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Retrouvez le podcast des indépendants en replay sur BFM Business

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00:02BFM Business, le podcast des indépendants, Ludovic Badeau.
00:07Très heureux de vous accueillir dans ce nouvel épisode du podcast des indépendants,
00:10un épisode spécial tourné ici à Bercy.
00:12Alors si vous avez suivi, on est à Bercy à l'occasion de BIG pour l'événement annuel de l
00:18'entrepreneuriat.
00:19Il y a beaucoup de monde, beaucoup de monde aussi autour du plateau et sur le plateau.
00:23Deux invités que je suis ravie d'accueillir.
00:26Pour commencer, Clara Morgan. Bonjour Clara.
00:28Bonjour.
00:28Alors quand j'ai donné ton nom, quand j'ai dit j'invite Clara Morgan, les gens étaient assez étonnés.
00:33Et puis très vite on m'a dit c'est génial d'inviter des entrepreneurs auxquels on ne pense pas.
00:37C'est génial parce que l'entrepreneuriat c'est la diversité de parcours, de profils et d'histoire.
00:43L'entrepreneuriat finalement c'est ouvert à tous.
00:45Qu'est-ce qui fait que selon toi, ça étonne les gens que tu sois invitée aujourd'hui ?
00:50J'en ai aucune idée.
00:52Ah oui, il faut prendre ça. Super.
00:53J'en ai aucune idée.
00:55En tout cas j'ai monté des entreprises, j'ai été créative dans ma vie.
00:59Et ce qui ne m'a pas étonnée c'est que toi tu m'appelles parce que je sais que
01:03tu détonnes un petit peu dans l'audiovisuel spécifique business.
01:08Et ça n'a pas du tout étonné que tu m'appelles et je suis très content de faire équipe
01:11avec toi aujourd'hui.
01:12Et effectivement, tu es une entrepreneuse. 80 000 calendriers vendus par an en moyenne depuis plus de 25 ans, c
01:18'est ça ?
01:19Oui, des stores, des créations.
01:20Une société de production, une boutique notamment à Pigalle, des retraites spirituelles entre femmes.
01:26Et donc une activité business sur un nom que tu as créé il y a 25 ans, c'est impressionnant.
01:30Moi quand j'ai dit Clara Morgan, tout le monde sait qui tu es.
01:33Et on va parler justement de ces années qui sont passées et comment Clara a été créée.
01:39Et ma deuxième invitée, c'est Alexandra Kruk. Très content de t'avoir sur ce plateau.
01:43Alexandra, tu es la cofondatrice de Mesdames Média avec Maïté Nabi Rabin.
01:48Ce qui est intéressant chez toi, c'est que tu es un peu l'entrepreneur qui n'était pas prévu.
01:52Absolument. J'ai monté ma boîte à 48 ans avec une peur chevillée au corps.
01:56Et 7 ans plus tard, nous sommes encore là avec un média qui est en ligne sur tous les réseaux
02:01sociaux,
02:02avec plus d'un million cinq d'abonnés, une tournée en cours, des produits dérivés, la première culotte Mesdames.
02:08Voilà. Donc je suis extrêmement contente d'être là et de partager le plateau avec Clara,
02:13qui est une Mesdame puisqu'elle a 45 ans.
02:15Ah oui.
02:16Oui, en fait j'ai demandé à faire Mesdames il y a deux ans et on m'a dit pas
02:19du tout, vous êtes beaucoup trop jeune.
02:21C'est à partir de 45 ans.
02:21C'est vraiment très flatteur et bizarre.
02:24Et alors c'est du culot d'entreprendre finalement, le thème je rappelle de Big, c'est le culot.
02:29C'est du culot de se dire ok, à plus de 50 ans je vais entreprendre.
02:32C'est du culot à 19 ans, parce que c'est à cet âge là que tu as créé Clara
02:35Morgan, d'inventer un personnage.
02:38Alors pour moi oui, moi c'est du culot, c'est du courage, c'est de l'audace, c'est
02:43un pas de côté.
02:44Mais c'est non seulement d'entreprendre et aujourd'hui c'est d'avoir créé un média sur les femmes
02:49de 50 ans.
02:50Mais si je regarde en arrière, tout ce que j'ai fait dans ma vie c'était du culot.
02:52J'ai commencé à la télé avec le très culoté Thierry Ardisson, j'ai enchaîné avec le très culoté Mickaïoun
02:58pour le morning live.
02:59Puis ensuite avec la très culoté Laurence Boccolini dans le maillon faible que j'ai produit.
03:04J'ai fait le premier doc sur l'endométriose sur TF1.
03:07Donc au fond si je regarde la ligne de ma carrière, c'est le culot.
03:12Oui, d'ailleurs quand on préparait, tu me disais soyez à contre-courant.
