- il y a 1 semaine
Plus de quatre mois de travaux de la commission d’enquête parlementaire et un rapport, rendu public mercredi 2 juillet, qui en résume la teneur et formule 50 recommandations pour en finir avec les violences sur les élèves. Avec l’engagement de poursuivre jusqu’à leur traduction dans la loi. Le point avec nos journalistes Pierre-Antoine Valade et Olivier Chartrain.
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NewsTranscription
00:00Aujourd'hui on s'attaque au sujet lourd et essentiel, le rapport de la commission d'enquête sur les violences
00:04dans les établissements scolaires.
00:06Plus de 300 témoignages ont mis à jour un système de violences physiques, psychologiques et sexuelles, un silence organisé et
00:12des complicités au plus haut niveau.
00:14D'abord, Olivier, est-ce que tu peux nous rappeler pourquoi cette commission a été mise en place ?
00:20Alors cette commission a été mise en place à l'initiative, il faut quand même le dire, du député LFI
00:29Paul Vannier, à sa demande,
00:33parce que c'est la suite de la création initialement du collectif des victimes de Notre-Dame de Bétaram, qui
00:43a commencé à faire sortir des choses.
00:44Mais ce collectif, en réalité, il s'est créé en 2024, je ne sais plus exactement la date. Mais tout
00:53ça n'est sorti qu'en début de cette année,
00:55parce que ce qui a fait du bruit et ce qui a motivé à ce que l'Assemblée nationale se
01:01penche là-dessus, c'est une enquête de Mediapart qui révélait que François Béroux savait des choses
01:09et qu'il n'avait rien fait. Voilà. Donc c'est là-dessus que c'est parti. Et c'est
01:14une commission d'enquête en plus assez particulière.
01:16Ça n'arrive pas très souvent, puisque c'est toute la commission des affaires culturelles et de l'éducation de
01:24l'Assemblée nationale
01:25qui a décidé de se constituer en commission d'enquête sur ce sujet-là. Voilà.
01:32Et donc, tu le disais, il y a deux députés qui mènent cette commission ?
01:38Oui. Alors ça a été décidé à l'unanimité, la création de la commission. Et donc, comme c'était déjà
01:46à la base, on va dire, transpartisan,
01:48il y a eu deux co-rapporteurs nommés. Donc Paul Vannier, d'une part, et d'autre part, Violette Spilbout,
01:54la députée du Nord,
01:55qui est, elle, ensemble. Donc, ce n'est pas des gens qui sont forcément, à la base, d'accord sur
02:03tout, on va dire.
02:05D'ailleurs, je vous invite à lire l'entretien de Café Olivia avec Violette Spilbout, qui a été publié hier
02:11sur le site.
02:12Très, très, très intéressant. Et on sent que ça l'a vraiment marqué.
02:16Qui a eu droit à quelques remarques de ses amis du bloc centriste, on va dire.
02:23en lui disant, ah, c'est dans l'humanité qu'elle s'exprime, ça prouve bien, en gros, où elle
02:27va maintenant.
02:28On a même allé voir Macron, on va le lisait.
02:30Mais oui.
02:32Les gens sont...
02:33Oui, mais c'est... Alors, Vannier, lui, il avait déjà une expérience, puisque l'année dernière, il avait fait une
02:39mission d'information,
02:40cette fois, avec un autre député, ça ne s'appelait pas ensemble, là, c'est pas clair, la valse des
02:44étiquettes, là, je commence à m'y perdre,
02:45mais un député macroniste qui s'appelait Weisberg, ils avaient enquêté sur le financement de l'enseignement privé sous contrat.
02:53Donc il y avait déjà une expérience de travailler avec des... et ça s'était bien passé.
02:57Et là, eh bien oui, visiblement, la mayonnaise, elle a bien pris.
03:00Je pense qu'ils ont... c'est un travail énorme, et y compris le travail, je pense, de se répartir
03:05les tâches,
03:05de se mettre d'accord, etc., de ne jamais...
03:07Ils ont réussi à ne jamais s'exprimer, à ne jamais être mis en porte-à-faux sur ce que
03:13disait l'un ou l'autre, etc.
03:17Et même jusqu'à maintenant, et visiblement, d'après ce qu'ils déclarent aujourd'hui, depuis la sortie du rapport,
03:23ça va continuer.
