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Après trois semaines de mobilisations et de violences, au moins onze enquêtes de l'IGPN sont en cours et c'est toute la gestion des manifestations lycéennes qui pose question. Faut-il revoir le maintien de l'ordre face à des personnes aussi jeunes ? Après les centaines de milliers de personnes dans les rues mardi, le mouvement peut-il s'étendre avec la nouvelle journée d'action de jeudi ?
Quelques heures avant son audition à l'Assemblée nationale sur le maintien de l'ordre, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez sera face à Marc-Olivier Fogiel.
Regardez Face à Fogiel du 07 octobre 2026.
Quelques heures avant son audition à l'Assemblée nationale sur le maintien de l'ordre, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez sera face à Marc-Olivier Fogiel.
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00:00En commun, RT le matin, 7h, 9h30, c'est avec Céline Landreau.
00:06Et avec Marc-Olivier Fogel à 8h17, 3 semaines de colère lycéenne et hier encore des centaines de milliers de
00:11personnes dans les rues de France.
00:13Plus de 6500 interpellations depuis une semaine.
00:16Quelques heures avant son audition à l'Assemblée Nationale, Marc-Olivier vous recevez le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez.
00:21Bonjour Laurent Nunez, bonjour.
00:22Quelques heures avant votre audition à l'Assemblée Nationale et quelques heures après votre rendez-vous hier avec le Président
00:27de la République.
00:28Selon un ministre, il a beaucoup gueulé ces derniers jours le Président parce qu'il considère que la réponse policière
00:33est trop dure.
00:34Sans empathie, vous vous êtes fait engueuler hier Laurent Nunez ?
00:37Non, pas du tout. Je n'ai pas l'habitude de rendre compte des réunions que j'ai eu autour
00:40du Président de la République.
00:41C'est important. Si le Président de la République trouve que la réponse policière est disproportionnée, c'est important.
00:46On s'est réunis autour du Président de la République avec le Premier Ministre et deux ministres.
00:50Le ministre de l'Enseignement supérieur et bien sûr le ministre de l'Education Nationale.
00:53On a évoqué évidemment toutes les questions. C'était l'occasion pour le Président de la République de faire un
00:57point de situation,
00:57notamment sur ce qui allait être lancé comme chantier au sein de l'Education Nationale.
01:01On a évidemment parlé du maintien de l'ordre.
01:04Et alors là-dessus, est-ce qu'il vous soutient ?
01:06Bien sûr, le Président a rappelé la nécessité évidemment de maintenir l'ordre, d'intervenir chaque fois qu'il y
01:11avait des violences graves,
01:13notamment des violences urbaines, tout en nous demandant de le faire avec la plus grande proportionnalité,
01:18ce qui évidemment correspond aux consignes que j'ai passées aux forces de sécurité intérieure.
01:22On y vient, mais ça veut dire que le Président de la République, il est sur la même ligne que
01:24vous ce matin ?
01:25Oui, il nous demande d'être aussi dans l'empathie et surtout d'expliquer notre doctrine.
01:30De bien expliquer que quand les forces de sécurité intérieure interviennent,
01:34chaque fois qu'il y a des violences graves en fait, on va dire ce qu'on appelle les violences
01:37urbaines,
01:37de bien le documenter et de bien expliquer les choses.
01:40Et surtout de bien expliquer que quand les manifestations sont pacifiques,
01:44y compris de lycéens devant les établissements, il n'y a pas de raison d'intervention de police,
01:48il n'y en a pas, et il nous a demandé évidemment de faire un peu plus de pédagogie.
01:51Mais il y a quelques jours, vous avez dit de donner aucune consigne de retenue.
01:55Une phrase qui a interpellé, puisqu'en face il y a quand même des jeunes de 14, 15 et 16
01:59ans,
01:59ce matin au micro de RTL, vous assumez cette phrase, aucune consigne de retenue ?
02:04Non, je n'ai pas assumé des choses que je n'ai pas dites.
02:06J'ai dit aux 20h, j'ai dit aux 20h deux choses.
02:09C'est une phrase du 20h de TF1, j'ai rappelé à l'Assemblée nationale.
02:11Et que vous avez répété hier.
02:13J'ai dit à l'Assemblée nationale, je le redis,
02:15que les instructions que je passe aux forces de sécurité intérieure,
02:17ce sont mes instructions écrites.
