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  • il y a 1 semaine
La crise sanitaire du COVID 19 et les épisodes caniculaires consécutifs nous amène à penser la cité du futur. Quel type et quel mode de construction ? Comment se projeter et comment construire les villes qui laisseront plus de place à l’humain et à l’environnement.


Avec Bruno BOTHUA - Secrétaire général de la fédération CGT Construction bois et ameublement, Jacques BAUDRIER - Adjoint à la maire de Paris en charge de la construction publique, du suivi des chantiers, de la coordination des travaux sur l’espace public et de la transition écologique du bâti. Vice-président de la Commission Aménagement Métropole du Grand Paris, Frédéric MAU - Secrétaire fédéral en charge de la santé au travail à la Fédération CGT Construction bois et ameublement - Salarié de VINCI, Jean-Pascal FRANCOIS - Secrétaire fédéral en charge de l’international à la Fédération CGT Construction bois et ameublement, animé par Fabrice SAVEL, Travailler au Futur.


Débat du lundi 7 septembre 2020 à la CGT dans le cadre de la Fête de l'Humanité 2020.

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Transcription
00:00:00Bonjour, merci de nous rejoindre.
00:00:02La crise sanitaire du Covid-19 et les épisodes caniculaires consécutifs
00:00:06nous amènent à penser la cité du futur.
00:00:09C'est le thème de notre rencontre au Forum Social de la Fête de l'Humanité 2020
00:00:12qui se tient autrement compte tenu des conditions sanitaires imposées pour enrayer la pandémie.
00:00:18Alors, à quoi pourrait ressembler la cité de demain ?
00:00:21Quel type et quel mode de construction ?
00:00:23Comment se projeter et comment construire les villes
00:00:26qui nous laisseront plus de place à l'humain et à l'environnement ?
00:00:29Nous allons en parler avec Bruno Bautois, secrétaire général de la Fédération CGT Construction, Bois et Ameublement
00:00:37avec Frédéric Maud, secrétaire fédéral en charge de la santé au travail
00:00:42à la Fédération CGT Construction, Bois et Ameublement.
00:00:45Vous êtes également salarié de chez Vinci.
00:00:47Vous êtes de chez Vinci, pardon.
00:00:49Bonjour.
00:00:50Bonjour.
00:00:50Nous allons en parler également avec Jacques Baudrier,
00:00:53adjoint à la maire de Paris en charge de la construction publique et du suivi des chantiers.
00:00:57Bonjour.
00:00:58Bonjour.
00:00:58Et enfin, avec Jean-Pascal François, secrétaire fédéral en charge de l'international
00:01:03à la Fédération CGT Construction, Bois et Ameublement.
00:01:08Vous avez, je le sais, chacun beaucoup de choses à dire sur ce vaste sujet
00:01:12que nous allons approfondir pendant un peu plus d'une heure.
00:01:16Aujourd'hui, le bâtiment représente pratiquement un quart des émissions de gaz à effet de serre.
00:01:23C'est juste derrière les transports.
00:01:25Nous aborderons donc ensemble la rénovation énergétique des bâtiments,
00:01:29des habitations individuelles au logement collectif, des bâtiments de bureaux, aux équipements publics.
00:01:35Il y a là, si j'ose dire, un vaste chantier.
00:01:38Un chantier qui dépend de grandes entreprises, de stratégies de grands groupes, du bâtiment notamment,
00:01:45et aussi de choix politiques.
00:01:47D'ailleurs, vous l'avez entendu tous, à l'occasion de l'annonce du plan de relance,
00:01:51le gouvernement Castex prétend justement relancer l'économie par l'écologie,
00:01:55en consacrant, dit-il, 30 milliards au financement de la transition écologique,
00:01:59et notamment par la rénovation énergétique des bâtiments et la décarbonisation de l'industrie.
00:02:05Vous nous direz, je pense, dans notre débat, ce que vous pensez de ce plan,
00:02:11et s'il est à la hauteur des enjeux.
00:02:14Nous aborderons également la question des matériaux de construction,
00:02:17et notamment du plus couramment utilisé, le ciment,
00:02:21dont la production est une industrie ultra-polluante,
00:02:23qui représente de 5 à 7% de la production du gaz à effet de serre.
00:02:27de gaz à effet de serre.
00:02:29Nous évoquerons donc les nouveaux matériaux de construction biosourcés,
00:02:34non-polluants, et notamment la filière bois.
00:02:37Nous aborderons aussi la question des déchets du bâtiment,
00:02:41qui représente près de 46 millions de tonnes par an.
00:02:43Vous me corrigerez si mes chiffres ne sont pas exacts.
00:02:48Et bien sûr, il en a été beaucoup question ces derniers mois,
00:02:51nous évoquerons la santé au travail, les conditions de travail,
00:02:54mais aussi les évolutions nécessaires des métiers de la construction.
00:02:57Je m'arrête là, je vous propose de faire un premier tour de table,
00:03:00en commençant par vous, Bruno.
00:03:02La Fédération CGT Construction Bois et Ameublement,
00:03:06dont vous êtes secrétaire général,
00:03:08a engagé une importante réflexion sur tous ces sujets.
00:03:12Dites-nous, Bruno, quel regard portez-vous sur ces enjeux ?
00:03:15Tout à fait. La Fédération Construction Bois et Ameublement CGT a décidé d'innover en se propulsant sur le après.
00:03:24Alors le après, c'est effectivement comment est-ce qu'on fait pour construire la cité de demain.
00:03:28Alors la cité de demain, on va voir, il y a deux grands axes pour cette cité.
00:03:33Premièrement, c'est la cité.
00:03:35Qu'est-ce qu'on veut demain comme bâtiment ?
00:03:37Qu'est-ce qu'on veut comme réseau ?
00:03:39Qu'est-ce qu'on veut comme transport ?
00:03:41Comment qu'on arrive à construire une mixité sociale
00:03:44et un lien entre vie professionnelle, vie familiale, vie scolaire ?
00:03:49Comment est-ce que la cité sera un lieu de vie, des chances ?
00:03:53Et non pas, comme aujourd'hui on peut voir, par exemple la cité des 4 000,
00:03:56où ça devient plus des lieux dortoirs,
00:04:01où ça devient plus qu'il n'y a plus de possibilité d'avoir de vie sociale,
00:04:04où ça devient qu'on arrive même à avoir des gens mis à marge de la société,
00:04:10complètement en marge, et ça, ça ne peut plus être acceptable.
00:04:12Donc nous, on veut qu'à partir du moment où on dit que la cité devrait être un lieu socialement,
00:04:19viable pour l'ensemble des habitants,
00:04:22comment est-ce qu'on fait pour la construire ?
00:04:23Et comment est-ce qu'on fait pour que cette cité soit à taille humaine ?
00:04:26On a un exemple qui va nous servir, on l'espère,
00:04:29c'est la construction du village olympique pour les Jeux olympiques 2024.
00:04:33On espère que ce lieu, qu'on connaît bien en plus,
00:04:37parce que la fête de l'humain a quand même eu lieu depuis quelques années,
00:04:40comment est-ce que ce lieu qui va être construit devient, après les Jeux,
00:04:44un lieu socialement équitable ?
00:04:46Un lieu où ce soit que du tertiaire, du secondaire,
00:04:49mais aussi de la vie familiale, de la vie culturelle, il se trouve.
00:04:55Le deuxième aspect qu'il faut aborder, c'est qu'il y a la place de l'homme dans cette
00:04:58cité.
00:04:59C'est-à-dire qu'on veut l'aborder sur la cité en dur,
00:05:02la cité bâtiment, la cité construction, mais aussi la cité démocratique.
00:05:07Est-ce qu'on peut imaginer aujourd'hui construire les plus beaux bâtiments,
00:05:10mais qu'en même temps, il n'y ait pas cette place à la démocratie ?
00:05:14Et bien sûr, ça nous fait penser à la cité grecque,
00:05:17ou ça, comment est-ce qu'on remet la démocratie sociale au cœur de la cité ?
00:05:22Donc la fédération, on souhaite porter ces deux sujets.
00:05:26Quand on parle de cité de demain, c'est la cité construite, la cité politique.
00:05:31Alors on reste bien sûr, nous, en ce qui nous concerne, sur la partie travail,
00:05:36puisqu'on est la Confédération Générale du Travail, on n'est pas la Confédération Générale des Travailleurs.
00:05:41Donc c'est bien le travail qui porte notre action revendicative,
00:05:44mais comment qu'à partir du travail, on arrive à avoir une vie digne, une vie sociale,
00:05:49une vie qui nous apporte un peu plus de joie qu'actuellement,
00:05:53en plus avec la période d'isolement qu'on a connue avec le Covid.
00:05:57Après, comme vous le parlez, c'est comment est-ce qu'on aborde les matières premières ?
00:06:01On va le voir, mais est-ce qu'il est concevable aujourd'hui
00:06:04et d'aller chercher des bois de l'autre côté des océans ou du bois en Pologne ou du bois
00:06:10en Roumanie
00:06:11pour construire une charpente, pour construire un immeuble, par exemple, en nouvelle technologie qu'est le bois ?
00:06:17Ben non, pas du tout.
00:06:18Donc il faut qu'on réfléchisse maintenant pour pouvoir construire la cité.
00:06:21Si on prend l'île de France et Jacques-Baudrillé, c'est là pour débattre avec nous.
00:06:26Est-ce qu'il faut construire avec des bois, avec des matériaux locaux ?
00:06:30Et plus on pousse, plus on y réfléchit, on se dit que finalement, la cité de demain va ressembler de
00:06:34plus en plus
00:06:35à ce que faisaient nos arrière-grands-parents.
00:06:37C'est-à-dire qu'en Bretagne, on va construire avec du granit, avec des ardoises.
00:06:40Et dans d'autres régions de France, on va construire avec d'autres matériels, avec les tuiles, ainsi de suite.
00:06:45Et si on ne construit pas avec de la matière première locale, on ne fera pas de l'écologique durable.
00:06:53Et ça, c'est essentiel.
00:06:54Mais ça veut dire que pour construire en 2050, 2060, il faut qu'on réfléchisse maintenant
00:06:59qu'est-ce qu'on met comme réserve, réserve forestière, mais pas que.
00:07:02On verra, on va en débattre tout à l'heure, on va échanger sur le calcaire.
00:07:05Jean-Pascal nous parlera de la situation des cimenteries du calcaire,
00:07:09parce que la taxation européenne est hyper importante.
00:07:13On est en train de porter, la Fédération porte auprès des députés européens,
00:07:16un sujet sur cette taxation-là, parce qu'aujourd'hui, on ne peut pas dire
00:07:19qu'on va aller chercher dans d'autres pays militariens,
00:07:22dans des conditions humaines inacceptantes d'exploitation, du calcaire,
00:07:25pour faire du ciment pour construire des immeubles à Paris.
00:07:27Ce n'est pas possible.
00:07:28Donc tous ces points-là, on veut les échanger.
00:07:30Je ne vais pas tout échanger maintenant, parce que c'est une présentation,
00:07:32mais c'est ce qu'on souhaite dans le débat.
00:07:34Et aussi, on souhaite, dans la préparation du 4e congrès de la Fédération FNS-CBRE,
00:07:39le CGT, il aura lieu au mois de juin à l'année prochaine,
00:07:42et ce sera le support pour les années qui viennent de l'axe revendicatif de la Fédération.
00:07:48Merci Bruno.
00:07:51Jacques Baudrier, vous êtes, je le rappelle, adjoint à la maire de Paris,
00:07:56en charge de la construction publique, du suivi des chantiers,
00:07:59de la coordination des travaux sur l'espace public,
00:08:01et de la transition écologique du bâti.
00:08:03Autant dire que votre délégation touche au cœur des enjeux de notre débat d'aujourd'hui.
00:08:08Alors Jacques Baudrier, selon vous, c'est quoi la cité de demain,
00:08:11et comment on l'a construit, et compris dès aujourd'hui ?
00:08:15Moi, la réponse qu'a faite Bruno Bottua me va bien.