03:25Je pense que, d'une part, ça peut s'expliquer aussi par le fait que, ils l'ont dit tous
03:30les deux,
03:31sous différentes formulations, mais en gros, on ne sort pas indemne d'une commission d'enquête comme celle-là.
03:38Ils se sont déplacés à Notre-Dame-de-Bétara, Marie-Aumont, à Chalons, je ne sais jamais si c'est
03:44Chalons-sur-Marneau, en Champagne.
03:47Sur Main, je pense.
03:48Oui, c'est là où il y a le lycée des arts du cirque, où il s'est passé des
03:52choses aussi bien crades.
03:56Ils ont auditionné beaucoup de...
03:59J'étais, moi, comme un certain nombre de journalistes, la première, l'audition qui a ouvert les travaux de la
04:05commission d'enquête,
04:05c'est l'audition des collectifs de victimes.
04:08Même quand on est journaliste, on n'en sort pas indemne.
04:12C'est un sujet sur...
04:14Ce n'est pas un sujet de plaisanterie, et tu le réalises bien quand tu entends les gens,
04:18des adultes, qui peuvent avoir 50, 60, 70 ans,
04:22raconter, même de manière allusive, mais pas toujours de manière allusive,
04:25ce qu'ils ont pu subir quand ils étaient gamins.
04:29Je pense que même quand tu es député, ça incite à prendre les choses très au sérieux.
04:36Et donc, ce rapport, il a été publié hier.
04:40Quelles sont les principales révélations ?
04:44Je ne sais pas si on peut parler de révélations, parce que ça fait quand même 4 mois qu'ils
04:47sont sur le truc.
04:49Et les auditions, etc., tout ça a été quand même suivi.
04:55On en a rendu compte dans la presse, etc.
04:57Donc je ne sais pas s'il y a vraiment des révélations.
04:59Par contre, oui, il y a des...
05:03C'est plus...
05:04C'est mis noir sur blanc, tout ce qu'on a pu apprendre au fil de ces travaux.
05:08Sur la gravité des choses qui ont pu se produire, on peut commencer par là.
05:17On parle de violence psychique, de violence physique, de violence sexuelle.
05:25On parle d'enfants quasiment réduits à un esclavage.
05:32À Riaumont, notamment, on peut parler de travaux forcés, de dénutrition.
05:38Enfin, c'est des choses...
05:42C'est des choses inimaginables, en vérité.
05:46Donc ça, voilà, tout ça, c'est dans le rapport.
05:49C'est un rapport qui fait...
05:50Le rapport lui-même, il fait 300 pages, mais avec toutes les annexes, les comptes-rendus d'audition, etc.,
05:56il fait plus de 1000 pages.
05:57Il y a combien d'auditions ?
06:00135, je crois.
06:01Donc ça, les auditions, ça comprend les victimes, mais ça comprend aussi tous les experts, les ministres, et tout ça.
06:11Il y a aussi tous les documents qu'ils ont pu ramasser en allant, en se déplaçant sur place.
06:16Donc on apprend ça.
06:18On apprend aussi...
06:19Là, c'est là que ça devient déjà politique.
06:25Le fait que tout ça s'est passé, c'est toute l'embrouille autour de Bérou, notamment.
06:29Presque aux vues au-dessus de tout le monde.
06:31Donc mesurer ce qu'on savait, ce qu'on ne savait pas, qui savait, qui ne savait pas, ce qu
06:39'on aurait pu savoir, mais qu'on n'a pas voulu savoir.
06:41Enfin, il y a toutes les nuances de gris, pour le coup, dans cette affaire.
06:49Les complaisances.
06:53Bétaram, là aussi, c'est un bon exemple.
06:55C'est-à-dire qu'autour de tous ces établissements, il y a des réseaux, notamment de notables, d'élus
07:04locaux, qui sont la plupart du temps d'anciens élèves,
07:07et qui se serrent tous les coudes autour d'un objectif, qui n'est pas de préserver les enfants, les
07:16élèves qui sont dans ces établissements,
07:17mais de préserver la réputation de ces établissements.
07:20Pourquoi ? Parce que la réputation, c'est la clé des affaires.
07:26Si la réputation se dégrade, il y a moins de gens qui viennent, donc l'existence même de l'établissement
07:32peut finir par être mise en cause,
07:34ou en tout cas son équilibre économique, parce que ce sont des entreprises.