03:16Parce que c'est quand on est à contre-courant finalement qu'on fait des choses différentes et qu'on
03:19se fait remarquer.
03:20Je pense que quand on est normal comme je le suis, classique comme je le suis,
03:24c'est hyper intéressant de faire des choses différentes et d'aller là où les autres ne vont pas.
03:28Clara, tu es aussi là aujourd'hui pour ce livre Anatomie d'une métamorphose.
03:33C'est un livre que j'ai beaucoup aimé lire et qui raconte finalement la construction du personnage de Clara
03:38Morgan.
03:39Est-ce que c'est culotté ?
03:40Alors la construction, la déconstruction, le regard, beaucoup d'anecdotes business,
03:46beaucoup aussi de recul sur la place de la femme dans les médias.
03:53Ce que on ne considérait pas tout à fait les femmes chez Ardisson par exemple à l'époque qu'on
03:58peut le faire aujourd'hui.
04:00Il y a quand même eu une évolution et j'ai envie d'être positive.
04:03Mais c'est vrai que voilà, on voit les fois où je suis tombée, les fois où je me suis
04:06relevée.
04:07Et j'avais envie aussi de mettre un coup de canif dans la marque parce que je sais que ma
04:12marque,
04:12Clara Morgan, a dépassé l'humaine que je suis.
04:16Et on met plein de choses là-dessus.
04:19Et en fait, je voulais déconstruire.
04:20Je voulais dire que j'étais quelqu'un qui se battait comme tout le monde et qu'il n'y
04:24avait pas de force absolue derrière.
04:26Oui, il y avait parfois un visage qui souriait mais aussi quelqu'un qui était derrière.
04:32Et j'ai eu envie pour la première fois de me dévoiler autrement on va dire.
04:36Et je le disais, ce qui vous rejoint toutes les deux, c'est vraiment d'aller à contre-courant.
04:40Et tu dis d'ailleurs dans ton livre, tu fais une critique assez marquée du système scolaire notamment
04:44en expliquant que finalement, on essaie de te mettre dans des boîtes et que ce n'est pas toujours les
04:49bonnes boîtes.
04:49et que finalement, on n'essaie pas de te permettre de t'exprimer.
04:52On n'encourage pas tellement la créativité.
04:55Bon, peut-être de plus en plus, j'en sais rien, j'ai quitté l'école depuis quelques jours.
04:59Oui, seulement.
05:01Mais c'est vrai que je trouve qu'on forme d'abord des petits soldats censés rester sur les rails
05:06et bien obéir et entreprendre, être créatif.
05:09Ce n'est pas un truc qui nous est appris, c'est quelque chose d'inné.
05:13Et j'ai envie de dire, même que quand on fait des choix extrêmement compliqués
05:17qui peuvent ne pas être compris du tout,
05:21et bien parfois, il y a des idées derrière, il y a des démarches.
05:24Et peut-être qu'il ne faut écouter personne à certains moments
05:28parce qu'un jour, on peut leur donner tort.
05:30Oui, d'ailleurs, tu dis une citation que j'aime beaucoup et que je vais retrouver tout de suite.
05:35Tu dis, ceux qui vous disent aujourd'hui c'est trop tôt, vous diront demain c'est trop tard.
05:38Ah bah oui.
05:39Et en fait, du coup, ça veut dire finalement, des fois, c'est aussi ça le culot,
05:41c'est de ne pas écouter son entourage, c'est de ne pas écouter les critiques,
05:44c'est de se faire confiance et d'y aller.
05:45Oui, mais ce n'est pas simple parce qu'il faut quelque part affronter.
05:50Et puis, il faut être sûr de ses appuis parce que c'est facile de quitter ses parents,
05:55c'est moins facile de revenir en sonnant la porte.
05:58Voilà, donc oui, j'ai pris des gros risques,
06:00mais aujourd'hui, je ne changerai pas une virgule
06:02parce que ma vie a été une succession d'aventures,
06:08de personnages aussi que j'ai créés,
06:10dont j'ai dû me séparer à un moment.
06:12Et voilà, quoi de merveilleux dans cette vie que de la saisir et de l'inventer.
06:18Personne ne peut inventer notre vie à notre place.
06:20Et un business qui dure quand même depuis 25 ans.
06:23Oui, alors à chaque fois que tu me le dis, j'ai comme un petit coup de marteau.
06:25Ah oui, pardon, je ne vais pas rappeler le nombre d'années, excuse-moi.
06:28Non, je suis très contente d'avoir 25 ans de carrière.
06:31Mais oui, c'était intense et ça l'est encore.
06:34Et il y a une autre citation du livre de Clara que j'ai beaucoup aimée,
06:37donc j'en ai pas mal à vous donner.
06:39C'est, je n'avais pas envie d'entrer dans une carrière,
06:42j'avais besoin d'entrer dans ma vie.
