00:00La République, c'est lui. Je parle de Robert Ménard, maire de Béziers, qui va passer aujourd'hui en jugement
00:09pour avoir refusé de marier un individu qui était frappé d'une obligation de quitter le territoire de la France.
00:17Nous rappelons, et ça a été dit depuis quelques jours dans ce débat, qu'un maire n'est pas seulement
00:23un élu de la municipalité, il est aussi un officier d'état civil, un officier de police judiciaire.
00:30Il représente la République dans sa commune et que le mariage est une institution officielle extrêmement sérieuse qui est prononcée
00:41par les maires ou les élus qui ont leur délégation
00:43devant le portrait du président de la République, devant le buste de Marianne qui symbolise la République et qu'il
00:50est saint de l'écharpe tricolore
00:52qui signifie qu'il représente lui aussi le peuple français ou une partie du peuple français.
00:58Le mariage est donc une institution qui n'est pas une partie folklorique, qui n'est pas un instant folklorique,
01:04c'est un acte officiel et il est tout à fait compréhensible
01:07et ça va être le sujet de ce procès et des débats entre les magistrats et les avocats et les
01:13partis civils.
01:14Il est tout à fait normal qu'un maire comme Robert Ménard dire est-ce que je peux légalement, juridiquement
01:21et même moralement vis-à-vis de l'éthique républicaine
01:25accorder le mariage qui est une institution de la République à quelqu'un qui n'est pas censé se trouver
01:30sur le territoire français
01:31et qui est chassé de France parce qu'on considère qu'il n'a plus à y rester. Le débat
01:36est posé ainsi.
01:38Et bien entendu qu'il y a ce que le droit dit, que le mariage est un droit inaliénable, mais
01:46qu'un officier d'état civil, un officier judiciaire comme Robert Ménard
01:49puisse dire mais moi je ne me sens pas le pouvoir, je ne me sens pas le droit de prononcer
01:53cet acte officiel au profit de quelqu'un
01:55qui n'est pas censé se trouver là, qui n'est pas en situation régulière. Je trouve que cette position
02:00est légitime.
02:01Et bien sûr la justice tranchera. Je veux juste rappeler que le problème des OQTF, bien sûr, il y a
02:08les associations qui sont là pour les protéger.
02:11Je veux juste rappeler un épisode qui n'a rien à voir avec le mariage, que Mohamed Mogouchkov, qui était
02:18expulsé de France, frappé par une OQTF,
02:21une association, c'était il y a quelques années, vous vous souvenez, une association a empêché son expulsion au moment
02:27où il embarquait à l'avion
02:28et il a ensuite, quelques temps plus tard, assassiné Dominique Bernard à Arras.
02:33Voilà. Donc soyons extrêmement prudents avec ce que sont les OQTF, avec ce qu'est la loi de la République.
02:39Est-ce qu'un maire a le droit de prendre ses responsabilités ? Il est habilité à prendre des décisions,
02:44quelquefois, de police dans sa ville, sur des manifestations, sur l'ordre public.
02:49Et bien il est normal qu'un élu de la République tel que le maire de Béziers se pose les
02:54mêmes questions.
02:56Jean-Marie Bordry, notre directeur des programmes et de l'antenne, me suggérait un titre, parce que je suis féru
03:03de citations historiques,
03:04et on se souvient que pendant la croisade contre les Albigeois, le légat du pape, Arnaud Amaury, il y avait
03:10le sac de Béziers qui était assiégé,
03:13et dedans il y avait des cathares, et puis il y avait des chrétiens de bonne foi, et il aurait
03:17dit, tu es les douces, Dieu reconnaîtra les siens.
03:19Voilà, et Arnaud Amaury a dit d'ailleurs qu'il n'avait jamais dit cette phrase terrible en disant, et
03:23bien voilà, c'est Dieu qui fera la sélection,
03:25et c'est vrai qu'on aurait pu dire, mariez-les tous, puisque c'est ça qu'on a dit,
03:29mariez-les tous, la République reconnaîtra les siens.
03:31Et bien non, on ne joue pas avec les institutions de la République, on ne joue pas avec la loi,
03:36on ne joue pas avec l'honneur, on ne joue pas avec la patrie.
03:39Le mariage c'est une institution, je l'ai dit, de la République, et un OQTF c'est quelqu'un
03:43qui n'est pas censé se trouver sur le territoire français.
03:46Je pense, pour refaire une allusion historique, on se souvient de cette manifestation des vignerons en colère en juin 1907,
03:54Georges Clemenceau, ministre de l'Intérieur, avait voulu envoyer la troupe, le 17ème régiment d'infanterie, pour tirer sur les
04:01vignerons en colère,
04:02et bien non, et bien non, ils avaient refusé, ils avaient mis la croissance en l'air,
04:06et je pense que si les magistrats de Montpellier, en condamnant Robert Ménard, vous assassineriez la République.
04:14Sous-titrage Société Radio-Canada
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