07:38Et là, tout à l'heure, tu as parlé de Bayrou.
07:40Quelles sont les principales critiques adressées à François Bayrou concernant son rôle dans cette affaire-là ?
07:47On sait qu'il a menti ?
07:49Ce n'est pas mon sujet préféré.
07:50Pour moi, Bayrou, c'est un parmi d'autres.
07:52Alors, ce n'est pas n'importe quel, ça c'est clair.
07:55Mais voilà, Bayrou, il a menti.
07:58Paul Vannier estime que, et je pense qu'on peut partager cette opinion,
08:03il a menti, soit devant l'amblée nationale,
08:07quand il a été questionné là-dessus au mois de février, le 11 février,
08:11où il a dit qu'il ne savait rien, ni sur des violences sexuelles, ni sur des violences tout court,
08:16qu'il n'avait jamais été au courant de rien,
08:18ou alors il a menti lors de son audition devant la commission,
08:23quand il a dit qu'il était au courant de certaines choses par les journaux, etc.
08:27Le fait est que le garçon a quand même été président du conseil départemental,
08:32donc en charge de la protection de l'enfance.
08:35Pendant un certain nombre d'années où les faits se sont déroulés,
08:39il a été ministre de l'éducation.
08:41Comme ministre de l'éducation, il a été alerté.
08:45Pendant qu'il était ministre de l'éducation, il y a eu plainte,
08:48il y a eu la mise en examen du directeur, pour viol, du directeur de l'établissement,
08:55tout un tas de choses comme ça, rien n'a été fait.
08:58Donc voilà, c'est ça qu'on peut reprocher à Béroud.
09:01Moi, ce que je dis surtout, c'est qu'il n'est vraiment pas le seul.
09:05Ce qu'on peut lui reprocher, par exemple, comme ministre,
09:07on peut aussi le reprocher à ceux qui l'ont précédé et à ceux qui l'ont suivi.
09:11Ils n'ont rien fait.
09:13Ce qu'on peut ajouter dans le cas de Béroud, c'est que lui était quand même bien placé
09:16pour être au courant de ce qui se passait à Bétarame,
09:19puisqu'il était maire, président du conseil départemental,
09:23et en plus, parent d'élève.
09:27Mais quand on regarde le mécanisme de toutes ces choses-là,
09:30la fille, par exemple, de François Béroud, qui a parlé là,
09:35qui s'est exprimée notamment dans le livre d'Alain Esquer,
09:37le fondateur du collectif des victimes de Bétarame,
09:41qui a révélé de quoi, ce qu'elle avait subi, etc.
09:45Elle dit qu'on n'en parlait pas dans sa famille.
09:47Moi, je la crois.
09:48Parce que dans toutes ces familles-là, grosso modo,
09:52ça fonctionnait comme ça.
09:53Voilà, c'est l'Omerta.
09:56Elle explique tout ça très bien.
09:57C'est très intéressant de lire les passages du bouquin d'Esquer
10:00où il l'a fait s'exprimer.
10:02C'est très intéressant ce qu'elle explique justement sur le fait que
10:04que ces violences-là soient commises en public,
10:09ouvertement, dans le cadre des activités scolaires.
10:12C'est le verrou du silence, en fait.
10:15Parce que le fait qu'on ose faire ça devant tout le monde,
10:18ça légitime ces pratiques-là.
10:21Ça l'explique très bien.
10:22Le mécanisme de la loi du silence,
10:25on le connaît bien grâce aux travaux de la commission,
10:29mais aussi par exemple à un bouquin comme celui d'Esquer
10:32qui dit des choses très intéressantes là-dessus.
10:35Dans ce rapport, il pointe aussi les défaillances de l'État.
10:39Oui.
10:41Pourquoi ? Comment ?
10:42Nous, on a dit l'humain, on a titré là-dessus.
10:44Je pense qu'on a bien fait.
10:45Eh bien oui, parce que le responsable de tout ce qui se passe
10:50dans l'établissement scolaire,
10:51qu'il soit public, qu'il soit privé sous contrat
10:53ou privé hors contrat,
10:55c'est l'État.
10:56C'est lui qui est chargé de contrôler tout ça.