00:08:19La cité de demain, c'est à la fois un lieu de vie aménagé
00:08:22pour que chacun puisse s'y rencontrer, avec la mixité fonctionnelle,
00:08:25on travaille et on vit dans les mêmes endroits,
00:08:30pas cloîtrés, cloisonnés,
00:08:31et c'est à la fois un lieu démocratique,
00:08:34un lieu, un espace politique démocratique,
00:08:36parce que la démocratie, il faut se battre pour la conserver et la développer,
00:08:39et ça n'a rien d'évident.
00:08:42Et je crois que c'est que un syndicat comme la Confédération Socialité et Construction
00:08:46prenne tous ses aspects, y compris démocratiques,
00:08:49c'est quelque chose d'important.
00:08:50Puis c'est aussi, on est dans la construction,
00:08:52et c'était le demain, c'est au vu des enjeux environnementaux,
00:08:56sociaux et environnementaux,
00:08:57ce qu'il faut toujours lier les deux,
00:08:58parce que l'éclat d'excellence environnementale sans l'excellence sociale,
00:09:02on ne peut pas y arriver, c'est notre conception en tant que communiste,
00:09:05et bien c'est aussi un lieu durable du point de vue environnemental,
00:09:08et là on voit bien que l'urgence climatique est de plus en plus prégnante.
00:09:13On a été élu à Paris sur un programme très volontariste du point de vue environnemental,
00:09:17et je m'en félicite,
00:09:18et avec une sensation de l'urgence,
00:09:20parce que maintenant, ce qu'on ne fait pas maintenant,
00:09:22dans les dix ans à venir, on ne pourra plus les faire.
00:09:25La maire de Paris est coutume de dire,
00:09:26on est la dernière génération à pouvoir vraiment lutter pour le climat.
00:09:32Donc il faut faire des choix de rupture pour cela.
00:09:34Et ça impacte deux grands secteurs que vous avez cités,
00:09:38le transport et le bâtiment, les BTP.
00:09:41Les transports, ce n'est pas l'objet premier de notre débat,
00:09:44mais il faut se déplacer vraiment différemment dans les villes,
00:09:47diviser par deux le nombre de kilomètres parcours en voiture,
00:09:49avec des voitures beaucoup moins lourdes.
00:09:51Et ça, ça impose des politiques nationales de réglementation
00:09:55qui ne sont pas mises en œuvre aujourd'hui.
00:09:57Et on se déplace beaucoup plus en transport en commun, en vélo.
00:10:00Ça, c'est des politiques publiques très fortes.
00:10:02On voit à Paris, on progresse beaucoup de ce point de vue-là,
00:10:04puisque, on voit bien, je suis venu ici en vélo,
00:10:07et il y a énormément de vélos, et il faut que ça continue,
00:10:10mais encore beaucoup plus fort que ce qu'il y a actuellement,
00:10:12parce qu'autrement, on n'y arrivera pas.
00:10:13Donc, on est en train de gagner un certain nombre de batailles
00:10:15du point de vue des transports.
00:10:16On n'est pas au bout, très loin de là,
00:10:18en particulier sur tous les transports de marchandises,
00:10:20mais il y a des progrès qui sont faits.
00:10:22Et puis, il y a l'autre grand volet, c'est celui qui nous rassemble,
00:10:25c'est celui de la construction, le BTP.
00:10:27Et si on n'arrive pas à construire autrement,
00:10:30si on n'arrive pas à réhabiliter massivement les bâtiments existants,
00:10:33on va consommer beaucoup trop, émettre beaucoup trop de CO2,
00:10:37consommer beaucoup trop d'énergie,
00:10:38et ça sera une catastrophe.
00:10:40Donc, sans un tournant majeur dans le domaine de la construction,
00:10:44il n'y a pas de cité de demain,
00:10:45parce qu'on aura une édition de la température insupportable.
00:10:48Donc, c'est vraiment un élément essentiel.
00:10:51Parce qu'aujourd'hui, il y a des choses qui progressent,
00:10:53la réglementation, il y a une nouvelle réglementation thermique
00:10:56qui est en train d'être élaborée,
00:10:58il y a des choses qui progressent,
00:10:58il y a des expérimentations intéressantes.
00:11:00Il faut quand même se dire qu'on n'est à,
00:11:02même pas à 5% des efforts qu'on devrait faire pour arriver.
00:11:05Donc, le rythme, c'est une rupture massive
00:11:07qu'il faut faire pour réhabiliter plus.
00:11:11Parce qu'aujourd'hui, près des trois quarts des bâtiments
00:11:13qui émettront des CO2 en 2050,
00:11:17ils sont déjà construits.
00:11:18Donc, l'enjeu de la réhabilitation massive
00:11:22du parc de bâtiments,
00:11:24logements, bâtiments tertiaires,
00:11:25tout type de bâtiments,
00:11:26c'est un enjeu énorme,
00:11:27et un chantier énorme, d'ailleurs,
00:11:28en termes d'emploi.
00:11:29C'est sans doute le premier gisement d'emploi du futur.
00:11:32Donc, il y a déjà 2 millions de personnes à VTP.
00:11:35Si on veut gagner la bataille pour le climat,
00:11:37il faut qu'il y ait beaucoup plus d'emplois
00:11:38dans les filières de la construction,
00:11:40en particulier dans le bâtiment.
00:11:41Et c'est aussi la construction,
00:11:43construire avec d'autres matériaux.
00:11:44Et ça, ça pose plein de questions.
00:11:46À Paris, on a vraiment fait un virage très fort dans le domaine.
00:11:50On n'est plus dans le domaine de l'expérimentation.
00:11:52On n'est pas encore à la sortie du béton,
00:11:54mais on essaye de s'en rapprocher.
00:11:56On construit maintenant des bâtiments
00:11:58où il n'y a plus que du bois,
00:12:00de la paille, de la terre crue,
00:12:02issus souvent, d'ailleurs, des chantiers du Grand Paris Express.
00:12:04On construit la métro et on construit des bâtiments avec l'échelle.
00:12:08Et maintenant, nos bâtiments consomment beaucoup,
00:12:10beaucoup moins,
00:12:11qui sont construits aujourd'hui,
00:12:12beaucoup, beaucoup moins qu'il y a ceux d'il y a 5 ou 10 ans.
00:12:16Mais le sujet, c'est qu'on n'est pas encore aidé,
00:12:19au niveau qu'il le faudrait,
00:12:20les réglementations, les filières d'approvisionnement.
00:12:22Par exemple, le bois, ça implique des filières massives.
00:12:25La terre et la paille, c'est, je dirais, moins compliqué,
00:12:28parce que la paille, on en est énormément en Ile-de-France.
00:12:30Mais on n'est pas encore aidé financièrement,
00:12:33parce que ça représente des investissements absolument énormes
00:12:35pour réhabiliter, rien qu'en tant que collectivité,
00:12:38nous, on a 5 millions de mètres carrés
00:12:39de construction publique à Paris.
00:12:41Réhabiliter tout ça à l'horizon de 2050,
00:12:43c'est un chantier énorme financièrement.
00:12:45Et on n'est pas, on se retrouve, en tout cas,
00:12:48des acteurs publics ont de moins en moins de moyens,
00:12:50puisque c'est l'austérité qui est demandée
00:12:53à tous les acteurs publics.
00:12:55On encourage l'entreprise privée, on baisse les impôts,
00:12:58on donne moins de dotation aux collectivités,
00:13:00ce qui fait que pour assumer ces chantiers énormes,
00:13:02on a de moins en moins de moyens.
00:13:03Donc il y a vraiment une distorsion énorme.
00:13:05Et il y a toute l'organisation,
00:13:09la politique publique nationale, en termes de filières,
00:13:12à organiser pour préparer cette cité demain,
00:13:15donc des investissements monstrueux,
00:13:16des millions d'emplois à créer.
00:13:17Ça implique des politiques publiques.
00:13:20Nous, moi, je suis adjoint en charge des constructions publiques,
00:13:23donc je suis en charge, pour la vérité,
00:13:26et ce n'est pas un hasard,
00:13:27de la transition écologique du bâti.
00:13:29J'étais déjà élu en charge des constructions publiques,
00:13:31maintenant je suis aussi à transition écologique du bâti.
00:13:32Donc ça veut dire que cette politique publique,
00:13:34la municipalité de Paris,
00:13:36qui n'est pas anecdotique à l'échelle de la France,
00:13:38fait le choix de l'affirmer comme une grande politique publique.
00:13:41Et sans doute, en termes d'investissement public,
00:13:43ça va être un des postes majeurs,
00:13:45en termes de centaines de millions d'euros.
00:13:46Mais il faut que ces choix,
00:13:48ça ne soit pas seulement une commune,
00:13:49d'autres aussi s'y mettent,
00:13:51mais que ça soit une grande politique publique nationale,
00:13:54organisée par filière,
00:13:55avec des réglementations qui aident,
00:13:57aussi des politiques sociales,
00:13:58qui permettent que toute cette filière s'organise
00:14:00dans des conditions optimales,
00:14:02ce qui est très loin d'être le cas dans le bâtiment.
00:14:04Je crois que d'autres intervenants pourraient y revenir.
00:14:06Donc il y a vraiment tout à faire,
00:14:07et surtout il y a tout à faire très vite,
00:14:09parce qu'on n'a pas le temps.
00:14:10Donc nous, on est vraiment dans l'urgence.
00:14:13Donc on a notre chef du service des bâtiments,
00:14:16et on l'a nommé chef du service de la recherche et développement dans le bâtiment,
00:14:20et pour expérimenter le plus vite possible le maximum de techniques.
00:14:25Donc on essaye d'aller très très vite,
00:14:27et la cité de demain, nous, en tout cas,
00:14:29la collectivité parisienne, on y travaille à toute vitesse,
00:14:31et c'est vraiment un changement culturel
00:14:34qu'on élabore très rapidement,
00:14:35et avec une certaine angoisse,
00:14:37parce qu'il faut qu'on le fasse très vite,
00:14:39et on n'a plus le temps de faire de l'expiration pour faire plaisir,
00:14:42et qu'il faut qu'on massifie les travaux
00:14:44pour construire un avenir pour demain.
00:14:47Merci Jacques Baudrier.
00:14:50Frédéric Maud,
00:14:51vous avez en charge les questions de santé
00:14:53à la Fédération CGT Construction Bois et Allongement.
00:14:58Vous êtes également salarié de Vinci depuis 30 ans, je crois.
00:15:03Avec votre expérience au sein d'un grand groupe,
00:15:05d'un géant de la construction,
00:15:07et vos responsabilités pour la santé au travail,
00:15:11quel regard portez-vous d'abord sur la stratégie
00:15:13de ces géants du bâtiment,
00:15:17mais aussi,
00:15:18quelles réflexions vous avez sur les métiers,
00:15:21d'abord les conditions de travail,
00:15:22actuelles,
00:15:23les emplois actuels du bâtiment,
00:15:252 millions de salariés,
00:15:28et aussi sur quelles évolutions
00:15:33doivent connaître ces métiers
00:15:35pour construire la cité de demain ?
00:15:37Alors, je ne vais pas faire le pessimiste pour être pessimiste,
00:15:44mais peut-être plus pour réveiller un peu la conscience collective.
00:15:50L'orientation est prise déjà depuis une trente...
00:15:53sur la stratégie actuelle.
00:15:56L'orientation est prise déjà depuis une bonne trentaine d'années.
00:16:01Pour la cité, c'est le centre des affaires au milieu.
00:16:07Les services, alors les services, pas les services à la personne,
00:16:10les services à l'entreprise, sont autour.
00:16:14Et ensuite, en fonction du niveau social,
00:16:19les habitations sont de plus en plus éloignées,
00:16:23selon le niveau de vie sociale et salariale qu'on peut avoir.
00:16:27Voilà. Ce qu'on entend partout,
00:16:31en Commission européenne et ailleurs,
00:16:34tout ça nous est présenté dans le cadre d'un Green Pact.
00:16:38Voilà, c'est des jolis mots, c'est des jolis trucs.
00:16:41Et au final, nous...
00:16:43Alors, je vais être un peu simpliste,
00:16:45mais que tout le monde comprenne.
00:16:47C'est-à-dire qu'au nom de l'écologie,
00:16:50les ouvriers, les plus...
00:16:52qui ne sont pas...
00:16:53Enfin, on est prolétaire,
00:16:54donc on n'est pas forcément les mieux lotis,
00:16:57et avec leurs camionnettes,
00:17:01vont devoir faire quand même les 40 ou 80 km
00:17:04aller-retour quotidiennement
00:17:06pour aller effectuer l'ensemble des travaux
00:17:09dans les villes et etc.
