00:00Asim Bonanga, en dialecte Isisoulou, veut dire il n'est pas là ou il n'est plus là.
00:06C'est une chanson magnifique composée par Johnny Clegg en un l'heure de Nelson Mandela.
00:11Et Asim Bonanga fut à un moment donné l'hymne national, l'hymne de combat de cette insurrection du peuple
00:16sud-africain contre le pouvoir, contre les bouffoirs blancs.
00:20Tout un symbole. Et aujourd'hui, nous assistons à Nantes, à l'incendie du lycée Nelson Mandela.
00:27C'est vraiment un symbole. Et quand je dis les sauvageons brûlent eux-mêmes le symbole du vivre ensemble, Nelson
00:33Mandela fut l'apôtre du vivre ensemble.
00:35Et c'est lui qui a permis que l'Afrique du Sud, qui était devenue un état où l'apartheid
00:41était une forme de racisme institutionnel,
00:43avec une discrimination totale des populations noires, malgré tout il est arrivé à surmonter sans passer par la révolution.
00:49Il y a eu bien sûr des heurts, il y a eu des morts.
00:51Mais le miracle de Nelson Mandela, c'est d'avoir réussi à réunifier le pays et que les blancs et
00:57les africains puissent vivre ensemble.
01:00Et le lycée Nelson Mandela brûle à Nantes, en République française, en septembre 2026.
01:06Et nous avons par ailleurs un professeur à Marseille qui a été arrosé d'essence.
01:11On sait que dans les banlieues justement du Cap et de Johannesburg et de Pretoria, on mettait un pneu autour
01:18de celui que l'on voulait détruire, tuer et qu'on mettait le feu.
01:23Donc cette essence autour d'un prof, c'est un symbole extrêmement inquiétant, c'est un symbole révoltant, c'est
01:29un symbole terrifiant.
01:31Je ne dis pas que le pays est affébassant, il y a des zones de tension et de violence extrême.
01:35Mais nous avons le comportement, j'allais dire, d'une population lycéenne, ce sont des jeunes, ce sont des jeunes
01:41qui vont devenir étudiants.
01:42J'ai à 67 ans participé à des manifestations, quelquefois avec de la violence, bien entendu du mécontentement.
01:48Je pense à la tragédie de Manico Séquine, je m'en souviens aussi, les manifestations contre la loi de Vaquet,
01:53dont on sait aujourd'hui qu'elle n'était finalement pas si bête que ça.
01:57Et il y avait toujours des débordements, mais nous n'avions, n'assistions pas à cette forme de violence que
02:02l'on qualifie de violence de sauvage.
02:03Et quand Jean-Pierre Chabènement, ministre de l'Intérieur en 1999, utilise ce terme de sauvage, il est lynché, évidemment,
02:10par son camp politique par la gauche.
02:11On considère que ce terme est indigne et ce que l'on voit aujourd'hui, c'est exactement un comportement
02:16de sauvage.
02:16Ce sont des comportements barbares, on voit même à un moment donné des jeunes soutenus par quelques leaders et quelques
02:24agitateurs passer à l'acte avec des actes d'une violence qui ne correspondent pas à ceux d'une manifestation
02:30lycéenne.
02:31On sait que la situation de l'école et de l'éducation nationale est tragique.
02:34On sait que ces gouvernements successifs n'ont pas pris la mesure de la gravité, ou s'ils l'ont
02:39prise, ils ne se sont pas donné les moyens de le résoudre.
02:41Et que l'école aujourd'hui, qui est le fondement de la République, si ce n'est plus la machine
02:45à intégrer, nous irons à une division saignante, tragique de ce pays.
02:49L'école de la République, c'est le fondement de la France.
02:51Si elle est malade, la France est malade, et nous payons aujourd'hui, nous le constatons, non seulement dans les
02:56niveaux scolaires et dans les comportements,
02:58et j'allais dire dans les régulations sociales, nous payons cet effondrement de l'école, là nous le voyons de
03:04façon physique.
03:05Cette école, qu'on nous dit qu'elle fabrique des crétins, aujourd'hui, est-ce qu'elle fabrique des sauvageons
03:09?
03:09En tout cas, les scènes auxquelles nous assistons sont des scènes qui sont incompatibles avec les lois et les vertus
03:14de la République,
03:15avec nos valeurs démocratiques, avec celles d'un pays civilisé.
03:17C'est pour ça que l'attitude est là, et la classe politique, bien entendu, le gouvernement est à l
03:23'écoute.
03:24Nous espérons qu'ils trouveront la solution, on va rentrer en période électorale.
03:28Est-ce qu'il y a des décisions importantes à prendre ? Est-ce qu'il y a un message
03:30très fort à envoyer ?
03:31En tout cas, nous, à Sud Radio, nous sommes à l'écoute, nous sommes conscients, nous sommes sensibles à cette
03:34tragédie.
03:35Et bien entendu, je leur ai dit, nous comptons sur vous, qui nous écoutez, pour nous appeler, vous faire part
03:39de votre avis,
03:40et, autrement, de votre témoignage, parce que la situation l'exige,
03:44et parce que nous voulons que cette information, et ce parlant vrai, soit toujours la réalité de ce qui se
03:48passe dans ce pays.