10:58Et ce qui est quand même le gros apport
11:01du travail de cette commission,
11:02c'est de mettre le doigt,
11:05je ne sais pas comment on peut appeler ça,
11:06il y a divers degrés là aussi,
11:10des complaisances, des complicités,
11:12des défaillances,
11:14des manques structurels
11:17qui ont tous convergent vers une chose,
11:20c'est que tout ça peut continuer à se passer,
11:22a pu continuer à se passer
11:24et continue encore à se passer,
11:26même si on peut imaginer ou espérer
11:29que ça va quand même être moins le cas maintenant,
11:36du fait de ces défaillances de l'État.
11:38Il y a notamment les défaillances du contrôle.
11:43On peut donner un chiffre,
11:45puisque un des effets immédiats
11:48ou quasi immédiats des travaux
11:49de la commission d'enquête,
11:50c'est que la ministre de l'Éducation nationale,
11:52Elisabeth Borne,
11:54elle a quand même commencé à bouger un peu
11:55en annonçant au mois de mars un plan,
11:56je ne sais même plus comment il s'appelle,
11:59je ne sais plus comment il s'appelle ce plan,
12:01qui prévoit notamment plus de...
12:02Il y a eu là sur l'année scolaire 2024-2025,
12:06500 contrôles dans des établissements privés.
12:09Il prévoit de monter à 1 000
12:11à partir de l'année prochaine.
12:13Avant, c'était bien moins...
12:14Avant, c'était bien moins.
12:16Sur les travaux de la mission d'information
12:19Vanier Weisberg l'année dernière,
12:21ils avaient calculé
12:21qu'un établissement scolaire privé,
12:24au rythme où ça se faisait à l'époque,
12:27donc l'année dernière,
12:28où ils l'ont mesuré,
12:29avait une chance de se faire contrôler
12:31tous les 1 500 ans.
12:33Donc déjà,
12:33les contrôles qui ont été annoncés par Borne,
12:36c'est déjà un très net progrès.
12:37Elle a annoncé aussi
12:40le recrutement de 60 inspecteurs.
12:42Alors, ça a été présenté comme pour faire ça.
12:44Le problème, c'est qu'à notre connaissance,
12:46ils ne sont pas fléchés spécifiquement là-dessus.
12:48Et il y a des gros besoins aussi,
12:49en termes d'inspection.
12:50Mais déjà, il y a quelques bougées.
12:55Mais je ne sais plus où j'en étais, en fait.
12:57Sur les défaillances de l'État...
12:58Oui, sur la question du contrôle.
13:02Il y a le fait...
13:03Il y a la question de la fréquence des contrôles,
13:05mais aussi la question de leur qualité,
13:08entre guillemets.
13:09C'est-à-dire, qu'est-ce qu'on regarde,
13:10qui regarde, etc.
13:11On peut reprendre l'exemple de Bétharab.
13:13Il y avait eu un contrôle,
13:15lancé en urgence,
13:15justement par le ministre François Béroux.
13:17Le gars n'a rien vu.
13:19Rien su.
13:21Et le peu qu'il y avait dans son rapport
13:25de deux pages d'inspection,
13:27ça a été...
13:30Ça a été, en gros, occulté par...
13:32Enfin, je ne veux pas rentrer dans les détails
13:33de la procédure,
13:34mais entre le moment où il l'a écrit
13:35et le moment où ça a été transmis au ministère.
13:37Voilà.
13:40Et ça s'explique...
13:41Vanille a une expression que je trouve assez parlante
13:43là-dessus.
13:44Toutes ces...
13:45Enfin, je suis un peu court peut-être là-dessus,
13:47mais on peut parler aussi
13:50du fait que les structures
13:52qui gèrent,
13:54qui sont censées gérer
13:55l'enseignement catholique privé,
13:57ce qu'on appelle le SGEC,
13:59le Secrétariat Général de l'Enseignement Catholique,
14:02Vanille appelle ça le ministère bis
14:04de l'Éducation nationale.
14:07Speedboot n'est pas d'accord là-dessus,
14:08mais il y a une telle intrication
14:12entre le SGEC et le ministère
14:14à chaque fois qu'il s'agit de décider
14:15des questions d'argent,
14:17des questions...
14:18Tout ça,
14:18que ce n'est pas complètement faux.
