00:00Regardez ces images en direct que nous commentons avec vous tous et Dominique Rizet.
00:04Et on voit, il faut le dire, on voit encore de nouveau des personnes qui sont totalement vêtues de noir,
00:09qui sont cagoulées, dont on ne voit absolument pas l'identité.
00:11Qui n'ont pas dû aller au lycée depuis longtemps.
00:13Voilà, et qui n'est pas seulement pour se protéger des gaz lacrymogènes.
00:16Qu'est-ce qui se joue à cette place de la nation ?
00:20Et quels peuvent être là les ordres de maintien justement et des gestions de maintien de l'ordre en fin,
00:24en fin, toute fin de manif ?
00:25Ce qui va être compliqué, c'est que ces jeunes qui ne quittent pas la place, qui sont ici, sont
00:29des lycéens.
00:30Ils ne veulent pas rentrer chez eux, qui devraient écouter les injonctions de la police et s'en aller,
00:36puisque les sommations ont dû être faites trois fois.
00:39Une première sommation, une deuxième réitérée.
00:42Trois sommations, ils devraient s'en aller.
00:44À partir du moment où ils restent ici, c'est un délit.
00:46Mais bon, ceux qui sont ici, en tout cas, ne causent pas de troubles à l'ordre public.
00:51Mais ils se mettent en danger.
00:52Ils se mettent en danger parce que les autres, ceux qu'on a vus tout à l'heure, dont je
00:55vous disais tout à l'heure qu'à l'instant,
00:57il y a un petit moment qu'ils ont dû quitter le lycée.
01:00Ils ne sont peut-être pas allés beaucoup.
01:02Et donc, qui affrontent les forces de l'ordre et qui vont commencer à courir dans les petites rues autour
01:06de la place de la nation,
01:08mettent en danger tous les jeunes lycéens qui ne partent pas de cette place, qui ne s'en vont pas.
01:13Donc ça, c'est un problème à gérer.
01:15Et c'est aussi l'un des problèmes que la police a à gérer.
01:17C'est-à-dire qu'on ne peut pas parler de NAS, on peut parler d'une protection de ceux
01:21qui sont là.
01:22Et à un moment, il faut les laisser s'en aller.
01:24Je voulais dire tout à l'heure, rapidement, qu'à propos des casseurs-payeurs,
01:28on a même Laurent Nunez, qui est quand même quelqu'un de mesuré.
01:31C'est un haut fonctionnaire et pas un homme politique.
01:33Donc c'est quelqu'un qui fait très attention à ses propos.
01:37Parfois, on pourrait même, certains doivent trouver qu'il est un peu mou en ce moment.
01:41Mais lui-même s'est lâché...
01:42Pas le cadre de toute la gauche, mais allez-y.
01:44Oui, oui.
01:45Lui-même s'est lâché tout à l'heure à l'Assemblée,
01:49en disant que dès le 27 octobre, il serait discuté au Sénat,
01:52cette fameuse loi casseur-payeur.
01:55Et il a évoqué faire payer les parents en saisissant les aides si besoin.
01:59Il a eu une phrase, une fin de phrase qui est passée assez rapidement.
02:02J'étais en plateau et j'ai noté ça.
02:05Donc en saisissant les aides si besoin.
02:06Ça veut dire qu'on commence à avancer, à aller loin.
02:10Peut-être même trop loin.
02:11Parce qu'il faut aller chercher l'argent chez les parents.
02:15Mais il faut laisser, il va bien falloir laisser...
02:17Mais à côté, vous avez les revendications, les régimes délicataires.
02:20C'est une mesure qui en plus a une dimension, je vais vous dire,
02:24une dimension machiste.
02:25Parce que toutes ces mesures...
02:27Je vais vous expliquer pourquoi c'est machiste en fait.
02:30Parce que quand vous avez des auteurs de bris
02:33ou de comportements qui sont délinquants,
02:36c'est souvent des hommes.
02:37D'accord ?
02:38Et les mesures que...
02:3997% sont des hommes.
02:40Absolument, vous le disiez.
02:41Essentiellement, ce sont des hommes.
02:42Vous auriez préféré des femmes pour que ce soit une légalité ?
02:44Non, pas du tout.
02:44Mais qui sont les personnes qu'on punit en retirant les allocations ?
02:48Les femmes.
02:48Qui sont les personnes qu'on punit en essayant de vouloir les virer de certains appartements ?
02:53Les femmes, leurs enfants.
02:54Donc en fait, à chaque fois, la droite, c'est un problème qui a zéro imagination et qui...
03:00Mais si on prenait le problème à l'envers, c'est un problème qui ne veut pas.