00:17:12Avec des véhicules très polluants,
00:17:14vous l'avez dit.
00:17:15Le BTP, son activité,
00:17:17elle est à 85 % polluante.
00:17:21Ça, c'est dans la presse.
00:17:24Enfin, il y a consensus là-dessus.
00:17:25À 85 %, on pollue.
00:17:28Donc voilà la stratégie.
00:17:30Moi, je n'ai pas l'impression...
00:17:31Alors, il y a plein de déclarations,
00:17:33et il y a des efforts qui sont faits,
00:17:34qu'on ne peut pas ignorer,
00:17:36que ce soit sur la ville de Paris et ailleurs,
00:17:38même dans les grands groupes.
00:17:39Il y a des choses qui sont faites.
00:17:41Nous, ce qu'on dit, c'est...
00:17:42Est-ce que c'est vraiment à la mesure de l'enjeu ?
00:17:45Ça vient d'être dit.
00:17:46Les crédits sont...
00:17:47Voilà, sont pressés.
00:17:49Il faut qu'on aille vite, etc.
00:17:52Pour l'instant, nous, tout ce qu'on observe,
00:17:54c'est que c'est toujours le même schéma,
00:17:56à savoir les affaires et le business d'abord,
00:17:59ensuite autour, voilà, ce qui fonctionne, etc.
00:18:01On n'a pas le revirement escompté.
00:18:04Néanmoins, sur Paris,
00:18:06je prends Paris,
00:18:08mais les Parisiens ne conçoivent
00:18:13le réchauffement climatique
00:18:14que depuis le mois de juillet 2019,
00:18:18là où on a eu 43, 44 degrés.
00:18:21Moi, je rappelle juste un...
00:18:22Paris, 50 degrés, c'est létal.
00:18:24C'est-à-dire que la population ne peut plus y vivre.
00:18:26Ça aussi, ça a annoncé.
00:18:28Il y a un consensus scientifique autour.
00:18:30On n'y est pas loin, quand même.
00:18:32On n'y est pas loin.
00:18:33On n'y est pas encore,
00:18:34mais ça peut tomber d'une année à l'autre.
00:18:37Donc, pour le coup, en effet,
00:18:38il faut que ce soit urgent.
00:18:40Moi, tous les milliards qu'on nous annonce, etc.,
00:18:43on nous dit qu'il y a un plan.
00:18:45Bon, c'est bien un plan.
00:18:46Il y a un plan, mais ce que j'ai pu voir,
00:18:48parce qu'on n'a pas tous les éléments,
00:18:49mais il n'y a pas de planification.
00:18:51À un moment donné, le plan sans planification,
00:18:53c'est un peu contraint.
00:18:57Le devenir des salariés,
00:18:58là aussi, c'est en route.
00:19:00Ça a été dit,
00:19:01mais nous, on ne conçoit pas d'environnement
00:19:03sans excellence sociale,
00:19:05parce que faire faire le travail
00:19:08par des gens pauvres,
00:19:12en détresse, etc.,
00:19:14on ne voit pas comment on pourrait aboutir
00:19:16à des ouvrages propres.
00:19:19On a du mal à le concevoir.
00:19:23La question qui se pose,
00:19:25avec les nouvelles technologies,
00:19:26c'est quel type de formation
00:19:29et d'accompagnement
00:19:30qui n'existe pas actuellement.
00:19:31On a les méthodes du BIM.
00:19:34On parlait d'imprimante 3D.
00:19:36C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
00:19:37on est maçon,
00:19:38mais demain,
00:19:40si l'imprimante,
00:19:41elle fait la maison dans l'usine,
00:19:43demain, on n'est plus maçon,
00:19:44on est monteur.
00:19:46Quid de cet accompagnement
00:19:48et de ces choses comme ça.
00:19:51Là aussi,
00:19:52on observe des choses
00:19:52assez ahurissantes,
00:19:54à moins que les déchets
00:19:55de construction
00:19:57vous en parlent maintenant.
00:19:58On peut y aller.
00:19:59Nous, on trouve...
00:20:01Vous avez indiqué les volumes,
00:20:03qui sont immenses.
00:20:05Nous, on trouve que,
00:20:08écologiquement,
00:20:09dans la tête,
00:20:10ça fait bien recyclage,
00:20:11qui était le métier
00:20:12des crassous d'hier
00:20:13et qui sera le métier
00:20:14de l'élite pour demain.
00:20:16Parce que ça engrange
00:20:16de la plus-value,
00:20:17qui est beaucoup plus importante
00:20:18aujourd'hui qu'auparavant.
00:20:20Du coup,
00:20:21on a un desserrage
00:20:24des moyens de contrôle
00:20:28et un déchet...
00:20:29Enfin, moi, je rappelle
00:20:30que les bétons
00:20:31et les enrobés des routes,
00:20:34on a mis l'amiante dedans
00:20:36depuis 1997,
00:20:37dès que ça a été interdit.
00:20:38Les tas d'amiante,
00:20:39ils ne se sont pas volatilisés
00:20:41comme ça, par magie.
00:20:42On les a mis dans les bétons
00:20:44et dans les routes.
00:20:45Donc, on nous propose
00:20:46de recycler, de casser,
00:20:47de détruire, de démolir
00:20:49et de remplacer,
00:20:50mais en réintroduisant
00:20:51du matériau pollué
00:20:53et polluant.
00:20:55Encore une fois,
00:20:56s'il y a les contrôles
00:20:57et qu'on arrive à trier,
00:20:59pourquoi pas ?
00:21:00Aujourd'hui, nous,
00:21:01Fédération CGT de la construction
00:21:03du bois et de l'ameublement,
00:21:04on émet de forts doutes.
00:21:06Quand on voit l'état actuel
00:21:07du corps d'inspection du travail,
00:21:10dans l'état où ils sont
00:21:11et également l'ensemble
00:21:13des autres institutions de contrôle,
00:21:15on reste perplexe.
00:21:16Et pour l'instant,
00:21:17nous, on observe davantage
00:21:19d'incantatoires
00:21:20que de pratico-pratiques.
00:21:23Merci, Frédéric.
00:21:24Je propose qu'on continue
00:21:25notre tour de table
00:21:26avec Jean-Pascal François.
00:21:29Il nous reviendra
00:21:30sur un certain nombre
00:21:31de sujets abordés
00:21:32par les uns et les autres.
00:21:35Jean-Pascal,
00:21:36vous êtes secrétaire fédéral
00:21:37en charge de l'international,
00:21:39la fédération CGT
00:21:41construction bois et à beulbement.
00:21:42On le voit bien,
00:21:43on est dans des enjeux locaux,
00:21:46nationaux et mondiaux.
00:21:48Quel regard vous portez
00:21:50du point de vue international ?
00:21:53Alors, du point de vue international,
00:21:54il faut dire qu'en face de nous,
00:21:55on a les majors,
00:21:57les majeurs,
00:21:58c'est-à-dire Buick, Vinci, Lafarge,
00:22:01c'est quand même des entreprises
00:22:01qui pèsent mondialement.
00:22:04Et à ce titre,
00:22:05ce ne sont pas
00:22:06des entreprises philanthropes.
00:22:08Ce sont des entreprises capitalistes
00:22:10qui sont là pour faire,
00:22:11évidemment, de l'argent.
00:22:14Et pour leur imposer des choses,
00:22:16il faut de la force
00:22:16de la puissance publique.
00:22:18C'est là que, moi,
00:22:19en tant que syndicaliste,
00:22:21je regarde Jacques et je lui dis
00:22:23s'il n'y a pas des règles contraignantes
00:22:26à ces entreprises,
00:22:27renforcement d'inspection du travail
00:22:29ou des règles de construction écologique,
00:22:31il n'y aura pas d'efforts faits
00:22:33par ces entreprises qui,
00:22:35bonhomme en l'an,
00:22:36en faisant ce qu'elles font,
00:22:37font assez d'argent
00:22:38pour faire vivre leurs actionnaires.
00:22:41Parce que la cité de demain,
00:22:43c'est la cité de maintenant.
00:22:44Il y a urgence.
00:22:47Et nous, les constructeurs,
00:22:50on s'oppose à un dilemme.
00:22:52Les cités, les maisons
00:22:53ou les immeubles
00:22:54qu'on veut construire actuellement
00:22:56ne sont pas des immeubles
00:22:59pour abriter les constructeurs.
00:23:02Parce que le niveau du prix de la construction,
00:23:04il est tellement élevé
00:23:05sur ces immeubles dits écologiques,
00:23:07parce que là aussi,
00:23:08vous faites attention à ce qu'on dit,
00:23:10sont quand même assez élevés,
00:23:12trop élevés,
00:23:12pour que les constructeurs,
00:23:14c'est-à-dire ceux qui construisent
00:23:15ces immeubles,
00:23:16n'aient pas le moyen d'y habiter.
00:23:17Donc demain, la cité de demain,
00:23:19c'est déjà une cité écologique
00:23:20où l'ensemble des salariés
00:23:24pourront y vivre.
00:23:26C'est mon camarade Ibrahim
00:23:27qui me dit,
00:23:28Jean-Pascal, moi,
00:23:29quand j'ai fait 8 heures
00:23:29sur mon chantier,
00:23:31je rentre chez moi
00:23:32avec mes enfants,
00:23:33moi, je veux vivre
00:23:34dans une cité correcte,
00:23:35dans un logement correct
00:23:36où il fait bon vivre.
00:23:39Donc ça, c'est déjà
00:23:40une première chose
00:23:40parce qu'on a toujours
00:23:42des bonnes idées,
00:23:43des beaux exemples,
00:23:44de beaux immeubles en bois,
00:23:46mais qui sont inaccessibles,
00:23:48inaccessibles financièrement
00:23:49à l'achat par des salariés,
00:23:52ce que Fredo appelle
00:23:53par des prolétaires.
00:23:55Mais là-dessus,
00:23:56c'est une volonté,
00:23:57c'est la volonté des politiques
00:24:00de faire changer ça.
00:24:02Et ça, c'est des choses que...
00:24:04Bon, là-dessus,
00:24:04moi, je suis confiant,
00:24:05quand même.
00:24:07Parce qu'il y a beaucoup
00:24:08de choses à faire.
00:24:08Déjà, la cité de demain,
00:24:09ça sera une cité
00:24:10qui sera régionale.
00:24:11C'est-à-dire que la construction
00:24:12ne pourra être faite,
00:24:14comme l'a dit Bruno,
00:24:15que sur des matériaux régionaux.
00:24:18Et là, c'est pareil.
00:24:20C'est quelle prérogative
00:24:21dans nos mondes politiques
00:24:22d'imposer des normes
00:24:25de construction
00:24:27sur...
00:24:28Évidemment, chez moi,
00:24:29j'avais vu la vallée du Rhône,
00:24:30c'est du pisé.
00:24:31Où il y a des forêts,
00:24:32ça sera des constructions au bois.
00:24:33Mais voilà,
00:24:34il y a toutes ces questions-là
00:24:35qu'il faut qu'on réfléchisse.
00:24:38sur la cité de demain,
00:24:40c'est aussi écologiquement,
00:24:42par exemple,
00:24:42c'est les bâtiments,
00:24:44les bâtiments où les gens vivent,
00:24:45c'est 18% de la consommation électrique
00:24:48et donc également
00:24:50de ce qu'on appelle
00:24:51de la carbonisation.
00:24:53Là, on voit bien
00:24:54qu'on a une grande campagne
00:24:55d'isolation
00:24:58actuellement à 1 euro.
00:25:00On le voit tous,
00:25:01isoler vos maisons à 1 euro.
00:25:02Alors déjà, moi, là,
00:25:03je veux dire, franchement,
00:25:04moi, ça me fait peur.
00:25:05Vu le nombre d'entreprises
00:25:06qui interviennent
00:25:07sur ces travaux à 1 euro,
00:25:10ça me fait peur,
00:25:10surtout que quand...
00:25:11C'est un exemple,
00:25:12c'est un camarade
00:25:13qui habite à côté de chez moi,
00:25:14on lui dit,
00:25:14bon, tu dépasses un peu
00:25:15au niveau des impôts
00:25:17pour te faire isoler 1 euro,
00:25:19mais vous inquiétez pas, monsieur,
00:25:20on va vous faire.
