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00:00RMC, le choix de la rédaction.
00:02Et on va prendre le temps avec la chef du service société d'RMC, bonjour Bérangère Boquillon.
00:06Plus de 1000 lycées touchées, 540 personnes blessées, près de 2000 interpellations et des dégradations qui se comptent en millions
00:14d'euros.
00:15Le mouvement des lycéens a basculé vers la violence et on va essayer de revenir au démarrage et de comprendre
00:21comment ça a basculé avec vous Bérangère.
00:23Oui, parce qu'au départ, les revendications sont locales et le mouvement est pacifique. La mobilisation part du lycée Saint
00:29-Exupéry de Créteil.
00:30Le 18 septembre, les lycéens ont décidé de bloquer leur lycée pour soutenir leurs enseignants.
00:36Ils se plaignent du manque de personnel, de matériel, des classes surchargées, mais surtout du sentiment chez ces jeunes de
00:42banlieue d'être abandonnés.
00:43Et les réseaux sociaux vont faire le reste. Des vidéos de cette mobilisation tournent et c'est comme ça que
00:47ça démarre.
00:48Mais alors, début de semaine, Bérangère, ce mouvement est devenu violent.
00:51Oui, avec des jeunes extérieurs au lycée. On les voit masqués, voire cagoulés, quelquefois avec des barres de fer sur
00:57les vidéos qui circulent.
00:58Ce sont souvent eux qui mettent le feu, qui tirent des mortiers d'artifice.
01:01C'est ce qu'expliquent les chefs d'établissement et c'est ce qu'a vu Emilien en terminale au
01:06lycée.
01:06Nelson Mandela à Nantes qui a en partie brûlé hier.
01:10Ils arrivaient cagoulés, mais alors on ne sait pas trop qui c'était, mais c'est très probablement des gens
01:14extérieurs au lycée.
01:15Et ils arrivaient, oui, pour casser les lycées. D'apparence, on voyait bien que c'était beaucoup plus violent.
01:18Il y a eu des tirs de mortiers, sur nous presque en fait.
01:21Mais on a réussi à discuter, à essayer de retarder le fait qu'ils brûlent.
01:24Nous, on était là, les gars, ça ne sert à rien de brûler.
01:26Ce n'est pas ça qui va faire avancer les choses.
01:28Et au bout d'un moment, ça a commencé à péter et là, c'était plus arrêtable.
01:31Nous, on a essayé d'éteindre des feux.
01:33On s'est fait insulter, on s'est fait menacer par les casseurs qui étaient là.
01:38Et au bout d'un moment, on ne pouvait plus rien faire.
01:41Côté forces de l'ordre, le gouvernement a adressé le week-end dernier une circulaire très ferme au préfet.
01:46Il leur demande d'intervenir en cas de blocage.
01:48Parfois, ça a mal tourné.
01:50Quatre enquêtes de la police des polices sont en cours pour des violences sur des lycéens.
01:53Et il y a aussi une dimension politique à ce mouvement.
01:56Oui, le gouvernement reproche à la France Insoumise de souffler sur les braises.
02:00D'ailleurs, dès la première manifestation à Créteil le 18 septembre,
02:03une source sécuritaire nous affirme que des élus, la France Insoumise, étaient présents depuis le départ.
02:09Donc le mouvement s'étend aux universités.
02:11Désormais, on en parlait hier.
02:13Vous voyez une possibilité de sortie de crise ou pas, Bérangère ?
02:15Aujourd'hui, 400 lycées sont fermés.
02:18Il est interdit de manifester devant ces lycées.
02:20C'est une mesure d'urgence.
02:21Autrement, des maires ont organisé des discussions entre les lycéens et les proviseurs,
02:25comme Pierre Bellocq à Vitry-sur-Seine.
02:27Les lycéens, ce qu'ils demandent, c'est à être reçu et à pouvoir dire leurs problèmes.
02:30Ils sont étonnamment assez lucides.
02:32J'étais très surpris parce que quand ils s'expriment,
02:34ils expriment de vraies revendications comme si on était face à quelqu'un qui a l'habitude de ça.
02:39Après, comme ils sont moins militants habitués, si vous voulez,
02:43c'est ça qui crée aussi des débordements.
02:44Ils disent qu'on en a marre, on veut ceci, on veut cela,
02:47mais ils ne savent pas trop comment cadrer les choses.
02:49Je suis sorti d'un des lycées où des réponses avaient été apportées
02:52et où une des élèves m'a dit « bon, moi, il n'y a pas besoin de bloquer, j
02:55'ai eu mes réponses ».
02:56Mais attendez, Bérangère, il y a des instances de dialogue.
02:59Il en existe déjà dans les lycées, non ?