14:20Le SGEC, en gros,
14:21ils font ce qu'ils veulent, quoi.
14:22Et le ministère ne fait rien.
14:25Pourquoi ?
14:26C'est une explication qui vaut ce qu'elle vaut,
14:29mais...
14:30Pardon.
14:32Pour remonter à 1984,
14:33la loi Savary,
14:35qui prévoyait de faire
14:36un grand service public de l'éducation,
14:38incluant le privé,
14:39qui a été ce qu'on appelait
14:40la guerre scolaire.
14:41Il y avait eu des manifs monstrueux,
14:42ce qui fait que le pouvoir socialiste
14:44était revenu en arrière
14:45sur cette question-là.
14:46Et depuis,
14:47à chaque fois qu'on essaye de toucher
14:49ne serait-ce qu'un cheveu
14:50du crâne de l'enseignement catholique,
14:54on réactive ce que Vanille appelle
14:55le rayon paralysant de la guerre scolaire.
14:58C'est-à-dire,
14:58oh là là, ne touchez pas,
14:59vous allez réactiver la guerre scolaire,
15:01vous voulez détruire l'enseignement privé,
15:03qui est meilleur que l'enseignement public,
15:05ce qui est complètement faux.
15:06Il est meilleur,
15:06il apparaît meilleur
15:07parce qu'il choisit ses élèves,
15:08ce que le public ne veut pas faire,
15:11et qui ne coûte rien à l'État,
15:12ce qui est évidemment complètement faux.
15:13L'enseignement privé,
15:15il est financé à 75% par vos impôts,
15:18comme dirait Nicolas, c'est ça ?
15:20Nicolas qui paye.
15:23Et c'est étonnant,
15:23parce qu'il y a aussi des écoles musulmanes,
15:28qui, elles, par contre,
15:30sont très, très, très contrôlées.
15:34Ce que me faisait remarquer
15:35quelqu'un d'un collectif de victimes hier,
15:38c'est que, ouais,
15:38déjà, on ne voit pas
15:40ce que ça fait dans le périmède
15:41de cette commission d'enquête,
15:42le fait qu'il soit allé voir
15:43sur l'enseignement privé musulman,
15:46y compris parce qu'il n'y a pas un exemple
15:48d'un établissement confessionnel de ce type-là
15:51où il y a eu des faits approchants
15:55ce qui s'est passé.
15:57Voilà.
15:58Et donc, on en arrive quand même
16:00aux conclusions de ce rapport.
16:03Quelles sont les principales recommandations ?
16:05Là, il y en a beaucoup.
16:06Il y en a 50.
16:07C'est énorme.
16:08Est-ce que tu peux nous en...
16:09Oui, on peut essayer de résumer.
16:11J'ai vu, vous voulez supprimer
16:12la prescription des...
16:13Oui, alors, voilà.
16:14Il y a l'aspect reconnaissance
16:18due aux victimes.
16:19Là-dessus, il propose un fonds
16:21d'indemnisation par l'État,
16:23donc ce qui serait une reconnaissance
16:24par l'État
16:27de sa responsabilité
16:28dans ce qui s'est passé.
16:29Il propose aussi
16:30d'allonger le délai de prescription
16:35sur les...
16:37Les violences...
16:38Non, sur la non-dénonciation.
16:39C'est la question des violences.
16:41Et il propose...
16:42C'est là que ça peut paraître
16:43un peu timide.
16:43On sait que les collectifs victimes,
16:45eux, ils parlent
16:46d'une imprescriptibilité
16:49des violences commises sur mineurs
16:51dans le cadre scolaire
16:53ou pas dans le cadre scolaire, d'ailleurs.
16:55Cette question-là,
16:55elle reste un peu en suspens,
16:56y compris dans le rapport.
16:57Ils proposent de créer
16:58une autre mission
16:59pour travailler sur le sujet.
17:00Donc c'est un peu...
17:01Voilà.
17:02Là-dessus, c'est un peu...
17:03On peut juger.
17:04En tout cas, les collectifs de victimes
17:05peuvent juger que c'est un peu faible.
17:09L'autre aspect,
17:11c'est l'aspect, donc,
17:12de la protection des enfants,
17:14des élèves eux-mêmes.
17:15Alors il y a pas mal de choses
17:16qui tournent autour
17:17de l'information,
17:20de la circulation d'infos
17:23entre les administrations.