00:25:21Il l'a fait la semaine dernière.
00:25:22Il y a eu...
00:25:23Donc là, déjà,
00:25:24moi, je me pose
00:25:25beaucoup de questions
00:25:25sur ces...
00:25:28Comment je dirais ?
00:25:30Voilà, ces mesures
00:25:33écologiques,
00:25:33parce qu'il y a un besoin
00:25:34qui,
00:25:36et comme l'a titré
00:25:37la semaine dernière
00:25:38le Parisien,
00:25:39isolation à 1 euro,
00:25:41c'est dans les mains
00:25:41de la mafia, quoi.
00:25:42Des mafias,
00:25:43pas de la mafia italienne,
00:25:44mais des mafias.
00:25:44Donc ça, c'est des éléments aussi
00:25:45où je renvoie
00:25:47à la puissance publique
00:25:48ou parapublique
00:25:50sur ces effets.
00:25:52Mais...
00:25:53Alors, je continue
00:25:54trois exemples.
00:25:55La construction,
00:25:56alors, internationale.
00:25:57La Farge.
00:25:58Grand groupe international.
00:25:59La Farge Holcim.
00:26:01La Farge, c'était français.
00:26:03Quand ils se sont alliés
00:26:04avec Holcim,
00:26:05le siège social,
00:26:07il est devenu Suisse,
00:26:08chez Holcim.
00:26:09Certainement que l'air
00:26:10il n'y ait plus sain
00:26:11en Suisse.
00:26:12Je sais pas si c'est
00:26:13la vraie raison
00:26:14d'avoir mis,
00:26:14je pense pas,
00:26:15le siège chaussé
00:26:16à la Farge Holcim
00:26:17en Suisse,
00:26:17mais voilà.
00:26:19Disons que la Farge Holcim,
00:26:20en France,
00:26:21ils ont fermé,
00:26:22comme disait Bruno,
00:26:23trois usines de ciment.
00:26:25Grâce à ces trois usines
00:26:26fermées,
00:26:27ils ont touché,
00:26:28du fait qu'ils ne polluent plus,
00:26:31435 millions d'euros
00:26:32de la communauté européenne.
00:26:36Donc, d'un côté,
00:26:38on nous donne des éléments
00:26:41pour faire plus écologique.
00:26:42On est obligé d'avoir une cité,
00:26:43on est obligé d'avoir une cité
00:26:45qui devrait être meilleure,
00:26:46mieux à vivre.
00:26:48Et d'un autre côté,
00:26:49on finance,
00:26:50par le biais
00:26:51de la décarbonisation européenne,
00:26:53une entreprise
00:26:54qui s'appelle
00:26:54la Farge Holcim,
00:26:55qui n'a pas besoin d'argent
00:26:56et qui ferme,
00:26:57comme je vous dis,
00:26:57qui ferme des entreprises.
00:26:59Trois entreprises
00:27:00et qui ont touché
00:27:01435 millions
00:27:02le droit
00:27:02à ne pas polluer.
00:27:04Voilà quelques exemples.
00:27:07Tout est à faire.
00:27:08On a besoin de travailler
00:27:09avec le monde politique,
00:27:12avec les élus
00:27:14du Parti communiste
00:27:15de la mairie de Paris
00:27:16sur ces questions
00:27:17parce que c'est quand même
00:27:18un sujet qui est très prégnant.
00:27:20Et en face de nous,
00:27:21je répète,
00:27:22ce ne sont pas des philanthropes.
00:27:23Ce sont des gens
00:27:24qui sont là
00:27:25pour faire de l'argent.
00:27:28Jacques Baudrier,
00:27:29vous avez été.
00:27:31gentiment interpellé
00:27:31à plusieurs reprises
00:27:32comme responsable politique,
00:27:34comme élu
00:27:34d'une importante collectivité.
00:27:38Peut-être,
00:27:39vous l'avez dit tout à l'heure,
00:27:42on voit que c'est urgent.
00:27:44C'est-à-dire que là,
00:27:44on est sur quelque chose
00:27:47qui va se jouer
00:27:47sur plusieurs décennies,
00:27:48si j'entends bien
00:27:49tout ce que vous dites.
00:27:50Et en même temps,
00:27:51c'est maintenant
00:27:51qu'il faut commencer.
00:27:52C'est maintenant.
00:27:53C'est quoi les actions concrètes,
00:27:55là,
00:27:56dans les mois,
00:27:57les années à venir,
00:27:58sur Paris,
00:27:59concernant
00:28:02les bâtiments publics,
00:28:04les bâtiments de transport,
00:28:05mais aussi,
00:28:06peut-être,
00:28:07les matériaux,
00:28:11les conditions
00:28:11de travail
00:28:14de ces gens.
00:28:16Donc, voilà,
00:28:16on voit que c'est
00:28:17un petit peu compliqué.
00:28:20Ce qu'on va faire, nous,
00:28:23c'est déjà,
00:28:24Paris est engagé,
00:28:26on ne commence pas maintenant,
00:28:27et engagé dans une dynamique.
00:28:29On a un parc de logements sociaux
00:28:30très important
00:28:31et on est la collectivité
00:28:32qui rénove,
00:28:34qui réhabilite globalement,
00:28:35mais aussi,
00:28:36du point de vue énergétique,
00:28:37le plus en proportion
00:28:39de logements sociaux.
00:28:40C'est 4500 par an.
00:28:42C'était 4500 par an.
00:28:43On va passer à 5000 par an.
00:28:44Donc là,
00:28:44on est en ligne
00:28:45avec les objectifs
00:28:47réduire par le facteur 4
00:28:48la consommation
00:28:49avec notre plan climat
00:28:50qui a été voté
00:28:51à l'unanimité
00:28:52et qui est extrêmement ambitieux,
00:28:54mais ça correspond
00:28:55à des investissements
00:28:56de plus de 200 millions
00:28:58d'euros par an
00:28:58rien que pour rénover
00:28:59les logements sociaux
00:29:00sur Paris.
00:29:01Donc,
00:29:02c'est un effort financier
00:29:03extrêmement important
00:29:04que la ville de Paris
00:29:04est croissant,
00:29:06parce que plus on rénove,
00:29:07plus c'est les logements
00:29:08de plus en plus durs
00:29:09à rénover.
00:29:09C'est plus d'un milliard
00:29:11rien que pour les rénovations
00:29:13énergétiques
00:29:13des logements sociaux
00:29:14à Paris sur un mandat,
00:29:15c'est plus d'un milliard.
00:29:17C'est sur nos bâtiments,
00:29:18c'est aussi des enjeux
00:29:19financiers du même ordre.
00:29:20Donc,
00:29:20c'est des investissements
00:29:21énormes,
00:29:22énormes pour la ville de Paris
00:29:23et même pour la ville de Paris
00:29:26qui a un certain nombre
00:29:27de moyens,
00:29:28mais du fait des baisses
00:29:28de dotations
00:29:29aux collectivités,
00:29:30ça devient un sujet
00:29:31de les financer.
00:29:32Et ça impose derrière
00:29:34d'avoir toute une organisation.
00:29:36On a un très gros service
00:29:37d'architecture
00:29:38pour les bâtiments.
00:29:38Donc,
00:29:39voilà,
00:29:39c'est qu'on s'engage
00:29:40dans des investissements
00:29:41massifs,
00:29:42ça fait partie
00:29:42des plus grands chantiers
00:29:44d'investissement de la ville.
00:29:46Un des premiers.
00:29:47Avec le logement social,
00:29:49avec l'espace public,
00:29:50les transports,
00:29:51toute la politique
00:29:52des transports,
00:29:52l'amélioration
00:29:53des espaces publics,
00:29:53les pistes cyclables,
00:29:54etc.
00:29:54C'est un des gros postes.
00:29:56Voilà,
00:29:56c'était d'ailleurs
00:30:00vraiment un gros poste.
00:30:01On se bat pour le climat.
00:30:03C'est une très grosse priorité.
00:30:04Donc,
00:30:05c'est une de nos plus grosses
00:30:06politiques publiques.
00:30:07et avec une part croissante,
00:30:10celle qui progresse le plus vite.
00:30:11Donc,
00:30:11c'est vraiment un choix massif.
00:30:12Et après,
00:30:13c'est déjà l'enjeu financier.
00:30:15Et après,
00:30:15ça veut dire que derrière,
00:30:17il y a toute une ingénierie,
00:30:19une compétence à tous les niveaux,
00:30:20au niveau des architectes.
00:30:21On a un service
00:30:22avec près de 80 architectes
00:30:24pour nos bâtiments publics,
00:30:25avec les agents de maîtrise,
00:30:27les ouvriers,
00:30:28de former tout ce monde-là
00:30:29aux nouvelles techniques,
00:30:30nouvelles technologies,
00:30:30et puis construire autrement.
00:30:31C'est-à-dire que tout gramme de béton
00:30:34qu'on peut éviter,
00:30:35on l'évite.
00:30:35Et tout ce qu'on peut faire en paille,
00:30:37avec des matériaux biosourcés,
00:30:38en bois,
00:30:40en pisé,
00:30:41en terre,
00:30:42tout au maximum.
00:30:43Donc ça,
00:30:43on est vraiment organisé.
00:30:45Après,
00:30:45il y a les sujets financiers.
00:30:47On en reviendra peut-être après
00:30:47si on parle du plan de relance.
00:30:49Donc,
00:30:50voilà ce vers quoi
00:30:52on s'engage.
00:30:53Et c'est un choix massif.
00:30:56Après,
00:30:56le sujet,
00:30:57c'est qu'il faut,
00:30:58c'est qu'on n'est pas aidé,
00:31:00toujours.
00:31:00Parce que,
00:31:01par exemple,
00:31:01là,
00:31:02vous avez dit tous les trois,
00:31:03à juste titre,
00:31:04il faut construire régionalement,
00:31:06il faut utiliser les matériaux
00:31:08de notre région,
00:31:08en pisé dans la vallée du Rhône,
00:31:10en bois,
00:31:11je ne sais pas,
00:31:11en Bourgogne,
00:31:12en Franche-Comté,
00:31:13enfin voilà.
00:31:13Et ça,
00:31:14aujourd'hui,
00:31:15face à ça,
00:31:16nous,
00:31:16on a le code des marchés publics
00:31:18et la règle de la libre concurrence,
00:31:21indiquée par Rob,
00:31:22concurrence libre et non faussée.
00:31:23Ben ça,
00:31:24on n'a pas le droit
00:31:24de discriminer.
00:31:26Alors,
00:31:27il faut essayer de ruser.
00:31:28Mais on est obligé de ruser
00:31:30pour pouvoir se battre
00:31:31pour le climat,
00:31:32pour ne pas consommer plus.
00:31:33C'est quand même dingue.
00:31:35Donc,
00:31:35il y a vraiment...
00:31:35Alors,
00:31:36on s'investit,
00:31:37on fait plein de choses,
00:31:37mais les règles du jeu,
00:31:38aujourd'hui,
00:31:39de la libre concurrence,
00:31:42sont climaticides.
00:31:43En gros,
00:31:44dans le bâtiment,
00:31:45ça s'oppose directement
00:31:46au fait que nous,
00:31:47on a besoin d'utiliser
00:31:48les matériaux locaux
00:31:49qui font moins de camions.
00:31:50Le volume de marchandises transportées,
00:31:53augmente de 3% par an en France.
00:31:54C'est monstrueux.
00:31:55À l'échelle de 10 ans,
00:31:56ça va faire 40-50%.
00:31:57En termes de pollution,
00:31:58c'est dingue.
00:31:59Ça veut dire 12% des émissions,
00:32:01c'est le transport de marchandises.
00:32:05Donc là,
00:32:05là-dedans,
00:32:05il y a énormément de matériaux
00:32:07du bâtiment
00:32:07qu'on transporte.
00:32:09Donc pourquoi on ne va pas chercher
00:32:10le bois ou la paille ?
00:32:11Parce qu'en gros,
00:32:12on a la loi de la concurrence
00:32:14qui nous impose
00:32:14de ne pas le faire.