03:00Bien sûr que oui, dans chaque lycée de France, il y a des conseils de vie lycéenne,
03:03des conférences des délégués.
03:04Mais un proviseur de Seine-Saint-Denis me racontait que les lycéens n'étaient pas du tout actifs
03:08dans ces instances qui sont peut-être un peu poussiéreuses.
03:11Les personnels de l'éducation en appellent aussi aux parents.
03:14Oui, autre possibilité de sortir de crise,
03:16le recteur de Créteil et Bruno Bobkiewicz,
03:19le président du syndicat des directeurs d'établissement.
03:20Les parents doivent s'interroger « est-ce que c'est normal que leur enfant parte à 6h du matin
03:26alors que d'habitude il part à 7h30 ? »
03:28Donc tout ça doit faire l'objet d'un échange construit entre les parents et leurs enfants
03:34en sachant que derrière, certains vont aller casser,
03:37vont tirer les mortiers en direction des personnels.
03:40Donc tout ça doit s'arrêter et les parents peuvent nous aider
03:43à faire en sorte que ce mouvement de violence s'arrête.
03:46Et aucun des personnels de l'éducation avec qui j'ai discuté
03:49n'avait senti monter cette colère des lycéens.
03:52Merci beaucoup Bérangère.
03:53Et on va tout de suite, on continue d'en parler avec Christophe
03:56qui a composé le 32-16 ce matin.
03:58Bonjour Christophe.
03:59Bonjour.
04:00Vous êtes à Marseille, ça a beaucoup chauffé à Marseille hier.
04:04Vous l'avez constaté.
04:05Je l'ai carrément vu, c'était en bas de chez moi.
04:09Un camion de pompiers qui a brûlé.
04:12Ils ont jeté des trucs sur les pompiers.
04:15Alors quand il y a le feu et les applaudissent.
04:17Et à un moment donné, quand ils viennent intervenir
04:19pour éteindre le feu de poubelle,
04:21ils ont carrément brûlé le camion.
04:25Débile.
04:26Christophe, c'est intéressant ce que vous dites.
04:27Pardonnez-moi Christophe, vous êtes Marseillais
04:30et c'est en bas de chez moi, vous avez dit.
04:33Racontez-nous, parce que du coup, j'imagine qu'à la fenêtre,
04:35vous avez vu le début du blocage,
04:37comment ça dégénère, comment on en sort.
04:39Vous avez vu cette situation, Christophe ?
04:41Ah oui, ils mettent en place des barrages
04:44avec des poubelles pleines.
04:46Ils mettent le feu dessus.
04:48Ils font un blocage à la circulation.
04:50Plus personne ne peut passer dans l'avenue.
04:52Il y a l'hôpital à côté.
04:55Là, hier, ils ont moulé un bus.
04:58Ils ont cassé l'abri bus.
05:01Je ne comprends pas pourquoi.
05:03Et alors ça, c'est hier, Christophe ?
05:04Le reste de la semaine, c'était comment ?
05:08Moi, il y a une tension.
05:09Hier, ça a monté d'un cran.
05:12Et tu vois que...
05:13Est-ce que vous diriez, Christophe,
05:15qu'il y a des forces extérieures
05:16qui ont rejoint les lycéens ?
05:18C'est peut-être pour ça que c'est monté d'un cran ?
05:20En même temps, le quartier où je suis,
05:22c'est dans les quartiers nord.
05:23Je ne fais pas une amalgaie maintenant,
05:25mais c'est compliqué, les quartiers nord.
05:29Alors là, un petit peu, une étincelle
05:31ou de leur donner de l'avoine,
05:34les jeunes qui ne vont pas à l'école
05:38ou tout ça, qui sont livrés à eux-mêmes,
05:41ils se défoulent.
05:44Vous dites que c'est une étincelle.
05:45Il suffisait d'une étincelle dans certains coins.
05:47Christophe, merci beaucoup.
05:49Tout va bien pour vous, Christophe ?
05:50Moi, ça va, très bien.
05:52À part ce que vous avez vu
05:53et qui est évidemment choquant.
05:54Et puis en plus, vous savez,
05:56on écoute la radio aussi la journée
05:57quand on entend le nom de ces établissements,
05:59des Victor Hugo, des Antoine de Saint-Exupéry,
06:01des Nelson Mandela.
06:02On se dit qu'il y a un truc qui cloche
06:03de voir tous ces gamins et ces flammes.
06:05Nelson Mandela à Nantes, Bérangère.
06:08Merci beaucoup, Christophe.
06:09Merci de votre appel au 32-16 ce matin.
06:10Ciao, ciao, bientôt.
06:11Bon courage, bonne journée.

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