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Présidentielle : « S’il y a trois candidats (du bloc central), il y aura trois cadavres », met en garde Claude Malhuret

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Transcription
00:00Oui, bonjour Claude Maluré, merci de vous avoir rejoint en direct sur Public Sénat.
00:04Vous avez effectivement été réélu tout à l'heure président du groupe Les Indépendants, République et Territoires.
00:10Ce groupe qui est composé de nombreux élus, Horizon, Projet d'Orphilippe, également de sénateurs indépendants.
00:16Un mot sur ce qui se joue dans l'hémicycle, même s'il y a peu de suspense,
00:19Gérard Larcher qui devrait être réélu pour une sixième fois président du Sénat.
00:22Qu'est-ce que cette longévité, ce sixième mandat vous inspire ?
00:26Écoutez, je pense que le premier, je ne vais pas le féliciter tout de suite,
00:30puisqu'il n'est pas encore élu, mais bien entendu, ça ne fait aucun doute.
00:35Ce que ça m'inspire, c'est que Gérard Larcher est un président de consensus,
00:40dont la réélection en général, d'ailleurs, au Sénat, va bien au-delà de la majorité sénatoriale au sens strict.
00:47Ça implique aussi, et ça veut dire aussi, que dans ce monde chaotique,
00:52qui a une Assemblée nationale sans majorité, une Assemblée nationale...
00:57– Hystérisée.
00:58– Hystérisée, divisée en trois parties, et où certains n'ont qu'une envie,
01:03c'est en définitive de semer le chaos,
01:06ce qui fait que les gouvernements sont instables depuis un certain temps.
01:11Le Sénat est aujourd'hui un pôle de stabilité,
01:14et Gérard Larcher incarne cette stabilité.
01:16Il l'incarne d'ailleurs au-delà de sa majorité, que ce soit à droite ou à gauche.
01:20Je ne dis pas que tout le monde va voter pour lui,
01:21que ses opposants politiques vont voter pour lui.
01:23Mais en tout cas, il incarne cette stabilité du Sénat.
01:27Par les temps qui courent, c'est important.
01:29– L'une des informations principales qui ressort de l'élection sénatoriale de dimanche dernier,
01:34c'est le fait que le parti de Marine Le Pen fait son entrée au Sénat
01:38avec 15 sénateurs aujourd'hui.
01:40La première fois sous la 5e République que l'extrême droite
01:42est en mesure de constituer un groupe ici au palais du Luxembourg.
01:46Qu'est-ce que vous en pensez ?
01:47– Alors, ce n'est pas seulement la première fois
01:49que le RN peut constituer un groupe au palais du Luxembourg.
01:53C'est déjà un signe important.
01:55Mais c'est aussi la première fois sous la 5e République
01:58que pour l'élection présidentielle,
02:00deux partis extrémistes, populistes,
02:03risquent d'être les seuls présents au deuxième tour
02:06et que l'un d'entre eux risque d'obtenir la présidence de la République.
02:10C'est pour la France, en termes d'image,
02:13c'est pour la France, si ça devait arriver,
02:16une situation qui ne me paraît incarner aucun doute
02:24sur le naufrage qui va arriver,
02:27qui arrivera très très rapidement,
02:28c'est une situation par conséquent sur laquelle
02:31tous les démocrates doivent toujours y réfléchir,
02:34où les familles modérées doivent réfléchir en urgence
02:39à s'unir, parce qu'actuellement,
02:40les deux partis extrémistes sont en train de dérouler leur programme,
02:43de dérouler leur campagne électorale,
02:45pendant que nous, nous sommes encore en train de nous demander
02:47qui va être notre candidat.
02:49Pour moi, c'est clair,
02:50s'il y a deux candidats, il y aura deux cadavres,
02:52s'il y a trois candidats, il y aura trois cadavres,
02:53il est plus que temps qu'on réagisse,
02:55il est plus que temps de faire l'unité.
02:57– Il ne faut pas attendre le début de campagne
02:59et attendre le mois de décembre, janvier,
03:02pour que Gabriel Attal ou Édouard Philippe
03:04décident entre eux qui sera le candidat du bloc central.
03:07– Bien sûr, le début de campagne,
03:08il y a longtemps qu'il est fait,
03:10il y a longtemps qu'à l'extrême gauche
03:11et à l'extrême droite, il est fait.
03:12Et nous, nous sommes encore en train de nous demander
03:14qui va être notre candidat.
03:15Je crois que les signes sont clairs aujourd'hui,
03:17les sondages sont de plus en plus clairs,
03:21et il commence justement à nous poser problème
03:23dans l'ensemble, pas tel ou tel candidat.
03:25– C'est un appel aussi à Bruno Retailleau ?
03:25– C'est un appel à tout le monde de rédiger l'unité,
03:28de trouver le plus rapidement les critères d'un départage,
03:32mais aujourd'hui, l'évolution des cotes des uns et des autres,
03:36l'évolution des sondages,
03:38montre bien que la situation est de plus en plus claire.
03:43Il faut, comment dire, en tenir compte.
03:45– On va faire réagir Bruno Retailleau,
03:46qui est juste là en salle des conférences,
03:48il va pouvoir nous rejoindre juste après notre interview ensemble.
03:51Monsieur Maluret réagira à vos propos.
03:53Mais qu'est-ce que l'élection d'un sénateur LFI aussi ?
03:55Ça vous inspire, Gabriel Amart,
03:57qui rejoint la Haute Assemblée, comme on a vu tout à l'heure,
03:59avec Jean-Luc Mélenchon dans la Cour d'honneur du Sénat.
04:01– C'est un autre signe des temps.
04:03C'est un autre signe des temps.
04:04Je disais tout à l'heure que c'est la première fois
04:06sous la Ve République que les deux extrêmes sont à ce niveau.
04:11C'est cette année un épiphénomène.
04:14Mais en 2029, avec leur élection en Ile-de-France,
04:20évidemment, le chiffre ne sera pas de 1,
04:22il sera au moins de plusieurs,
04:24et peut-être suffisamment pour faire un groupe.
04:25C'est bien entendu dans 3 ans,
04:27et en attendant, il se passera beaucoup de choses d'ici là.
04:29Mais c'est bien entendu préoccupant.
04:31Cela dit, la France n'échappe pas à un mouvement général.
04:35Regardez qui est président des États-Unis,
04:37regardez en Allemagne, regardez ailleurs ce qui se passe en Europe,
04:39ce n'est pas le problème de la France,
04:40c'est le problème des démocraties aujourd'hui.
04:42D'où votre appel à se mobiliser.
04:44Merci beaucoup Claude Maluret d'avoir été notre invité en direct.

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