00:32:16Donc voilà,
00:32:16il y a les efforts
00:32:18des collectivités comme la nôtre,
00:32:19il y a tous les efforts de l'État,
00:32:20mais il y a aussi les règles du jeu.
00:32:21Et les règles du jeu,
00:32:22aujourd'hui,
00:32:23elles sont la libre concurrence
00:32:25et la libre concurrence
00:32:26de la pollution.
00:32:28Donc c'est ça qu'il faut se dire.
00:32:29Et il y a une bataille politique
00:32:30à mener.
00:32:31Et ça,
00:32:31élus,
00:32:33habitants,
00:32:33salariés,
00:32:34syndicalistes,
00:32:34qu'on a mené tout ensemble,
00:32:36cette histoire de la clause,
00:32:37on ne peut pas discriminer
00:32:39sur l'origine
00:32:41dans le code des marchés publics,
00:32:43parce qu'avec les marchés publics,
00:32:45on impacte beaucoup de choses,
00:32:46on pourra impacter beaucoup de choses.
00:32:47Ça, c'est une vraie catastrophe.
00:32:49Donc voilà,
00:32:49nous, on fait beaucoup de choses.
00:32:50On est déterminés,
00:32:51on va aller à fond.
00:32:52Mais il y a ce qu'on fait,
00:32:54nous, collectivités.
00:32:54Moi, je suis bien conscient
00:32:55en tant qu'élucomiste
00:32:56que ça ne suffit pas.
00:32:57Il y a des batailles nationales
00:32:59à gagner
00:33:00et européennes.
00:33:01Mais il faut les mener encore.
00:33:03Et pour l'instant,
00:33:03je pense qu'autant,
00:33:04il y a eu beaucoup de batailles
00:33:06sur tout ce qui est
00:33:06la politique de transport.
00:33:08Et c'est un objet
00:33:09de débat public très fort.
00:33:10Dans la construction,
00:33:12même si ça monte un peu,
00:33:13comme là,
00:33:14tu évoquais le sujet,
00:33:15justement,
00:33:16du fric des tournées
00:33:17pour les trucs à 1 euro,
00:33:20ça commence à devenir
00:33:21un objet de débat public.
00:33:22Mais il faut que ça soit
00:33:23un objet de débat public
00:33:24beaucoup plus fort
00:33:25et qu'on gagne,
00:33:27qu'on fasse reculer
00:33:28toute cette organisation
00:33:30de la concurrence
00:33:31dans ce secteur
00:33:32qui est catastrophique
00:33:33pour le climat,
00:33:34en sachant que si on ne résout pas
00:33:35ce problème
00:33:37des émissions de CO2
00:33:38du secteur du BTP,
00:33:40eh bien,
00:33:40on ne gagnera pas
00:33:41la bataille pour le climat.
00:33:41Donc, c'est vraiment
00:33:42une bataille absolument urgente
00:33:44et indispensable.
00:33:45Il y a deux sujets,
00:33:46je crois,
00:33:46qui méritent d'être...
00:33:48Je crois que, Bruno,
00:33:49vous vouliez réagir.
00:33:50Oui.
00:33:51Pardon.
00:33:51Il y a deux sujets,
00:33:52je crois,
00:33:53qui viennent.
00:33:54C'est, un,
00:33:55les moyens.
00:33:57Il y a ce fameux plan de relance.
00:33:59On nous dit des milliards,
00:34:00des milliards,
00:34:01notamment pour l'écologie.
00:34:03Voilà.
00:34:04Je pense que vous avez
00:34:05regardé ça de près un peu.
00:34:07Et puis,
00:34:09il y a cette question européenne.
00:34:10européenne, quoi.
00:34:11Je crois quand même
00:34:12qu'il...
00:34:14Peut-être,
00:34:15Jean-Pascal,
00:34:16vous avez des relations
00:34:17avec d'autres organisations
00:34:19au plan européen.
00:34:20Mais, pardon, Bruno,
00:34:21je vous ai...
00:34:22Non, non,
00:34:23il n'y a pas de souci.
00:34:24Plusieurs points.
00:34:25Premièrement,
00:34:25un constat.
00:34:27C'est quoi le bâtiment
00:34:28aujourd'hui ?
00:34:30Le bâtiment aujourd'hui,
00:34:31le BTP aujourd'hui,
00:34:32pour être plus précis,
00:34:33c'est un mort
00:34:34par jour travaillé.
00:34:36Il y a un mort en France
00:34:38par jour travaillé
00:34:40dans notre secteur professionnel.
00:34:42Il y a un accident grave
00:34:44tous les cinq minutes.
00:34:46Le bâtiment aujourd'hui,
00:34:48c'est une vérité
00:34:49pour aussi Pompafrique
00:34:50et en plus,
00:34:51Pompafrique,
00:34:52d'argent public.
00:34:54Il y a 30 milliards
00:34:55dans le plan de relance
00:34:56qui sont dédiés à l'écologie.
00:34:58Sur les 30 milliards,
00:34:597 sont directement en lien
00:35:01avec la rénovation
00:35:02des bâtiments.
00:35:03On est très satisfaits
00:35:05parce que c'est vrai
00:35:06que 7 milliards
00:35:07en direction directe
00:35:09du bâtiment,
00:35:09ça va nous permettre
00:35:10de faire des travaux
00:35:11de rénovation.
00:35:12Il n'y a rien
00:35:13pour la construction neuve.
00:35:15Dans la prévision
00:35:16de budget de l'État
00:35:17pour intégrer
00:35:18le plan de 100 milliards
00:35:18de plan de relance,
00:35:20ils disent 7 milliards
00:35:21pour le bâtiment,
00:35:22mais on ponctionne
00:35:231 milliard
00:35:25au logement social
00:35:27via Action Logement.
00:35:28L'État a déjà prévu
00:35:29de ponctionner 1 milliard
00:35:30directement dans les caisses
00:35:32d'Action Logement,
00:35:33donc une caisse
00:35:34qui gère le logement social
00:35:36et qui gère
00:35:36ce qu'on appelle
00:35:37le pourcent patronal
00:35:38qui depuis bien longtemps
00:35:39ne fait plus 1%,
00:35:40mais c'était la caisse
00:35:41du pourcent patronal.
00:35:421 milliard
00:35:43va être ponctionné
00:35:44dans la réalisation
00:35:45et l'entretien
00:35:46des logements sociaux
00:35:46pour financer
00:35:47ce plan de 7 milliards.
00:35:49Donc ça pose quand même
00:35:50des problèmes,
00:35:51d'énormes problèmes.
00:35:53Si on prend aujourd'hui
00:35:54la ville de Marseille,
00:35:5550% des logements marseillais
00:35:57sont en état d'insalubrité.
00:36:01Il est extrêmement nécessaire,
00:36:03très rapidement,
00:36:04d'avoir une conception totale
00:36:05et il y a une nouvelle équipe
00:36:06qui a été élue,
00:36:07ils sortent de plusieurs décennies
00:36:09de la mandature de Godin
00:36:10et on peut le mettre en cause.
00:36:12Ce n'est pas possible
00:36:13qu'en plein centre-ville de Marseille,
00:36:14il y ait des bâtiments
00:36:15qui s'effondrent
00:36:15sur les propres gens.
00:36:16C'est inacceptable.
00:36:20Donc il y a Paris
00:36:21qui fait des choses
00:36:21et je tiens à souligner
00:36:22que la ville de Paris
00:36:24a été la première ville
00:36:25en France
00:36:25à prendre un arrêté
00:36:26pour interdire
00:36:27tous les chantiers
00:36:27pendant la période Covid
00:36:28au moment où ça,
00:36:30que la ministre
00:36:30nous traitait de défaitistes,
00:36:32nous étions en relation,
00:36:34notre première relation
00:36:35qu'on a eue ensemble,
00:36:36relation publique,
00:36:37où ça,
00:36:38on s'est positionnés
00:36:39et la ville de Paris,
00:36:40du coup,
00:36:41a pris un arrêté
00:36:42pour interdire
00:36:42tous les chantiers
00:36:43sur son domaine
00:36:44pendant la période Covid.
00:36:46On a eu après,
00:36:47nous on demandait,
00:36:48pendant la période Covid,
00:36:49c'est intéressant
00:36:49de voir l'histoire d'attitude.
00:36:50On demandait
00:36:51que seuls les travaux
00:36:52urgents et nécessaires
00:36:53soient faits.
00:36:54Tout le reste,
00:36:55les salariés,
00:36:56devaient être protégés.
00:36:57Ben non,
00:36:57il n'y aurait pas
00:36:58de chômage partiel
00:36:58pour les salariés
00:36:59du bâtiment et du BTP.
00:37:00Il n'y aurait pas
00:37:01d'aide financière
00:37:03pour les entreprises
00:37:04en difficulté liées au Covid.
00:37:05On est dans un vrai délire.
00:37:07C'est-à-dire que la vision
00:37:07qu'ont les gens du BTP,
00:37:09y compris les premiers acteurs
00:37:10qu'est le gouvernement,
00:37:12c'est de dire,
00:37:12de toute manière,
00:37:13ce sont des grouillots
00:37:14qui vont faire
00:37:15n'importe quel métier
00:37:16des seuls boulots.
00:37:17Donc on peut les faire,
00:37:18ils peuvent même
00:37:18aller attraper le Covid
00:37:19et si possible,
00:37:19mourir loin de chez nous,
00:37:21ça sera d'autant mieux
00:37:21qu'ils meurent chez eux.
00:37:23On va prendre deux exemples.
00:37:26Aujourd'hui,
00:37:26qui c'est qui désamillante ?
00:37:27Je reviens,
00:37:28je suis très content
00:37:28que Jacques Baudrillet
00:37:30s'occupe aussi
00:37:30du suivi de chantier.
00:37:32Et dans le suivi de chantier,
00:37:33il a deux choses,
00:37:33il y a les chantiers publics
00:37:34mais aussi les chantiers privés.
00:37:37Il y a quelques mois,
00:37:37on a gagné un procès.
00:37:38Un procès contre une entreprise
00:37:40qui utilisait des salariés maliens.
00:37:42Et aujourd'hui,
00:37:43à Paris,
00:37:44il est de normes
00:37:46que pour désamillanter,
00:37:47on prend des maliens.
00:37:50Et on a gagné un procès
00:37:51où il y a esclavagisme
00:37:52et racisme.
00:37:54En 2020,
00:37:55gagner un procès
00:37:56où on parle d'esclavagisme
00:37:57et de racisme,
00:37:58ça fait mal.
00:37:58Ça fait mal à la profession,
00:37:59ça fait mal en tant qu'humain,
00:38:00ça fait mal en tant que syndicaliste.
00:38:02J'aurais préféré
00:38:03ne pas gagner le procès
00:38:04mais qu'il n'y ait pas de racisme
00:38:04et pas d'esclavagisme.
00:38:06Mais aujourd'hui,
00:38:07il est notoire
00:38:08que ce soit des maliens
00:38:09qui désamillantent à Paris.
00:38:10Et avec Jacques,
00:38:12on a parlé un peu
00:38:13en préparant le débat
00:38:14et on a acté le fait
00:38:15qu'effectivement,
00:38:16on va avoir
00:38:18un concert ensemble
00:38:19pour dire
00:38:19que toute cette situation-là
00:38:21ne se reproduira pas
00:38:22sur le territoire parisien
00:38:22et je l'espère
00:38:23bien plus large que Paris.
00:38:25Deuxième exemple,
00:38:25c'est la semaine dernière.
00:38:26Les Espagnols,
00:38:27une entreprise française
00:38:28qui gagne un marché
00:38:29sur Orléans.
00:38:31Le marché est confié
00:38:32à une entreprise
00:38:32qui a un siège espagnol
00:38:34qui a un siège social à Paris
00:38:35qui sous-traite
00:38:36en Espagne
00:38:37qui elle-même
00:38:38ressous-traite
00:38:39à une petite boîte
00:38:40de Madrid.
00:38:41Et on se retrouve
00:38:41avec 20 salariés espagnols
00:38:43sans contrat de travail,
00:38:45sans protection sociale,
00:38:46sans bulletin de salaire,
00:38:48ou ceux qui sont logés
00:38:49dans un bâtiment
00:38:50sans lit.
00:38:51les mecs qui dorment
00:38:51à même le sol.
