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  • il y a 16 heures
Ce vendredi 9 octobre, Michel Ruimy, partner de Levy Capital Partners, a abordé la confiance des consommateurs américains en berne et le maintien du taux américain à 10 ans sous pression dans l’émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou à écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Et puis, à moins d'un mois maintenant de l'élection, des élections de mi-terme aux Etats-Unis,
00:08on mesure l'état, le moral des consommateurs américains.
00:11Comment vont-ils les consommateurs ?
00:12On a l'indice du Michigan qui a été publié il y a quelques minutes,
00:14l'indice du Michigan du mois d'octobre, un peu inférieur aux attentes.
00:17Michel Rouimi nous rejoint pour Lévy Capital Partners.
00:20Bonjour Michel.
00:21Que nous dit cet indicateur, là, cet après-midi, sur l'état des consommateurs ?
00:26C'est une nouvelle dégradation, dans la mesure où elle est plus forte qu'attendue.
00:31Le consensus était à 47,5.
00:34Qu'est-ce que ça signifie ?
00:35C'est-à-dire que les Américains se disent pessimistes, mais ils continuent de dépenser.
00:40Et tant que l'emploi résiste, le consommateur américain râle, mais paye.
00:45Enfin, à travers ce chiffre, je vois trois choses.
00:49La première des choses, si on s'intéresse à la tendance, c'est le troisième recul de suite.
00:53C'est l'indice n'est plus qu'un point et demi de son plus bas historique, qui a été
00:59atteint en mai.
01:01Deuxième chose, la cause, c'est quoi ?
01:03C'est que les ménages sont inquiets sur les prix, sur les carburants, les tensions commerciales.
01:08Et ce n'est pas un choc passager, pour moi, ça commence à être une usure.
01:12Et puis, troisième chose, le message pour la Fed, c'est que les messages sont inquiets sur les prix,
01:17les carburants et tout ce qui peut se poser.
01:20Et donc, l'idée est que si les tensions, les anticipations d'inflation, en fait, remontent au-delà de 3
01:29,4% à long terme,
01:31eh bien, la Banque centrale est coincée.
01:33Et ce qui veut dire qu'elle ne peut pas assouplir sans risquer d'ancrer l'inflation.
01:37Donc, c'est une première tendance qu'il faut bien voir.
01:40C'est un sondage de ressenti.
01:43Ce n'est pas une mesure de la consommation.
01:44Mais il faudra attendre la confirmation dans quelques jours.
01:48– Oui, c'est sûr, l'état des consommateurs, donc le moral des consommateurs qu'ils effritent à nouveau en
01:53ce mois d'octobre,
01:53c'est ce que révèle l'indice du Michigan.
01:55C'est vrai que beaucoup d'Américains sont parallèlement exposés au marché d'action.
01:59On peut se dire, c'est incroyable quand même, le marché d'action est sur des records.
02:01Mais lui aussi, sans doute, contribue à inquiéter un peu les consommateurs.
02:05Il se trouve que la moitié des secteurs cotés sur le S&P 500,
02:09la moitié de ces secteurs sont quand même en marché baissier, en baisse de 20% depuis leur plus haut.
02:12Donc, malgré les records des indices portés par l'IA,
02:15quand on regarde sous la surface les différents secteurs,
02:17la moitié d'entre eux sont déjà en bear market aux États-Unis.
02:20Alors, ça contribue peut-être à les stresser, les consommateurs.
02:22D'autant que les taux continuent de monter.
02:24Alors, justement, ça, ça stresse un de nos auditeurs, c'est Fendi.
02:26Il nous a écrit sur le Philix, BFM Bourse Fendi.
02:29Et il nous dit, un de vos experts hier soir, un peu inquiété,
02:31en expliquant que les taux d'intérêt à long terme doivent être proches de la croissance nominale.
02:36Or, la croissance nominale américaine atteint près de 7%.
02:38Est-ce que ça signifie, c'est la question de Fendi, que les taux américains doivent aller, logiquement, à la
02:42cible de 7% ?
02:43Et avec eux, pourquoi pas, les taux européens ?
02:45Michel.
02:47Alors, non, c'est pas si mécanique que ça.
02:50Une croissance nominale proche de 7%, c'est une boussole.
02:54Elle donne, en fait, un repère.
02:56Elle ne fixe pas le niveau des taux d'intérêt.
02:59Parce que les taux longs dépendent aussi de l'inflation attendue, des taux réels, des primes de risque et des
03:05besoins de financement des États.
03:06Et aux États-Unis, les déficits se sont élevés et les émissions de dettes sont massives.
03:12Donc, cela pousse les rendements à la hausse.
03:15Et déjà, en 10 ans, au-delà de 5%, c'est déjà beaucoup.
03:18Donc, atteindre 7%, c'est un signal d'alerte majeur.
03:23Ça veut dire qu'il y a une inflation qui s'installe durablement,
03:27des déficits qui dérapent ou une perte de confiance dans la Banque centrale.
03:31Donc, ce ne serait pas une normalisation.
03:35Quant à l'Europe, en fait, elle en subirait une partie des conséquences,
03:39car les investisseurs comparent les rendements.
03:42On voit bien que l'Allemagne, la France et l'Italie n'en prennent pas au même coup.
03:46Et alors, pour la France, la question est de savoir si nos taux vont atteindre 7%.
03:51Et en fait, la vraie question, c'est de savoir combien de temps peut-on financer notre dette
03:58avec des taux élevés, alors que la croissance est plus faible.
04:01Donc, c'est là que ça va se poser.
04:04C'est que si le coup de la dette dépasse durablement la croissance,
04:07eh bien, la dette va devenir difficile à stabiliser.
04:11Effectivement, il y en a moins d'un pourcent de croissance ou à peine en France
04:13contre un taux de 10 ans à quasiment 5%.
04:15Merci beaucoup de nous avoir accompagné, Michel Rémy, pour Lévy Capital Partners.
04:19Le CAC 40 est en hausse d'un pour cent, 7806 points en ce moment.

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