06:43Et ça m'a aussi fait penser à toi finalement, Alexandra.
06:46C'est qu'à un moment donné, tu décides de redéfinir ta carrière professionnelle
06:50pour rentrer dans la vie finalement et faire un truc qui fait tellement sens pour toi.
06:53C'est vrai que ça c'est peut-être le privilège de l'âge.
06:57Je suis dans un alignement parfait de qui je suis, de ce que je fais au quotidien.
07:01Et je m'autorise aujourd'hui des choses que je ne m'autorisais pas hier.
07:05Et je pense que moi j'ai été licenciée deux fois.
07:08Donc j'ai eu des N plus 1 qui sont arrivés, qui n'avaient pas envie de travailler avec moi.
07:12C'est ok, donc je suis partie.
07:13Et la deuxième fois que j'ai été licenciée, j'ai voulu faire autre chose que ce que je faisais
07:17avant.
07:18Et personne ne voulait me le proposer, enfin ne l'accepter en tant que salariée.
07:21Donc j'ai dû monter ma boîte et me forcer, m'autoriser à monter une boîte.
07:26Et 7 ans plus tard, la boîte est là, elle fonctionne.
07:30On a créé un média, on fait une tournée.
07:32Tu me donnais des chiffres tout à l'heure.
07:33Oui, en fait, on a lancé notre média il y a 2 ans.
07:36Donc un média 100% vidéo sur le digital, Instagram, Facebook, etc.
07:40On a 1,5 million d'abonnés.
07:41On produit un contenu, on met en ligne un contenu par jour tous les soirs à 18h.
07:45Et on fait une tournée aujourd'hui sur cette date, on a plus de 10 000 personnes qui viennent nous
07:48voir.
07:49Et des sourires à la fin du spectacle et des femmes qui sont hyper contentes de voir comment on les
07:54raconte
07:55et de nous quitter fiers de qui elles sont à l'âge qu'elles ont.
07:59Donc l'audace c'est aussi ça, c'est aussi de se dire qu'à tout âge, on peut se
08:02réinventer,
08:04devenir la vraie version de nous-mêmes quand on n'a pas réalisé avant.
08:07Et je crois que même toi, tu deviens aujourd'hui la vraie version.
08:10Oui, je commence à être très bien alignée aussi avec mes propres envies.
08:14Arrêter de produire, d'être productive pour justement l'extérieur, pour prouver, pour devenir, pour être aimée.
08:22C'est bien un temps, mais à un moment, il faut savoir aussi regarder vers l'intérieur
08:27et se demander quels sont ses propres désirs.
08:29Et on peut avoir une deuxième vie sur finalement ce qu'on s'interdisait avant.
08:34Il y a quelque chose qui est drôle dans ta vision,
08:36c'est qu'en fait, tu n'avais pas l'information, mais je viens de terminer le Média Mesdames.
08:41Donc je fais un petit peu la promo, l'interview a été incroyable, on a fait une heure.
08:44Elle vient de faire une grande interview chez vous.
08:46Voilà, parce que maintenant je suis assez vieille pour faire Mesdames, j'ai 45 ans, c'est l'âge légal.
08:50C'est la majorité chez Mesdames.
08:51Voilà, et j'étais très heureuse d'enfin être assez mûre pour pouvoir faire le Média Mesdames.
08:55Et j'ai passé un excellent moment et je crois que ça sort vendredi prochain, voilà.
08:59Bon bah trop bien, parfait.
09:00Il y a un truc qui vous rejoint aussi toutes les deux, c'est d'inventer vos propres règles finalement.
09:04Et ça rejoint l'ADN du podcast des indépendants où je dis souvent que la vie mérite d'être vécue
09:10à fond
09:10et que ça passe aussi par une vie professionnelle épanouissante.
09:13Et c'est ce que j'essaye d'insuffler dans le podcast des indépendants.
09:16Il y a vraiment ce côté-là, inventer ses propres règles.
09:18Et je ferai un exemple très concret avec toi Clara, au début de ta carrière dans les films pour adultes,
09:23l'industrie finalement veut que tu fasses un certain nombre de films,
09:28que tu es un certain nombre de partenaires et toi t'imposes ton cadre.
09:30Non, non, non, non, pas du tout. Quand j'arrive dans ce métier, on fait croire aux filles que plus
09:36elles vont être performantes,
09:37plus elles vont tourner, plus elles vont performer, plus ce sera des stars.
09:41Et moi j'ai pas le recul pour comprendre que mon incapacité, ma volonté d'être avec mon chéri de
09:48l'époque,
09:49bah en fait va faire mon originalité et mon succès.
09:53Bon, je contredis un petit peu du coup le socle en place de l'époque et c'est plutôt pas
09:58mal.