02:19Ce n'est pas ce que je dis à un journaliste sur une chaîne d'infos, radio ou télé.
02:23Ce que j'ai dit ce jour-là, c'est qu'on m'accusait de ne pas intervenir
02:28quand il y avait des violences, etc.
02:29J'avais dit qu'il n'y avait pas de retenue,
02:30au sens où chaque fois qu'une intervention est nécessaire, elle a lieu.
02:33Et immédiatement après, j'ai bien rappelé, quasiment dans le même trait de phrase,
02:38que tout ça se faisait dans la plus grande proportionnalité en application du cas légal.
02:42Vous trouvez que c'est le cas ?
02:43Parce que moi, j'ai en souvenir, comme tout le monde,
02:44une phrase en mai 68 du préfet Grimaud qui disait
02:48« Frapper un manifestant tombé à terre, c'est se frapper soi-même ».
02:51Même une phrase de Nicolas Sarkozy, en 2006, face au CPE,
02:55il demandait d'éviter d'aller au comptail avec les jeunes.
02:59On a l'impression que cette doctrine-là, mai 68, Sarkozy, l'homme du Karcher,
03:04vous êtes plus durs qu'eux ?
03:05Non, on n'est pas plus durs qu'eux.
03:06On est d'abord là, les forces de sécurité intérieure sont d'abord là pour protéger les élèves,
03:09les enseignants, et les protéger notamment des exactions.
03:12Vous savez, on a beaucoup, beaucoup d'élèves qui ont été blessés.
03:14Le ministre de l'Éducation nationale a donné le chiffre hier,
03:18autour de 200 élèves.
03:19Pour la plupart, ils sont blessés par des manifestants,
03:22par des personnes extérieures, par des accidents.
03:24Dans cas d'accident, c'est très rarement du fait de la police.
03:27Donc nous sommes d'abord là pour protéger, évidemment, les lycéens.
03:30Et puis ensuite, quand il y a des exactions des violences,
03:32il y a des interventions de police pour procéder à des interpellations.
03:35Mais quand vous voyez les parents qui descendent et qui disent eux-mêmes,
03:37on les entend, ils mettent leur brassard blanc pour protéger leurs enfants,
03:42ils ne disent pas des casseurs, ils disent aussi des casseurs,
03:44mais ils disent de la police pour beaucoup.
03:47Ce n'est pas un constat d'échec pour vous, Laurent Nunez ?
03:49Non, ce n'est pas un constat d'échec.
03:50Quand vous avez des parents qui décident d'encadrer une manifestation,
03:52comme quand vous avez des organisateurs,
03:54c'est une très bonne chose pour nous.
03:55C'est une très bonne chose, c'est la garantie
03:57qu'il n'y aura pas de débordement,
03:58que les casseurs qui essaieraient de s'infiltrer dans le rassemblement
04:01seront exfiltrés.
04:02C'est une garantie.
04:03Chaque fois que vous avez un interlocuteur, un organisateur,
04:05pour les forces de sécurité intérieure,
04:07c'est une garantie et c'est beaucoup plus confortable.
04:09Ça permet de discuter, de dialoguer, de comprendre ce qui se passe.
04:11En revanche, évidemment, quand vous avez encore une fois,
04:13j'insiste, des violences,
04:14qui ne se déroulent pas d'ailleurs toujours devant les établissements.
04:17L'ensemble des interprétations auxquelles il était procédé,
04:19elles ont lieu parfois sur l'espace public,
04:21dans les centres-villes.
04:22Il y a des dégradations de mobilier urbain,
04:24des pillages de magasins,
04:25des passants qui sont agressés.
04:26Je vous rappelle accessoirement qu'il y a quand même,
04:28ça n'est qu'un exemple parmi bien d'autres.
04:29Il y a une dame qui a perdu un oeil à Aix-en-Provence,
04:31qui était une simple passante.
04:33Il y a une dame qui, on l'a vu,
04:34dans le département des Bouches-du-Rhône,
04:36qui s'est fait asperger à bout portant
04:37par un aérosol qui a été allumé.
04:39Donc il est normal que les forces de sécurité intérieure...
04:42Amputées, quand vous voyez qu'aujourd'hui, malgré tout,
04:44il y a au moins...
04:44Il y a combien d'enquêtes de l'IGPN ?
04:46On l'y pense, il y en a combien ?
