut être dans des actions notamment très locales, autour de soi, dans son entreprise aussi,
26:36que des personnes se sentent davantage capables d'avoir cet impact positif et donc passent davantage à l'action.
26:42Est-ce que ça se passe aussi à l'intérieur des entreprises ?
26:44Il y a peut-être en ce moment des personnes qui nous regardent, qui sont dans une entreprise.
26:49Moi, j'ai une idée, je voudrais la faire grandir à l'intérieur de l'intrapreneuriat en quelque sorte.
26:53Oui, complètement.
26:54Exactement.
26:55Vous les accompagnez aussi ?
26:56On accompagne des projets intrapreneuriaux dans de nombreuses entreprises, donc des personnes qui ont envie de rester dans leur entreprise,
27:02mais aussi de la transformer de l'intérieur et d'avoir un impact dans cette entreprise directement.
27:07Et donc, ça peut être des projets pour transformer les pratiques de son métier ou transformer les manières de faire
27:14pour que l'entreprise ait un impact plus positif sur la société.
27:17Vous avez une idée, on va terminer là-dessus, sur la pérennité, la solidité des projets que vous avez accompagnés
27:23depuis une douzaine d'années ?
27:24Oui, bien sûr, on continue à suivre toutes les personnes qu'on a accompagnées dans la durée.
27:29En fait, il y a des projets qui montent à échelle, comme on dit notamment Yuka, qu'on a accompagnés
27:34il y a des années et qui, aujourd'hui, comptent plusieurs dizaines de millions de personnes, de bénéficiaires.
27:40On accompagne aussi des projets qui ont des impacts beaucoup plus locaux, avec des personnes qui n'ont pas forcément
27:44envie de passer à échelle,
27:46et également des personnes qui vont, à un moment de leur vie, lancer un projet à impact et, finalement, transformer
27:51vers une carrière plus classique dans une entreprise,
27:53mais toujours avec cette envie et ces compétences du pouvoir d'agir qui vont être utiles tout au long d
27:58'une vie.
27:58Merci beaucoup, Colline Brio, et bon vent à Ticket for Change. Voilà, c'est la fin de ce Smart Impact.
28:04Merci à toutes et à tous de votre fidélité à Be Smart for Change. À très vite. Salut.

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