09:59Mais tu fais pas par stratégie.
10:00Pas du tout. C'est un genre de coup de pied dans la fourmilière.
10:03Et en fait, tu vois, c'est encore une histoire de conviction.
10:06C'est-à-dire que si on a confiance en qui on est et on se dit, ok, ça c
10:10'est ma limite, je vais pas la dépasser,
10:12parce qu'en fait ce serait me contraindre, ce serait me trahir,
10:17et bien parfois ça peut être la seule option pour réussir.
10:21Ça là-dessus, sur le fait de créer ses propres règles, Alexandra,
10:24parce que franchement, se lancer dans le digital, un média à destination des femmes de plus de 45 ans,
10:29quand on a soi-même plus de 50 ans, c'est beaucoup d'obstacles.
10:31C'est pas gagné.
10:32C'est beaucoup d'obstacles.
10:33Je ne sais pas toutes les cases.
10:34Et d'ailleurs, beaucoup de gens s'interrogeaient sur ce qu'on était en train de faire.
10:37Mais les règles, c'est par exemple de dire à Clara qui nous appelle à 43 ans pour venir sur
10:41le média,
10:41« Non, tu peux pas venir chez nous, il faut que tu aies 45 ans. »
10:43Beaucoup trop jeune.
10:44Là, elle a 43 ans, ça va pas.
10:46Mais les règles qu'on met en place aussi chez mesdames,
10:50c'est d'avoir la moitié de l'équipe qui a plus de 45 ans.
10:53On ne peut pas dire des choses et ne pas faire ce qu'on dit.
10:55Donc, notre rédactrice hors chef a 66 ans,
10:59notre journaliste a 45 ans, notre chef d'aide a 47 ans.
11:03Et en face d'elle, on a des jeunes de 22, 23 ans qui sont évidemment digitales natives.
11:09Et c'est ce mariage entre les deux, cette transmission entre ces deux générations
11:13qui fait notre richesse et qui fait la richesse de mesdames.
11:16Donc, voilà une des règles qu'on invente.
11:19Et puis...
11:19Et ça, c'est fort aussi.
11:20Parce que dans la société dans laquelle on vit,
11:22on sait que les seniors, ce n'est pas forcément évident pour trouver du travail.
11:25Là, tu es en train de dire, lorsqu'on mixe tout ça,
11:28finalement, c'est là qu'on obtient le meilleur résultat.
11:30C'est extraordinaire.
11:31Surtout que les adultes de plus de 45 ans, 50 ans, ont fait leur carrière.
11:35Donc, ils sont plutôt dans une sorte de...
11:37Ils sont là pour mettre la paix dans l'entreprise.
11:39Ils sont là pour transmettre.
11:40Ils sont là pour valoriser les autres.
11:42Et ça donne un climat entre les jeunes et les plus âgés que nous sommes.
11:48Extraordinaire.
11:49Mais comme entre un parent et un grand-parent, presque.
11:53Et c'est très, très fort.
11:54L'innovation face à l'expérience.
11:57Et la recette est parfaite lorsqu'elle est riche.
12:01Tu as tout à fait raison.
12:02Et tu me disais quelque chose en préparant cette émission qui m'a marqué.
12:05Tu m'as dit, on peut avoir une vie à 20 ans, une vie à 30 ans, une vie à
12:0840 ans, une vie à 50 ans.
12:10Et finalement, la société, elle a du mal à le comprendre quand même ça, encore aujourd'hui.
12:14En fait, on nous met dans une case dans laquelle on voudrait, on devrait être pendant toute notre vie.
12:19Moi, je ne suis pas du tout la même à 20 ans.
12:21J'aurais fait cette interview à 20 ans.
12:23J'aurais tremblé.
12:24J'aurais été toute rouge.
12:25Et puis, je n'aurais rien eu à vous raconter.
12:27Donc, voilà, je pense qu'on n'est pas les mêmes à tous les âges, qu'on s'enrichit d
12:31'expériences différentes.
12:33Et que la société doit entendre ça, elle doit évoluer.
12:36Et puis surtout, elle doit changer son regard sur les femmes ou les hommes que nous sommes après 50 ans.
12:42Parce que nous sommes dans un pays qui vieillit, que nous sommes en pleine forme entre 45 et 65 ans,
12:49que nous sommes au top de notre pouvoir d'achat, que nous avons du temps retrouvé parce que nos enfants
12:52sont grands.
12:52Et que tout ça, personne, avant qu'on arrive, ne l'intégrait.
12:56Je me rappelle, on a fait des premiers rendez-vous avec des annonceurs qui sont aujourd'hui chez nous,
12:59qui disaient « Ouais, lancez-vous, on verra ».
13:01Et aujourd'hui, ils nous appellent 90% du chiffre d'affaires de mesdames, c'est de l'appel entrant.