00:38:53Il faut qu'il y ait
00:38:54un accident du travail
00:38:55et bien souvent
00:38:56c'est l'accident du travail
00:38:56qui est le moteur
00:38:58du repérage pour nous.
00:39:00Donc si on construit
00:39:01la société de demain
00:39:03dans ces conditions humaines-là,
00:39:05j'ai envie de dire
00:39:05arrêtons tout de suite quoi.
00:39:08Quand on voit
00:39:08qu'aujourd'hui
00:39:09le patronat
00:39:09au niveau de la formation professionnelle
00:39:12a tout bloqué,
00:39:13donc avant c'était les opcos,
00:39:15maintenant c'est les opcos,
00:39:16a tout bloqué
00:39:17au niveau dialogue social
00:39:19pour une sombre histoire
00:39:20de oui mais la FFB
00:39:22doit être super puissante
00:39:22par rapport aux autres.
00:39:24On n'a que faire
00:39:25de la place de la FFB
00:39:26ou de la CAPM
00:39:26et ainsi de suite nous.
00:39:27Est-ce qu'est-ce qu'on a besoin ?
00:39:29Qu'est-ce qu'on va mettre
00:39:29dans les milliards de la formation ?
00:39:30Combien vont aller en formation
00:39:32en direction des salariés ?
00:39:33C'est ça qui est important.
00:39:35Et aujourd'hui
00:39:35l'outil de la formation
00:39:36qui est l'opco
00:39:36dans le bâtiment...
00:39:38Peut-être préciser un petit peu
00:39:39les choses
00:39:39pour les gens qui nous écoutent.
00:39:41Tout à fait.
00:39:42L'opco c'est celui
00:39:43qui détermine
00:39:45les formations nécessaires
00:39:46et qui reçoit l'argent
00:39:47de collecter
00:39:49pour la formation professionnelle
00:39:50pour réinvestir
00:39:51dans la formation professionnelle
00:39:53en faveur du métier.
00:39:56Et aujourd'hui
00:39:57on est totalement bloqué.
00:39:58L'opco ne fonctionne plus.
00:40:00De procès en procès
00:40:01malheureusement.
00:40:02Donc du coup
00:40:02on se retrouve
00:40:03dans une incertitude totale
00:40:05sur l'utilisation des fonds
00:40:06mais surtout
00:40:07sur le développement
00:40:07des formations
00:40:08dans nos métiers.
00:40:08à l'heure où soit
00:40:09qu'on doit faire
00:40:10les nouvelles formations
00:40:11pour les métiers de demain
00:40:12et pour la rénovation
00:40:13on se retrouve
00:40:14sans l'outil de formation
00:40:15sans l'outil de dialogue
00:40:15social de formation.
00:40:16Tout ça à la volonté même
00:40:17du patronat.
00:40:21Leur but inavoué
00:40:21c'est de dire
00:40:22on n'a pas besoin
00:40:22de paritarisme
00:40:23on n'a pas besoin
00:40:23de dialogue social.
00:40:25Confier qu'au patronat
00:40:26les instances dirigeantes
00:40:28et tout se passera bien.
00:40:29Mais ça ne marche pas
00:40:30comme ça.
00:40:31Et heureusement
00:40:33on n'est pas
00:40:34qu'un corps intermédiaire.
00:40:36on est une organisation syndicale
00:40:39qui pèse 44%
00:40:40dans le métier
00:40:40et bien
00:40:41on doit être écouté
00:40:42respecté et écouté.
00:40:44C'est nécessaire.
00:40:45C'est nécessaire pour tous.
00:40:46On n'est pas rien.
00:40:49On est la Fédération nationale
00:40:50des salariés
00:40:51de construction
00:40:51ou ameublement CGT.
00:40:53Je vais m'en rappeler
00:40:53qu'on est aussi l'organisation
00:40:54où soit que
00:40:55la première
00:40:57et les dernières réunions
00:40:58du Conseil national
00:40:58de résistance
00:40:59a eu lieu chez nous.
00:41:01Le président
00:41:03du Conseil national
00:41:04de résistance
00:41:05était un président
00:41:06de la CGT
00:41:08bâtiment en bois
00:41:08à l'époque.
00:41:09Louis Saillant.
00:41:11Et aujourd'hui
00:41:12on se pose la question
00:41:13de savoir
00:41:13si la CGT construction
00:41:16doit être autour
00:41:17de la table
00:41:18pour discuter ou pas.
00:41:19Ça veut dire quoi ça ?
00:41:20C'est-à-dire qu'ils estiment
00:41:21que le financier
00:41:22est tellement au-dessus
00:41:23que la place de l'homme
00:41:24que la place de dialogue social
00:41:25que la place du politique
00:41:26que la place de syndicaliste
00:41:27elle n'est plus autour
00:41:28de la table.
00:41:30Donc c'est pour ça
00:41:30qu'on veut
00:41:32les impulser
00:41:33à nous écouter
00:41:34sur la construction
00:41:35de la cité de demain.
00:41:36Et nos offices
00:41:38de prévention
00:41:38sont OK.
00:41:39Le ProBTP
00:41:40qui est notre organisme
00:41:41de prévoyance
00:41:42et de retraite
00:41:43sont OK.
00:41:44La plupart des employeurs
00:41:46qu'on rencontre
00:41:46disent
00:41:46nous on veut rentrer
00:41:47dans votre discussion
00:41:48de la cité de demain.
00:41:49On veut être interviewé.
00:41:50On veut donner
00:41:51notre point de vue.
00:41:51Que ce soit
00:41:52des employeurs
00:41:53des travaux publics
00:41:54ou du bâtiment.
00:41:55Mais les instances patronales
00:41:56elles sont au-dessus.
00:41:58D'ailleurs
00:41:58est-ce que c'est
00:41:59les instances patronales
00:41:59du bâtiment
00:42:00ou est-ce que c'est
00:42:00les instances patronales financières ?
00:42:02se posent la grande question
00:42:03et du coup
00:42:03se posent la question
00:42:03de leur représentativité
00:42:05et de leur place
00:42:05dans le dialogue social
00:42:06dans le bâtiment
00:42:06et les travaux publics.
00:42:08Donc la cité de demain
00:42:09elle doit se construire
00:42:10avec les travailleurs
00:42:11avec les ouvriers
00:42:12de la construction.
00:42:14Frédéric,
00:42:14vous vouliez...
00:42:15Oui, parce que
00:42:17c'est les choses
00:42:18auxquelles on est
00:42:19constamment confrontés
00:42:21nous en tant que professionnels
00:42:22et experts de nos métiers.
00:42:24Moi j'en comprends.
00:42:26Avec celui qui fait
00:42:26qui sait.
00:42:28Celui qui regarde
00:42:29de l'extérieur
00:42:29il pense,
00:42:31il évolue.
00:42:31On a besoin de tout le monde
00:42:32c'est pas le souci.
00:42:33Mais il peut pas être expert
00:42:34à ma place.
00:42:36Et là où ça coince souvent
00:42:37mais dans l'ensemble
00:42:39des domaines
00:42:41et ça fait longtemps
00:42:42que ça dure
00:42:43le monde de l'écrit
00:42:46pond des choses
00:42:47qui sont en contradiction
00:42:49avec la vie réelle.
00:42:50Mais en totale contradiction.
00:42:52Moi je veux bien
00:42:53les vélos et tout ça.
00:42:54J'aime bien le vélo.
00:42:55C'est pas le souci.
00:42:56Mais Léon et René
00:42:58qui ont 54 balais
00:42:59qui habitent à 50 bornes
00:43:01pour aller faire
00:43:02le bout de maçonnerie
00:43:03en plein coeur de Paris
00:43:03ils n'iront pas en vélo.
00:43:06Il y a du matériel
00:43:08parfois un ou deux commis.
00:43:10Voilà, ils y passent la journée
00:43:11etc.
00:43:13En plus Paris
00:43:14fait la guerre
00:43:14aux deux roues motorisées
00:43:15il y a aussi
00:43:16un inversement
00:43:19dans le truc
00:43:20que je comprends pas
00:43:21alors que les 4x4
00:43:23eux
00:43:23mais bon
00:43:23à 60 000 euros
00:43:25voilà
00:43:26il y a des choses
00:43:27qui sont un peu
00:43:28qui sont machin.
00:43:29Un des principaux freins
00:43:30également
00:43:31parce qu'on va être aussi
00:43:32à des charges
00:43:33pour les responsables
00:43:35des collectivités territoriales
00:43:37c'est la règle d'or
00:43:38de la moindisance.
00:43:40On reçoit un appel d'offres
00:43:41toutes les communes
00:43:42toutes les villes
00:43:43tout le monde
00:43:43tous les clients
00:43:44je rappelle que l'activité
00:43:45du bâtiment
00:43:4650% c'est de la demande publique
00:43:48pour les travaux publics
00:43:49c'est entre 65 et 80%
00:43:51c'est de la demande publique
00:43:52donc le maître d'ouvrage
00:43:53c'est l'état
00:43:55c'est lui le patron
00:43:57et on a cette règle
00:43:58que ce soit dans les communes
00:44:00mais ce qu'il s'entend
00:44:01on entend
00:44:01les budgets sont
00:44:02sont étrécis
00:44:04chaque responsable
00:44:05fait ce qu'il peut
00:44:05finalement etc.
00:44:07mais du coup
00:44:08on n'arrive pas
00:44:09à enclencher
00:44:09sur le green pact
00:44:11ou la maison écologique
00:44:13ou le bâti écologique
00:44:14ou la voirie écologique
00:44:15parce qu'il y a aussi
00:44:16des solutions là
00:44:16et on n'y arrive pas
00:44:18parce que c'est la moindisance
00:44:18c'est-à-dire qu'un maire
00:44:19de commune
00:44:20qui lance un appel d'offres
00:44:22qui reçoit les réponses
00:44:23prendra le moins cher
00:44:24et ça fait part
00:44:26de la décision
00:44:26au conseil municipal
00:44:27ça motive la décision
00:44:28entre 70 et 80%
00:44:30parce qu'ils les notent
00:44:30en plus
00:44:31mais ils le disent
00:44:32ils ont au moins
00:44:33la franchise de le dire
00:44:35mais du coup
00:44:35avec si peu
00:44:37et bien on ne peut faire
00:44:38que du traditionnel
00:44:40qui n'est pas cher
00:44:41qui est rodé
00:44:41qui est etc.