03:01Vous parlez de femmes seules ?
03:02De femmes seules qui n'aiment leurs enfants ?
03:03Pourquoi ?
03:03De femmes seules, ou pas d'ailleurs, ou pas.
03:07C'est-à-dire les personnes, même les femmes en couple,
03:10elles n'ont rien fait et vous voulez leur enlever les droits qui sont pour leurs enfants.
03:13Mais pardonnez-moi, vous êtes pour la responsabilité des parents ou pas ?
03:16Non, l'allocation, c'est pour les enfants.
03:18L'allocation, c'est pas pour les parents.
03:19Une allocation familiale, c'est fait pour les enfants.
03:22Il faut être, à mon avis, c'est monstrueux même l'idée,
03:25que dans ce monde adulte, face à ce mouvement lycéen,
03:28qui est désespéré, qui nous fait un appel à l'aide,
03:30les jeunes nous appellent à l'aide, ils veulent éduquer...
03:32Mais je ne parle pas de cela, Raquel Garrido.
03:34Mais parlons-en déjà.
03:34Pardonnez-moi, ceux pour lesquels on pourrait couper...
03:37Ceux qui me frappent, c'est que l'aide droite ne veut pas parler des revendications de l'éducation
03:42et se focalise sur le fait d'avoir une politique punitive
03:45qui a une dimension, je le dis, machiste.
03:47Donc aucune tension, donc ceux qui cassent...
03:49On les laisse faire.
03:50Au contraire, je n'ai jamais dit ça.
03:51Qu'est-ce que vous leur dites ?
03:52Vous leur tirez l'oreille en disant que ce n'est pas bien ?
03:53Pas du tout, mais pas du tout.
03:54Pas du tout.
03:55Je suis...
03:56D'abord, personnellement, je vais, moi, en première ligne déjà.
03:59Alors, déjà.
04:00Avec un casque.
04:01Vous pensez que c'est une sanction ?
04:02Il y a une chose quand même que nous blitz au final.
04:04Il y a une chose qu'on oublie.
04:05Il y a une chose qu'on oublie.
04:06Il y a une chose qu'on oublie.
04:06Madame Garrido, si vous voulez, c'est nous parler un petit peu.
04:08Oui, oui, mais on me pose une question.
04:09Il y a un problème d'éducation.
04:10C'est vrai que je travaille depuis 35 ans sur ces sujets d'éducation.
04:12La famille, le père, la mère.
04:14Vous êtes bien placé, d'ailleurs, pour parler d'éducation, Madame Garrido.
04:18C'est important.
04:18Si on n'a pas la famille, on voit ce qui se passe.
04:20C'est-à-dire une délinquance qui grandit de plus en plus,
04:23des jeunes qui sont hors circuit,
04:25et qui, évidemment, nous causent de plus en plus de problèmes.
04:28Parce qu'encore une fois, évidemment, la société ne fait pas ce qu'il faut.
04:31Et le gouvernement a des responsabilités, évidemment.
04:33Au même titre, d'ailleurs, que les partis politiques.
04:36Oui, d'abord, sur les aides sociales.
04:38Couper les aides sociales, c'est totalement délirant.
04:40Je pense qu'il faut rappeler à quoi ça sert, les aides sociales.
04:41Ça sert juste à aider les familles à survivre.
04:44Donc, vous dites, vous avez cassé quelque chose.
04:46Les politiques, on dit certains.
04:47C'est-à-dire que c'est des gens, par exemple,
04:48qui ne pourront plus acheter assez à manger pour vivre.
04:51C'est totalement lunaire comme proposition.
04:54Ensuite, je veux revenir sur quelque chose.
04:56J'ai l'impression qu'il y a des gens ici qui sont davantage choqués
04:58par des poubelles qui brûlent et par le prix que ça va coûter
05:00que par Emmanuel Macron qui, pendant 10 ans, a cassé l'école publique.
05:03Et ça, ça coûte extrêmement cher.
05:05Mais ça va mieux aussi, moi.
05:06Je suis retraité et je paye les poubelles, monsieur.
05:08Non, mais désolé, vous n'en parlez pas autant des deux choses.
05:12Et c'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a 75% des lycéens et des lycéennes
05:14qui déclarent avoir un état de santé mentale mauvais, voire très mauvais.
05:17Pourquoi vous n'en parlez pas autant ?
05:18Peut-être que ça n'a pas de prix économique, mais c'est extrêmement grave.
05:20Il y a les tentatives de suicide qui explosent ces dernières années.
05:23Et ça aussi, il faut en parler.