13:05Donc, des marques qui, tout doucement, ont compris, font compter.
13:08Faut compter.
13:10Comme quoi, il faut croire en soi.
13:12Et même quand on n'a pas grand-chose pour démarrer, il faut se démerder.
13:16Parce que c'est aussi ça le culot, c'est la démerde.
13:19Dans ton livre « Anatomie d'une métamorphose », Clara, tu racontes une anecdote qui est fascinante.
13:27Lorsque tu vas lancer ton premier spectacle, ton premier cabaret,
13:31tu vas rencontrer Eva Partouche, chargée de la programmation du casino de Lyon Vert.
13:35Et en fait, ton spectacle, il n'existe pas vraiment, mais toi, tu lui vends comme s'il existait déjà.
13:38Bien sûr, moi, je vends un rêve absolu.
13:41Il y a des paillettes, il y a des strass, il y a des femmes.
13:43Le produit n'existe pas.
13:43Parce que c'est très important de mettre les femmes en valeur, de mettre des femmes artistes.
13:47Je peux parler trois heures de ce truc.
13:50Et du coup, elle me dit, mais je veux absolument ça.
13:52Il n'existe pas en vrai pensant.
13:54Voilà, donc c'est vrai que quand je sors du cabaret, je me dis, pardon, pas du cabaret encore.
13:57Quand je sors du rendez-vous, je me dis, il va falloir inventer tout.
14:02Même rencontrer des artistes, etc.
14:04C'est un truc qui n'existe que dans ma tête.
14:06Mais je pense qu'en fait, il n'y a pas vraiment de mensonge quand il y a une idée
14:12dans la tête des gens.
14:14Ce n'est pas un mensonge, c'est une vision.
14:16C'est en fait, transcender la matière.
14:20Et c'est ça aussi, entreprendre.
14:21C'est au début, on n'a pas forcément le produit, mais la première étape, c'est de le vendre.
14:25C'est le rêve surtout, c'est l'espoir.
14:28On y croit.
14:28Et quand il est comme ça dans votre tête, c'est incroyable de pouvoir l'insuffler dans celle des autres
14:34et rendre tout ça réel.
14:35Qu'est-ce que le réel s'en rêve ?
14:38Et là, on sent encore le côté conviction, on est à fond, on y croit.
14:41Comment ça a démarré, mesdames, au début ?
14:44Parce que tu n'étais peut-être pas une pro d'Instagram au départ.
14:47Non, pas du tout.
14:48Moi, j'étais une pro de la télévision.
14:50Donc, on a essayé de vendre une émission qui s'appelait « Mesdames d'aujourd'hui » qu'avec des
14:53femmes de 50 ans autour de la table.
14:54On est allé voir TF1, France Tévision, M6.
14:56Que des hommes.
14:57Ils nous ont tous dit non.
14:59Moi, je l'ai un peu pris pour moi.
15:00Je me suis dit, mince, moi qui suis une grande professionnelle des médias, qui travaille dans les médias depuis 30
15:05ans,
15:05ils sont en train de dire non à qui je suis, en fait.
15:07La femme que je suis à l'âge que j'ai.
15:11Et partant de là, on avait deux possibilités.
15:13Soit abandonner parce que notre métier dans l'audiovisuel, c'est de recevoir des noms en permanence sur les projets
15:18qu'on propose.
15:18Pour un projet qui passe à l'entête, il y en a 99 qui se sont recalés.
15:23Ou alors de se dire, on le fait ailleurs.
15:24Et c'est Maïténa, Maïténa Birabin, mon associé, qui un jour m'appelle en me disant
15:28« Mais Alexandra, en fait, on ne la regarde plus la télé, on est d'accord ?
15:30En fait, nous, on passe notre vie sur les réseaux sociaux.
15:32Pourquoi on ne lancerait pas mesdames sur les réseaux sociaux ? »
15:35Je lui ai dit « Attends, il faut qu'on vérifie s'il y a de l'argent sur les
15:38réseaux sociaux, s'il y a un business model. »
15:40Donc, on a pris un an.
15:41On a rencontré plein de gens qui faisaient du business sur les réseaux sociaux.
15:44Et on s'est lancé comme ça.
15:45Et ça a immédiatement pris parce qu'il n'y avait pas d'autres médias qui s'adressaient aux femmes
15:50de plus de 45 ans.
15:51Et que c'était une évidence.
15:52Et avec peu de moyens au départ ?
15:54On s'est dit qu'on mettait 200 000 de notre trésorerie sur ce projet.
15:59Donc, un bel investissement quand même.
16:01Oui, un bel investissement.
16:02Mais donc, une belle trésorerie.
16:15Donc, on a pris énormément d'argent chez nous pour investir sur ce média.
16:19Et aujourd'hui, on ne le regrette évidemment pas.