00:44:43donc il y a
00:44:43ces deux choses là
00:44:45on a des orientations
00:44:46uniquement décidées
00:44:47par le monde de l'écrit
00:44:48un DRH
00:44:48c'est pas un travailleur
00:44:51pas un travailleur
00:44:51c'est un financier
00:44:53donc parce que d'ici
00:44:54on a vu les entreprises
00:44:55j'ai vu Vinci
00:44:56non mais t'as vu mon PDG
00:44:58t'as vu les DRH
00:44:59mais c'est pas des travailleurs
00:45:00au sens où nous on l'entend
00:45:02on n'est pas dans le même monde
00:45:04c'est pas la même chose
00:45:04il faut voir des professionnels
00:45:05des vrais
00:45:07et ensuite
00:45:07l'échange
00:45:08le débat
00:45:09on arrivera à des solutions
00:45:11techniques
00:45:11peut-être économiques
00:45:12peut-être
00:45:13parce qu'on a aussi ça
00:45:15et ensuite des règles
00:45:17tout à fait d'accord
00:45:18il y a un arsenal juridique
00:45:20qui est en contradiction
00:45:22totale
00:45:23avec la maîtrise
00:45:24de réalisation d'ouvrages
00:45:26et la maîtrise des marchés
00:45:27c'est en contradiction totale
00:45:28granit breton
00:45:30on met là
00:45:31on met un tampon
00:45:31granit breton
00:45:32il n'existe plus le granit breton
00:45:33il est chinois
00:45:35mais il est estampillé breton
00:45:37là aussi
00:45:38c'est des vieux machin
00:45:39c'est-à-dire que ça vient de Chine
00:45:40ça laisse les paquebots
00:45:42ça laisse les cargos
00:45:43pardon
00:45:43ça laisse les cargos
00:45:44parce que comme c'est que du plastoc
00:45:45qui arrive de Chine
00:45:46il faut laisser les bateaux
00:45:47donc le transport est gratuit
00:45:49parce qu'on ne comprenait pas
00:45:49nous au début
00:45:50pourquoi il arrivait de Chine
00:45:52et que c'était moins cher
00:45:52on ne pichait pas
00:45:53d'abord ce sont des familles
00:45:54qui vivent dans les carrières
00:45:55avec femme et enfant
00:45:56qui bossent
00:45:56voilà c'est la Chine
00:45:59ensuite ça vient par bateau
00:46:02et au port
00:46:03on a un gars
00:46:03qui vient avec son petit rouleau
00:46:05de film plastique
00:46:06il entoure la palette
00:46:08de film plastique
00:46:09et bien comme il y a touché
00:46:11c'est estampillé
00:46:12Medine-Bretagne
00:46:14quand est-ce qu'on arrête
00:46:15la fumisterie
00:46:17et on nous le présente
00:46:18on nous le présente
00:46:19comme circuit court
00:46:21et en effet
00:46:22au niveau des appels d'offres
00:46:24la garde de Rennes
00:46:25n'a pu répondre
00:46:26qu'à un granit chinois
00:46:28en raison des règles
00:46:29en effet
00:46:30des appels d'offres
00:46:31et de la liberté
00:46:32de ceci et cela
00:46:33donc on va
00:46:34on a en effet
00:46:35tout un arsenal juridique
00:46:37à modifier
00:46:38et ça c'est
00:46:39et ça c'est pas nous
00:46:40à un moment donné
00:46:42c'est les décideurs politiques
00:46:43le législateur
00:46:44législateur c'est le parlement
00:46:47et l'Europe
00:46:48peut-être
00:46:48et l'Europe
00:46:49tant qu'à faire
00:46:51justement
00:46:51Jean-Pascal
00:46:52vous vouliez réagir
00:46:53oui sur l'Europe
00:46:54alors comment se comportent
00:46:56les pays européens
00:46:57parce qu'il y a deux choses
00:46:58l'Europe
00:46:59et le monde
00:47:01le monde
00:47:03j'en parle pas
00:47:05c'est le mauvais exemple
00:47:07de la construction
00:47:08quoi
00:47:08et souvent
00:47:10comme je le dis
00:47:10avec des groupes français
00:47:12ou chinois
00:47:13ils sont les premiers
00:47:14parce qu'ils ont
00:47:15leur marché intérieur
00:47:16qui l'a fait
00:47:17en mai
00:47:17le premier
00:47:17mais voilà
00:47:19le monde
00:47:19c'est un travailleur
00:47:21de la construction
00:47:22c'est un élément
00:47:24d'ajustement
00:47:25une variable d'ajustement
00:47:26du prix de la construction
00:47:28c'est pas un élément
00:47:29essentiel
00:47:29le constructeur
00:47:31dans le monde
00:47:31c'est pas un élément
00:47:32essentiel
00:47:33c'est une chose
00:47:34qui aura 20
00:47:35voilà
00:47:36c'est une variable du prix
00:47:37c'est tragique
00:47:38mais c'est la réalité
00:47:40quand on voit qu'en France
00:47:41on a comme l'a dit Bruno
00:47:43un mort par jour
00:47:44travaillé
00:47:44un accès en travail
00:47:45tous les 5 minutes
00:47:47et souvent
00:47:48invalidant
00:47:49des gens qui ne retournent pas au boulot
00:47:51on s'imagine un peu
00:47:52de ce que peut être le monde
00:47:54voilà
00:47:54ça c'est des choses à dire
00:47:55après sur l'Europe
00:48:00ce n'est pas meilleur que nous
00:48:01il faut arrêter
00:48:02de la loup-grossissance médiatique
00:48:05qui dit qu'en Allemagne
00:48:07voilà
00:48:07ils ont rénové
00:48:09ils ont réhabilité
00:48:10un étang
00:48:11qui fait vivre les canards
00:48:12c'est bien
00:48:13ça fait de l'image
00:48:13pour France 2
00:48:14ou TF1 le soir
00:48:16mais on oublie de dire aussi
00:48:17qu'ils sont très
00:48:19prégnants sur l'énergie carbonée
00:48:21quoi en Allemagne
00:48:22ils ne sont pas meilleurs que nous
00:48:23et le
00:48:24ce qu'ils appellent
00:48:25le verdissement
00:48:26alors il y a le greenwashing
00:48:27c'est comment on rend
00:48:28les entreprises
00:48:29plus vertes
00:48:30plus écologiques
00:48:31puis après il y a un autre truc
00:48:32qui me fait bien rire
00:48:33c'est le verdissement
00:48:34des emplois de la construction
00:48:36que ce soit en Europe
00:48:37ou en France
00:48:38ça n'existe pas ça
00:48:39ce sont des glissements
00:48:41de tâches
00:48:41où un couvreur
00:48:43ben maintenant
00:48:43on lui fait installer
00:48:45des panneaux photovolcaïques
00:48:46c'est toujours un mec
00:48:47qui monte sur un toit
00:48:48et qui fait le boulot de couvreur
00:48:50quoi
00:48:50donc l'Europe
00:48:51n'est pas mieux que nous
00:48:52même pire
00:48:53les forêts
00:48:54parce que
00:48:55bon ameublement
00:48:56les forêts en Norvège
00:48:57ou en Suède
00:48:57les arbres
00:48:59qui poussent
00:49:00ils vont directement
00:49:01de la coupe
00:49:01de la forêt
00:49:02à l'usine Ikea
00:49:03pour faire des meubles
00:49:06et il n'y a pas longtemps
00:49:07j'étais à un débat
00:49:08avec des exploitants forestiers
00:49:09ils me disaient
00:49:10mais la forêt
00:49:11il faut diversifier
00:49:12les essences
00:49:13et là on revient
00:49:15au fait
00:49:16qu'on utilise
00:49:16ce qui existe
00:49:17et comment la forêt
00:49:19on n'en fait pas
00:49:20une chose uniforme
00:49:21parce que dans la bonne idée
00:49:23écologique
00:49:23c'est quelque chose de bien
00:49:24mais qui est pire
00:49:26qu'une forêt naturelle
00:49:28donc voilà
00:49:29c'est des exemples
00:49:30qu'il faut
00:49:32réfléchir
00:49:34c'est vrai
00:49:34parce qu'on a toujours
00:49:35des fausses bonnes idées
00:49:37à la construction
00:49:39l'imprimante
00:49:40l'imprimante de maison
00:49:41c'est même pas
00:49:42dans un atelier
00:49:43où on va faire des maisons
00:49:44maintenant il y a des imprimantes
00:49:463D
00:49:46qui coulent du béton
00:49:47et qui font des maisons
00:49:50les camarades de Vinci
00:49:51m'ont dit
00:49:51ça fait bien rire
00:49:52tout le monde
00:49:52même Vinci
00:49:54mais ça fait de la com
00:49:57et ça marche pas
00:49:58les routes qui produisent
00:50:00de l'électricité
00:50:03on avait une portion de route
00:50:04c'était Colas
00:50:04qui avait fait une route
00:50:05qui produisait l'électricité
00:50:06il disait même
00:50:07qu'à terme
00:50:08on pourrait recharger
00:50:09sa voiture
00:50:10en roulant sur la route
00:50:12ils l'ont déconstruite
00:50:13parce qu'il n'y avait pas
00:50:14autant d'électricité
00:50:15qu'il croyait
00:50:16encore aujourd'hui
00:50:17dans le journal
00:50:17la route en plastique
00:50:20comme il dit Fredo
00:50:21il y a l'amiante
00:50:21vous savez qu'il y avait
00:50:22l'amiante dans le bitume
00:50:23maintenant on broie 105
00:50:24pour faire 2 km de route
00:50:25il y a 150 000 bouteilles
00:50:26en plastique
00:50:27qui ont été réduits
00:50:28en détritus
00:50:29qui ont servi
00:50:30dans le bitume
00:50:31mais bon
00:50:32ils y sont
00:50:32vous savez
00:50:33temps en temps
00:50:33on enlève le bitume
00:50:34on renouvelle
00:50:35donc faisons attention
00:50:35à toutes ces
00:50:37fausses bonnes idées
00:50:39après il y a
00:50:39l'élément essentiel
00:50:40quand même Jacques
00:50:41la volonté politique
00:50:42de faire
00:50:45la volonté
00:50:46alors
00:50:46la mairie de Paris
00:50:47ils l'ont
00:50:48mais c'est
00:50:49je suis désolé
00:50:50si on n'a pas
00:50:51une volonté politique
00:50:52bien plus supérieure
00:50:54qu'à la mairie de Paris
00:50:55c'est à dire
00:50:56de l'état
00:50:57de changer la cité
00:51:00changer la cité de demain
00:51:01on fera que
00:51:03comment gérer
00:51:04de la pastille
00:51:05pour les futures élections
00:51:08c'est soit
00:51:08on décide
00:51:09que la cité
00:51:10de demain
00:51:11c'est maintenant
00:51:12soit on fait
00:51:13du semblant
00:51:18réhabiliter
00:51:18les friches
00:51:19industrielles
00:51:22c'est une chose
00:51:23qui est
00:51:24faisable
00:51:25mais il faut le faire
00:51:26pour faire du logement
00:51:29reconstruire
00:51:30dans le centre
00:51:31des villes
00:51:33là aussi
00:51:34c'est des éléments
00:51:34c'est une volonté politique
00:51:35il faut arrêter
00:51:36d'étendre
00:51:37faire des banlieues
00:51:38on va faire
00:51:38comme à San Angeles
00:51:39une banlieue
00:51:40qui fait 80 km de long
00:51:42ça
00:51:42c'est impossible
00:51:44réinvestir
00:51:45sur
00:51:46sur les
00:51:47les hommes
00:51:48les constructeurs
00:51:50la formation
00:51:51qu'est-ce qu'on fait
00:51:52pour la formation
00:51:52des constructeurs
00:51:53parce que là
00:51:54on voit bien
00:51:55que de plus en plus
00:51:56les grandes entreprises
00:51:59bah ils détruisent pas
00:52:00mais ils laissent faire
00:52:01la destruction de nos formations
00:52:02de outils de formation initial
00:52:06faut qu'on les forme
00:52:07nos maçons
00:52:09nos jeunes
00:52:10il faut qu'on les forme
00:52:12sur des nouvelles matières
00:52:13sur des nouvelles
00:52:14des nouveaux modes de construction
00:52:16et c'est pas en formant
00:52:1850 000
00:52:2050 000 salariés
00:52:21qu'on va changer
00:52:22la méthode de construction
00:52:24parce que
00:52:24l'entreprise va ainsi
00:52:25si on lui dit pas
00:52:26tu fais mieux
00:52:27elle fera pas mieux
00:52:29Frédéric le dit souvent
00:52:30il dit
00:52:31nous dans le métier
00:52:32si on nous dit
00:52:33de faire une bouse
00:52:33c'est imagé
00:52:34on fait une bouse
00:52:37bah Vinci
00:52:38il faut les forcer
00:52:39à dire
00:52:39vous faites quelque chose
00:52:40d'écologique
00:52:40je dis Vinci
00:52:41mais Bouygues
00:52:41et Fages
00:52:42tous ces gens
00:52:43voilà
00:52:44c'est la volonté politique
00:52:45et si on ne met pas ça en place
00:52:47on n'y arrivera pas
00:52:48donc voilà