05:24Et je suis désolé, moi, je préfère qu'il y ait une jeunesse
05:26qui peut-être brûle quelques poubelles, mais se révolte
05:28et demande à pouvoir étudier dans des bonnes conditions
05:31qu'il n'y ait rien et qu'on aille à l'école comme des soldats
05:34sans se plaindre et avec un état de santé mentale très mauvais.
05:36Donc vous êtes pour toutes les cases qui ont eu lieu depuis quelques jours ?
05:39Est-ce que c'est ce que j'ai dit à votre avis ?
05:40Non, mais non.
05:40Les poubelles qui brûlent, c'est plein de choses qui brûlent.
05:42Des voitures, de personnes, des commerces qui sont pillées.
05:45Mais oui, il vous a parlé de la santé mentale.
05:48Mais non, mais on ne le consomme pas.
05:50Je vous l'ai dit, ce n'est pas la révolution.
05:51On a demandé si ça pourrait étudier dans des conditions normales.
05:53Et ce que j'observe, effectivement, c'est que quand il y a, par exemple,
05:56des choses qui brûlent, les médias et personnalités politiques
05:58le reprennent pour nous décrédibiliser.
05:59Donc je dis aux gens, il faut essayer d'éviter.
06:02Mais bien sûr, il y a une colère qui est légitime,
06:03une colère qu'on peut comprendre.
06:04Mais faites de votre job !
06:06Vous êtes l'union des syndicats, vous devriez tenir un peu tous ces jeunes ?
06:09D'abord, on n'est pas présentant tous les lycées.
06:11Ensuite, on est partis voir le ministre vendredi.
06:14On a fait notre job de négociation.
06:15C'est lui qui ne nous a pas écoutés.
06:16Nos revendications, elles sont légitimes.
06:17On n'a pas eu une seule mesure concrète annoncée par lui.
06:20Donc évidemment, la colère a continué.
06:21Et comme je le disais, pendant 10 jours, il y avait des centaines de lycées bloquées
06:24et on n'a pas été écoutés sur nos revendications.
06:26Il y avait un budget qui a été présenté avec 1588 postes d'enseignants qui sont supprimés.
06:29C'est absolument honteux.
06:31C'est-à-dire qu'alors pour se mobiliser, pour avoir un professeur devant chaque classe,
06:33ils osent proposer un budget dans lequel il y a moins de postes d'enseignants.
06:36Donc oui, cette colère, elle a monté.
06:38Et elle continue de monter parce qu'aujourd'hui, on n'est toujours pas écoutés.
06:41Vous dites les médias.
06:42Moi, je dis, quand il y a ce qui s'est passé à Lens avec la main arrachée,
06:45quand il y a eu ce jeune qui a été édenté, on en parle.
06:48Quand il y a un bébé qui a été blessé par le tir de mortier aussi d'une lycéenne
06:52et qui a été interpellé, il faut en parler aussi.
06:54Et les 800 policiers blessés, saumé en a vous.
06:55Et je ne peux pas passer ce silence aussi, évidemment, cela.
06:57Donc on essaye de le faire.
06:59Il faut en parler, mais bien sûr.
07:00Mais on observe aussi, nous, très bien que les médias
07:02ont davantage des violences que des revendications.
07:04Et il y a par exemple une étude qui a montré,
07:05on ne sait pas pour BFMTV, mais j'imagine que c'est autant,
07:08on voit peut-être pire que sur le JT de France 2,
07:10il y avait 75% du temps qui avait été consacré aux dégradations,
07:133% seulement aux violences policières,
07:1612% à la soi-disant instrumentalisation par la fille,
07:18et seulement 8% revendications.
07:19Soi-disant instrumentalisation, vous dites ?
07:21Il n'y a aucune instrumentalisation.
07:22Mais ça, il faut arrêter avec ça.
07:23Donc les renseignements, le gouvernement...
07:24C'est un mouvement qui est parti par les lycéens, qui est pour les lycéens.
07:27Aujourd'hui, on voit très bien, en tête du cortège, c'était qui ?
07:28Qui a été récupéré en partie ?
07:30En tête de cortège, c'était qui ?
07:31Il fallait y aller si vous voulez voir.
07:32C'était l'union syndicale lycéenne, l'union étudiante et d'autres syndicats.
07:35Donc c'est nous qui portons le mouvement, c'est nous qui le continuons,
07:37et c'est à chaque fois les lycéens qui s'auto-organisent.
07:39Il y a beaucoup d'AG, de lycéens qui organisent les prochains blocus,
07:41les prochaines actions.
07:42Donc ce mouvement, il est porté par nous, pour nous.