04:47Ce matin, il y a 18 enquêtes de l'IGPN qui sont ouvertes.
04:49Attention, pas toutes...
04:50Non, ça ne veut pas dire qu'elles vont toutes aboutir, évidemment,
04:52à des conclusions négatives.
04:53Et pas toutes pour l'utilisation de l'armement intermédiaire.
04:58Il y a des enquêtes judiciaires qui sont en cours
05:07et qui détermineront s'il y a eu proportionnalité ou pas
05:09de ces actions.
05:11Il y a une action, évidemment.
05:12Il y a une action de police qui nous interroge tous,
05:14évidemment, au sein du ministère de l'Intérieur,
05:16à commencer par le ministre de l'Intérieur lui-même.
05:17Laquelle ?
05:18C'est évidemment ce qui s'est passé à Lens,
05:19avec une possibilité forte
05:23que ce soit une grenade assourdissante...
05:25Ah, de désencerclement.
05:26Non, une grenade assourdissante.
05:28Donc, j'ai demandé d'ailleurs, dès hier,
05:31que cette grenade ne soit plus utilisée
05:33dans le cadre du mouvement lycéen provisoire.
05:35Vous dites, ce matin, ces grenades-là, vous les interdisez ?
05:38Oui, ce sont les instructions que j'ai passées hier.
05:40D'accord.
05:40Moi, j'ai besoin de comprendre exactement ce qui s'est passé
05:44sur ce type d'armes intermédiaires.
05:46Voilà, il y a eu un jeune homme de 15 ans
05:49qui a eu une main arrachée.
05:49On a besoin de comprendre ce qui s'est exactement passé
05:53en attendant.
05:54Là où il y a l'armée, je ne sais pas s'il l'a ramassée
05:56ou si elle a explosé.
05:58Mais donc, vous interdisez ces armes ce matin ?
05:59Je suspends leur usage pour le mouvement des lycéens
06:02tant que la lumière n'a pas été faite
06:04sur ce qui s'est passé dans cette affaire.
06:05Pour le reste, évidemment, continue à utiliser l'armement intermédiaires.
06:09sur Eden qui a perdu ses dents.
06:12Ça, un policier qui utilise un lance-grenade sur un enfant de 14 ans,
06:18vous allez voir que ça ne vous choque pas, par principe, le lance-grenade.
06:22Il a été mis en examen pour violence volontaire quand même.
06:24Je pense que ça n'a échappé à personne.
06:26Voilà, l'IGPN a fait son travail, il y a eu une enquête, il y a eu une investigation.
06:29Ça ne fait pas de lui un coupable, je le dis, ça ne fait pas de lui un coupable.
06:32Mais voilà, la justice suit son cours, contrairement à ce qu'on peut entendre
06:35sur certains bancs politiques.
06:37Quand les policiers, il y a une suspicion de non-proportionnalité,
06:41il y a toujours des enquêtes judiciaires.
06:42C'est pour ça que le travail qu'ils font, il est remarquable, il est compliqué, il est difficile.
06:45Il faut plutôt les remercier que les accabler.
06:48Mais ces policiers qui sont sur le terrain et qui font un métier difficile,
06:51est-ce qu'ils s'adaptent quand ils ont des jeunes ?
06:54Moi, j'ai une fille de 15 ans, une autre de 13 ans.
06:56Il se trouve qu'elles ne sont pas dans la rue, là, mais elles pourraient l'être.
07:00Et franchement, quand je vois des policiers face à des gamines de 14 ans,
07:04je me demande s'ils adaptent leur façon de maintenir l'ordre à des enfants, c'est des enfants.
07:09Mais bien sûr, on ne gère pas un mouvement de lycéens.
07:12D'ailleurs, j'ai eu l'occasion de le réexpliquer cet après-midi à la commission des lois,
07:15qui m'entend à 15h.
07:16Alors, on ne gère pas un mouvement de lycéens comme on gère un mouvement d'adultes.
07:20Évidemment, il n'y a pas du tout le même engagement, il y a beaucoup plus de proportionnalité.
07:26En revanche...
07:27Par exemple, on peut utiliser des LBD, par exemple.
07:29Monsieur Fogel, quand vous êtes sur l'espace public, aux abords d'un lycée,
07:32que vous avez des individus cagoulés,
07:34qui jettent des projectiles sur les transports en commun qui passent,
07:37qui agressent les forces de l'ordre,
07:39qui essaient de s'en prendre à des enseignants,
07:40je suis désolé, on ne peut pas dire qu'on est en face de gamines,
07:42comme vous le dites, qui ont 14-15 ans.