17:24Si quelqu'un se fait choper
17:25par l'éducation nationale,
17:27la justice n'est pas forcément
17:28mise au courant.
17:29Il parle d'instituer
17:30ce qu'on pourrait appeler
17:31une culture du signalement.
17:33Aujourd'hui, normalement,
17:34il y a déjà l'article 40
17:37du code de procédure pénale
17:38qui oblige tout fonctionnaire
17:39à signaler un crime ou un délit.
17:42Aujourd'hui, ça ne se fait pas forcément.
17:45Il y a des barrages.
17:47Il y a la question de la hiérarchie.
17:48Quand on a ce qu'on peut appeler
17:50un lanceur d'alerte
17:51sur des faits de ce type-là,
17:54alerte sa hiérarchie,
17:55parfois, ça coince.
17:57Comme la prof de mathématiques ?
17:59Comme la prof de mathématiques.
18:00Alors, c'est encore...
18:01Encore autre chose.
18:02Je vais y revenir parce que...
18:04Enfin, on a jusqu'à 19h.
18:07T'as le temps que tu veux...
18:09Après, il faudra gérer 40.
18:11Puis, mon stock de salé,
18:13c'est qu'il y a...
18:14Mais il y a...
18:18Ouais, là...
18:18De lever toutes ces éventuelles barrières,
18:22ces difficultés-là
18:23qui peuvent se poser
18:24en améliorant aussi
18:26la formation des personnels,
18:28de tous les personnels
18:29qui peuvent être impliqués
18:30à tous les étages.
18:32Et aussi, de l'autre côté,
18:35de ce qu'on appelle
18:36la vérification d'honorabilité
18:38des personnels, etc.
18:39Les questions de casier judiciaire ou pas.
18:41Enfin, voilà.
18:41Ils disent qu'il faut, en gros,
18:44fluidifier tout ça.
18:47Et j'oublie un truc.
18:49Je suis en train de regarder
18:50mes notes discrètement.
18:51Mais ils veulent créer.
18:54Ils proposent de créer.
18:55Ça, c'est une des propositions fortes.
18:56Ce qu'ils ont appelé Signal Eduq.
18:58Parce que dans le domaine du sport,
18:59il y a déjà quelque chose
19:00qui fonctionne bien, justement.
19:02Il s'appelle Signal Sport,
19:03qui est un service, en fait,
19:05indépendant et centralisé
19:06où on peut se retourner,
19:10qu'on soit victime
19:11ou qu'on soit lanceur d'alerte.
19:14Signal Sport.
19:15Oui.
19:16L'année dernière, je crois.
19:18Après les...
19:18OK.
19:19Et donc là,
19:21ils proposent de créer
19:22quelque chose de similaire
19:23pour les violences sur les Èves.
19:28Que je n'oublie rien.
19:29Parce que ça, c'est vrai que...
19:30C'est une plateforme en ligne, du coup ?
19:31C'est un numéro vert ?
19:32Pour l'instant, ça n'existe pas.
19:32OK, mais Signal Sport.
19:34Non, c'est une cellule.
19:35Alors, je pense qu'il y a un peu
19:36tout l'arsenal.
19:37Mais surtout, il y a du personnel
19:40dédié, compétent
19:40pour recueillir la parole,
19:42pour savoir quoi en faire,
19:43pour accompagner
19:43les éventuels lanceurs d'alerte
19:45dans leur démarche, etc.
19:47Donc ça, c'est une proposition
19:51qui est quand même importante.
19:54Il propose aussi...
19:56Non ?
19:56Tu voulais dire...
19:57Non, je t'écoute.
19:59Il propose aussi
20:00un truc peut-être un peu provocateur,
20:02mais qui est assez logique
20:04quand on y regarde.
20:05C'est la levée du secret
20:06de la confession.
20:07Dans le cas d'agression
20:10sur des enfants
20:12de moins de 15 ans.
20:13Ce qui ne va pas du tout de soi.
20:16Mais apparemment,
20:18même le...
20:18Je voulais retourner voir ça,
20:20mais pendant son audition,
20:21le président de la conférence
20:23des évêques de France
20:24n'a pas forcément
20:25mis un veto là-dessus.