16:21On est toujours 100% indépendante.
16:22Mais évidemment, notre trésorerie limite nos développements.
16:25Or, le développement de mesdames est absolument gigantesque.
16:28Oui, c'est impressionnant.
16:29Il y a 14 collaborateurs aujourd'hui.
16:30Aujourd'hui, oui, c'est 14 collaborateurs.
16:33Mais en matière de produits dérivés, là, on vient de lancer les culottes mesdames avec Chantel.
16:37Ah, il y a même les culottes.
16:38Il y a les culottes.
16:39Quoi de plus culottées ?
16:40Le thème est à l'honneur que de lancer nos culottes.
16:43Il y a les culottes mesdames qui arrivent.
16:44Ils vont rêver de créer notre rouge à lèvres, mesdames.
16:47Du chocolat noir, 78% cacao, mesdames.
16:50De se développer à l'international.
16:52Mais pour ça, il faut un peu plus de trésor que ce qu'on a en magasin.
16:55Et on verra après, à la fin de cet épisode spécial du podcast des indépendants sur BFM Business,
17:00évidemment, on recevra Caroline Lutin qui a créé une activité de traiteur.
17:05On lui a refusé ses financements.
17:06Elle a dit « Cast Nantien, je vais aller me débrouiller autrement. »
17:09Et vous verrez, son histoire est vraiment hyper intéressante.
17:11Et pour moi, je trouve que c'est ça le culot, en fait.
17:13C'est vraiment cette capacité à se démerder, même quand…
17:17À se réinventer.
17:18À se réinventer, à se débrouiller.
17:19À proposer de nouvelles choses, quitte à bousculer.
17:23Et quitte même parfois à être totalement incomprise, je peux en parler.
17:27J'ai mis 20 ans à essayer de me faire ensuite comprendre par rapport à des choix presque adolescents.
17:36Mais en fait, tout ça m'a donné une énergie folle, une joie de vivre, à dire « Ok, du
17:41coup, je peux tout réinventer à partir de là. »
17:44Et je me suis rendue compte que la beauté, l'érotisme…
17:48En fait, il y avait tellement de choses là-dedans.
17:51Il y a la gourmandise avec les gâteaux, il y a la lingerie, il y a les médias.
17:56Et en fait, je n'avais pas de limite dans cette image dans laquelle on peut se sentir coincé.
18:01Mais moi, je me sentais justement libérée de toute injonction, vu que de toute façon, dès le départ, je partais
18:08contre tous.
18:10Donc en fait, finalement, c'était une façon de me libérer, de me lancer de cette façon si différente.
18:16Tu as eu l'impression à un moment d'être contre, d'avoir des vents au contraire très forts ?
18:22Oui, mais moi, j'adore les fenêtres.
18:24Tu es passée par la fenêtre ?
18:26Voilà, j'aime bien en fait qu'on me ferme des portes parce que ça m'émerveille.
18:30Oui, ça me motive un petit peu.
18:32D'ailleurs, je retape quand on me dit non à 43, je reviens à 45, il n'y a pas
18:36de souci.
18:37Moi, ce que j'adore dans vos histoires aussi, c'est qu'on voit que quand on a du culot,
18:40quand on ose penser autrement, on est aussi très souvent récompensé.
18:44Quand ça marche, la vie, c'est une prise de risque.
18:46Il y a ce côté-là en se disant « waouh, on l'a fait quoi ».
18:49Oui, mais le culot, il ne marche pas sans la passion, il ne marche pas sans le travail, il ne
18:53marche pas sans l'effort, il ne marche pas sans la conviction.
18:56Donc, il n'y a pas que le culot, il ne faut pas juste être culotté.
18:58Il y a plein de choses à mettre en œuvre à côté.
19:00Mais moi, je pense que le culot, c'est ce qui peut faire la différence.
19:05Encore une fois, c'est le pas de côté, c'est ce que ne font pas les autres.
19:07C'est ce qui va faire qu'on va proposer de l'aspérité.
19:13Et ça, moi, je crois très fortement à ça.
19:15Dans un marché saturé, par exemple, je posais la question à quelqu'un tout à l'heure, c'est quoi
19:20ta différence sur ton marché ?
19:21Qu'est-ce qui fait ta singularité ?
19:23Et je pense que le culot, c'est une manière de trouver sa singularité.
19:26Et la singularité, on le sait, on le dit souvent dans le podcast des indépendants, c'est un élément clé.
19:31Quand on fait du business, on parle de positionnement, on parle aussi de rareté.
19:35C'est important de réfléchir à tout ça pour se dire, OK, comment est-ce que je vais me démarquer
19:39finalement ?
19:40Parfois, il faut juste être parce qu'on est tous des êtres uniques et on n'ose pas toujours l
19:45'affirmer.