07:44Donc, il faut qu'il y ait une réponse policière, elle est proportionnelle, adaptée,
07:47mais elle doit exister.
07:48Vous dites quoi aux parents, ce matin ?
07:49Puisque demain, il y a à nouveau une manifestation.
07:52Vous dites quoi aux adolescents qui vont aller manifester,
07:56aux parents qui vont les accompagner ?
07:57Vous leur dites quoi pour demain matin ?
07:58Et après, à vos policiers ?
07:59D'abord, les policiers, ils ont des instructions permanentes,
08:02je vois les préfets quasiment tous les jours en visioconférence,
08:04et je parle très régulièrement à des policiers.
08:07Les policiers, ça connaît parfaitement leur travail,
08:09et ils connaissent le cas de l'égal et réglementaire d'emploi de la force
08:11qui s'effectue toujours dans un cadre proportionnel.
08:13Et quand ça n'est pas le cas, ils savent très bien qu'il y a des enquêtes et qu
08:16'il y a des sanctions.
08:17Donc ça, je n'ai aucun doute là-dessus.
08:19En revanche, évidemment, pour ce qui est des parents et de l'encadrement des manifestations,
08:23dès lors qu'il y a une organisation, dès lors qu'il y a des personnes qui déclarent,
08:27dès lors qu'il y a une discussion avec les forces de l'ordre,
08:29les choses se passent forcément mieux.
08:31Regardez cette journée hier qu'on nous prédisait terrible.
08:33L'intersyndical qui se réunissait, ça devait être terrible.
08:36Déclaration par les organisations syndicales,
08:38contact avec les forces de sécurité intérieure,
08:40256 000 personnes sur l'ensemble du territoire national,
08:45et il n'y a pas eu d'incident en dehors des fins de manifs
08:47que l'ultra-gauche a fait dégénérer et que nous avons contenu.
08:49Vous avez des chiffres qui remontent déjà des renseignements pour demain.
08:52Hier, vous dites 256 000, les organisateurs 450 000.
08:54Pour demain, vous avez l'impression que...
08:55Pour demain, on n'a pas de chiffres.
08:56Alors c'est un appel de l'union syndicale lycéenne.
08:59Donc il n'y a pas de déambulation déclarée a priori.
09:02Mais je donnais l'exemple hier pour vous montrer que
09:04quand on s'organise, quand on travaille avec les organisations syndicales,
09:07on peut manifester, exprimer une revendication,
09:10et ça peut se passer dans le calme.
09:11Le Premier ministre va s'exprimer ce soir à Matignon.
09:14Il y a une inquiétude que ce mouvement finalement s'amplifie ?
09:17Non mais il y a forcément une inquiétude.
09:20Il faut qu'on trouve les conditions et les solutions du dialogue.
09:23Évidemment, pour mon collègue de l'éducation nationale,
09:25et puis pour ce qui me concerne,
09:27évidemment, il y a cette inquiétude,
09:29c'est de continuer à maintenir l'ordre public
09:30et de le faire dans la plus grande proportionnalité.
09:32Ce n'est pas simple, vous savez.
09:35Ce n'est pas simple entre des personnes qui vous disent
09:37qu'on est trop mou, qu'on n'y va pas assez,
09:39qu'il faudrait...
09:41que c'est le chaos, qu'il y a des débordements partout,
09:43et puis d'autres qui vous disent
09:44que les policiers interviennent de manière extrêmement brutale,
09:46extrêmement violente.
09:47La vérité, elle est au milieu,
09:49c'est ce que nous disait hier soir le Président de la République.
09:51On intervient, on maintient l'ordre public,
09:53on le fait dans la proportionnalité,
09:55et on explique ce que nous faisons.
09:57Ce que vous avez fait ce matin sur RTL,
09:58et en précisant que vous interdisiez ces grenades pour le moment...
10:01J'en suspends l'usage uniquement pour le mouvement lycéen.
10:03Uniquement pour le mouvement lycéen,
10:05le temps de comprendre ce qui s'est passé.
10:06Merci Laurent Nunez d'être venu expliquer tout ça ce matin sur RTL.
10:08Merci à vous.