20:27Donc voilà,
20:27c'est des choses
20:28qui peuvent avancer.
20:30Et un truc
20:31qui est un peu plus discret,
20:31mais qui risquerait
20:32d'être très efficace aussi,
20:34c'est qu'ils veulent
20:36qu'il y ait
20:36de nouvelles associations
20:37de parents d'élèves
20:38qui soient agréées
20:39pour intervenir
20:40dans l'enseignement catholique.
20:41Il faut savoir qu'aujourd'hui,
20:43et c'est ce que le rapport
20:44met bien en évidence,
20:47entre l'appel,
20:48c'est-à-dire l'association
20:49des parents d'élèves
20:50de l'enseignement libre
20:51et les OGEC,
20:52c'est-à-dire les organismes
20:53de gestion
20:54de l'enseignement catholique,
20:55en gros,
20:56l'OGEC,
20:56c'est celui qui gère
20:58tel ou tel établissement.
21:00En fait,
21:01quand on regarde,
21:02c'est les mêmes.
21:03C'est les mêmes personnes.
21:04C'est marié, femme,
21:06etc.
21:07C'est interchangeable.
21:08Ils se retrouvent tous
21:09au conseil d'administration
21:10de l'établissement.
21:11En fait,
21:11il y a une sorte de...
21:13Je ne veux pas dire...
21:14Ça sera assez maladroit
21:15de parler de rapports incestueux
21:16dans ce cas-là.
21:17Mais voilà.
21:18C'est vrai qu'apporter
21:19un peu de diversité génétique
21:22dans ce marigot-là,
21:25ça pourrait être pas mal.
21:27Il n'y a rien qui dit...
21:28Moi, je me demande surtout
21:29avec quels moyens
21:30pourront-ils mettre en place
21:31les recommandations ?
21:32Les recommandations,
21:33elles ont l'air...
21:34de répondre
21:35aux attentes
21:36et aux problèmes
21:37que le rapport
21:38a mis en évidence.
21:40Mais...
21:41C'est une excellente question,
21:42cher Pierre.
21:43de coupe du budget,
21:47service public à l'agonie.
21:49Quand ils font une proposition,
21:50quand ils mettent en évidence
21:51le rôle des personnels
21:52médico-sociaux dans l'établissement,
21:53les infirmières,
21:55les psychologues,
21:57les assistants de services sociaux,
21:59etc.,
21:59ils proposent
22:00de mettre en place
22:01un plan pluriannuel
22:02de recrutement
22:03parce qu'on sait très bien
22:04qu'il n'y en a pas du tout,
22:05du tout assez
22:05et que ce sont les personnels
22:08par excellence
22:08vers lesquels
22:09les élèves se tournent.
22:11Parce qu'ils sont un peu
22:13à côté,
22:13on a confiance,
22:15certains,
22:15comme les personnels médicaux,
22:16sont astreints
22:17au secret professionnel,
22:18donc les élèves se tournent
22:20vers eux.
22:20c'est eux les premiers
22:21à recueillir la parole
22:22donc il y aurait besoin
22:22effectivement recruter
22:24des personnels.
22:24Comme ça,
22:24ça coûterait de l'argent.
22:26Moi,
22:27je n'ai pas la réponse
22:27à cette question.
22:28C'est à la représentation nationale
22:31qu'il faut la poser
22:33et au gouvernement.
22:34Oui,
22:34le contexte,
22:35comme sur plein d'autres sujets
22:36où il y aurait besoin
22:37urgentement
22:40de mettre de l'argent
22:41et voire beaucoup d'argent,
22:43c'est un problème.
22:45Donc là,
22:46tu poses la question
22:46de l'après en fait.
22:48Qu'est-ce que ça va devenir
22:49tout ça ?
22:49Qu'est-ce qu'on va en faire ?
22:50Parce que moi,
22:52je réfléchis,
22:53je me dis,
22:53il n'y a pas longtemps
22:54on a eu une commission
22:55sur les violences sexuelles
22:56dans le cinéma.
22:57Là,
22:58on a eu une commission
22:59sur les violences
23:00physiques,
23:01sexuelles
23:01dans les établissements scolaires.
23:03Ce sera quoi
23:03la prochaine commission ?
23:05C'est ce que disent aussi
23:08un certain nombre
23:09de représentants
23:10des collectifs de victimes.