19:46Ce n'est pas du tout pour aller forcément dans ton sens.
19:49Mais je sais que tu es un personnage très particulier sur BFM Business.
19:52Tu as une personnalité à part.
19:55Tu invites des gens à part.
19:56Et c'est ça qui fait qu'on est là aujourd'hui.
19:58C'est cette recette un peu spéciale qui tout à coup fait briller les yeux.
20:02Et on se dit, ah, quelque chose de différent, fais voir.
20:05Alors, c'est pour moi ou pas ?
20:06Mais en tout cas, ça m'aura marquée.
20:08Écoute, tu as bien résumé le podcast des indépendants.
20:10Et c'est vrai que j'ai aussi une chance d'avoir derrière des gens qui me font confiance.
20:14C'est aussi une histoire de rencontre, la vie.
20:16Tu as un peu de talent aussi ?
20:17Oui, un petit peu.
20:19Un soupçon.
20:20Un soupçon de talent.
20:21Je voudrais qu'on accueille, comme je disais tout à l'heure, Caroline,
20:24qui est l'indépendante que j'avais envie de vous présenter,
20:26qui m'a vraiment beaucoup touchée par son histoire.
20:29Bienvenue, Caroline.
20:30Elle est d'une douceur.
20:32Oui.
20:33Et détermination en même temps.
20:35Elle est plein de gourmandises.
20:36On adore.
20:37Oui, elle nous a ramené plein de trucs à manger.
20:39Ça va, on rentre dans l'hiver, donc ça passe.
20:41Vous allez pouvoir vous préparer.
20:42Caro, si vous êtes à la radio, venez nous voir en vidéo sur BFM Business,
20:47à la télé, bien sûr, et sur les réseaux.
20:50Alors, Caro, moi, ce que j'ai particulièrement aimé dans ton histoire entrepreneuriale,
20:55c'est que tu veux lancer une activité de traiteur.
20:57La banque devait te faire un financement autour de 60 000 euros.
21:00Et puis finalement, au dernier moment, c'est non.
21:01Et tu te dis, attends, comment ça, c'est non ? Je ne vais pas lâcher.
21:04Qui va m'arrêter, moi ?
21:06Qui va t'arrêter, toi ?
21:07Personne.
21:07J'adore, mais cette énergie.
21:09Une vraie énergie.
21:10Et donc, tu vas faire le tour des restos.
21:12C'est ça.
21:13Pour louer une cuisine hors des heures de service.
21:16Voilà, tout à fait.
21:17En fait, j'ai fait le tour des restos en Neure-et-Loire.
21:20Et il fallait trouver une cuisine parce que la pâtisserie, c'est très réglementé.
21:25Et il fallait que je trouve un endroit où je pouvais travailler dans des conditions d'hygiène irréprochables.
21:30Et j'ai frappé à toutes les portes.
21:32Et une, c'est ouverte.
21:34Et aujourd'hui ?
21:34Il en suffit d'une.
21:35C'est ça.
21:36Exactement.
21:37C'est très bien résumé, Clara.
21:38Il en suffit d'une, en fait.
21:39C'est ça.
21:40Et aujourd'hui, c'est une activité qui tourne.
21:41Aujourd'hui, c'est une activité qui tourne.
21:43Donc, au Palais des Gourmands, à deux ans, on fait des prestations jusqu'à 250 personnes.
21:48On travaille vraiment artisanalement.
21:50Et on a surtout notre propre laboratoire en Neure-et-Loire.
21:53Ok.
21:54Tu peux me passer...
21:55Donc, séminaires d'entreprise, mariage, événements personnels.
22:00N'hésitez pas.
22:02En fait, oui, elle tient beaucoup à l'hygiène et aussi à la créativité.
22:06Parce que je lui dis, mais est-ce que tu t'adaptes, par exemple, s'il y a des thèmes,
22:10etc., aux événements ?
22:11Et elle me dit, oui, on a des collaborateurs, des créateurs.
22:14Et elle peut tout créer autour de votre idée chez vous.
22:16Et on travaille surtout.
22:18Votre commande, elle est unique.
22:19J'en fais pas deux.
22:20C'est vraiment pour vous.
22:23Et là, franchement, une page de publicité offerte par Clara Morgan.
22:27Moi, j'ai dit, franchement, c'est génial.
22:28Et je sais qu'il y a beaucoup d'entrepreneurs, beaucoup d'entreprises, beaucoup d'institutions...
22:31Oui, je fais ça aussi.
22:33Excellent.
22:33Merci, Clara.
22:34Il y a beaucoup de monde qui nous écoute.
22:36Si vous avez besoin d'un traiteur pour faire...
22:39Il n'y a pas que des sucres riches.
22:40Non, non, il y a tout.
22:41C'est sucré et salé.