00:52:49là aussi
00:52:50quelques éléments
00:52:51et pour en finir
00:52:53faisons attention
00:52:54parce que
00:52:56on découvre
00:52:57aujourd'hui
00:52:57dans la presse
00:52:58que la Farge
00:53:00rejette du béton
00:53:00dans la Seine
00:53:02à Paris
00:53:04ça fait des années
00:53:05que ça se fait
00:53:06le nettoyage
00:53:07des camions
00:53:08des toupies de béton
00:53:10et le rejet
00:53:11du béton
00:53:12dans la Seine
00:53:13mais là
00:53:15voilà
00:53:15ça tombe bien
00:53:16car en ce moment
00:53:17ça sort
00:53:18mais ça
00:53:19c'est l'illustration
00:53:20aussi
00:53:20de ce que peut être
00:53:21la communication
00:53:25on approche
00:53:26bientôt
00:53:26de la fin
00:53:27de notre débat
00:53:30Jacques Baudrier
00:53:31vous avez commis
00:53:32un petit livre
00:53:35un programme
00:53:35ministère pour le climat
00:53:36comment on peut sauver
00:53:37le climat
00:53:38si on s'y met
00:53:38aujourd'hui
00:53:40c'est un titre
00:53:41qui va bien
00:53:42avec notre discussion
00:53:43d'aujourd'hui
00:53:43quelle proposition
00:53:45tout de suite
00:53:48sur les enjeux
00:53:49de construction
00:53:51et de matériaux
00:53:54biosourcés
00:53:54de non-polluants
00:53:56j'ai écrit
00:53:57avec Alain Paguedro
00:53:59qui est responsable
00:53:59du parti communiste
00:54:00vous avez co-écrit
00:54:00co-écrit
00:54:01qui est responsable
00:54:02du parti communiste
00:54:03pour l'écologie
00:54:04voilà
00:54:04moi je suis
00:54:05sur les questions
00:54:06de transport
00:54:06donc
00:54:07quelle proposition
00:54:09c'est
00:54:10c'est des moyens
00:54:11il y a deux choses
00:54:12des moyens
00:54:13et de la réglementation
00:54:14changer les règles du jeu
00:54:15je crois qu'une seule mesure
00:54:17si je reviendrai ça
00:54:18c'est changer le code
00:54:21du marché public
00:54:21même s'inscrire
00:54:22contre
00:54:25les réglementations européennes
00:54:27sur la libre concurrence
00:54:28et non faussée
00:54:29là elles se mettent
00:54:30en faux
00:54:31à établir un rapport
00:54:32de force
00:54:33autrement on n'y arrivera pas
00:54:34donc ça c'est essentiel
00:54:36ça ça coûte rien
00:54:36mais c'est la volonté politique
00:54:37et puis beaucoup de moyens
00:54:40globalement
00:54:40on a chiffré
00:54:42par an
00:54:42sur le budget de l'Etat
00:54:43qui est de l'ordre de 300 milliards
00:54:44un programme
00:54:45qui investit pour le climat
00:54:47à terme
00:54:47c'est l'enjeu
00:54:48c'est de l'ordre de 50 milliards par an
00:54:49voilà
00:54:50qu'on décompose
00:54:51un certain nombre
00:54:52de choses
00:54:53et beaucoup de choses
00:54:54pour les transports publics
00:54:56les aménagements
00:54:58cyclables
00:54:59la gratuité de transports publics
00:55:00et puis un gros pan
00:55:01un gros enjeu
00:55:02sur le bâtiment
00:55:03et le BTP
00:55:04et là
00:55:05c'est
00:55:06ben oui
00:55:06c'est de l'ordre
00:55:07de 20 milliards par an
00:55:09d'investissement publics
00:55:10donc beaucoup plus
00:55:12que le plan de relance
00:55:13qu'on nous a dit
00:55:13c'était 7 milliards
00:55:15sur 2 ans
00:55:153 milliards par an
00:55:16qui ne font que
00:55:18compenser à à peine un quart
00:55:19par exemple
00:55:19pour les collectivités
00:55:21c'est 1 milliard et demi
00:55:22alors qu'on nous a enlevé
00:55:243 milliards par an
00:55:25pour le logement social
00:55:26et 10 milliards
00:55:27pour les collectivités
00:55:27c'est quand on vous a enlevé 13
00:55:28on vous redonne 1,5
00:55:29donc au final
00:55:30c'est toujours moins 11,5
00:55:31alors c'est mieux
00:55:33d'avoir plus 1,5
00:55:34mais globalement
00:55:35il ne faut pas rappeler
00:55:36le moins 11,5
00:55:36donc en gros
00:55:37pour s'en sortir
00:55:38ce qu'on dit
00:55:39c'est plus 1 milliard
00:55:40il faut beaucoup de moyens
00:55:41c'est à dire
00:55:42il faut beaucoup de moyens
00:55:42pour les logements sociaux
00:55:44il faut beaucoup de moyens
00:55:45et organisés
00:55:46par un service public
00:55:47de rénovation énergétique
00:55:49on a une agence
00:55:50qui marche
00:55:50ça s'appelle l'ANA
00:55:51l'agence nationale
00:55:52pour l'amélioration de l'habitat
00:55:53ce qu'ils font
00:55:54le budget qu'ils dépensent
00:55:55eux c'est bien géré
00:55:56donc il faut mettre les moyens
00:55:58dans un service public centralisé
00:55:59et pas des ma prime rénove
00:56:01des crédits d'impôt
00:56:03qui se ballonnent n'importe comment
00:56:04et arrivent à ces trucs
00:56:05où on arrive avec des journaux
00:56:07comme le parisien
00:56:08qui dénoncent à juste titre
00:56:09ailleurs des scandales
00:56:10donc c'est de l'argent
00:56:11mais bien géré
00:56:12et ça c'est 10 milliards par an
00:56:14pour le logement privé
00:56:15c'est pour le logement social
00:56:17au moins 3-4 milliards par an
00:56:18c'est pour les équipements publics
00:56:20au moins 4 milliards par an
00:56:20c'est beaucoup d'argent
00:56:22beaucoup d'argent de l'Etat
00:56:24et sans ça
00:56:24sans ces moyens là
00:56:25qui feront plus que compenser
00:56:28tout l'argent
00:56:28toutes les réductions
00:56:29de budget
00:56:30pour les collectivités
00:56:33pour les acteurs
00:56:34pour l'Etat
00:56:34pour le logement social
00:56:35sans ces moyens
00:56:36on n'y arrivera pas
00:56:37mais il faut les deux
00:56:38il faut de la réglementation
00:56:39de la volonté politique
00:56:40de l'organisation des filières
00:56:42aussi des outils de financement
00:56:44et des administrations publiques
00:56:46et des moyens
00:56:47il faut les deux
00:56:47mais il ne faut pas
00:56:48l'un sans l'autre
00:56:50merci Jacques Bonnerier
00:56:51Bruno
00:56:52la fédération construction
00:56:54web et
00:56:54ameublement
00:56:56pardon
00:56:57vous allez tenir votre congrès
00:56:59au mois de juin
00:57:01du 31 mai au 4 juin
00:57:03j'imagine que les discussions
00:57:05ont lieu
00:57:06sont en cours
00:57:07c'est quoi
00:57:08les grands
00:57:09les grands sujets
00:57:10que vous allez aborder
00:57:11sur lesquels vous voulez agir
00:57:13à l'issue de ce congrès
00:57:15premièrement
00:57:15on sait que
00:57:1670% de nos métiers
00:57:18vont être transformés
00:57:18ou vont disparaître
00:57:19d'ici les 10 ans qui viennent
00:57:21donc première chose
00:57:22c'est qu'est-ce qu'on veut
00:57:23comme formation
00:57:24et comment est-ce qu'on fait
00:57:25pour que nos métiers
00:57:26soient attractifs
00:57:27nous on a envie
00:57:28d'avoir
00:57:29après nous
00:57:31des jeunes
00:57:31qui prennent
00:57:32qui prennent le flambeau
00:57:33qui prennent le boulot
00:57:35et on a envie
00:57:35que ces jeunes
00:57:36soient constructeurs
00:57:37de la cité de demain
00:57:38donc je ne vais pas revenir
00:57:39sur la définition de la cité de demain
00:57:40on vient de le faire
00:57:42utiliser des matériaux propres
00:57:44et recyclés
00:57:46par exemple
00:57:46le parpain-bois
00:57:48le parpain-bois
00:57:49c'est zéro déchet
00:57:51on fabrique
00:57:52donc le parpain
00:57:53c'est-à-dire
00:57:54les planches
00:57:54qu'on rassemble
00:57:564 planches
00:57:56ça fait un parpain
00:57:57et avec les copeaux
00:57:58ça devient l'isolant
00:57:59qu'on met à l'intérieur
00:58:00ça résiste
00:58:01au froid
00:58:02ça résiste
00:58:03à la chaleur
00:58:04et aux incendies
00:58:06donc on a aujourd'hui
00:58:07par exemple
00:58:07avec le parpain-bois
00:58:08zéro déchet
00:58:09deuxièmement
00:58:09on voudrait aussi
00:58:10que les grands groupes
00:58:10arrêtent d'exploiter
00:58:12par exemple
00:58:13quand on prend
00:58:13la situation
00:58:14comme je disais
00:58:15le calcaire
00:58:16est-ce qu'on a besoin
00:58:17de fermer aujourd'hui
00:58:18des industries cimentières
00:58:19en France
00:58:20pour aller chercher
00:58:20le calcaire
00:58:21pour fabriquer le ciment
00:58:22dans d'autres pays
00:58:23méditerranéens
00:58:24et entre la Turquie
00:58:25pour pouvoir payer
00:58:27moins cher
00:58:27de taxation
00:58:28en Europe
00:58:31enfin
00:58:31l'enjeu
00:58:34c'est qu'on arrive
00:58:35à vivre
00:58:36et à travailler
00:58:37tous ensemble
00:58:38et à ne pas finir
00:58:39à 53 ans
00:58:40parce que l'enjeu
00:58:41sorti
00:58:42de nos professions
00:58:43c'est
00:58:43on est brisé
00:58:44pour 70%
00:58:45des salariés
00:58:46on est brisé
00:58:47à 53 ans
00:58:48et mis en situation
00:58:50d'invalidité
00:58:51ou d'handicap
00:58:52et en fin de carrière
00:58:54du coup
00:58:54mais avec tout le passage
00:58:56RSA et tout ça
00:58:5750% des salariés
00:58:58qui sortent
00:58:59de nos métiers
00:58:59finissent au RSA
00:59:01est-ce que c'est normal
00:59:02que quelqu'un
00:59:02qui a contribué
00:59:03pendant plus de 30 ans
00:59:04à construire la France
00:59:07se retrouve
00:59:07au banc des exclus
00:59:09parce qu'il a osé
00:59:10travailler
00:59:10dans les métiers
00:59:11du BTP
00:59:12donc ça c'est un enjeu
00:59:13qu'on travaille
00:59:14avec Frédéric
00:59:15qu'on travaille
00:59:15avec Jean-Pascal
00:59:16qu'on travaille
00:59:16avec l'ensemble
00:59:16du bureau fédéral
00:59:18et où ça qu'on dit
00:59:19ben non
00:59:20on ne peut pas accepter
00:59:21qu'on arrive cassé
00:59:22alors ça demande
00:59:23toute une réflexion
00:59:23toute une réflexion
00:59:25de c'est quoi le travail
00:59:26on ne peut pas travailler
00:59:27tous avec un isosquelette
00:59:28ça n'aura plus de sens
00:59:29ça veut dire que les tâches
00:59:30aujourd'hui sont trop compliquées
00:59:32ça demande aussi la mixité
00:59:33nous on souhaite
00:59:34que notre travail
00:59:35soit accessible
00:59:36à tous
00:59:37et à toutes
00:59:38aujourd'hui par exemple
00:59:39on est à 9%
00:59:40toute population inclue
00:59:42on est à 9% de femmes
00:59:43dans nos métiers
00:59:44c'est-à-dire que nos métiers
00:59:45sont inaccessibles
00:59:46ce qui n'est pas normal
00:59:48donc on a une fédération
00:59:49qui travaille
00:59:50pour la place de la femme
00:59:51qui travaille contre le racisme
00:59:52une fédération
00:59:53qui travaille pour l'avenir
00:59:54de la justice sociale
00:59:57qui travaille pour l'environnement
00:59:58et ce thème
00:59:59de cité de demain
01:00:00et bien ça englobe tout ça
01:00:01parce que comme je disais
01:00:02au tout début
01:00:03c'est la cité
01:00:05en termes de construction
01:00:07et c'est la cité
01:00:08en termes de démocratie sociale
01:00:09et on espère contribuer
01:00:11c'est le cas de le dire
01:00:12mettre notre pierre
01:00:13à cette construction
01:00:14de la cité de demain
01:00:16merci beaucoup Bruno
01:00:17je vous propose
01:00:18qu'on s'en tienne là
01:00:19merci de nous avoir suivis
01:00:21et puis à bientôt
01:00:23merci
01:00:24merci
01:00:24merci beaucoup
01:00:25merci à tous
01:00:25merci à tous
01:00:27merci à tous
01:00:30merci à tous

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