23:13Sur la même thématique,
23:15on a eu la civise
23:16qui s'occupait
23:17des violences sexuelles
23:19intrafamiliales.
23:19On a eu la SIAZ
23:20qui s'occupait,
23:21j'allais dire,
23:22déjà des violences sexuelles
23:24dans l'église,
23:25qui ont fait
23:26des recommandations,
23:27des propositions
23:28que tout le monde
23:29a applaudies,
23:29etc.
23:30Aujourd'hui,
23:31les collectifs de victimes
23:32de Bétharam et autres,
23:33ils se disent,
23:34mais voilà,
23:34tout ça est dans un tiroir
23:36ou sur une étagère
23:36et on ne voit pas
23:37se concrétiser.
23:38Et ils ont évidemment
23:39la crainte
23:40que ce soit la même chose
23:41pour ce travail-là.
23:43ce contre quoi
23:44le duo
23:46Spielboot-Vanier
23:49s'érige
23:50avec véhémence,
23:51parce que eux,
23:53ils veulent vraiment
23:54continuer.
23:55Et ils pensent
23:55qu'ils vont pouvoir le faire.
23:56C'est-à-dire que leur objectif,
23:58c'est ce que dit
23:59Violet Spielboot
24:00dans son interview
24:01de l'UMA
24:01de ce matin,
24:03c'est d'aboutir
24:04et d'aboutir rapidement
24:06à l'automne
24:06à une proposition de loi.
24:10Tout le monde connaît
24:11la différence
24:11entre projet de loi
24:12et proposition de loi.
24:13Je pense que tu peux
24:13l'expliquer.
24:14Projet de loi,
24:15ça veut dire
24:15on a fait ce travail,
24:16on a fait nos 50 propositions,
24:17maintenant on attend
24:18que le gouvernement
24:19en fasse un projet de loi
24:21qui va pouvoir
24:23passer à l'Assemblée.
24:24Proposition de loi,
24:24ça vient des députés.
24:27Ok.
24:27Voilà.
24:28Donc eux,
24:29ils pensent
24:29qu'ils peuvent aboutir
24:30rapidement.
24:31Ils ont commencé
24:31à travailler
24:32dans ce sens,
24:33non seulement
24:33à élaborer
24:33une proposition
24:34de loi transpartisane
24:35qui essaie de reprendre,
24:37forcément il y aura
24:38des discussions,
24:39surtout quand on sait
24:40que dans la commission même,
24:42il y a eu un certain nombre
24:43de gens qui n'ont pas osé
24:44voter contre l'adoption
24:46du rapport
24:46mais qui se sont abstenus.
24:47La moitié des députés
24:49RN notamment
24:50se sont abstenus
24:52sur le rapport.
24:54Donc ça ne se passera
24:55pas tout seul
24:55mais Vanier et Spielboot,
24:57eux ils sont persuadés
24:58que de toute façon
24:59ils trouveront
25:01et ça risque
25:02d'être possible.
25:04Une large majorité
25:06à l'Assemblée
25:06pour travailler
25:08dans les différents groupes
25:11sur un texte
25:12comme celui-là
25:14pour travailler
25:14avec les présidents
25:15de groupes
25:16qui ont le pouvoir
25:16de mettre
25:17une proposition de loi
25:18au calendrier
25:19de l'Assemblée.
25:19Ça signifie
25:20qu'on ne se contente pas
25:21comme un témoignage
25:22de déposer
25:22une proposition de loi
25:23mais on va faire en sorte
25:24qu'elle soit bel et bien
25:25discutée dans l'hémicycle
25:27et peut-être au final
25:28pour l'adopter
25:29avec les restrictions
25:31comme celles
25:31que tu viens de poser.
25:32C'est-à-dire qu'aujourd'hui
25:34on peut toujours faire
25:35des propositions de loi
25:35s'il n'y a pas de financement
25:37et ça c'est le gouvernement
25:39qui tient les cordons
25:40de la bourse
25:40s'il n'y a pas de financement
25:41pour pouvoir
25:44faire devenir concrète
25:46les propositions
25:48qui sont dedans
25:51cette hypothèque-là
25:53tant qu'il n'y aura pas
25:54une vraie et solide
25:55majorité de gauche
25:56à l'Assemblée
25:56elle risque d'être posée.