22:42Sucré et salé.
22:43C'est tout traditionnel, française, artisanal.
22:46On travaille vraiment tout artisanalement.
22:49Et Caro, du coup...
22:50Je t'appelle Caro parce qu'on a tellement échangé pour préparer cette émission.
22:53Toi, c'est ce côté-là où vraiment tu t'es débrouillée.
22:56Et aujourd'hui, d'ailleurs, tu me disais, moi, je réinvestis tout.
23:00Aujourd'hui, chaque euro, chaque personne qui achète chez au Palais des Gourmands me permet de réinvestir dans mon laboratoire
23:07et de faire grandir la production.
23:09Et on a vraiment de grandes ambitions et on a besoin de soutien.
23:14Surtout à l'heure de l'industrialisation où tout est aseptisé, pareil, mis dans...
23:20Voilà, là, il y a de l'originalité, de la créativité.
23:22Il y a de l'amour.
23:23C'est ça.
23:24Et je vous ferai déguster tous ceux qui sont autour du plat.
23:27Tout le monde a le sourire, là.
23:28Ils attendent tous.
23:30Excellent.
23:31Sur ce côté, justement, sur ce côté débrouille, Alexandra...
23:37Oui, moi, je pense que c'est une vraie force de se débrouiller en toutes circonstances.
23:42En tout cas, moi, je pense que c'est un de mes moteurs.
23:43En fait, je n'ai jamais rien attendu de qui que ce soit.
23:47J'ai créé mes propres opportunités.
23:50On n'est quasiment jamais venu me chercher dans ma carrière.
23:53Je suis arrivée à TF1 par candidature spontanée.
23:56J'ai monté ma boîte quand je ne pouvais pas faire le job que je voulais faire.
24:00Donc, je pense que la richesse, elle est dans nos mains.
24:05Et il ne faut rien attendre de personne.
24:07Et qu'il faut avancer et saisir les opportunités et les créer.
24:09Ça rebondit sur ce que je dis souvent.
24:11Je dis, finalement, on n'a même pas besoin d'oser dans la vie.
24:14Le seul sujet, c'est d'essayer.
24:15Oui, oui.
24:16Et puis, c'est de dire ce qu'on fait et de faire ce qu'on dit.
24:19Parce qu'il y a beaucoup de gens qui disent, mais qui ne font pas.
24:21C'est vrai.
24:21Quand on dit qu'on fait ce qu'on dit, tout d'un coup, on bascule à une vitesse supérieure.
24:26Donc, c'est passé à l'action, quoi.
24:27Mais oui, c'est l'action qui nous fait avancer, finalement.
24:31C'est l'action qui nous fait grandir.
24:34Tu parlais tout à l'heure, tu me disais, c'est marrant, artiste, entrepreneuse, pourquoi, etc.
24:39Et du coup, je rebondis sur ce que dit Alexandra.
24:41C'est que, dans le fond, je me sentais vraiment artiste.
24:44J'avais envie de créer.
24:45J'écrivais des chansons, des textes, des spectacles.
24:49Mais je savais que personne ne viendrait me chercher là-dessus.
24:52Du coup, personne ne m'entreprendrait.
24:54Donc, du coup, j'ai dû créer mes entreprises et toute la force d'action pour pouvoir finalement être artiste.
25:02Donc, en fait, on n'a pas de limite.
25:03Mais c'est vrai que si on attend qu'on vienne nous chercher, souvent, on peut attendre longtemps.
25:07Donc, investir sur soi-même, c'est ce que je propose à tout le monde.
25:13Et se faire confiance.
25:14Si on ne croit pas en soi-même, ça ne peut pas fonctionner.
25:17Et c'est vrai qu'il faut le rappeler, c'est toujours une question de passage à l'action, en
25:20fait.
25:22Oui, je suis tout à fait d'accord avec ce que tu viens de dire, Clara.
25:25C'est vraiment se faire confiance.
25:27Même si on a peur, même si on pense qu'on ne va pas y arriver, c'est quand même
25:31d'essayer.
25:32Moi, j'avais un patron qui me disait toujours, je ne vous engueulerais jamais d'essayer.
25:36Quand j'étais dans mon précédent emploi.
25:39Et je pense qu'essayer et tomber, c'est dix fois plus vertueux que de ne pas essayer du tout.
25:45Oui, et on est fiers de soi.
25:46En tout cas, moi, je suis très fier de vous avoir reçu dans cet épisode spécial du podcast des indépendants
25:50ici à Bercy.
25:51C'était vraiment un plaisir d'échanger avec vous.
25:53Je vous rappelle qu'on se retrouve sur BFM Business tous les vendredis à 11h avec des rediffusions le week
25:59-end et bien sûr sur le site de BFM Business.
26:01Je vous dis à bientôt.
26:05BFM Business

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